Dinosaures


Dinosaures

Dinosaure

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Dinosauria
 squelettes d'Allosaure et de Stégosaures auRoyal Ontario Museum
squelettes d'Allosaure et de Stégosaures au
Royal Ontario Museum
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Reptilia
Sous-classe Diapsida
Infra-classe Archosauromorpha
Super-ordre
Dinosauria
Owen, 1842
Ordres de rang inférieur
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Les dinosaures (Dinosauria en latin) sont des animaux vertébrés ayant régné sur les écosystèmes terrestres durant plus de 160 millions d'années. Ils sont apparus sur Terre dans la première moitié du Trias (env. -251 à -199,6 millions d'années), il y a plus de 230 millions d'années. Le supercontinent de la Pangée n'étant pas encore fragmenté, les dinosaures ont pu coloniser tous les continents à pied sec[1],[2]. À la fin du Crétacé, il y a environ 65 millions d'années, une catastrophe causa l'extinction partielle des dinosaures et mit fin à leur règne sur la faune terrestre. Un groupe de dinosaures a toutefois survécu à cette catastrophe ; en effet, les oiseaux sont des dinosaures théropodes, bien que leur aspect ne corresponde pas à l'idée que l'on se fait d'un dinosaure.

Depuis que les premiers fossiles de dinosaures ont été reconnus au début du XIXe siècle, les reconstitutions de squelettes et les expositions sont devenues des attractions majeures dans les musées du monde entier. Les dinosaures sont devenus partie intégrante de la culture populaire, figurant dans des livres et des films à succès, et les nouvelles découvertes sont régulièrement rapportées dans les médias.

Le terme de dinosaure est parfois utilisé de manière informelle pour décrire d'autres reptiles préhistoriques qui n'étaient pas des dinosaures. Les exemples les plus connus sont les pelycosauriens (qui incluent le Dimétrodon et l'Édaphosaure), les reptiles volants du groupe des ptérosaures et de nombreux reptiles marins tels que les ichthyosaures, les plésiosaures, les mosasaures ou les nothosaures. Aucun d'entre eux n'était un dinosaure.

Sommaire

Description

Définition historique

Le taxon des Dinosauria a été introduit par le paléontologue anglais Richard Owen en 1842 pour regrouper une « tribu ou sous-ordre distinct des Sauropsidés »[3]. Le terme dérive du grec δεινός (deinos : « formidable, terrible ») et de σαύρα (saura : « lézard » ou « reptile »). Owen a choisi ce nom par référence à la crainte que pouvait inspirer leur taille, leurs dents et leurs griffes souvent impressionnantes[4]. En effet, un grand nombre de dinosaures pouvaient être d'une taille considérable (plus de quinze mètres de long), ce qui leur a valu un succès certain. Toutefois, ces animaux pouvaient aussi avoir une très petite taille (quelques centimètres). Les découvertes récentes ont rendu plus difficile la distinction nette entre différents dinosaures ; cependant les squelettes fossiles trouvés semblent presque tous avoir des points communs avec ceux des Archosauriens. Les dinosaures postérieurs disposent de caractéristiques légèrement modifiées.

Les synapomorphies des dinosaures incluent par exemple une crête ovale sur l'humérus, un crâne diapside.

Définition moderne

Squelette de Triceratops au American Museum of Natural History à New York.

Selon la classification phylogénétique, les dinosaures sont habituellement définis comme tous les descendants du plus récent ancêtre commun du Triceratops et des oiseaux modernes[5]. Il a aussi été suggéré que les dinosaures soient définis comme tous les descendants du plus récent ancêtre commun du Megalosaurus et de l’Iguanodon, parce que ce sont deux des trois espèces citées par Richard Owen quand il a reconnu les dinosaures[6]. Les deux définitions donnent le même ensemble d'animaux considérés comme des dinosaures, incluant les théropodes (surtout des bipèdes carnivores), les sauropodomorphes (surtout des herbivores quadrupèdes avec un long cou et une longue queue), les ankylosauriens et stégosauriens (des herbivores quadrupèdes recouverts de plaques osseuses), les cératopsiens (des herbivores quadrupèdes à cornes), et les ornithopodes (herbivores bipèdes ou quadrupèdes incluant les « becs de canard »). Ces définitions sont écrites afin de correspondre avec les conceptions scientifiques des dinosaures qui historiquement précèdent l'utilisation moderne de la phylogénétique. Cette continuité est utilisée pour éviter une confusion avec ce que le terme dinosaure signifie.

Il y a un consensus presque total chez les paléontologues que les oiseaux sont les descendants des dinosaures théropodes. En utilisant la définition strictement cladistique que tous les descendants d'un seul ancêtre commun doivent être inclus dans un même groupe pour que ce groupe soit valide, les oiseaux « sont » des dinosaures et les dinosaures n'ont donc pas disparu. Les oiseaux sont classés par la plupart des paléontologues comme appartenant au sous-groupe des maniraptors, qui sont des coelurosaures, qui sont des théropodes, qui sont des saurischiens, qui sont des dinosaures[7].

Du point de vue de la cladistique, les oiseaux sont des dinosaures ; mais en langage courant le mot « dinosaure » n'inclut pas les oiseaux. Par souci de clarté, cet article utilise le mot « dinosaure » comme synonyme de « dinosaure non-avien ». Le terme de « dinosaure non-avien » sera utilisé pour accentuer quand nécessaire. Il est également techniquement correct de se référer aux dinosaures comme un groupe distinct avec le plus vieux système de classification scientifique des espèces, qui accepte des taxons paraphylétiques excluant certains descendants d'un seul ancêtre commun.

Taille

Comparaison de la taille d'un Diplodocus et d'un humain.

En se fondant sur les fossiles découverts, il est certain que les dinosauriens étaient un groupe de grands animaux bien que leur taille moyenne ait varié pendant les périodes du Trias, Jurassique et Crétacé[8]. D'après le paléontologue Bill Erickson, le poids médian oscille entre 9 kg et 5 tonnes; une étude récente sur 63 genres de dinosaures a donné un poids moyen de 850 kg (comparable à celui d'un grizzly) et un poids médian de près de deux tonnes, soit autant qu'une girafe. En comparaison, le poids moyen des mammifères est de 863 grammes, soit celui d'un gros rongeur. Le plus petit des dinosaures découvert était plus grand que deux tiers des mammifères actuels. La majorité des dinosaures était plus grande que 98 % des mammifères existants[9].

Plus grands et plus petits dinosaures

Taille d'un Sauroposeidon comparé à un être humain.
Taille d'un Eoraptor comparé à un être humain.

Seule une petite fraction des animaux morts deviennent des fossiles, et seuls quelques spécimens découverts sont des fossiles complets, et les impressions de peaux et de tissus mous sont rares.
La reconstruction d'un squelette d'une espèce en comparant la taille et la morphologie des os avec ceux d'une autre espèce similaire mieux connue est un art inexact, et faire la recomposition des muscles et des autres organes d'un spécimen est scientifiquement difficile. On ne sera donc jamais vraiment certain de la taille des plus grands et plus petits dinosaures.

Parmi les dinosaures, les sauropodes étaient gigantesques, les plus grands étaient d'un ordre de grandeur plus massif que tous les animaux ayant marché depuis sur la Terre. Des mammifères préhistoriques comme l'Indricotherium et le mammouth colombien étaient des nains comparés aux sauropodes. Seule une poignée d'animaux aquatiques contemporains les approchent ou les surpassent en taille, telle la baleine bleue, qui pèse 180 tonnes et atteint 31 mètres de long au maximum.

Le plus grand et plus lourd dinosaure connu à partir de squelettes complets ou presque est le Brachiosaurus brancai (aussi connu comme Giraffatitan)[10]. Il mesurait 12 m de haut, 22,5 m de long, et aurait pesé entre 30 et 60 tonnes (pour mémoire un éléphant de savane d'Afrique, le plus grand animal terrestre du monde, pèse en moyenne 7,7 tonnes). Le plus long dinosaure issu d'un fossile complet est le Diplodocus qui faisait 27 m (Pittsburgh, Carnegie Natural History Museum, 1907).

Il y avait de plus grands dinosaures mais les données connues sont estimées sur quelques fossiles fragmentaires. La plupart sont des herbivores découverts dans les années 1970 ou après, parmi lesquels l'énorme Argentinosaurus, qui pouvait avoir pesé entre 80 et 100 tonnes ; le plus long de tous, le Supersaurus de 40 mètres ; et le plus grand, le Sauroposeidon de 18 mètres, qui aurait pu atteindre une fenêtre au 6e étage.

Un dinosaure encore plus grand, le Amphicoelias fragillimus, connu seulement de quelques vertèbres découvertes en 1878, pourrait avoir atteint 58 mètres de long et un poids de 120 tonnes[11]. Le plus lourd aurait pu être le peu connu et encore débattu Bruhathkayosaurus, qui pourrait avoir atteint de 175 à 220 tonnes.

Le plus grand carnivore était le Spinosaurus, qui atteignait une taille de 16 à 18 mètres et pesait 9 tonnes[12]. D'autres grands carnivores incluaient les Giganotosaurus, Mapusaurus, Tyrannosaurus rex et Carcharodontosaurus.

Sans inclure les oiseaux contemporains comme les oiseaux-mouches, les plus petits dinosaures avaient la taille d'un corbeau ou d'un poulet. Les théropodes Microraptor et Parvicursor faisaient moins de 60 cm de long.

Comportement

Un nid de Maiasaura découvert en 1978.

L'interprétation du comportement des dinosaures est généralement établie sur la disposition des fossiles découverts, leur habitat, les simulations par ordinateur de leurs biomécaniques, et les comparaisons avec des animaux actuels situés dans la même niche écologique. Comme telle, la compréhension actuelle du comportement des dinosaures repose sur des spéculations, dont certaines resteront probablement controversées pendant encore longtemps. Cependant, il y a un consensus sur le fait que certains courants qui sont communs chez les crocodiles et les oiseaux (les espèces les plus proches des dinosaures) soient aussi courants chez les dinosaures.

Troupeaux

La première preuve de troupeaux de dinosaures fut découverte en 1878 en Belgique à Bernissart. 31 Iguanodons semblaient avoir péri ensemble après être tombés dans une doline profonde et inondée[13]. Malgré la découverte que ces squelettes étaient issus des trois événements distincts[14], d'autres sites de morts massives furent découverts.
Ceux-ci, avec de nombreuses traces fossiles suggérèrent que les troupeaux où les hordes étaient communes dans beaucoup d'espèces. Les pistes des centaines, voire de milliers d'herbivores, indiquaient que les dinosaures à bec de canard pouvaient se déplacer en grands troupeaux, tel le bison ou le springbok. Des traces de sauropodes permirent de voir que ces animaux voyageaient en groupes composés de plusieurs espèces différentes[15], et d'autres gardaient les jeunes au milieu du troupeau afin de les protéger, d'après les traces au Davenport Ranch au Texas.

Nids

La découverte en 1978 par Jack Horner du nid du Maiasaura ("dinosaure bonne mère") au Montana démontra que les soins parentaux duraient bien après l'éclosion chez les ornithopodes[16]. Il y a aussi des preuves que d'autres dinosaures du Crétacé comme le sauropode Saltasaurus (découvert en 1997 en Patagonie) avaient des comportements similaires, et que ces animaux se regroupaient en immenses colonies nidificatrices comme celles des manchots. L'Oviraptor de Mongolie a été découvert (1993) dans une position de couvaison comme celle de la poule, ce qui signifie qu'il était recouvert d'une couche de plumes isolantes qui gardait l'œuf au chaud[17]. Des pistes fossiles ont aussi confirmé le comportement maternel parmi les sauropodes et les ornithopodes de l'île de Skye[18]. Des nids et des œufs ont été trouvés pour la plupart des principaux groupes de dinosaures, et il apparait probable que les dinosaures communiquaient avec leurs petits d'une manière similaire aux oiseaux et aux crocodiles actuels.

Accouplement et communication

Les crêtes de certains dinosaures, comme les marginocéphales, les théropodes et les hadrosauridae, pourraient avoir été trop fragiles pour une défense active et donc auraient probablement été utilisées pour les parades sexuelles ou à des fins d'intimidation, bien qu'il existe peu d'éléments sur le territorialisme et l'accouplement des dinosaures.

Vue d’artiste de deux Centrosaurus, ceratopsidaes herbivores de la fin du Crétacé en Amérique du Nord.

La nature des communications entre dinosaures reste également énigmatique, mais des découvertes récentes suggèrent que la crête creuse des lambeosaurines pourrait avoir fonctionné comme une caisse de résonance utilisée pour une grande variété de vocalisations.

Chasse

D'un point de vue comportemental, l'un des fossiles les plus importants de dinosaure a été découvert dans le désert de Gobi en 1971. Il incluait un Velociraptor attaquant un Protoceratops[19], prouvant physiquement que les dinosaures s'attaquaient et se mangeaient entre eux. Bien que le cannibalisme parmi les théropodes ne soit pas une surprise[20], il a été confirmé par des traces de dents sur un fossile de Madagascar en 2003[21].

Déplacement

Basé sur les preuves fossiles existantes, il n'y avait aucune espèce de dinosaure fouisseur et peu de dinosaures grimpeurs. Puisque l'expansion des mammifères au cénozoïque vit l'apparition de nombreuses espèces fouisseuses et grimpantes, le manque de preuves pour des espèces de dinosaures similaires est quelque peu surprenant.

Une bonne compréhension de la façon dont les dinosaures se déplaçaient est la clef des modèles de comportements des espèces. La biomécanique en particulier a fourni de nombreux éléments comme par exemple la détermination de la vitesse de course des dinosaures d'après l'étude des forces exercées par leurs muscles et la gravité sur la structure de leur squelette[22],[23], savoir si les diplodocides pouvaient créer un bang supersonique en balayant l'air avec leur queue en forme de fouet[24], déterminer si les théropodes géants devaient ralentir quand ils poursuivaient leurs proies pour éviter des blessures mortelles[25], et si les sauropodes pouvaient flotter[26].

Métabolisme

Une étude française sur la composition isotopique en oxygène des dents et os de 80 dinosaures du Crétacé (théropodes, sauropodes, ornithopodes et cératopsiens[27]) provenant de gisements d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Afrique et d'Asie, a montré que ceux-ci devaient être homéothermes. Le rapport 18O/16O — qui dépend de la température interne de l'animal vivant — est identique à celui des mammifères et oiseaux, homéothermes, et diffère nettement de celui des reptiles actuels, ectothermes, et des chéloniens et crocodiliens fossiles du Crétacé.

La présence de structures de Havers (micro-canaux entourés d'une couche d'os concentrique au sein des squelettes) dans les os fossilisés serait également un élément en faveur caractère endotherme[28].

Une équipe de Floride a estimé que la température était proportionnelle à la masse et au taux de croissance, allant de 25 °C pour les petits dinosaures jusqu’à 41 °C pour les plus grands[29]. Ils ont appliqué un modèle numérique, permettant d'estimer la température corporelle en fonction de la taille et du rythme de croissance, à huit espèces, du psittacosaure (Psittacosaurus mongoliensis, 12 kg) à l'apatosaure (Apatosaurus excelsus, 26 000 kg). D'après cette équipe, la température interne de Sauroposeidon proteles, le plus lourd des dinosaures connus (60 tonnes), devait atteindre 48 °C. Ce modèle tendrait donc à prouver que les gros dinosaures étaient chauffés par « homéothermie inertielle ».

Histoire naturelle

Origine des dinosaures

Un reconstitution d'Herrerasaurus, l'un des plus anciens dinosaures connus, vers -230 millions d'années au trias supérieur.

Les Dinosaures sont apparus au sein du superordre des reptiles archosauriens, un groupe de reptiles diapsides de la fin du permien.

L'extinction radicale de la fin du permien, vers -250 millions d'années, a balayé 90 % des espèces de l'époque, permettant à de nouveaux groupes d'animaux ou de plantes de prendre leur essor (radiations évolutives), notamment les amniotes, parmi lesquels on trouve les ancêtres des dinosaures. De nombreux événements géologiques sont contemporains de cette crise.

Les plus anciens dinosaures connus sont des carnivores âgés de 225 à 230 millions d'années, Eoraptor et Herrerasaurus. Tous deux montrent déjà une certaine spécialisation, puisque ce sont des Saurischiens, datant d'après la divergence entre les dinosaures ornithischiens et saurischiens.

Herrerasaurus est non seulement un saurischien, mais peut-être même un théropode déjà affirmé[30].

En 2008, aucun dinosaure primitif datant d'avant la divergence entre ornithischiens et saurischiens n'est connu, ce qui fait probablement remonter la toute première espèce de dinosaures encore indifférenciée quelques millions d'années plus tôt, soit au moins au tout début du Trias, entre -250 et -240 millions d'années.

La crise crétacé-tertiaire (crise K-T) ou « l'extinction des dinosaures »

Article détaillé : Extinction du Crétacé.
Une des causes de la disparition des dinosaures.

La disparition des dinosaures donna naissance à de nombreuses théories, certaines farfelues comme la destruction des dinosaures par des extraterrestres, et d'autres plus probables et scientifiquement testables. Il convient toutefois de noter que l'extinction des dinosaures est un problème sémantique : les dinosaures ne sont pas éteints puisqu'il subsiste des oiseaux.

En revanche, il y a bien eu une crise à la fin du Crétacé, il y a 65 millions d'années. Bien que cette dernière ait eu un impact moyen sur la biodiversité en général (si on la compare à la crise Permo-Triasique ou même à celle de l'Ordovicien) et qu'elle a surtout décimé des organismes marins tels les foraminifères et non des organismes terrestres dont l'extinction relative est beaucoup moins élevée, elle est devenue très célèbre en raison de la sur-médiatisation relative aux dinosaures.

La comparaison du taux d'extinction, taxon par taxon, montre que certains des clades contemporains des dinosaures ont été très affectés (tels les plésiosaures et les ptérosaures) et d'autres beaucoup moins (crocodiliens et chéloniens par exemple). Cette crise a éliminé les dinosaures non-aviens vivant à cette époque.

Les causes les plus probables ayant induit la crise K-T sont :

  • la chute d'un astéroïde ou d'une comète d'une dizaine de kilomètres de diamètre provoquant une catastrophe majeure qui, par le biais de débris dus à la collision, plongea la Terre dans l'obscurité et le froid pendant plusieurs années, empêchant ainsi la photosynthèse, ce qui induisit un appauvrissement massif en plantes et surtout en plancton et conduisit à l'extinction de nombreuses espèces dépendant de ces ressources quel que soit leur niveau trophique. Cette théorie, de nos jours très argumentée (cratère de Chicxulub au Mexique daté de –65 Ma), permet notamment d'expliquer dans une certaine mesure les survies différentielles des taxons. De plus, suite à des découvertes récentes (avril 2008) de cénosphères (sphères microscopiques se formant suite à la combustion de charbon et de pétrole brut) dans les sédiments de la crise K-T, les chercheurs pensent que la météorite aurait pu s'écraser dans une réserve pétrolière, et projeter dans l’atmosphère de grandes quantités d’hydrocarbures enflammés expliquant la disparition de la majorité des espèces[31]. Cependant des études du cratère par carottage situeraient cet impact 300000 ans avant les extinctions massives. Ceci n'exclut pas totalement le rôle de cet astéroïde dans l'extinction, mais l'inclut dans une théorie multi-factorielle faisant également le lien avec des changements climatiques. Cet impact demeure toutefois le seul facteur susceptible d'expliquer des disparitions rapides d'espèces lors de cette crise.
  • éruptions à la fin du Crétacé d'un "supervolcan", lié à la présence d'un point chaud placé actuellement sous l'île de La Réunion et qui forma les trapps du Deccan, en Inde pendant une période assez courte au niveau des temps géologiques (au moins 1 million d'années), provoquant un cataclysme planétaire en modifiant le climat et réduisant la photosynthèse en plongeant la Terre dans une pénombre par le biais de nuages de cendres et de brume sulfureuse. Cette théorie est aussi argumentée que la théorie précédente, entre autres par la datation de –65 Ma des trapps du Deccan, dont la superficie équivaut à plusieurs fois la France, et par des résultats sur la baisse de la luminosité à la surface de la Terre lors de l'éruption récente du Pinatubo (avril 1991) aux Philippines. Cette théorie recoupe en partie celle de la collision météorique sur les effets atmosphériques.
  • régressions marines très importantes à la fin du Crétacé changeant la conformation et l'étendue des milieux littoraux et benthiques tout en induisant un important changement climatique. Cette théorie est elle aussi basée sur des preuves solides et on sait maintenant qu'une très grande régression marine a eu lieu au crétacé supérieur.

Ces trois théories sont basées sur des faits et la crise K-T pourrait être la conséquence de la quasi-simultanéité de ces trois évènements. Les avis divergent en ce qui concerne l'importance relative de chacun d'eux.

Les représentants actuels des dinosaures

Un œuf de dinosaure fossilisé.

Le premier fossile d'oiseau, l'Archéoptéryx, du Jurassique supérieur, a été découvert en Bavière en 1861. Sa grande ressemblance avec certains petits dinosaures carnivores bipèdes, comme les Compsognathus, a immédiatement fait apparaitre la théorie selon laquelle les oiseaux descendaient d'un groupe de dinosaures au sein des Cœlurosauriens.

Pendant un siècle, la théorie est restée très controversée, voire rejetée. En effet, les oiseaux ont des clavicules, alors que les cœlurosauriens n'en avaient pas.

Depuis les années 1970, cependant, des Cœlurosauriens dotés de clavicules ont été découverts (et même dans des groupes moins dérivés), et la théorie dinosaurienne sur l'origine des oiseaux est redevenue dominante.

Dans les années 1990, de nombreux fossiles de dinosaures à plumes ont été découverts, en particulier en Chine, et ont achevé d'imposer cette théorie. Il ne s'agit pas de fossiles intermédiaires entre dinosaures et oiseaux, mais bien de dinosaures cœlurosauriens avec des plumes ou des proto-plumes. L'interprétation qui est faite de ces découvertes est qu'une ou plusieurs espèces de dinosaure cœlurosaurien (voire l'ancêtre des Cœlurosauriens lui-même) a développé le caractère « plume » et que parmi les descendants de cette espèce se trouve entre autres l'ancêtre commun à tous les oiseaux.

Il reste une petite communauté de personnes contestant l'origine dinosaurienne des oiseaux ("BAND": Birds Are Not Dinosaurs).

Reptiles contemporains aux dinosaures

De nombreux reptiles qui vivaient aux mêmes périodes géologiques que les dinosaures ont parfois été confondus avec les dinosaures par le cinéma ou la littérature, alors qu'ils ne sont pas scientifiquement classés comme tels. Les plus connus sont :

Histoire de leur étude

Article détaillé : histoire de la paléontologie.

Les fossiles de dinosaures sont connus depuis des millénaires, mais leur vraie nature n'est connue que depuis peu. Pour les Chinois c'étaient des os de dragons, pour les Européens des restes des Géants bibliques et d'autres créatures tuées par le Déluge. Georges Cuvier décrivit un lézard marin mosasaure (contemporain des dinosaures, mais qui n'en était pas un) dès 1808. Les premières espèces identifiées et baptisées furent l’iguanodon, découvert en 1822 par le géologue anglais Gideon Mantell, qui a remarqué des similitudes entre ses fossiles et les os de l’iguane contemporain. Le premier article scientifique sur les dinosaures parut deux ans plus tard. Il fut publié par le révérend William Buckland, professeur de géologie à l'université d’Oxford, et concernait Megalosaurus bucklandii, dont un fossile avait été découvert près d’Oxford. L'étude de ces « grand lézards fossiles » fit l'objet d'un grand intérêt dans les cercles scientifiques européens et américains, et le paléontologue anglais Richard Owen inventa le terme « dinosaure » en 1842. Il remarqua que les restes précédemment trouvés (Iguanodon, Megalosaurus et Hylaeosaurus) avaient de nombreux caractères en commun, et décida de créer un nouveau groupe taxonomique. Avec l'aide du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, mari de la reine Victoria, il créa le Muséum d'histoire naturelle de Londres, à South Kensington (Natural History Museum), pour exposer la collection nationale de fossiles de dinosaures, ainsi quelques autres objets d'intérêt botanique et géologique.

En 1858 le premier fossile de dinosaure américain fut découvert, dans des marnières près de la petite ville de Haddonfield, dans le New Jersey (ce n'est pas le premier fossile de dinosaure trouvé en Amérique, mais le premier identifié comme tel). L’animal fut nommé Hadrosaurus foulkii, du nom de la ville et de son découvreur : William Parker Foulke. Cette découverte fut très importante car il s'agissait du premier squelette presque complet découvert, et il mettait en évidence sans doute possible que l'animal était bipède. Jusqu’alors la plupart des scientifiques croyaient que les dinosaures marchaient à quatre pattes comme les lézards. Cette découverte marqua le début d'une chasse aux fossiles de dinosaures aux États-Unis. La lutte acharnée entre Edward Drinker Cope et Othniel Charles Marsh fut connue sous le nom de « guerre des os » (Bone Wars). Leur querelle dura presque 30 ans, et finit en 1879 quand Cope mourut après avoir dépensé toute sa fortune dans cette quête. Marsh sortit vainqueur, grâce surtout à l’aide financière de l’Organisation Géologique des États-Unis (United States Geological Survey). La collection de Cope se trouve aujourd'hui au muséum d'histoire naturelle de New York, celle de Marsh au muséum d'histoire naturelle de Peabody, à l'université Yale.

Depuis, la recherche de fossiles s'est étendue à toute la surface du globe, y compris en Antarctique, où un Nodosaurid ankylosaurus fut découvert en 1986, sur l'île de Ross. C'est cependant en 1994 qu'un dinosaure habitant réellement l'Antarctique, Cryolophosaurus ellioti, fut décrit dans un journal scientifique. Les zones particulièrement intéressantes sont aujourd'hui l'Amérique du Sud, et surtout l'Argentine, et la Chine, dont le sous-sol a révélé de nombreux squelettes très bien conservés.

Classification des dinosaures

Il n'y a pas encore si longtemps, on classait dans les dinosaures : les ichthyosaures, les pliosaures, les plésiosaures (3 groupes de reptiles aquatiques) et les ptérosaures (reptiles volants) qui, aujourd'hui, sont considérés comme des lignées évolutives indépendantes des dinosaures parmi les reptiles ayant vécu au Mésozoïque. Les dinosaures étaient un groupe d'animaux extrêmement divers ; selon une étude de 2006, 527 genres de dinosaures ont été décrits avec certitude, et plus de 1 844 genres sont encore à classer[32], [33]. Certains d'entre eux étaient herbivores, d'autres carnivores. Certains dinosaures étaient bipèdes, d'autres étaient quadrupèdes et certains, tels Ammosaurus et Iguanodon, pouvaient marcher aussi bien sur deux ou quatre pattes.

Les dinosaures sont nommés de façon précise selon leur genre et leur espèce. Souvent, ce nom d'espèce est donné en fonction du nom du lieu de sa découverte comme Saltasaurus, le dinosaure de la rivière Salta en Argentine, en fonction d'une particularité anatomique comme le Triceratops, la face à trois cornes, ou en fonction du nom d'un paléontologue connu comme Othnielia pour Othniel Charles Marsh. Avec l'essor de la paléontologie, les noms d'espèces s'internationalisent. Les racines grecques et latines sont remplacées parfois par des racines chinoises, mongoles ou africaines comme Nqwebasaurus venant du xhosa, une langue d'Afrique du Sud[34].

Tableau récapitulatif

Sur la base du code international de nomenclature zoologique, on peut reconnaitre de 630 à 650 genres de dinosaures, rassemblant plusieurs milliers d'espèces de dinosaures (une vingtaine de nouvelles espèces sont décrites tous les ans). Un peu plus de la moitié de ces espèces ne sont représentées que par un seul spécimen (souvent incomplet) et moins de 20 % des espèces sont connues par plus de cinq spécimens. Ce tableau général fournit des liens entre les principaux groupes de dinosaures. On trouvera à droite quelques genres illustrant les ordres et les familles représentés.

Saurischia
Herrerasauridae Herrerasil.jpg Herrerasaurus Staurikosaurus
Theropoda
Coelophysoidea Coelophysis silhouette.jpg Coelophysis Liliensternus Dilophosaurus
Neotheropoda
Ceratosauria Ceratosil.jpg Ceratosaurus Majungasaurus Carnotaurus
Tetanurae
Spinosauroidea Spinosil.jpg Spinosaurus Suchomimus Torvosaurus
Avetheropoda Tyrannosaurus silhouette.jpg Allosaurus Tyrannosaurus Velociraptor
Sauropodomorpha
Prosauropoda Massospondylus silhouette.jpg Anchisaurus Plateosaurus Massospondylus
Sauropoda
Sauropodes basaux Basal sauropod silhouette.jpg Mamenchisaurus Shunosaurus Omeiosaurus
Neosauropoda
Diplodocoidea Diplosil.jpg Diplodocus Apatosaurus Amargasaurus
Macronaria Brachiosaurus silhouette.jpg Brachiosaurus Camarasaurus Ampelosaurus
Ornithischia
Heterodontosauridae Heterodontosaurus silhouette.jpg Heterodontosaurus Abrictosaurus
Genasauria Thyreophora
Thyréophores basaux Scelidosaurus silhouette.jpg Scelidosaurus Scutellosaurus
Eurypoda
Stegosauria Stegosaurus silhouette.jpg Stegosaurus Kentrosaurus Huayangosaurus
Ankylosauria Ankylosaurus silhouette01.jpg Euoplocephalus Edmontonia Ankylosaurus
Cerapoda Marginocephalia
Pachycephalosauria Pachycephalosauria silhouette.png Prenocephale Pachycephalosaurus Stegoceras
Ceratopsia Protoceratops silhouette.jpg Triceratops Protoceratops Torosaurus
Ornithopoda
Ornithopodes basaux Hypsilophodon silhouette.jpg Hypsilophodon Agilisaurus Leællynasaura
Iguanodontia Parasaurolophus silhouette.jpg Iguanodon Edmontosaurus Parasaurolophus
Voir aussi liste des dinosaures.
Ordre des Saurischia Ordre des Ornithischia

Famille des Herrerasauridae

Sous-ordre des Theropoda

Sous-ordre des Sauropodomorpha

Famille des Heterodontosauridae

Sous-ordre des Thyreophora

Neornithischia

Neornithischia basaux

Sous-ordre des Cerapoda

Marginocephalia
Infra-ordre des Ornithopoda
  • Ornithopoda basaux
  • Iguanodontia
    • Iguanodontia basaux
    • Dryomorpha
      • Dryomorpha basaux
      • Ankylopollexia
        • Ankylopollexia basaux
        • Super-famille des Iguanodontoidea

Systématique phylogénétique

Arbre

─o Dinosauria
 │
 ├─o Ornithischia
 │ ├─o Lesothosaurus
 │ └─o Genasauria
 │   │
 │   ├─o Thyreophora
 │   │ ├─o Scutellosaurus
 │   │ └─o
 │   │   ├─o Scelidosaurus
 │   │   └─o Eurypoda
 │   │     ├─o Stegosauria
 │   │     └─o Ankylosauria
 │   │
 │   └─o Neornithischia
 │     ├─o Marginocephalia
 │     │ ├─o Pachycephalosauria
 │     │ └─o Ceratopsia
 │     └─o Ornithopoda
 │
 └─o Saurischia
   │
   ├─o Sauropodomorpha
   │ ├─o Prosauropoda (paraphylétique)
   │ └─o Sauropoda
   │
   └─o Theropoda
     ├─o Herrerasauria
     └─o Avepoda
       ├─o Ceratosauria
       └─o Tetanurae
         ├─o Spinosauroidea
         └─o Avetheropoda
           ├─o Carnosauria
           └─o Coelurosauria
             ├─o Ornithomimidae
             └─o
               ├─o Tyrannosauridae
               └─o Maniraptoriformes
                 ├─o Therizinosauridae
                 └─o Maniraptora
                   ├─o Oviraptorosauria
                   └─o Paraves
                     ├─o Deinonychosaure
                     └─o Aves

Musées

De très nombreux musées accueillent des squelettes de dinosaures. Parmi ceux-ci, on peut citer:

Voir aussi

Notes et références

  1. Classification phylogénétique du vivant — Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader ; illustrations Dominique Visset, Éditeur Paris, Belin — DL 2006, (ISBN 2-7011-4273-3)
  2. (en) Tree of Life www.tolweb.org
  3. Owen, R. (1842). "Report on British Fossil Reptiles." Part II. Report of the British Association for the Advancement of Science, Plymouth, England.
  4. Farlow, J.O., and Brett-Surman, M.K. (1997). Preface. In: Farlow, J.O., and Brett-Surman, M.K. (eds.). The Complete Dinosaur. Indiana University Press : Bloomington and Indianapolis, ix-xi. (ISBN 0-253-33349-0)
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Sources

  • (en)Cet article provient initialement d’une traduction de la version de l’article de Wikipédia en anglais, intitulé « Dinosaur », du 26 mars 2007 ; dont la version actuelle est directement accessible.
  • La Fin des dinosaures : comment les grandes extinctions ont façonné le monde vivant. Éric Buffetaut, Fayard, 2003 (ISBN 2-213-61489-X) ;
  • L’Arbre à remonter le temps : les rencontres de la systématique et de l'évolution. Pascal Tassy, Éd. C. Bourgois, 1991 (ISBN 2-267-00712-6) ;
  • Comme les huit doigts de la main : réflexions sur l'histoire naturelle. Stephen Jay Gould, Éd. du Seuil, 1996, (ISBN 2-02-019426-0 et ISBN 0-393-03416-X).

Articles connexes

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Articles scientifiques

Les dinosaures dans les arts et la littérature

  • Dinosaure est un film de Walt Disney qui mêle créations en images de synthèse à décors réels.
  • Dinotopia : Livres illustrés pour enfants puis nouvelles pour adolescents, puis romans pour adultes et enfin série télévisée.
  • Casimir : personnage principal de L'Île aux enfants, une émission de télévision pour la jeunesse dans les années 1970 en France.
  • Yoshi : personnage de jeux vidéo de l'univers de Mario.
  • Denver, le dernier dinosaure, est une série télévisée d'animation américano-française mettant en scène un dinosaure né de nos jours.
  • Nabuchodinosaure, est le dinosaure improbable et humoristique de la bande-dessinée du même nom.

Liens externes

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