Avars
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Empire avar

vers 560805

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Les Balkans vers 680

Informations générales
Statut Khaganat
Capitale Ring Avar
Histoire et évènements
555 Première mention des Avars en Europe
Années 570 Les Avars contrôlent le bassin des Carpates et les rives nord de la mer du Nord
626 L'empire byzantin est assiégé conjointement avec les Sassanides
632 Abandon des rives de la mer d'Azov aux Bulgares
791 Début des Guerres des Francs contre les Avars
805 La partie occidentale constitue une marche de l'empire carolingien
Khagans
(1er) 565-602 Bayan
(Der) 805 Abraham

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les Avars ou Avares sont un peuple de cavaliers nomades dirigés par un Khâgan, parfois identifiés aux Ruanruan qui menaçaient la Chine au IIIe siècle.

Sommaire

Origine

L'Asie centrale vers 500, montrant les territoires d'origine possible des Avars d'Europe

Ils seraient originaires de Mongolie, connu par les Chinois sous le nom de Ruanruan (Jouan Jouan). Au Ve siècle, leur khan Chö-louen fonde un empire nomade de la Corée à l’Irtych[1].

En 546, leurs vassaux Tölech se révoltent. Bumin, chef des Tujue (Köktürks), réprime la rébellion et réclame en récompense la main d’une princesse ruanruan, ce qui lui est refusé. Vexé, il se décide à la révolte et envoie une ambassade en Chine auprès des Wei. Il s'allie avec eux et épouse une princesse Tabghatch en 551. En 552, le dernier khan ruanruan, encerclé se donne la mort. L'empire Avar s'effondre et est remplacé en Mongolie par celui des Köktürks ; les survivants se réfugient à la frontière de la Chine où les Qi du Nord, successeurs des Wei, les établissent comme fédérés[1].

L’historien byzantin Théophylacte Simocatta relate la migration des Avars de la Haute Asie vers la Russie méridionale. Il distingue les vrais Avars des Pseudo-Avars (Pseudavaroi). Les premiers seraient les Ruanruan. Les Avars connus en Europe auraient usurpé ce nom prestigieux. Ils seraient selon lui formés de deux hordes unies, celle des Ouar (ou War), qui a donné Avar, et celle des Kounni ou Khouni, qui semble d'origine hunnique, les Ouarkhonitai (Ouarkhonites) des Byzantins. Certains orientalistes, selon les sources byzantines qui qualifient les Ouarkhonitai de Ogor, pensent qu'il pourraient être d'origine ouïghoure, donc turque. Albert Herrmann, qui insiste sur leur origine mongole, suggère que si les Avars qui émigrent en Europe dans la seconde moitié du VIe siècle ne sont pas des Ruanruan, ils pourraient être des Huns Hephtalites, vaincus vers 565 et chassés de Transoxiane et de Bactriane par les Sassanides et les Köktürks[1].

Arrivée en Europe

Ceux qui se dirigent vers l'Europe sont connus sous le nom d'Avars (grec : Abares, Abaroi, latin : Avari, Avares), migrent vers l'ouest tout en poussant devant eux de petites peuplades turco-mongoles, « les Hunnougour et Sabir et d’autres hordes hunniques » selon Théophylacte Simocatta[1]. Ils sont mentionnés pour la première fois au nord du Caucase en 555 par des sources syriennes (le pseudo Zacharie le rhéteur)[2]. Installés sur la Volga, ils envoient une ambassade menée par Kandikh au général byzantin Justin au Lazique en 557, par l'intermédiaire du roi des Alains du Caucase, Saros. L'empereur Justinien demande de la recevoir à Constantinople où elle arrive en janvier 558[3]. Avec l'autorisation du Sénat, l'empereur charge les Avars de soumettre les nomades de la steppe ukrainienne (Koutrigours, Outigours, Antes, Sabires, Zales...) contre un tribut et leur promet des terres sur le Danube[4].

Vers 560 ils vassalisent les Outigours et les Koutrigours[5], qui nomadisent au nord-ouest de la mer d’Azov et à l’embouchure du Don. Ils atteignent le bas-Danube en 562[6] et envoient une nouvelle ambassade à Justinien pour demander des terres au Sud du fleuve (Dobroudja) ; l'empereur leur propose d'occuper le territoire des Hérules, en Pannonie seconde, mais ils ne bougent pas[7]. Au nord, ils soumettent les tribus slaves, Antes, Slovènes et Wendes ; à l’ouest, il entrent en Germanie mais sont mis en déroute en Thuringe par le roi franc d’Austrasie Sigebert (562), et refluent vers la mer Noire[1]. Une autre expédition de pillage jusqu'aux rives de l'Elbe en 566-567 voit la défaite de Sigebert qui est fait prisonnier, puis libéré contre rançon[8].

Après la mort de Justinien, une ambassade avare est reçue par l'empereur byzantin Justin II en 565. L'envoyé des Avars Targitès réclame Sirmium et le tribut versé aux Outigours et Koutrigours, désormais vassaux des Avars. Justin refuse[7]. Durant l'hiver 566-567, les Turcs occidentaux traversent la Volga gelée dans l'intention d'écraser les Avars[8]. Leur Khâgan (« khân des khâns ») Bayan, menacé, conclut une alliance avec les Lombards contre les Gépides, qu'ils chassent de Pannonie en 567. Les Avars contrôlent alors la steppe de la Volga au Danube et les populations locales, comme les Slaves et les Bulgares. Ils exploitent la population rurale sédentaire. Les Slaves participent parfois à leurs expéditions, notamment sur Constantinople[9].

Après le départ des Lombards vers l'Italie au printemps 568, Bayan occupe la partie ouest du bassin des Carpates et toute la région du moyen Danube[10]. Ils avancent jusqu’en Bavière et multiplient les raids de pillage dans le monde germanique, souvent à la solde des souverains d’Europe occidentale et méridionale.

En 569, ils réclament à l'Empire la possession de Sirmium en Pannonie et un tribut. Devant le refus des Byzantins, ils envoient leur alliés Koutrigours ravager la Dalmatie par la Save[7], et obtiennent en 571 un traité qui leur laisse les terres des Gépides, sauf Sirmium[11].

Le premier empire avar (580-670)

Carte montrant la localisation de l'empire Avar en Europe, vers 650.

Durant l'été 582, Bayan prend Sirmium. L'empereur byzantin Tibère II lui paie un énorme tribut pour sauvegarder le reste des Balkans et obtient une paix de deux ans. Il repasse le Danube en 585 mais est battu durant l'été après s'être avancé jusqu'au Long Mur de Thrace. Il assiège Thessalonique (22 septembre 586 ou 597)[6]. Il est vaincu en 587 par les Byzantins près d’Andrinople. Il revient en 592 prend Anchialos et ravage la Thrace, mais se heurte au général byzantin Priscus, qui franchit le Danube, l’attaque en Pannonie et le bat complètement sur les bords de la Theiss, tuant quatre de ses fils en 601. Bayan meurt peu après en 602[1].

À partir de 610, son successeur se tourne vers l'ouest et attaque l'Italie. Les Avars mettent le Frioul à feu et à sang et combattent le roi lombard Agilolf. En 619, lors d'une entrevue à Héraclée de Thrace, le Khagan tente de s'emparer de la personne de l’empereur Heraclius, puis attaque vainement Constantinople. Il s'allie aux Perses sassanides, en guerre contre les Byzantins, pour assiéger conjointement Constantinople en juin-juillet 626 avec 80 000 cavaliers et fantassins (chiffre certainement exagéré par les chroniqueurs de l'époque), comportant en plus des Avars des contingents slaves, asiatiques et germaniques ; mais la flotte byzantine parvient à empêcher les Avars et les Perses de coordonner leur action et les Avars sont repoussés avec de très lourdes pertes (4 août 626)[1]. Cette défaite définitive est le signal de la révolte pour les tribus slaves soumises par les Avars.

À la mort du Khagan vaincu (630), les Bulgares, jusqu'alors alliés fidèles de Avars, demandent que la dignité de Khagan soit attribuée à leur khan Koubrat[1]. Les Avars doivent réprimer cette révolte, mais doivent abandonner aux Bulgares la région au nord de la mer Noire, dite Grande Bulgarie (632). À l'ouest le Franc Samo prend la tête de la révolte slave et s’affirme comme chef des territoires libérés, la Moravie, la Bohême, la Basse-Autriche et la Serbie Blanche (631). Dans le bassin du bas-Danube et les Balkans, les envahisseurs slaves forment des « sklavinies », petites principautés indépendantes les unes des autres, qui s'intercalent entre les « valachies » et échappent plus ou moins complètement au pouvoir de l’empereur byzantin. Les Slaves occupent ainsi la région entre Danube et Save, qui échappe aux Avars. Après la mort de Samo en 658, son domaine se désagrège. Les Avars rétablissent leur domination sur la frontière du Danube, mais sont déjà entrés en décadence.

L'empire avar tardif, 680-804

L'empire avar se replie sur les territoires de l’actuelle Hongrie, en y accueillant les fragments d’un autre peuple venu des steppes (turco-bulgare ou finno-ougrien ?). Une période plus paisible commence, qui développe un artisanat raffiné (objets ciselés ornés « de griffes et de rinceaux »).

À partir de l'an 791, les Francs de Charlemagne et de son fils Pépin d'Italie, décidés à en finir avec ces païens, les combattent violemment et sans relâche avec leurs troupes franques, bavaroises et lombardes. Leur camp retranché, le Ring avar, est pris en 796 avec un trésor considérable, fruit de plusieurs siècles de pillage. Après les dernières révoltes contre les Francs en 799/805, Charlemagne ne conserve que la partie occidentale de leur empire, située entre la Theiss et l'Inn, et en fait sous le nom d'Avarie une marche de l'empire des Francs. Le reste est occupée par les Slaves et des Bulgares.

Les Avars sont exterminés ; ceux qui se soumettent sont convertis au christianisme de gré mais bien souvent de force, et les derniers rebelles sont vaincus en 805. Une loi franque ordonne de ne vendre aucune arme aux Avars, et leur existence en tant que peuple distinct s'arrête là. Une toute dernière expédition en 811 détruit les derniers résistants. Certains, peu nombreux, se réfugient dans les montagnes de Transylvanie et se mêlent à d'autres peuplades slaves, asiatiques et germaniques ; les Sicules peuvent être considérés comme leurs descendants. Ceux restés en Pannonie sont harcelés et totalement exterminés par les Bulgares autrefois persécutés par ces mêmes Avars. On n'entendra plus parler d'eux à partir des années 822.

Dans le Caucase

Des Avars (Avars du Caucase (en)) occupaient au XIXe siècle une partie de la Circassie sur le versant septentrional du Caucase, entre l'Aksaï et le mont Cherdagh. Ils formaient alors environ 12 000 familles, obéissant à un khan particulier ; ils vivent de chasse et de rapine. Ils étaient alors vassaux de la Russie, dont ils ont formellement reconnu l'autorité en 1859.

Source partielle

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Avars » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878  (Wikisource)

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f, g et h René Grousset (1885-1952), « [PDF] L'empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan », Payot, Paris, quatrième édition : 1965, première édition : 1938
  2. Glen Warren Bowersock, Peter Robert Lamont Brown, Oleg Grabar, Late antiquity : a guide to the postclassical world, Harvard University Press, 1999 (ISBN 0674511735) [lire en ligne] 
  3. Ernst Stein, Histoire du Bas-Empire : De la disparition de l'Empire d'Occident à la mort de Justinien (476-565), A. M. Hakkert, 1968 [lire en ligne] 
  4. Robert Folz, De l'antiquité au monde médiéval, Volume 5, Presses universitaires de France, 1972 [lire en ligne] 
  5. Dimitrina Aslanian, Histoire de la Bulgarie, de l'antiquité à nos jours =, Trimontium, 2004 (ISBN 2951994613) [lire en ligne] 
  6. a et b Vladislav Popovic, La descente des Koutrigours, des Slaves et des Avars vers la mer Égée : le témoignage de l'archéologie, Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Volume 12, pp. 596-648, 1978 [lire en ligne] 
  7. a, b et c Eduard von Muralt, Essai de chronographie byzantine : Pour servir à l'examen des annales du bas-empire et particulièrement des chronographes slavons de 395 a 1057, St. Petersbourg, Eggers, 1855 [lire en ligne] 
  8. a et b L'Or des Avars dans le bassin des Carpates VIe-VIIIe siècle : Pavillon des arts, 12 février-30 mars 1986, Association française d'action artistique, 1986 [lire en ligne] 
  9. Ľubomír Lipták, Sabine Bollack, Petite histoire de la Slovaquie, Institut d'études slaves, 1996 (ISBN 2720403172) [lire en ligne] 
  10. Denis Sinor, The Cambridge history of early Inner Asia, Volume 1, Cambridge University Press, 1990 (ISBN 0521243041) [lire en ligne] 
  11. Louis Bréhier, « Vie et mort de Byzance » sur http://bibliotheque.uqac.ca, Albin Michel, 1946

Voir aussi

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