Charles Richet

Charles Richet
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Charles Robert Richet
Image illustrative de l'article Charles Richet
Charles Robert Richet en 1913
Naissance 26 août 1850
Paris (France)
Décès 3 décembre 1935
(France)
Nationalité Drapeau : France française
Champs Médecine, physiologie
Renommé pour Travaux sur l'anaphylaxie
Distinctions Prix Nobel de physiologie ou de médecine

Charles Robert Richet (26 août 1850 à Paris - 3 décembre 1935) est un physiologiste français, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1913 pour la description de l'anaphylaxie[1], et président de 1920 à 1926 de la Société française d'eugénique.

Il est le fils de l'anatomiste et chirurgien Alfred-Louis-Dominique Richet (1816-1891).

Sommaire

Biographie

Agrégé de physiologie à la faculté de médecine en 1878, membre puis président des Sociétés pacifistes (dont il préside les congrès nationaux et internationaux), professeur de physiologie en 1887, secrétaire général de la Société de psychologie physiologique (présidée par Charcot en 1886 et vice-présidée par Théodule Ribot et Paul Janet), secrétaire général du premier congrès international de Psychologie Physiologique tenu à Paris en 1889, directeur de la Revue Scientifique, membre de l'Académie nationale de médecine en 1898, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine « en reconnaissance de ses travaux sur l'anaphylaxie[1] », membre de l'Académie des sciences en 1914, jubilé scientifique devant une Assemblée internationale de savants en 1926, c'est un excellent littérateur, sociologue, philosophe, psychologue, curieux de tout, à commencer par l'homme.

Membre fondateur de la Société française d'eugénique, dont il est le président de 1920 à 1926, il adopte des positions eugénistes, ainsi que fortement racistes (idées qu'il soutient notamment dans Sélection humaine, publiée en 1913). Un exemple de déclaration de Richet à l'appui de ses idées: « …une véritable aristocratie, celle des blancs, de pure race, non mélangés avec les détestables éléments ethniques que l’Afrique et l’Asie introduiraient parmi nous. » Il existe des rues Charles Richet dans de nombreuses villes en France, ainsi qu'un hôpital.

En 1890, il réalise la première sérothérapie sur l'homme.

Il est également pionnier de l'aviation avec Victor Tatin, partisan de l'espéranto, et surtout cité pour avoir co-fondé l'Institut métapsychique international en 1919, tout en ayant propagé ce terme dès 1894. Il consacre une grande partie de sa vie à l'étude des phénomènes paranormaux via cette science de l'inhabituel. Il participe à la fondation de la branche française de la Society for Psychical Research dont il fut président en 1905. Il a longtemps poussé ses collègues à s'incliner devant les faits de la méthode expérimentale, mais n'a jamais obtenu le consensus pour ces travaux. Charles Richet était un proche ami de Pierre Janet avec lequel il avait créé l'Institut Psychique International puis l'Institut Psychologique International en 1900-1901. Mais il s'en sépare notamment parce qu'il aurait été trompé dans l'épisode de la Villa Carmen (1905).

Selon l'article nécrologique d'Eugène Osty, « Pacifiste ? » :

« Ce Français pacifiste n'était pas de l'imbécile espèce anti-France. Son pays le trouva prêt à l'aider à tout moment utile. En 1870, il devança l'appel. En 1916, âgé de 66 ans, il entreprit une croisade en Italie, en Roumanie, en Russie, pays peuplé de ses élèves, pour y encourager latins et slaves à la lutte qu'il espérait devoir clore l'horrible coutume de la guerre. De retour en France il va aux armées où ses conseils peuvent être utiles et il y étudie les effets du choc explosif sur les combattants. Puis il s'emploie à observer, à l'hôpital de la côte Saint-André, les effets bénéfiques de sa zomothérapie sur les soldats tuberculeux. »

Publications

Scientifiques

De 1878 à 1902, il est rédacteur en chef de la Revue scientifique, dans laquelle il publie de nombreux articles. Il collabore également au Journal de physiologie et de pathologie générale et publie de nombreuses communications sur la physiologie, la chimie physiologique, la pathologie expérimentale, la psychologie normale et pathologique.

Essais : L'Homme stupide et La Sélection humaine

Meurtri par ce qu'il a vu, en tant que médecin, pendant la Grande Guerre, il clame en 90 pages ses quatre vérités à une humanité qui le révolte dans L'Homme stupide.

Richet débute son ouvrage par des propos misanthropes : « Personne ne m'accusera de nourrir une admiration aveugle pour notre soi-disant civilisation », et poursuit avec des propos profondément racistes comme « Les nègres n'ont rien d'analogue [à l'humanité blanche]. Ils continuent, même au milieu des Blancs, à vivre une existence végétative, sans rien produire que de l'acide carbonique et de l'urée. » et que « les écureuils et les singes sont bien au-dessus des nègres, dans la hiérarchie des intelligences. »

Malgré de tels propos et de bien d'autres du même genre qu'il tient aussi, en 1913, dans son livre La Sélection humaine, comme : « Lorsqu’il s’agira de la race jaune, et, à plus forte raison, de la race noire, pour conserver, et surtout pour augmenter notre puissance mentale, il faudra pratiquer non plus la sélection individuelle comme avec nos frères les blancs, mais la sélection spécifique, en écartant résolument tout mélange avec les races inférieures[2]. », ou bien, « après l'élimination des races inférieures, le premier pas dans la voie de la sélection, c'est l'élimination des anormaux[3]. », le nom de Charles Richet a été donné à de nombreuses rues et à un hôpital.

Puis c'est à la société qui se prétend civilisée qu'est consacré ensuite l'essentiel du texte : mutilations des enfants, guerre, alcool, autres poisons, crédulité, absurdité des bijoux (dans des pages qui rappellent Tertullien), traitement injuste par l'humanité de ses grands hommes, refus obstiné par les hommes d'une langue universelle sont ainsi passés en revue de façon pessimiste et sarcastique. En leitmotiv y revient cette idée : partout et toujours Homo stultus (l'homme stupide en latin) règne en maître.

« L'aménagement d'un vaisseau cuirassé témoigne à certains égards d'une prodigieuse intelligence. Puissantes machines, télégraphies sans fil, canons énormes pourvus de poudres savantes, forces électriques régissant tout le mécanisme, salons luxueux, bibliothèques choisies, hydravions rapides ! C'est parfait. L'ingénieuse disposition de toutes les parties du bâtiment permet de faire voguer sans péril, en toutes les mers, toutes les merveilles de la civilisation accumulées en un étroit espace. Oui ! c'est beau, et j'admire ! Mais bientôt, quand je réfléchis, mon admiration s'évanouit. Elle s'évanouit même si bien qu'il n'en reste plus de trace. Car enfin quelle est la destination de ce magnifique appareil ? Détruire un autre appareil analogue. Alors à quoi bon ? »

Cependant, Charles Richet en débutant et terminant L'Homme stupide donne sa solution pour que l'homme devienne homo sapiens, laquelle ne diffère en rien de celle profondément raciste, comme on a pu le lire ci-dessus, et eugénique qu'il avait exposée en 1913 dans La Sélection humaine. Il écrit ainsi :

« Donc on peut modifier par sélection les espèces. Donc il y a transmission héréditaire. Donc, en continuant cette sélection, c'est-à-dire l'accouplement des meilleurs, sans défaillance, pendant de nombreuses générations, on forcera certains caractères, aussi bien psychologiques que physiques, à se fixer sur l'espèce. Car la forme de l'esprit est soumise à l'hérédité, tout autant que la forme du corps.
S'il en est ainsi - et il est fortement prouvé qu'il en est ainsi - pour que Homo stultus cesse d'être Homo stultus, il lui faudra développer son intelligence par une sévère et prolongée sélection. Mais, pour commencer, ne fût-ce que timidement, cette grande oeuvre, un immense et douloureux effort serait nécessaire. Et malheureusement nous sommes arrivés à un tel point de dégradation qu'une si rude tâche sera probablement impossible. »

Le lien entre les deux livres est tel que La Sélection humaine a été rééditée en 1919, soit l'année de la parution de L'Homme stupide.

Son idée folle était que la sélection de l'homme par l'homme serait plus rapide que la sélection naturelle, d'où le titre du livre La Sélection humaine. Les sinistres mises en en œuvre de ses idées se retrouveront dans l'apartheid et la Solution finale des nazis.

Dans La Sélection humaine, Charles Richet nomme par deux fois Rabelais en tant qu'homme illustre. Il semble ne pas avoir bien lu son œuvre Pantagruel qui contient la fameuse maxime : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ».

Lieux portant son nom

Probablement pour le fait que Charles Richet s'est vu décerné un prix Nobel en 1913, son nom a été donné à des lieux dans de nombreuses communes de France.

Ainsi de manière non exhaustive, les communes suivantes lui rendent hommage :

Et aussi en Belgique :

Ouvrages

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilité, Paris, Masson, 1877.
  • Structure et physiologie des circonvolutions cérébrales, Paris, Germer Baillière, 1878.
  • Leçons sur la physiologie générale des muscles, des nerfs et des centres nerveux, Paris, Germer Baillière, 1882.
  • L'homme et l'intelligence. Fragments de psychologie et de physiologie, Paris, Félix Alcan, 1887.
  • Essai de psychologie générale, Paris, Alcan, 1888.
  • Dans cent ans, P. Ollendorff, 1892.
  • Les guerres et la paix, Paris, Schleicher Freres, 1899[4].
  • Exposé des travaux scientifiques de M. Charles Richet, Paris, Chameroy et Renouard, 1901.
  • L'Anaphylaxie, Paris, Baillière, 1911.
  • La Sélection humaine, Paris, Félix Alcan, 1913
  • L'homme stupide, Paris, Ernest Flammarion, 1919.
  • Traité de Métapsychique, Paris, Alcan, 1922.
  • Dictionnaire de Physiologie 2e Fascicule, 209-576, Paris, Alcan, 1923.
  • L'intelligence et l'homme. Études de psychologie et de physiologie, Paris, Félix Alcan, 1927.
  • Notre sixième sens, Paris, Montaigne, 1928.
  • La grande espérance, Paris, Montaigne, 1933.

Notes et références

  1. a et b (en) « in recognition of his work on anaphylaxis » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Physiology or Medicine 1913 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 22 novembre 2010
  2. Charles Richet, La Sélection humaine, Alcan, Paris, 1919, p. 81
  3. Charles Richet, La Sélection humaine, Alcan, Paris, 1919, p. 163
  4. Gallica

Annexes

Bibliographie

  • Frédéric Carbonel, Au-delà de Paris et Nancy, « l’École de Charles Richet » selon Pierre Janet in Janetian Studies, mai 2008, vol. 5.
  • Roger Henri. Notice nécrologique. Cahiers de l'Union Rationaliste, 1936, 290-293.
  • Pierrette Estingoy, Charles Richet et la découverte de l'anaphylaxie. Histoire d'un prix Nobel de médecine, Thèse de médecine, Université Claude Bernard, Lyon I, 1996.
  • Pierrette Estingoy, 1999, Race, peuple et évolution dans l’œuvre de C. Richet (1850-1935), in Kail M., Vermès G., (eds.), La psychologie des peuples et ses dérives, Paris, CNDP, 109-122.
  • Pierrette Estingoy, De l’esprit créatif chez le chercheur. Regard transversal sur l’œuvre de Charles Richet, Hist Sci Med. 2003 Oct-Dec;37(4):489-99.
  • Henri Piéron, Nécrologie. Charles Richet (1850-1935). L'année psychologique, 1935, 36, 789.
  • Pascal Le Maléfan, "Richet chasseur de fantômes: l'épisode de la Villa Carmen" in Des savants face à l'occulte (1870-1940) (Dir. Bernadette Bensaude-Vincent et Ch. Blondel), Paris, La Découverte, 2002, p.152-157. et p.173-200.
  • Gabriel Richet, Pierrette Estingoy, Charles Richet et son temps ; courrier du prix Nobel, Hist Sci Med. ; 2003, vol. 37 (4):501-13.

Liens externes


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