Rama Yade


Rama Yade
Rama Yade
UMP meeting Paris regional elections 2010-03-17 n11.jpg
Rama Yade, en mars 2010.

Mandats
Ambassadrice de la France à l'UNESCO
22 décembre 201030 juin 2011
Prédécesseur Catherine Colonna
Successeur Daniel Rondeau
Secrétaire d'État chargée des Sports
23 juin 200913 novembre 2010
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Bernard Laporte
Successeur Chantal Jouanno
(ministre des Sports)
Secrétaire d'État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme
19 juin 200723 juin 2009
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Biographie
Nom de naissance Mame Ramatoulaye Yade
Date de naissance 13 décembre 1976 (1976-12-13) (34 ans)
Lieu de naissance Drapeau : Sénégal Dakar
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UMP (2005-2011)
Parti radical (2011-)
Diplômé de Sciences Po Paris
Religion Islam[1]

Rama Yade, née Mame Ramatoulaye Yade le 13 décembre 1976 à Dakar (Sénégal), est une femme politique française. Membre de l'UMP puis du Parti radical, elle est secrétaire d'État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme de 2007 à 2009, puis secrétaire d'État chargée des Sports jusqu'en 2010.

Sommaire

Biographie

Origines, études et famille

Elle est issue d'un milieu aisé et proche du monde politique sénégalais : sa mère est professeur de lettres et son père, professeur d’histoire et diplomate[2], fut le bras droit et secrétaire particulier du président Léopold Sédar Senghor. La famille quitte le Sénégal pour la France en 1987, elle a alors 11 ans[3]. D'origine léboue et de confession musulmane, elle est éduquée dans un collège catholique, l'Institution Jeanne-d'Arc de Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Après la séparation de ses parents en 1990, son père rentre au Sénégal[3], la mère de Rama Yade et ses quatre filles vivent dans des conditions économiques précaires[2], dans une cité de Colombes (Hauts de Seine)[4]. Rama Yade poursuit ses études en hypokhâgne au lycée Paul-Valéry (Paris) et sort diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 2000.

En 2005, elle épouse Joseph Zimet[3], qui fut conseiller au cabinet du secrétaire d'État Jean-Marie Bockel et fils du chanteur yiddish Ben Zimet.

Débuts politiques

Administratrice du Sénat à partir de 2002, elle commence sa carrière à la commission des Affaires sociales de la haute assemblée, où elle est chargée de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'Outre-Mer. Elle est ensuite détachée auprès de Jean-Pierre Elkabbach à la Chaîne parlementaire Public Sénat, au début de l'année 2005, qui la nomme directrice adjointe des programmes puis directrice de la communication[2]. Celui-ci devient son « mentor dans les hautes sphères de la droite sarkozyste »[4].

En 2005, elle rejoint l'Union pour un mouvement populaire. Elle explique que ce ralliement doit surtout à la personne de Nicolas Sarkozy dont elle déclare admirer le charisme, plus qu'aux valeurs de la droite[5]. Rama Yade mentionne aussi la politique de discrimination positive promue par Sarkozy[2].

En 2006, elle réintègre les cadres du Sénat comme administratrice au sein du service des collectivités territoriales, où elle est chargée des aspects sociaux de la décentralisation.

Le 6 mars 2006, elle fait partie des douze femmes promues dans les instances de l'UMP, où elle est nommée secrétaire nationale chargée de la francophonie.

Elle apparaît le 14 janvier 2007 lors du congrès d’investiture de Nicolas Sarkozy, où elle s'en prend au parti socialiste, qu'elle accuse de cécité, et aux « prétendues » élites de gauche « sans projet, sans idée, sans vision », qu'elle accuse d'avoir instauré une « République du guichet » en accordant aux enfants de l'immigration « de la pitié au lieu du respect »[6],[7].

Durant la campagne présidentielle, elle apparaît lors de meetings de Nicolas Sarkozy, partageant également avec Rachida Dati les faveurs des médias[8].

Secrétaire d'État de François Fillon

Secrétaire d'État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme

Le 19 juin 2007, elle est nommée secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme, dans le gouvernement François Fillon II. Benjamine du gouvernement, peu connue, elle est l'un des symboles de la « diversité » promue par Nicolas Sarkozy[9],[10].

L'intérêt de son portefeuille ministériel est contesté dès son premier déplacement avec Nicolas Sarkozy, lorsqu'elle ne rencontre d'opposants politiques tunisiens[11], et quand elle est absente de la visite présidentielle en Chine[12].

Ses relations avec son ministre de tutelle se détériorent rapidement, celui-ci déclarant que la création d'un secrétariat aux droits de l'Homme était une « erreur »[10], et son champ d'action est limité par une diplomatie française fortement concentrée au Palais de l'Élysée[13].

On lui reproche également à plusieurs reprises son manque de solidarité gouvernementale lors de prises de position contraires à celles de l'UMP[14]. Ainsi, le 6 septembre 2007, sa visite de soutien à des squatteurs dont l'évacuation a été décidée par la justice sur demande de la mairie communiste d'Aubervilliers, lui vaut d'être convoquée le soir même par le Premier ministre. De même, le 10 décembre 2007, elle s'en prend avec virulence à la visite officielle de colonel Khadafi en France, déclarant qu'il doit « comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort[15]. », après avoir, quelques mois plus tôt, avoué que « certains gestes donnent envie de se laver les mains » pour avoir serré la main du dirigeant libyen à Tripoli, dans le cadre de la médiation relative à l'affaire des infirmières bulgares[16].

Elle s'investit dans des négociations en République démocratique du Congo contre les viols de masse perpétrés dans la région du Kivu, et s'intéresse aux réfugiés climatiques[13].

Elle dénonce l'opération au Tchad de l'association Arche de Zoé[17], et propose de mieux encadrer les adoptions[12]. Elle participe au côté de Nicolas Sarkozy au rapatriement en France et en Espagne des journalistes et des membres de l'équipage accompagnant les membres de l'association.

À la demande de Nicolas Sarkozy et de Patrick Devedjian[2], elle annonce en novembre 2007 sa candidature sur la liste du maire UMP sortant Nicole Goueta lors de l'élection municipale de 2008 de Colombes[18]. Au second tour, le 16 mars 2008, la liste de droite, sur laquelle Rama Yade est en troisième position, est battue par la liste d'union de la gauche menée par Philippe Sarre[19]. Élue conseillère municipale d'opposition, elle est souvent absente des réunions du conseil municipal[20].

Restée d'abord silencieuse sur l'affrontement israélo-palestinien à Gaza fin 2008-début 2009, puis soutenant l'idée d'une résolution contraignante du Conseil de sécurité pour un cessez-le-feu[21], elle s'exprime le 11 janvier en tenant le Hamas pour responsable du déclenchement des hostilités. Selon Hortense Paillard, « elle est notoirement pro-israélienne »[4], et son alignement avec la justice militaire israélienne dans les territoires occupés lors de l'affaire Salah Hamouri, apparu alors qu'elle occupait une fonction de Secrétaire des Droits de l'Homme, a suscité une réaction indignée de la mère du franco-palestinien[22].

En février 2009, elle prend la tête des personnalités politiques préférées des Français, avec 60% de bonnes opinions selon le baromètre Ipsos/Le Point[23].

Secrétaire d'État chargée des Sports

Son refus d'être tête de liste UMP aux élections européennes en Île-de-France en 2009, pour ne pas devoir quitter le gouvernement, aurait signé sa « disgrâce » auprès de Nicolas Sarkozy[14],[12]. Mais sa popularité lui permet de rester au gouvernement[24].

Le 23 juin 2009, elle est nommée secrétaire d'État auprès du ministre de la Santé et des Sports, chargée des Sports, dans le gouvernement François Fillon II.

Elle poursuit ses déclarations médiatiques, craignant un sentiment de coupure entre les appareils politiques et les électeurs à propos des rumeurs d'accession de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, refusant d'être parachutée dans le Val-d'Oise lors de l'élection régionale plutôt que d'être candidate dans les Hauts-de-Seine, et s'opposant aux arbitrages de sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, sur le droit à l'image collective (DIC) des sportifs[12] ou reprochant le coût de l'hôtel de l'équipe de France de football lors de la Coupe du Monde en Afrique du Sud alors que le prix de sa chambre est plus élevé[13].

Pour Le Canard enchaîné, Rama Yade « s'est peu à peu forgé l'image de celle qui dit non à Sarko... mais sans jamais prendre le large »[25].

Mais, pas plus qu'aux Droits de l'Homme, elle ne porte pas de lois notables. Sans rencontrer les grandes fédérations sportives, son effort se porte sur la lutte contre l'homophobie dans le sport, un plan en faveur du bénévolat, la remise du livre vert du supportérisme et un plan d'équipements de grands stades et salles. La France obtient début 2010 de la FIFA l'organisation du Championnat d'Europe de football 2016, et présente sa candidature pour accueillir la Ryder Cup (golf)[13].

Elle s'entend difficilement avec sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, qui est en première ligne lors de l'échec de l'équipe de France de football en Afrique du Sud[13]. Le 29 octobre 2010, elle prend ses distances avec le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy[26].

Elle n'est pas reconduite lors de la formation du troisième gouvernement François Fillon, le 14 novembre 2010. Remplacée par Chantal Jouanno, elle refuse alors le poste de porte-parole de l'UMP[13].

L'après-gouvernement

Le 22 décembre 2010, Rama Yade est nommée par le Conseil des ministres ambassadrice de France auprès de l'UNESCO, en remplacement de Catherine Colonna. Elle démissionne de ce poste le 15 juin 2011[27]. Sa démission sera effective en juillet 2011[28].

Convictions politiques et engagements

Rama Yade, en 2007.

Ses positions s'écartent parfois de la ligne officielle de l'UMP[29]. Ainsi, Rama Yade s'est prononcée contre le projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe en 2005 et ne s'est pas opposée à l’intervention américaine en Irak, estimant toutefois « le résultat pas vraiment à la hauteur des attentes[30] ».

Elle est membre du conseil d'administration[31] du Club XXIe siècle qui milite en faveur de la diversité et membre du club Averroès qui regroupe des professionnels pour promouvoir les « minorités actives » dans les médias français.

Le 26 juin 2009 à Bruxelles, elle a reçu des mains de la princesse Astrid de Belgique le prix de la fondation du Forum de Crans-Montana.

Un mois après son départ du gouvernement, le 15 décembre 2010, Rama Yade rejoint le Parti radical de Jean-Louis Borloo, tout en restant à l'UMP[32].

Le 8 avril 2011, elle annonce quitter l'UMP par solidarité avec Jean-Louis Borloo. Elle déclare sur BFM TV : « il y a eu une fracture avec l'UMP. Je ne me suis plus sentie entendue dans ce mouvement donc je le quitte ». Elle se dit favorable à une candidature de Jean-Louis Borloo à la présidentielle de 2012.

Elle est nommée 1re vice-présidente du Parti radical, lors du Bureau national du 18 octobre 2011[33].

Détail des mandats

Publications

Compléments

Bibliographie

  • Armelle Le Goff, Rama Yade : Itinéraire d'une audacieuse en politique, Paris, Éditions Jacob-Duvernet, 2009 (ISBN 9782847242218) 

Article connexe

Liens externes

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Notes et références

  1. "J'incarne tout ce que les hommes politiques ne sont pas : une femme, jeune, noire et musulmane."
  2. a, b, c, d et e « Retour attendu de Rama Yade à Colombes », Le Monde, 21 septembre 2007.
  3. a, b et c Le Point, 26 novembre 2009, page 38
  4. a, b et c La République des Lettres "Biographie: qui est Rama Yade (Ramatoulaye Yade-Zimet) ?"
  5. Article du Point du 19 juin 2007.
  6. Article de Atlasvista Maroc
  7. Vidéo du discours du 14 janvier 2007
  8. Article de l'Express.
  9. « Le gouvernement Fillon II marque la poursuite de l'ouverture », Le Monde.fr, 19 juin 2007
  10. a et b Philippe Brochen, « La perdante et les remerciés du nouveau gouvernement », Libération.fr, 23 juin 2009
  11. Antoine Guiral, « À Tunis, Sarkozy bénit Ben Ali », Libération, 12 juillet 2007.
  12. a, b, c et d « Rama Yade, un catalogue de bourdes mais pas que ça », Le Parisien, 5 novembre 2009
  13. a, b, c, d, e et f Baptiste Legrand, « Rama Yade, un bilan surtout médiatique », Nouvelobs.com, 20 novembre 2010
  14. a et b « L'Élysée a dans son collimateur Rama Yade », lepoint.fr, 5 novembre 2009
  15. Le Parisien, 10 décembre 2007, pages 2 et 3
  16. « Rama Yade, secrétaire d'État d'âme », Le Monde, 11 décembre 2007.
  17. La Croix, édition du 28 octobre 2007 : Enfants du Darfour : Chronologie.
  18. Journal du dimanche, 11 novembre 2007.
  19. Résultats sur le site du ministère de l'Intérieur
  20. Excuse bidon pour Rama Yade
  21. Gaza: Rama Yade plaide pour l'adoption d'une résolution intégrant le plan de paix franco-égyptien, NouvelObs.com, 8 janvier 2009
  22. Journal Le Grand Soir, http://www.legrandsoir.info/Reponse-de-la-mere-de-Salah-Hamouri-a-la-lettre-de-Rama-Yade.html.
  23. Rama Yade, personnalité politique préférée des Français, Métro, 9 février 2009
  24. Thomas Hofnung, « Rama Yade paie son franc-parler », Libération, 15 novembre 2010
  25. « Trop perso non grata », Le Canard enchaîné, 23 juin 2010, p. 7.
  26. « Rama Yade se démarque du discours de Dakar de Sarkozy », lemonde.fr avec AFP et Reuters du 20 octobre 2010.
  27. [http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/06/15/97001-20110615FILWWW00600-unesco-rama-yade-demissionne.php Le Figaro, 15 juin 2011
  28. « La démission de Yade effective en juillet », dépêche AFP reprise par Le Figaro, 16 juin 2011.
  29. Article du Monde du 19 juin 2007.
  30. « Rama Yade l'insaisissable », Le Point, 25 juillet 2007.
  31. Club XXIe Siècle | Organigramme
  32. http://www.lejdd.fr/Politique/Depeches/Rama-Yade-rejoint-le-Parti-radical-de-Borloo-243693/
  33. http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/rama-yade-devient-vice-presidente-du-parti-radical-19-10-2011-1386484_324.php
  34. Chisato Goya, « Rama Yade accusée de plagiat » sur http://www.lexpress.fr, 14/11/2011. Consulté le 16/11/2011.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Rama Yade de Wikipédia en français (auteurs)

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