Victoria du Royaume-Uni
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Victoria
Queen Victoria by Bassano.jpg
La reine Victoria du Royaume-Uni
Photographie de Alexander Bassano, 1882

Titre
Reine du Royaume-Uni
20 juin 183722 janvier 1901
(&&&&&&&&&&02322663 ans, 7 mois et 2 jours)
Couronnement 28 juin 1838 en l'Abbaye de Westminster
Premier ministre Lord Melbourne
Sir Robert Peel
Lord Russell
Lord Derby
Lord Aberdeen
Lord Palmerston
Benjamin Disraeli
William Gladstone
Lord Salisbury
Lord Rosebery
Prédécesseur Guillaume IV
Successeur Édouard VII
Impératrice des Indes
1er mai 187622 janvier 1901
Prédécesseur Création du titre
Successeur Édouard VII
Biographie
Dynastie Maison de Hanovre
Nom de naissance Alexandrina Victoria of Kent
Date de naissance 24 mai 1819
Lieu de naissance Drapeau du Royaume-Uni Palais de Kensington, Londres (Royaume-Uni)
Date de décès 22 janvier 1901 (à 81 ans)
Lieu de décès Drapeau du Royaume-Uni Osborne House, Île de Wight (Royaume-Uni)
Père Prince Édouard Auguste,
duc de Kent et Strathearn
Mère Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld
Conjoint Albert de Saxe-Cobourg-Gotha,
prince consort
Enfants Princesse Victoria,
princesse royale
Édouard VII Red crown.png
Princesse Alice
Prince Alfred,
duc de Saxe-Cobourg-Gotha
Princesse Helena
Princesse Louise
Prince Arthur,
duc de Connaught et Strathearn
Prince Leopold,
duc d'Albany
Princesse Beatrice
Héritier Ernest-Auguste Ier de Hanovre
(1837-1840)
Princesse Victoria
(1840-1841)
Prince Albert-Édouard (1841-1901)
Signature Queen Victoria Signature.svg

Coat of Arms of the United Kingdom (1837-1952).svg
Monarques du Royaume-Uni

Victoria du Royaume-Uni (née Alexandrine Victoire de Hanovre, en anglais Alexandrina Victoria of Hanover, dite Drina), est la fille du prince Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn et de Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, elle-même sœur du premier roi des belges Léopold Ier. Elle est née à Londres le 24 mai 1819 et décédée à Osborne le 22 janvier 1901.

Elle fut reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande (1837–1901) et Impératrice des Indes (1876–1901). Son règne, qui dura plus de 63 ans, demeure le plus long de toute l’histoire du Royaume-Uni et de celui des monarques de sexe féminin.

Le règne de Victoria fut marqué par une impressionnante expansion de l’Empire britannique, devenu la première puissance mondiale, et par la révolution industrielle, période de grand changement social, économique et technologique. Ce règne fut ainsi appelé « ère victorienne », époque de splendeur (comparable dans l'imaginaire britannique à ce qu'est le siècle de Louis XIV pour les Français) mais aussi de sévérité dans les mœurs et de tensions sociales.

Victoria fut la dernière souveraine de la maison de Hanovre qui régnait sur les îles Britanniques et leurs dépendances depuis 1714, tandis que l'Électorat de Hanovre était passé à une autre branche de la maison de Hanovre en raison de loi successorales différentes. Après son décès, la couronne britannique passa à la maison de Saxe-Cobourg-Gotha (nom britannique de la maison de Wettin) représentée par son fils Édouard VII et son petit-fils George V. Ce dernier, sous la pression de l'opinion publique, changea son nom jugé trop germanique en période de Première Guerre mondiale, en Windsor (1917). Cette maison fut prolongée par son fils Edouard VII, son petit-fils Georges V, ses arrière-petits-fils Édouard VIII et Georges VI et son arrière-arrière-petite-fille, l'actuelle reine Élisabeth II.

Sommaire

Naissance

Victoria naît le 24 mai 1819 au palais de Kensington. Son père, le prince Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn, est le quatrième fils du roi George III et de la reine née Charlotte de Mecklembourg-Strelitz. Sa mère, la princesse Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, fille du duc François de Saxe-Cobourg-Saalfeld et de la comtesse Augusta d’Ebersdorf a épousé en premières noces le prince Charles de Leiningen (1763-1814) dont elle a eu un fils et une fille.

Victoria est baptisée le 24 juin 1819 au palais de Kensington par l'archevêque de Cantorbéry. Son parrain est le tsar Alexandre Ier de Russie, en l’honneur duquel elle reçut son prénom. Ses marraines sont sa tante la reine Charlotte de Wurtemberg et sa grand-mère, Augusta, duchesse douairière de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Bien que son prénom de baptême soit Alexandrina Victoria, elle est officiellement reconnue comme étant la princesse Victoria, qui est également le prénom de sa mère.

Enfance

Le père de la princesse, le duc de Kent, meurt d’une pneumonie dès le 23 janvier 1820, alors qu’elle n’est âgée que de 8 mois. Son grand-père, le roi George III, aveugle et dément, meurt moins d’une semaine plus tard, le 29 janvier 1820. Son oncle, le Prince Régent, hérite de la couronne, devenant ainsi roi sous le nom de George IV. Bien que Victoria soit dans la ligne de succession, on ne lui parle au cours de ses premières années qu’allemand, la première langue de sa mère et de sa gouvernante. Mais dès qu’elle atteint l’âge de trois ans, elle poursuit sa scolarité en anglais. Elle apprend également à parler italien, grec, latin et français. Ses professeurs sont le révérend Davys et la baronne Lehzen.

Elle a onze ans quand son oncle le roi George IV meurt sans enfant le 26 juin 1830, laissant le trône à son frère, le duc de Clarence et de St. Andrews qui devient roi sous le nom de Guillaume IV. Bien qu'il ait - comme ses frères - épousé sur le tard une princesse issue d'une famille souveraine, Adélaïde de Saxe-Meiningen, le nouveau roi n’a pas d’enfant légitime survivant, la jeune princesse Victoria devient l’héritière présomptive du trône britannique. Comme la loi ne prévoit alors aucune disposition spéciale pour un monarque en bas âge, Victoria aurait eu le droit de régner comme un adulte. Pour prévenir un tel scénario, le Parlement vote la Loi de régence de 1831, selon laquelle la mère de Victoria, prendrait, si nécessaire, la fonction de régente pendant la minorité de la reine. Ne connaissant pas de précédent, le Parlement ne crée pas de conseil pour limiter les pouvoirs du régent.

En 1835, la princesse Victoria a seize ans lorsqu'elle rencontre son futur mari, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Le prince Albert est son cousin germain ; le père d'Albert, le duc Ernest Ier de Saxe-Cobourg-Gotha est en effet le frère de la mère de Victoria. L’oncle de la princesse Victoria, le roi Guillaume IV, désapprouve l’union, mais ses objections ne réussissent pas à dissuader les jeunes gens. Beaucoup d’historiens ont suggéré que le prince Albert n’était pas amoureux de la jeune Victoria et qu’il est entré en relation avec elle d’une part pour gagner un statut social (il n’était qu’un petit prince allemand, cadet d'un duché lilliputien) et d’autre part par sens du devoir (sa famille souhaitait l’union). Quelles que fussent les raisons qui poussèrent le prince Albert à épouser Victoria, leur mariage se révéla extrêmement heureux.

Accession au trône

L’accession au trône de la reine Victoria le 20 juin 1837

Guillaume IV décède à l’âge de soixante-douze ans, le 20 juin 1837, laissant le trône à Victoria. Comme la jeune reine vient d’avoir dix-huit ans, une régence n’est pas nécessaire. Cependant, le royaume de Hanovre, un État qui partage son monarque avec la Grande-Bretagne depuis 1714, contrairement aux îles Britanniques, est soumis à la loi salique. Le Hanovre ne revient donc pas à Victoria, mais à son oncle, le prince Ernest Auguste, duc de Cumberland et de Teviotdale, qui devient roi sous le nom d'Ernest-Auguste Ier. Comme la jeune reine est encore célibataire et sans enfant, Ernest-Auguste Ier est aussi l’héritier présomptif du trône britannique.

Quand Victoria accède au trône, le gouvernement est contrôlé par le parti Whig, qui détient le pouvoir depuis 1830, à quelques interruptions près. Le Premier ministre, Lord Melbourne, devient immédiatement une personnalité influente dans la vie de la jeune reine qui manque d’expérience politique et qui attend son avis sur de nombreuses décisions au point que certains appellent même Victoria Mme Melbourne.

Fêtes du couronnement de la reine Victoria le 28 juin 1838

La reine est couronnée le 28 juin 1838. Plus tard, elle déclara : « ... le moment où la couronne fut posée sur ma tête... fut, je dois l’admettre, des plus magnifiques et des plus impressionnants qui soient ».

Le gouvernement Melbourne ne peut pas rester longtemps aux affaires ; il devient des plus impopulaires et doit faire face à des difficultés liées à l’administration des colonies britanniques. Dans le Bas-Canada et le Haut-Canada, le Royaume-Uni se trouve confronté à une insurrection, en Jamaïque, l’assemblée coloniale proteste contre la politique britannique et refuse de voter certaines lois. En 1839, incapable de mener la politique étrangère, le gouvernement de Lord Melbourne démissionne.

La reine charge Robert Peel, un Tory, de former un nouveau gouvernement. C'est alors qu'éclate une crise politico-protocolaire connue sous le nom de Crise de la chambre à coucher. À l’époque, il est d’usage que ce soit le Premier ministre qui nomme les Dames de la Reine de la Chambre à coucher. Ces emplois sont traditionnellement accordés à des femmes dont les époux appartiennent au parti au pouvoir. Beaucoup de Dames de la Reine de la Chambre à coucher sont des épouses de Whigs, mais Sir Robert souhaite les remplacer par des épouses de Tories. Victoria s’oppose fermement à ce remplacement car elle considère davantage ces dames comme des amies que comme des membres d’une institution protocolaire. Peel estime qu’il ne peut pas gouverner sous les diktats de la reine et démissionne, permettant ainsi à Lord Melbourne de revenir aux affaires.

Sous son règne l'Angleterre devient la plus grosse puissance industrielle mondiale et acquiert principalement la Birmanie et la Nouvelle-Zélande.

Mariage

Le mariage de la reine Victoria et du prince Albert le 10 février 1840 d'après un dessin de Sir Georges Hayter

Finalement, la reine épouse le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha le 10 février 1840 dans la chapelle royale du palais St. James ; quatre jours plus tôt, Victoria accordait à son futur mari le titre d’altesse royale. Le prince Albert est communément connu comme le prince consort, bien qu’il n’obtienne officiellement ce titre qu’en 1857. Cependant, il n'a jamais obtenu la pairie.

A 21 ans, la reine est rapidement enceinte et, tandis qu’elle se rend en voiture avec le prince Albert à Londres, malgré sa grossesse, un jeune homme de 18 ans, Edward Oxford, tente de l’assassiner. Oxford tire deux fois, mais les deux balles manquent leur cible. Il est jugé pour haute trahison, mais acquitté après avoir été reconnu fou. Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur son geste ; Oxford peut simplement avoir cherché la notoriété. Beaucoup ont suggéré qu’une conspiration chartiste était derrière la tentative d’assassinat ; d’autres ont attribué le complot à des sympathisants de l’héritier présomptif, le roi Ernest-Auguste Ier de Hanovre. Ces soupçons de conspiration suscitent dans le pays une vague de patriotisme et de loyauté.

L’attentat n’a aucun effet sur la santé de la reine ni sur sa grossesse. Le premier enfant du couple royal, une fille prénommée Victoria comme sa mère et sa grand-mère, naît le 21 novembre 1840. Huit autres enfants naquirent pendant le mariage prolifique et heureux de Victoria et d'Albert. Le prince Albert n’est pas seulement le compagnon de la reine, mais il a su devenir un conseiller politique important, remplaçant Lord Melbourne comme figure dominante dans sa vie. Ayant trouvé un partenaire, Victoria ne compte plus sur les épouses de Whigs pour sa compagnie. Ainsi, quand les Whigs de Lord Melbourne perdent les élections de 1841 et sont remplacés par les Tories de Sir Peel, la Crise de la chambre à coucher ne se répète pas. Victoria continue à correspondre secrètement avec Lord Melbourne, dont l’influence, pourtant, diminue à mesure que celle du prince Albert grandit. La même année, la reine donne le jour à un fils, Albert-Edouard, qui devient de fait - et pour longtemps - prince héritier.

Le 13 juin 1842, Victoria fait son premier voyage par le train, voyageant de la station de Slough (près du Château de Windsor) au Bishop’s Bridge, près de PaddingtonLondres), dans une voiture royale spéciale fournie par la Great Western Railway. Son mari et l’ingénieur de la Great Western Railway, Isambard Brunel, l’accompagnent.

En 1842, la reine est la cible de trois tentatives d’assassinat. Le prince Albert estime que ces nouvelles tentatives ont été encouragées par l’acquittement d’Oxford en 1840. Le 29 mai 1842 à St. James’ Park, John Francis (cherchant fort probablement à gagner une certaine notoriété) tire au pistolet sur la reine (alors en voiture), mais il est immédiatement saisi par William Trounce. Il est condamné pour haute trahison, mais sa condamnation à mort est commuée en détention à vie. Le 3 juillet, un autre jeune homme, John William Bean, tire sur la reine. Bien que son fusil n’ait été chargé que de papier et de tabac, son crime reste passible de la peine de mort. Estimant une telle peine trop dure, le prince Albert encourage le Parlement à voter une loi, selon laquelle pointer une arme à feu vers la reine, la frapper, lui lancer un objet ou exhiber en sa présence une arme à feu ou tout autre arme dangereuse avec l’intention de la menacer, est passible d’un emprisonnement de sept ans et de flagellation. Bean est ainsi condamné à dix-huit mois de prison. Cependant ni lui, ni aucun justiciable ne furent jamais fouettés pour un délit similaire.

Enfants

Nom Naissance Décès Mariage Conjoint
Princesse Victoria, princesse royale

(Victoria Adelaide Mary Louise)

21 novembre 1840 5 août 1901 25 janvier 1858 Frédéric-Guillaume, Prince Royal de Prusse

(futur empereur Allemand et roi de Prusse)

Roi Édouard VII

(Albert Edward)

9 novembre 1841 6 mai 1910 10 mars 1863 Princesse Alexandra de Danemark
Princesse Alice

(Alice Maud Mary)

25 avril 1843 14 décembre 1878 1er juillet 1862 Louis, grand-duc héritier de Hesse

(futur grand-duc de Hesse et du Rhin)

Prince Alfred, duc souverain de Saxe-Cobourg-Gotha

(Alfred Ernest Albert)

6 août 1844 31 juillet 1900 23 janvier 1874 Grande-duchesse Maria Alexandrovna de Russie
Princesse Hélène

(Helena Augusta Victoria)

25 mai 1846 9 juin 1923 5 juillet 1866 Frédéric-Christian II, duc d'Augustenburg
Princesse Louise

(Louise Caroline Alberta)

18 mars 1848 3 décembre 1939 21 mars 1871 John Campbell, marquis de Lorne

(futur neuvième duc d'Argyll)

Prince Arthur

(Arthur William Patrick Albert)

1er mai 1850 16 janvier 1942 13 mars 1879 Princesse Luise-Margarete de Prusse
Prince Leopold

(Leopold George Duncan Albert)

7 avril 1853 28 mars 1884 27 avril 1882 Princesse Helena de Waldeck-Pyrmont
Princesse Beatrice

(Beatrice Mary Feodore Victoria)

14 avril 1857 26 octobre 1944 23 juillet 1885 Prince Henry de Battenberg

Irlande

Victoria par Francis Grant

Victoria tombe amoureuse de l’Irlande et choisit de passer ses vacances à Killarney, dans le comté de Kerry, qu’elle fait l’un des sites touristiques les plus en vogue du XIXe siècle. En réponse à sa passion pour cette île, les Irlandais lui vouent d’abord un respect chaleureux. Mais, en 1845, l’Irlande est frappée par une épidémie de mildiou qui détruit les récoltes de pomme de terre, et qui, en plus de quatre ans, coûte la vie à plus d’un demi-million d’Irlandais et qui provoque l’émigration d'un million d’autres. En réponse à la Grande famine en Irlande, la reine offre 5 000 £ sur sa cassette personnelle et s’implique dans diverses organisations de lutte contre la famine. Alors que l’on doit faire surtout porter la responsabilité de l’aggravation de la famine en Irlande à la politique du gouvernement Russell, celle-ci est reprochée à la reine qui y perd sa popularité. Pour les républicains extrémistes, Victoria devient la « Reine de la Famine ». Des rumeurs courent même dans les milieux républicains sur l’indigence de sa contribution à la lutte contre la famine (5 £).

La première visite officielle de Victoria en Irlande, en 1849, est organisée personnellement par Lord Clarendon, représentant de la Couronne en Irlande, c’est-à-dire chef de l’administration britannique dans l’île. Son but est d’essayer à la fois d’attirer, grâce à la présence de la reine, l’attention du public sur la famine, mais aussi d’alerter les politiciens britanniques sur l’ampleur de la crise en Irlande. Malgré l’impact négatif de la famine sur la popularité de la reine, celle-ci jouit encore d’une certaine estime auprès des nationalistes ; en effet leurs réunions se terminent toujours par l’hymne du God Save the Queen. Pourtant durant les années 1870 et 1880, le respect pour la monarchie décroît considérablement en Irlande, en partie à la suite de la décision de Victoria d’annuler sa visite sur l’île. En effet, la Corporation de Dublin refuse de féliciter son fils, le Prince de Galles, d’abord à l’occasion de son mariage avec la princesse Alexandra de Danemark en 1863, puis à l’occasion de la naissance de son fils le prince Albert Victor de Galles en 1864.

Victoria résiste à la pression répétée de plusieurs de ses premiers ministres, des lords lieutenants et même de membres de la famille royale, lui conseillant d’établir une résidence royale en Irlande. Dans ses mémoires en 1930, qu’il a intitulées Irlande : dupe ou héroïne ?, Lord Midleton, ancien dirigeant du parti irlandais unioniste, décrit ce refus comme désastreux pour la monarchie et pour l’administration britannique en Irlande.

Victoria organise sa dernière visite en Irlande en 1900, pour appeler les Irlandais à s’enrôler dans l’armée britannique pour combattre dans la Seconde Guerre des Boers. L’opposition nationaliste à cette visite est menée par Arthur Griffith, qui fonde une organisation appelée Cumann na nGaedheal. Cinq ans plus tard, Griffith utilise les contacts qu’il a établi lors de cette campagne pour former un nouveau mouvement politique, le Sinn Féin.

Politique

Années 1840

La reine Victoria en 1845

En signe d'Entente cordiale entre l'Angleterre et la France, la reine Victoria séjourne à deux reprises chez le roi Louis-Philippe Ier, dans son château d'Eu, en Normandie, au cours des années 1843 et 1845, tandis que le roi des Français rend visite à la souveraine britannique au château de Windsor en 1844. Ces années sont marquées par plusieurs mariages entre les membres des Maisons d'Orléans et de Saxe-Cobourg-Gotha.

Pendant ce temps, le gouvernement de Lord Peel doit affronter une crise à propos de l’abrogation des lois sur les céréales. Beaucoup de Tories sont opposés à son abrogation, tandis que certains d’entre eux (les peeliens) ainsi que la plupart des Whigs soutiennent le projet. La loi est finalement abrogée et Sir Robert démissionne en 1846.

Il est remplacé par Lord Russell. Comme celui-ci est whig, la reine n’apprécie pas son gouvernement. En particulier, le ministre des Affaires étrangères, Lord Palmerston, qui agit souvent sans consulter ni le cabinet, ni le Premier ministre, ni la reine, ce qui apparaît à la reine comme une insolence inadmissible. En 1849, la reine s’en plaint auprès de Lord Russell, en signalant que Lord Palmerston a envoyé des missives officielles à des chefs d’État étrangers sans l’en avoir informée. Elle renouvelle sa plainte en 1850, mais toujours sans succès. Lord Palmerston ne quitte finalement le gouvernement qu’en 1851 : il avait, entre autres, approuvé au nom du gouvernement britannique le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, sans avoir consulté préalablement le Premier ministre.

La période pendant laquelle Lord Russell est Premier ministre est pénible pour la Reine. En 1849, William Hamilton, un chômeur irlandais mécontent essaye de s’en prendre à elle en tentant de mettre le feu à sa voiture à l’aide d’un pistolet rempli de poudre. Hamilton est jugé selon la loi de 1842. Il plaide coupable et reçoit la peine maximale de sept ans d’emprisonnement. En 1850, la reine est agressée par un ancien soldat probablement aliéné, Robert Pate. Alors que Victoria monte dans une voiture, Pate la frappe avec sa canne et la blesse. Pate sera lui aussi jugé ; n’ayant pas réussi à prouver sa folie, il reçoit la même sentence que Hamilton.

Années 1850

En 1851, la première exposition universelle, Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations, est organisée au Palais de Cristal. Orchestrée par le prince Albert, l’exposition est officiellement inaugurée par la reine le 1er mai. Malgré les craintes de certains, elle remporte un très grand succès. Les recettes permettent l’entretien du South Kensington Museum.

À la chute du ministère de Lord Russell en 1852, le Premier ministre whig est remplacé par un tory, Lord Derby. Lord Derby ne reste pas longtemps au pouvoir, car il ne peut pas conserver de majorité au Parlement et il doit démissionner moins d’un an après être arrivé aux affaires.

Victoria cherche alors à mettre fin à cette période de gouvernements faibles. La reine ainsi que son époux encouragent vivement la formation d’une coalition entre les Whigs et les Tories peeliens. Un tel gouvernement est effectivement formé, sous l’égide de Lord Aberdeen.

Un des actes les plus importants du nouveau gouvernement est de faire entrer le Royaume-Uni dans la Guerre de Crimée en 1854, aux côtés de la France et de l’Empire ottoman contre la Russie (traité d'alliance du 10 avril 1854). Immédiatement avant l’entrée du Royaume-Uni, des rumeurs selon lesquelles la reine et le prince Albert préfèreraient l’alliance avec la Russie entament la popularité du couple royal. Pourtant, Victoria prend publiquement le parti des troupes engagées au côté de l’Empire ottoman et invite Napoléon III en Angleterre pour une visite d'État (16 au 21 avril 1855) afin de sceller leur rapprochement, notamment en intronisant l'Empereur des Français dans l'ordre de la jarretière[1]. À la fin de la guerre, elle crée même la Victoria Cross, une décoration récompensant la bravoure des combattants. Cependant, la gestion très critiquée de la Guerre de Crimée pousse Lord Aberdeen à démissionner en 1855. Il est remplacé par Lord Palmerston, avec qui la reine s’est réconciliée.

Invitée à Paris en août 1855 par l'Empereur Napoléon III, à l'occasion de l'Exposition universelle, la Reine Victoria effectue alors la première visite officielle dans ce pays d'un monarque britannique depuis 400 ans[1]. C'est un grand succès pour les deux couples britanniques et français, succès qui culmine avec la visite de la Reine aux Invalides où elle se recueille devant les cendres de Napoléon Ier[1]. L'amitié qu'elle tisse avec Napoléon III et l'impératrice Eugénie résistera aux tensions franco-anglaises que les deux pays connaitront par la suite[1]. Lord Palmerston doit quitter ses fonctions en raison de son impopularité due à la façon dont il a conduit la Seconde Guerre de l'Opium, en 1857. Il est remplacé par Lord Derby.

Sous l’administration de Lord Derby éclate la Révolte des Cipayes dirigée contre la domination de la Compagnie anglaise des Indes orientales sur l’Inde. Après l’écrasement de la rébellion, l’Inde est soumise à la gestion directe de la Couronne, mais le titre d’Impératrice des Indes n’est instauré que vingt ans plus tard. Le deuxième gouvernement de Lord Derby ne fait pas mieux que le premier ; il chute en 1859, permettant à Lord Palmerston de revenir au pouvoir.

Années 1860

La mort du Prince Consort le 14 décembre 1861 affecte profondément la reine qui prend le deuil, s’habille de noir et évite les apparitions publiques et les visites à l’intérieur de Londres. Son isolement lui vaut le surnom de Veuve de Windsor. Elle reproche à son fils, le prince Edouard, prince de Galles sa frivolité ainsi que la mort de son père.

En revanche, Victoria se confie de plus en plus à un domestique écossais, John Brown, à tel point que l’on soupçonne une liaison et même un mariage secret. Un journal intime récemment découvert serait la confession à l’article de la mort du chapelain privé de la reine et insinuerait que celui-ci aurait présidé au mariage secret de Victoria et de John Brown. Mais de nombreux historiens répugnent à accorder du crédit à ce document. Cependant, à la demande de la reine Victoria, deux objets ont été placés, à ses côtés dans son cercueil : une des robes de chambre d’Albert et dans sa main gauche un portrait et une mèche de cheveux de Brown. Suite à ces rumeurs de liaison et de mariage, certains ont donné à Victoria le surnom de Mme Brown.

Pendant ce temps, l’isolement de Victoria et son éloignement de la scène publique contribuent à faire chuter la popularité de la monarchie et à favoriser le mouvement républicain. La reine accomplit cependant avec sérieux ses devoirs officiels mais elle ne participe plus activement au gouvernement du royaume, s’isolant dans ses résidences royales de Balmoral en Écosse et d’Osborne dans l’Île de Wight. C’est pendant cette période qu’est votée par le Parlement, la loi la plus importante du XIXe siècle : la Loi de Réforme de 1867 du système électoral. Lord Palmerston y est vigoureusement opposé. À sa mort en 1865, il est remplacé par Lord Russel, puis par Lord Derby et c’est sous ce dernier gouvernement que la loi de Réforme est votée.

Années 1870

Cette caricature, Nouvelles Couronnes pour Vieux, inspirée d'un conte arabe, représente Disraeli en colporteur offrant à Victoria une couronne impériale

Le Premier ministre conservateur Benjamin Disraeli prend sa charge en 1868 ; il s'avère être le Premier ministre préféré de Victoria. Pourtant, son gouvernement résiste peu de temps et William Gladstone le remplace.

Membre du Parti libéral (c'est ainsi qu'on appelait la coalition whigs-peeliens), il est en désaccord aussi bien avec Victoria qu'avec Disraeli. Celle-ci a le sentiment, comme elle l'a dit à l'occasion, que lorsqu'il s'adresse à elle, il le fait comme s'il s'adressait à des militants politiques. C'est sous le gouvernement de Gladstone, au début des années 1870, que la reine commence à sortir peu à peu de son deuil et de son isolement. Encouragée par son entourage, elle intervient plus souvent.

En 1872, Victoria subit sa sixième agression avec arme à feu. Alors qu'elle descend de voiture, un Irlandais de dix-sept ans, Arthur O'Connor, se précipite vers elle, un pistolet dans une main et une pétition pour la libération des prisonniers irlandais dans l'autre. L'arme n'est pas chargée ; le but du jeune homme est très probablement de faire peur à Victoria pour qu'elle accepte la pétition. John Brown, qui se trouve à côté de la reine, plaque le garçon au sol avant même que Victoria ait pu voir le pistolet ; il est décoré d'une médaille d'or pour sa bravoure. O'Connor est condamné à la déportation et au châtiment corporel, comme prévu par la loi de 1842, mais Victoria accorde sa grâce pour la deuxième partie de la sentence.

Disraeli revient au pouvoir en 1874, à un moment où la fibre colonialiste naît dans le royaume, sentiment partagé par le nouveau Premier ministre et la reine, comme par beaucoup en Europe. En 1876, encouragé par Disraeli, la reine prend le titre d’Impératrice des Indes, titre officiellement reconnu par la Loi sur les titres royaux (Royal Titles Act) de 1876. Victoria récompense son Premier ministre en le faisant Comte de Beaconsfield.

Années 1880

La Famille Royale en 1880

En 1880 les libéraux remportent les élections générales et le gouvernement de Lord Beaconsfield démissionne. Comme Gladstone a quitté la direction des libéraux quatre ans plus tôt, la reine invite Lord Hartington, le chef des libéraux à la Chambre des communes, à former un gouvernement. Mais Lord Hartington refuse, en affirmant qu'un gouvernement libéral ne peut pas travailler sans Gladstone et que lui, Hartington, ne servirait dans aucun gouvernement qui ne soit dirigé par lui. Victoria cède et nomme Gladstone Premier ministre.

Le septième et dernier attentat contre la vie de Victoria survient en 1882. Un fou écossais, Roderick Maclean, tire une balle en direction de la reine, alors assise dans sa voiture, mais la manque. Depuis 1842, chaque individu qui a essayé d'attaquer la reine a été jugé pour incartade (punissable de sept ans de travaux forcés), mais Maclean est jugé pour haute trahison (passible de la peine de mort). Il est acquitté, ayant été jugé irresponsable et est enfermé dans un asile. Victoria exprime sa grande contrariété vis-à-vis du verdict « non coupable, mais dément », et encourage l'introduction du verdict « coupable, mais dément » l'année suivante.

Les conflits de Victoria avec Gladstone continuent. Elle est contrainte d'accepter les réformes électorales qu'il propose, en incluant Representation of the People Act de 1884, qui augmente considérablement la taille du corps électoral. Le gouvernement de Gladstone est remplacé en 1885, par le gouvernement conservateur de Lord Salisbury, mais Gladstone revient au pouvoir dès 1886 et présente le Irish Home Rule Bill, qui propose une chambre séparée pour l'Irlande. Victoria s'y oppose, arguant que cela saperait l'Empire britannique. Quand le projet de loi est rejeté par la Chambre des Lords, Gladstone démissionne, et Victoria nomme Lord Salisbury Premier ministre. Le 16 avril 1887 le reine Victoria et sa fille Béatrice se sont rendus au belvedère de la Chambotte (Savoie) chez monsieur Louis Lansard et sa femme qui tenaient un restaurant. La reine Victoria fit aussi de nombreux sejours à Aix les Bains en Savoie en 1885,1887 et 1890. Elle avait aussi acheté des terrains sur la commune de Tresserve à côté d'Aix les Bains,en face du lac avec le projet de faire construire une villa.

Le 20 juin 1887, à l'occasion du Jubilé d'or (Golden Jubilee) qui célèbre ses cinquante ans de règne, la reine organise un banquet auquel une partie de sa famille - soit cinquante rois et princes européens - est invitée. Le lendemain, elle participe à un défilé qui, selon Mark Twain, « s'étendait à perte de vue dans les deux directions ». À l'époque, Victoria est un monarque extrêmement populaire. Le scandale de ses relations supposées avec son domestique s'est apaisé après la mort de John Brown en 1883, permettant à la reine d'être perçue comme un symbole de moralité.

Années 1890

La reine Victoria, photographiée à l'occasion de son jubilé de diamant, en 1897.

Victoria est contrainte de supporter un gouvernement de Guillaume Gladstone encore une fois, en 1892. Après la dernière défaite de sa loi sur le Irish Home Rule Bill, il prend sa retraite en 1894, pour être remplacé par Lord Rosebery, un libéral colonialiste.

À Lord Rosebery, succède en 1895 Lord Salisbury, qui reste au pouvoir jusqu'à la fin du règne de Victoria. En 1897, le Royaume-Uni célèbre le Jubilé de diamant de la reine Victoria, c'est-à-dire le soixantième anniversaire de son accession au trône.

Vieillesse

Le 22 septembre 1896, Victoria devient le monarque de l'histoire anglaise, écossaise, ou britannique ayant régné le plus longtemps, dépassant le record détenu jusqu'à présent par son grand-père, George III. Conformément à la demande de la reine, toutes les célébrations publiques spéciales de l'événement sont retardées jusqu'à 1897, pour le soixantième anniversaire de son accession au trône. Le Ministre des Colonies, Joseph Chamberlain, propose que le Jubilé devienne un festival de l'Empire britannique. Ainsi, les Premiers ministres de toutes les colonies autonomes sont invités avec leur famille. Le défilé auquel la reine assiste comporte des troupes issues de chaque colonie britannique et des dépendances, ainsi que des soldats envoyés par les princes et les chefs des Indes britanniques (qui sont des vassaux de Victoria, Impératrice des Indes). La célébration du soixantième anniversaire est marquée par de grands débordements d'affection envers une reine bientôt octogénaire, alors clouée dans un fauteuil roulant.

Pendant les dernières années de Victoria, le Royaume-Uni est impliqué dans la Seconde Guerre des Boers, qui a reçu le soutien enthousiaste de la reine. La vie personnelle de Victoria est marquée par de nombreuses tragédies familiales, dont la mort de son fils, le prince Alfred, duc de Saxe-Cobourg-Gotha, la maladie mortelle de sa fille, l'impératrice douairière allemande Victoria, princesse royale et la mort de deux de ses petits-fils. Sa dernière apparition publique officielle a lieu en 1899, quand elle pose la première pierre des nouveaux bâtiments du South Kensington Museum, devenu Victoria and Albert Museum.

Décès et fin du règne de la maison de Hanovre

Selon l'habitude qu'elle respecte depuis le début de son veuvage, Victoria passe Noël à Osborne House (que le prince Albert a dessiné lui-même), sur l'Île de Wight. Elle y meurt le 22 janvier 1901, ayant régné soixante-trois ans, sept mois et deux jours, c'est-à-dire plus que n'importe quel monarque britannique auparavant. Ses funérailles ont lieu le 2 février ; après deux jours d'exposition solennelle, sa dépouille est inhumée dans le Mausolée Frogmore, à Windsor, aux côtés de celle de son mari.

À Victoria succède son fils aîné, le prince Édouard, prince de Galles, qui règne sous le nom d'Édouard VII. La mort de Victoria sonne, au Royaume-Uni, la fin de la Maison de Hanovre, une branche de la Maison d'Este ; Édouard VII, comme son père le prince Albert, appartient à la Maison de Saxe-Cobourg-et-Gotha, une branche de la Maison de Wettin. Le fils et successeur d'Édouard VII, le roi George V, change le nom de la Maison royale en Maison de Windsor pendant la Première Guerre mondiale (1917), car le nom Saxe-Cobourg-Gotha est associé à l'ennemi du Royaume-Uni, à savoir l'Allemagne, dirigée pourtant par un des petit-fils de Victoria, Guillaume II. Il est d'ailleurs à noter que deux autres souverains allemands de cette période sont aussi des petit-fils de Victoria: le grand-duc de Hesse, frère de la tsarine et le duc de Saxe-Cobourg-Gotha.

Héritage

Le Penny Black, premier timbre-poste émis en 1840, à l'effigie de la reine Victoria.

La reine Victoria fut le premier monarque britannique de l'époque moderne. Alors que ses prédécesseurs avaient pu jouer un rôle actif dans le gouvernement du pays, une série de réformes ont accru le pouvoir de la Chambre des communes aux dépens de celui de la monarchie et des lords, conduisant le monarque à un rôle plus symbolique. À compter du règne de Victoria, la reine ou le roi avait, selon l'aphorisme de Walter Bagehot, « le droit d'être consulté, le droit de conseiller et le droit de mettre en garde. »

La monarchie de Victoria est devenue plus symbolique que politique, avec un accent porté sur la moralité et les valeurs familiales victoriennes, par opposition aux affaires de mœurs et aux scandales financiers qui avaient été associés aux membres précédents de la Maison de Hanovre et qui avaient discrédité la monarchie. Le règne de Victoria voit la création du concept de monarchie familiale auquel les classes moyennes naissantes peuvent s'identifier.

Sur le plan international, Victoria fut une figure majeure, non seulement par l'image qu'elle incarna ou par l'influence du Royaume-Uni sur l'Empire, mais par les liens familiaux qu'elle a su tisser avec les familles royales d'Europe, lui valant ainsi le surnom affectueux de grand-mère de l'Europe. On peut citer par exemple le fait que trois des principaux monarques des pays impliqués dans la Première Guerre mondiale étaient, soit les petits-fils de Victoria, soit des maris de petites-filles de Victoria. Huit des neuf enfants de Victoria épousèrent des membres de familles royales européennes et la neuvième épousa un duc écossais, premier gouverneur du Canada.

Victoria a transmis à sa descendance le gène de l'hémophilie, mais on ne sait pas comment elle en a hérité. Elle a pu l'acquérir à la suite de la mutation d'un gène, son père ayant cinquante-deux ans quand Victoria fut conçue. On a aussi dit que le prince Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn n'était pas le père biologique de Victoria, et qu'elle était en fait la fille du secrétaire particulier irlandais et amant de sa mère, Sir Conroy. Si l'on a bien quelques preuves d'une relation entre la princesse Viktoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld et Sir Conroy (Victoria elle-même a raconté au duc de Wellington avoir assisté à un incident entre eux), l'histoire médicale de Sir Conroy ne révèle aucune trace d'hémophilie dans sa famille, ce qui aurait dû être le cas s'il avait dû transmettre le gène. Il est beaucoup plus probable que la maladie lui a été transmise par sa mère, bien qu'il n'y ait pas eu de cas connu d'hémophilie dans sa famille maternelle. Elle n'a pas souffert de la maladie, mais l'a transmise à au moins trois de ses enfants. La victime d'hémophilie le plus célèbre dans sa descendance fut son arrière-petit-fils, le tsarévitch Alexis de Russie.

En 2004, les monarques européens et anciens monarques descendants de Victoria sont : la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, le roi Harald V de Norvège, le roi Charles XVI Gustave de Suède, la reine Marguerite II de Danemark, le roi Juan-Carlos Ier d'Espagne, le roi Constantin II des Hellènes (détrôné) et le roi Michel Ier de Roumanie (détrôné). Les prétendants aux trônes de France, de Serbie, de Russie, de Prusse et d'Allemagne, de Saxe-Cobourg-Gotha, de Hanovre, de Hesse et de Bade sont aussi ses descendants.

La reine Victoria a été impopulaire pendant les premières années de son veuvage, mais elle est revenue dans le cœur de ses sujets, durant la décennie 1880-1890. En 2002, un sondage organisé par la BBC concernant les cent Britanniques considérés comme les plus grands, Victoria arriva en dix-huitième position.

Parmi les innovations de l'ère victorienne, on peut citer les timbres postaux, dont le premier, le Penny Black (émis en 1840), présente une image de la reine, et le chemin de fer, que Victoria fut le premier souverain britannique à prendre.

Le Victoria Memorial de Londres

Dans le monde, plusieurs lieux ou sites ont été nommés en l'honneur de la reine Victoria, à savoir :

La reine Victoria reste le monarque britannique dont le souvenir est le plus présent. De nombreuses statues la représentant sont érigées à travers tout l'empire, parmi lesquelles :

  • Le Victoria Memorial, situé à l'extérieur du Palais de Buckingham, érigé une dizaine d'années après sa mort au moment de la rénovation de la façade du Palais.
  • La Statue qui se trouvait sur Kildare Street en face de la Leinster House à Dublin (siège de la Société Royale de Dublin), sculptée par l'Irlandais John Hughes et inaugurée par Edouard VII. En 1924, deux années après avoir été loué pour des activités parlementaires, le bâtiment est acheté et devient le siège officiel de Oireachtas Eireann, le parlement de l'Etat libre d'Irlande. Pendant des années, des voix se sont élevées à l'idée de voir une statue de Victoria, connue de façon peu flatteuse par les républicains irlandais comme la Reine de la Famine, trôner en face du parlement d'Irlande. C'est pourquoi la statue est enlevée en 1947. Après des années d'oubli, la statue est offerte par l'Etat d'Irlande à l'Australie dans les années 1980 et se trouve maintenant, depuis le 20 décembre 1987, devant le Queen Victoria Building, dans le centre de Sydney.
  • À noter aussi qu'une grande statue de la Reine Victoria est présente à Port-Louis, capitale de l'Ile Maurice, et ancienne colonie britannique.
  • Une statue, grandeur nature, de la reine Victoria est présente dans la bibliothèque du Parlement du Canada à Ottawa.

Un monument lui est dédié à Nice, dans le quartier de Cimiez, près de l'hôtel Régina où elle passa cinq hivers consécutifs de 1895 à 1899[2].

Titres

Partiels

  • 1819-1837 : Son Altesse Royale la princesse Victoria de Kent
  • 1837-1901 : Sa Majesté la reine
  • 1876-1901 : Sa Majesté Impériale la reine-impératrice (occasionnellement)

Complets

  • 1837-1876 : Victoria, par la Grâce de Dieu, Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, Défenseur de la Foi.
  • 1876-1901 : Victoria, par la Grâce de Dieu, Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, Impératrice des Indes, Défenseur de la Foi.
  • En tant que membre de la Maison de Hanovre, elle fut également princesse de Hanovre et Duchesse de Brunswick et de Lunenbourg tout au long de sa vie.

Anecdotes

  • Victoria se maria en blanc et lança ainsi la mode de la robe blanche. Auparavant, les mariées portaient des robes qui n'avaient pas de couleur particulière.
  • Elle est devenue grand-mère à l'âge de trente-neuf ans et arrière-grand-mère à l'âge de cinquante-neuf ans.
  • Dans l'ordre de succession au trône britannique, les 520 premières personnes listées descendent de Victoria.
  • Elle survécut à trois de ses neuf enfants.
  • Victoria devint la première reine du Canada et la première reine d'Australie, lorsque ces deux territoires sont devenus des dominions britanniques, respectivement en 1867 et en 1901.
  • Victoria est morte dans les bras de l'aîné de ses petit-fils, l'empereur Guillaume II d'Allemagne.
  • En juillet 2011, un arrière-petit-fils de Victoria vivait encore : le prince Carl Johan de Suède.
  • Juan Carlos, Élisabeth II, et son mari, le Prince Phillip, sont des descendants, par cinq générations de la reine Victoria.

Filmographie

Annexes

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Bibliographie

  • Jacques de Langlade, La Reine Victoria, Fayard, 2000.
  • Roland Marx, La Reine Victoria, Perrin, 2000.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. a, b, c et d Antoine d'Arjuzon, Victoria et Napoléon, L'Entente fraternelle, Historia n°738, juin 2008, pp44-47
  2. Avenue reine Victoria, Plan et dictionnaire des rues de Nice, NiceRendezVous. Consulté le 19 novembre 2009.

Voir aussi


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Victoria du Royaume-Uni de Wikipédia en français (auteurs)

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