Mormoiron


Mormoiron

44° 04′ 07″ N 5° 11′ 02″ E / 44.0686111111, 5.18388888889

Mormoiron
L'église et son clocher
L'église et son clocher
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Mormoiron
Code commune 84082
Code postal 84570
Maire
Mandat en cours
Gérard Bagnol
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes des Terrasses du Ventoux
Démographie
Population 1 849 hab. (2008)
Densité 74 hab./km²
Gentilé Mormoironnais, Mormoironnaises
Géographie
Coordonnées 44° 04′ 07″ Nord
       5° 11′ 02″ Est
/ 44.0686111111, 5.18388888889
Altitudes mini. 179 m — maxi. 450 m
Superficie 25,03 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Mormoiron est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Mormoironnais.

Sommaire

Géographie

Le village vu de la route dîte de l'embranchement

La commune de Mormoiron est située à 12 kilomètres à l'est de Carpentras. Jûchée sur une colline, entourée de vignes, la commune occupe une place centrale au sein du Comtat Venaissin.

Position géographique entre le Mont Ventoux, Carpentras et Avignon, proche des Gorges de la Nesque.

Accès

Panneaux de signalisation

À 15 km de Carpentras et 35 km d'Avignon.

Au sud du village passe la route départementale 942 qui relie Mazan à l'ouest à Villes-sur-Auzon à l'est. L'on accède au village depuis celle-ci par une route au tracé perpendiculaire, route dîte « de l'embranchement ».

L'autoroute le plus proche est l'autoroute A7 et la gare TGV celle d'Avignon.

Relief

Dominé par le Mont Ventoux, le village est installé sur le flanc ouest et sur le plateau d'un mamelon inaccessible à partir des autres versants[1].

Géologie

Sur le sol de la commune affleurent sable, ocre et gypse. Formé à la suite des tectogenèses pyrénéo-provençale et alpine, ce site a été dénommé « bassin de Mormoiron » par les géologues. Il présente des formations oligocènes exceptionnelles. L'oligocène inférieur peut y être subdivisé en deux ensembles. Dans la partie inférieure qui se situe au centre et au nord du bassin, se trouve un complexe détritique argileux vert, dit « de Mormoiron » avec des smectites aluminoferrifères. Sur la partie supérieure, il se change en un complexe calcaréo-dolomitique blanc à gypse, sépiolite et smectites magnésiennes. Dans sa partie méridionale, la présence de calcaires fossilifères (potamides aporoschema Fontannes et charophytes) permet de dater les couches précédentes.

Dans le secteur oriental du bassin, l'oligocène moyen est constitué de faciès calcaréo-dolomitiques à gypse dissous recélant des fossiles caractéristiques de cette formation (tympanotonos labyrinthus et brotia lauræ). Il est recubvert par un ensemble sablo-argileux à paléosols[2].

Hydrographie

Étang de Mormoiron, dit le Plan d'eau des Salettes (retenue collinaire).

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Le site de la commune fut occupé durant la période acheuléenne comme en témoignent les bifaces trouvés sur le site des Sablons (- 100 000 ans). Au VIe siècle avant notre ère, ses habitants commercèrent avec les phocéens de Massalia ainsi qu'en témoignent poteries et céramiques découvertes sur les stations de la Grange-Neuve et de Brissac[3].

La colonisation romaine a laissé une forte empreinte : autel à Mercure, numéraire d'Auguste et de Trajan, tombes à incinération avec mobilier, vases lacrymatoires et céramiques sigillées[1].

Moyen Âge

Les plus anciens seigneurs sont les Isnard et Latil, dit de Mormoiron[1]. En 1204, le village est nommé de Mormorone[4]. Sept décennies plus tard, en 1274, le Comtat Venaissin, ayant été attribué à Rome, le pape Grégoire X demanda aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem de protéger ses nouveaux états et nomma, le 27 avril, Guillaume de Villaret, qui était grand prieur de Saint-Gilles en Languedoc, recteur du Comtat. Immédiatement, l’hospitalier se rendit sur place et fit contrôler par ses gens d’armes toutes les places du Venaissin en installant deux chevaliers dans chaque castrum. C'est de cette période que date la « Tour du Bœuf », près de Notre-Dame des Anges[3].

Sous la papauté d'Avignon, ce fief devint celui de la Révérende Chambre Apostolique - le ministère des finances pontificales - et Clément VII en fit le chef-lieu d'une viguerie. L'installa tion du viguier, de son greffier et de son trésorier eurent lieu les 12 et 16 avril 1379[5].

Renaissance

Durant les guerres de religions, en 1563, la commune fut investie par les protestants. Les catholiques la reprirent cette même année[4]. Pour récompenser une des capitaines pontificaux, Durand de Pontevès, dont le zèle lui avait valu le surnom de « Cavalier de la Foi », le pape Pie IV, lui inféoda la commune en 1569. En dépit des protestations du Conseil de Ville, il ne céda pas et ce fut un de ses successeurs, Grégoire XIII, qui révoqua l'inféodation moyennant 4 000 écus d'or à verser au sieur de Pontevès[6]. Dans cette période d'intense bouillonnement religieux, en 1618, l'Inquisition intenta un procès au dominicain Barthélemy de Crose pour sorcellerie[7]. Puis une épidémie de peste vint ravager le pays en 1630. Ce fut alors que de 1635 à 1752, le chapelle Notre-Dame des Anges accueillit treize ermites[8].

Ce fut lors de cette période troublée que furent reconstruit des remparts. Il en reste la « Porte du Brochier », datée du XVIe siècle et la « Porte de la Bonne Font » qui fut ouverte au XVIIe siècle[1].

Période moderne

Sous l'Ancien Régime, la commune ne formait qu'un seul territoire avec Flassan, ce fut en 1790, qu'eut lieu leur séparation[4].

Période contemporaine

C'est en 1929, qu'eut lieu la création de la coopérative vinicole dite « Cave Les Roches Blanches  ». Elle a été édifiée sur les plans de l'architecte G. Salomon[9]. La constitution de la « Communauté de communes des Terrasses du Ventoux  » date du 30 décembre 1992.

Héraldique

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Joucas

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'azur au mûrier arraché, accosté à dextre d'une lettre M capitale et à senestre d'une ruche, le tout d'or, au chef cousu de gueules chargé d'une clef aussi d'or posée en fasce.

Politique et administration

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Gabriel Chiarelli    
mars 2008 en cours Gérard Bagnol    
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Intercommunalité

Depuis le 30 décembre 1992, Mormoiron fait partie de la Communauté de communes des Terrasses du Ventoux avec quatre autres communes : Blauvac, Malemort-du-Comtat, Méthamis et Villes-sur-Auzon. C'est à Mormoiron que se trouve le siège.

Jumelages

Il ne semble pas y avoir de jumelage.

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[10] et Cassini[11])

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 617 1 586 1 741 1 911 2 097 2 343 2 416 2 489 2 590
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 579 2 511 2 425 2 311 2 110 1 920 1 719 1 534 1 387
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 318 1 294 1 186 961 963 912 967 903 922
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008  
956 997 1 018 1 070 1 264 1 562 1 785 1 849[12]  

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Économie

Commerces de proximité, soin et artisanat lié au bâtiment.

Exploitation de carrières.

Tourisme

L'allée de platanes

Pour loger ses visiteurs, la commune dispose de divers gites, locations meublées et chambres d'hôtes, deux hôtels et un camping. Il existe un syndicat d'initiative[13].

Aménagement de l'étang de Mormoiron, plan d'eau où l'on peut se baigner, se restaurer et faire de la grimpe d'arbres.

Les touristes peuvent également effectuer un tour de caves dans différentes exploitations sachant que tous les vignobles de la commune de Mormoiron sont classés en ventoux (AOC).

Agriculture

Cave coopérative de Mormoiron

Depuis des siècles la qualité des vins de Mormoiron est reconnue. À tel point qu'au XVe siècle, les consuls désignèrent des « garde-vignes » qui, avant les vendanges, surveillaient nuit et jour le vignoble. En 1598, Horace Caponi, évêque de Carpentras, obligea le vicaire de la paroisse à lui céder sa dîme en raisins contre deux sommées (220 litres) de vin d'un autre terroir[8].

Les vignerons de la paroisse s'organisèrent en confrérie dès 1661 et la placèrent sous l'invocation de saint Marc. Les bénédictins desservant l'église paroissiale Saint-Laurent, en 1704, l'abbé de Cluny accepta d'abandonner sa dîme sur le vin à condition que les consuls fassent assurer le service divin[8]. Au XIXe siècle, la commune est décrite comme « riche en vin, céréales et un peu d'huile »[6].

Le vignoble de la commune a été classé en AOC, le 27 juillet 1973.

Article détaillé : Ventoux (AOC).

Équipements ou services

Gendarmerie, poste, assurance, banque, trésor public.

Éducation

Les habitants de la commune peuvent bénéficier des services d'une école maternelle, d'une école primaire et d'une crèche intercommunale - halte garderie[14]

Sports

Stade de football, terrain de basket, jeux de boules, centre de loisir[14]...

La proximité du mont Ventoux attire de nombreux cyclistes.

Santé

Pharmacie, kinésithérapeute, infirmières et dentiste[15].

Vie locale

Le village dispose des principaux commerces de proximité (boulangerie, boucherie, alimentation), de 2 bars et de 3 restaurants, une maison de la presse, un cinéma, de salons de coiffures, fleuriste et divers autres[16].

Plusieurs associations culturelles.

L'ADSL est accessible à Mormoiron depuis le 27 janvier 2005[17].

Foire et marché

D'avril à décembre, le dimanche, se tient le marché des producteurs[18] que l'on nomme : "Lou Pichoun Merca", le petit marché, en opposition avec le grand marché qui lui a lieu toute l'année le Mardi. En avril/mai, une foire aux asperges[18].

Culte

On trouve sur la commune de Mormoiron une église paroissiale Saint-Laurent et le Secours catholique.

Environnement

La Communauté de communes des Terrasses du Ventoux a compétence pour la collecte et le traitement des déchets des ménages et déchets assimilés, et la protection et la mise en valeur de l'environnement.

La commune dispose de 4 sites de tris sélectifs par points d'apport volontaire[19].

Lieux et monuments

Patrimoine civil

Place de la Fontaine sur le Cours
Vue générale du village
  • Maisons du XVIe siècle. La première se situe à côté de la mairie. L'étage est en encorbellement au-dessus de la rue sur des poutres en saillie supportées par des corbeaux dont l'un porte des initiales et la date de 1544. La seconde est à l'opposé. Autrefois épaulée d'une tour qui s'est écroulée au XXe siècle, le corps d'entré est sommé d'un fronton triangulaire et dans un cartouche se lit la date de 1550[20].
  • Tour de guet, XVIe siècle (inscription par arrêté du 13 septembre 1988)[21]
  • Tour découronnée, XVIe siècle (inscription par arrêté du 13 septembre 1988)[21]
  • « Cave Les Roches Blanches », 1929 (inscrite à l'Inventaire général du patrimoine culturel)[21]
  • Plusieurs anciennes belles fontaines.

Patrimoine religieux

Église paroissiale Saint-Laurent au début du XXe siècle
  • Église paroissiale Saint-Laurent (inscription par arrêté du 26 août 1988)[21]. Elle possède une abside romane dans laquelle est percée une étonnante fenêtre qu'avait déjà remarqué Jules Courtet en 1876. Guy-Gérard Durand signale qu'elle ne fut « redécouverte » qu'en 1974 lors de restaurations. Encadrée de colonnes torses, surmontée de deux chapiteaux historiés, elle est coiffée d'une archivolte en forme de mitre qui la rattacherait à l'art byzantin[22]. Le premier chapiteau représente un serpent, le second est orné d'une feuille d'acanthe. La dissimulation pendant un siècle de cette fenêtre serait due à la présence de symboles alchimiques : le serpent se mordant la queue serait l'Ouroboros, l'acanthe et son dessin géométrique la « spirale de l'art sacré ». Le premier symboliserait la rénovation de la matière, le second la matérialisation du Grand Œuvre[8].
  • Chapelle Notre-Dame-des-Anges (XVIe siècle) avec son curieux passage souterrain entre la nef et la sacristie[8].

Patrimoine environnemental

  • Étang de Mormoiron, retenue d'eau qui a été réalisée dans le cadre des retenues collinaires des « Terrasses du Ventoux ».

Musées

  • Musée de la paléontologie et la préhistoire. C'est l'un des plus riches du département sur la paléontologie et la préhistoire. Un fossile du paleotherium magnus y est exposé. Daté de - 38 millions d'années, il a été découvert dans les gypses du quartier du Limon. S'y ajoutent, les bifaces acheuléens du site des Sablons (- 100 000 ans) ainsi que les poteries et céramiques phocéennes de Massalia mises à jour sur les stations de la Grange-Neuve et de Brissac[3].
  • Musée de la musique mécanique, à l'entrée du village[23].

Personnalités liées à la commune

Notes et références

  1. a, b, c et d Robert Bailly, op. cit., p. 289.
  2. (fr) Géologie de Mormoiron
  3. a, b et c Jean-Pierre Saltarelli, Côtes-du-ventoux. Origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, Éd. Barthélemy, Avignon, 2000, chapitre « Mormoiron », p. 126, (ISBN 2879230411)
  4. a, b et c (fr) Mormoiron sur guide-paca.com
  5. Robert Bailly, op. cit., p. 290.
  6. a et b Jules Courtet, op. cit., p. 236.
  7. (fr) fiche résumé de La rumeur de Mormoiron: comment naît une accusation de sorcellerie en 1618
  8. a, b, c, d et e Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 129.
  9. (fr) Mormoiron sur actuacity.com
  10. (fr) Mormoiron sur le site de l'Insee
  11. (fr) Mormoiron sur le site de Cassini
  12. (fr) Populations légales 2008 de la commune de Mormoiron, INSEE
  13. (fr) L'hébergement à Mormoiron
  14. a et b (fr) éducation et sport sur le site officiel
  15. (fr) Page santé sur le site officiel
  16. (fr) "vie locale" sur le site officiel de la commune
  17. (fr) infos de Mormoiron, site communal
  18. a et b Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 130.
  19. (fr) « Propreté » à Mormoiron, site communal
  20. Robert Bailly, op. cit., p. 291.
  21. a, b, c et d (fr) Monuments de Mormoiron
  22. a et b Jules Courtet, op. cit., p. 237.
  23. (fr) Musée de la musique mécanique

Pour approfondir

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Bibliographie

  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Avignon, 1876.
  • Guy-Gérard Durand, Mormoiron, un village comtadin, Éd. Bathélemy, Avignon, 1984.
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, Éd. A. Barthélemy, Avignon, 1986. (ISBN 2903044279)

Articles connexes

Liens externes


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