Algérie Française

Algérie française

Algérie française


1830 — 1962

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Drapeau Armoiries

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Informations générales
 Statut Colonie française,puis departementsfrancais jusqu'en1962.
 Capitale Alger
 Langue(s) français, arabe, berbère
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 Monnaie Franc algérien
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Population
10 640 012hab sans les 800 000 français qui on quitté le pays
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Superficie
2 381 741 km²
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Histoire et événements
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Pouvoir exécutif
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Pouvoir législatif
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Régence d'Alger Régence d'Alger
Algérie Algérie

L'Algérie française est le nom donné à l'Algérie pendant la période de colonisation française de 1830 à 1962.


Sommaire

Histoire

L'installation des Français

En 1830, la monarchie de Juillet hérite des conquêtes réalisées en Algérie par la Restauration finissante et qui cherchait dans l'aventure coloniale un peu de gloire militaire dans l'espoir de reconquérir quelque popularité. Louis-Philippe aurait probablement renoncé à ce legs encombrant, dont la conservation mobilise des moyens militaires importants à un moment où le nouveau régime est vivement attaqué de l'intérieur. Mais il doit flatter les sentiments patriotiques en France, notamment ceux de l'aile gauche de ses partisans. Au départ, le roi des Français souhaite donc le maintien du statu quo en Algérie, c'est-à-dire une occupation française limitée à quelques enclaves côtières : Alger, Bône, Bougie, Oran, Arzew et Mostaganem.

Le 6 juillet 1830, le lendemain même de la prise d'Alger, une Commission de gouvernement, présidée par l'intendant général, le Baron Denniée (1787-18??), fut constituée pour établir les besoins et les ressources du pays, les institutions qu'il s'agissait de modifier ou de remplacer.
Les membres de cette Commission rurent :

  • Le général Tholozé (1781-1853), commandant la place d'Alger,
  • Le consul Alexandre Deval, neveu de celui qu'avait jadis insulté le dey,
  • Le payeur général Firino (1779-1868),
  • L'officier-interprète Colonel d'Aubignosc. Ce dernier, qui avait longtemps résidé dans les pays barbaresques, fut nommé lieutenant-général de police et devint de fait le premier chef de l'administration algérienne.

Une Commission municipale composée de Maures et de Juifs fut chargée de renseigner la Commission de gouvernement ; elle était présidée par Ahmed Bouberba, un maure qui vivait à Marseille (et était marié à une marseillaise), homme d'esprit fin et rusé, mais sans moralité aucune et plus tracassier qu'habile.

Durant les quatre premières années de présences française, on vit arriver un nombres important de colons qui furent divisés en trois classes :

  • Ceux qui avaient assez de ressources pour construire leurs maisons, à qui on donna 10 hectares ;
  • Les anciens militaires, qui reçurent 6 hectares
  • Les colons sans ressources à qui on attribua 4 hectares.

Cependant, l'afflût important de colons fut tel que les autorités militaire ne purent ne fournir des terres à tous les nouveaux arrivants. le Général Savary, alors commandant militaire de l'Algérie prit des mesures drastiques, obligeant que les nouveaux venus puissent de quoi subvenir à leurs moyens d'existence pour un an.

La politique d'attentisme

Mais, alors que les autres colonies relèvent du ministère de la Marine, celles-ci sont placées sous la supervision du ministère de la Guerre, dirigé à partir de novembre 1830 par le maréchal Soult. Ce dernier va s'intéresser de près à ces possessions françaises. Il organise sur place des unités militaires spécialisées, adaptées au pays – spahis, zouaves, chasseurs d'Afrique, bataillons d'Afrique – et crée les « bureaux arabes », conçus par le général Trézel et dont le rôle sera clarifié plus tard par le capitaine de Lamoricière en 1844.

La haute hiérarchie militaire pousse ainsi à un renforcement de la présence française en Algérie. En juin 1833, le maréchal Clauzel – qui avait été gouverneur de l'Algérie en 1830-1831 – plaide, à la tribune de la Chambre des députés, pour la colonisation de l'Algérie, dont il affirme qu'elle ferait autant pour la prospérité de la France que la conquête de l'Inde a fait pour celle du Royaume-Uni. Interpellé, Soult dément que le gouvernement aie la moindre intention d'entreprendre cette opération, mais il ajoute qu'il en laisserait volontiers la réalisation à des entreprises privées concessionnaires.

L'ordonnance royale du 24 février 1834 attribue une nationalité française limitée aux « indigènes » d'Algérie, juifs ou musulmans, dans le cadre légal de l'indigénat.

Le 22 juillet 1834, une ordonnance du roi confie le commandement général et la haute administration des possessions françaises en Algérie à un gouverneur général placé sous les ordres du ministre de la guerre. Le général Drouet d'Erlon est nommé quelques jours après gouverneur général des possessions françaises du Nord de l'Afrique. Mais la situation des enclaves françaises en Algérie est rendue précaire par les ambitions du bey de Mascara, l'émir Abd El-Kader qui, fort du traité qu'il a conclu avec le général Desmichels le 26 février 1834, étend en 1835 sa domination dans le Titteri, au centre de l'Algérie, depuis le Maroc jusqu'aux confins du beylicat de Constantine.

En juin 1835, Abd El-Kader attaque une tribu de l'Oranais qui s'est placée sous la protection de l'armée française. Cette dernière, commandée par le général Trézel, riposte, mais elle est décimée dans une embuscade au défilé de la Macta le 28 juin 1835. À la suite de ce désastre, Drouet d'Erlon est rappelé et remplacé par le maréchal Clauzel, qui revient en Algérie comme gouverneur général.

L'armée du maréchal Clauzel, dans laquelle combat le duc d'Orléans, venge l'affront de la Macta par une opération punitive réussie sur Mascara en décembre 1835, puis sur Tlemcen en janvier 1836. Mais les effectifs sont insuffisants pour occuper ces deux villes, et l'armée doit se replier sur Oran sans faire aucune conquête durable. Le général Bugeaud inflige ensuite de lourdes pertes aux troupes d'Abd El-Kader à la Sikka, près de Tlemcen, le 6 juillet 1836. Avec 7 000 hommes, Clauzel tente ensuite de s'emparer de Constantine, mais il échoue le 24 novembre et rentre à Bône le 1er décembre, en ayant perdu officiellement un millier d'hommes.

L'option pour une politique de colonisation limitée

À la suite de cet échec, Clauzel est rappelé en février 1837 et remplacé par le général Damrémont, à qui le président du Conseil, le comte Molé, donne les instructions suivantes : « Le but que le gouvernement se propose n'est pas la domination absolue de la Régence. Ce que la France a surtout en vue, c'est son établissement maritime [...], la sécurité de son commerce [...], l'accroissement de son influence dans la Méditerranée. La France a surtout intérêt à être maîtresse du littoral. Le reste doit être abandonné à des chefs indigènes. »[1]

C'est dans cet esprit que Bugeaud conclut avec Abd El-Kader, le 30 mai 1837, le traité de Tafna qui ne mentionne la souveraineté française que sur les enclaves côtières, quitte à paraître abandonner tout le reste du territoire à l'émir. Ce traité sembla avoir particulièrement avantagé Abd El Kader, auquel sont reconnus des avantages territoriaux très supérieurs à ceux qu'il exerçait initialement. Il semble aujourd'hui admis que Bugeaud se soit laissé corrompre dans cette négociation, et qu'il ait trouvé ainsi les ressources nécessaires à l'agrandissement de ses propriétés en Vendée.

Le passage à une politique de conquête généralisée

Carte de l'Algérie française

Abd El Kader ayant renforcé son armement et étendu les territoires soumis à son influence à la faveur des traités conclus avec la France, il apparaît que tous les ménagements que lui ont manifesté les autorités françaises aient joué contre ces dernières. Aussi une politique générale de conquête des territoires compris entre la mer et le Sahara est-elle mise en oeuvre. À l'été 1837, Louis-Philippe Ier et le chef de son gouvernement, le comte Molé décident une nouvelle expédition sur Constantine, à un moment où, avec la consolidation de la monarchie de Juillet et le rétablissement de la prospérité économique, le roi envisage une dissolution de la Chambre des députés. Comme Charles X en 1830 avec l'expédition d'Alger, le roi des Français cherche à obtenir un meilleur résultat aux élections en offrant au pays un peu de gloire militaire et en vengeant l'échec de l'expédition de 1836.

L'armée française part de Bône le 1er octobre. Le 13 octobre, l'assaut victorieux est commencé par le général Damrémont, qui est emporté par un boulet, et achevé par son successeur, le général Valée. Ce dernier est élevé à la dignité de maréchal de France le 11 novembre et nommé gouverneur général de l'Algérie le 1er décembre.

En septembre 1838, au terme d'une longue négociation avec Louis-Philippe, le pape Grégoire XVI accepte la création d'un évêché à Alger. Pour la monarchie de Juillet, il s'agit d'éviter un vicariat apostolique relevant à Rome de la Congrégation pour la propagation de la foi et confié à une congrégation religieuse. Mais cette décision, qui entraîne l'application à l'Algérie du régime concordataire, est aussi la première étape vers la francisation du territoire.

À l'automne 1839, le duc d'Orléans, fils aîné du roi, part pour l'Algérie pour réaliser, avec le maréchal Valée, la prise de possession par la France de la partie intérieure du pays. Partie de Constantine le 16 octobre, trois jours après le deuxième anniversaire de la prise de la ville, la fameuse chevauchée gagne Alger le 2 novembre en passant par Sétif et le défilé des Portes de Fer.

Abd-el-Kader y voit une violation du traité de Tafna et déclenche la guerre sainte contre les Français. S'enclenche ainsi une escalade qui aboutira à l'occupation totale de l'Algérie par la France. Dès la fin de 1839, l'émir lance des raides meurtriers sur la Mitidja.

Redevenu chef du gouvernement au début de 1840, Adolphe Thiers, pour se démarquer de ses prédécesseurs et conquérir un peu de gloire pour redorer le blason de la monarchie de Juillet, dénonce la politique consistant à limiter l'occupation française aux enclaves côtières en abandonnant de fait l'intérieur des terres à l'émir, et se livre à une critique sévère du traité de Tafna. Pour lui, la France n'aura la paix en Algérie qu'en soumettant entièrement le territoire ; ce faisant, elle peut faire une excellente affaire, puisque le pays était riche et prospère au temps de l'Empire romain. Louis-Philippe épouse cette conception car il a compris que l'Algérie forme un terrain idéal sur lequel ses fils peuvent cueillir les lauriers militaires qui consolideront le prestige de sa dynastie. Le roi et son gouvernement vont donc braver les oppositions de ceux qui, à droite comme à gauche, craignent de voir l'armée engagée sur un théâtre lointain et contestent la valeur économique de l'Algérie.

Pour accomplir son dessein, Thiers pousse le général Bugeaud, qui présente l'inconvénient d'être furieusement impopulaire auprès de la gauche, pour qui il est l'« homme du massacre de la rue Transnonain », comme auprès des légitimistes, qui voient en lui le geôlier de la duchesse de Berry à Blaye, mais qui passe pour un spécialiste du dossier algérien. Au départ réservé, Bugeaud s'est convaincu de la nécessité d'une colonisation jusqu'aux limites du désert. Louis-Philippe, qui se méfie du général en qui ses fils voient un rival potentiel, finit par se laisser convaincre et nomme Bugeaud gouverneur général de l'Algérie le 29 décembre 1840, alors que Thiers a quitté le pouvoir depuis quelques mois.

Administration française en Algérie

L'Algérie sera d'abord placée sous la responsabilité de commandants militaires, assistés d'administrateurs civils dont l'un des premiers d'entre eux le Baron André Pichon (nommé en 1831), conseiller d'état, qui posa les premières assises de la législation algérienne.

Une ordonnance de 1845 divisa l’Algérie en trois provinces (Alger, Oran, Constantine), beyliks ottomans récemment conquis, chacune divisée en territoire civil, territoire mixte et territoire arabe.
Le premier, officiellement pacifié, était administré à la française par des fonctionnaires civils ; les deux autres étaient administrés par des officiers et les indigènes y gardaient leurs lois.

Puis les trois provinces substituèrent rapidement le 9 décembre 1848 à des départements français, subdivisés sur le modèle français, en arrondissements et communes, dont loi du 24 décembre 1902 fixa les limites définitives. Tandis que le sud algérien non départementalisé forma 6 territoires qui furent regroupés au sein des Territoires du Sud en 1902, leurs nombres furent réduits à 4 en 1905.

À partir de 1955, le nombre de départements s'accrut passant à 4, puis à 18 deux ans plus tard (avec le remplacement des « Territoires du Sud » par deux départements « sahariens »), et 21 un an après, pour retombé à 18 la veille de l'indépendance en 1962.

L’organisation communale française fut transposée pour la première fois, dans la zone civile, par l’ordonnance du 28 septembre 1847. Mais, à la différence de ce qui se passait en France, les maires et les conseillers municipaux étaient nommés et non élus.

Parallèlement à l’expansion de la zone civile au nord de l’Algérie, le mouvement municipal se développa et donna naissance à deux types de commune :

  • Les communes de plein exercice (C.P.E), territoire ou la population européenne était assez nombreuse pour pouvoir gérer elle même ses affaires.
  • Les communes mixtes (C.M) territoires ou la population européenne installée n’était pas assez compacte et dense pour former une C.P.E.
  • les communes indigènes, formées de tribus dans lesquelles l'élément européen n'a pas encore pénétré. Elles sont administrées par des commissions mi-partie indigènes et mi-partie européennes fonctionnant sous la surveillance de généraux de brigade. Ces communes indigènes sont toutes en territoire militaire

Cette organisation municipale révélait bien le sens de l’assimilation administrative qui s’opérait en fonction et au profit de l’élément européen. Ce système demeura à peu près sans changement de 1870 à 1956. Ainsi l'institution communale coloniale présentait une physionomie toute spéciale. La présence de deux populations distinctes européenne et musulmane, inspirait non seulement deux types d’administration communale, mais aussi deux types de structures infra communales, plus réduites :

  • Les centres de colonisation, administrés par un adjoint spécial européen.
  • Les douars qui avaient à leurs têtes un adjoint indigène. Un ensemble de plusieurs douars constitue une ferka, administrée par un cheikh. Un certain nombre de ferkas composent la tribu, à la tête de laquelle est un Caïd. Les tribus se groupent en aghaliks, ayant pour chef un agha.

Ce qui expliquait parfois la présence côte-à-côte de deux communes homonymes, mais ayant un statut différent l'une de l'autre, comme à Aïn Témouchent.

Citoyenneté et droits civiques en Algérie Française

Ordonnance royale du 24 février 1834

Suite à la Conquête de 1830, l'Algérie est officiellement annexée à la France en 1834, de fait les Indigènes musulmans et juifs deviennent sujets français puisque « placés sous la souveraineté directe et immédiate de la France, ils sont dans l’impossibilité de pouvoir en aucun cas revendiquer le bénéfice ou l’appui d’une autre nationalité : d’où il suit nécessairement que la qualité de Français pouvait seule désormais être la base et la règle de leur condition civile et sociale »[2].

Décret impérial du 21 Avril 1866

Suite au Sénatus consulte du 14 juillet 1865 sur l'état des Personnes et la Naturalisation en Algérie[3] inspiré par le Saint-Simonien Ismaël Urbain, Napoléon III décrète que les 3 millions d'Indigènes musulmans, les 250 000 Etrangers (justifiant de trois années de résidence en Algérie), ainsi que les 30 000 Indigènes israélites peuvent demander à « jouir des droits de citoyen français » et à bénéficier de la « qualité de citoyen français »[2], ce qui provoque la colère des colons français.

Décret Crémieux

Article détaillé : Décret Crémieux.

Ceux-ci se réjouissent de la défaite de Napoléon III lors du conflit de 1870. Le 24 octobre de cette année, le décret Crémieux est promulgué attribuant la citoyenneté française aux 37 000 juifs d'Algérie, tout en leur retirant d'office leur statut civil religieux particulier, et les soumet au service militaire généralisé comme tous les autres citoyens français. Les "indigènes musulmans" sont astreints pour leur part à un service militaire de deux ans c'est-à-dire d'une durée plus longue et pour un solde moindre [4]

Les « lobbies » colonialistes n'eurent de cesse de demander l'abrogation du décret Crémieux, jusqu'à ce qu'ils l'obtiennent enfin de Pétain en 1940. C'est eux qui se déclarèrent indignés de "l'inégalité ainsi créée entre juifs et Arabes". Et la meilleure preuve du caractère décolonisateur du décret Crémieux, c'est qu'il allait être invoqué, après la guerre de 1914-1918, par les patriotes algériens, comme l'émir Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi (petit-fils de l'émir Abd El-Kader), Messali Hadj, Ferhat Abbas et Ben Badis, pour obtenir l'égalité politique.

Ajoutons qu'à la même époque les leaders des citoyens français juifs, comme les professeurs Henri Aboulker et Raymond Bénichou, ainsi que le docteur Loufrani allaient revendiquer l'égalité de vote pour les indigènes musulmans, et créer, à cet effet, l'association des Croyants monothéistes, avec le cheikh El-Okbi des oulémas algériens, et d'autres Algériens chrétiens, juifs ou musulmans.

Code de l'indigénat

Loi du 23 mars 1882

Il crée l'état civil algérien, après plusieurs tentatives infructueuses (en 1854 et 1873).

Situation au XXe siècle

La France a fait venir des colons pour exploiter les terres afin de lancer la machine économique de l’empire français et d’envoyer outre méditerranée des éléments sociaux potentiellement dangereux pour l’ordre social[5][6]. Les indigènes de culture musulmane ou issus de cette culture étaient sous le régime de l’indigénat et pouvaient en théorie accéder à la citoyenneté française en renonçant à leurs traditions. Patrick Weil, directeur de recherches au CNRS, note toutefois que le musulman algérien, originaire d’un département français, était juridiquement inférieur à un étranger dans la mesure où il était soumis à une procédure beaucoup plus complexe pour obtenir le statut de citoyen français[7].

Souvent répartis dans des zones pauvres, nombreux sont ceux qui sont devenus ouvriers agricoles dans de grandes exploitations créées par les colons dans des zones gagnées sur les marécages autour de la région de Bône ou dans l’algérois et en Oranie. En marge de la société, ils avaient rarement accès à l’enseignement. Leur culture et leurs langues étaient opprimées, les écoles indigènes ont été supprimées au profit d’écoles françaises en nombre très insuffisant. En 1929, 6 % seulement des enfants « indigènes » allaient à l’école primaire.

Les colons et certains immigrés français purent dominer la société algérienne et imposer leur langue qui devint quasi exclusive dans l’administration, l’enseignement et l’affichage. Selon le géographe Yves Lacoste, « en Algérie ont été soigneusement oubliés non seulement les principes de laïcité de la IIIe République, mais surtout les lois sur l’instruction primaire obligatoire qui, dans l’intérêt même de la colonisation, auraient été des plus utiles pour essayer de franciser la population « indigène ». L’application de ces lois se heurta non pas au refus des musulmans, mais à celui des « pieds-noirs », les citoyens français d’Algérie (venus pour une grande part d’Espagne et d’Italie) qui, jusqu’aux années 1950 et en fait jusqu’à la guerre d’Algérie, s’opposèrent par tous les moyens à l’ouverture d’écoles pour les « Arabes ». Le but d’une telle obstruction, proclamé sans vergogne dans la presse, était que les musulmans n’apprennent pas le français, qu’ils ne puissent pas lire de livres qui leur donneraient des idées subversives, et aussi qu’ils ne puissent pas prétendre à des fonctions que les Français entendaient se réserver[6]. L'administration coloniale a supprimé toutes les écoles indigènes pour les remplacer par des écoles françaises en nombre insuffisant.

Durant l'entre deux guerres, le gouverneur général Charles Jonnart crée plusieurs réformes, en faveur des algériens musulmans, qui sont adoptées sous la loi du 4 février 1919, aussi appelée "loi Jonnart".

En 1930, le gouvernement colonial célébra avec faste le Centenaire de l’« Algérie française ». Bien que la France disposait d’écoles, et de services publics efficaces, la majorité des Algériens étaient pratiquement dépourvus de toutes garanties sociales ou juridiques et constituaient une population presque sans droits [8],[9].

En 1936, le projet de loi Blum-Viollette, pour l'octroi de droits politiques à certains musulmans, est présenté mais il sera refusé à l'unanimité lors du congrès d'Alger du 14 janvier 1937.

Démographie

Population en 1849

Dans son Atlas National Illustré (Région du Sud, N°87), l'ingénieur géographe Victor Levasseur publie les statistiques sur la population de l'« Algérie, colonie française ». « La Population Totale de l'Algérie peut-être évaluée à 5 millions d'habitants. Voici d'après les recherches officielles mais très incomplètes le chiffre de la Population au 31 Mars 1849: »[10]

La population totale est divisée en deux parties distinctes :

  • La « Population Indigène » (2 598 517 habitants), qui incluent les musulmans et les israélites
  • Les « Européens » (117 366 habitants), qui incluent les Français et les étrangers dont le tableau ci-dessous donne la répartition précise :
Européens dont : Français Espagnols Italiens Allemands Suisses Anglo-Maltais Anglais
117 366
54 958 35 222 8 115 6 040 3 237 8 908 882

Mouvement national algérien

Naissance du mouvement national

Au début du XXe siècle, plusieurs leaders algériens revendique à la France le droit à l'égalité ou à l'indépendance. plusieurs partis vont être créer et plusieurs pamphlets seront écrits pour défendre le droit pour les algériens. Plusieurs penseurs algériens vont vilipender les plus importantes personnalités du régime colonial français. La plupart des figures du mouvement algérien vont être surveillées de près par les services policiers français, d'autres seront exilées vers d'autres pays comme l'a été l'émir Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi en Égypte puis en Syrie.

Malek Bennabi, Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Messali Hadj, Ben Badis, Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi Tébessi, Ferhat Abbas, Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre-eux sur la question algérienne, cela provoquera l'émergence de plusieurs associations et partis algériens : Parti de la réforme ou mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans algériens, association de l' Étoile nord-africaine, le parti Parti du peuple algérien, Amis du Manifeste des Libertés, Parti communiste algérien, etc.

Les Algériens pendant la Première Guerre mondiale

Au cours de la Première Guerre mondiale, les tirailleurs et spahis algériens ont mené, avec courage, les mêmes combats que les soldats français. Les Algériens ont laissé 26 000 des leurs sur les champs de bataille d'Orient et d'Occident de la Première Guerre mondiale. De la nécropole nationale de Notre Dame de Lorette aux champs de bataille de l'Hartmannswillerkopf, en passant par l'ossuaire de Douaumont, le sacrifice consenti par les troupes d'Afrique du Nord et plus particulièrement par les Algériens, est encore de nos jours perceptible. Les Algériens ont été de toutes les grandes batailles de l'armée française de la Première Guerre mondiale. Ils se sont distingués notamment dans l'enfer de Verdun, sur la Somme en 1916, ou encore au chemin de Dames en 1917. De par leur ardeur au combat, ils ont toujours suscité l'admiration. Les tirailleurs et spahis algériens ont été, pendant ces quatre années de guerre, mêlés à toutes les batailles de l'armée française. La devise du 2e régiment de tirailleurs algériens résume bien, à elle seule, l'esprit des Algériens de 1914, soldats de la liberté «Dieu est avec nous, pour notre drapeau et pour la France».

La Seconde Guerre mondiale

La prise d'Alger par les alliées se fait en un jour
Carte des opération

Après le coup d'État du 8 novembre 1942 à Alger, dans le cadre de l'opération Torch, de nombreux Algériens furent engagés dans les forces alliées au sein de l'armée française de la Libération et engagés sur les fronts italiens et français. En Algérie, la conscription engagea environ autant d'Algériens que de pieds-noirs (européens,juifs) dans l'armée française d'Afrique. Les futurs présidents de l'Algérie Ahmed Ben Bella et Mohammed Boudiaf, engagés volontaires et décorés. Mostefa Ben Boulaïd, l'artisan du déclenchement de la révolution algérienne 1954, fut, pendant la campagne d'Italie, en 1944, distingué par son courage, ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre. Krim Belkacem se retrouve mobilisé en 1943 dans le 1er Régiment des Tirailleurs Algériens où il est promu caporal-chef.

En revanche, durant l'Occupation en France métropolitaine, plusieurs centaines de nord-africains s'engagèrent dans la Milice française, constituant la Légion nord-africaine.

Le massacre du 8 mai 1945

Article détaillé : Massacres de Sétif et Guelma.
Le Secrétaire d'État américain George Marshall, père du plan qui porte son nom.

Après la fin de la seconde Guerre Mondiale, le plan Marshall prévoyait l'indépendance de l'Algérie.[réf. nécessaire] Le 8 mai 1945, jour de la signature de l'armistice en Europe, ont lieu des manifestations d’Algériens dans plusieurs villes de l’Est du pays (à Sétif et dans le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de manière concomitante avec la liesse de la victoire. À Sétif, après des heurts entre policiers et nationalistes, la manifestation tourne à l’émeute et la colère des manifestants se retourne contre les « Français » : 27 Européens sont assassinés (103 trouveront la mort dans les jours suivants).

La révolte algérienne de 1945 à 1954

Suite à la mort de Ben Badis en 1940, à l'emprisonnement de Messali Hadj et à l'interdiction du Parti du peuple algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques revendique après le statut de l'égalité ou de l'indépendance des Algériens en 1948. Aussi, l'Association des oulémas musulmans algériens fut interdite. C'est alors qu'apparut l'Organisation spéciale qui avait pour but de rassembler les armes pour organiser la lutte armée. Mohamed Belouizdad fut le premier chef de l'organisation clandestine. Ensuite, Hocine Aït Ahmed prend la tête du mouvement et continua à œuvrer pour l'achat d'armes. La poste d'Oran fut attaquée par les membres de l'OS.

Ahmed Ben Bella prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dévoilé et une chaine d'arrestation est entamée par les autorités françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques nia tout relation avec l'Organisation spéciale pour arrêter les arrestations.

Le Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA) est fondé en mars 1954, il organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien (MNA) est fondé en juillet de la même année par les messalistes[11]. Par la suite, le Front de libération nationale (FLN) est fondé en octobre 1954 émanant de CRUA. Le FLN et le MNA deviendront rivaux pour le contrôle du pouvoir de la révolution. Messali hadj sera libéré de la prison en 1958 et il sera assigné à une résidence en France.

La Révolution algérienne (1954 à 1962)

Article détaillé : Guerre d'Algérie.

Remarque historiographique

Les archives officielles ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles aux chercheurs. Une loi devrait permettre en France l'accès aux archives classifiées « secret défense » postérieure à 1948 à l'horizon 2012, malgré la proposition d'un amendement par le sénat français visant à prescrire un délai de 75 ans concernant les pièces « susceptibles de porter atteinte à la vie privée »[12]. Cet amendement vivement critiqué par les historiens amène le Parlement français à se prononcer à nouveau pour un délais réduit à cinquante ans[13], texte qui doit à nouveau passer au Sénat[14].

Rassemblement de troupes (ALN)
« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf.Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.

En 1954, l’Algérie compte huit millions d´autochtones et un million de « Français d'Algérie » (Pieds-Noirs et Juifs d'Algérie naturalisés).Elle est composée de 4 départements francais.

À partir de 1954, le combat armé pour l’indépendance de l’Algérie, se traduit par des exactions répétées contre les populations civiles d’origine musulmane et européenne et juives. Il s'ensuit une guérilla, des maquis et des affrontements avec l’armée française, qui comprend également des unités de supplétifs "musulmans" appelés « Harkis ». Le FLN organise son combat sur deux fronts. Sur le plan interne il met en place une résistance à travers sa branche armée l’ALN, tandis que sur le front diplomatique, il chapeaute ses activités sous la bannière du GPRA, qui orchestre une campagne tous azimuts en vue de plaider la cause algérienne ; il réussit en 1958 à introduire pour la première fois dans l’agenda des Nations unies la question algérienne, ce qui représenta un franc succès pour la diplomatie algérienne. Ce conflit fut inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l’Indochine française, Madagascar, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Afrique Équatoriale Française et l’Afrique Occidentale Française. Le cas de l’Algérie se différencie des autres en ce sens qu’elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens dits "du Premier Collège" (les « Pieds-Noirs), dont certains, les Juifs d'Algérie et de huit millions de citoyens du Deuxième Collège (dit les musulmans), avant l'arrivée du général de Gaulle. Ce dernier négociera directement avec les chefs du FLN dans les Accords d'Évian et le général de Gaulle organise le référendum pour l'indépendance de l'Algérie. Cette fois-ci les algériens voteront massivement pour l'indépendance de l'Algérie.

Le bilan de la guerre d’Algérie[15] fait état de 25 000 tués chez les soldats français et 2 000 morts de la légion étrangère, un millier de disparus, et 1 300 soldats morts des suites de leurs blessures. Environ 450 000 Algériens sont morts durant le conflit (les historiens algériens avancent le chiffre de 1,5 million de morts), mais c’est sans compter les 8 000 villages incendiés, un million d’hectares de forêts incendiés avec le napalm, 2,1 millions de musulmans déplacés dans des camps de regroupement et les dizaines de milliers de harkis massacrés, au lendemain de la proclamation de l'indépendance. C'est sans compter non plus la torture pendant la guerre d'Algérie qui a laissé de profonds traumatismes, l'armée française l'ayant pratiquée dans des proportions qui concerneraient des centaines de milliers d'Algériens[16].

Les évènements de la guerre d'Algérie, la déclaration d'indépendance - qui consomme la décolonisation -, le climat de violence générale qui régnait dans les derniers mois de la guerre[17] ou encore des évènements traumatisants comme la fusillade de la rue d'Isly,les 2200 pieds noirs enlevés par le FLN,et le massacre des Harkis, le massacre d'Oran[18] amèneront la plupart des pieds-noirs à quitter le pays : sur près d'un million[19], cent cinquante mille partent avant 1962, six cent cinquante et un mille au cours de cette année. L'histoire des deux-cent mille pieds noirs encore présent après 1962 reste à écrire, selon l'historien Benjamin Stora[20].

Faits importants de la Guerre

Portrait du général de Gaulle

Le terme de Révolution algérienne est utilisé en Algérie pour désigner ce que la France appelle la Guerre d'Algérie (et appelait officiellement évènements d'Algérie jusqu'en 1999). Ensuite, un vaste mouvement de révoltes s'enchaine par les années dans le territoire. Par la suite après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis imposent aux Européens de se retirer de toutes les colonies dans le Plan Marshall. Cela débouche par l'indépendance de l'Algérie.

  • Lors du XXe siècle, 75% des Algériens n'étaient pas scolarisés. La majorité de la population était au chômage. Les colons faisaient leurs affaires. L'Algérien était « sujet de la France » et non un « citoyen français »[21].
  • Dans la nuit du 1er novembre 1954, la caserne de la ville de Batna est attaquée par les moudjahidines. Cette nuit sera appelée par les historiens français (Toussaint rouge). Un caïd et deux enseignants français vont être abattus sur la route de Biskra et Arris. Des attentats sont enregistrés dans les trois districts : Batna, Biskra, Khenchela et le reste du pays.
  • 100 000 soldats français sont affectés dans les Aurès et plus tard ils seront plus de 400 000 en Algérie. Le général Cherriere donne l'ordre de faire le ratissage des Aurès. Il croit gagner, mais il va subir une grosse défaite[21].
  • Le massacre de Skikda (ex philippevillois ou Skikda), la mort d'une centaine de manifestants algériens, le 20 au 26 du mois aout 1955.
  • 1955, à l'Assemblée générale de l'O.N.U, l'inscription est à l'ordre du jour de l'affaire algérienne.
  • Beaucoup d'intellectuels français vont aider le FLN[21]. Maurice Audin fut torturé et tué par les services français[24].
  • Frantz Fanon s'engage auprès de la résistance algérienne et a des contacts avec certains officiers de l'ALN (Armée de libération nationale) et avec la direction politique du FLN, Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il donne sa démission de médecin-chef de l'hôpital de Blida-Joinville en novembre 1956 au gouverneur Robert Lacoste, puis est expulsé d'Algérie en janvier 1957.
  • La Tunisie va être le théâtre d'affrontement entre les différents chefs. Le président Bourguiba devait intervenir pour pacifier les choses. Les Aurès, le Constantinois, l'Ouest de l'Algérie, la Kabylie, etc., ils seront les zones les plus cruciales de la révolution contenue du point stratégique et logistique de chaque région. Le Maroc aussi va jouer un rôle important dans l'histoire de la guerre d'Algérie, notamment lors du passage des armes et des réunions du F.L.N et l'hébergement des troupes militaires algérienne. Les deux pays(le Maroc et la Tunisie) sont sous protécorat français, Ces derniers hébergeront les deux armées de l'ALN aux frontières ainsi plusieurs chefs du FLN comme Ferhat Abbas contesteront leurs rôles.
  • L'armée française fait construire le barrage de la mort, 320 km de long, 7000 volts, un poste de contrôle chaque 15 km, des milliers de mine terrestre, etc., pour empêcher le passage des armes dans les Aurès et dans tout l'est de l'Algérie. Mais les éléments de l'ALN (Armée de libération nationale) vont déjouer toute la stratégie militaire française.
  • Les villes (population algérienne) seront sous le contrôle de l'Armée de libération algérienne. La bataille d'Alger fera la une de la presse internationale et interne. Le conflit est porté jusqu'à L'ONU. Aussi, il y aura plusieurs grèves et manifestations dans les villes. Les protestations ont été organisées par le FLN.
  • Le colonel Amirouche Aït Hamouda fera un massacre dans les Aurès en voulant intervenir pour l'unification des zones des Aurès[26]. L'Aurès fut le lieu de passage des armes vers l'intérieur du pays. Le colonel Amirouche Aït Hamouda réussira à faire passer les armes, qui provenaient d'Égypte en passant par la frontière de Tunisie et de l'Algérie. Il franchira les Aurès pour rejoindre la Kabylie. Une vingtaine de chaouis vont être du voyage, mais à la fin, ils abandonneront les troupes du colonel Amirouche pour revenir aux Aurès. Krim Belkacem voulait contrôler la région des Aurès pour établir l'union des forces. Et les hommes de Ben Bella et de Abdelhafid Boussouf, eux aussi désiraient avoir le pied dans les Aurès.
  • Au même moment, la France connaitra sa crise interne jusqu'à l'arrivée au pouvoir du général Charles de Gaulle à cause de la situation en Algérie. Les ultras européens veulent garder l'Algérie française.
  • L'Armée française décide de créer les zones interdites sous contrôle des S.A.S (sections administratives spécialisées) et entame une lutte contre les Djounoudes (maquisards) et la population locale, dans les villes, dans les villages, dans les douars et sur tous les territoires sensibles au F.L.N. de l'Algérie. Les bombardements massifs, les tueries, les massacres, la torture, les viols, etc., tous les actes de crime (torture pendant la guerre d'Algérie) ont été employés dans cette guerre.
  • Plusieurs attentats seront organisés par l'ALN dans les villes et les villages, dans les zones interdites et dans les zones montagneuses des Aurès.
  • Selon Yves Courrière, Abane Ramdane s'opposera sévèrement contre les militaires. Il choisira de faire le maquis, il désignera un homme de l'Aurès Hadj Ali pour renverser le CCE à Tunis. Mais, Abane Ramdane sera condamné à la prison au Maroc par le CCE. Plus tard, il sera tué au Maroc, mais les souces de F.L.N diront qu'il aurait été tué lors d'un accrochage contre l'Armée française.
  • Le général Charles de Gaulle à la tête du pouvoir français engage une lutte contre les éléments de l'armée de libération nationale algérienne et il apporte les réformes tant attendues pour donner tous les droits aux Algériens.
  • Dès 1956, Jean-Paul Sartre et la revue Les Temps modernes prennent parti contre l'idée d'une Algérie française et soutiennent le désir d'indépendance du peuple algérien. Sartre s'élève contre la torture[28], revendique la liberté pour les peuples de décider de leur sort, analyse la violence comme une gangrène, produit du colonialisme[29]. En 1960, lors du procès des réseaux de soutien au FLN, il se déclare « porteur de valise »[30] du FLN [31]. Cette prise de position n'est pas sans danger, son appartement sera plastiqué deux fois par l'OAS et Les Temps modernes saisis cinq fois.
Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation suite au détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).
  • En 1959, Messali Hadj sort de prison, il est assigné à une résidence surveillée en France[32].
  • Les Algériens en France organisent des attentats et des manifestations en France en faveur du F.L.N.
  • 1960, la semaine des barricades à Alger fait 22 morts algériens et des centaines de prisonniers.
  • Le général de Gaulle annonce la tenue du référendum pour l'indépendance de l'Algérie. Les Algériens sont tenus à se prononcer.
  • 1960, l'ONU annonce le droit à l'autodétermination du peuple algérien.
  • Le 17 octobre 1961, la nuit noire à Paris ou appelée aussi la bataille de Paris (Massacre du 17 octobre 1961), plusieurs Algériens sont tués dans la métropole lors d'une manifestation du FLN. Il y aura aussi des milliers d'arrestations au sein des Algériens pendant cette nuit. Ce fait survient à la suite de l'instauration du couvre-feu à Paris pour les Algériens suite à l'assassinat de 21 policiers français par le FLN.
  • À Alger, le peuple algérien sort dans les rues pour manifester sa joie à l'indépendance. Il y aura plusieurs morts et blessés par la police française[21].
  • L'Organisation armée secrète (OAS) organise des attentats contre les Algériens malgré l'accord de cesser le feu et les résultats du référendum pour l'indépendance pour réprimander les gens qui étaient pour. L'indépendance de l'Algérie est proclamée après les résultats[33].
  • Des éléments de l'armée française restent en Algérie pour évacuer un million de Français (pieds-noirs, les Harkis, les Juifs, etc.).
  • Un million de réfugiés algériens reviennent en Algérie.

Voir aussi

Lien interne

Sources

  • Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2002 – ISBN 978-2-213-59222-0
  • Pierre Laffont, Histoire de la France en Algérie, Paris, Plon, 1979, 547p.

Bibliographie

Lien externe

Notes et références

  1. cité par Guy Antonetti, Op. cit., p. 776
  2. a  et b La Justice en Algérie 1830-1962, La Documentation française, Collection Histoire de la Justice, Paris, 2005, pp.95-109.
  3. Décret d'application de la loi du 14 juillet 1865
  4. Yves Lacoste, Vive la nation
  5. Coloniser, Exterminer : Sur la guerre et l'État colonial, Olivier Le Cour Grandmaison, éd. Fayard, 2005 (ISBN 2213623163).[réf. incomplète]
  6. a  et b Vive la nation!, Yves Lacoste, éd Fayard, 1998 (ISBN 2213596131).[réf. incomplète]
  7. (fr) - http://www.iue.it/, Le statut des musulmans en Algérie coloniale - une nationalité française dénaturée.
  8. Cent ans de capitalisme en Algérie 1830–1930, Robert Louzon, Acratie, 1998 (ISBN 2-909899-14-4)
  9. Coloniser, Exterminer : Sur la guerre et l'Etat colonial, Olivier Le Cour Grandmaison, éd. Fayard, 2005 (ISBN 2213623163)
  10. Atlas National Illustré: Algérie, Colonie Française - Région du Sud, N°87, Géographie et Statistique par V.Levasseur, Ingénieur Géographe. Rue de Malte, 24. Illustré par A.M. Perrot attaché au Génie et Raymond Bonheur, peintre. Gravé par Laguillermie et Rainaud. Rue St. Jacques, 82.
  11. 1er novembre 1954
  12. Chloé Leprince, Archives: Vichy et la guerre d'Algérie bientôt inaccessibles?, in Rue89, 17/04/2008, article en ligne
  13. Communiqué officiel de l'ambassade de France à Alger, 02/05/2008, communiqué en ligne
  14. Mohamed Salah Boureni, Un nouveau projet de loi : Les archives algériennes reviennent à l'Assemblée française, in Le Quotidien d'Oran, 04/05/2008, article en ligne
  15. (fr) - « Combien de morts ? », LDH de Toulon (juillet 2003).
  16. Pierre Vidal-Naquet, Les crimes de l'armée française en Algérie
  17. Aurel et Pierre Daum, Sans valise ni cercueil, les pieds-noirs restés en Algérie, mai 2008, article en ligne
  18. Pierre Daum, Sans valise ni cercueil, les pieds-noirs restés en Algérie : Trois événements traumatisants, in Le Monde diplomatique, mai 2008, article en ligne
  19. Soit environ 10% de la population totale du pays
  20. Pierre Daum, Sans valise ni cercueil, les pieds-noirs restés en Algérie : Combien sont-ils ?, in Le Monde diplomatique, mai 2008, article en ligne
  21. a , b , c , d , e , f , g  et h Yves Courrière, La Guerre d'Algérie
  22. Le MTLD le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, 1947-1954, De Jacques Simon
  23. Jacques Simon, Le MLDT
  24. Le Parti communiste français dans la lutte contre le colonialisme. Par Monique Lafon.Publié par Éditions sociales, 1962. page 140
  25. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, page 78
  26. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, page 92
  27. Fragments d'un combat: 1938-1940, Alger. Républicain, le Soir Républicain : articles par Albert Camus, Jacqueline Lévi-Valensi, André Abbou. Publié par Gallimard, 1978 Notes sur l'article: v. 1-2. page 565
  28. Anne Mathieu, Jean-Paul Sartre et la guerre d'Algérie, Monde diplomatique, novembre 2004
  29. Arno Münster, Sartre et la praxis, p 257
  30. Sympathisant du FLN chargé du transport de fonds et de documents confidentiels à l'intérieur de la métropole
  31. http://expositions.bnf.fr/Sartre/arret/1952.htm Exposition Bnf sur Sartre
  32. La Fédération de France de l'union syndicale des travailleurs algériens, USTA: son journal. Par Jacques Simon, Union syndicale des travailleurs algériens. Fédération de France. Publié par L'Harmattan, 2002. ISBN 2-7475-3083-3. page 134
  33. a  et b ALGÉRIE 1962 - La grande dérive: la grande dérive. Par M-Ali Haroun. Publié par L'Harmattan, 2005. ISBN 2-7475-8865-3.Page 53
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