Escalade
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Escalade
Varappe
Climbing pictogram.svg
Fédération internationale Union internationale des associations d'alpinisme : l'UIAA
Principale instance Fédération française de la montagne et de l'escalade : la FFME
Autre(s) instance(s) Fédération française des clubs alpins et de montagne : la FFCAM (anciennement Club alpin français ou Fédération des clubs alpins de montagne)
Clubs 1 100 pour la FFME (2010)[1]

285 pour la FFCAM (2010)[2]

Licenciés 82 000 pour la FFME (2010)[1]

80 000 pour la FFCAM (2010)[2]

Pratiquants 1 500 000 en France (2010)[3]
Escalade-ceou.jpg

Escalade au Céou (Dordogne), France.

L'escalade ou varappe[Note 1] est un sport consistant à atteindre le haut d'une voie d'escalade. Le terrain de jeu du grimpeur va des blocs de faible hauteur aux parois de plusieurs centaines de mètres en passant par les murs d'escalade.

L'escalade est souvent considérée comme un sport à risques, bien qu'il convienne de distinguer différentes pratiques. Elle se pratique habituellement avec un équipement permettant d'évoluer en toute sécurité, mais il existe une pratique plus extrême, appelée « solo intégral », où le grimpeur évolue sans aucune assurance. Cette pratique a notamment été popularisée par les films de Jean-Paul Janssen, La vie au bout des doigts et Opéra Vertical, dans lesquels Patrick Edlinger évolue en solo sur les sites phares de Buoux et des Gorges du Verdon.

Sommaire

Histoire

À l'origine, l'escalade apparaît comme une activité dérivée de l'alpinisme et n'est alors considérée que comme un moyen d'entrainement pour les courses d'alpinisme. Afin de se préparer à des ascensions toujours plus difficiles, les alpinistes commencent à pratiquer l'escalade lors de sorties organisées par les clubs alpins nouvellement créés[4],[2],[5],[6],[7]. Ils escaladent les parois du Salève en Haute-Savoie, les blocs de Fontainebleau et les falaises de Lake District en Angleterre et de Dresde en Allemagne de l'Est dès la fin du XIXe siècle[4],[8].

Au début du XXe siècle, l'escalade se développe et de nombreux clubs alpins se créent. En 1932, à Chamonix, ils fondent l'Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA) afin de coordonner les actions des différents clubs et de gérer les problèmes inhérent au milieu de l'escalade[9].

Durant le XXe siècle, l'escalade progresse au rythme de l'évolution du matériel et des performances des grimpeurs, et des voies d'escalade de difficultés croissantes sont ouvertes au fil des années. La première voie dans le 5e degré est ouverte en 1913 par Hans Dülfer[10], suivie rapidement par le 6e degré en 1917[10]. À cette époque, il est considéré comme la limite des possibilités humaines dans le domaine de l'escalade[11]. À partir de 1960, l'escalade connait un très fort engouement, notamment aux États-Unis[12], et de nombreuses salles d'escalade sont ouvertes. Dès lors, l'escalade progresse rapidement et de nouveaux degrés de cotation sont ouverts. En 1970, l'américain Ron Kauk réalise l'ascension de Astroman (7a/5.11c), la première voie dans le 7e degré[11]. En 1979, Tony Yaniro ouvre le 8e degré en réalisant Grand Illusion (8a/5.13b)[11]. Finalement en 1991, Wolfgang Güllich fait l'ascension de Action Directe (9a) et ouvre ainsi le 9e degré[11], qui est actuellement le plus haut niveau de difficulté en escalade.

Les différentes pratiques

Escalade sur une voie à The Roaches, Staffordshire, Royaume-Uni

On distingue de nombreux types de pratique de l'escalade, classifiés selon la nature du terrain, la méthode d'ascension et le niveau d'équipement des falaises sur les Sites Naturels d'Escalade (SNE). L'équipement en place (les protections) dans les voies d'escalade est variable en fonction de la difficulté et de la nature de celles-ci, de la nature du rocher ou de règles propres à un secteur géographique suivies par les grimpeurs locaux (l'éthique). On distingue plusieurs pratiques en fonction du niveau d'équipement.

Escalade libre

L'escalade libre se pratique sans matériel servant à aider le grimpeur à réaliser son ascension. La corde et autres équipements ne sont utilisés que pour la protection du grimpeur lors d'une chute. Celui-ci n'utilise que les prises offertes par le rocher pour progresser.

Escalade artificielle

En escalade artificielle, la corde et autres équipements sont également utilisés pour la progression du grimpeur. Celui-ci peut alors se hisser en tractant sur les ancrages mis en place (pitons, coinceurs ou spits) et en se dressant sur des étriers qu'il accroche à ces ancrages. Le recours à un trop grand nombre de spits est mal vu des « puristes » de l'escalade artificielle car il les prive du plaisir de chercher les « faiblesses du rocher » où ils vont pouvoir placer leurs ancrages et de choisir ceux les plus adaptés à la situation. Il arrive que d'anciennes voies d'escalade artificielle soient gravies en escalade libre (on parle alors de « libérer » une voie)

Le bloc

Le bloc se pratique sans baudrier ni corde sur des blocs ou murs rocheux de faible hauteur. Le bloc ne nécessite donc peu voire pas de matériel. Pour limiter le risque de chute au sol, il est utile qu'un partenaire effectue une « parade », et un crash pad (en français : matelas de réception) est souvent utilisé pour amortir les chutes. Pratiqué depuis longtemps sur les rochers de la forêt de Fontainebleau par les alpinistes qui y voyaient un simple support d'entraînement, le bloc est aujourd'hui une discipline à part entière. Au-delà de l'aspect ludique lié à des contraintes moins nombreuses, le bloc est aussi la recherche d'un absolu, du mouvement le plus dur possible. Certains blocs peuvent en effet ne comporter que 3 ou 4 mouvements, voire un seul, parfois consistant en un jeté spectaculaire (Rainbow Rocket, 8a, Fontainebleau).

L'escalade sportive

L'escalade sportive se pratique sur des voies entièrement équipées, où des points d'ancrage (spits ou broches scellées) ont été mis en place au préalable, compte-tenu du cheminement envisagé de la voie, afin de permette au grimpeur de se protéger en mousquetonnant sa corde.

Le terrain d'aventure

L'escalade en terrain d'aventure se pratique sur des voies peu ou pas équipées. Le grimpeur doit alors juger de la qualité de l'équipement qu'il rencontre et placer lui-même des protections supplémentaires. La pose de protection n'est possible que si le rocher le permet, cette escalade se pratique donc principalement dans des fissures, qui imposent parfois une gestuelle spécifique (coincements de doigts, de la mains, des pieds, genoux...), lorsque il n'existe pas d'autres prises possibles.

En France, l'escalade en terrain d'aventure est globalement cantonnée aux voies en montagnes, alors que certains pays pratiquent majoritairement ce type d'escalade y compris sur des falaises de faible hauteur, notamment la République Tchèque et le Royaume-Uni. Les États-Unis sont également un immense terrain de jeu pour les adeptes de la pose de coinceurs.

Le solo

L'escalade en solo se pratique seul, soit auto-assuré, soit sans aucune assurance, on parle alors de « solo intégral ». Le solo est également pratiqué au-dessus de l'eau, on parle alors de psicobloc ou deep-water soloing.

Les murs d'escalade

Le terme employé pour désigner un mur d'escalade est Structure Artificielle d'Escalade (SAE).

Le système de cotation est en général le même que sur les SNE. Les ouvreurs (ceux qui créent les voies) agrémentent en général les pieds de voies par des fiches descriptives ou des tableaux récapitulatifs du niveau des voies. Il est difficile de comparer le niveau d'une voie naturelle et d'une voie artificielle. Cela se fait par la complexité des mouvements créés, de l'aspect physique et technique, mais non par l'engagement (prise de risque quasi nulle en salle) ou la longueur de la voie qui dépasse rarement 10 mètres (la hauteur du mur). Une voie artificielle reste rarement plus d'un an sur un mur, contrairement aux voies naturelles, qui sont potentiellement soumises à l'érosion, et restent à demeure sur le rocher.

L'escalade sur SAE est souvent pratiquée pour l'entraînement hors saison, ou dans les régions dépourvues de sites naturels rocheux (SNE). Les SAE sont conçues généralement en intérieur pour la pratique l'escalade en salle, ou sur une structure artificielle extérieure (en bois, plastique, béton, ciment, acier ...) construite dans cette optique ou détournée de son usage premier pour l'escalade (château d'eau, viaduc, ...).

Dans les régions de plaine, le nombre de pratiquants qui ne pratiquent que l'escalade en salle est largement supérieur aux pratiquants sur rocher. Les clubs ont souvent pour objectif de faire pratiquer ce public aussi sur falaise afin de leur faire découvrir toutes les facettes de la pratique.

Depuis plusieurs années, la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade aide les collectivités pour développer cette pratique, et ce par le biais du Plan National de développement des SAE[13]. Le résultat attendu étant de faire progresser le nombre de licenciés et de mieux doter les clubs en équipements de qualité.

Le pan

Le pan est un espace de pratique bloc souvent couplé à une SAE. Le pan se pratique sans système d'assurage, et des tapis adaptés sont placés pour amortir les chutes. La parade n'est souvent pas nécessaire sur ce genre de pratique.

Le bloc artificiel

Le bloc artificiel est un espace dédié à cette pratique. Contrairement au pan, il peut l'être exclusivement et ne pas être adjacent à un mur d'escalade.

Pratiques connexes

Le terrain essentiel de pratique de l'escalade est le rocher, mais il existe d'autres terrains de pratiques:

  • La via ferrata se pratique sur des falaises équipées avec des échelles, câbles, etc, et un équipement adapté pour l'absorption des chocs.
  • La grimpe d'arbres, ou escalad'arbres, se pratique sur les arbres.
  • La grimpe urbaine est l'escalade de façades de bâtiments ou monuments urbains (à mains nues ou en artif').
  • Le parkour est une pratique extrême et spectaculaire qui requiert souvent d'avoir des capacités de grimpeur. Il ne faut pas confondre avec la grimpe urbaine qui consiste uniquement à gravir un monument.
  • La cascade de glace: escalade sur des structures naturelles ou artificielles d'eau glacée.
  • L'escalade mixte combine neige, glace et rocher, mais il s'agit alors d'alpinisme. Mixte peut aussi désigner l'alternance de passage en libre et en artif'.
  • Le dry tooling se pratique sur rocher avec du matériel de cascade de glace (piolets + crampons), souvent pour rejoindre une zone de glace ou sur un rocher ne se prêtant pas à l'Escalade libre.

Aspects techniques

Équipement

Pour les falaises équipées (escalade sportive), l'équipement est composé basiquement d'une paire de chaussons, d’un baudrier, d’une corde, d'un jeu de dégaines (de dix à quinze selon la longueur des voies).

Pour les falaises non ou partiellement équipées (souvent appelée "terrain d'aventure", par exemple en montagne), du matériel supplémentaire est nécessaire pour la protection : coinceurs, sangles, voire marteau et clous.

Dans tous les cas, pour des raisons de sécurité, lorsque la situation ou les circonstances l'exigent, cet équipement de base est complété d'un casque.

Enfin, afin de pouvoir s'assécher les mains tout en grimpant, on lui intègrera un sac à magnésie.

La corde est attachée au pontet du baudrier du grimpeur, généralement par un nœud en huit ou un nœud de chaise, et est reliée par des dégaines aux points d’ancrage sur la paroi. Le défilement de la corde est contrôlée par un « compagnon de jeu » (l'assureur) qui est chargé de la faire coulisser au travers d'un dispositif d'assurage relié à son baudrier au fur et à mesure de la progression du grimpeur (« donner du mou »), et de bloquer son défilement au cas où ce dernier viendrait à chuter (« bloquer la corde »). Ce dispositif d'assurage est soit un frein (par exemple un descendeur en huit, soit un nœud de demi-cabestan), soit un dispositif auto-bloquant (grigri, cinch). L'assureur est situé au sol ou en paroi. En paroi, dans le cas d'une voie en plusieurs longueurs, celui-ci est obligatoirement attaché (ou « vaché »)à un relais[Note 2] (ou chaîne), constitué d'au minimum deux points d'ancrage. La corde utilisée doit être impérativement une corde dynamique, c’est-à-dire pourvue d’une certaine élasticité (à l'opposé des cordes statiques prévues pour des descentes en spéléologie) et d'une grande résistance aux frottements.

Pour le bloc, lorsqu'il est justifié (bloc haut, difficile, réception dangereuse), l’« équipement de sécurité » se compose d'un ou plusieurs pareurs (comme en gymnastique par exemple), qui se chargeront d'amortir la chute du grimpeur, et d'un ou plusieurs « crash-pad », matelas de réception à double densité qui permettront d'amortir au mieux une chute et de couvrir une zone dangereuse (souches, cailloux ...).

Pour les cascades de glace, le grimpeur a recours à des équipements spéciaux pour la progression - piolets, crampons - et la sécurité - broches à glace -.

Puisque toute défaillance dans le matériel d'escalade peut avoir des conséquences mortelles, les fabricants de ces derniers doivent respecter certaines normes. Ces normes définissent les caractéristiques matérielles des équipements, leur contrôle qualité, et l'information faite aux usagers sur ces équipements. Sont visés en priorité les équipements de protection individuelle. En Europe, le Comité européen de normalisation établit, en concertation avec les acteurs concernés, des directives et tout matériel vendu dans l'union européenne doit respecter ces normes et porter le marquage CE (Conforme aux Exigences).

Pour faire respecter ces normes, des organismes, habilités en France par le ministère de l'industrie, effectuent des contrôles réguliers. Toute irrégularité vis-à-vis de ces normes conduisant à un dommage corporel constitue une circonstance aggravante pour le fabricant.

Ces normes ou d'autres similaires sont respectées dans beaucoup d'autres pays en dehors de l'Europe. L'UIAA définit également un label. Les fabricants adhérents à cette association mondiale doivent respecter un cahier des charges précis pour bénéficier de ce label.

Techniques de progression

Monter en tête

En tête

Le premier grimpeur escalade la paroi. À chaque point, il accroche une dégaine (deux mousquetons reliés par une sangle) et y fait passer sa corde (on appelle cette manipulation le mousquetonnage). Le premier de cordée procède ainsi jusqu’à arriver au relais. S'il chute, il tombera d’une hauteur au moins égale à deux fois la distance du dernier point mousquetonné (en fait plus de 2 fois du fait de l'élasticité de la corde et de la mobilité de l'assureur, et cela est préférable : cette maîtrise s'appelle l'assurage "dynamique").

Arrivé au relais, soit la voie ne fait qu'une longueur (on dit d'une telle voie que c'est une "couenne") et il redescend en général immédiatement (la descente peut s'effectuer de manière autonome, en rappel, ou contrôlée par l'assureur) soit il fait monter le second grimpeur avec une technique d'assurage adaptée.

Sur certains type de voies naturelles, l'usage d'une corde à double est recommandée pour des raisons de sécurité ou de progression (par exemple, en voie sur arrête, deux cordes valant mieux qu'une en cas de pendule, ce qui peut provoquer de graves dommages sur la corde, et sur une voie qui zig-zag', la corde à double permet de réduire les frottements en alternant les mousquetonnages).

En escalade sportive, la réalisation d'une voie s'entend en tête. La moulinette n'est qu'un moyen éventuel de préparer la réalisation d'une voie, de « travailler la voie ».

En flèche

Variante de la grimpe en tête, le premier de cordée grimpant sur une corde à double (deux brins de cordes au lieu d'un), et ayant deux seconds qu'il assure simultanément à la montée vers le relai. Du matériel spécifique est nécessaire pour réaliser cette opération.

En corde tendue

Encore une variante, lorsque la corde se tend, le second part, l'assurage s'effectuant ainsi par le contrepoids d'un grimpeur par rapport à l'autre en cas de chute. Cette pratique nécessite une maitrise particulière car elle présente des risques non sans conséquences, mais elle permet d'avancer rapidement dans la voie car les relais ne sont pas obligatoires tant que le premier a des dégaines à son baudrier.

En second

Dès que celui qui monte en tête atteint le relais, il s'accroche au relais. On dit qu'il se « vache ». Il assure d’en haut celui qui monte en second. Au fur et à mesure de sa progression, le second récupère les dégaines posées par le premier pour assurer sa progression.

Arrivé au relais, le second peut alors enchaîner sur la longueur suivante, qu’il gravira alors en tête (progression en réversible).

Il peut aussi rester au relais pour assurer son compagnon. Cette deuxième solution, qui s’impose quand le second n’est pas assez expérimenté pour gérer une longueur en tête, présente l’inconvénient de nombreuses manœuvres au relais : ravaler la corde, rendre les dégaines au premier, gestion des « vaches ». Tout cela prend du temps et peut être rédhibitoire pour les plus longues voies, c'est la grimpe en leader fixe.

En moulinette

Cette fois-ci, la corde passe par le relais en haut de la voie. La personne est constamment assurée par le haut, l’assureur étant au pied de la voie. Ce peut être une façon de débuter l’escalade en limitant la crainte de la chute, mais cela induit l'apparition de mauvais réflexes. En effet, dès l'apparition d'une difficulté, le grimpeur en moulinette a tendance à demander que la corde soit plus tendue pour l'aider ou à s'asseoir dans son baudrier, sortant ainsi de son escalade. Ce réflexe une fois installé, il est alors très difficile de s'en débarrasser, le passage à l'escalade en tête s'en trouve compliqué. Il est donc préférable que l'assureur ne tende pas trop la corde pour que le grimpeur ne se sente pas "tiré".

Mouvements

Article détaillé : Mouvements d'escalade.
Un grimpeur dans la nature

L'escalade est un jeu de (dé)placements et d'équilibre. Le grimpeur doit apprendre à progresser et gérer son centre de gravité dans un univers vertical, et acquérir ainsi un vocabulaire gestuel. Les pieds servent à la progression et à l'équilibre par appui sur des prises, ou par traction (crochetage). Les muscles des membres inférieurs étant nettement plus puissants et endurants que ceux des bras le rôle des pieds est important. Les prises de mains peuvent être utilisées dans de nombreuses directions et être tenues par seulement quelques doigts voire une seule phalange.

Certains mouvements spécifiques servent à la progression dans les cheminées, les toits, les fissures ou les dièdres. Si la plupart des mouvements s'effectuent en statique, où au moins une prise est toujours maintenue durant la progression, les mouvements dynamiques ne sont pas exclus (jetés, ...).

Pour effectuer des rétablissements, le grimpeur doit parfois crocheter (se servir de) son talon pour s'équilibrer et moins forcer sur ses bras, ce qui lui permet de s'économiser et lui donne ainsi plus de chances de réussir sa voie ou son bloc.

Pour maintenir son centre de gravité de manière à faciliter la progression, ce dernier doit se situer dans l'axe des appuis et proche du rocher. Sur la photo, à côté du texte, l'homme est en train de faire une partie de bloc, c'est-à-dire qu'il enchaîne une suite de mouvements parfois très compliqués, mais sur une courte distance.

Compétition

Compétition sur le mur d'escalade du gymnase Jean-Christophe Lafaille à Voiron (France)

Les compétitions se tiennent le plus souvent en salle sur des murs d'escalade dédiés, mais aussi parfois sur des murs extérieurs, permanents ou provisoires (comme pour la coupe du monde de Difficulté/vitesse à Chamonix (France)). Elles se déroulent généralement en trois tours : qualifications, demi-finale et finale, avec possibilité de super-finale en cas d'ex-æquo à la première place. Il existe trois disciplines principales :

  • Difficulté : les concurrents grimpent la même voie les uns après les autres en tête. Le vainqueur est celui qui atteint le plus haut point de la voie, en un seul essai. Une voie est réussie (comptée « TOP ») lorsque la dernière dégaine de la voie a été mousquetonnée. Pour le classement, on tient compte également de la façon dont la dernière prise a été utilisée. Un grimpeur qui aura valorisé cette prise (initié un mouvement vers la prise suivante) sera classé devant celui qui l'aura simplement tenue, qui sera lui-même classé devant celui qui ne l'aurait que touchée avant de chuter. La durée d'ascension n'est, sauf cas exceptionnel, jamais prise en compte pour le classement. Un temps limite (généralement entre 5 et 10 minutes, suivant le type de voie) est toutefois octroyé à chaque grimpeur pour terminer sa tentative. Passé ce délai, le compétiteur est arrêté dans sa progression et la hauteur mesurée à l'endroit de cet arrêt. Les compétitions de difficulté peuvent aussi faire intervenir plusieurs voies lors du tour de qualification. Le classement est alors obtenu en effectuant la moyenne des classements obtenus sur chacune des voies. À l'issue des qualifications, sont retenus les 26 meilleurs pour la demi-finale. À l'issue de la demi-finale, il ne reste plus que les 8 mieux classés. En cas d'égalité sur un tour, les concurrents sont départagés d'après les résultats des tours précédents.

La plupart du temps, les grimpeurs doivent grimper la voie à vue. Cela signifie qu'ils ne sont pas autorisés à voir les autres grimpeurs sur la voie (autrement les grimpeurs pourraient voir les astuces ou les erreurs des grimpeurs les ayant précédés, ce qui leur donnerait un énorme avantage), ni recevoir des conseils d'autres grimpeurs, et n'ont qu'un temps limité pour observer la voie à son pied. Sinon les grimpeurs grimpent la voie flash, après avoir pu observer les techniques et enchaînements donnés par l'ouvreur de la voie, qui effectue une démonstration, puis par les autres grimpeurs.

  • Vitesse : sur deux voies identiques, les concurrents atteignent au plus vite le haut de la voie. Le vainqueur est celui qui réalise le meilleur temps. Les grimpeurs qui tombent avant d'arriver au sommet de la voie sont disqualifiés. Lors des qualifications, chaque grimpeur effectue généralement deux essais. Le classement est effectué d'après le meilleur des deux temps ou d'après le total des deux temps réalisés (notamment lorsque les deux voies ne sont pas rigoureusement identiques). Suivant le nombre de compétiteurs, les 8 ou 16 mieux classés accèdent au tour final qui se déroule sous forme d'élimination directe. Le 1er est opposé au dernier classé, le 2e à l'avant-dernier, etc. Chacun de ces duels se déroule en deux essais, avec changement de couloir entre chaque essai. Les grimpeurs les plus véloces arrivent à dépasser les 5 mètres/seconde (20 km/h).
  • Bloc : La formule classique se déroule sur un circuit à vue de quatre à huit blocs. Sur chaque bloc, les prises de départ à utiliser avec les mains et les pieds sont imposées, ainsi que la prise d'arrivée qui doit être tenue à deux mains. Une prise intermédiaire dite « bonus » sera également matérialisée. Chaque compétiteur dispose d'un temps fixe (généralement 6 minutes) pour observer et tenter de réussir chacun des blocs, en réalisant plusieurs essais si nécessaire. Entre chaque bloc, il bénéficie d'une période de repos de même durée. Pour chaque tour, les compétiteurs sont classés selon : Le nombre de blocs réussis, en ordre décroissant, puis la somme des nombres d'essais pour réussir les blocs, par ordre croissant, puis le nombre de prises bonus tenues, en ordre décroissant et enfin la somme des nombres d'essais pour tenir les prises bonus, par ordre croissant. La formule contest voit tous les compétiteurs d'une même catégorie disposer d'un temps commun, généralement deux à trois heures, pour tenter de venir à bout du plus grand nombre de blocs possibles parmi les plusieurs dizaines qui leur sont proposés, dans l'ordre qu'ils choisissent. Le nombre d'essais n'est pas pris en compte. Chaque bloc réussi rapporte au final 1 000 points divisés par le nombre de fois où il a été réussi (le grimpeur qui est seul à réussir un bloc reçoit 1 000 points, si 5 grimpeurs en réussissent un autre, ils reçoivent chacun 1 000/5=200 points). Le vainqueur est celui qui aura obtenu le plus grand total de points. La formule contest est réservée au premier tour qualificatif des compétitions de bloc (parfois l'unique tour). 2007 est l'année qui a vu Juliette Danion consacrée Championne du Monde de Bloc.

Cotations

Article détaillé : Cotation (escalade).
Voie cotée 7a en forme de colonnette

La difficulté d'une voie est représentée par un système de cotation, différent suivant les pays. En France, la cotation est signalée par un chiffre (3 - 9) avec des divisions en lettre de a à c ou avec un + ou un - si on utilise les anciennes notations. Par exemple, ... < 3a < 3b < 3c < 4a < ...< 9b. Certains topos et les montagnards utilisent des chiffres romains (IV, V+...). Un passage noté sous le 3 correspond à un sentier de randonnée où il peut falloir utiliser les mains. Parfois, on ajoute un + pour signifier que la voie est un peu plus difficile sans pour autant être du niveau supérieur (6b < 6b+ < 6c) ; on peut aussi donner deux cotations (5c/6a), par exemple si les prises sont difficiles à atteindre pour les petits. Dans la pratique, les cotations démarrent généralement au 4 voire 3, le 1 correspondant historiquement à la station horizontale dans l’esprit de l’inventeur de cette échelle, Willy Welzenbach.

Il existe d’autres échelles de cotation, notamment aux États-Unis, en Angleterre et en Australie. Le système de notation anglais propose deux cotations par voie, permettant de noter la difficulté et l’engagement, car la plupart des voies anglaises ne sont pas équipées, et sont parfois difficiles à protéger.

La cotation en bloc diffère aussi de l'escalade en falaise ; voir par exemple les cas particuliers de Fontainebleau (6b, 7a) et d'Annot (B6, B7...).

Une cotation est subjective car elle est établie par l'expérience, en comparaison avec des voies de référence, et elle peut varier pour un même niveau selon la falaise, le pays, le continent. Il est en effet difficile d'estimer la cotation d'une voie étant donné la très grande variété de style d'escalade, en fonction de la longueur des voies, de l'inclinaison de la paroi ou du type de rocher.

Entraînement

L'entraînement s'organise en fonction du type de pratique : sur le plan physique, les grimpeurs de bloc favorisent le développement de la force, les grimpeurs de voie cherchant en plus à améliorer leurs qualités de résistance et de récupération dans l'effort. Différents outils sont utilisés dans cette optique : la poutre, le Pan Güllich, le pan d'escalade . Par ailleurs, la visualisation est utilisée couramment, en particulier pour les performances « à-vue », mais aussi lors du travail des voies.

Risques

L'escalade, comme la plupart des sports, présente des risques. Ceux-ci sont principalement de deux natures, chute du grimpeur ou chute d'objets.

La chute du grimpeur, relativement fréquente en escalade, n'entraîne généralement pas de blessures car elle est amortie par la chaîne d'assurage (assureur, dispositif d'assurage, corde, points de progression, baudrier). Néanmoins, des défaillances dans cette chaîne peuvent causer une longue chute, une chute violente (chute de facteur 2), voire un retour au sol. Les défaillances les plus fréquentes sont une faute d'attention de l'assureur, un mauvais encordement, une mauvaise utilisation du dispositif d'assurage, voire une rupture de point de progression (surtout en escalade artificielle). De par les normes très strictes posées sur le matériel, les erreurs humaines dominent sur les défaillances du matériel.

Dans les sites naturels, des chutes d'objets peuvent se produire : rocher instable, bloc de glace (en cascade de glace), matériel perdu par les cordées situées au-dessus, ou même objets lancés par des individus inconscients situés en haut des voies. Afin de s'en protéger, le port du casque est vivement recommandé. De plus, le bon sens incitera les grimpeurs à crier « corde », « cailloux » s'il leur arrive d'en faire glisser.

Encadrement

Pour acquérir les connaissances permettant d'évoluer en toute sécurité dans la pratique de l'escalade, un encadrant qualifié est nécessaire. En France, les moniteurs d'escalade titulaires d'un B.E.E.S. option escalade sont formés pour encadrer et enseigner l'escalade contre rémunération dans toutes ses dimensions, à condition que l'altitude soit inférieure à 1 500 m. Ils sont aussi habilités à encadrer et enseigner le canyonisme. Les guides de haute montagne, formés en France par l'ENSA, disposent aussi de ces prérogatives, sans limite d'altitude.

Dans le milieu associatif, les clubs sportifs liés au milieu de la montagne, affiliés au CAF ou la FFME, dispensent des formations de moniteur, plus exactement d'initiateur fédéral escalade. Ces initiateurs escalade seront alors habilités à encadrer bénévolement des groupes de grimpeurs même si ces derniers ne sont astreint à aucune obligation de formation. Ces formations sont néanmoins fortement conseillées.

Grimpeurs célèbres

Grimpeurs internationaux

Grimpeurs européens

Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de la Belgique Belgique
Autres nationalités européennes

Grimpeurs des autres continents

Drapeau du Japon Japon
Drapeau des États-Unis États-Unis d'Amérique

Annexes

Bibliographie

  • Olivier Broussouloux et Laurence Guyon, Escalade et performance : Préparation et entraînement, Éditions Amphora, 13 octobre 2004, 352 p. (ISBN 978-2851806550) 
  • Club alpin français, Manuel de la montagne [détail des éditions] 
  • Jean-Pierre Verdier et Didier Angonin, Escalade : S'initier et progresser, Éditions Amphora, 4 février 2004, 352 p. (ISBN 978-2851806376) 
Escalade à Amellago (Maroc)

Notes

  1. Emploi comme nom commun, vers 1896, de varappe, nom d'un couloir rocheux du mont Salève, près de Genève où, dès 1876, des grimpeurs se retrouvaient.
  2. Relais ou relai selon les orthographes admises

Références

  1. a et b La Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME) sur http://www.ffme.fr/. Consulté le 27 mai 2011
  2. a, b et c La fédération : Qui sommes nous? sur http://www.ffcam.fr/. Consulté le 27 mai 2011
  3. Plus d'un million de pratiquants sur http://www.linternaute.com/. Consulté le 27 mai 2011
  4. a et b Les précurseurs : des explorateurs de l’altitude sur http://www.grimper.com/. Mis en ligne le 23 Septembre 2009, consulté le 23 mai 2009
  5. Club Alpin Suisse : Portrait sur http://www.sac-cas.ch/. Consulté le 26 mai 2011
  6. (de) Der Verein : Porträt sur http://www.alpenverein.de/. Consulté le 27 mai 2011
  7. (en) About The Alpine Club sur http://www.alpine-club.org.uk/. Consulté le 27 mai 2011
  8. [PDF] Elodie Le Comte, « Du temps où escalade se disait varappe » sur http://www.telepheriquedusaleve.com/. Consulté le 26 mai 2011
  9. (en) History of the UIAA sur http://www.theuiaa.org/. Consulté le 27 mai 2011
  10. a et b Quelques dates marquantes sur http://www.ffme.fr/. Consulté le 27 mai 2011
  11. a, b, c et d C.Larcher, « Les cotations en escalade » sur http://www.kairn.com/. Mis en ligne le 23 mars 2007, consulté le 27 mai 2011
  12. L'histoire de l'escalade sur http://www.planetgrimpe.com/. Consulté le 27 mai 2011
  13. Le Plan National de développement des Structures Artificielles d'Escalade sur http://www.ffme.fr, 2009. Consulté le 26 mai 2011

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Différents types d'escalade :

Techniques liées à la pratique de l'escalade :

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  • escalade — [ ɛskalad ] n. f. • 1456; a. occitan escalada I ♦ 1 ♦ Vx Assaut d une position au moyen d échelles. Il « monte à l escalade de la citadelle » (Voltaire). Par ext. « un marquis qui tente l escalade pour se glisser dans la chambre d une fille »… …   Encyclopédie Universelle

  • Escalade — is the act of scaling defensive walls or ramparts with the aid of ladders, and was a prominent feature of siege warfare in medieval times. It was one of the most direct options available for attacking a fortification, but was also one of the most …   Wikipedia

  • escalade — Escalade. subst. f. l S se prononce. Attaque d une place avec des eschelles, assaut que l on donne avec des eschelles. Aller, monter à l escalade. ils emporterent la place par escalade. la muraille est trop haute, elle est hors d escalade …   Dictionnaire de l'Académie française

  • Escalade — Es ca*lade , n. [F., Sp. escalada (cf. It. scalata), fr. Sp. escalar to scale, LL. scalare, fr. L. scala ladder. See {Scale}, v. t.] (Mil.) A furious attack made by troops on a fortified place, in which ladders are used to pass a ditch or mount a …   The Collaborative International Dictionary of English

  • escaladé — escaladé, ée (è ska la dé, dée) part. passé. Un mur escaladé …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • escalade — 1590s, action of using ladders to scale the walls of a fortified place, from M.Fr. escalade (16c.) an assault with ladders on a fortification, from It. scalata, fem. pp. of scalare to climb by means of a ladder, from scala ladder, related to L.… …   Etymology dictionary

  • Escalade — Es ca*lade , v. t. [imp. & p. p. {Escaladed}; p. pr. & vb. n. {Escalading}.] (Mil.) To mount and pass or enter by means of ladders; to scale; as, to escalate a wall. [1913 Webster] …   The Collaborative International Dictionary of English

  • Escalade — (fr., spr. Eskalahd), 1) Leiterersteigung einer Festung od. eines Festungswerkes; meist ist die E. mit dem gewaltsamen Angriff od. dem Überfall verbunden; vgl. Festungskrieg. Daher 2) Nationalfest in Genf, jährlich am 12. Dec. gefeiert, zur… …   Pierer's Universal-Lexikon

  • Escalade — Escalade, frz., Leitersturm auf eine Festung; gelingt in der Regel nur als Ueberfall. – E. Fest in Genf, s. Genf …   Herders Conversations-Lexikon

  • escaladé — Escaladé, [escalad]ée. part …   Dictionnaire de l'Académie française

  • escalade — [es΄kə lād′] n. [Fr < It scalata < scalare, to climb < L scala, ladder: see SCALE1] the act of scaling or climbing the walls of a fortified place by ladders vt. escaladed, escalading to climb (a wall, etc.) or enter (a fortified place)… …   English World dictionary

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