Animal
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Représentants des classes diverses.
Représentants des classes diverses.
Classification
Domaine Eukaryota
Sous-domaine Unikonta
Règne
Animalia
Linnaeus, 1758
Synonymes

Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de substances organiques. On réserve aujourd'hui le terme animal à des êtres complexes et multicellulaires, bien qu’on ait longtemps considéré les protozoaires comme des animaux unicellulaires. Comme tous les êtres vivants, les animaux ont des semblables avec qui ils forment un groupe homogène, appelé espèce.

Dans la classification phylogénétique actuellement en vigueur, le taxon des animaux Animalia a été remplacé par celui des métazoaires qui sont définis comme des organismes eucaryotes multicellulaires mobiles hétérotrophes.

Dans le langage courant, le terme « animal » est souvent utilisé (dans le sens de « bête ») pour distinguer les humains du reste du monde animal, bien que l'Homo sapiens fasse partie du règne animal. De même, toujours dans le langage courant, « animal » peut faire référence à des animaux supérieurs, par opposition à certaines formes animales perçues comme plus primitives comme les éponges (Porifères), les coraux et les anémones de mer.

Sommaire

Zoologie

Physiologie commune

Comme tous les organismes vivants, les animaux ont besoin d'eau, d'un comburant qui est exclusivement le dioxygène pour ces espèces, et de matières organiques provenant d'autres organismes car ils ne peuvent pas la produire par eux-mêmes à partir de molécules ne provenant pas du vivant. On dit qu'ils sont chimio-organotrophes et lorsque la matière organique provient d'un autre animal, on parle de prédation. Cette nourriture répond à trois objectifs : fournir les substances qui servent à créer d'autres cellules; produire des substances utiles à créer des molécules et structures de l'organisme (os, poils, larmes, odeurs, etc.), et surtout fournir de l'énergie.

Comme pour tous les organismes vivants, l'eau est l'élément dont les animaux ont le plus de mal à se passer. En plus du fait que les cellules sont essentiellement constituées d'eau, l'eau est nécessaire à la plupart des réactions biochimiques où elle sert de solvant. Mais, en outre, elle sert à l'évacuation des déchets azotés produits par le métabolisme des protéines qui doivent être éliminées. Les animaux sont, comme les autres espèces même non aquatiques, également confrontés aux problèmes liés à l'osmorégulation. Le besoin en eau implique d'avoir un système de régulation osmotique.

Ils ont besoin de se procurer leur nourriture en se déplaçant ou en l'attrapant, et grâce à un système digestif, de dissocier les organismes en substances nécessaires qui leur sont utiles, puis de les assimiler. L'acquisition de dioxygène sert à oxyder des hydrates de carbones pour produire de l'énergie chimique, est donc aussi une priorité pour la plupart des animaux. La plupart des espèces disposent d'un système respiratoire pour absorber le dioxygène. Le dioxygène, l'eau et les diverses substances sont amenées vers les cellules, et les sous-produits inutiles sont évacués (excrétion) grâce à divers systèmes circulatoires. Les problèmes posés par les différents milieux supposent des adaptations spécifiques. Ainsi l'acquisition de dioxygène pour un organisme terrestre est moins difficile que l'acquisition de l'eau. L'inverse est vrai dans un milieu aquatique. Pour acquérir ces substances essentielles à la vie, la plupart des animaux utilisent des organes de perception. Ils utilisent également leur sens pour fuir leurs prédateurs. Pour assimiler les substances nécessaires à sa vie qu'il puise dans d'autres organismes vivants, l'animal a besoin d'un système digestif et donc d'un système d'excrétion.

Les fonctions de reproduction sont également importantes chez les animaux qui sont principalement sexués, mais certaines espèces comme l'hydre peuvent aussi se reproduire d'une manière asexuée (par bourgeonnement dans son cas). L'appareil de reproduction est vital à l'espèce seulement, sans quoi, inévitablement celle-ci disparaîtrait après un certain temps.

Les animaux possèdent également des systèmes très divers de locomotion, de perception.

En outre, ils possèdent divers systèmes de circulation de fluide à l'intérieur du corps et de coordination des différentes cellules. Le vieillissement ne semble pas faire partie des caractéristiques fondamentales, car certaines espèces d'éponges ne vieillissent pas[réf. nécessaire].

Classification selon l'organisation interne

L'organisation interne des animaux peut être de complexité très variable, depuis la colonie de cellules relativement amorphes que forment les éponges, jusqu'aux organisations très complexes des insectes ou des vertébrés.

Techniquement, les animaux sont des organismes eucaryotes multicellulaires (exception faite des Myxozoa) ce qui les différencie des Bacteria et des Protista et dépourvus de chloroplastes (hétérotrophes), ce qui les distingue des végétaux et algues. Ils se distinguent également des Mycota. Ils sont les seuls organismes vivants qui passent dans une étape de leur développement par un blastocyste. Ils sont aptes au mouvement, parfois seulement sous forme larvaire (cas des éponges et de nombreux invertébrés benthiques fixés au substrat). Ils forment le règne Animalia, subdivision du domaine Eukaryota.

Les animaux (ou métazoaires) sont l'un des types d'Eucaryotes à s'être développés sur un mode multicellulaire, comme les plantes, certains champignons, et les algues brunes par opposition aux unicellulaires qui regroupent les levures, d'autres algues et champignons, des protozoaires, ainsi que les être vivants regroupés au sein des Prokaryota, composés des Eubacteria et Archaea.

On distingue, selon leur complexité d'organisation interne, quatre groupes ou niveaux[1]. Les plus simples sont les animaux à organisation cellulaire, c'est-à-dire que ces organismes sont constitués d'un agrégat de cellules différenciées et spécialisées comme les cellules somatiques et celles responsables de la reproduction. Si c'est le niveau typique de certains protozoaires coloniaires, certains scientifiques classent les éponges dans ce groupe.

D'une organisation légèrement plus complexe, on retrouve les organismes à organisation cellules-tissus ou diploblastiques, c'est-à-dire qu'ils sont formés à partir de feuillets cellulaires à fonction définie. Il peut y avoir entre ces feuillets une matrice qui ne constitue pas un véritable tissu cellulaire et qui ne contient aucun organe différencié. Certains classent les éponges dans ce groupe mais les méduses en sont un meilleur exemple. On distingue ensuite les organismes où les tissus forment des organes comme par exemple pour les Plathelminthes et où l'on retrouve bien définis des ocelles, un tube digestif, et des organes reproducteurs. Et enfin sont les organismes à organes-systèmes qui représentent la majeure partie des embranchements. Ils disposent d'un ou plusieurs systèmes circulatoires pour plusieurs fluides vitaux, un système respiratoire dédié, un système digestif, un réseau nerveux permettant la perception, etc. Les Annélides en sont un des exemples les plus simples.

Classification

Article détaillé : Biodiversité.

Nombre d'espèces

Environ 1 250 000 d'espèces animales sont connues et répertoriées sur Terre[2]. Certains scientifiques estiment qu'il y a 10 000 000 d'espèces vivant actuellement sur Terre et qu'il y a eu 100 000 000 d'espèces qui ont existé en comptant toutes les espèces qui ont vécu sur Terre depuis l'apparition du vivant[3]. Une étude publiée en 2011, indique que la Terre accueillerait 8 750 000 espèces (±1 300 000) dont 2 210 000±182 000) espèces vivant dans les océans[2]. Parmi ces espèces, seules 1 244 360 sont répertoriées dont 194 409 espèces océaniques[2].

Classification générale

Il existe des grandes caractéristiques générales qui permettent de classer les espèces vivantes en embranchements. D'après la théorie de l'évolution, les embranchements d'animaux actuels sont les groupes survivants de près d'une centaine existants au Cambrien, ceux-ci ne sont connus que par leurs fossiles.

Graphique de la biodiversité animale
Embranchement Nombre d'espèces connues Exemples
Arthropoda 1 200 000[4] Insectes, araignées, crabes
Mollusca 100 000[5] à 110 000[4] Escargots, moules, pieuvres
Nematoda 90 000[4] à 120 000[5] Ascaris
Chordata 47 200[4] Mammifères, oiseaux, poissons, reptiles
Platyhelminthes 15 000[4] à 20 000[5] Ver solitaire
Annelida 15 000[4],[5] Lombric, sangsues
Cnidaria 9 000[5] à 10 000 Méduses et Polypes
Echinodermata 6 000[4],[5] Oursins, étoiles de mer
Porifera 4 300[4] Éponges
Autres (27) environ 100 000 Vers marins, constituants du zooplancton, producteurs de calcaire
  • Les arthropodes constituent vraisemblablement l'embranchement le plus abondant dans l'histoire de la Terre et le plus diversifié. On estime que près de 80% des espèces animales seraient des insectes.
  • Plus de la moitié des chordés/chordata sont représentés par des poissons.

Formes élémentaires

Éponge (colonie cellulaire)

Une éponge de mer (Monanchora unguifera).

Les cellules animales sont hétérotrophes, c'est-à-dire qu'elles doivent manger pour survivre, contrairement aux plantes. La survie d'un animal passe par une préoccupation constante : comment manger ? La stratégie des éponges consiste simplement à filtrer l'eau qui les traverse, pour y capturer des proies. Cette stratégie ne demande ni structure complexe, ni mouvement coordonné.

Les éponges (Porifera) forment l'organisation la plus simple : ce sont des colonies de cellules pratiquement indifférenciées, sans structures internes réelles, ni fonctionnement. Ce sont des animaux sans système nerveux ni tube digestif. Leur corps n’est formé que par deux couches de cellules (ectoderme et endoderme).

Polype : hydres, corail et méduse

Le passage d'un niveau de type éponge à une organisation de type anémone répond toujours à la question constante : comment manger ? La formule mise au point par ce groupe consiste à pousser la nourriture vers un ventre (cavité gastrique) où elle pourra être digérée sans se sauver.

Cette stratégie novatrice permet de se nourrir de proies plus grosses (ce que les éponges ne peuvent pas filtrer). Dans l'acquisition progressive de fonctionnalités animales, cette évolution suppose deux choses : les cellules se spécialisent (avec l'acquisition de cellules nerveuses et musculaires permettant des mouvements coordonnés) et l'organisme gagne la capacité à prendre une forme définie (morphogénèse), pour que des tentacules efficaces puissent pousser leur proie vers une cavité gastrique efficace.

Ver (mobilité et tube digestif)

Un sangsue médicinale (Hirudo medicinalis).

L'organisation de type ver est une nouvelle réponse apportée à la question centrale du règne animal : comment manger ? La stratégie de base des organismes de type « ver » (vermiforme) est de se déplacer pour aller chercher la nourriture, au lieu d'attendre qu'elle passe à portée. Cette stratégie permet notamment d'exploiter des déchets organiques, qui peuvent être à haute valeur nutritive, mais ne se déplacent pas.

Passé le cap des éponges et des polypes, tous les organismes complexes sont des bilatériens, qui dérivent d'un schéma fondamental : le tube. Le développement est organisé autour d'un axe tête / queue d'une part, et dos / ventre d'autre part. Ces deux axes conduisent à un plan d'ensemble où les côtés droit et gauche tendent à être symétriques, d'où leur nom de bilatérien.

Les vers les plus simples marquent une étape qualitative supplémentaire par rapport aux cnidaires : les cellules nerveuses s'organisent en un système nerveux cohérent, prototype de ce qui deviendra le cerveau dans les animaux supérieurs. C'est cette capacité de déplacement et de réaction à l'environnement qui fait considérer que le degré d'organisation vermiforme est le premier stade réellement "animal".

La deuxième invention majeure des vers (absente chez les vers plats) est la présence d'un canal alimentaire et d'une fonction digestive : à une extrémité, une bouche absorbe la nourriture, à l'autre, un anus excrète les déchets. Entre le « tube extérieur » qui forme la peau (ectoderme) et le « tube intérieur » (endoderme) qu'est le canal alimentaire, un tissu intermédiaire, le mésoderme, peut se développer et former des organes internes de plus en plus complexes.

L'invention du tube digestif à partir de la cavité gastrique ancestrale semble avoir été faite deux fois. Chez les protostomiens, les deux orifices du canal alimentaire sont formés à partir du blastopore, dont les lèvres se rapprochent pour former un canal par soudure longitudinale. Chez les deutérostomiens, l'orifice du blastopore devient l'anus, le canal alimentaire étant formé par un percement ultérieur qui évoluera vers la bouche.

Les vers sont à l'origine d'une seconde invention majeure de l'évolution : la segmentation (métamérie). Cette invention semble également avoir été faite dans plusieurs branches différentes.

Explosion radiative des vermiformes

Un ver plat (Pseudobiceros gloriosus)

La découverte du tube digestif et de la capacité de se déplacer (en rampant) a été la formule gagnante : les organismes vermiformes sont assez polyvalents, et peuvent servir de base à des modes de vie très variés. C'est ce qu'on appelle une explosion radiative : à partir d'un schéma de base commun, les formes prennent des voies divergentes, comme si elles rayonnaient à partir d'une explosion centrale. Tous les autres schémas d'organisation plus évolués s'appuient sur ce type fondamental : ce sont des vers un peu compliqués.

Les principaux groupes qui relèvent du niveau d'organisation vermiforme sont :

  • les vers plats, notamment les planaires, d'organisation particulièrement simple ;
  • les vers ronds, ou nématodes, sont des représentants plus typiques de vers non segmentés ;
  • les vers segmentés sont des représentants élémentaires de la forme d'organisation segmentée.

Le niveau d'organisation de type vermiforme n'est pas maintenu chez tous les bilatériens. Des organismes comme les tuniciers ressemblent plus à des formes d'éponges ou de coraux qu'à des vers, ce qui est généralement le cas des formes retournant à un mode de vie végétatif.

Enfin, cette forme d'organisation se complexifie suivant trois voies, dont les parties dures pourront laisser des fossiles :

  • Les Mollusques, qui acquièrent une structure rigide avec une coquille ;
  • Les Arthropodes, qui s'organisent à l'intérieur d'un exosquelette ;
  • Les Vertébrés, qui s'organisent au contraire autour d'un squelette interne.

Formes supérieures

Mollusques

Un poulpe commun

Les mollusques évoluent à partir d'une organisation de type ver. La fonctionnalité qui semble avoir conditionné les mollusques primitifs paraît être le blindage, permettant de se protéger des prédateurs actifs : l'acquisition de plaques calcaires protégeant le dos. Ces mollusques primitifs devaient donc ressembler à des polyplacophores (une sorte d'escargot qui peut se rouler en boule comme un hérisson ou un cloporte), mais ce type est à présent très marginal.

Les mollusques comprennent les classes importantes suivantes :

Article détaillé : Mollusca.

Arthropodes

Un monarque (Danaus plexippus).

Sur la formule générale des vers, les arthropodes ont superposé plusieurs innovations :

  • La segmentation, partagée avec de nombreux autres organismes, qui consiste à allonger le corps en répétant des segments de même anatomie.
  • La formation de pattes locomotrices. Des tentacules jouant le rôle de pattes sont présents chez certains vers.
  • La transformation de l'épiderme en un squelette rigide, l'exosquelette.

Cette formule gagnante correspond à la forme générale des mille-pattes. Elle a été immédiatement à l'origine d'une nouvelle explosion radiative, qui a exploré différentes formules pour transformer tel ou tel groupe de pattes en mâchoires, antennes, pattes spécialisées, ou les laisser régresser dans la queue.

L'embranchement des arthropodes est de très loin celui qui possède le plus d'espèces et le plus d'individus de tout le règne animal. On compte plus d'un million et demi d'espèces actuelles d'arthropodes. La question centrale qui semble avoir structuré sa répartition est : combien de pattes faut-il pour se déplacer ?

Article détaillé : Arthropode.

Vers nageurs : les poissons

Un poisson mandarin, un exemple de poisson osseux.

La fonctionnalité essentielle qui a initialement structuré cet ordre a été la capacité de nager dans l'eau (ce que ne savaient faire ni les mollusques primitifs, ni les arthropodes primitifs).

Mais cette capacité n'a pas conduit à une explosion radiative : par elle-même, elle ne donne pas une autonomie fonctionnelle suffisante pour que les organismes puissent se spécialiser de manière très libre.

L'histoire de cette lignée paraît laborieuse : la découverte progressive de la tête et de la mâchoire, puis l'exploration des membres jusqu'au stade tétrapode, et enfin, la conquête de l'environnement aérien, aboutissant à l'explosion radiative des sauriens enfin polyvalents.

Article détaillé : Poisson.

Tétrapodes

Reconstitution d'un tétrapode aquatique, Acanthostega.

Les tétrapodes, animaux à quatre membres, ont eu une explosion radiative après avoir conquis la capacité à se déplacer sur la terre ferme. Cependant, certains groupes d'espèces comme les cétacés ou les serpents ne gardent, suite à leur évolution, que des vestiges de membres.

Les tétrapodes regroupent des animaux de taille vraiment différentes, des micromammifères à la baleine bleue qui est le plus gros animal connu de tous les temps mais ils ne représentent qu'une infime partie à la fois des espèces vivantes (au plus 2%) et de la biomasse. Malgré ceci, ils sont parmi les espèces les mieux connues de l'homme dont celui-ci fait partie. Bien que l'homme ait, depuis Aristote au moins, essayé de regrouper les différentes espèces suivant des groupes homogènes, il n'est parvenu à comprendre la phylogénie de ce groupe qu'à la fin du XIXe siècle. On considère aujourd'hui que ce groupe est composé des amphibiens, des Sauropsida (dont les reptiles et les oiseaux) et les Synapsida (dont les mammifères).

Amphibiens
Article détaillé : Amphibien.

Ces tétrapodes se caractérisent par la peau nue. Nombre d'entre eux mènent à l'état adulte une vie alternant phase aquatique et phase terrestre.

Reptiles
Article détaillé : Reptile.

Ces tétrapodes se caractérisent par la présence d'écailles soudées.

Oiseaux
Article détaillé : Oiseau.

Ces tétrapodes se caractérisent par la présence de plumes.

Mammifères

L'explosion radiative des mammifères, la plus récente, a été consécutive à la disparition des dinosaures.

Les mammifères sont généralement identifiables par leur peau, au moins partiellement, couverte de poils. Le fait que les femelles allaitent leurs jeunes est également une caractéristique de ce groupe.

Article détaillé : Mammifère.

Classification simplifiée des types animaux

Menaces et protection

Diverses sciences visent à étudier le monde animal par exemple la zoologie qui se décompose en une multitude de spécialités, la médecine vétérinaire, mais aussi d'une façon dérivée la paléontologie, la biologie, et la microbiologie et l'agronomie pour son implication économique.

Disparitions des espèces

Statut de conservation

le risque d'extinction

Extinction

Éteintes
Éteintes à l'état sauvage

Menacées

En danger critique d'extinction
En danger
Vulnérables

À moindre risque

Quasi menacée
Préoccupation mineure

Voir aussi

World Conservation Union
Liste rouge de l'UICN
Espèce protégée

Espèce éteinte Espèce éteinte Espèce éteinte à l'état sauvage Espèce en danger critique d'extinction Espèce en danger Espèce vulnérable Espèce quasi menacée Espèces menacées Préoccupation mineure Préoccupation mineureIUCN conservation statuses
Portail Conservation de la nature
 v · extinction des espèces et biodiversité.

Depuis l'apparition de la vie, de nombreuses espèces disparaissent tandis que d'autres évoluent et donnent de nouvelles espèces. Au cours de l'histoire du vivant, il y a eu des extinctions massives (on en distingue habituellement 5 majeures) notamment après certains cataclysmes. Ces extinctions sont suivies par des explosions radiatives, c'est-à-dire une forte augmentation d'espèces nouvelles.

L'homme en tentant de domestiquer la nature, en favorisant un nombre forcément restreint d'espèces, a eu tendance à réduire le nombre de biomes. D'autre part, les pollutions générées par l'industrie et la société de consommation ont également pour effet de déstabiliser les biomes et de réduire le nombre d'espèces. Les espèces de grandes tailles sont les plus particulièrement touchées si bien que l'ont considère que le nombre d'espèces pouvant s'éteindre dans les années à venir pourrait être massif. L'extinction actuelle est nommée extinction de l'Holocène et son rythme serait 10 à 100 fois supérieur à celui des extinctions passées.

Protection des animaux

De nombreuses lois visent à protéger la faune, ses habitats des impacts des actions des humains. Certaines sont plus spécifiques à la protection des milieux naturels et d'autres plus spécifiques à protéger les animaux de la malveillance, du roadkill, de la surexploitation ou de risques d'empoisonnement, etc.

Il existe également plusieurs types d'organisations pour la protection animale et la protection de la nature, par exemple :

Divers guides ou recueils de bonnes pratiques, dont en France sur la Trame verte et bleue ou sur les moyens de réduire le roadkill ou de neutraliser certains pièges[6] qui tuent de nombreux animaux sont également publiés.

Transport des animaux en Europe

Le 13 décembre 1968 fut signé à Paris la Convention européenne sur la protection des animaux en transport international, qui réglemente le transport des animaux domestiques. La CITES gère les droits de détention des animaux sauvages.

Le 22 décembre 2004 l'union européenne a effectué une refonte totale des règles en matière de bien-être des animaux pendant leur transport. Dans cette nouvelle réglementation, elle identifie tous les intervenants et leurs responsabilités respectives, elle renforce les mesures de surveillance et prévoit des règles plus strictes pour les longs trajets et les véhicules utilisés.

  • L'union européenne a également mit en place un système appelé TRACES, (TRAde Control and Expert System) qui assure la traçabilité et le contrôle de l'ensemble des produits d'origine animale et des animaux vivants lors de leurs mouvements et importations en Europe.

Néanmoins, certaines organisations de protection des animaux, notamment le PMAF, dénoncent les conditions de transports des animaux sur de longues distances, parfois d'un pays à un autre pour des raisons économiques, pour être engraissés ou abattus[7].

La Suisse quant à elle, n'autorise pas le transit d'animaux de boucherie vivants, par route, en provenance de l'Europe sur son territoire[8], en raison des lois plus contraignantes en la matière édictées par la Suisse[9].

Santé

Une grande partie des maladies infectieuses ou dues à un prion pathogène peuvent être véhiculées par des animaux domestiques ou sauvages. Dans un contexte de mondialisation accélérée, l'OMS, la FAO et l'OIE [10] encourage un meilleur suivi écoépidémiologique et la mise en place de dispositif de sécurisation des échanges ou ventes d'animaux (morts ou vifs), qui se heurtent aussi au trafic d'animaux.

L'homme et les autres espèces animales

Statut de l'animal

Il a beaucoup varié selon les époques, les pays, le droit coutumier et les espèces considérées, ou encore selon que l'animal soit sauvage ou domestiqué ; de l'animal sacré ou royal à la bête de somme, en passant par l'animal de compagnie et au chien de travail ou de chasse ou de garde et jusqu'à l'abeille domestique, etc.

En France, les animaux domestiques sont « res propria » (ayant un propriétaire, responsable d'eux), mais les animaux sauvages sont aujourd’hui considérés par le code rural ou le code civil ou le code de l'environnement comme res nullius (c'est-à-dire n'appartenant à personne en particulier). Les animaux domestiques sont aussi des biens meubles. Mais des espèces menacées ou jugées utiles (pour l'agriculture en général) peuvent être partiellement ou complètement protégées par la loi (Loi sur la protection de la nature). Certains animaux peuvent être à certaines conditions, localement et durant un certain temps (celui durant lequel on peut démontrer que leurs populations sont excessives) déclarés nuisibles (concept ancien qui fait l'objet de polémiques au regard des progrès de la science) et peuvent alors être chassées ou piégés plus largement.
Le bien-être animal et les droits des animaux et la protection des animaux sont des préoccupations croissantes dans de nombreux pays, dont dans les contextes d'élevage, animaleries, chasse, pêche, cirques, corrida, expositions animalières, expérimentation animale (scientifique, cosmétique, alimentaire ou médicales), transport d'animaux, abattoirs, trafic d'animaux, abandon d'animaux, etc.

Utilisation par l'homme

Le chien est la première espèce animale à avoir été domestiquée par l'homme[réf. nécessaire].

Plus on remonte dans le temps, plus les animaux semblent avoir eu une importance culturelle pour les sociétés humaines [11]; l'exemple de la vénération pour la vache, pour les bovins est le plus significatif chez les humains ayant acquis l'agriculture : vénération d'abord commune à l'ensemble de l'humanité, de même que celle d'arbres (Nietzsche, dans son cours le service divin des Grecs, rappelle que vénérer des arbres est une pratique commune à l'ensemble de l'humanité lors de la préhistoire et pendant l'antiquité, les arbres étant les « premiers temples [...] où logeaient l'esprit des divinités » [12]), la vénération sacrée des animaux (ou zoolâtrie ; les dieux prenant souvent les traits d'animaux, comme en Egypte antique) s'est éteinte (le christianisme l'ayant combattus sur les cinq continents) [11], pour ne survivre que dans des régions « animistes » ou culturellement hindoues (« Mère vache » en est le symbole). Ce qui signifie que plus on avance dans le temps, plus les animaux perdent leur statut saint ou sacré [11], statut qui garantissait à certains d'entre eux (vivant spécialement parmi les hommes) le respect [11], pour devenir dans la société de consommation des « animaux-objets » (pour les loisirs), ou des « abstractions » totales (afin de ne pas laisser place à l'affect), leur sort laissant en fait indifférent la majorité des humains de ce type de société[11].

Depuis le paléolithique, pour s'assurer la présence d'animaux pouvant lui rendre service, l'homme en a domestiqué un certain nombre d'espèces et a créé des élevages. Il a su [Qui ?], par eugénisme ou sélection des croisements [Pourquoi ?], changer les caractéristiques de certaines espèces et créer des hybrides pour que les animaux répondent plus efficacement à ses besoins [Lesquels ?] (la zootechnie ou l'eugénisme n'ayant pas permis d'éviter l'appauvrissement génétique des animaux d'élevage, du fait de la consanguinité importante créée par des hommes [13]).

Certains animaux sont une source de revenus pour les humains, allant de la nourriture au transport, en passant par l'exhibition (on payait les montreurs d'ours pour voir leur animal), l'habillement, etc.

L'homme utilise aussi les animaux pour ses loisirs en élevant des animaux de compagnie, en les filmant, en les découvrant dans le cadre de parcs zoologiques ou de safaris. Ces deux dernières activités tendent à devenir plus respectueuses de la sauvegarde des animaux dans leur milieu naturel en favorisant la reproduction d'espèces menacées et l'étude pour les parcs. En tentant de fournir des revenus d'appoint aux populations locales, ces dernières ont par conséquent, plus d'intérêts à préserver la vie animale pour les safaris.[réf. nécessaire]

Dégradation de la condition animale

Poules pondeuses élevées en batterie ; « En France, 50 millions de poules pondeuses – à qui l'on a souvent tranché le bec au fer rouge – sont incarcérées à vie dans des cages minuscules où elles ne peuvent ni dormir ni étendre les ailes, mais seulement absorber une nourriture éventuellement issue de fosses septiques et de boues d'épuration » – Armand Farrachi [14].
Veaux de race laitière en élevage intensif : « Pour cause d'élevage intensif, les fermes, devenues des « exploitations », se sont reconverties en centre de détention à régime sévères, et les « fillettes » de Louis XI passeraient pour de véritables hangars face aux dispositifs où l'on enferme des créatures que la nature avait conçues pour la lumière, pour le mouvement et pour l'espace » – Armand Farrachi [14].
« Ce que les nazis avaient faits aux Juifs, l'homme le faisait à l'animal [15] » – Ennemies ; «  Dans leur rapport [avec les animaux], tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, c'est un éternel Treblinka  » – The Letter Writer, Isaac Bashevis Singer[16].
Cochons en élevage hors-sol ; « En France [...] les truies sont sanglées jour et nuit dans des stalles qui leur interdisent toute espèce de mouvement, et ce, pendant deux ans et demi » – Armand Farrachi [14].
Paul Claudel a publié en 1949 le Bestiaire spirituel où il s'interrogeait sur la disparition des animaux.
« En captivité, un animal sur trois est porteur d'ulcérations gastriques, et deux sur trois sont atteints d'une maladie de peau [...] Les nombreuses tentatives de suicide en prison ont pour équivalent les fréquentes automutilations de la captivité animale ; il n'y a pas ici simple coïncidence, mais identité de cause, [...] c'est-à-dire la « contrainte » » – Jean Claude Nouët [17].
En France, 50 millions de poussins mâles sont tués chaque année au broyeur (ou gazés) [18],[19] ; aux Etats-Unis, la plus grande usine de poules pondeuses en tue 30 millions par an [20].

Le philosophe Jacques Derrida, qui considère la question de l'« animal » comme centrale dans son œuvre de déconstruction [21], (avec son ouvrage posthume L'animal que donc je suis), insiste sur les « proportions sans précédent de cet assujettissement de l'animal » [22] – bien que presque totalement invisible – né « de la violence industrielle, mécanique, chimique, hormonale, génétique, à laquelle l'homme soumet depuis deux siècles la vie animale » [22], violence à l'encontre des animaux comparée par le philosophe à la Shoah (génocide qui tient son caractère « exceptionnel » du fait qu'il est aujourd'hui encore le seul de type industriel [23]) :

« De quelque façon qu'on l'interprète, quelque conséquence pratique, technique, scientifique, juridique, éthique, ou politique qu'on en tire, personne aujourd'hui ne peut nier cet événement, à savoir les proportions sans précédent de cet assujettissement de l'animal. [...] Personne ne peut plus nier sérieusement et longtemps que les hommes font tout ce qu'ils peuvent pour dissimuler ou pour se dissimuler cette cruauté, pour organiser à l'échelle mondiale l'oubli ou la méconnaissance de cette violence que certains pourraient comparer aux pires génocides (il y a aussi des génocides d'animaux : le nombre des espèces en voie de disparition du fait de l'homme est à couper le souffle). De la figure du génocide il ne faudrait ni abuser ni s'acquitter trop vite. Car elle se complique ici : l'anéantissement des espèces, certes, serait à l'œuvre, mais il passerait par l'organisation et l'exploitation d'une survie artificielle, infernale, virtuellement interminable, dans des conditions que des hommes du passé auraient jugées monstrueuses, hors de toutes les normes supposées de la vie propre aux animaux ainsi exterminés dans leur survivance ou dans leur surpeuplement même. Comme si, par exemple, au lieu de jeter un peuple dans des fours crématoires et dans des chambres à gaz, des médecins ou des généticiens (par exemple nazis) avaient décidés d'organiser par insémination artificielle la surproduction et la surgénération de Juifs, de Tziganes et d'homosexuels qui, toujours plus nombreux et plus nourris, aurait été destinés, en nombre toujours croissant, au même enfer, celui de l'expérimentation génétique imposée, de l'extermination par le gaz et par le feu. Dans les mêmes abattoirs. [...] Si elles sont « pathétiques », ces images, c'est aussi qu'elles ouvrent pathétiquement l'immense question du pathos et du pathologique, justement, de la souffrance, de la pitié et de la compassion. Car ce qui arrive, depuis deux siècles, c'est une nouvelle épreuve de cette compassion. »

— Jacques Derrida, L'Animal que donc je suis.

Cette position de Jacques Derrida sur la dégradation irrésistible de la condition de l'animal, (jusqu'à en faire, à la manière d'Isaac Bashevis Singer, une autre Shoah), n'a rien d'isolée ; la philosophe Elisabeth de Fontenay pense d'ailleurs que cette dévalorisation de l'animal (jusqu'à sa réduction à l'état de « chose », de « produit », de « machine »), en parallèle avec sa condition devenant au fil des siècles de plus en plus lamentable pour en devenir insoutenable à l'époque industrielle [23], commence à l'ère chrétienne [23], où des philosophes – en référence à la théologie – verrouillent le propre de l'homme, et ce, en ressassant les traits qui le différencient des autres animaux considérés comme négligeables (faisant de l'Antiquité « en quelque sorte un âge d'or pour les bêtes ») [23] :

« « Nous » mangeons n'importe quoi et n'importe comment, nous donnons la vie aux bêtes, nous les faisons vivre et mourir dans le processus d'une technicité « rationnelle » qui n'est pas sans rapport avec les techniques de concentration, sinon d'extermination, qui ont marqué le XXe siècle du sceau de l'irreprésentable. [...] La pensée de la condition moderne [...] est celle d'un vivant tellement profane qu'on ne peut même plus le profaner [...]. [...] Je me demande [...] quelle manière d'être ensemble [...] pourrait aider à réinscrire l'animal dans une chaîne symbolique qui ne fasse plus bon marché de lui. »

— Elisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité, p.716.

Au XIXe siècle, Jules Michelet est l'un des premiers à dénoncer les exactions écologiques (dans le même mouvement que celui des crimes coloniaux) [23] ; ainsi, dans son œuvre, l'historien écrit :

« « Nos voyages de savants qui font tant d'honneur aux modernes, le contact de l'Europe civilisatrice qui va partout, ont-ils profité aux sauvages ? Je ne le vois pas. [...] Les conquérants, les missionnaires, les marchands ont massacré, épuisé, abruti et vérolé les populations, ils ont produit le désert. [...] On peut juger que si l'homme a ainsi traité l'homme, il n'a pas été plus clément ni meilleur pour les animaux. Des espèces les plus douces, il a fait d'horribles carnages, les a ensauvagées et barbarisées pour toujours. » [...] Car tous les récits de voyageurs concordent : il fut un temps où les lamantins, les phoques, les pingouins, les manchots, les baleines aimaient la compagnie de l'homme... »

— La Mer (1861) citée et commentée par Elisabeth de Fontenay, le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité, p. 624-625.

Enfin, si, au fil des siècles jusqu'à nos jours, la dégradation de la condition de l'animal, au niveau mondial, est incontestable, cette dégradation s'accompagne de la disparition formelle de ces animaux qui n'ont pourtant jamais été autant utilisés par l'homme en tant que moyens ; c'est ce que Jacques Derrida appelle « l'horizon des fins de l'animal » :

« L'horizon des fins de l'animal [...] est l'horizon d'une hypothèse réelle, si je puis dire. [...] Ce spectacle ne peut se former que comme le symptôme d'un désir ou d'un phantasme : le tableau d'un monde après l'animalité, d'abord présente à l'homme, aurait un jour disparu. Elle aurait été détruite ou anéantie par l'homme, soit purement et simplement, ce qui paraît à peu près impossible même si on se sent en route vers ce monde sans animaux, soit à travers un traitement dévitalisant ou désanimalisant, d'autres diraient dénaturant de l'animalité, la production de figures si nouvelles de l'animalité qu'elles paraîtraient assez monstrueuses pour appeler un changement de nom ; cette science-fiction de plus en plus crédible aurait commencé avec la domestication apprivoisante, le dressage, la neutralisation, l'acculturation, et se poursuivrait avec l'exploitation médico-industrielle, les interventions massives sur le milieu et la reproduction, les transplantations génétiques, le clonage, etc. »

— Jacques Derrida, l'animal que donc je suis.

Cette disparition formelle de l'animal domestique toujours et de plus en plus utilisé en tant que moyens, correspond à sa transformation en « machine » :

« Si l'animal n'est guère pensable comme machine, il peut être [...] transformé en machine. Le XXe siècle n'invente pas la notion d'animal-machine, mais il en rend l'idée concrète à travers les élevages intensifs et la manipulation de l'animal de laboratoire. [...] Le XXe siècle invente [...], entre autres horreurs dont il a été prodigue, l'animal caché, celui dont l'homme a honte [...]. L'animal moderne n'est pas obscène parce qu'il rappelle que nous sommes des espèces d'animaux, mais parce qu'il met en avant notre capacité sans doute unique de pouvoir avilir les autres créatures vivantes, jusqu'à leur faire perdre ce qui en faisait justement des animaux. »

— Dominique Lestel, des animaux-machines aux machines animales, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik [24].

Le poète et dramaturge Paul Claudel voit ainsi la terre comme étant « désaffectée », comparant ce mal à la « Cinquième Plaie » d'Égypte : « tous les animaux sont morts, il n'y en a plus avec l'homme [25] » ; les animaux ne font plus partie du quotidien des hommes alors que ces derniers tuent et mangent ces mêmes animaux toujours davantage [23] : cela constitue pour le poète un très grave manquement à la vie [23], car il rejette cette vision des animaux où l'on ne voit en eux que « des machines utiles, des magasins vivants de matière première que nous manœuvrons d'une main molle et dégoûtée. Les serviteurs de l'âme sont morts. Elle n'est plus servie que par des cadavres vivants [26] » ; Paul Claudel, contestant l'ère du machinisme et du rendement, dresse ce réquisitoire :

« Dans ma jeunesse, les rues étaient pleines de chevaux et d'oiseaux. Ils ont disparu. L'habitant des grandes villes ne voient plus les animaux que sous leur aspect de chair morte qu'on lui vend chez le boucher. La mécanique a tout remplacé. Et bientôt ce sera la même chose dans les campagnes. [...] Maintenant, une vache est un laboratoire vivant [...], le cochon est un produit sélectionné qui fournit une quantité de lard conforme au standard. La poule errante et aventureuse est incarcérée. Sont-ce encore des animaux, des créatures de Dieu, des frères et des sœurs de l'homme, des signifiants de la sagesse divine, que l'on doit traiter avec respect ? Qu'a-t-on fait de ces pauvres serviteurs ? L'homme les a cruellement licenciés. Il n'y a plus de liens entre eux et nous. »

— Paul Claudel, Bestiaire spirituel, Mermod (1949), pp.127-128.

Ce discours traduit une réalité née du XXe siècle, celle où jamais les animaux (les animaux d'élevages) n'ont été autant reniés et niés dans la culture [27] et autant occultés d'une manière aussi maximale dans l'histoire et la conscience collective des sociétés humaines – (« de même que le fétichisme de la marchandise dont parle Karl Marx, fait qu'on ne perçoit pas le travail derrière le produit fini, de même on ne doit pas percevoir le piège, la patte sanglante, la souffrance, l'angoisse, l'agonie [...] d'individus [...], derrière le manteau de fourrure, [...] derrière la « viande » [27] ») –, alors que, dans ces mêmes sociétés, jamais des hommes n'ont consommé aussi souvent et en aussi grande quantité de la viande, et des produits issus du règne animal :

« Il n'y a plus aucun sacré dont l'animal serait le siège, dont il pourrait invoquer le secours. Plus d'appartenances totémiques, de divinités tutélaires, ni même de métempsychoses un tant soit peu salvatrice. [...] Ce qui est en cause n'est pas nécessairement une cruauté directe et délibérée à l'égard de l'animal, mais une cruauté indirecte, subséquente, et toujours masquée, occultée. Les souffrances animales font ainsi figure de quantité négligeable devant ces « impératifs de l'économie » qui finissent par se décliner en mots d'ordre politique. Ce serait en effet une illusion que de croire que le sort des animaux se jouent en dehors des politiques humaines. [...] Car les hommes traitent les animaux selon les mœurs et les coutumes de leur propre groupe d'appartenance [...]. »

— Françoise Armengaud, Au titre du sacrifice : l'exploitation économique, symbolique et idéologique des animaux, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, p.861-862 [27].

À cela s'ajoute :

  • L'« ensauvagement » des animaux domestiques (la vache, par exemple, connue de par le monde pour être un animal familier d'une grande douceur, devient un animal agressif en Occident à l'égard des êtres humains, du fait qu'elle n'est plus traite à la main, mais par des machines, ne connaissant ainsi plus aucun rapport avec les hommes) [11] ;
  • La « folie animale », signifiant un mal-être intense et prolongé, (les poules en cages se picorent entre elles, ce qui « nécessite » l'ablation (douloureuse) de leur bec ; les porcs, s'ils ne sont pas incarcérés dans des stalles qui les privent totalement de mouvements mais dans de plus « grandes » cages, – s'automutilent, etc.) [11] ;
  • Et la consanguinité, qui engendre la débilité (ou fragilité) physique et mentale des animaux d'élevage ou dits « de race » : « la définition officielle d'un individu non consanguin : ses parents n'ont pas d'ancêtre commun sur cinq générations [:] Il y a de moins en moins d'animaux qui [...] ne sont pas consanguins aujourd'hui : [...] Tout cela au nom de l'économie. Parallèlement [...] la sélection [...] n'a pas su empêcher l'appauvrissement génétique [...][13] ».

Le végétarisme/végétalisme/véganisme (quoique d'origine antique, voire préhistorique avec le jaïnisme, l'hindouisme) peut s'affirmer en tant que mesure de boycott nécessaire contre la dégradation de la condition animale, surtout depuis les deux derniers siècles :

« Aucune civilisation n'a jamais infligé d'aussi dures souffrances aux animaux que la nôtre, au nom de la production rationnelle « au coût le plus bas ». [...] N'ayons pas peur des mots : la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. [...] Pour ces millions, pour ces milliards d'animaux, le simple fait de vivre, depuis la naissance jusqu'à la mort, est un supplice de chaque seconde [...]. »

— Armand Farrachi, Pitié pour la condition animale [14].

Regard de l'homme

Histoire de la classification

Le naturaliste suédois Carl von Linné.

En Occident, Aristote a divisé le monde du vivant entre les animaux et les plantes. Sa conception, appelée fixisme, n'est pas très différente de celle des savants le précédant et sera reprise par les théologiens chrétiens, qui en faisant une lecture littérale de la Bible, considéraient que l'univers et le monde connu avait été créés en une semaine, et qu'il ne convenait pas de remettre cette idée en question. Les animaux étaient là pour servir l'homme. Cependant à partir de la Renaissance, certaines idées sont remises en question. Alors que les travaux de Carl von Linné au XVIIIe siècle cherchent à classer systématiquement toutes les espèces vivantes en leur donnant un nom unique et précis (nom binomial), Jean-Baptiste Lamarck, puis surtout Charles Darwin, élaborent des théories d'une évolution des espèces. De ces théories, et plus particulièrement avec celle de Darwin va naître une controverse avec les créationnistes qui souvent revendiquent leur soutien à une vision biblique chrétienne de l'origine de la vie. La théorie de Darwin est particulièrement décriée car elle fait non seulement de l'homme un animal, mais aussi le fruit d'une évolution par des processus de sélection naturelle dont la sexualité.

Linné avait défini au départ trois royaumes séparés eux-mêmes dans les groupes suivants : Vermes, Insecta, Pisces, Amphibia, Aves, et Mammalia. Ce classement va peu à peu évoluer au fil des découvertes en zoologie ou en paléontologie. Cette classification basée sur les caractères anatomiques et physiologiques tend à devenir une classification phylogénétique, c'est-à-dire la plus proche possible de l'arbre génétique.

Religion

Le catholicisme (le judaïsme et l'islam ne sont pas aussi radicaux sur ce point, du fait que Dieu n'est pas Jésus aussi ) sépare l'« Homme » du règne animal dans sa nature, son essence (l'« Homme » est le seul être créé à l'image de Dieu, qui est en l'occurrence Jésus, sauveur des seuls hommes selon le christianisme de Saint Paul) comme dans sa fonction (Dieu donne la nature à l'Homme pour assurer sa subsistance, l'Homme doit "dominer" la nature)[28]. Cela n'est pas le cas néanmoins dans le catharisme, du fait de la croyance en la réincarnation.

Cette séparation radicale entre humanité et animalité a été vigoureusement critiquée, (correspondant de manière plus large à celle du « posthumanisme », qui a connu un développement certain avec les sciences sociales qui puisent leur source dans la pensée rousseauiste), par Claude Lévi-Strauss :

« C'est maintenant [...] qu'exposant les tares d'un humanisme décidément incapable de fonder chez l'homme l'exercice de la vertu, la pensée de Rousseau peut nous aider à rejeter l'illusion dont nous sommes, hélas ! en mesure d'observer en nous-mêmes et sur nous-mêmes les funestes effets. Car n'est-ce-pas le mythe de la dignité exclusive de la nature humaine qui a fait essuyer à la nature elle-même une première mutilation, dont devrait inévitablement s'ensuivre d'autres mutilations ? On a commencé par couper l'homme de la nature, et par le constituer en règne souverain ; on a cru ainsi effacer son caractère le plus irrécusable, à savoir qu'il est d'abord un être vivant. Et en restant aveugle à cette propriété commune, on a donné champ libre à tous les abus. Jamais mieux qu'au terme des quatre derniers siècles de son histoire l'homme occidental ne put-il comprendre qu'en s'arrogeant le droit de séparer radicalement l'humanité de l'animalité, en accordant à l'une tout ce qu'il refusait à l'autre, il ouvrait un cercle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d'autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d'un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l'amour-propre son principe et sa notion. »

— Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale (1973).

Les religions « animistes » (africaines, asiatiques, américaines, etc.), les religions chinoises (confucianisme, taoïsme) et spécialement les religions indiennes (hindouisme, bouddhisme, jaïnisme) intègrent complètement l'animal et l'homme dans l'univers, sans rupture de continuité (la différence est de degré, non de nature), tous les êtres étant dotés d'une âme, d'un même principe vital (d'un même « vouloir vivre » selon le philosophe Arthur Schopenhauer).

Philosophie

Concept d'animal-machine

Le philosophe français René Descartes (1596-1650) est dualiste, distinguant nettement deux formes de réalité : la pensée (l'âme) et l'étendue (la matière). L'animal, qui n'a pas d'âme, n'est donc qu'une "machine", un automate perfectionné. C'est la théorie de l'animal-machine[29]. Cette théorie a été vigoureusement attaqué par le poète Jean de la Fontaine, et scrupuleusement disséqué par le philosophe français Jacques Derrida avec son dernier ouvrage, L'Animal que donc je suis, faisant référence au « je pense donc je suis » de Descartes, dont il accuse l'idéalisme dangereux de ce dernier.

Le philosophe français Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) voit aussi dans tout animal, y compris l'Homme, une "machine ingénieuse". Mais il distingue l'Homme de l'animal en ce que "la nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieu que l'homme concourt aux siennes, en qualité d'agent libre." La différence vient ici de la pensée et de la capacité d'intiative et de liberté de l'Homme qui en découle[30].

Hypothèse Gaïa

L'hypothèse Gaïa initialement avancée par l'écologiste anglais James Lovelock en 1970, mais également évoquée par d'autres scientifiques avant lui, considère l'ensemble des êtres vivants sur Terre comme un vaste organisme (appelé Gaïa, d'après le nom du Titan de la mythologie grecque personnifiant la Terre), réalisant l'autorégulation de ses composants pour favoriser la vie.

Critique philosophique du terme « Animal »

Le terme « animal », au singulier, est rejeté par le philosophe français Jacques Derrida dans sa généralité, – parce qu'il est une « simplification conceptuelle » vue comme un premier geste de « répression violente » à l'égard des animaux de la part des hommes, et qui consiste à faire une césure totale entre l'humanité et l'animalité, et un regroupement tout aussi injustifié entre des animaux qui demeurent des vivants radicalement différents les uns des autres, d'une espèce à une autre[21] :

« Chaque fois que « on » dit « L'Animal », chaque fois que le philosophe, ou n'importe qui, dit au singulier et sans plus « L'Animal », en prétendant désigner ainsi tout vivant qui ne serait pas l'homme [...], eh bien, chaque fois, le sujet de cette phrase, ce « on », ce « je » dit une bêtise. Il avoue sans avouer, il déclare, comme un mal se déclare à travers un symptôme, il donne à diagnostiquer un « je dis une bêtise ». Et ce « je dis une bêtise » devrait confirmer non seulement l'animalité qu'il dénie mais sa participation engagée, continuée, organisée à une véritable guerre des espèces. »

— L'animal que donc je suis, Jacques Derrida.

Jacques Derrida a créé le mot-valise « l'animot » qui, prononcé, fait entendre le pluriel « animaux » dans le singulier, et rappelle l'extrême diversité des animaux que « l'animal » efface[31].

À la différence, la philosophe Élisabeth de Fontenay préfère l'emploi du vieux mot français « bête », qu'elle met au pluriel « les bêtes »[32].

Symbolique

Articles détaillés : cryptozoologie et thérianthropie.

Les hommes, depuis la nuit des temps, ont prêté aux animaux des vertus ou des caractéristiques soit humaines, soit divines. Ainsi certains animaux sont devenus des symboles, bon nombre de contes sont anthropomorphiques et enfin certaines espèces d'animaux ont également été déifiées par certains peuples. Les animaux dans les univers de fiction sont toujours très abondants. L'art martial d'animal imite des animaux, pour leur redoutable efficacité martiale.

Notes et références

  1. (fr)Antoine Morin, « Niveaux de complexité architecturale », Université d'Ottawa
  2. a, b et c (en) Camilo Mora, « How Many Species Are There on Earth and in the Ocean? », dans [Biology], vol. 9, no 8, 23 août 2011 [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 24 août 2011)] 
  3. Travels in the Great Tree of Life, http://archive.peabody.yale.edu/exhibits/treeoflife/challenge.html, Yale Peabody Museum Of Natural History, Yale University
  4. a, b, c, d, e, f, g et h (fr)Antoine Morin, « Animaux : Structures et fonctions », Université d'Ottawa
  5. a, b, c, d, e et f Richard C. Brusca & Gary J. Brusca, Invertebrates, Sinauer, 1990, 922 p. 
  6. Neutraliser les pièges mortels pour la faune sauvage, Conseil général de l'Isère, Plaquette illustrée, 34 pages
  7. http://pmaf.org/s-informer/nos-campagnes/transport.html
  8. Interdiction du transit d'animaux de boucherie vivants sur Agriculture suisse. Consulté le 15 avril 2009
  9. La Suisse laissera-t-elle passer les animaux d'abattoir? sur swissinfo.ch. Consulté le 15 avril 2009
  10. Bulletin OIE N°2008-3 "Surveiller la faune sauvage pour mieux la protéger et pour nous prévenir contre les maladies qu'elles nous transmet"
  11. a, b, c, d, e, f et g Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, ISBN 2-07-073709-8
  12. Le service divin des Grecs : antiquités du culte religieux des Grecs, cours de trois heures hebdomadaires, hiver 1875-76 par Friedrich Nietzsche ; traduction, introduction et notes d’Emmanuel Cattin, Paris : l’Herne, cop.1992, ISBN:2851976001 ; [Le culte des arbres est] « un élément pré-germanique, pré-slave, pré-grec – la religion à laquelle les tribus nomades indo-européennes se heurtèrent : et c’est pourquoi on le trouve partout. [Ce culte peut prendre trois niveaux, selon les peuples adorateurs :] incarnation réelle, lieu visité par les dieux, lien idéal – [qui] passent facilement l’un dans l’autre. Pour l’Hélène, le Latin, (…) l’Indien, le Germain, les premiers temples ont été des arbres où logeaient l’esprit des divinités, où il avait commerce avec eux et révélait sa volonté par des présages et des oracles. »
  13. a et b Bernard Denis, La fabrication des animaux, Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, ISBN 2-07-073709-8
  14. a, b, c et d Armand Farrachi, Pitié pour la condition animale, Le Monde diplomatique, août 2001, p.21. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/08/FARRACHI/15543
  15. I. B. Singer, Ennemies (1972), trad. G. Chahine et M.-B. Castelneau, Paris, Stock, 1975, pp.41-42.
  16. Singer, Isaac Bashevis (1982). The Collected Stories of Isaac Bashevis Singer. Cape. p. 271.
  17. Jean Claude Nouët, (professeur à la faculté de Médecine, diplômé d'historologie, d'embryologie, de virologie, et de sérologie, vice-doyen de la faculté Pitié-Salpêtrière à Paris, cofondateur en 1977 et actuel président de la Ligue française des droits de l'animal), Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, p.547
  18. http://www.vegetarisme.fr/vegetarien.php?content=vegetarien_vegetalien
  19. http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=158
  20. http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2073_150000_poussins_haches_vivants.php
  21. a et b http://www.youtube.com/watch?v=Ry49Jr0TFjk
  22. a et b l'animal que donc je suis, Jacques Derrida, éd. Galilée
  23. a, b, c, d, e, f et g Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité, Elisabeth de Fontenay, éditions Fayard.
  24. Dominique Lestel (maître de conférence à l'Ecole Normale Supérieure, section Psychologie et sciences de la cognition), des animaux-machines aux machines animales, dans l'ouvrage Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, p.691, ISBN 2-07-073709-8
  25. Paul Claudel Bestiaire spirituel, Lausanne, Mermod (1949), p.128
  26. Paul Claudel Bestiaire spirituel, Lausanne, Mermod (1949), pp. 16-17
  27. a, b et c Françoise Armengaud, (ancienne élève de l'École Normale Supérieure de Sèvres, docteur en philosophie, maître de conférence à l'université Paris-X Nanterre), Au titre du sacrifice : l'exploitation économique, symbolique et idéologique des animaux, dans l'ouvrage Si les lions pouvaient parler, essais sur la condition animale, sous la direction de Boris Cyrulnik, éd. Gallimard, p.691, ISBN 2-07-073709-8
  28. La Genèse, citation à inclure.
  29. René Descartes, Discours de la Méthode, 1637, 5e partie.
  30. Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755, 1re partie.
  31. Jacques Derrida, L'animal que donc je suis, Galilée, Paris, 2006, p.11. ISBN 2718606932
  32. Élisabeth de Fontenay, "Les bêtes dans la philosophie et la littérature", in Denis Müller et Hugues Poltier, La dignité de l'animal : Quel statut pour les animaux à l'heure des technosciences ?, coll. « Le champ éthique », N°36, Labor et Fides, Genève, 2000, p.37. ISBN 2-8309-0995-X

Voir aussi

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Bibliographie

  • Georges Chapouthier, Qu’est-ce que l’animal ?, Le Pommier, coll. « Les petites pommes du savoir », 2004 
  • Georges Chapouthier (dir.), L'animal humain – Traits et spécificités, L'Harmattan, coll. « Le mouvement des savoirs », 2004 

Articles connexes

Biologie et protection animale

Classification phylogénétique détaillée

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Animal de Wikipédia en français (auteurs)

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