Luchon

Bagnères-de-Luchon

Bagnères-de-Luchon

Vallée de Luchon, vue prise de Superbagnères en regardant vers la plaine au nord
Vallée de Luchon, vue prise de Superbagnères en regardant vers la plaine au nord

Armoiries
Administration
Pays France
Région Midi-Pyrénées
Département Haute-Garonne
Arrondissement Arrondissement de Saint-Gaudens
Canton Canton de Bagnères-de-Luchon
Code Insee abr. 31042
Code postal 31110
Maire
Mandat en cours
Louis Ferré
2008-2014
Démographie
Population 2 619 hab. (2006)
Densité 50 hab./km²
Gentilé Luchonnais
Géographie
Coordonnées 42° 47′ 30″ Nord
       0° 35′ 41″ Est
/ 42.7916666667, 0.594722222222
Altitudes mini. 611 m — maxi. 2737 m
Superficie 52,80 km²

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Bagnères-de-Luchon ou Luchon (en occitan gascon Banhèras de Luishon / Luishon) est une commune française située dans le département de la Haute-Garonne et la région Midi-Pyrénées. Elle est surnommée « la reine des Pyrénées ».

C'est une ville sans feux de circulation. Ses habitants sont appelés les Luchonnais.

Luchon et port de Venasque (avant 1910).

Sommaire

Géographie

Station thermale et station de ski (Luchon-Superbagnères) Vallée du Lys

Située dans les Pyrénées (pays du Luchonnais) à 50 km au sud-ouest de Saint-Gaudens à la frontière avec l'Espagne, au sud du département de la Haute-Garonne, au confluent de la Pique et de l'One. Au sud, les montagnes du Luchonnais forment une barrière naturelle. Vers l'est, Luchon communique avec le val d'Aran par le col du Portillon et avec la vallée du Louron à l'ouest par le col de Peyresourde.

Climat, flore et géologie

Transport

Accés par la route nationale 125 et par la gare de Luchon qui est le terminus SNCF de la ligne Montréjeau - Luchon qui la relie à Toulouse via Montréjeau.

Une télécabine fait la liaison de Luchon à Superbagnères elle a pris la relève du chemin de fer à crémaillère (système Strub) de Luchon à Superbagnères exploité de 1912 à 1966.

La commune dispose aussi d'un aérodrome, l'Aérodrome de Bagnères-de-Luchon.

Histoire

Plan de Luchon (1914)
Vue de Luchon en 1908, photographie d'Eugène Trutat

Cette ville a plus de deux millénaires. Le nom de Bagnères-de-Luchon vient d'une part de son thermalisme (bagnères = bains), et d'autre part d'un dieu local (Lixon ou Illixon).

La présence de population est attestée depuis le néolithique au moins à la grotte de Saint-Mamet. La présence de Cromlech atteste aussi une occupation très ancienne[1].

En 76 av. J.-C., Pompée, de retour d'une expédition de maintien de l'ordre en Espagne (où il fonde notamment la ville de Pampelune qui porte son nom), s'arrête dans la région et fonde la ville nouvelle de Lugdunum, où se rassemblent les tribus convènes éparses (convènes = regroupés, rassemblés) ; c'est la future Saint-Bertrand-de-Comminges.

Un de ses soldats, atteint d'une maladie de peau, vient s'immerger dans les eaux thermales de Luchon, et de ses bains « onésiens » dont il découvre les vertus thermales. Au bout de 21 jours (durée traditionnelle et toujours actuelle d'une cure), il en sort complètement guéri.

En 25 av. J.-C., Tibère Claude fait creuser trois piscines et développe les thermes. Les thermes s'enorgueillissent dès lors de la peu modeste devise « Balneum Lixonense post Neapolitense primum » (les thermes de Luchon sont les premiers après ceux de Naples) qui est toujours aujourd'hui celle de la ville. Jules César parle de la région dans ses « Commentaires ».

Les invasions dites barbares (notamment des Goths et des Wisigoths) passent par la région, ainsi que celles des Maures, venant du sud et pas encore arrêtés à Poitiers. Les populations se réfugient dans les vallées hautes du Larboust ou d'Oueil en abandonnant en partie la vallée. Des traces de ces invasions subsistent dans certains mythes et légendes locales.

Charlemagne, Gaston Fébus donnent à la région un statut particulier de marche frontière avec une certaine autonomie, entre France et Espagne.

Le Moyen Âge est, comme partout, secoué par des famines et des épidémies de peste. En revanche, la région, excentrée, est relativement épargnée par la Guerre de Cent Ans et par les guerres de religion liées au catharisme et à la Réforme. Les populations restent fidèles à un catholicisme « adapté » et bien peu orthodoxe, que les évêques de Saint-Bertrand mettront des siècles à reprendre en main : prêtres vivant en communautés, parfois armés et mariés, peu éduqués et mal formés, extorquant des messes funéraires payées sous forme de repas dûment arrosés, cadets plus fidèles aux intérêts de leur Maison d'origine (la famille, la casa pyrénéenne) qu'à Rome...

En 987, le village de « Banières » et ses thermes sont décrits comme assez prospères, autour de son église. À la Toussaint a lieu une foire importante, qui n'a cependant pas la renommée de celle de Saint-Béat, qui profite davantage du commerce avec l'Espagne.

Vers 1200, l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem installe une commanderie à Frontés, entre Montauban et Juzet-de-Luchon. L'objectif est de garder le passage vers la montagne, de ce chemin secondaire de Saint-Jacques-de-Compostelle et d'organiser des hospices pour les pèlerins et les commerçants, qui risquent leur vie en hiver. La création du bâtiment de l'hospice de France date de cette époque et est la seule trace qui subsiste des Templiers. L'ouverture du port (col) de Vénasque est, quant à elle, postérieure.

Commence alors une lutte continue de plusieurs siècles entre les Templiers et les populations guidées par leurs prêtres. L'objectif devint rapidement plus économique que religieux et il n'était pas question de partager les impôts. Finalement, l'ordre abandonna la région.

Il y a toujours eu très peu de nobles dans cette région où la paysannerie a toujours lutté pour sa survie. Les anciens traités de Lies et passeries associaient les populations des deux versants de la montagne par des accords de libre circulation et de libre échange, même au cas où les royaumes auraient été en guerre. Un boycott un peu soutenu aurait en effet facilement décimé les populations. Ces traités étaient systématiquement renouvelés et imposés aux rois comme aux évêques. Une forme de représentation populaire élue, les consuls, existait. On a ainsi pu parler de républiques pyrénéennes.

Les rois de France cherchent à mettre un terme à cette situation qui leur paraît anormale.

En 1759, le baron Antoine Mégret d'Etigny, intendant de Gascogne, est envoyé à Luchon. Il commence par créer une route carrossable, à coups de corvées et d'expropriations. Il est obligé de faire appel à une compagnie de Dragons pour tenir la population en respect, peu habituée à un traitement aussi autoritaire. En 1761, il réorganise les thermes et leur donne les bases de leur futur essor. En 1763, il fait venir prendre les eaux au maréchal, duc de Richelieu, qui reviendra en 1769 avec une grande partie de la Cour. La station thermale est lancée. Il développe également l'exploitation forestière, capitale pour fournir du bois pour la marine et du charbon de bois pour les forges. Il meurt en 1767, à l'âge de 47 ans, ruiné et disgracié.

Son successeur donnera son nom aux allées d'Étigny, principale artère de la ville, et une statue élevée en 1889 à son effigie se trouve toujours placée devant les Thermes.

La Révolution et l'Empire ont peu d'impact à Luchon.

De nombreux visiteurs célèbres viennent ensuite à Luchon, attirés par la vogue des eaux thermales pyrénéennes, lancée par l'Impératrice Eugénie, ou les débuts du pyrénéisme par le comte Henry Russell. Lamartine, José-Maria de Heredia (qui résida aussi dans un village non loin de Luchon, Marignac ; c'est là qu'il s'inspira du Pic du Gar pour un des poèmes de son recueil Les Trophées), le prince Louis Napoléon Bonaparte, le prince Impérial (fils de Louis Napoléon Bonaparte), Edmond Rostand, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Octave Mirbeau, Stéphen Liégeard, Sa Majesté Moulay Mohammed (futur Mohammed V du Maroc), Sa Majesté Alphonse XIII d'Espagne, Sacha Guitry, Francis Carco, Mauriac comptent parmi ces hôtes les plus illustres.

L'arrivée du train en 1873, la construction du casino en 1880 développent encore la popularité de la ville où des touristes huppés et cosmopolites ne tardent pas à affluer, jusqu'aux années folles. Les acquis sociaux (congés payés puis sécurité sociale) démocratisent ensuite la population touristique.

Des installations hydro-électriques sont créées par Électricité de France (EDF).

Le tour de France cycliste fait de la ville une de ses étapes obligées depuis ses débuts.

L'ouverture de la station de ski de Superbagnères, d'abord reliée par un train à crémaillère et aujourd'hui par un télécabine, complète l'équipement de la station, également en hiver. Aux jeux olympiques d'hiver de 1968, Ingrid Lafforgue défend les couleurs de la station. Sa sœur jumelle Britt Lafforgue a un palmarès non moins éloquent au championnats du monde de ski alpin.

Un golf et un aéroclub font bien mériter à la ville son surnom de Reine des Pyrénées donné par Vincent de Chausenque en 1834 dans son ouvrage Les Pyrénées ou voyages pédestres

Enfin, l'eau minérale de Luchon est commercialisée depuis quelques années dans toute la France.

Voir aussi

Article détaillé : Histoire du Val d'Aran.

Blason

Blason ville fr Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne).svg

Blason : d'or à la montagne de sable mouvant du flanc dextre d'où jaillit un jet d'eau d'argent dans une baignoire d'azur, le tout posé sur une terrasse aussi de sable ; au chef parti au premier de gueules chargé de quatre otelles d'argent posées en sautoir et au second d'azur à l'autel votif d'argent chargé sur le dé des inscriptions ILIXIONI DEO V.S.L.M. en lettres capitales romaines de sable.

Après de multiples confusions, l'Académie Julien Sacaze a pu confirmer que Lixon est le vrai nom romain de Luchon et non pas Ilixon.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
2008 2014 Louis Ferré PS Professeur d'université (statistique)
1995 2008 René Rettig UMP Directeur d'hôpital
1974 1995 Jean Peyrafitte PS Hôtelier
1971 1974 Albert Castaigne - -
1947 1971 Alfred Coste Floret - -
1946 1947 Adrien Bochet - -
1946 1946 Castex - -
1945 1946 Adrien Bochet - -
1944 1945 Gabriel Rouy - -
1944 1944 Me Rémy Comet - Notaire
1919 1944 Dr Guillaume Germés - Médecin
1912 1919 Dr Gabriel Estradère - Médecin
1894 1912 Paul Bonnemaison - -
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Commune faisant partie de la huitième circonscription de la Haute-Garonne

Démographie

L'agglomération de Bagnères de Luchon compte, au recensement de 2006, 4 171 habitants pour cinq communes : Bagnères-de-Luchon (2 619 habitants), Saint-Mamet (525 habitants), Montauban-de-Luchon (464 habitants), Juzet-de-Luchon (390 habitants) et Moustajon (173 habitants) . En 1999, l'agglomération comptait 4 439 habitants. Cette baisse continue dure depuis longtemps puisqu'en 1968, l'agglomération comptait 5 126 habitants. Elle est due au vieillissement de la population, au manque d'activités économiques, et à un relatif enclavement. Ces chiffres vont d'ailleurs à l'encontre du dynamisme démographique de la Haute-Garonne lié à l'augmentation de la population très rapide de la métropole toulousaine.

Évolution démographique
(Source : Insee et Cassini[2])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 164 1 080 1 396 1 683 2 077 2 385 2 629 2 770 2 770
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 016 3 294 3 921 3 829 4 012 4 256 3 729 3 528 3 720
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 260 3 465 3 415 3 635 3 820 3 884 3 591 4 105 3 666
1962 1968 1975 1982 1990 1999 - - -
3 888 4 123 3 484 3 498 3 094 2 900 - - -

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Économie

Thermalisme (Thermes de Luchon), sports d'hiver (Superbagnères), eaux minérales, tourisme, elle abrite aussi un peloton de gendarmerie de haute montagne et la Compagnie des guides de Luchon

Personnalités liées à la commune

Edmond Rostand

Monuments et sites touristiques

Statue de la vallée du lys,
à côté des thermes de Luchon,
par Jean-Marie Mengue
  • Les alignements ont été classés MH par liste en 1889[3].
  • La chapelle Saint-Étienne dont la porte romane du XIIe siècle est inscrite MH par arrêté du 7 octobre 1931[3].
  • Les Thermes construits de 1854 à 1858 dont les peintures murales du grand hall ont été inscrites MH par arrêté du 6 octobre 1977

ainsi que les trois Chalets Spont construits entre 1848 et 1855[3].

  • Trois villas ont été totalement ou partiellement inscrites monuments historique. La villa Edouard de style neo-gothique, construite en 1864, la villa Pyrène, et la villa Santa Maria. La villa Santa Maria ou Narischkine construite vers 1840, aux façades néo-palladiennes côté rue a abrité la princesse Narischkine et Alexandre Dumas fils[3].
  • Le casino construit entre 1878 et 1880 en brique-pierre dans un style historiciste classique, puis agrandi en 1929 avec ajout du décor Art Déco de la façade antérieure. Le parc est dessiné autour d'une pièce d' eau serpentine avec grotte artificielle. Le parc du casino, ses deux pavillons d' entrée et le pavillon normand ont été inscrits monument historique par arrêté du 10 mai 1999[3].
  • L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est un édifice neo-roman construit de 1847 à 1857 sur l'emplacement de l'ancienne église romane. Les peintures murales sont de Romain Cazes[3].
  • le Château Lafont qui date du XVIIIe siècle est inscrit par arrêté du 2 mars 1927 et son escalier est classé (8 juin 1931)[3].
  • Vallée du Lys
  • À proximité : des balades dans le massif des Pyrénées (notamment l'Hospice de France, Arboretum de Jouéou, Castelvielh (Bagnères-de-Luchon)...

Vie locale

Éducation

L'éducation est assurée sur la commune de Luchon par les écoles maternelles et les écoles élémentaires, jusqu'au lycée général Edmond Rostand, en passant par le collège Jean Monnet

Un lycée professionnel (Lycée du bois), est située sur la commune voisine de Montauban de Luchon. Ce lycée a la labellisation lycée des métiers de la première transformation du bois[4] Il offre les spécialités suivantes:

- CAP mécanicien affûteur,
- CAP constructeur bois,
- baccalauréat professionnel technicien de scierie,
- BTS technico commercial bois et dérivés (en apprentissage),
- Formation pluriactivités métiers de la montagne et monitorat de ski

Loisirs et sports

Un cinéma, un casino

De nombreuses stations de ski à proximité : Superbagnères, Peyragudes, Bourg-d'Oueil

Ville étape et de passage du Tour de France dans les Pyrénées

golf, sentier de grande randonnée GR 86 GR 10...

Culture

Photographies

Notes et références

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Henri Gadeau de Kerville, Autour du canton de Bagnères-de-Luchon (France et Espagne), Toulouse, Privat, 1928
  • Henri Gadeau de Kerville, Bagnères-de-Luchon et son canton (Haute-Garonne), Toulouse, Édouard Privat, 1925 ; Lorisse, 2003 (ISBN 9782843733543)
  • Henri Pac, Luchon et son passé, Éditions Privat, 1984 (ISBN 2-7089-2385-4)
  • Philippe Francastel, Luchon et ses vallées, Éditions Privat, 1999 (ISBN 2-7089-9123-X) (épuisé)
  • Patrick Turlan, Bagnères-de-Luchon à la Belle époque. Pau, imprimerie Ipadour, 1999, 63 pp., [nombeuses reproductions de cartes postales anciennes de Luchon.], Préface de Henri Dénard (conseiller général du canton de Luchon).
  • Patrick Turlan, La fête des fleurs de Bagnères-de-Luchon à la Belle époque. Pau, imprimerie Ipadour, 1999, 32 pp., [nombreuses reproductions de cartes postales anciennes de Luchon. Histoire des Guides...], Préface de Jean Peyrafitte (ancien sénateur-maire de Luchon).
  • Jean-Bernard Frappé, Autrefois Bagnères de Luchon, 2 tomes, Atlantica, 2001 (ISBN 2-84394-432-5)
  • Philippe Francastel, Le Pays de Luchon - poésie et lumière, Atlantica, 2004 (ISBN 2-84394-711-1)
  • Alban et André Leymarie, Le Chemin de fer à crémaillère de Luchon à Superbagnères, 1912- 1966, Éditions Lacour-Olle, 2006 (ISBN 2-7504-0702-8)
  • Anne Samson, Thermes tragiques, (ISBN 2-9501-3090-9) (un roman policier se déroulant à Luchon)


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