Cheval


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 Cheval gris (Equus caballus) de race Camargue
Cheval gris (Equus caballus)
de race Camargue
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Perissodactyla
Famille Equidae
Genre Equus
Nom binominal
Equus Caballus ou Equus ferus caballus[1],[2]
Linnaeus, 1758
 Des chevaux au galop

Des chevaux au galop

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Le cheval (Equus ferus caballus ou Equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des équidés. Il a évolué au cours des dernières 45 à 55 millions d'années à partir d'un petit mammifère possédant plusieurs doigts pour devenir un grand animal à sabot unique. L'utilisation du cheval, peut-être domestiqué il y a 9 000 ans dans la péninsule arabique, se serait répandue de 3 000 à 2 000 ans av. J.-C. à toute l'Eurasie. Bien que la quasi-totalité des chevaux soient désormais domestiques, le cheval de Przewalski est considéré comme le dernier vrai cheval sauvage, et il existe de nombreux chevaux domestiques retournés à l'état sauvage.

Il s'agit d'une espèce animale employée par l'Homme et celui-ci a développé un vaste vocabulaire spécialisé pour décrire les concepts qui y sont liés. Ce lexique va de son anatomie et sa morphologie aux étapes de sa vie en passant par sa couleur, ses races, sa locomotion et son comportement. En ce qui concerne les spécificités liées à l'espèce, les chevaux comptent sur leur vitesse pour échapper aux prédateurs, ont un bon sens de l'équilibre, un fort instinct de fuite et un trait inhabituel dans le règne animal : ils sont capables de dormir debout ou en position couchée. Les femelles, appelées juments, mettent bas après onze mois de gestation un petit nommé poulain. Celui-ci peut se lever et courir peu de temps après sa naissance. La plupart des chevaux domestiques sont dressés pour l'équitation entre l'âge de deux et quatre ans. Ils atteignent leur plein développement à cinq ans en moyenne et leur durée de vie va de 25 à 30 ans.

Des siècles durant, les chevaux sont des animaux de guerre et de transport au service des hommes. Ils permettent l'essor du commerce et l'expansion de civilisations sur de grandes étendues. Considéré comme « la plus noble conquête de l'homme », présent dans les mythes, les légendes, nombre d'encyclopédies et toutes les formes d'art, le cheval est, de tous les animaux, celui qui a sans doute le plus marqué l'histoire et les progrès de l'humanité. Il est à l'origine de métiers liés à son entretien, son commerce ou aux activités sportives, les plus célèbres étant les sports hippiques. Dans la plupart des pays développés, le cheval est désormais monté pour les loisirs ou des compétitions, il représente le troisième sport français en nombre de licences[3], mais il peut aussi être utilisé en thérapie ou pour la production de biens de consommation grâce à sa viande, son lait, son cuir et même son urine. Dans d'autres pays, le cheval reste un partenaire indispensable à l'agriculture et au transport. L'entretien de chevaux domestiques demande un matériel particulier et l'attention de spécialistes.

Sommaire

Étymologie et terminologie

« Cheval » (/ʃəval/, pluriel « chevaux » /ʃəvo/) est un terme générique qui désigne en premier lieu l'espèce domestique Equus caballus[4], ce qui inclut les populations redevenues sauvages comme les mustangs. Le cheval de Przewalski et le tarpan appartiennent à une autre espèce ou sous-espèce, mais sont désignés comme « chevaux ».

La racine indo-européenne du mot « cheval » est *h₁éḱwos, tous les termes issus de la langue indo-européenne primitive pour désigner le cheval en dérivent[5], tel le latin classique equus[6] et le sanskrit ásva[7]. Le terme « cheval » dérive du latin populaire caballus et désigna d'abord un « mauvais cheval », puis un hongre et, populairement, un « cheval de travail »[4]. Ce mot dont l'usage est attesté au IIe siècle est probablement d'origine gauloise[8] et remplace, sans doute avant le milieu du IIIe siècle[Note 1], le classique equus[9]. Les principaux dérivés du mot « cheval » sont « chevalier », « chevalière », « chevalerie », « chevaucher », « chevalet », « cavale », « cavalier », « cavalerie » et « cavalcade ».

D'autres termes savants liés au cheval sont empruntés au grec ancien ἵππος (híppos), d'où l'adjectif « hippique » ou le terme « hippodrome ». Cette racine grecque se retrouve aussi dans le prénom « Philippe » (qui aime les chevaux), « Hippolyte » (qui délie les chevaux), « hippocampe » (cheval cambré), et hippopotame (cheval du fleuve)[9]. Le latin equus est lui aussi issu de cette racine indo-européenne, à l'origine des termes comme « équidés », « équitation » et les adjectifs « équestre » et « équin »[10].

Chez les Amérindiens, le cheval est parfois désigné sous le nom de « grand chien »[11]. Le caractère sigillaire montre un œil et la crinière du cheval dans sa partie supérieure, et la partie inférieure ses membres et sa queue.

De nombreux termes familiers, péjoratifs ou anciens désignent aussi le cheval. Parmi les termes péjoratifs figurent notamment « bidet », « bourrin », « canasson », « carne », « rosse » et « haridelle ».

Noms génériques

Une vaste terminologie est utilisée pour désigner les différents types de chevaux. « Jument » désigne l'animal adulte femelle[12], la poulinière est une femelle adulte destinée à la reproduction[13]. L'étalon est un adulte mâle reproducteur et reconnu, l'entier un adulte mâle non castré, le hongre un mâle castré. Le poulain et la pouliche sont les jeunes animaux respectivement mâle et femelle de moins de trois ans, le yearling un jeune animal de plus d'un an mais moins de deux, le foal le jeune poulain de moins de six mois. Le poney est un cheval de petite taille, officiellement de moins d'1,48 m au garrot[14].

Idiotismes

De par sa proximité historique avec la vie de l'homme, le cheval a donné lieu à de nombreux idiotismes animaliers dont de nombreuses expressions sont encore utilisées couramment. On notera les exemples les plus typiques de la langue française comme « Prendre le mors au dents », « Partir du bon pied », « Prendre les rênes », « Avoir une fièvre de cheval », « un remède de cheval » ou « monter sur ses grands chevaux ».

Hippologie

Article détaillé : Hippologie.
Taille comparée entre un poney Shetland et un cheval de selle.

Le cheval est un mammifère herbivore, membre de la famille des équidés qui compte aussi l'âne et le zèbre. Il y a controverse quant au statut du cheval domestique, considéré comme une espèce (Equus caballus) à part entière ou une sous-espèce (Equus ferus caballus) du tarpan (Equus ferus). L'hippologie (du grec ἱππος « cheval » et λόγος « discours ») étudie le cheval dans sa globalité[15], ce qui comprend le fonctionnement biologique et anatomique, ainsi que le comportement et l'entretien.

Les chevaux peuvent être regroupés et classés en fonction de leur race, leur utilisation, leur taille ou leur robe. La taille du cheval varie énormément d'une race à l'autre. Le plus petit cheval miniature reconnu mesure 44,5 cm pour 26 kg[Note 2] et le plus grand, un cheval de trait, 2,19 m pour 1 500 kg[Note 3],[16]. Le poids et la longévité varient de même, les poneys ayant une longévité généralement supérieure aux chevaux. Celle du cheval domestique s'est allongée grâce aux soins prodigués par l'homme, ils peuvent désormais vivre de 25 à plus d'une trentaine d'années, bien qu'ils commencent à décliner physiquement vers l'âge de quinze ans[17]. Le plus vieux cheval connu, Old Billy, est mort à 62 ans[18].

Le cheval domestique possède 32 paires de chromosomes[19], contre 33 paires pour le cheval de Przewalski. La séquence complète de son génome a été établie en 2007, quatre ans après celle de l'être humain[20].

Histoire évolutive

Article détaillé : Histoire évolutive des équidés.
Schéma évolutif du cheval.

Le cheval est un exemple-phare de la théorie de l'évolution puisque les nombreux fossiles retrouvés, dont les plus anciens datent de 60 millions d'années, montrent qu'il descend d'un petit mammifère forestier possédant plusieurs doigts, qui s'est ensuite adapté aux plaines et aux steppes en devenant plus grand, et en développant son seul doigt médian comme point d'appui sur les sols durs. L' aboutissement est l’Equus du pléistocène, toisant environ 1,40 m et se déplaçant sur quatre sabots[21].

L'histoire récente des équidés est mal connue en ce qui concerne la spéciation entre les ânes, les chevaux sauvages (Equus ferus), les zèbres et le cheval domestique (Equus caballus). On ignore si les différents types de chevaux préhistoriques dont les ossements datés d'une même époque sont retrouvés appartenaient à la même espèce, s'ils étaient des sous-espèces ou s'il s'agissait d'espèces différentes[22]. Ils étaient sans doute interféconds et n'appartenaient pas à des espèces complètement séparées.

Origines du cheval domestique

Articles détaillés : Cheval des forêts, cheval oriental et tarpan.
Un tarpan des steppes, animal précurseur du cheval domestique.

L'unique théorie admise a longtemps voulu que les différentes races de chevaux domestiques soient le résultat de l'élevage sélectif opéré par l'homme à partir d'une souche sauvage unique, probablement le tarpan. Différentes études, notamment celle de l'université d'Uppsala réalisée à partir d'analyses ADN, ont remis cette idée en question, postulant que le cheval domestique descend de plusieurs sous-espèces adaptées à différents biotopes avant la domestication[23]. La question reste disputée parmi les communautés scientifiques, mais les chevaux domestiques descendent certainement de souches sauvages capturées et domestiquées en différents lieux d'Eurasie[24].

La théorie « des quatre lignées fondatrices » postule que toutes les races de chevaux modernes descendent de quatre à sept sous-espèces, dont le cheval des forêts, le cheval « de trait », le cheval oriental et le tarpan[22].

Anatomie et morphologie

Crâne et vertèbres cervicales de cheval, exposés à l'École nationale vétérinaire d'Alfort.
Articles détaillés : anatomie du cheval et morphologie du cheval.

Le cheval est un animal quadrupède. Une terminologie spécifique s'applique aux différentes parties de son corps, dont des termes habituellement réservés à l'être humain, comme « bouche », « jambe », « nez » et « pied », et contrairement à tout autre animal domestique. Sa hauteur se mesure au garrot, sorte de renflement situé à la jonction de l'encolure et du dos[25]. Par convention, le cheval a trois parties externes principales : l'avant-main, qui comprend la tête, l'encolure et les membres antérieurs ; l'arrière-main composée de la croupe, des hanches, des membres postérieurs et de la queue ; et le corps, la partie centrale[26]. Il porte une crinière et une queue dont les poils sont appelés crins[27]. L'étude de sa morphologie permet de décrire et d'apprécier la beauté, les défectuosités et les tares d'un animal[28].

L'anatomie du cheval comprend l'étude du squelette, des muscles, des tendons, du système digestif, respiratoire, reproducteur, cardiaque et nerveux. Il possède 469 muscles qui représentent environ la moitié de son poids[27]. Toutes ses particularités anatomiques (incapacité à vomir, possibilité de bloquer ses jambes pour dormir debout en phase de sommeil léger, etc.) résultent de sa niche écologique, celle des grandes herbivores dont la fuite rapide est la seule défense[29]. Le pied du cheval est particulièrement important et doit faire l'objet de soins attentifs, justifiant l'expression populaire « pas de pied, pas de cheval »[30].

Schéma des parties externes.

Types et races

Le cheval arabe est l'une des races de chevaux de selle les plus typées et les plus connues.
Le cheval de trait est de haute taille et de forte constitution, souvent avec des fanons abondants.

Les races issues de l'espèce chevaline sont nombreuses et variées. Cette grande diversité a pour origine leur adaptation à l'environnement (aptitude à jeûner, résistance aux hautes températures ou encore sûreté de pied en terrain montagneux), et surtout l'élevage sélectif puis les croisements opérés par l'homme sur le cheval domestique. Certains traits tels la rapidité, la capacité de portage ou encore celle à tracter de lourdes charges, ont été privilégiés[31]. Les races sont généralement divisées en trois grandes catégories : les chevaux de trait destinés à la traction, les chevaux de selle destinés à être montés, et les poneys. Les cobs, chevaux à deux fins pouvant être montés aussi bien qu'attelés, sont parfois classés à part[32]. Pour le cheval comme pour bon nombre d'animaux domestiques, des listes d'ancêtres ont été établies et de nombreuses races possèdent un registre d'élevage qui peut être fermé (seuls les animaux descendants d'animaux déjà enregistrés peuvent faire partie de la race) ou ouvert (le registre accepte des croisements avec d'autres races). L'inscription d'un cheval à un tel registre est soumise à des règles de signalement et de conformité au standard de race[31]. Ces informations sont reprises par de vastes bases de données spécialisées[Note 4].

Les races les plus connues incluent le Pur Sang[33], l'Arabe[34], le Frison, le Pure race espagnole et le Lusitanien, Le Quarter Horse, le Percheron, le poney Fjord[35] et le poney Shetland[36].

Poneys

Article détaillé : Poney.
Les poneys, comme ce Dartmoor, se différencient souvent des chevaux par des caractères morphologiques spécifiques.

Le poney est un cheval de petite taille, souvent avec une conformation et un tempérament particuliers. Par rapport aux chevaux, ils présentent une crinière plus épaisse, une queue et un pelage plus fournis, ainsi que des jambes proportionnellement plus courtes, un corps plus large et une ossature plus lourde[37], bien que certains poneys puissent ressembler à des chevaux en modèle réduit. La Fédération équestre internationale (FEI) ne prend en compte que la taille pour définir un poney. Selon ses normes, tout cheval de moins d' 1,48 m au garrot (ou 1,49 m ferré) est classé « poney », afin de faciliter les compétitions officielles[38].

Il y a toutefois des exceptions à cette classification, comme le Camargue et l’Islandais, chevaux relativement petits, et le cheval miniature, qui malgré sa taille de 70 cm possède les caractéristiques extérieures d'un cheval.

Marronnage

Article détaillé : cheval sauvage.
Troupeau de mustangs au galop

Si certaines races de chevaux sont complètement inféodées à l'homme, d'autres demeurent capables de retourner à l'état sauvage et de former des troupeaux. C'est le cas des mustangs aux États-Unis et des brumbies en Australie, qui sont considérés comme invasifs et provoquent des dégâts importants sur la flore et les sols[39]. Seul le cheval de Przewalski est resté totalement sauvage[40].

Hybrides

Articles détaillés : génétique équine, mule, Bardot (équidé) et zébrule.
Un mulet, hybride né d'un âne et d'une jument.

Le cheval peut s'hybrider avec d'autres équidés, mais l'animal hybride est généralement stérile. Le produit d'un entier et d'une ânesse est un « bardot », celui d'un âne et d'une jument est un « mulet » ou une « mule »[41], celui d'une jument et d'un zèbre est nommé « zébrule ».

Robes et signalisations

Article détaillé : Robe du cheval.
Chevaux islandais aux robe variées, dont un rouan, un noir, un alezan et un gris au fond.

La couleur des poils et des crins du cheval constituent sa robe. Très variées, elles sont un moyen d'identification de chaque animal, aussi font-elles l'objet d'une classification règlementée et d'un vocabulaire précis. Le nom des robes est basé sur la couleur des poils et des crins[42], en ne comptant pas les poils blancs de la tête et des membres. Les plus courantes sont le bai, l'alezan et le gris.

Les épis sont des zones de directions irrégulières des poils, dont le nombre et les localisations sont relevés dans le signalement des chevaux, afin de permettre leur identification. Les chevaux possèdent parfois des marques blanches sur les membres ou sur la tête, dont la taille et la forme peuvent varier. Ce sont des facteurs d'identification, des termes précis existent pour les décrire[43]. La balzane est une marque blanche au bas des jambes, suivant sa taille et sa forme, elle porte un nom différent[44].

Éthologie et comportement

Article détaillé : Éthologie équine.
Les chevaux interagissent entre eux par des frottements et grattages réciproques.

L'éthologie équine est l'étude du comportement du cheval. Animal grégaire, le cheval vit en hardes d'une petite dizaine d'individus[45]. Il passe la majeure partie de son temps à se nourrir, et le reste à explorer son territoire, jouer et interagir avec les membres de son troupeau[46], tout en restant attentif à d'éventuels prédateurs. Il se rassure par des contacts physiques avec ses congénères, incluant des frottements et des grattages réciproques[47]. Paradoxalement, l'éthologie du cheval domestique est encore peu étudiée.

Organisation du groupe

Le groupe de compose d'un étalon protecteur (rarement deux), de trois à quatre juments — dont la plus âgée est souvent dominante et leader - et de leurs poulains sur deux ou trois ans, qui sont ensuite chassés par l'étalon, ou partent d'eux-mêmes pour créer leur propre harde et assurer leur descendance. En liberté, l'étalon se constitue un harem et se reproduit uniquement avec les juments de celui-ci. Si un autre étalon veut s'approprier le harem ou agrandir sa harde, il s'ensuit une bataille entre mâles pour la domination du troupeau. Elles peuvent être violentes mais sont très rarement mortelles. L'étalon vainqueur récupère la harde du perdant.

Communication

Hennissement du cheval

L'étude de la gestuelle, des mouvements d'oreilles et des attitudes de la tête permet de déterminer l'humeur du cheval. Il couche ses oreilles en arrière s'il est en colère, et les pointe vers l'avant s'il est attentif[48]. Ses lèvres sont souples et détendues s'il est calme, sa lèvre inférieure pend durant son sommeil, crispées elles montrent que l'animal est nerveux. La tête et l’encolure sont également très expressifs. Ses membres peuvent frapper le sol en cas d’impatience et de colère, voire d’énervement.

Sommeil

Le cheval ne dort pas toujours debout. Il se couche parfois « en vache », comme cette ponette grise, et s'allonge entièrement sur le sol pour les phases de sommeil paradoxal.

Comme la plupart des grands herbivores, le cheval dort peu, de trois à cinq heures par jour, en raison de sa vulnérabilité aux prédateurs[49]. La croyance bien connue selon laquelle il dort debout provient de sa capacité à bloquer ses jambes pour somnoler dans cette position. Il ne s'agit toutefois que de sommeil léger, pour ses phases de sommeil profond et de sommeil paradoxal, le cheval doit s'allonger entièrement. Dans cette position, il peut rêver[50].

Reproduction

Un poulain nouveau-né. Ses longues jambes lui permettent de courir peu après la naissance afin d'échapper aux prédateurs.
Articles détaillés : Reproduction du cheval et Poulain.

En liberté, le mâle manifeste son activité sexuelle dès l'âge d'un an à dix-huit mois[51], et la jument est apte à pouliner dès deux ans[52]. Sa durée de gestation est en moyenne de onze mois, soit 330 jours[53]. Elle donne naissance à un poulain à la fois, sauf exception. Celui-ci nait généralement au printemps, ce qui lui évite les grosses chaleurs de l'été et le froid de l'hiver, et lui permet de se nourrir d'herbe verte. Il peut marcher moins d'une heure après la naissance, et doit téter le colostrum de sa mère avant deux jours[54]. Il devient adulte de deux à cinq ans plus tard, suivant la race à laquelle il appartient.

En captivité, la fécondation de la jument se fait de plus en plus souvent par insémination artificielle en sperme congelé. Cette technique permet aux éleveurs de disposer facilement d'un large choix de géniteurs mâles pour leurs poulinières. Pour des raisons économiques, certains éleveurs recherchent une naissance précoce, au début de l'année, et parviennent à déclencher des chaleurs en jouant par exemple sur l'intensité de l'éclairage[55].

Allures et mouvements

Article détaillé : Allures du cheval.

Naturels

Les différentes façons dont le cheval se meut sont nommées allures. Tous les chevaux en possèdent naturellement trois. Le pas, la plus lente, est en quatre temps et correspond à une vitesse de 8 ou 9 kilomètre par heure. Le trot, allure intermédiaire et sautée à deux temps, permet habituellement d'atteindre une vitesse de 15 à 18 km/h[56]. Le galop, la plus rapide, est une allure en trois temps, basculée et sautée, permettant d'atteindre une vitesse moyenne de 20 à 25 km/h, jusqu'à 60 km/h chez le Pur Sang[57]. Certains chevaux sont capables d'aller l'amble, allure où les deux membres d'un même côté se déplacent simultanément[58].

Le cheval saute naturellement les obstacles qui se présentent à lui, et effectue parfois des sauts sur place[59]. Il connaît le cabrer et la ruade, mouvements qui témoignent généralement d'une volonté d'attaque ou de se défense de sa part[60].

Artificiels

Lipizzan exécutant une pesade.
Articles détaillés : Airs relevés et Rassembler.

Le dressage permet d'apprendre de nouveaux mouvements au cheval. L'apprentissage du rassembler est souvent nécessaire afin de les obtenir. Le pas espagnol est un pas lent caractérisé par une forte extension des membres antérieurs, le passage, un trot majestueux, et le piaffer, un passage sur place[61]. Le dressage classique inclut aussi des airs relevés travaillés à partir du cabrer et de la ruade, comme la levade, la croupade, la pesade et la cabriole[60].

Les allures peuvent présenter des irrégularités, telles l'aubin (mélange de trot et de galop) et le traquenard (trot désuni)[62].

Sens

Article détaillé : Sens du cheval.
Œil du cheval

Le cheval possède cinq sens, mais l'existence d'un sixième sens lui permettant de prévoir le climat ou un danger est souvent évoquée[63]. Les plus développés sont l'odorat, l'ouïe et le toucher. Sa vision est bichromatique[64], son angle de vue de 340 degrés, mais son acuité visuelle est moyenne à médiocre[65] bien qu'il voie très clair durant la nuit[66]. Son ouïe, très fine[67], lui permet de prévoir les tremblements de terre, de percevoir les ultrasons et de détecter les prédateurs[68]. Il possède un sens développé de l'odorat lui permettant entre autres de trouver de l'eau et de détecter une femelle en chaleur à 800 m[69], et un organe de Jacobson pour analyser les odeurs pendant le flehmen[70].

Le cheval est en principe peu attiré par le goût sucré, mais la fréquentation de l'homme l'y a habitué[71]. Il possède un sens du toucher très développé sur la tête et le dos, et peut faire frémir une partie de son corps afin de chasser les mouches qui s'y posent[72]. Son pied est sensible aux variations de pression. Ses lèvres sont entourées de poils sensibles appelés vibrisses, comparables aux moustaches du chat[73].

Alimentation et digestion

Article détaillé : Alimentation des équidés.

En liberté, les chevaux se nourrissent de végétaux (principalement d'herbe) et doivent avoir accès régulièrement à de l'eau. Lorsqu'ils sont mis au travail, leur alimentation est souvent complétée de granulés et de céréales telles que l'avoine.

Tempérament

Les chevaux dits « à sang chaud », comme ce Pur Sang, sont fins, vifs et nerveux

Les chevaux étant des mammifères, ils ont toujours le sang chaud biologiquement parlant. Les termes de « cheval à sang chaud », « cheval à sang froid », « proche du sang » et demi-sang (ou son équivalent « warmblood ») sont utilisés pour décrire le tempérament de l'animal, non la température de son corps.

Le races dites « à sang chaud » sont surtout d'origine orientale et incluent l'Akhal-Teke, le Barbe, l'arabe, le turkoman (maintenant éteint) et les Pur Sang développés à partir de ces derniers. Ils sont élevés pour leur agilité et leur vitesse, vifs, ils apprennent rapidement[74]. Physiquement raffinés, leur peau est mince, leur silhouette longiligne, et leurs jambes longues[75]. Ces races ont été importées en Europe depuis le Moyen-Orient et l'Afrique du nord lorsque les éleveurs souhaitèrent insuffler des qualités de vitesse et de vivacité aux montures de la cavalerie légère[74].

La plupart des chevaux de trait, puissants et musclés, sont « à sang froid ». Ils sont élevés à l'origine pour leur force, leur calme et leur patience, des qualités nécessaires pour tirer une charrue ou un lourd charriot rempli de passagers. Ils sont parfois surnommés les « doux géants »[76]. Les races les plus connues incluent le trait belge et le Clydesdale. Certains, comme le Percheron, sont un peu plus légers et vifs. D'autres, comme le lent et puissant Shire, sont créés pour labourer les champs aux sols lourds à base d'argile[76]. Les chevaux à sang froid regroupent aussi quelques races de poneys comme le Fjord[22].

Le demi-sang moderne est grand, mais agile et athlétique.

Les demi-sang (ou Warmblood) comme le selle français, le hunter irlandais, le trakehner ou le hanovrien, sont à l'origine des montures produites pour l'armée et issues du croisement de cheptels locaux à sang froid avec des chevaux à sang chaud, comme l'arabe ou le Pur Sang, afin d'obtenir un cheval ayant davantage de raffinement que le cheval de trait, mais aussi une plus grande taille et un tempérament plus calme que les chevaux de sang[77]. Certains poneys demi-sang ont été développés par croisement des cheptels locaux avec des chevaux de sang, par exemple le Connemara[78]. Désormais, les termes « demi-sang » et « warmblood » tendent à désigner un type spécifique de races qui dominent les sports équestres olympiques du dressage et du saut d'obstacles depuis les années 1970. Avant cette date, le terme français demi-sang) désignait tout croisement entre une race dite à sang froid et une race dite à sang chaud. Parfois, ce terme est utilisé pour faire référence à des races de chevaux légers autres que les Pur Sangs[79].

Intelligence et apprentissage

Au début du XXe siècle, Hans le malin le cheval « intelligent », a défrayé la chronique. Il interprétait en réalité les mouvements subtils de son public.

Par le passé, les chevaux ont souvent été considérés comme des animaux stupides et incapables d'abstraction, soumis à leur seul instinct grégaire. Depuis le début du XXe siècle, des études (et des faits comme l'affaire Hans le malin) ont mis en évidence leurs facultés cognitives dans la résolution d'un certain nombre de tâches quotidiennes, incluant la recherche de nourriture et la gestion de l'organisation sociale. Les chevaux sont également doués de bonnes habilités de visualisation spatiale[80]. Ils font preuve d'intelligence dans la résolution de problèmes, sont doués de facultés d'apprentissage et retiennent les connaissances qu'ils ont acquises. Leurs résultats sont excellents en apprentissage simple, les chevaux sont aussi capables de résoudre des problèmes cognitifs avancés qui impliquent la catégorisation et l'apprentissage de concepts. Ils répondent bien à l'habituation, à la désensibilisation, au conditionnement pavlovien et au conditionnement opérant. Leur renforcement peut être positif comme négatif. Une étude de 2009 suggère même que les chevaux sont capables de compter jusqu'à quatre[81].

Les chevaux domestiques tendent à savoir résoudre des problèmes plus complexes que les chevaux sauvages, parce qu'ils vivent dans un environnement artificiel qui inhibe leur comportement instinctif tout en apprenant des tâches non-naturelles[80]. Les chevaux sont, de manière générale, très sensibles aux habitudes. Ils répondent et s'adaptent bien mieux lorsque les mêmes routines et techniques sont utilisées de manière cohérente. Certains formateurs estiment que l'« intelligence » des chevaux est un reflet de celle de leur formateur, qui utilise efficacement les techniques de conditionnement et de renforcement positif pour former chaque animal à la manière qui correspond le mieux à ses inclinations naturelles. D'autres personnes qui travaillent régulièrement avec des chevaux notent que la personnalité peut aussi jouer un rôle pour déterminer comment un animal donné répond à des expériences diverses[82].

Le cheval et l'homme

Extrait du Larousse du cheval, 1983

En l'espace d'une génération, la civilisation du cheval vient de disparaître. Une civilisation quasi-universelle, dont l'origine se perd dans les millénaires, vient de mourir sans bruit, discrètement. [...] Il s'agit là d'une rupture décisive et irréversible dans l'histoire des sociétés[83].

L'alliance de l'homme et du cheval, animal qui a « sans doutes » le plus marqué l’histoire et les progrès de l'humanité[84], dure plusieurs millénaires[85] durant lesquels le cheval devient l’auxiliaire favori de l'homme[86] pour le transport, la guerre et le travail. La première rencontre entre l'homme et le cheval remonte peut-être à un million d'années, voire davantage, mais ces rapports demeurent ceux du prédateur et de la proie jusqu'à la domestication[87]. Le lien entre le cheval et l'homme est basé sur l'utilisation de la force musculaire de l'animal, au service des besoins humains[88]. Cette « exceptionnelle » association contribue significativement à l'évolution de la société, et se transforme radicalement au cours du XXe siècle dans la plupart des pays développés[87]. La place symbolique du cheval demeure néanmoins, à travers un grand nombre d'expressions populaires et l'utilisation de l'unité cheval-vapeur[88].

Domestication

Article détaillé : Domestication du cheval.

Plusieurs théories existent quant à la domestication du cheval. La découverte la plus récente la situe voici 9 000 ans, dans la péninsule arabique[89], mais n'a pas encore été validée. Auparavant, la date de 6 500 ans avant notre ère, dans l'actuel Kazakhstan[90], a été évoquée après celle, longtemps admise, de 5 500 ans avant notre ère, au sein de la culture Botaï, où des traces d'attelage et de collecte de lait de jument ont été retrouvées[91]. Le linguiste Winfred P. Lehmann soutient que le cheval est domestiqué depuis le VIIIe millénaire av. J.-C., près de la mer Noire[92]. D'autres théories évoquent le sud de la Russie, la Roumanie, ou l'Ukraine vers le IVe millénaire av. J.-C., pour l'hypothèse kourgane[93]. Une preuve irréfutable est l'utilisation de chariots funéraires dans la culture d'Andronovo, vers le IIe millénaire av. J.-C.[94].

La domestication est aussi étudiée sur la base de la comparaison entre le matériel génétique des chevaux actuels et celui des os et des dents de chevaux trouvés au cours de fouilles archéologiques et paléontologiques. Les variations constatées au niveau du matériel génétique semblent montrer qu'un nombre très réduit d'étalons sauvages, et par contre un nombre élevé de juments sauvages, seraient à l'origine du cheval domestique[95],[96],[97],[98],[99]. En effet, il y a très peu de variabilité génétique au niveau du chromosome Y, transmis de mâle en mâle (lignée paternelle), alors que la variabilité de l'ADN mitochondrial, transmis par les mères (lignée maternelle) aux petits de tous les sexes, est très importante[95],[96],[97],[98],[99].

Il existe aussi des variations régionales dans l'ADN mitochondrial, dues à l'inclusion a posteriori de juments sauvages parmi des hardes déjà domestiquées[97],[98],[99],[100]. Une autre conséquence de la domestication est une augmentation de la variabilité des robes[101], chez le cheval, cette variabilité augmente énormément entre 5000 et 3000 ans avant notre ère[102].

Antiquité

Article détaillé : Cheval dans l'Antiquité.
Mosaïque romaine d'une course de char, Sicile, IIIe/IVe siècle

En Europe, les Grecs, Romains et Byzantins utilisaient le cheval pour la guerre, les communications, le transport mais aussi les courses de chars. De leur côté, les Celtes vénéraient Épona, déesse des chevaux, dont le culte nous a été transmis du fait de son adoption par les troupes équestres romaines. Au Moyen-Orient, certaines tribus Perses semblent avoir sélectionné les pur-sang arabesModèle:Ref insuffisante, chevaux du désert, robustes et élégants, ils inventent aussi le polo. Lorsque les Hyksôs envahissent l'Égypte au XVIIe siècle av. J.‑C., les Égyptiens n'utilisaient les chevaux que pour des tâches civiles. La cavalerie, qui fera la puissance des pharaons du Nouvel empire, était alors du côté de l'ennemi et sera un facteur déterminant dans la défaite égyptienne. En Afrique, la cavalerie numide est une unité importante des armées carthaginoises lors des guerres puniques tandis que la cavalerie romaine était réputée médiocre.

En Asie, le plus ancien char hippomobile à nous être parvenu intact provient de la tombe de l'empereur Chinois Wu Ding, mort en 1118 av. J.-C. Le cheval était peu utilisé comme animal de trait dans l'agriculture mais les Chinois seraient à l'origine du collier d'épaule. Ils utilisèrent l'étrier au VIe siècle av. J.‑C., la cavalerie formant le gros des troupes chinoises. Le cheval (馬) sert de moyen de transport et de communication (coursier). Quand le jeu de polo perse arriva à la cour de l'empereur, tout le monde s'en éprit. Les Chinois ne faisant pas d'élevage permanent des chevaux, ces derniers restaient un produit de luxe importé du Moyen-Orient.

Au Japon, le cheval sert d'animal de combat, de coursier et au transport de marchandises, mais dans ce dernier cas il est guidé par des hommes à pied[réf. souhaitée], ce qui limite son potentiel. Des peuples d'Asie ont développé une unité militaire originale qui est l'archer à cheval.

Moyen Âge

Article détaillé : Cheval au Moyen Âge.
Joute bavaroise du XVe siècle
Arrivée des croisés à Constantinople

Au Moyen Âge, des types spécifiques d'animaux sont développés. Le destrier est le plus connu, à travers l'image d'un énorme animal bardé de fer associé à son chevalier en armure complète, mais la réalité historique est plus nuancée[103]. Les prestigieuses et puissantes montures de guerre portent le chevalier en armure, son armement, une large selle et son caparaçonnage[104],[105]. Le coursier, plus rapide, est également utilisé pour la guerre[106]. Les chevaux de prestige et de parade, dits « palefrois », sont réputés très coûteux[107], tout comme la haquenée, jument des dames fortunées. Le roussin, de moindre valeur, sert occasionnellement de monture aux chevaliers les plus pauvres ou de cheval de bât[106]. L'utilisation des chevaux de traction est accrue par la diffusion du collier d'épaule en Europe au XIIe siècle, permettant au cheval de trait de remplacer avantageusement le bœuf dans les exploitations agricoles[108]. Les chevaux médiévaux sont nommés d'après leur lieu d'origine, par exemple « cheval espagnol », mais ce terme se référait peut-être à plusieurs races[109]. D'importants progrès technologiques, comme l'amélioration des selles, l'arrivée de l'étrier, du collier d'épaule et du fer à cheval permettent des changements capitaux dans l'équipement équestre, pour la guerre et l'agriculture. L'Église interdit l'hippophagie en 732[107].

Au Moyen-Orient, les chevaux portent les cavaliers Islamiques jusqu'en Espagne et des échanges culturels ont lieu à l'occasion des croisades et des invasions maures. Huit croisades, entre 1097 et 1300, font se rencontrer deux cultures équestres radicalement différentes, les chevaliers chargeant lourdement et essayant de désarçonner leurs adversaires, les Bédouins cherchant à tailler l'ennemi en pièce[110]. En Asie, la cavalerie est la principale force des armées mongoles et tartares.

Renaissance et temps modernes

Les académies d'équitation privilégient le dressage du cheval. Ici un travail sur deux piliers
Article détaillé : Cheval à la Renaissance.

À l'arrivée de la Renaissance, l'invention de la poudre à canon entraîne la fin de la cavalerie lourde et une nouvelle sélection du cheval de guerre. Des académies d'équitation sont créées, d'abord en Italie, pour obtenir des chevaux plus maniables[104]. L'école espagnole de Vienne est construite dès 1572, et les Habsbourgs fondent le haras berceau d'élevage du Lipizzan à Lipica en 1580[111].

L'idée de mieux sélectionner les chevaux de guerre fait son chemin sous François Ier, et le 17 octobre 1665, Colbert ordonne la création des haras nationaux. Au XVIIIe siècle, la création de haras, d'écuries et d'écoles de dressage renforce la renommée des chevaux royaux, devenus plus légers et plus souples. À la veille de la Révolution française, l'État possède quinze haras nationaux et près de 750 reproducteurs. Ces haras sont supprimés par l'assemblée constituante en 1790[112].

Les Anglais croisent des chevaux pur-sang arabes et Barbes avec leurs espèces indigènes pour créer les Pur Sangs, fameux chevaux de course. Les premiers colons espagnols réintroduisient le cheval Barbe et andalou dans les deux continents américains. L'espèce y avait disparu depuis plus de huit millénaires. En 1519, Les conquistadores d'Hernán Cortés amènent avec eux onze chevaux et six juments[113] qui deviennent les premiers ancêtres des mustangs. Les Amérindiens n'ayant jamais vu ces bêtes, les conquistadores remportent de nombreuses batailles en passant pour des divinités. Cortez aurait déclaré : « Nous devons notre victoire à Dieu et à nos chevaux ». L'animal se répand rapidement, surtout en Amérique du Nord. Durant la conquête de l'Ouest, plusieurs centaines de milliers de chevaux sauvages peuplent le continent. Au XVIIIe siècle, les Amérindiens élèvent de grandes hardes de chevaux dont le nombre total dépasse les cent cinquante mille individus[réf. nécessaire]. À partir de ces mustangs dressés émergent la plupart des races américaines. Les Indiens Nez-Percés opèrent des sélections à partir des mustangs pour obtenir l'appaloosa.

Époque contemporaine

Article détaillé : Haras sous le Premier Empire.
Napoléon Ier avec ses généraux

Les chevaux jouent un rôle indispensable dans les conquêtes napoléoniennes, et les pur-sang arabes sont des montures de choix pour la cavalerie. Au XIXe siècle, des programmes d'élevage transforment les races équines locales et en créent de nouvelles pour les besoins de la cavalerie, parallèlement, de puissantes races de chevaux de trait sont sélectionnées. L'arrivée successive du chemin de fer, des transport motorisés et du tracteur agricole signent le glas de la traction hippomobile au cours du XXe siècle dans la plupart des pays développés[88].

Les cavaliers évoluent : militaires, agriculteurs, voyageurs et marchands laissent leur place aux cavaliers de loisir, souvent des citadins à la recherche de sensations et d'un contact avec la nature, et de sport. Parallèlement, l'équitation où dominait le machisme à l'époque militaire, se féminise totalement[88]. Désormais, seuls les peuples cavaliers, et notamment les Mongols dont les enfants apprennent toujours à monter avant de savoir marcher, prouvent encore à quel point l'utilisation du cheval a été primordiale et déterminante dans l'histoire de l'humanité[87].

Activités liées au cheval

Article détaillé : Métiers équestres.

De nombreux métiers existent autour du cheval[114]. Les deux principales utilisations historique du cheval sont celle de monture pour un cavalier, et celle d'animal de traction. Ces deux objectifs donnent lieu à une classification entre le cheval de selle et le cheval de trait.

Les cavaliers professionnels, jockeys et drivers montent des animaux en compétition, les moniteurs et accompagnateurs qui instruisent les nouveaux cavaliers et organisent les randonnées. Les éleveurs font naître et commercialisent des chevaux. Les cavaliers de spectacle, gardes républicains, entraîneurs, marchands de chevaux, vendeurs en écurie, loueurs d'équidés, auxiliaires de santé et la filière de la boucherie travaillent au quotidien avec ces animaux.

Certains métiers sont spécialisés dans les soins apportés aux chevaux, les Maréchaux ferrants s'occupent de la ferrure et des sabots, les palefreniers des soins quotidiens. Des métiers annexes concernent la confection et la vente d'outils et d'instruments spécialisés : les selliers-bourreliers confectionnent les selles et les brides.

Élevage et commerce

Article détaillé : élevage équin.

L’élevage de chevaux emploie environ 47 000 professionnels en France[115], dont 11 000 élèvent des chevaux de trait et n'ont souvent que deux ou trois juments.

Il existe trois filières pour le commerce des chevaux. La première est liée au monde des courses. Les chevaux naissent dans des haras spécialisés dans la sélection. Ils peuvent être mis en vente aux enchères, vendus et placés par leur propriétaire dans des haras qui se chargeront de les entraîner et de les faire courir. Après leur carrière, ils sont destinés ou non à la reproduction en fonction des résultats. Au milieu des années 2000, la valeur en France d'un foal destiné au galop de niveau moyen était de 25 000 € et 30 000 € en moyenne, mais entre 10 000 € et 20 000 € pour un trotteur. Les gains générés par les victoires aux courses peuvent être substantiels. Par exemple, le cheval appelé « Lawman » vendu yearling à un prix de 75 000 € en 2005 a rapporté 1 858 000 € à son propriétaire en 2007. Certains investisseurs créent des sociétés pour les acquérir et louent des places dans les haras pour les entraîner et les faire courir. Les meilleurs chevaux de plat se négocient à plusieurs millions d'euros.

Un cheval sans pedigree peut valoir moins de 1 000 € pour ces deux filières, parfois même des chevaux jugés mauvais sont vendus aux prix de la masse de viande (150 à 500 €) ; mais un cheval sans pedigree peut aussi être vendu à un prix aussi élevé qu'un cheval de grande filiation si on a détecté en lui de très grandes capacités.

La troisième filière concerne les animaux destinés au loisir, au tourisme ou aux travaux. Elle est plus traditionnelle et moins formalisée. Pour les mâles aux résultats sportifs remarquables, la semence pour l'insémination artificielle est une source de revenus non négligeable. Les chevaux des trois filières peuvent terminer leur vie aux abattoirs et être donc cédés à moins de 800 € en 2007. La vente pour cette fin est, selon certaines sources, essentielle à la pérennisation de l'activité des petits éleveurs et donc du maintien de la diversité.[réf. nécessaire]

Soins

Un vétérinaire prenant une Radiographie d'un antérieur
Articles détaillés : Soins des équidés, Médecine équine et Maréchalerie.

La valeur économique et affective des chevaux expliquent la diversité des soins qui leur sont prodigués, et les sommes que certains propriétaires peuvent dépenser pour leur cheval. Les palefreniers et les maréchaux-ferrants s'occupent de l'alimentation et des soins aux chevaux. Ces soins sont à pratiquer au quotidien (comme le pansage), ou en fonction des conditions climatiques, comme la tonte ou la douche. Les pieds doivent aussi faire l'objet d'un soin tout particulier. Ces derniers sont en effet graissés, parés et ferrés, si le travail quotidien de l'animal le nécessite. Lors de concours ou de compétitions, il peut aussi être amené à recevoir un toilettage particulier qui peut être complété par des nattes, voire, dans certains cas de rubans. Enfin l'entretien des boxes et des pâtures participe au bien-être des chevaux et à leur santé.

En 2004, 262 vétérinaires sont spécialistes équins en France[116]. Il existe également une recherche dans le domaine de la génétique équine. D'autres professions concourent aux soins médicaux. Les dentistes équins ont pour activité principale le limage des dents car celles du cheval poussent tout au long de sa vie. Les ostéopathes équins pratiquent une thérapie manuelle en appliquant les mêmes principes que l'ostéopathie pour l'homme. Les maréchaux-ferrants orthopédistes soignent certaines pathologies du pied en mettant des ferrures orthopédiques. Les palefreniers-soigneurs s'occupent des soins légers.

Il existe plusieurs techniques de relaxation telles que l'aromathérapie et la massothérapie. L'aromathérapie consiste à traiter un cheval à base d'huiles essentielles. L'aromathérapie est la base de la massothérapie. Dans cette dernière, on utilise souvent les huiles essentielles pour effectuer les massages. Dans le soin des blessures des jambes, l'hydrothérapie peut être utilisée, soit par massage par jet d'eau ou en faisant nager le cheval.

Travail

Cours de labour à Beaune

Le cheval est historiquement un animal de travail permettant le transport de passagers et la traction de matériel agricole. Au cours du XXe siècle, il est délaissé suite à la motorisation. Il disparait du paysage des villes face à la montée de l'automobile. Paris hébergeait plus de 50 000 chevaux au début du XXe siècle dont environ 10 000 dédiés au transport public. De nos jours, cette ville reste une des grandes capitales européennes où la circulation à cheval est interdite sauf par dérogation. Certaines races de cheval de trait ont failli disparaître avec la fin du halage et la mécanisation de l'agriculture.

Certaines utilisations traditionnelles du cheval ont toujours continué par tradition plus que pour des raisons économiques comme la surveillance de troupeaux en Camargue. En France, après avoir été délaissé en tant qu'outil de travail, le cheval est de nouveau employé dans de nombreuses tâches dans le cadre d'une société qui se veut davantage sensible à l'écologie. Le cheval passe à des endroits difficilement accessibles au tracteur et n'endommage pas le sol. Le débardage est en développement grâce à un bon rapport rendement/coût dans certaines configurations de terrain. Exemple de lieux de débardage en France : bois de Vincennes (Paris), parc de La Courneuve (La Courneuve, Seine-Saint-Denis), parc de Saint-Cloud (Saint-Cloud, Hauts-de-Seine), etc. Longtemps associé à une image de sous-développement, le labour du sol par traction équine reprend de l'ampleur en particulier en viticulture. Cette pratique est tout particulièrement respectueuse des terroirs en limitant les tassements de sol dus au poids des engins agricoles motorisés, elle s'inscrit donc idéalement dans une démarche de développement durable[117].

Le cheval est utilisé par des unités de recherche et de sauvetage aux victimes au Canada. Le ramassage des ordures avec un cheval de trait est une utilisation anecdotique, mais réelle comme à Trouville (Calvados, France).

Utilisation militaire

Police montée anglaise
Article détaillé : Rôle du cheval dans la guerre.

Outre la traditionnelle Garde républicaine qui, outre ses missions de représentation, assure des patrouilles montées dans des massifs forestiers ou jardins, il existe un renouveau des unités montées de police ou de gardien d'espaces verts. Un agent à cheval a une capacité de déplacement accrue, bénéficie d'une vision haute et dégagée, inspire le respect et rentre plus facilement en contact avec la population par l'intermédiaire de sa monture. Exemples de police montée : Gendarmerie royale du Canada (GRDC ou GRC), police montée à La Courneuve (Seine-Saint-Denis, France), à Orléans (Loiret, France), etc.

Équitation éthologique

Cheval de dressage sur une reprise

L'équitation éthologique est une méthode pédagogique de dressage nouvelle s'inspirant largement de l'éthologie équine. Certains dresseurs de chevaux s'en réclament et donnent des cours de « dressage éthologique ». Ces dresseurs, les nouveaux maîtres, sont les disciples français des « chuchoteurs », traduction littérale de leur appellation anglaise, Horse whisperers. Les pionniers sont les américains Ray Hunt, Pat Parelli, Monty Roberts et Tom Dorrance[118].

Zoothérapie

Article détaillé : Hippothérapie.

Certaines associations utilisent le cheval comme un intermédiaire qui contribue à la thérapie de personnes souffrant d'un handicap physique ou mental ou qui sont déstructurées socialement. Les mouvements du cheval contribuent à fortifier les muscles et l'équilibre du cavalier. Ce dernier est astreint à faire preuve d'attention et de raisonnement. Le cheval est également utilisé sans être monté. La thérapie consiste alors pour le patient à entrer en contact avec un animal et à interagir avec lui. Comme dans toute les zoothérapies, l'animal est un catalyseur social permettant par exemple de faire parler des vieillards qui ne parlaient plus depuis des années. Le pansage du cheval permet aussi de revalider autant que possible des articulations fatiguées. Ces associations nécessitent des compétences diverses comme des infirmiers, des médecins, des kinésithérapeutes, des assistants sociaux, des éducateurs, des moniteurs d'équitation et des chevaux adaptés à leur activité[119].

La Fédération Française d'Equitation(FFE) organise désormais des concours paraéquestre de dressage et d'obstacle grâce à une réglementation adaptée aux cavaliers handicapés[120].

Il existe même des championnats nationaux et internationaux tirant la pratique vers des niveaux impressionnants.[réf. souhaitée]

Sport et loisir

Concours de saut d'obstacles
Articles détaillés : équitation, sport équestre et sport hippique.

De nos jours, le cheval est généralement utilisé monté (équitation) pour le loisir (pony-games, balades et randonnées), dans les sports équestres(dressage, saut d'obstacle, hunter, cross, concours complet, voltige, TREC, équitation western), dans les sports hippiques et comme animal de spectacle. Il est aussi utilisé attelé que ce soit en loisir ou en sport. Le cheval est aussi parfois apprécié comme animal de compagnie (minichevaux). Il existe aussi des jeux par équipe : polo, polocrosse et horse-ball. Certains passionnés pratiquent et développent une équitation originale telle les joutes équestres, reproduction sécurisée des joutes moyenageuses ou encore le tir à l'arc à cheval, le yabusame.

Production de viande

Articles détaillés : Viande de cheval et Hippophagie.

La viande de cheval est une viande rouge appréciée dans certains pays mais considérée comme taboue dans d'autres, dont le Royaume-Uni et les États-Unis, et dans une moindre mesure la France. Cette aversion de l'hippophagie provient de son interdiction par les papes Grégoire III en 732 et Zacharie en 751, mais aussi du statut du cheval, proche désormais de l'animal de compagnie. En 2005, 24 460 tonnes de viande chevaline sont consommées en France, et il existe environ 1000 boucheries spécialisées[121].

Le cuir, le crin, le lait et l'urine du cheval sont également utilisés.

Le cheval dans la culture

Article connexe : Symbolique du cheval.

Depuis ses premières représentations sur les parois des grottes telles que la grotte de Lascaux, le cheval a toujours été présent dans la culture humaine, que ce soit par le biais de mythes et de légendes, d'œuvres d'art ou d'œuvres de fiction. L'animal possède une vaste symbolique et des histoires le mettent en scène dans des pays aussi éloignés que la Grèce antique, l'Inde, la France, l'Iran ou encore les Philippines. Des qualités particulières et des attributs fantastiques peuvent être associés à ces chevaux, souvent décrits comme les montures des rois, des prophètes et des héros.

Sacrifice et inhumation

Article détaillé : sacrifice du cheval.

Nombre de peuples indo-européens, tels les Germains et les Celtes[122], développent des cultes et des rituels liés au cheval et à son sacrifice. Certains trouvent leur explication dans les Brâhmana[123]. Ainsi, le rituel romain d'October Equus, impliquant le sacrifice d'un cheval en octobre, est rapproché du rituel indien ancien appelé ashvamedha. Les mythes indo-européens sont fortement influencés par la domestication du cheval. En Basse-Saxe et dans la lande de Lunebourg, on trouve encore beaucoup de maisons anciennes ornées de deux têtes de chevaux en bois : il s'agit peut-être là de la marque d'une tradition qui remonte aux temps où les têtes des chevaux sacrifiés étaient fixées sur les huttes pour protéger les habitants et bannir le mal[123]. Le cheval est également l'animal que l'on retrouve enterré avec l'Homme : un cimetière a été découvert en France avec des tombes d'hommes et de chevaux disposés volontairement dans certaines positions[123].

Mythes et légendes

Articles détaillés : Cheval dans la mythologie nordique et Cheval dans la mythologie celtique.
Bellérophon monté sur Pégase, v. 440 av. J.-C., musée du Louvre

Le cheval est très présent dans la mythologie grecque, notamment avec le fameux cheval ailé Pégase, et les Centaures, créatures mi-homme mi-cheval. Les cavales de Diomède sont des juments carnivores et sauvages capturées par Héraclès[124] ,[125]. Selon la tradition, Bucéphale, le cheval d'Alexandre le Grand, descendrait de l'une d'elles[126]. Chez les dieux grecs, le cheval est l'attribut de Poséidon, dieu des océans et des mers, qui l'a créé et a appris aux hommes à le monter[127]. Les chevaux du soleil tirent le char d'Hélios selon les anciennes traditions[128] et Ulysse fait construire le Cheval de Troie, un cheval de bois géant dans lequel il cache des soldats pour prendre la ville de Troie[129].

Les peuples celtes accordent une grande place au cheval à travers les déesses comme Épona, déesse-jument gauloise dont le culte a été reprit par les romains. L'intelligence et la férocité des chevaux de bataille est louée dans les épopées héroïques et la légende arthurienne. Certaines traditions perdurent jusqu'à nos jours, comme celle de la Kelpie, un cheval aquatique du folklore écossais qui transporte ses victimes dans l'eau. La mythologie nordique mentionne aussi un très grand nombre de chevaux dans les Eddas et les sagas, dont le plus célèbre est Sleipnir, l'étalon à huit jambes du Dieu Odin.

Dans la tradition chinoise, le cheval représente les nomades des steppes. Il est aussi le symbole des « barbares ». Les Chinois s'en servaient pour tirer les chars mais évitaient de le monter[réf. nécessaire]. Un signe zodiacal chinois correspond au cheval. En Inde, un des avatars de Vishnou est le cheval blanc, cet animal est aussi lié aux hymnes à Indra, divinité de la guerre. Une figure mythique du cheval est le qilin, décrit comme la licorne asiatique. Dans le légendaire coréen, Chollima est un cheval ailé trop rapide pour être monté.

Religions

Mahomet lors de l'épisode du Voyage Nocturne chevauchant le cheval Bouraq et entouré d'anges, dont l'archange Gabriel, à gauche.

Dans la religion chrétienne, les cavaliers de l'Apocalypse montent chacun un des quatre chevaux apparus à l'ouverture des quatre sceaux. Ils sont mentionnés dans la Bible, dans le 6e chapitre du Livre d'Apocalypse, qui prédit qu'ils chevaucheront lors de la fin du monde. Les quatre cavaliers sont nommés « Guerre », « Famine », « Pestilence » et « Mort ». Au Moyen Âge, l'image du cheval réapparaît à travers la licorne, animal fantastique et christique qui possède une longue corne sur son front. Saint Georges, martyr chrétien, est souvent représenté à cheval en train de terrasser un dragon. Il est le saint patron des chevaliers.

Selon certains contes, Allah crée le cheval à partir d'un pincée de vent et le donne au guerrier en lui déclarant : « Va et, sur son dos, tu goûteras aux jouissances que je te réserve dans mon paradis. »[130]. Kuhaylan est considéré comme étant le premier cheval dressé dans l'histoire de l'humanité pour les Arabes. Il appartient à Ismaël, fils d'Abraham. Les chevaux jouent un rôle important dans tous les textes fondateurs arabes. Ainsi, Al-Bouraq, dont le nom signifie « éclair », est le cheval ailé à tête de femme et queue de paon sur lequel Mahomet, guidé par l'archange Gabriel, voyage de nuit de La Mecque à Al-Aqsa (la mosquée lointaine) au cours du Miraj.

Arts

Cheval effrayé d'Eugène Delacroix
Tapisserie de Bayeux, datée du XIe siècle
Article détaillé : Cheval dans l'art.

Le cheval est très représenté dans l'art, tant en peinture qu'en statue. De nombreux peintres se sont pris de passion pour le cheval : en 1812, Théodore Géricault et son Officier chasseur à cheval, Eugène Delacroix et ses Chevaux arabes se battant dans une écurie en 1860, Auguste Rodin et Le cheval en 1864. La Tapisserie de Bayeux présente 202 chevaux. On trouve le cheval célébré en poésie chez Paul Verlaine, dans les Chevaux de bois (Bruxelles II ), ou Paul Fort et sa Complainte du petit cheval blanc, ou Jacques Prévert et son Cheval Rouge. Quelques chansons, dites populaires, ont glorifié le cheval : Stewball, d'Hugues Aufray, Le petit cheval de Georges Brassens, Saucisson de cheval no 1 de Boby Lapointe, Les chevaux de Jacqueline Dulac, La Ballade Du Cheval Mallet, de Tri Yann, Le cheval de Jacques Brel, Demandez à mon cheval (Florent Pagny).

Robert Doisneau photographia, en 1942, un cheval qui avait glissé sur le verglas et qui n'arrivait plus à se relever : Le cheval tombé.

Sculpture équestre

Article détaillé : statue équestre.

L'intérêt militaire du cheval a donné un genre d'art particulier : la statue équestre, qui représente de manière hagiographique un chef d'État, un chef militaire ou un héros. De par sa nature, elle ne peut être que très difficilement réalisée en pierre, le bronze est préférable, mais même dans ce métal, sa réalisation tient de la prouesse. La plus ancienne encore intacte est celle de Marc Aurèle, à Rome. La plus grande connue est celle du cheval de Léonard.

Littérature et œuvres audiovisuelles

Article détaillé : Cheval dans la fiction.
Europe
Don Quichotte et sa jument Rossinante.

Compagnon constant des héros, le cheval est plus rarement mis en scène pour lui-même. Miguel de Cervantes a créé Rossinante, la jument de Don Quichotte. Au XIXe siècle, Anna Sewell créé le premier roman animalier avec Black Beauty, narré par le cheval lui-même. À l'époque contemporaine, Jolly Jumper est la monture du personnage titre de la bande dessinée Lucky Luke. Crin-Blanc, chef d'un troupeau de chevaux de Camargue en liberté, est le héros du court métrage éponyme d'Albert Lamorisse, couronné du prix Jean-Vigo en 1953. Tornado est le destrier de Zorro. Gripoil (en version originale ShadowFax), est le cheval de Gandalf dans Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien. Ulysse, vieux cheval qui doit être livré à un picador dans les arènes d'Arles dans le film français d'Henri Colpi, Heureux qui comme Ulysse, avec Fernandel, dénonce le remplacement de l'animal par la machine. Le Cheval venu de la mer, film irlandais de Mike Newell, sur un scénario de Jim Sheridan, sorti en 1994 en France, met en valeur l'importance de l'animal en Irlande et dans les croyances populaires.

Amériques

Plusieurs chevaux illustrent les œuvres de fiction américaines. La série L’Étalon noir raconte les aventures de Black, un grand crack de course, et d'Alec son jeune jockey. Les aventures de Flicka sont racontées dans les romans de Mary O'Hara : Mon amie Flicka, Le Fils de Flicka et L'Herbe verte du Wyoming. Une autre cheval de fiction américaine est Mister Ed, « le cheval qui parle », héros de série télévisée des années 1960. Pilgrim est le cheval de la jeune Grace, 14 ans, dans L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, le best-seller de Nicholas Evans qui donné le film de Robert Redford. Hidalgo est un mustang qui participe à une grande course en Arabie, et que Joe Johnston met en scène en 2002.

Chevaux célèbres

Certains chevaux sont rentrés dans la postérité et leur nom est devenu célèbre. Ils peuvent l'être grâce à la notoriété de leur propriétaire, tandis que d'autres ont brillé par leurs performances. Enfin, quelques-uns possèdent des particularités physiques.

Bucéphale, cheval d'Alexandre le Grand. Incitatus, que Caligula nomma consul. Roan Barbary, cheval du roi Richard II d'Angleterre. Old Billy, le plus vieux cheval, né en 1760 et mort le 27 novembre 1822, à l'âge de 62 ans[131]. Nickel, Le Vizir et Marengo, chevaux de Napoléon 1er. Serko, cheval ayant traversé 9 000 km dans l'Empire russe en deux cents jours et qui a inspiré un roman et un film. Isham, cheval blanc de Buffalo Bill. Iris XVI, cheval du maréchal Leclerc et fusillé pendant la Seconde Guerre mondiale pour acte de résistance car il a tué un officier allemand.

Chevaux de course

Article détaillé : Liste de chevaux de course.
Statue de Seabiscuit devant l'hippodrome de Santa Anita en 1942

Bellino II, première grande star du trot français, au palmarès exceptionnel (3 Prix d'Amérique, 3 Prix de Cornulier, 3 Prix de Paris...)[132]. Général du Pommeau, qui a disputé les plus grandes courses françaises et européennes. À Vincennes, sa plus grande victoire reste le Prix d'Amérique de l'an 2000, remporté dans la réduction kilométrique de 1 min 12 s 60 centièmes. Ourasi, quadruple vainqueur du Prix d'Amérique (record)[133]. Varenne, record du monde des gains pour un trotteur (6 035 666 €)[134]. Jag de Bellouet, record des gains pour un trotteur français (4 223 699 €)[135]. Persik, prestigieux étalon qui a gagné un nombre impressionnant de courses d'endurance et père de nombreux gagnants en raids nationaux et internationaux, mort à 32 ans le vendredi 24 août 2001. Seabiscuit, cheval américain de course dont les victoires inattendues ont redonné l'espoir à des millions de personnes durant la Grande Dépression.

Chevaux de sport

Jappeloup de Luze, médaillé d'or de saut d'obstacles aux Jeux olympiques de Séoul en 1988 sous la selle de Pierre Durand. Milton, cheval de John Whitaker, au palmarès exceptionnel et considéré par beaucoup comme le meilleur cheval de saut d'obstacles de tous les temps. Huaso, pur-sang chilien détenteur du record du monde de hauteur en saut d'obstacles depuis 1949 avec 2,47 m.

Chevaux de spectacle et autres

Certains chevaux accèdent à la célébrité grâce au spectacle ou à un physique particulier, comme Stormy, une femelle zébrule issue du croisement d'un zèbre et d'un cheval, dressée grâce aux méthodes éthologiques d'Andy Booth, ou encore Tritonis, le plus grand pur-sang anglais, mort en septembre 1990 à l'âge de sept ans, qui mesurait 1,98 m et pesait 950 kg[131]. Templado est un cheval lusitanien du spectacle équestre Cavalia, réputé pour son allure et son immense crinière, et Zingaro, un cheval frison noir ayant appartenu à Bartabas, qui a donné son nom à la troupe. Black Beauty est le cheval ayant joué dans la série Les Aventures de Prince Noir.

Notes et références

Notes

  1. Le roumain cal renvoie évidemment à caballus. Or la séparation linguistique de la Dacie avec le reste de l'Empire romain date de 271 après J.-C.
  2. Il s'agit de Thumbelina, une jument miniature américaine.
  3. Il s'agit de Sampson, cheval anglais de race Shire
  4. Comme Genequs, qui comptait en 2007 plus de 210 000 chevaux toutes races confondues, et qui remonte pour les plus anciennes inscriptions à 1764

Références

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Annexes

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Articles connexes

Liens externes

Références taxonomiques

Bibliographie

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  • Les Chevaux du monde, Atlas Nature, 2004 (ISBN 2723432203) 
  • Collectif, Les plus beaux chevaux du monde, Atlas, coll. « Atlas Nature », mai 2005 (ISBN 2723451402) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
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