Balkanique

Balkans

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Balkans (sa limite au nord est fixé par les fleuves Danube-Save (Danube)-Kupa excluant de facto la Slavonie croate et la Voïvodine serbe des Balkans)
Carte physique des Balkans
Carte ethnographique du début du XXe siècle :
en vert, les bulgarophones (Bulgares, Pomaques et Macédoniens),
en vert pâle, les Serbes
en bleu, les hellénophones (Grecs)
en bleu pâle, les albanophones (Albanais, Kosovars, arvanites)
en rouge, les turcophones (Turcs, Tatars)
en jaune, les roumanophones (Roumains)
en brun, les aroumanophones (« Valaques » aroumains et méglénoroumains)

Les Balkans sont une des trois péninsules d'Europe du Sud qui forme plus précisément l'Europe du Sud-Est. Elle est bordée par des mers sur trois côtés : l'Adriatique et l'Ionienne à l'ouest, la mer Égée au sud et la mer de Marmara et la mer Noire à l'est. Au nord, on la délimite généralement par les cours du Danube, de la Save et de la Krka. Cette région couvre une aire totale de 550 000 km² et regroupe une population de 53 millions d’habitants.

Ce nom est d'origine turque (balkan signifie « chaîne de rochers glissante »), et désigne à l'origine la chaîne de montagnes qui traverse la Bulgarie d'est en ouest, le Grand Balkan, auparavant appelée Χαημός (Haemos, Haemus en grec et latin) et Стара Планина (Stara Planina, "ancienne chaîne" en slavon).

À l'époque des combats pour la libération des divers peuples de la région contre les dominations impériales ottomane et autrichienne-hongroise, dans l’historiographie occidentale, une certaine condescendance a donné au terme « Balkans » une connotation péjorative : ainsi « balkanisation » désigne un processus de déstructuration politique. Les Guerres balkaniques du début du XXe siècle y ont aussi contribué. Tout cela a conduit à utiliser le terme plus neutre d'« Europe du Sud-Est ». C’est ainsi que le journal en ligne Balkan Times s'est lui-même renommé Southeast European Times en 2003.

Sommaire

Origine du terme

L'expression « péninsule des Balkans » (Balkanhalbinsel) a été utilisée pour la première fois en 1808 par le géographe allemand Johann August Zeune. Zeune reprit ainsi l'idée antique selon laquelle les monts Balkans (en grec Αίμος, en latin Haemus) s'étendaient sur toute l'Europe du sud-est, des Alpes slovènes jusqu'à la mer Noire, ayant ainsi une importance culturelle analogue pour la région aux Apennins pour la péninsule italique. Cette idée, réfutée sur le plan géographique au fur et à mesure que la région fut mieux connue, demeura cependant dans le domaine politique et culturel, et même comme concept géographique mal défini, et ceci malgré les critiques formulées par de nombreux géographes comme Theobald Fischer (1839).

Pays des Balkans

Dans leur définition communément admise, les Balkans englobent :

En totalité

Une partie du territoire

Subdivisions

On divise généralement les pays de Balkans en deux groupes:

Langues

Les langues parlées dans les Balkans sont :

Définition culturelle

Le terme « Balkans » fait avant tout référence à une aire culturelle, c'est-à-dire un ensemble composé de groupes et de langues différents, mais qui partagent néanmoins un certain nombre de traits culturels communs, héritage d'un passé commun. L'historien roumain Papacostea a établi six couches du millefeuille historique balkanique qui peuvent expliquer ce qui fait aujourd'hui de cette région, une aire culturelle à part entière, et qui, selon ses termes, définissent l'Homo balcanicus; les historiens modernes tels le Roumain Neagu Djuvara, y ajoutent une septième :

  • l'influence du substrat thraco-illyrien et hellène, qui commence lors des premières migrations indo-européennes, 2000 ans avant J.-C., et agit jusqu'aux premières constructions étatiques de la région (décrites dans l'Iliade neuf siècles avant J.-C. mais sont probablement plus anciennes);
  • le fédéralisme macédonien et la civilisation hellénistique, du règne de de Macédoine, cinq siècles avant J.-C. jusqu'à la prise de la Grèce par Rome ;
  • la romanisation, qui a contribué à l'unification balkanique à travers la construction de routes et l'armée, et s'est poursuivie par une synthèse culturelle dans le bassin du bas-Danube. Celle-ci se diffuse par l'intermédiaire des Thraco-romains et de leurs descendants les "Valaques" (Aroumains et Roumains), populations pastorales qui survivent sur les piémonts, tandis que dans les plaines s'installent les Slaves ;
  • Byzance ;
  • les Slaves (première migration slave à la fin du IIIe siècle, l'empire bulgare du VIIe au XVe et l'empire serbe au XIVe) ;
  • l'islam ottoman et la lutte des peuples des Balkans contre l'occupation turc, de 1453 au traité de Lausanne (1923) ;
  • les séquelles de la guerre froide (communisme imposé en Yougoslavie, Albanie, Bulgarie et Roumanie, et dictatures militaires imposées en Grèce et en Turquie).

Chronologie

Sources[1]

  • L'agriculture se développe dans la région dès 6000 ans avant J.-C. : civilisations de Bubanj, Butmir, Glina, Gumelnitsa, Sesklos, Starčevo, Varna, Vinča...
  • XVIIIe avant J.-C. : des populations de langues indo-européennes, ancêtres des Grecs, des Thraces, des Illyres et des Scythes, s'installent dans la région.
  • XIIe avant J.-C. : abandon, pour trois siècles, de la plupart des sites, comme en Italie, probablement à la suite d'une épidémie ou d'une crise environnementale, peut-être liée à l'explosion du volcan de Kallistē (Santorin). Une grande partie des habitants s'exilent vers l'ouest en remontant le Danube (les archéologues parlent de populations danubiennes jusqu'à l'océan Atlantique) ou vers le sud en prenant la mer (les historiens parlent de peuples de la mer dont les Achéens, Hylléens, Lyciens, Philistins, Sardes, Sicules, Zakkariens...). Débuts de la civilisation mycénienne dans le Péloponnèse.
  • IXe avant J.-C. : débuts des civilisations dorienne, ionienne, éolienne et thrace, avec des cités autonomes fortifiées et des royaumes.
  • VIIe avant J.-C. : début de la colonisation grecque le long des côtes, depuis les îles d'Apsoris (auj. Creš) et de Pelagosa (auj. Palagruža) en Mer Adriatique jusqu'au pourtour de la Mer Noire, en passant par le pourtour de la Mer Ionienne.
  • 667 avant J.-C. : fondation par des colons Doriens de la cité de Byzance (future Constantinople).
  • 513 avant J.-C. : le quart sud-est de la péninsule est conquis par l'Empire Perse et organisé en une province, la satrapie de Skidra.
  • Ve avant J.-C. : deux royaumes thraces fortement hellénisés, la Macédoine et le royaume des Odrysses, se développent tandis qu'Athènes et Sparte se disputent l'hégémonie de la Grèce après avoir chassé les Perses hors de la péninsule des Balkans.
  • 358-339 avant J.-C. : développement et extension du Royaume hellénique de Macédoine dans la moitié est de la péninsule des Balkans ; début de la période héllénistique.
  • 335-280 avant J.-C. : développement et extension de la civilisation celte dans les Balkans : installation de peuples celtiques tels les Scordisques (dans le bassin du Danube), les Tectosages ou les Taurisques (dans le bassin de la Maritsa). Le contact des civilisations grecque classique (qui fournit l'écriture et l'architecture), thraco-illyre et celtique (qui fournissent un syncrétisme religieux pénétré d'influences pythagoriciennes : le culte de Zalmoxis) produit une civilisation balkanique préromaine où le rôle politique moteur est joué par le royaume de Macédoine, dont beaucoup de peuples voisins sont clients.
  • 229-148 avant J.-C. : l'Empire romain conquiert les côtes de l'Adriatique et la Macédoine.
  • 33-29 avant J.-C. : l'Empire romain conquiert l'intérieur de l'Illyrie et la Mésie (Thrace du nord). Il fixe sa frontière sur le Danube. Début du processus de la romanisation au nord de la "Ligne Jireček". Au sud, le royaume thrace hellénisé de Bizye (Βιζύη, aujourd'hui Vize en Turquie) dans le bassin de la Maritsa, résiste jusqu'en 45 de notre ère.
  • 330 : l’empereur Constantin Ier le Grand fait de Constantinople la nouvelle capitale de l'Empire romain. Les peuples balkaniques sont romanisés au nord de la ligne Jireček, héllénisés au sud, mais les Illyres de Prévalitaine, de Macédoine occidentale et d'Épire gardent leur langue : les Albanais y voient leurs ancêtres. Le christianisme se répand.
  • 375 : Premières invasions des Goths et des Huns.
  • 395 : à la mort de Théodose Ier, l’Empire romain est séparé en l’Empire romain d'Orient et Empire romain d'Occident : la séparation traverse les Balkans le long de la rivière Drinus et des sources de celle-ci à l'Adriatique. L'Illyricum avec la Pannonie et la Dalmatie, rattachés à l'Empire d'Occident, échoient donc aux royaumes germaniques héritiers de celui-ci à partir de 454.
  • 454-535 : les Ostrogoths règnent à l'ouest de la Drina. La population des Balkans est presque entièrement christianisée.
  • 527 : Justinien est couronné empereur à Constantinople. De 532 à 537 il fait construire la basilique Sainte-Sophie (Ναός Αγίας Σοφίας), à l'époque la plus grande église d'Europe.
  • 533554 : les généraux de Justinien, notamment Bélisaire, reconquièrent l’Afrique du Nord, l'Espagne du Sud et l’Italie sur les Vandales et les Ostrogoths : ils reprennent le sud de la Dalmatie tandis qu'au nord, et en Pannonie, s'installent les Lombards. Simultanément, des groupes de Slaves commencent à s'installer dans l'Empire.
  • 568 : les Lombards migrent en Italie et sont remplacés par des Slaves qui s'installent de plus en plus nombreux dans les Balkans où ils se mêlent aux Grecs, aux futurs Albanais et aux Thraces romanisés dits Valaques (futurs Aroumains et Roumains).
  • VIIe : période de nombreuses invasions : Avars et Bulgares par la terre, Perses puis Arabes par la mer. L'Empire romain d'orient (que les historiens modernes appellent désormais Empire byzantin) perd son autorité sur l'intérieur des terres et ne contrôle plus que les côtes de la péninsule, de langue grecque : il s'hellénise et adopte le grec comme langue officielle.
  • VIIIe et IXe : différenciation des Slaves des Balkans (Slaves du Sud) en Bulgares à l'est de la rivière Morava (Slaves du premier État bulgare) et en Serbo-croates à l'ouest de celle-ci. Le premier État bulgare domine la majeure partie de la péninsule.
  • 866, 909, 941, 970 : invasions varègues et russes.
  • 9711025 : sous la dynastie macédonienne, l’Empire byzantin reprend ses territoires européens aux Bulgares et aux Serbes. En 1014 à la Bataille de Kleidion, l'empereur Basile II devient le Bulgaroctone (« massacreur de Bulgares »). La frontière est à nouveau fixée sur le Danube. Les Valaques, qui avaient résisté aux côtés des Bulgares et des Serbes, dont dispersés et se réfugient dans le Pinde et au nord du Danube.
  • 1054 : lors du Schisme de l’Église chrétienne, la majorité des Balkaniques, à l'exception des Slaves les plus occidentaux (Slovènes, Serbo-croates) choisissent de rester dans l'obédience de Constantinople. La majorité des Serbo-Croates et une minorité de Bulgares ne choisissent ni Constantinople, ni Rome, mais le christianisme du pope Bogomil, connu en occident sous le nom de catharisme (du grec ϰάθαροϛ, « pur »). Les Slovènes suivront désormais l'histoire du Saint-Empire romain germanique.
  • 1091 : invasion des Pétchénègues et des Alains, que les armées impériales défont dans le Levounion sur le bas-Danube.
  • 1180 : après la mort de Manuel Ier l’Empire byzantin décline. Les Serbo-Croates recouvrent leur indépendance ; à l'ouest les Croates s'unissent à la Hongrie tandis qu'à l'est, les frères valaques Asan et Petru Deleanu soulèvent la Bulgarie.
  • 1186 : la Bulgarie recouvre son indépendance : c'est le Royaume valaque de Bulgarie (Regnum Valachorum des chroniques) ; l'Empire byzantin est réduit à la Grèce et aux côtes de la péninsule des Balkans et de l'Anatolie.
  • 1204 : Constantinople est conquise par les croisés qui y proclament l’Empire latin de Constantinople, tandis que les Byzantins conservent les Empires de Nicée et de Trébizonde, et le despotat d'Épire. D'autres états croisés se forment dans le centre de la Grèce et dans les îles égéennes tandis que les vénitiens et les génois s'emparent de la plupart des îles et des ports (les vénitiens en Dalmatie, en Albanie et en Grèce, les génois en Égée orientale et en Mer Noire).
  • 1242 : la Bulgarie et la Serbie sont ravagées par les Tatars. Dans le sillage de ceux-ci, arrivent les Roms.
  • 1261 : Constantinople est reprise aux croisés par Michel VIII Paléologue, empereur byzantin de Nicée.
  • 1281 : la Bulgarie se fragmente en plusieurs états : Vidin, Trnovo, despotats de Macédoine et de Dobrogée.
  • 1331-1355 : la Serbie, sous le règne de Stefan Dušan, devient un empire qui s'étend du Danube à l'Adriatique et à la Mer Égée, couvrant tout le centre de la péninsule des Balkans.
  • 1354 : les Turcs ottomans débarquent en Europe, à Gallipoli.
  • 1380-1394 : les Turcs ottomans conquièrent les états bulgares et la Serbie, encerclant Constantinople. La Bosnie est rattachée à la Hongrie. Le despotat de Dobrogée est rattaché à la Valachie.
  • 1453 : les Turcs ottomans prennent Constantinople : Constantin XI Paléologue le dernier empereur de l’Empire romain d’Orient, y laisse la vie. L'Empire ottoman conquiert la Bosnie, la Dobrogée, et vassalise les principautés voisines de Valachie et Moldavie. La Dalmatie reste vénitienne, la Croatie hongroise, seules la république de Raguse et la principauté de Cetinjé, sur l'Adriatique, sauvagardent leur indépendance.
  • 1526 : les Turcs ottomans conquièrent la Slavonie (partie nord-est de la Croatie) et le Banat.
  • XVIIe au XVIIIe : une partie des Slaves (Bosniaques de langue serbo-croate, Pomaques de langue bulgare), un petit groupe de Valaques (les Mégléno-roumains) et la grande majorité des Albanais se convertissent à l'islam pour ne plus payer le Haraç (impôt sur les non-musulmans) : ils quittent ainsi le Milliyet des Rum ("Roumis") pour celui des Osmanlı (« Turcs », mais pas dans le sens linguistique : en fait, fidèles du Sultan ottoman).
  • 1699 : l'Autriche prend aux Ottomans la Slavonie et la Croatie centrale.
  • XVIIIe : l'Empire ottoman commence à décliner : l'Autriche et la Russie développent des visées stratégiques sur les Balkans et y pénètrent (1718, 1735, 1774, 1787). De 1718 à 1739 l'Autriche annexe la Serbie. Tout au long du siècle, elle enregimente les Serbes fuyant la domination turque dans les garde-frontière de la Militär-Grenze, zone établie aux portes de l'Empire ottoman en 1702, où elle leur distribue des terres, en Croatie centrale, en Slavonie et dans le Banat. C'est l'origine des régions à majorité locale serbe (Krajina ou Vojvodina) dans ces régions. Quant à la Russie, elle se pose en protectrice du Milliyet des Rum (chrétiens orthodoxes).
  • 1797 : suite à l'effondrement de Venise devant Napoléon, l'Autriche annexe l'Istrie, la Dalmatie et la république de Raguse.
  • 1805-1809 : la France annexe l'Istrie, la Croatie, la Dalmatie et Raguse pour en faire ses Provinces illyriennes. Les idées de la Révolution française se répandent dans les Balkans.
  • 1816-1831 : des révoltes secouent les "Roumis" de l'Empire ottoman, animées et coordonnées par des sociétés secrètes telles la "Filiki Eteria" : elles aboutissent à l'autonomie de la Serbie, qui en 1817 devient une principauté vassale, comme l'étaient déjà la Moldavie et la Valachie voisines, et à l'indépendance de la Grèce, reconnue en 1831 sur le Péloponnèse, la Grèce centrale et les Cyclades.
  • 1852 : la principauté de Cetinjé s'agrandit et prend le nom de principauté du Monténégro.
  • 1876 : les massacres bulgares par l'armée ottomane, suite à une révolte des Bulgares, choquent l'Europe.
  • 1878-1885 : suite à la guerre russo-turque de 1877, d'importants changements ont lieu, au détriment de l'Empire ottoman :
    • les indépendances de la Serbie (agrandie de la région de Niš), du Monténégro (agrandi une nouvelle fois) et de la Roumanie (issue de l'union, en 1859, de la Moldavie avec la Valachie, et agrandie des deux-tiers de la Dobrogée) sont reconnues ;
    • la Bosnie-Herzégovine et le sandjak (arrondissement) de Novibazar (entre la Serbie et le Monténégro) sont occupées, et désormais administrées par l'Autriche-Hongrie ;
    • la Bulgarie, dont les Russes, au Traité de San Stefano, auraient voulu faire un grand royaume allant de l'Adriatique à la Mer Noire et du Danube à l'Égée, est reconnue, au Traité de Berlin en 1878, comme simple principauté vassale (comme l'étaient avant 1878 la Serbie, la Valachie et la Moldavie), mais seulement entre le Danube et le Grand Balkan, avec la capitale Sofia : la moitié sud-est du pays, nommée Roumélie orientale, reste province ottomane, avec une dose d'autonomie interne ;
    • l'Empire ottoman conserve le sud de la péninsule, de l'Adriatique (Albanie, Kosovo, Épire) à Constantinople. Des mouvements de populations ont lieu, des musulmans des territoires perdus venant s'installer dans ce territoire.
  • 1881-1885 : la Grèce s'agrandit de la Thessalie ; la Bulgarie : de la Roumélie orientale. La Serbie, la Roumanie et la Bulgarie, jusque-là Principautés, deviennent des Royaumes, comme l'était déjà la Grèce. La Serbie a une dynastie autochtone, tandis que la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie ont des dynasties d'origine allemande.
  • 1908 : l'Autriche-Hongrie évacue le sandjak de Novibazar, mais annexe la Bosnie-Herzégovine.
  • 1912-1913 : Guerres balkaniques : le Monténégro, la Serbie, la Bulgarie et la Grèce se partagent grâce à l'aide des Russes les territoires encore ottomans dans la péninsule, dont plus de la moitié des territoires albanophones et appartenant à l'Albanie historique, y inclus la Dardanie appelé Kosovo par les Serbes (à l'exception d'une partie de l'Albanie devenue indépendante en 1913 grâce à l'appui austro-hongrois et français) et de la Thrace orientale d'Edirne à Constantinople, restée turque jusqu'à nos jours. En outre, la Roumanie annexe la Dobroudja du Sud au détriment de la Bulgarie.
  • 1914-1918 : Première Guerre mondiale :
  • 1929 : le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes prend le nom de Yougoslavie.
  • 1939 : le 7 avril, l'Italie occupe l'Albanie.
  • 1939-1945 : Deuxième guerre mondiale :
    • l'Italie attaque la Grèce en octobre 1940 mais est repoussée en Albanie ;
    • la Yougoslavie, envahie par l'Allemagne en avril 1941, est démembrée : la Slovénie est partagée entre l'Italie (qui annexe aussi la Dalmatie, le Monténégro et le Kosovo) et l'Allemagne ; la Croatie et la Bosnie-Herzégovine forment un état satellite de l'Allemagne, dirigé par Ante Pavelić ; la Hongrie annexe la Voïvodine à l'ouest de la Tisza, et la Bulgarie la Macédoine, tandis que la Serbie elle-même (avec le reste de la Voïvodine) est occupée et administrée par la Wehrmacht. Deux résistances antagonistes se mettent en place : celle monarchiste des Tchetniks, fidèle au gouvernement exilé à Londres, et celle communiste des partisans, dirigée par Iosip Broz Tito ;
    • la Grèce est occupée en mai 1941. Un mouvement de résistance, l'E.A.M., se met aussitôt en place ;
    • la Bulgarie, à nouveau alliée à l'Allemagne, s'agrandit une dernière fois, des territoires qu'elle revendiquait : Macédoine ex-yougoslave, Thrace grecque, et Dobroudja du Sud (seul territoire qu'elle conservera finalement) ;
    • à partir de 1943, les mouvements de résistance libèrent de vastes zones en Grèce du nord et Yougoslavie ;
    • à la fin de la guerre, le plan de partage entre Alliés, négocié à Téhéran en 1943 et à Yalta en 1945, est mis en application : malgré la puissance de sa résistance communiste, la Grèce (90 % d'influence occidentale) reste dans l'orbite britannique puis américaine au prix d'une guerre civile ; en Yougoslavie reconstituée et agrandie (50 % d'influence occidentale, 50 % d'influence soviétique), Tito gagne contre les Tchétniks mais prendra bientôt ses distances avec l'URSS ; même chose en Albanie avec Enver Hoxha ; en Bulgarie et Roumanie par contre (90 % d'influence soviétique) les communistes peuvent prendre le pouvoir, malgré leur faiblesse numérique initiale.
  • 1946 : la Yougoslavie devient une république fédérale composée de six républiques : Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie et Macédoine, qui acquièrent alors leurs frontières actuelles (au Kosovo près).
  • 1949-1989 : la péninsule est divisée en trois zones étanches : au nord-est, Bulgarie et Roumanie font partie du bloc soviétique (Pacte de Varsovie et Comecon) ; au sud, Grèce et Turquie font partie du glacis occidental (OTAN) ; à l'ouest, Yougoslavie et Albanie sont communistes, mais non-alignés, la Yougoslavie avec des frontières ouvertes, l'Albanie au contraire très fermée, et ultérieurement proche de la Chine de Mao.
  • 1967-1974 : Dictature des colonels en Grèce. L'ensemble de la péninsule subit des régimes autoritaires.
  • 1981 : la Grèce rejoint l'Union européenne.
  • 1990 : les communistes d'Albanie, Bulgarie, Roumanie et Yougoslavie abandonnent le communisme en tant que système et doctrine, et adoptent le libéralisme et le nationalisme. Les dirigeants qui s'y sont opposés sont renversés. Les ex-communistes conservent le pouvoir pendant un temps (parfois assez long : cas de Slobodan Milošević), mais permettent le pluripartisme et la démocratie parlementaire.
  • 1991-1996 : guerres de dislocation de la Yougoslavie : indépendances en 1992 de la Slovénie et de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine et de la Macédoine.
  • 2004 : la Slovénie rejoint l'Union Européenne.
  • 2006 : séparation de la Serbie et du Monténégro.
  • 2007 : la Bulgarie et la Roumanie rejoignent l'Union Européenne.
  • 2008 : indépendance du Kosovo (région autonome de la Serbie, à majorité albanaise), reconnue par environ un quart de la communauté internationale.

Notes et références

  1. * Georges Castellan, Histoire des Balkans, Fayard 1999 ; Histoire de l’Albanie et des Albanais, Armeline, 2001 ; Un pays inconnu : la Macédoine, Armeline, 2003 ; Serbes d’autrefois : aux origines de la Serbie moderne, Armeline, 2005 ;
    • L.Genet, Histoire contemporaine, Hatier, 1970, pp. 408 à 411 ;
    • Hans-Erich Stier, Grosser Atlas zur Weltgeschichte, Westermann, Braunschweig, 1985, ISBN 3-14-100919-8.

Voir aussi

Liens connexes

Liens externes

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Voir « Balkans » sur le Wiktionnaire.

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Bibliographie

  • « Balkans », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang [sous la dir. de], Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 [détail des éditions]  (Wikisource)
  • Jean-Michel Cantacuzène, Mille ans dans les Balkans, Editions Christian, Paris, 1992. (ISBN 2-86486-054-0).
  • Georges Castellan, Histoire des Balkans : XIVe-XXe siècle, Fayard, Paris, 1999.
  • Joëlle Dalegre Grecs et Ottomans 1453-1923. De la chute de Constantinople à la fin de l’Empire Ottoman L’Harmattan Paris (2002) (ISBN 2474521621)
  • Pierre du Bois de Dunilac, «La question des Balkans», revue des Relations internationales, n° 103, 2000, p. 271 à 277.
  • Barbara Jelavich, History of the Balkans, Cambridge University Press, 1983.
  • Dimitri Kitsikis, La montée du national-bolchevisme dans les Balkans, Avatar, Paris, 2008.
  • Ernest Weibel, Histoire et géopolitique des Balkans de 1800 à nos jours, Ellipses, Paris, 2002.
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