Roupy

49° 48′ 46″ N 3° 11′ 03″ E / 49.812777, 3.1841666

Roupy
Administration
Pays France
Région Picardie
Département Aisne
Arrondissement Saint-Quentin
Canton Vermand
Code commune 02658
Code postal 02590
Maire
Mandat en cours
Quentin Bardet
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Vermandois
Démographie
Population 248 hab. (2008)
Densité 42 hab./km²
Géographie
Coordonnées 49° 48′ 46″ Nord
       3° 11′ 03″ Est
/ 49.812777, 3.1841666
Altitudes mini. 79 m — maxi. 102 m
Superficie 5,90 km2

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Roupy est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie.

Sommaire

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008   Quentin Bardet[1] UMP  
mars 2001 mars 2008 Alain Richard Sans Etiquette  
mars 1995 mars 2001 Alain Richard Sans Etiquette  
mars 1989 mars 1995 Alain Richard Sans Etiquette  
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique de Roupy
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
Population 244 255 244 240 295 262[2] 251[3] 249[4] 248[5]
Notes, sources, ... A partir de 1962 : Population sans doubles comptes; A partir de 2006 : Population municipale.
Sources : INSEE[6]

Histoire

Première Guerre mondiale

Les destructions : vivre au milieu des ruines.

À partir du 1er juillet 1916, se déroula à quelques dizaines de kilomètres du village occupé par les Allemands, la bataille de la Somme.

À l'arrière de cette bataille, notamment pour se prémunir d'une seconde offensive sur la Somme, les Allemands construisirent un formidable ouvrage de défense, sans doute le plus impressionnant du front ouest : la ligne Hindenburg, du nom d'un des principaux chefs de guerre allemands Paul Von Hindenburg.

Cette ligne avait pour but de protéger le saillant formé par le front allemand entre Arras et Reims. Passant à l'ouest de Cambrai et de Saint-Quentin, la ligne Hindenburg préparait l'abandon aux Alliés de Bapaume, Péronne, Roye, Noyon, et de… Roupy ! Mais toute la région ainsi (provisoirement) libérée avait été systématiquement dévastée et minée.

Effectué dès le 16 mars 1917, le repli allemand sur la ligne Hindenburg renversa tous les plans échafaudés par Nivelle. Du Roupy d'avant-guerre, il ne resta rien. Un article du journal L'Illustration (édition du 9 juin 1917) fit état des destructions allemandes à Roupy, sous le titre « Un nouvel exemple du vandalisme allemand ». On insista dans cet article sur le château du sénateur Touron, et sur la violence des destructions et leur inutilité. Le château ne fut pas reconstruit, un manoir, plus modeste, le remplaça.

Les populations évacuées retrouvèrent leurs maisons ravagées. Toutes les habitations ayant été détruites, il fallut répondre à l'urgence pour cela, comme partout dans les « pays dévastés », on construisit des « provisoires ». Les provisoires du Vermandois furent pour l'essentiel des baraques en bois. La mairie, les écoles et l'église ainsi que les habitations privées furent donc construites en bois recouvertes de cartons bitumés. Ce carton bitumé fut à l'origine de nombreux soucis qui témoignèrent des difficultés rencontrées au quotidien par les Picards.

L’ancienne église

L'ancienne église de Roupy était un édifice modeste, reconstruit et restauré à plusieurs époques. Sa partie la plus récente était la tour, construite en 1783. Cette église n'était à l'origine que l'ancienne chapelle des seigneurs du village et de l'abbaye de Royaumont (à qui appartenait les terres).

Le patron de la paroisse était saint Remi, une peinture attribué au peintre Le Sueur représentant le baptême de Clovis était visible à l'intérieur mais fut semble-t-il détruite avec l'édifice.

L'emplacement de cette église, et du « vieux cimetière » qui l'entourait illustre le déplacement du village à travers le temps. Au fur et à mesure que la « route de Paris » (aujourd'hui départementale 930) prenait de l'importance, les constructions s'en rapprochèrent.

Les dommages de guerre

Ce fut le très renommé architecte Gustave Malgras (dit Malgras-Delmas) qui fut choisi pour cette tâche. Le 1er octobre 1920, Malgras-Delmas avait terminé l'élaboration du dossier des dommages de guerre, avait dressé les plans des bâtiments détruits, réalisé l'inventaire de leur contenu et expertisé leur valeur en 1914.

La procédure de dommages de guerre dura du 28 octobre 1920 au 26 juillet 1922. Ce fut le maire, M. Touron, qui fut chargé de représenter la commune devant les instances judiciaires. Son opiniâtreté dans la défense des intérêts de la commune furent souvent salués.

L'indemnité globale concernant l'église fut de 483 258,59 francs.

La reconstruction

Le premier à travailler sur la reconstruction des bâtiments communaux fut l'architecte qui boucla le dossier des dommages de guerre : Malgras-Delmas. Il fut désigné par le conseil municipal le 8 juillet 1921 comme architecte de la commune pour la confection des plans et projets destinées à la reconstitution du village.

Dans les semaines qui suivirent, il prépara un projet et réalisa son plan le 1er septembre 1921 : une église traditionnelle, semblable dans son allure générale à l'ancienne église et à de nombreuses petites églises de campagne de la région. Le projet manquait beaucoup de caractère, n'avait pas une once de modernité, mais sans doute avait-il le mérite de ne pas choquer la population et d'effacer la guerre.

Pourtant, la municipalité fit un choix tout autre. Le 14 janvier 1922, le conseil municipal décida d'ouvrir un concours d'architecture pour les bâtiments communaux (mairie, écoles, église), rejetant donc implicitement la proposition de Malgras-Delmas. Ce concours était exclusivement réservé aux architectes diplômés par le gouvernement et agréés par la Préfecture de l'Aisne avant le 1er janvier 1922, ceci afin de se préserver des pseudos architectes qui parcouraient les régions dévastées avec des intentions uniquement mercantiles.

Ce furent les architectes Charavel, Melendès et Esnault qui remportèrent le concours. En plus des trois bâtiments communaux, ils travaillèrent également sur les habitations du village, ce qui contribua à lui donner une unité de style, un aspect plaisant et une originalité non feinte. La reconstruction du village fut citée en exemple à plusieurs reprises (L'Illustration du 10 septembre 1927 « La reconstruction d'un village dans la zone dévastée »)

L’église

L’extérieur

Vue d'ensemble

Dans le domaine de l'emploi des matériaux, on remarque que le béton « nu » est présent essentiellement dans le clocher, alors que le reste de l'édifice est en brique. On voit bien là la volonté à la fois d'innover et de respecter les traditions locales d'emploi de la brique.

Le plan simplifié de l'église de Roupy est en forme de « T ». Il est fait de volumes qui s'unissent harmonieusement. Le porche, doté d'une solide colonnade de béton soutient le clocher sous lequel les fidèles sont amenés à passer pour accéder à l'intérieur de l'édifice. Cet élément porteur, surdimensionné, marque la symbolique de l'ancrage de l'église.

Le clocher

Le clocher, ses anges et ses croix

Massif et aérien, le clocher est l'élément de l'église où se donne libre cours la recherche d'ordre sculptural. Les lignes verticales, qui marquent l'élan, sont atténuées par la rondeur des cercles tracés dans le béton et qui donnent au clocher une extraordinaire impression de légèreté.

On voit le ciel à travers le béton !

Les architectes ont accentué la verticalité de l'ensemble en utilisant des effets d'optiques : le sommet du clocher se termine par des lignes creusées qui remplacent les alignements de cercles.

Le clocher est décoré de quatre croix latines qui sont ornées de motifs géométriques. Les croix se répondent en alternant les motifs car elles ne sont pas identiques mais fonctionnent par paires opposées. Ce simple stratagème suffit à éviter une quelconque sensation de monotonie.

Le thème des anges, très présent à cette époque, tiens une place de choix à Roupy. En effet, aux quatre points cardinaux se trouvent des anges qui décorent le clocher et semblent bénir le village pour lui promettre paix et prospérité. Ces sculptures sur béton sont réalisées par Raoul Josset

Le monument aux morts

La plaque de marbre qui fait office de monument

En fait de monument, une simple plaque de marbre blanc est apposée sur la partie de l'église faisant face à la route de Paris. Une des premières décisions du conseil municipal (15 mars 1920) avait pourtant été d'affecter 2 000 francs à l'érection d'un monuments aux morts de la grande guerre et d'ouvrir une souscription publique pour obtenir le complément de ressources.

L'aménagement de la place et le bouleversement de la reconstruction sont sans doute les causes de l'avortement de ce projet.

Notons également que c'est l'église qui a été choisie à Roupy pour recevoir le monument à la mémoire des « enfants » de la commune « morts pour la France », et cela alors qu'ailleurs l'anticléricalisme retarde parfois la reconstruction des églises (nous sommes peu de temps après la loi de séparation de l'Église et de l'État). La mairie, situé sur la même place que l'église aurait d'ailleurs tout à fait pu recevoir cette plaque.

L’intérieur

La chapelle des fonts baptismaux

Les églises de cette époque, contrairement à celle du Moyen Âge, s'adressent à un public qui a déjà reçu une instruction religieuse. Le baptême, qui introduit dans la chrétienté, est célébré dans l'intimité, autour de fonts baptismaux octogonaux en béton placés en face de l'entrée de l'église.

Trois statues, en plâtre, représentent de gauche à droite sainte Madeleine, saint Jean-Baptiste, nouveau saint patron du village, et saint Antoine.

Le confessionnal réalisé par le charron du village (M. Odiot) est de taille très modeste, puisque seul le prêtre est (en partie) abrité.

La tribune

La tribune vue du chœur

Au-dessus de l'entrée de l'église se trouve la tribune, difficile d'accès : il faut monter un escalier en colimaçon dont la porte se situe à l'extérieur de l'église, sous le porche, et dont l'étroitesse n'en permet qu'un accès inconfortable. La tribune est éclairée par la lumière diffusée par la rose sur laquelle prend place un christ en croix sculpté à l'extérieur de l'église par Raoul Josset. Le garde-corps reprend les deux motifs des croix du clocher tandis qu'une statue de saint Pierre, tournée vers la nef, domine l'assemblée.

La nef

Longue de trois travées, elle conduit le fidèle à son banc et vers le chœur. Les croyants sont entourés par une fresque qui, par ses dimensions, intègre littéralement l'assemblée des chrétiens dans le bâtiment lui-même. La nef, pourtant de taille relativement restreinte, dégage une impression d'aisance, d'aération. Sans doute est ce dû à la hauteur du plafond de béton, ainsi qu'aux vitraux qui, par leur clarté, apportent la lumière qui rend plus vives certaines nuances ou plus douces certaines couleurs.

Le centre du sol de la nef, entre les bancs, est une ondulation stylisée tenue par un fil conducteur linéaire central et qui conduit ses granits roses et jaunes vers le chœur, l'autel et la communion.

La fresque

Détail de la douzième station : Jésus meurt

Elle est l'élément principal de la décoration de la nef, qu'elle entoure. C'est la représentation du chemin de croix du Christ, avec ses quatorze stations.

Œuvre monumentale de Paul Charavel en 1925 et 1926, il ne s'agit pas, comme on pourrait le croire, de peintures murales, mais bien de peintures sur toile marouflée. Les personnages, presque à l'échelle 1, sont l'unique décor des toiles. Il n'y a aucun arrière plan, la facilité de lecture était certainement à ce prix. L'unité de l'ensemble aurait d'ailleurs souffert d'une trop grande profusion de décors, dans une église Art déco, où les décors sont simples, géométriques et harmonieux, cette fresque s'insère avec bonheur.

N'en concluons surtout pas que Paul Charavel aurait effectué ce travail sans soigner son œuvre. Le visage du christ ci-contre est la preuve du contraire : vif, expressif, il dégage une forte expression. Les teintes pâles et lumineuses ne détournent pas l'attention de l'observateur et permettent à la fois prière et réflexion.

Les vitraux

Dans les églises de cette époque, le vitrail se renouvelle. On réemploie la technique du verre serti, qui avait été quelques peu délaissée au profit de celle du verre peint. À Roupy, introduisant une nouvelle fois les concepts de l'Art déco, les architectes dessinent des vitraux simples et géométriques. Les lignes du vitrail s'appuient sur la forme de la baie alors que des jonctions font éclater la structure tout en lui gardant une évidente cohérence. Un bouquet de fleurs stylisé est introduit dans le médaillon, ses teintes jaunes, orange, blanches et noires renvoient aux couleurs employées sur le sol du chœur et de la nef.

Le chœur et la sacristie

Le chœur vu de la tribune

L'une des originalités de cette église provient de la sacristie en sous-sol, dominée par le chœur au-dessus d'elle. La sacristie a aujourd'hui perdu sa fonction (elle sert de dépôt aux employés communaux), mais elle a conservé son carrelage marron en forme de croix.

Détail du christ en croix (sculpture sur béton)

Les barrières de clôtures du chœur reprennent, comme le garde-corps de la tribune et le médaillon des vitraux, les deux symboles des quatre croix du clocher. Le couloir de granit coloré de la nef poursuit son chemin et gravit les marches qui mènent au chœur pour se terminer en cercle au centre de ce dernier et à la verticale d'un lustre d'époque de belle facture représentant la couronne d'épine.

Le christ en croix dominant l'autel est une sculpture sur béton (Raoul Josset). Les traits du visage de Jésus sculpté dans le béton impressionnent, compte tenu du matériau, par leur finesse.

Notes et références


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Roupy de Wikipédia en français (auteurs)

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