Affaire Pie XII

Pie XII

Pie XII
Pape de l’Église catholique romaine
Image du pape Pie XII
Opus iustitiae pax
Armoiries pontificales de Pie XII
Nom de naissance Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli
Naissance 2 mars 1876
à Rome, Italie Italie
Élection
au pontificat
2 mars 1939 (63 ans)
Intronisation: 12 mars 1939
Fin du
pontificat :
9 octobre 1958 (82 ans)
Prédécesseur : Pie XI
Successeur : Jean XXIII
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Listes des papes : chronologie · alphabétique
Projets Catholicisme et Histoire · Modèle

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli (Rome, 2 mars 1876Castel Gandolfo, 9 octobre 1958), élu pape le 2 mars 1939 sous le nom de Pie XII (en latin Pius XII, en italien Pio XII).

Sommaire

Jeunesse

Eugenio Pacelli naît à Rome dans une famille de la noblesse d'Église très liée, depuis le XIXe siècle, au Saint-Siège. Ce milieu, que l'on appelle la « noblesse noire », se caractérise par une fidélité absolue envers la papauté pendant les presque 60 ans que dure la Question romaine, jusqu'à la signature des accords du Latran. Le grand-père d'Eugenio Pacelli, Marcantonio Pacelli, a été secrétaire à l'Intérieur sous le pontificat de Pie IX de 1851 à 1870 ; il a été l'un des fondateurs du journal officiel du Vatican, L'Osservatore Romano, en 1861. Son père, Filippo Pacelli (1837-1916), est avocat à la Rote romaine puis avocat consistorial ; il se montre défavorable à l'intégration des États pontificaux au royaume d'Italie. Sa mère, Virginia Graziosi (1844-1920) vient d'une famille distinguée pour ses services rendus au Saint-Siège. Enfin, son frère, Francesco Pacelli, docteur en droit canon et juriste du Saint-Siège, sera l'un des négociateurs des accords du Latran en 1929.

Eugenio Pacelli fait ses études au lycée Visconti, un établissement public. Il entame en 1894 des études de théologie à l'Université grégorienne, comme pensionnaire du Collège Capranica. De 1895 à 1896, il effectue une année de philosophie à l'université romaine de La Sapienza. En 1899, il rejoint l'institut Apollinare de l'université pontificale du Latran, où il obtient trois licences, l'une de théologie et les autres in utroque jure (« dans les deux droits », c'est-à-dire droit civil et droit canonique). Au séminaire, pour des raisons de santé, il échappe au lot commun et obtient de rentrer chaque soir au domicile parental.

Il est ordonné prêtre le 2 avril 1899 par Mgr Francesco di Paola Cassetta, un ami de la famille.

Carrière à la Curie

En 1901, il entre à la Congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires, chargée des relations internationales du Vatican, suite à la recommandation du cardinal Vannutelli, ami de la famille. Il y devint minutante. Pacelli assiste au conclave d'août 1903, qui voit l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier porter la dernière exclusive contre le cardinal Rampolla. En 1904, il est nommé par le cardinal Gasparri secrétaire pour la Commission pour la codification du droit canonique. Il devient également camérier secret, signe de confiance de la part du pape. Il publie une étude sur La Personnalité et la territorialité des lois, spécialement dans le droit canon, puis un livret blanc sur la séparation des Églises et de l'État en France. Pacelli doit décliner de nombreuses offres de chaires de droit canonique, aussi bien à l'Apollinaire qu'à l'université catholique de Washington. Il accepte cependant d'enseigner à l'Académie des nobles ecclésiastiques, vivier de la Curie romaine. En 1905, il est promu prélat domestique.

Ses promotions :

  • en 1911, il devient sous-secrétaire aux Affaires ecclésiastiques extraordinaires ;
  • en 1912, Pie X le nomme secrétaire adjoint, puis secrétaire le 1er février 1914. Il conserve ce poste sous le règne de Benoît XV et assume alors la tâche de promouvoir la politique du pape pendant la Première Guerre mondiale. En particulier, il tente de dissuader l'Italie d'entrer en guerre ;
  • en 1915, il voyage à Vienne et travaille en collaboration avec Mgr Scapinelli, nonce apostolique à Vienne, pour convaincre l'empereur François-Joseph de se montrer plus patient à l'égard de l'Italie. De la sorte, l'Italie n'entrerait pas en guerre contre les puissances centrales (Autriche-Hongrie et Allemagne).

Nonce apostolique

Le 20 avril 1917, Benoît XV nomme Pacelli nonce apostolique en Bavière, – Munich est alors l'unique représentation pontificale de l'Empire allemand. Trois jours plus tard, le nouveau nonce est nommé archevêque in partibus de Sardes.

Il est sacré évêque dans la chapelle Sixtine, des mains du pape Benoît XV, le 13 mai 1917, jour même des apparitions de la Vierge à Fatima.

Il commence par œuvrer à la réception de la note du 1er août 1917, de Benoît XV, mais n'obtient que des résultats décevants. Il s'efforce également de mieux connaître l'Église catholique allemande, visitant les diocèses et assistant aux principales manifestations catholiques, comme le Katholikentag. Il prend à son service l'allemande sœur Pasqualina, qui restera sa gouvernante jusqu'à la fin de sa vie. Parallèlement, il prend connaissance des discussions entre le Vatican et l'URSS. Il relaie des propositions soviétiques pour l'organisation du catholicisme. En 1926, il consacre évêque le jésuite d'Herbigny, chargé de constituer un clergé en Russie.

Depuis 1919, la nonciature en Bavière était reconnue compétente pour l'ensemble du territoire allemand. Le 23 juin 1920, une nonciature en Allemagne est créée. Pacelli y est transféré en même temps qu'il reçoit la nonciature de Prusse, double casquette purement formelle puisque le personnel et l'adresse sont les mêmes. Lorsque des troubles éclateront en Bavière, des révolutionnaires menaceront Pacelli de leurs fusils, ce qui entraînera son hospitalisation pour dépression nerveuse.

Afin de régulariser les relations entre le Saint-Siège et les autres États et d'y défendre les activités catholiques, il négocie plusieurs concordats avec différents pays : avec la Lettonie en 1922, la Bavière en 1924, la Pologne en 1925, la Roumanie en 1927. Il est accrédité à Berlin en 1920. En 1929, il écrit : « Ou bien je me trompe vraiment beaucoup, ou bien tout cela se terminera pas bien. Cet être-là est entièrement possédé de lui-même : tout ce qu'il dit et écrit porte l'empreinte de son égoïsme ; c'est un homme à enjamber des cadavres et à fouler aux pieds tout ce qui est en travers de son chemin - je n'arrive pas à comprendre que tant de gens en Allemagne, même parmi les meilleurs, ne voient pas cela, ou du moins ne tirent aucune leçon de ce qu'il écrit et dit. - Qui parmi tous ces gens, a seulement lu ce livre à faire dresser les cheveux sur la tête qu'est Mein Kampf ? »[1]. La même année, il signe un concordat avec la Prusse, est élevé à la dignité de cardinal avec le titre de cardinal-prêtre de Saints Jean et Paul et nommé cardinal secrétaire d'État. Il devient le principal collaborateur de Pie XI.

Secrétaire d’État

Le 20 juillet 1933, Pacelli signe le concordat avec Hitler qui régit les relations entre l'Église catholique et les autorités allemandes. En 1933, il signe également un concordat avec l'Autriche et, en 1935, avec la Yougoslavie.

Comme l'Allemagne nazie ne respecte pas le concordat, Pacelli envoie 55 notes de protestations au gouvernement allemand de 1933 à 1939. En mars 1937, il rédige avec Michael von Faulhaber, le cardinal-archevêque de Munich, le texte de l'encyclique Mit brennender Sorge qui condamne la divinisation de la race et le paganisme respectivement au fondement du mysticisme nazi et du national-socialisme. Le texte est lu en chaire dans les églises catholiques d'Allemagne ; des centaines d'arrestations suivent ; mais le concordat n'est cependant pas dénoncé.

En 1938, à la suite de l'approbation de l’Anschluss par l'épiscopat autrichien et à la demande du pape Pie XI, Pacelli demande au cardinal Innitzer, archevêque de Vienne, de rédiger une déclaration prenant position contre l'annexion. Le 6 mai, il s'exécute, écrivant dans l'Osservatore Romano, au nom de tous les évêques d’Autriche, que : « La déclaration solennelle des évêques autrichiens […] n’avait pas pour but d’être une approbation de quelque chose qui est incompatible avec la loi de Dieu » et que les gestes de sympathie de l'épiscopat autrichien à l'égard du régime hitlérien n'avaient pas été concertés avec Rome.

Pape

Le conclave

Pacelli est élu pape le 2 mars 1939, au troisième tour de scrutin. Le nouveau pape choisit le nom de règne de Pie XII (Pius XII), dans la continuité du pontificat précédent.

Il nomme le cardinal Maglione, ancien nonce à Paris, secrétaire d'État. Pie XII est le premier secrétaire d'État élu pape depuis Clément IX en 1667.

La guerre

1939

Le pontificat de Pie XII commence le 2 mars 1939 et son couronnement a lieu le 12 mars dans la basilique Saint-Pierre, soit trois jours avant l'invasion de Prague par les armées nazies. Quelques mois plus tard, éclate la Seconde Guerre mondiale.

L'attitude du Saint-Siège vis-à-vis du Troisième Reich et de la solution finale est empreinte d'une grande timidité, sinon d'ambigüité. La thèse de la complicité « délibérée » par antisémitisme n'est soutenue par aucune source, pas plus que celle de la résistance héroïque. L'examen des sources disponibles tend à accréditer celle d'une indécision oscillant entre une opposition prudente et discrète, une neutralité gênée et un double-jeu à la limite de la complicité passive qui tranche pour le moins avec l'opposition nette au régime communiste au pouvoir en Union soviétique. Il est en revanche très clair que l'information sur l'étendue de l'entreprise d'extermination est parvenue très tôt au plus haut de la hiérarchie catholique et que les condamnations publiques ont été très mesurées[2].

Si le Saint-Siège n'a pas une grande sympathie pour le régime fasciste, qu'il condamne officiellement en 1931 par l'encyclique Non abbiamo bisogno[3], il n'en accepte pas moins de négocier avec lui depuis qu'il a signé en février 1929 les accords du Latran, qui ont créé l'État l'indépendant du Vatican.

Bien que les archives vaticanes de cette période n'aient été publiées qu'en partie, on peut retracer les actions de Pie XII de 1939 à 1945.

Le Vatican, cerné par l'État mussolinien, voit ses moyens d'actions se réduire sans cesse. Pendant toute la durée de la guerre, l'administration papale sera surveillée par la police italienne, puis par la police allemande d'occupation. Les valises diplomatiques sont fréquemment fouillées ; les lignes téléphoniques sont mises sur écoute ; l'Osservatore Romano est censuré. Les allers et venues des diplomates et journalistes sont en outre étroitement surveillées. Il ne reste donc à Pie XII que Radio Vatican pour se faire entendre. Mais comme celle de Londres, cette radio sera vite brouillée en représaille des prises de positions contre les invasions nazies.

Après l'invasion de la Tchécoslovaquie le 15 mars 1939, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès.

Dans sa première encyclique, Summi pontificatus (20 octobre 1939), Pie XII déclare sa compassion avec la Pologne, et dénonce : « l'esprit de la violence et de la discorde verse sur l'humanité la sanglante coupe de douleurs sans nom. » En affirmant dans cette encyclique que « la Pologne a droit à la sympathie humaine et fraternelle du monde, et attend, confiante dans la puissante intercession de Marie Auxilium Christianorum, l'heure d'une résurrection en accord avec les principes de la justice et de la vraie paix », il suscite une réaction très vive des Nazis qui y voient une condamnation de l'invasion. Mais il surenchérit dans son message de Noël 1939 : « Nous avons dû, hélas ! assister à une série d’actes inconciliables aussi bien avec les prescriptions du droit international qu’avec les principes du droit naturel et même les sentiments les plus élémentaires d’humanité. Ces actes exécutés au mépris de la dignité, de la liberté, de la vie humaine crient vengeance devant Dieu. » [4] La réaction des Nazis est alors si violente que les évêques du pays supplient le pape de ne plus s'indigner de cette façon.[réf. nécessaire]

Il dénonce alors à nouveau le « culte de l'État » dans « les dictatures », dans la filiation de Mit Brennender Sorge. Il ne nomme ni Hitler ni Staline, et ce premier « silence » lui sera reproché[5]. Dans un numéro spécial de L'Osservatore Romano du 13 décembre 1981, Michele Maccarrone écrit : « Il est vrai que Pie XII, accusé d'être un pape diplomate, n'a pas pratiqué la grande diplomatie. Il ne s'est pas adressé aux belligérants pour exiger la fin des combats [...], il n'a pas excommunié, il n'a pas prononcé de condamnation solennelle à l'encontre des crimes et des criminels nazis. »

Le 26 décembre 1939, Pie XII condamne l'agression de la Finlande par l'Union soviétique[6] (alors alliée de l'Allemagne nazie).

1940

Le 18 janvier 1940, après la mort de 15 000 civils polonais, Pie XII déclare dans une adresse radiophonique que « l'horreur et les abus inexcusables commis contre un peuple sans défense sont établis par le témoignage indiscutable de témoins oculaires[7] ».

Le 4 mai 1940, le Vatican prévient la Hollande que l'Allemagne va l'attaquer le 10.

Après l'invasion de la Hollande et de la Belgique par les Allemands, le pape envoie un message de sympathie à la reine Wilhelmine des Pays-Bas, au roi Léopold III de Belgique et à la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg, en ne faisant mention que des malheurs qui accablent ces pays, sans jamais utiliser le terme « Invasion » et sans jamais ni dénoncer ni condamner directement l'envahisseur, pour limiter les représailles des Nazis. Mais quand Mussolini apprend l'existence de ces messages, il accuse le pape de prendre parti contre les alliés des Italiens et proteste officiellement auprès du Saint-Siège. Le ministre des Affaires étrangères du régime fasciste déclarera que « Pie XII était prêt à être déporté plutôt que de trahir sa conscience[8] ».

Au printemps 1940, un groupe de généraux allemands désireux de renverser Hitler et de faire la paix avec les Anglais approche Pie XII[9].

Pie XII choisit de maintenir l'Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des nazis et demandant de l'aide (plus qu'une déclaration publique qui ne ferait qu'aggraver les choses), il réplique par la voix de Mgr Tardini :

« 

Tout d'abord, il ne semblerait pas opportun qu'un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d'injustices. Non pas que la matière manque (…) mais des raisons pratiques semblent imposer de s'abstenir.

 »

Mgr Tardini ajoute qu'une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ». Pie XII précise lui-même :

« 

Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention — afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposé des limites dans nos déclarations.

 »

Au printemps 1940, le cardinal secrétaire d'État Luigi Maglione reçoit une demande du Grand Rabbin de la Palestine mandataire Isaac Herzog afin que le pape intercède en faveur des juifs lituaniens déportés par les Allemands[10]. Pie XII appelle Ribbentrop le 11 mars et proteste énergiquement contre le traitement des juifs[11],[12].

1941

Il semble clair que l'information sur l'étendue de l'entreprise d'extermination est parvenue très tôt au plus haut de la hiérarchie catholique. [13]. En 1941, le cardinal Theodor Innitzer informe le pape sur les déportations commises à Vienne[14].

En 1941, l'ambassadeur de l’État français au Vatican, Léon Bérard, s'inquiète de l'avis du Vatican sur le statut des juifs promulgué par le régime de Vichy. Le secrétariat d'État du Vatican confirme que la législation ne s'oppose pas à l'enseignement de l’Église[15]. Le nonce apostolique en France Valerio Valeri, « embarrassé » par ce blanc-seing pontifical accordé à la politique juive du régime de Vichy, vérifie l'information auprès du Vatican. Le secrétaire d'État Maglione confirme que c'est bien la position du Saint-Siège[16],[17],[18]. Mais dès 1942, le pape Pie XII fait officiellement savoir au maréchal Pétain par son nonce en France, Mgr Valerio Valeri, que le Saint-Siège désapprouve totalement les mesures prises par Vichy à l'encontre des Juifs.[19]

En septembre 1941 en outre, Pie XII s'oppose au code juif slovaque[20], qui, à l'opposé du statut des juifs français, interdit le mariage mixte[21].

En avril 1941, Pie XII accorde une audience privée à Ante Pavelić, nouveau dictateur de Croatie ne voulant pas d'une audience diplomatique qui reconnaîtrait de facto le régime. Une note du Foreign office britannique sur le sujet décrit Pie XII comme « le plus grand couard de l'époque[22] ». Cependant, le Vatican ne reconnaîtra pas le régime croate. Sans toutefois condamner publiquement les conversions forcées de Serbes par les Croates, il le fera dans une mémorandum daté du 25 janvier 1942 adressé à la légation yougoslave.[23]

En octobre 1941, Harold Tittman, délégué américain au Vatican demande au pape de condamner les atrocités commises contre les juifs ; la réponse du pape fait état de son souhait de rester « neutre[24] », réitérant par là la position du Vatican exprimée dès septembre 1940.[25]

Mais Pie XII condamnera néanmoins par la suite à travers son message radiodiffusé de Noël 1941 « l'oppression, ouverte ou dissimulée, des particularités culturelles et linguistiques des minorités nationales » ainsi que « l'entrave et le resserrement de leurs capacités naturelles » avec « la limitation ou l'abolition de leur fécondité naturelle »[26].

En 1941, Pie XII déclare que la condamnation du communisme exprimée dans Divini Redemptoris par Pie XI n'interdisait pas les catholiques américains de soutenir le prêt-bail accordé par les États-Unis à l'URSS, et soutenir ainsi sa lutte contre le Reich (puisqu'elle n'est plus l'alliée d'Hitler depuis que celui-ci a tenté d'envahir l'URSS le 22 juin 1941). [27]

1942

En mars 1942, Pie XII établit des relations diplomatiques avec l'Empire du Japon, puis avec la Chine nationaliste.

En mai 1942, l'ambassadeur polonais Kasimierz Papée s'étonne que le pape ne condamne pas les atrocités commises en Pologne.

En mars 1942, le chargé d'affaire slovaque apprend à Pie XII que le gouvernement slovaque planifie la déportation de 80 000 juifs en Pologne[28]. Le Vatican proteste auprès du gouvernement slovaque en « déplorant ces mesures qui enfreignent le droit des gens, du seul fait de leur race[29] ».

Le 18 septembre 1942, le pape reçoit une lettre de Monseigneur Montini (futur pape Paul VI) disant que « les massacres prennent des proportions effrayantes[30] ».

En septembre 1942, Myron Taylor, représentant des États-Unis à Rome, et ses homologues anglais, brésilien, uruguayen, belge et polonais préviennent que le « prestige moral » du Vatican est sévèrement compromis par sa passivité face aux atrocités[31], à quoi le cardinal Maglione répond que les rumeurs ne sont pas vérifiées.

Les représentants des puissances alliées, à l'appui de leur demande, font parvenir au Vatican le rapport qui leur est parvenu du bureau de Genève de l'Agence juive pour la Palestine.

Le 17 décembre 1942, toutes les nations alliées, condamnent officiellement l'extermination des juifs par les nazis et annoncent que les responsables n'échapperont pas au châtiment[32].

Le 24 décembre 1942, dans son message de Noël radiodiffusé, il évoque « les centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur lignage, sont destinées à la mort ou à un dépérissement progressif »[33] et appelle à la paix.

Le 25 décembre 1942, le New York Times publie un éditorial dans lequel il est écrit : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe ce Noël... Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le Continent européen qui ose tout simplement élever la voix[34]. »

Juste après Noël 1942, le représentant américain auprès du Vatican fait remarquer au Pape que le message papal de Noël 1942 ne pouvait répondre aux attentes. Le pape lui répondit que d'une part « il n'aurait pu, en parlant de ces atrocités, mentionner les nazis sans mentionner également les bolchévistes, et qu'à son avis, cela n'aurait sans doute pas plu aux Alliés. ... et que d'autre part « les récits des atrocités sont certes fondés, tout en m'indiquant par son attitude qu'à ses yeux, il y avait quelque peu d'exagération, voulue à des fins de propagande »[35].

En décembre 1942, Tittman suggère à Mgr Maglione de faire une déclaration similaire à la déclaration alliée German Policy of Extermination of the Jewish Race, qui lui répond que le Vatican « ne peut dénoncer publiquement des atrocités particulières[36] ».

1943

Le 2 juin 1943, dans un discours devant le collège des cardinaux, Pie XII exprime sa sollicitude envers ceux qui, à cause de leur nationalité ou de leur race, sont « livrés à des mesures d'extermination » dont il voudrait fustiger toute l'ignominie par le détail et en des termes plus forts, ainsi qu'il ressort des 124 lettres écrites aux évêques allemands pendant la guerre. Il fait cependant remarquer que « toute parole de notre part à l'autorité compétente, toute allusion publique doivent être sérieusement pesées et mesurées, dans l'intérêt même des victimes, afin de ne pas rendre leur situation plus grave et plus insupportable ». Les évêques hollandais en avaient fait l'expérience lorsque, en juillet 1942, ils avaient protesté contre la persécution des Juifs : aussitôt les Nazis ont organisé une fouille minutieuse des monastères et des couvents, menant à une rafle des très nombreux Juifs cachés là.

Le même jour, le pape ose une sortie sur la question polonaise : « le sort tragique du peuple polonais… le silencieux héroïsme de ses souffrances et sa place future dans une Europe refaite sur des bases chrétiennes et dans une assemblée d’États exempte des erreurs et des égarements du passé. » Ce texte est reçu avec ferveur par les Polonais, notamment par le cardinal Sapieha, archevêque de Cracovie, qui n’en demande pas plus par peur des représailles.

Le 26 juin 1943, Radio Vatican déclare que « Quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements de Dieu. La paix dans le monde, l'ordre et la justice seront toujours compromis tant que les hommes pratiqueront des discriminations entre les membres de la famille humaine. »[37] C'est une excommunication en règle. Le New York Times cite et acte ce message dans son tirage du jour suivant.

C'est ainsi encore que, devant les atrocités toujours plus nombreuses commises par la Gestapo et les S.S., le pape Pie XII laisse l'Osservatore Romano exprimer l'indignation universelle dans son numéro du 25 octobre 1943. Aussitôt les Allemands font saisir le journal dans les kiosques et menacent de reprendre les perquisitions dans les monastères pour y débusquer les Juifs cachés.

En septembre 1943, suite à l'occupation allemande de l'Italie du Nord, l'Église accorde le refuge à 477 Juifs à l'intérieur du Vatican et à 4 238 autres dans des monastères et couvents des environs[38].

Pie XII parle, mais surtout il agit. Fin 1943, le commandant des S.S. de Rome ordonne au chef de la communauté israélite de fournir 50 kg d'or dans les 24 heures sous peine de déportation immédiate de 200 autres Juifs (une grande rafle ayant déjà eu lieu le 16 octobre 1943). La collecte n'ayant réuni que 35 kg d'or, le grand rabbin de Rome reçoit du pape Pie XII les 15 kg manquants, réunis grâce à une collecte auprès des catholiques de Rome [39].

Pie XII n'avait pas attendu ce jour-là pour agir en faveur des Juifs. Il organisait, avec l'aide du clergé de Rome et des autres pays européens et d'Amérique latine (notamment la République dominicaine du général Trujillo), des réseaux pour faire échapper les Juifs aux griffes des Nazis. Par diverses filières, ils pouvaient ensuite gagner des pays neutres ou faisant partie de la conférence des Alliés [40].

1944

En mars 1944, par son nonce apostolique à Budapest, Angelo Rotta, le Vatican unit sa voix à celle du Roi Gustave V de Suède, de la Croix-Rouge, des États-Unis et de Grande-Bretagne pour protester contre les exactions contre les juifs hongrois[41] Pie XII envoie un télégramme le 25 juin au régent Miklós Horthy, lui demandant d'épargner les populations qui souffrent « en raison de leur origine nationale ou raciale » [42]. Les déportations cessent le 8 juillet 1944[43].

Le 29 novembre 1944, une délégation de 70 rescapés vient, au nom de la United Jewish Appeal (organisme dirigeant du mouvement sioniste mondial), exprimer à Pie XII la reconnaissance des Juifs pour son action en leur faveur.

Le 26 décembre 1944, Albert Camus reproche à l’Église dans Combat ses déclarations faites toujours a posteriori, lorsqu’elles ne servent plus à rien.


La conversion du grand rabbin de Rome

Le grand rabbin de Rome, Israel Zolli, se convertit à la religion catholique et entre dans l’Église avec sa femme et sa fille, le 13 février 1945, en choisissant pour prénom de baptême Eugenio, c’est-à-dire le propre prénom du pape. Il désire ainsi manifester l’importance qu’a eu le pape dans sa conversion, à commencer par son exemple de charité auprès des Juifs. Après sa conversion, on lui a souvent demandé s'il s'était converti par gratitude envers le pape Pie XII. Il a toujours répondu négativement, ajoutant toutefois: « On pourrait dire du règne de Pie XII qu'il est inspiré par les paroles du prophète Isaïe : « La paix est l'harmonie, la paix est le salut pour ceux qui sont proches comme pour ceux qui sont loin, je veux tous les guérir » (Is. 57, 19). L'Église catholique aime toutes les âmes. Elle souffre avec tous et pour tous ; elle attend avec amour tous ses enfants sur le seuil sacré de Pierre, et ses enfants sont tous les hommes… Il n'existe pas de lieu de souffrances que l'esprit d'amour de Pie XII n'ait atteint… Au cours de l'histoire, aucun héros n'a commandé une telle armée. Aucune force militaire n'a été plus combattante, aucune n'a été plus combattue, aucune n'a été plus héroïque que celle menée par Pie XII au nom de la charité chrétienne. »[44]

Le bilan de l'action du pape Pie XII durant la guerre

Selon l'historien israélien Pinchas Lapide, l'Église catholique a pu, par son action charitable, sauver d'une mort certaine environ 850 000 Juifs habitant les territoires occupés par le Troisième Reich[45]. Ce chiffre étonnant à première vue s'explique par le fait que Lapide considère en réalité que tous les Juifs qui ont survécu à l'Holocauste l'ont été par la charité chrétienne (des paroissiens, des religieux ou du pape). Il a donc retiré du nombre total de rescapés ceux qui l'ont été dans les terres orthodoxes, ainsi que les « revendications » protestantes, comme il les appelle, pour arriver à ce chiffre ; le 13 décembre 1963, Pinchas Lapide avait pourtant affirmé dans un article du Monde que ce chiffre était de 150 000 à 400 000[46].

Les ouvrages de Léon Poliakov

Le premier historien à se pencher sur l'attitude du pape durant la Seconde Guerre mondiale est Léon Poliakov, dans le cadre de ses travaux sur l'histoire de l'antisémitisme. On mentionnera en particulier son ouvrage Bréviaire de la haine. Le IIIe Reich et les Juifs, dans la préface duquel François Mauriac se désole déjà du silence gardé par le successeur de Pierre durant les sombres années du nazisme[47]. Le Bréviaire de la haine paraît en 1951 ; il a été réédité plusieurs fois, dont la dernière en 1993.

« Empressons nous de dire que, face à la terreur hitlérienne, les Églises déployèrent sur le plan de l'action humanitaire immédiate, une action inlassable et inoubliable, avec l'approbation ou sous l'impulsion du Vatican » note dans le Bréviaire de la haine Léon Poliakov, témoin direct de ces évènements tragiques.

Il poursuit cependant : « L'immensité des intérêts dont le Saint Père avait la charge, les puissants moyens de chantage dont disposaient les Nazis à l'échelle de l'église universelle, contribuaient sans doute à l'empêcher de prononcer en personne cette protestation solennelle et publique qui, cependant, était ardemment attendue par les persécutés. Il est pénible de constater que tout le long de la guerre, tandis que les usines de la mort tournaient tous fours allumés, la papauté gardait le silence. Il faut toutefois reconnaître qu'ainsi que l'expérience l'a montré à l'échelle locale, des protestations publiques pouvaient être immédiatement suivies de sanctions impitoyables [...] Qu'aurait été l'effet d'une condamnation solennelle prononcée par l'autorité suprême du catholicisme ? La portée de principe d'une attitude intransigeante en la matière aurait été immense. Quant à ses conséquences pratiques, immédiates et précises, tant pour les œuvres et institutions de l'Église catholique que pour les Juifs eux-mêmes, c'est une question sur laquelle il est plus hasardeux de se prononcer ».[48]

Lorsque les Juifs de Rome sont massivement déportés en octobre 1943, l'ambassadeur du Troisième Reich auprès du Vatican, Von Weiszäcker expédie une note à sa chancellerie, citée et reproduite par Poliakov dans le Bréviaire de la haine, où l'ambassadeur se félicite que « bien que pressé de toutes parts, le Pape ne s'est laissé entraîner à aucune réprobation démonstrative de la déportation des Juifs de Rome [...] Il a également tout fait dans cette question délicate pour ne pas mettre à l'épreuve les relations avec le gouvernement allemand »[49].

Dans un article intitulé « Le Vatican et la question juive », Léon Poliakov relève que le pape était plutôt « diplomate » (par opposition à son prédécesseur « militant »)[50]. En termes de « protestations publiques et de condamnations de principe, [...] rien de pareil à certaines manifestations de Pie XI (que l'on se souvienne du célèbre “nous sommes tous spirituellement des sémites...”) ne fut entrepris à Rome sous le pontificat de Pie XII[51]. » Ce qui n'a pas empêché Pie XII de tenter certaines actions : « Payant d'exemple, Pie XII mit personnellement plusieurs kilos d'or à la disposition de la communauté juive de Rome, lorsqu'une contribution exorbitante fut exigée de celle-ci en septembre 1943. Et tout au long des neuf mois que dura l'occupation allemande de Rome, des dizaines de Juifs romains trouvèrent abri et protection dans les édifices et bureaux du Vatican[52]. »

C'est ainsi qu'apparaît la tension entre les deux fonctions qu'occupait Eugenio Pacelli : d'un côté, il est le pape, à la tête de Église catholique romaine, vicaire du Christ sur terre, et de l'autre côté, il est évêque de Rome. Une fonction le pousse à prendre en compte avant tout les jeux diplomatiques, les intérêts économiques du Vatican, la peur d'une victoire du communisme, bref, l'évolution de la guerre à l'échelle mondiale, tandis que l'autre fonction l'amène à intervenir personnellement et à l'échelle locale de son évêché pour les hommes et les femmes dont la vie était en danger. On sait que finalement, bien que l'or ait été versé aux nazis, la déportation des Juifs de Rome eut lieu sans que rien ne l'arrête (voir la lettre de von Weizsäcker mentionnée ci-dessus).

Les ouvrages de Saul Friedländer

Les recherches de Léon Poliakov seront systématisées et approfondies par Saul Friedländer, qui lancera véritablement le mouvement des travaux de recherche historique sur la papauté durant le nazisme. Son ouvrage paru en 1964 aux éditions du Seuil, Pie XII et le IIIe Reich, va en particulier « confirmer scientifiquement les thèses de Hochhuth[53] ».

Dans son ouvrage en deux tomes L'Allemagne nazie et les Juifs[54], Saul Friedländer examine une nouvelle fois l'attitude de Pie XII face au IIIe Reich. Se demandant pourquoi Hitler n'a pas reculé dans ses plans d'extermination du peuple juif comme il l'avait fait pour l'élimination des « aliénés », S. Friedländer trouve « une seule réponse vraisemblable : Hitler et ses acolytes devaient être convaincus que le pape ne protesterait pas[55]. »

Dès le début de 1943, plusieurs rapports provenant de Rome confirmaient Berlin dans cette certitude : l'entretien de l'ambassadeur Bergen au cours duquel le pape s'engage à ne pas se mêler des actions allemandes sauf si des mesures étaient prises qui « le forceraient à parler pour remplir les obligations de sa charge » — tout en indiquant qu'il tolérerait quelques débordements qui seraient réglés après la fin de la guerre[56], motivé par sa crainte d'affaiblir l'Allemagne dans sa lutte contre le bolchévisme. En février-mars 1943, dans son journal intime, le ministre nazi de la propagande, Goebbels, identifie à trois reprises cette opposition entre nazisme et bolchévisme comme un atout dont son gouvernement doit se servir dans ses rapports avec la Curie[57]. Le 5 juillet 1943, à son arrivée au Vatican, le nouvel ambassadeur allemand Weizsäcker confirme les appréciations antérieures parvenues à Berlin : le pape lui réitère « son affection pour l'Allemagne et le peuple allemand, [...] parle de son expérience avec les communistes à Munich en 1919 [...] et condamne la formule absurde [des États-Unis] de « reddition sans condition » exigée [de l'Allemagne]. L'ambassadeur voit dans le discours du pape, selon ses propres mots, "la forme d'une reconnaissance des intérêts communs avec le Reich au moment où a été évoqué le combat contre le bolchévisme"[58]. »

Après la chute de Mussolini le 23 juillet 1943 et l'arrivée consécutive des troupes allemandes en Italie, la peur du communisme grandit au Vatican : le risque était là en effet que la résistance communiste prenne de l'ampleur et gagne en popularité puisqu'elle s'opposait désormais à des forces d'occupation étrangères. Weizsäcker informe ses supérieurs qu'il a eu connaissance de trois notes datée du jour de la chute de Mussolini et émanant de la curie, dans lesquelles le cardinal Maglione assure que « l'avenir de l'Europe dépend d'une résistance victorieuse de l'Allemagne sur le front russe. L'armée allemande est le seul rempart possible contre le bolchévisme. Si celui-ci s'écroule, le sort de la culture européenne est scellé[59]. » Concernant précisément Pie XII, l'ambassadeur allemand note le 3 septembre qu'un diplomate bien introduit dans la Curie lui a affirmé que « le pape condamnait tous les plans qui visaient à un affaiblissement du Reich. Un membre de la Curie dit que, de l'avis du pape, une Allemagne forte était absolument essentielle pour l'Église catholique[60]. »

À Berlin même, les échos venant de la hiérarchie vaticane sont similaires lorsque, au cours d'un entretien avec le secrétaire d'État allemand Gustav Adolf Steengracht von Moyland, le nonce Orsenigo se met à disserter de son propre chef sur la menace que le communisme fait peser sur le monde et sur le fait que seuls le Vatican au plan spirituel et l'Allemagne au plan matériel peuvent la contrer efficacement[60].

Ces messages constamment répétés, même s'ils sont un peu embellis par les émissaires allemands, conduisent Goebbels et Hitler, au cours d'une discussion qu'ils ont le 7 août 1943, à considérer que Pie XII, bien que véritable Italien et Romain, peut « être considéré à coup sûr comme un bon ami de l'Allemagne » où il a passé quatorze ans, et qu'il est clair qu'il préfère le national-socialisme au bolchévisme. « En tout cas, il n'a pas tenu de propos malveillants contre le fascisme ni contre Mussolini[61]. »

L’ouvrage du rabbin David Dalin

En 2005, paraît l'ouvrage Pie XII et les Juifs. Le mythe du pape d'Hitler écrit par le rabbin David Dalin. On y lit :

« Imputer la condamnation qui revient à Hitler et aux Nazis à un pape qui s’opposa à eux et était ami des juifs est une abominable calomnie. Quels que soient leurs sentiments vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s’approprie la Shoah pour l’utiliser dans une guerre des progressistes contre l’Église catholique[62]. »

L'ouvrage d'Annie Lacroix-Riz

En 1996, paraît l'ouvrage Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide écrit par l'historienne Annie Lacroix-Riz. On y lit :

« depuis 15 jours, le Times publie presque quotidiennement des lettres de protestation émanant des milieux les plus divers... en réaction à l'appel lancé fin août 1944 par Pie XII aux Londoniens et aux Anglais "pour les inviter au pardon des injures et leur demander de ne pas se venger de l'Allemagne des maux que celle-ci leur a infligés". »

Face au communisme

Au début de la guerre, les puissances de l'Axe tentent de lever le drapeau de la croisade contre l'URSS pour légitimer leur action. Mgr Tardini répond que « la croix gammée n'[était] pas précisément celle de la croisade. » En septembre 1944, à la demande de Myron Taylor, il rassure les catholiques américains, inquiets de l'alliance de leur pays avec les Soviétiques.

La fin de la guerre permet la pénétration du communisme en Europe de l'Est. Les rapports, inexistants durant la guerre, empirent. Les gouvernements liés à Moscou font fermer peu à peu les représentations du Saint-Siège. En 1952, le maréchal Tito rompt les relations diplomatiques avec le Vatican. L'arrestation brutale en 1948 du prince-primat de Hongrie, le cardinal Mindszenty, archevêque d'Esztergom, symbolise la tension entre les régimes communistes et l'Église catholique romaine. De même, Mgr Stepinac, archevêque de Zagreb et primat de Yougoslavie, subit l'emprisonnement et la torture. Mgr Beran, archevêque de Prague, se voit interdire d'exercer son ministère. Les Églises catholiques de rite byzantin d'Ukraine et de Roumanie sont incorporées de force dans des Églises indépendantes. Les gouvernements communistes accusent en effet le pape d'être le « chapelain de l'Occident ».

Le 1er juillet 1949, le Saint-Office excommunie globalement les communistes. Pie XII y fait allusion dans son discours de béatification d'Innocent XI, affirmant sa volonté de « défense de la chrétienté ». Les deux parties se crispent donc dans des attitudes d'opposition. Quelques exceptions voient le jour en Europe de l'Est. Ainsi, en Pologne, le primat, Mgr Wyszynski, signe le 12 janvier 1950 un accord garantissant quelques libertés à l'Église catholique polonaise, en échange de son soutien dans la politique de défense des frontières. Le Vatican se montre réservé face à cet accord. Trois ans plus tard, en automne 1953, Mgr Wyszynski est arrêté, avec de nombreux autres hommes d'Église, par le gouvernement polonais pour avoir soutenu une vague de protestations populaires qui secouaient alors le pays.

Le magistère de Pie XII

Pie XII va utiliser divers moyens de communication, comme la radio. Durant la guerre, il adresse ainsi cinq messages radiophoniques :

  • le 1er juin 1941, sur l'anniversaire de Rerum novarum ;
  • à Noël 1941, sur l'ordre international ;
  • à Noël 24 décembre 1942, sur l'ordre intérieur des nations : « …Ce vœu (de retour à la paix), l'humanité le doit à des centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, pour le seul fait de leur nationalité ou de leur origine ethnique, ont été vouées à la mort ou à une progressive extinction »…
  • le 1er septembre 1944, sur la civilisation chrétienne ;
  • à Noël 1944, sur les problèmes de la démocratie.

Par la suite, il utilisera également la télévision. Pie XII a proclamé le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du 1er novembre 1950. La même année, le 23 décembre, il annonça la découverte de la tombe de saint Pierre, retrouvée exactement à l'aplomb de la coupole de Michel-Ange (sous l'autel majeur) à la suite de fouilles archéologiques.

Il canonisa notamment Gemma Galgani en 1940, Louis-Marie Grignion de Montfort et Catherine Labouré en 1947, Jeanne de France et Maria Goretti en 1950 et Pie X en 1954.

Il meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gandolfo, résidence d'été des papes.

Jean XXIII lui succède.

voir le journal du 8 octobre 1958, l'instant de son décès
et celui du 15 octobre 1958, 11 jours avant l'élection de Jean XXIII

Pie XII et le rite catholique

Le 20 novembre 1947, Pie XII publie l'encyclique Mediator Dei, dans laquelle il définit les caractères essentiels de la liturgie. Ce document marque le début de la restauration de la liturgie romaine ; Pie XII y écrit en effet :

« 

Il faut réprouver l'audace tout à fait téméraire de ceux qui, de propos délibéré, introduisent de nouvelles coutumes liturgiques ou font revivre des rites périmés (…) De sorte que ce serait sortir de la voie droite de vouloir rendre à l'autel sa forme primitive de table, de vouloir supprimer radicalement des couleurs liturgiques le noir, d'exclure des temples les images saintes et les statues, etc. »

 »

Il y parle aussi de « l'excessive et malsaine passion des choses anciennes » : « il n'est pas sage ni louable de tout ramener en toute manière à l'Antiquité ». Il condamne par là l'archaïsme qui, sous couleur de retour aux sources, est un procédé de rupture avec la tradition.

L'action de Pie XII, en matière liturgique, sera principalement marquée par la réforme du rite romain relatif à la Semaine Sainte.

La polémique autour des « silences de Pie XII »

Une pièce de théâtre lance la polémique publique

L'attitude de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale est l'objet d'une polémique ardente depuis des décennies. Les critiques du pape lui reprochent de s'être insuffisamment engagé contre le nazisme et l'antisémitisme, voire d'avoir cautionné par son « silence » les agissements nazis.

Cette polémique est arrivée sur la place publique avec la présentation de la pièce de théâtre Le Vicaire, œuvre du dramaturge allemand Rolf Hochhuth[63],[64], qui a été produite pour la première fois en Allemagne en 1963. Les thèses défendues par l'auteur, qui a entrepris un travail de documentation pour écrire sa pièce[65], portent avant tout sur le fait que le pape aurait pu en faire plus. Jusqu'alors, l'image du pape était relativement préservée mais la pièce a largement contribué à retourner l'opinion publique.

La pièce connut en effet un grand succès international, fut traduite en 20 langues, souleva d'innombrables questions auxquelles le Vatican répondit en annonçant qu'il fallait attendre l'ouverture des archives après cinquante ans.

En 2002, le film Amen., du réalisateur gréco-français Costa-Gavras, directement inspiré du Vicaire, relançait le débat.

Cinq ans plus tard, un officier de la DIE (services d'espionnage roumains) passé à l'Ouest en 1978 et recruté par la CIA américaine, Ion Mihai Pacepa, affirme que le général soviétique Ivan Agayants, chef du service de désinformation du KGB, aurait conçu en 1963 un plan contre Pie XII. L'idée était de produire une pièce de théâtre s'appuyant sur de prétendues archives. L'auteur officiel, Rolf Hochhuth, aurait donc juste repris pour Le Vicaire un script inventé par Agayants sur la base de documents envoyés à Moscou par les renseignements roumains (qui auraient réussi à infiltrer les archives du Vatican en 1960 et 1962)[66] et ne se serait pas inspiré du témoignage de Kurt Gerstein, pourtant personnage central de l'œuvre.

Si le Vatican estime que l'écriture du Vicaire a fortement été influencée par son premier metteur en scène, Erwin Piscator, et plus généralement « par les communistes et les adversaires de l'Église »[67], il met fortement en doute les révélations de Pacepa, qui contiennent des erreurs flagrantes sur la façon dont les services roumains se seraient procuré leur documentation : selon le Vatican, une offre d'arrangement des relations diplomatiques avec les pays de l'Est (voire un arrangement financier) n'aurait pu donner un accès aux archives secrètes du Vatican aux services roumains ; par ailleurs, les documents relatifs à Pie XII n'étaient pas encore aux archives secrètes mais à celles de la Secrétairerie d'État [68].

L'évolution de l'image de Pie XII dans la communauté juive

Au lendemain de la guerre, de nombreux témoignages de reconnaissance lui ont été adressés[69]. Le grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, s'est exprimé ainsi en 1944 : « Ce que votre Sainteté et ses éminents délégués (…) font pour nos frères et sœurs (…), le peuple d'Israël ne l'oubliera jamais[70]. »

En 1958, Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d'Israël, a déclaré à l'occasion du décès de Pie XII : « Quand le terrible martyre de notre peuple arriva, pendant la décennie de la terreur nazie, la voix du Pape s’ éleva pour les victimes […] Nous pleurons un grand serviteur de la paix ».[71]. Elio Toaff déclare : ‘Les juifs se souviendront toujours de ce que l'Église a fait pour eux sur l'ordre du pape au moment des persécutions raciales’[72]

Les documents relatifs au pontificat du pape Pie XII, conservés dans les Archives secrètes du Vatican n'ont cependant jamais été publiés intégralement. En octobre 1999, une commission mixte d'historiens juifs et catholiques a pourtant été chargée d'étudier la période. La polémique avait en effet une nouvelle fois été relancée par le document « Souvenons-nous : Une réflexion sur la Shoah », publié à Rome le 18 mars 1998. Un rapport préliminaire fut remis le 25 octobre 1999, rapport dans lequel les membres de la Commission s'interrogeaient sur des lacunes flagrantes dans les documents d'archives disponibles et invitaient le Vatican à ouvrir l'ensemble de ses archives. Ne voyant pas ses requêtes suivies d'effets réels, la commission annonça le 20 juillet 2001 qu'elle devait suspendre ses travaux car le Vatican refusait d'ouvrir toutes ses archives et empêchait ainsi la rédaction d'un rapport final. Pour sa part, le Vatican a pris note de cet échec, qu'il mit sur le compte des « fuites tendancieuses » dont se seraient rendus coupables des membres juifs de la commission[73].

Le Mémorial Yad Vashem

En 2007, le représentant du Vatican en Israël, Mgr Antonio Franco, a menacé de boycotter les cérémonies annuelles organisées par le mémorial de Yad Vashem. Il voulait protester contre l'image qui était donnée de Pie XII : au musée du Mémorial figure en effet depuis 2005 une photo de Pie XII parmi « ceux dont on devrait avoir honte pour ce qu'ils ont fait contre les juifs », a-t-il déploré[74].

Le président du Mémorial, Avner Shalev, a tenu à formuler le communiqué suivant : « Yad Vashem se dédie à la recherche historique et le musée de l'Holocauste présente la vérité historique sur le pape Pie XII telle qu'elle est connue par les chercheurs aujourd'hui. Yad Vashem a dit au représentant du Vatican qu'il était prêt à continuer d'examiner le sujet, en soulignant que si on lui y donne accès, il étudierait avec plaisir les archives de Pie XII, afin de prendre éventuellement connaissance d'éléments nouveaux[75] ». Le nonce est finalement revenu sur sa décision de boycotter la cérémonie[76].

Encycliques de Pie XII

Pie XII a promulgué quarante-et-une encycliques au cours de ses dix-neuf années de pontificat. Parmi les plus connues, voici :

Anecdotes

  • Lorsqu'on présenta la théorie cosmologique du Big Bang à Pie XII, il réagit par cette expression : « Fiat Lux ! ».[réf. nécessaire]
  • Pour exprimer le peu d'inquiétude que lui causait la condamnation du communisme et du pouvoir soviétique, maintes fois réitérée par Pie XII, Staline eut le mot ironique bien connu : « Le Vatican, combien de divisions ? ». Quelques années plus tard, on vint annoncer au pape la mort de Staline. Pie XII hocha la tête et dit seulement : « Maintenant, il les voit, mes légions… ».[réf. nécessaire]

Succession apostolique

Succession apostolique
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Consécrateur : Benoît XV
Premier co-consécrateur principal : Giovanni Battista Nasalli Rocca di Corneliano
Second co-consécrateur principal : Agostino Zampini
Date de la consécration : 13 mai 1917
Consécrateur de
Évêque Date de la consécration
Johann Evangelist Müller 7 janvier 1923
Michel-Joseph Bourguignon d'Herbigny 29 mars 1926
Giuseppe Pizzardo 27 avril 1930
Alois Scheiwiler 5 octobre 1930
Luigi Centoz 14 février 1932
Francis Joseph Spellman 8 septembre 1932
Luigi Hudal 18 juin 1933
Albert Levame 4 février 1934
Antonino Arata 11 août 1935
Saverio Ritter 11 août 1935
Carlo Serena 11 août 1935
Eugène-Gabriel-Gervais-Laurent Tisserant 25 juillet 1937
Efrem Forni 20 février 1938
Joseph Meile 16 octobre 1938
James Colbert 29 octobre 1939
Joseph Kiwánuka 29 octobre 1939
Blaise Sigibald Kurz 29 octobre 1939
Jean Larregain 29 octobre 1939
Henri Martin Mekkelholt 29 octobre 1939
Urbain Etienne Morlion 29 octobre 1939
Louis La Ravoire Morrow 29 octobre 1939
Ignace Ramarosandratana 29 octobre 1939
Thomas Tien Ken-sin 29 octobre 1939
Carlo Confalonieri 4 mai 1941

Voir aussi

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Articles connexes

Notes et références

  1. Pie XII, Andrea Tornielli, éditions Tempora, cité dans le journal Valeurs Actuelles, n.3743 p.60 (août 2008)
  2. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Le Monde juif, nos 38-39, Décembre 1950-Janvier 1951, pp. 11-14 et 3-5 ; repris dans Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0)
  3. [1] L'encyclique en anglais
  4. Pie XII, Message de Noël 1939 sur Radio Vatican
  5. Claudio Rendina, I Papi, Storia e segreti, Newton Compton Editori, Roma, 1983, p. 797.
  6. (en) « Day 27 of the Winter War, December 26, 1939 », site des Forces armées finlandaises.
  7. Martin Gilbert, The Second World War, p. 40.
  8. Dalin, David G. The Myth of Hitler's Pope: How Pope Pius XII Rescued Jews from the Nazis. Regnery Publishing. Washington, 2005. ISBN 0-89526-034-4. p. 76.
  9. Prof. John S. Conway: The Vatican, the Nazis and Pursuit of Justice.
  10. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1136
  11. McInerny, 2001, p49.
  12. Cette entrevue est rapportée par le New York Times du 13 Mars 1940. Le titre est "The Pope is emphatic about just peace" et le sous-titre "Jews rights defended" (les droits des Juifs défendus). L'article parle du "Hitler 's Cannosa" et précise le paragraphe "les droits des juifs défendus" que
    « "le Souverain Pontif, en propos incendiaire (burning words), parla à Mr von Ribbentrop des persécutions religieuses, et pris la défense des juifs d'Allemagne et de Pologne" »
  13. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Le Monde juif, nos 38-39, Décembre 1950-Janvier 1951, pp. 11-14 et 3-5 ; repris dans Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0)
  14. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1137.
  15. Perl, William, The Holocaust Conspiracy, p. 200.
  16. Phayer, 2000, p. 5.
  17. Michael R. Marrus et Robert O. Paxton, 1981, Vichy France and the Jews, New York: Basic Books, p. 202.
  18. Delpech, Les Églises et la persécution raciale, p. 267.
  19. Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale, archives du Vatican.
  20. John F. Morley, 1980, Vatican Diplomacy and the Jews during the Holocaust, 1939-1943, New York: KTAV, p. 75.
  21. Phayer, 2000, p.5
  22. Israel Gutman (ed.), Encyclopedia of the Holocaust, vol 2, p. 739.
  23. Ronald Rychlak, Hitler, the War, and the Pope, pp. 414-415, n. 61.
  24. Perl, William, The Holocaust Conspiracy, p. 206.
  25. Perl, William, The Holocaust Conspiracy, p. 206.
  26. Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale, archives du Vatican.
  27. Mary Ball Martinez. 1993. "Pope Pius XII and the Second World War". Journal of Historical Review. v. 13.
  28. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1137.
  29. Lapide, 1980, p. 139.
  30. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1137.
  31. Phayer, 2000, p. 27-28.
  32. S. Friedlander, p. 121.
  33. « centinaia di migliaia di persone, le quali, senza veruna colpa propria, talora solo per ragione di nazionalità o di stirpe, sono destinate alla morte o ad un progressivo deperimento. » Pie XII, Con sempre nuova freschezza, 24 décembre 1942, texte intégral en ligne sur le site du Vatican, consulté le 14 avril 2008
  34. Site du New York Times. Le même journal écrit le 18 mars 1998 : « Une enquête complète sur la conduite du pape Pie XII est nécessaire... Il revient maintenant à Jean Paul II et à ses successeurs de franchir un nouveau pas vers la pleine reconnaissance de la faillite du Vatican à s’opposer correctement au mal qui a balayé l’Europe ». Référence : fin du texte sur le site du New York Times.
  35. Friedlander, p 128.
  36. Hilberg, Raul, The Destruction of the European Jews, p. 315.
  37. Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale, archives du Vatican.
  38. Gilbert, Martin, The Holocaust, p. 623
  39. Témoignage de Emanuele Pacifici D'après dépêche de Zenit.org
  40. Témoignage Mgr Giovanni Ferrofino D'après dépêche de Enlignetoi.com sur le symposium international sur le pontificat de Pie XII, organisé par la Fondation américaine Pave the Way Foundation (PTWF) de New York, ouvert lundi 15 septembre 2008, à Rome
  41. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1138.
  42. "the sufferings [...] endured on account of [...] national or racial origin", Margherita Marchione, "Yours is a Precious Witness, Memoirs of Jews and Catholics in Wartime Italy", Paulist Press 1997 p.147
  43. Gilbert, Martin, The Holocaust, p. 701.
  44. Judith Cabaud, Eugenio Zolli, prophète d'un monde nouveau, François-Xavier de Guibert, 2002
  45. R.P. P. Blet s.j., Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, Éd. Perrin, 1997, p. 323.
  46. Article sur le site Convertissez-vous.com analysant les travaux de Lapide et Blet.
  47. Philippe Chenaud, Pie XII, diplomate et pasteur, éditions du CERF, 2003, pp. 11-12.
  48. Léon Poliakov, Bréviaire de la haine, le IIIe Reich et les Juifs, Calmann-Lévy, 1951, ISBN 2-266-05324-8
  49. Note reproduite dans le Bréviaire de la haine, p. 342 de la réédition Presses Pocket, 1993
  50. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Le Monde juif, nos 38-39, Décembre 1950-Janvier 1951, pp. 11-14 et 3-5 ; repris dans Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0), p. 80
  51. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0), p. 82.
  52. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0), p. 81.
  53. Philippe Chenaud, Pie XII, diplomate et pasteur, éditions du CERF, 2003, p. 12.
  54. Tome 2 : Les années d'extermination (1939-1945), trad. en français parue chez Seuil en 2008, pp. 694-705, et al.
  55. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 694 (l'italique est dans le texte).
  56. Lire : des actes visant l'église catholique en Allemagne. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 695.
  57. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 695.
  58. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 696.
  59. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 696-697
  60. a  et b S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 697.
  61. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 697-698.
  62. David Dalin, Pie XII et les Juifs. Le mythe du pape d'Hitler, Éditions Tempora, 2007 ISBN : 2916053115 Voir la présentation. Voir également Pie XII, «pape de Hitler»?, recension critique du titre, par Menahem Macina.
  63. Léon Poliakov, « Pie XII, les nazis et les Juifs : À propos de la querelle du “Vicaire” », in L'Arche, octobre 1963. Repris dans L. Poliakov, Sur les traces du crime (pp. 95-108), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0) p. 95.
  64. Charles F. Delzell, « Pius XII, Italy, and the Outbreak of War », Journal of Contemporary History, vol. 2, no 4 (octobre 1967) p. 137.
  65. Rolf Hochhuth, Le Vicaire, éditions du Seuil, 1963, pp. 257-310.
  66. Récit de Ion Mihai Pacepa sur ses anciennes activités à la DIE (services d'espionnage roumains) dans la National Review ; voir également : (en)KGB intent on linking Pius XII with Nazis, says former spy.
  67. Le directeur de l'Osservatore Romano explique à l'occasion de la publication de son livre à la défense de Pie XII qu'il y voit notamment la reprise des accusations portées par Mikhail Markovich Scheinmann dans son livre de 1954 Der Vatican im Zweiten Weltkrieg (« Le Vatican dans la seconde guerre mondiale »), d'abord publié en russe par l'Institut historique de l'Académie soviétique des sciences.
  68. Un article d'actualités en date du 19 février 2007 sur le site Catholique.org
  69. "The Defamation of Pius XII" de Ralph McInerny, 2001, p155.
  70. Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale, Vol. X, Page 292.
  71. Article du Père jésuite Gumpel, paru sur l'hebdomadaire catholique anglais The Tablet du 13 février 1999
  72. Le Pape Pie XII et le Diable
  73. Article sur aidh.org sur la Commission mixte
  74. « Polémique autour du rôle de Pie XII dans la Shoah », Le Nouvel observateur, 12 avril 2007 et (en) The controversy about Pius XII and the Holocaust is still open.
  75. « Polémique autour du rôle de Pie XII dans la Shoah », Le Nouvel observateur, 12 avril 2007.
  76. (en) « Vatican agrees to attend Holocaust memorial service », Ynetnews.com, 15 avril 2007.

Bibliographie

  • Pierre Blet, Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, d'après les archives du Vatican.
    • première édition : Librairie académique Perrin, Paris, 1997, 336 p., (ISBN 2-262-01324-1), (FRBNF 36180149n) ;
    • réédition : Librairie académique Perrin, coll. « Tempus » no 102, Paris, 2005, 336 p., (ISBN 2-262-02362-X), (FRBNF 39988291f) ;
  • Jean Chélini, L'Église sous Pie XII, Fayard, 1983 et 1989 (ISBN 2213015953) ;
  • Philippe Chenaux, Pie XII, diplomate et pasteur, Cerf, coll. « Histoire », 2003 (ISBN 2204071978) ;
  • John Cornwell, Le Pape et Hitler. L'histoire secrète de Pie XII, Albin Michel, 1999 (ISBN 2226109803) ;
  • Michael F. Feldkamp, Pius XII. und Deutschland, Göttingen 2000, ISBN 3-525-34026-5 (Critique (en allemand) sur le site de l'université Humboldt de Berlin) ;
  • Rolf Hochhuth, Le Vicaire, traduit de l'allemand par F. Martin et J. Amsler (titré Der Stellvertreter en allemand), Seuil, Paris, 1963, réédité dans la même traduction et avec une pagination comparable, par le même éditeur, en 2002, (ISBN 2-02-001316-9) ;
  • Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre Mondiale à la Guerre Froide (1914-1955), Armand Colin, 1996 (ISBN 2200216416) ;
  • Pinchas E. Lapide, Rome et les Juifs, Seuil, 1967 ;
  • Mgr Yves Marchasson, Les Papes du XXe siècle, Desclée, coll. « Bibliothèque d'histoire du christianisme », 1990 (ISBN 2718905255) ;
  • Andrea Riccardi,Philippe Levillain et , Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2-213-618577)  ;
  • Sr Pascalina Lehnert, Pie XII, mon privilège fut de le servir, Téqui, 1982 (ISBN 2852447207) ;
  • Robert Serrou, Pie XII, le pape-roi, Perrin, 1992 (ISBN 2262006830) ;
  • Lionel Richard, Nazisme et barbarie, Éditions Complexe, 2006 (ISBN 2-8048-0074-1) ;
  • Henri Fabre, L'Église catholique face au fascisme et au nazisme, Les outrages à la vérité, Bruxelles, EPO, 1995 ;
  • David Kertzer, Le Vatican contre les Juifs - Le rôle de la papauté dans l'émergence de l'antisémitisme moderne, Robert Laffont, 2003 (ISBN 2-2210-9607-X) ;
  • Ciampa, Leonardo, Pope Pius XII: A Dialogue, AuthorHouse, 2007 (ISBN 1-425-97766-9) ;
  • Giovanni Miccoli, Les Dilemmes et les silences de Pie XII. Vatican, Seconde Guerre mondiale et Shoah, traduction en français, Complexe, Coll. IHTP/CNRS, 2005, Bruxelles, de l’ouvrage italien publié par Rizzoli, 2000, Milan ;
  • Rabbin David Dalin, Pie XII et les Juifs, le Mythe du Pape d'Hitler, Tempora, 2007 (ISBN 2916053115) ;
  • Olivier Rota, « Les ‘silences’ du pape Pie XII : genèse et critique d’un procès biaisé », Revue d’histoire ecclésiastique, Louvain, vol. 99 (3-4), juillet-décembre 2004, p. 758-766 ;
  • Alexis Curvers Pie XII le Pape outragé 1ère édition: éditions Robert Laffont, 1964 ; deuxième édition aux éditions Dominique Martin Morin, 1988 ;
  • Michel de Kerdreux L'Amour face à la haine : Pie XII, pontife méconnu, 1940-1946, éditions Résiac, 1974 ;
  • Andrea Tornielli Pie XII - Biographie, Tempora - éditions du Jubilé, 2009 (ISBN 978-2866794934)

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