Jean-Louis Borloo


Jean-Louis Borloo
Jean-Louis Borloo
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Jean-Louis Borloo, le 18 décembre 2007.

Mandats
Président du Parti radical
Actuellement en fonction
Depuis le 11 décembre 2005
En tandem avec André Rossinot (2005-2007)
Prédécesseur André Rossinot
Député de la 21e circonscription du Nord
Actuellement en fonction
Depuis le 14 décembre 2010
Législature XIIIe
Prédécesseur Cécile Gallez
20 juin 200719 juillet 2007
Réélection 10 juin 2007
Législature XIIIe
Prédécesseur Cécile Gallez
Successeur Cécile Gallez
2 avril 199318 juillet 2002
Élection 28 mars 1993
Réélection 1er juin 1997
16 juin 2002
Législature Xe, XIe et XIIe
Prédécesseur Fabien Thiémé
Successeur Cécile Gallez
Ministre d'État, ministre de l'Écologie[N 1]
19 juin 200713 novembre 2010
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Alain Juppé
Successeur Nathalie Kosciusko-Morizet
Éric Besson (Énergie)
Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi
41e ministre des Finances de la Ve République
18 mai 200719 juin 2007
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon I
Prédécesseur Thierry Breton (Économie, Finances et Industrie)
Lui-même (Emploi)
Dominique Perben (Tourisme)
Successeur Christine Lagarde
Ministre de l'Emploi
24e ministre du Travail et des Affaires sociales
de la Ve République
31 mars 200415 mai 2007
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Dominique de Villepin
Prédécesseur François Fillon
Successeur Xavier Bertrand (Travail, Relations sociales et Solidarité)
Lui-même (Emploi)
Ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine
10e ministre de la Ville de la Ve République
7 mai 200230 mars 2004
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I
Jean-Pierre Raffarin II
Prédécesseur Claude Bartolone
Successeur Gilles de Robien
Président de la Communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole
22 décembre 200010 avril 2008
Prédécesseur Institution créée
Successeur Valérie Létard
Maire de Valenciennes
24 mars 19897 mai 2002
Élection 19 mars 1989
Réélection 11 juin 1995
11 mars 2001
Prédécesseur Olivier Marlière
Successeur Dominique Riquet
Biographie
Nom de naissance Jean-Louis Marie Borloo[1]
Date de naissance 7 avril 1951 (1951-04-07) (60 ans)
Lieu de naissance Paris 15e (Seine)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique GE (1990-1991)
UDF (1998-2002)
UMP (2002-2011)
Parti radical (2002-)
Conjoint Béatrice Schönberg
Diplômé de Université Paris X Nanterre
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
HEC
Profession Avocat

Jean-Louis Borloo, né le 7 avril 1951 à Paris (15e), est un homme politique français. Ministre sans interruption de 2002 à 2010, il est actuellement député de la 21e circonscription du Nord et président du Parti radical.

Sommaire

Biographie

Études et famille

Jean-Louis Marie[réf. nécessaire] Borloo est le fils de Lucien Borloo, coursier puis directeur d'une caisse de retraite d'origine belge, et de Mauricette Acquaviva, originaire de Lozzi en Haute-Corse et ancienne présidente de la Fédération française des équipes Saint-Vincent-de-Paul[2]. Son grand-père maternel, Jean-André Acquaviva, fut conseiller général de l'ancien canton de Calacuccia[réf. nécessaire]. Il effectue sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly (Paris) et commence à se passionner pour la philosophie et l'histoire. Parallèlement à ses études, il est chef scout durant de nombreuses années.

En 1972, Jean-Louis Borloo obtient une double licence en droit et philosophie, puis en histoire et sciences économiques à l'université de Nanterre[3]. Passionné par la Chine maoïste, il s'y rend et parvient à saluer Mao Zedong. Il parfait ensuite sa formation avec des études au MBA d'HEC (promotion 1976) où il effectue un programme d'échange à l'université de Manchester.

À l'orée des années 1980, devenu avocat au barreau de Paris, il fonde un cabinet, d'abord spécialisé dans l'entreprise en difficulté puis dans la transmission, l'implantation d'entreprises, le marché financier, les fusions et acquisitions. S'entourant de jeunes ingénieurs, Jean-Louis Borloo se positionne alors comme l'un des conseils externes les plus recherchés par les grandes entreprises, et est classé par Forbes parmi les avocats les mieux payés au monde[4]. Il est ainsi l'avocat d'affaires de Bernard Tapie.

À cette même époque, il enseigne l'analyse financière à HEC Paris. En 1986, âgé de 35 ans, Jean-Louis Borloo cherche à diversifier ses activités. À l'instar de son ami Bernard Tapie dirigeant l'Olympique de Marseille, il accède à la présidence de l'USVA (Union sportive Valenciennes-Anzin), poste qu'il occupe jusqu'en 1991. Il découvre ainsi le Nord de la France et s'inquiète de l'aspect sinistré de la région[réf. nécessaire].

Le 21 juillet 2005, il se marie avec la journaliste Béatrice Schönberg à la mairie de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Afin d'éviter tout conflit d'intérêt à la suite de la campagne présidentielle de 2007, son épouse Béatrice Schönberg quitte définitivement la présentation du journal télévisé de France 2 en mai 2007.

Carrière politique

Une emprise locale

Il se présente en 1989 à l'élection de la mairie de Valenciennes, sans aucune investiture politique. Grâce à sa présence sur le terrain depuis 1986 et à l'absence de réelle opposition, il y est élu maire avec plus de 76 % des voix au second tour.

De mai 1989 à 1992, élu en deuxième position sur la liste centriste et fédéraliste de Simone Veil (« Le Centre pour l'Europe » qui a recueilli 8,43 % des suffrages et 7 sièges sur 81 à pourvoir), Jean-Louis Borloo est membre du Parlement européen. Il obtient notamment le classement des trois arrondissements du Nord de Valenciennes, de Douai et d'Avesnes au titre de l'Objectif 1 de la politique régionale communautaire, soit les régions les plus aidées par les fonds structurels européens en 1993[5].

Jean-Louis Borloo est aussi un des fondateurs de Génération Écologie (1990) aux côtés de Brice Lalonde, Haroun Tazieff, Noël Mamère, mais quitte rapidement les rangs de ce mouvement.

Aux élections régionales du 22 mars 1992, il mène dans le Nord une liste indépendante qui obtient 12,49 % des votants et 10 sièges sur 72 à pourvoir dans le département. Il obtient ainsi le quatrième score, derrière les 19,92 % et 17 élus RPR-UDF du maire de Cambrai Jacques Legendre, les 19,6 % et 16 sièges socialistes du ministre d'État à la Ville et à l'Aménagement du territoire Michel Delebarre et les 13,89 % et 11 élus FN de Carl Lang. Il devance la liste communiste du député Alain Bocquet (11,44 % et 9 sièges) ainsi que les deux listes écologistes, les Verts de Guy Hascoët (5 sièges) et Génération écologie de Pascal Dubois (4 élus), dont le score cumulé s'établit à 11,38 % des votants[6]. De plus, l'autre « liste Borloo » indépendante qu'il soutient dans le Pas-de-Calais obtient 3 élus sur 41[7].

Fort de ce bon résultat et de l'affaiblissement de la majorité sortante PS-PCF, Jean-Louis Borloo se porte candidat pour devenir président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et souhaite fonder sa majorité sur un noyau dit « de rénovation » alliant les 13 élus de ses listes aux 14 écologistes (ce qu'il qualifie de « première force politique » de la région), auquel pourrait s'ajouter la « droite modérée » et les « socialistes modernistes »[8]. Dans la nuit du 30 au 31 mars 1992, après n'avoir fait le plein que de ses voix et des six de Génération écologie aux deux premiers tours (y compris quelques bulletins issus du FN au deuxième tour, qu'il a rejetés), il bénéficie du désistement en sa faveur de Jacques Legendre qui lui apporte ainsi les 27 votes de son groupe pour le troisième tour afin de faire barrage tant à l'extrême-droite qu'au PS. Pour autant, ces derniers optent pour une stratégie similaire puisque Michel Delebarre se retire au profit de la Verte Marie-Christine Blandin qui est ainsi élue face à Jean-Louis Borloo par 56 voix contre 40, Génération écologie s'étant finalement elle aussi rangée aux côtés de la gauche[9]. Jean-Louis Borloo reste conseiller régional d'opposition jusqu'au 8 octobre 1993, ayant été élu député entretemps, tandis que son groupe a obtenu trois présidences de commissions au sein de l'assemblée nord-pas-de-calaisienne[5].

Il est à nouveau tête de liste aux élections régionales de 1998 dans le Nord, cette fois-ci avec l'investiture de l'UDF (en fait surtout de Force démocrate) et le ralliement de certains membres du RPR et d'élus locaux divers droite, contre l'autre liste de droite menée par l'ancienne députée RPR Colette Codaccioni associée à des membres de DL. Il obtient 18,97 % des suffrages et 15 des 72 sièges à pourvoir, soit le deuxième meilleur score derrière la Gauche plurielle sans les Verts de Michel Delebarre (31,37 %, 25 élus) mais devant le FN de Carl Lang (17,39 %, 13 élus), la liste Codaccioni (11,5 % et 9 élus) et les Verts de la présidente Marie-Christine Blandin (8,76 %, 6 sièges)[7]. La réunion RPR-UDF-DVD ressort donc du scrutin au total avec 35 sièges sur 113, contre 51 à la gauche plurielle. La droite ne présente pas de candidat à la présidence du conseil régional (qui échoit au socialiste Michel Delebarre) et Jean-Louis Borloo démissionne de son mandat de conseiller régional dès le 26 novembre suivant.

La députation

Le 2 avril 1993, il devient député de la 21e circonscription du Nord (soit Valenciennes et une grande partie de son agglomération), sous la bannière Divers droite. Il siège au sein du groupe République et liberté qui, durant la Xe législature (1993-1997), regroupe des élus divers droite et gauche sous la présidence du député-maire de Tours Jean Royer. Deux ans plus tard, il est réélu maire de Valenciennes avec 63% des voix pour sa liste au premier tour.

En 1997, désormais apparenté au groupe UDF et sous étiquette Force démocrate (FD), Jean-Louis Borloo voit son mandat de député renouvelé (au deuxième tour par 52,79 % des voix contre 47,21 % au communiste Fabien Thiémé, il était arrivé en tête au premier tour avec 34,27 % des suffrages)[10]. Après le lancement de la « Nouvelle UDF » en 1998, il adhère officiellement à cette dernière et en est nommé porte-parole en janvier 2001. Il est à ce poste un membre actif de la campagne de François Bayrou pour l'élection présidentielle de 2002[11]. Il est réélu en mars 2001 maire de Valenciennes, avec 63,36% des voix dès le premier tour, puis député en 2002 (pratiquement gagnant au premier tour, avec 49,51 % des suffrages face à treize autres candidats, il est finalement réélu au second tour avec une nette avance sur son adversaire communiste Fabien Thiémé, par 63,88 % contre 36,12 %)[12].

Il ne siège toutefois qu'un mois, étant immédiatement nommé au gouvernement. Il en est de même après sa réélection le 10 juin 2007, au premier tour des élections législatives (avec 53,69 % face à douze autres candidats)[13]. Il laisse à chaque fois son siège à sa suppléante, Cécile Gallez, maire radicale de Saint-Saulve.

À l'Assemblée nationale de 1993 à 2002, il est surtout membre de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République de 1993 à 1994 et de 1997 à 2002 (il en est d'ailleurs vice-président de 1997 à 1998), mais aussi de la commission de la défense nationale et des forces armées de 1994 à 1997 ainsi que, de manière éphémère, de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de juin à juillet 2002. Il participe également à la commission d'enquête parlementaire sur l'activité et le fonctionnement des tribunaux de commerce de janvier à juillet 1998. Il est secrétaire de l'Assemblée nationale du 3 avril 1995 au 1er octobre 1996. Au niveau des votes, il est l'un des deux seuls députés de l'opposition de droite, avec Gilles de Robien, à agréer en mai 2000 à une proposition de loi des Verts en faveur d'accorder le droit de vote aux étrangers non issus de l'Union européenne lors des élections municipales (adoptée par l'Assemblée nationale, cette proposition n'a jamais été inscrite à l'ordre du jour du Sénat)[14]. Il se sert d'autre part de ses mandats parlementaires pour négocier des aides pour Valenciennes et sa région auprès du gouvernement central, comme il le fit avec l'Europe lorsqu'il siégeait à Strasbourg : il obtient notamment en 1994 qu'Édouard Balladur, alors Premier ministre, se déplace dans sa ville afin de signer un protocole d'accord pour la mise en place d'un programme expérimental de lutte contre l'exclusion dit « programme Jéricho » (projet de remise en activité des personnes en difficulté qui devient intercommunal en 1997) accompagné de mesures en faveur de l'habitat[5].

Action à la mairie de Valenciennes

Valenciennes après les travaux menés sous le mandat de Jean-Louis Borloo : le centre Place d'Armes, le théâtre le Phénix et le tramway.

Jean-Louis Borloo dirige la ville de Valenciennes pendant 13 ans, de 1989 à 2002. Il s'appuie essentiellement sur une équipe municipale issue de la société civile locale et d'horizons politiques souvent divers, parmi laquelle va figurer Dominique Riquet (qui lui succède à la mairie en 2002) ou Valérie Létard (issue du Parti social-démocrate au sein de l'UDF et plus tard secrétaire d'État Nouveau centre du gouvernement de François Fillon).

Jean-Louis Borloo a réussi à enrayer le déclin démographique de Valenciennes présent depuis les années 1960 : la commune passe ainsi de 38 441 à 41 278 habitants entre 1990 et 1999. Le taux de chômage, bien que resté élevé à son départ de la mairie (à 14 %, soit toujours supérieur à la moyenne nationale), a diminué (il était supérieur à 20 % en 1989)[15]. Il a particulièrement marqué son mandat par ses initiatives en matière de culture (l'un de ses slogans étant alors « l'intégration par la culture et la culture pour tous »). Tentant de faire renaître le prestigieux passé artistique de Valenciennes, le maire a notamment mis en place en 1990 un festival du film d'action et d'aventure, favorisé la création numérique et l'équipement de la commune en matière de nouvelles technologies, fait construire de 1991 à 1998 un grand théâtre obtenant le label de scène nationale, symboliquement baptisé Le PhéniX, réhabiliter ainsi qu'agrandir (par l'ouverture notamment d'une crypte archéologique) en 1995 le musée des Beaux-Arts, redéployer l'université ou encore agrandir et moderniser la bibliothèque en 1994 (avec un triplement de sa superficie pour atteindre 4 500 m2, l'augmentation des fonds disponibles en libre accès et la transformation en une médiathèque)[16]. Il développe l'équipement en tout-à-l'égout (40 % des foyers de la ville n'étaient pas raccordé en 1989)[15].

Pour faire face au dépérissement économique de cet arrondissement toujours sinistré, Jean-Louis Borloo met en avant l'installation en 1997 d'une usine Toyota[15] et lance à la fin des années 1990 un projet de grands travaux, baptisé Cœur de Ville, destiné à reconstruire entièrement le centre de Valenciennes et prévoyant l'installation d'un tramway (ce dernier projet ayant été lancé dès 1990 en collaboration avec le maire communiste d'Aulnoy Jules Chevalier). Ainsi, le Centre Place d'Armes et les logements en résidence (dont une partie sont des logements sociaux) sont ouverts depuis avril 2006, et le tramway circule depuis juillet 2006. D'autres projets, initiés au début de son premier mandat, doivent être rapidement abandonnés (notamment celui d'implanter un kibboutz pour restaurer le lien communautaire dans un quartier déstructuré, ou encore celui du « Val propre », association de réinsertion pour jeunes en difficulté)[15]. Entretenant de bonnes relations avec les maires de tous bords de la région valenciennoise, y compris avec les communistes, Jean-Louis Borloo s'attache également à renforcer l'intercommunalité. Une Association pour le Développement du Valenciennois, regroupant 81 communes, est d'abord mise en place et il en est le président de 1995 à 2001. Une Communauté de communes de la Vallée de l'Escaut est créée en 1992 avec à sa tête Cécile Gallez, maire de Saint-Saulve (et députée suppléante de Jean-Louis Borloo). Enfin, le 22 décembre 2000, cette communauté de communes est remplacée par la Communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole, dont Jean-Louis Borloo devient président en 2001 à la quasi-unanimité (91 voix sur 97) grâce à un consensus établi entre les municipalités de droite et de gauche (dont de nombreuses détenues par le PCF)[17]. Il reste à la tête de l'agglomération même après avoir quitté la mairie pour entrer au gouvernement, et le reste jusqu'en 2008, date à laquelle il laisse sa place à Valérie Létard.

Le magazine Le Point le classe en 1996 dans son « club des quinze » meilleurs maires de France, palmarès des premiers magistrats de commune dont la gestion semble reconnue par leurs administrés selon l'enquête menée par l'hebdomadaire. Ils sont répartis en trois catégories selon leurs étiquettes politiques : les socialistes et divers gauche d'une part, les communistes d'autre part et enfin ceux de droite. Jean-Louis Borloo est placé premier parmi ces derniers, devant le maire de Toulouse Dominique Baudis (UDF-FD), celui d'Amiens Gilles de Robien (UDF-PR), celui de Perpignan Jean-Paul Alduy (UDF-FD) et celui de Puteaux Charles Ceccaldi-Raynaud (RPR)[18].

Plusieurs fois ministre

Présidence de Jacques Chirac

Après le 21 avril 2002, il rejoint le Parti radical, parti qui vient de s'associer à l'Union pour la majorité présidentielle (UMP).

Successivement ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine, ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale et ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, il devient en décembre 2005, avec André Rossinot, co-président du Parti radical, parti autrefois associé à l'UDF, et depuis 2002 à l'UMP. Il annonce, le 25 octobre 2005, vouloir produire 20 000 à 30 000 « maisons à 100 000 euros » par an. En 2008, seuls 4 de ces maisons étaient construites et Le Figaro qualifia le projet de « flop »[19]. En décembre 2010, La Croix rapporte que 600 « maisons Borloo » ont été achevées mais pour un coût final plus élevé de 30 à 50 %[20]. En 2011, au Havre ce sont 150 maisons Borloo qui ont été livrées au total, certaines ont subi de nombreux vices de finition [21], au point que pour une des familles « la facture s’élèvera à 150 000 euros sur trente ans »[22].

Il est l'un des membres des gouvernements Raffarin et Villepin les plus populaires, ce que les analystes attribuent à une forte image d'homme politique neuf (franchise, proximité avec le peuple) ainsi qu'à son rôle « social » dans ces gouvernements.

Durant son passage au ministère délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine de 2002 à 2004, il a notamment été à l'origine de la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003, dite « loi Borloo ». Elle redéfinit considérablement la politique de la ville en s'orientant autour de quatre axes : la rénovation urbaine (avec la création d'un programme national de rénovation urbaine PNRU qui prévoit de profondément rénover le parc de logement locatif social, en prévoyant pour 2004-2008 200 000 destructions, autant de constructions et autant de réhabilitations, ainsi que 400 000 « résidentialisations » afin surtout de renforcer la sécurité dans les immeubles ; aussi apparition d'un nouvel outil de financement, l'ANRU), le développement économique des quartiers prioritaires (avec la création d'un Observatoire national des ZUS, l'objectif d'améliorer la mixité sociale dans ces quartiers et la définition de 41 nouvelles ZFU), la procédure de rétablissement personnel (offrant une seconde chance aux personnes surendettées du fait d’un « accident de la vie » tel que chômage, veuvage, divorce ou maladie) et des dispositions diverses (telles que la réforme de la gestion et gouvernance des HLM ou le « surclassement » des communes comprenant une ou plusieurs ZUS).

Une fois passé au ministère du Travail et de la Cohésion sociale, il met en place surtout le plan de cohésion sociale, dit « plan Borloo ». Ce projet, largement soutenu à droite, trouve également des soutiens à gauche.

Pour l'élection présidentielle de 2007, il déclare assez tardivement qu'il soutient Nicolas Sarkozy, moins d'un mois avant le premier tour de scrutin.

Présidence de Nicolas Sarkozy
Jean-Louis Borloo aux côtés de Frédéric Mitterrand, en avril 2010.

Du 18 mai au 18 juin 2007, il est ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi dans le gouvernement François Fillon (1). Le 10 juin 2007, interrogé par Laurent Fabius, il n'exclut pas l'introduction d'une TVA sociale parmi d'autres mécanismes visant à un réaménagement de la fiscalité[23]. L'échange est repris par Laurent Fabius et le Parti Socialiste[24], qui réussit un deuxième tour des élections législatives de 2007 meilleur que prévu. Certains élus UMP, dont Renaud Dutreil[25] rendent Jean-Louis Borloo responsable du moindre score de l'UMP, décrivant son intervention télévisée comme « une erreur majeure de communication »[26].

Du 18 juin 2007 au 13 novembre 2010, il est ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement et de l'Aménagement durables du gouvernement François Fillon (2). Il succédait à Alain Juppé, démissionnaire en raison de sa défaite aux législatives, ce qui n'est pas analysé par les observateurs comme une promotion[27].

Jean-Louis Borloo s'est clairement engagé en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique[28]. Il a notamment été chargé d'organiser le Grenelle Environnement et de préparer, défendre et faire adopter les procédures législatives issues des conclusions de ce dernier : la loi Grenelle I du 3 août 2009 puis celle dite « Grenelle II » du 12 juillet 2010. Il s'est aussi très fortement impliqué dans le sommet de Copenhague en présentant un "plan justice-climat" qui visait à réduire les émissions de CO2 en se fondant sur la solidarité entre pays riches et pauvres[29]. D'abord déçu à l'issue de la conférence notamment par les Américains[30], il présente le sommet comme un succès lors de son audition par l'Assemblée nationale sur son action et critique tout projet de traité juridiquement contraignant[31].

Il est un temps pressenti pour devenir Premier ministre après le remaniement de l'automne 2010. Cependant, Nicolas Sarkozy choisit le 14 novembre 2010 de reconduire François Fillon à son poste. Ce même jour, Jean-Louis Borloo annonce par communiqué qu'il refuse de faire partie du nouveau gouvernement.

L'après gouvernement

Au lendemain de la formation du troisième gouvernement Fillon, il rassemble à l'Assemblée nationale les centristes, les libéraux et les radicaux de la majorité présidentielle. À l'issue de cette réunion, il se voit conférer l'animation d'une « coordination politique des partis centristes » pour mieux peser face à la majorité. Néanmoins, le Nouveau Centre d'Hervé Morin et le Mouvement démocrate de François Bayrou réclament son départ de l'UMP comme préalable à une alliance centriste en vue d'une candidature commune en 2012. Il retrouve son siège de député de la 21ecirconscription du Nord le 14 décembre 2010.

Le 7 avril 2011, il annonce dans l'émission À vous de juger, la création d'une « alliance républicaine, écologiste et sociale » qui regrouperait « avant l'été » plusieurs formations politiques du centre-droit (Parti radical, Nouveau Centre) et du centre-gauche (La Gauche moderne). Cette formation se positionnerait comme une « alternative au PS et à l'UMP ». Sa création conduit le Parti radical à quitter l'UMP. Alors qu'il est pressenti pour être le candidat de l'Alliance à l'élection présidentielle de 2012 et qu'il est crédité de 5 % à 10 % d'intentions de vote dans les sondages, il renonce à se présenter le 2 octobre 2011[32].

Détail des mandats et fonctions

Fonctions ministérielles

Gouvernements Raffarin

Gouvernement Villepin

Gouvernements Fillon

Fonctions parlementaires

À l'Assemblée nationale
Au Parlement européen

Fonctions électives locales

Mairie
Communauté d'agglomération
Conseil régional

Fonctions au sein de partis politiques

Prix

Prix « Press Club, Humour et Politique » 2008 pour la phrase « Sarkozy, c'est le seul qui a été obligé de passer par l'Élysée pour devenir Premier ministre. »[33]. Ce prix récompense « l'auteur de la phrase la plus hilarante de l'année, qu'il s'agisse indistinctement d'humour volontaire ou involontaire »[34].

Bibliographie

Ouvrages de Jean-Louis Borloo

  • Guide pratique de subsidologie, (avec Gérard Proutheau), Economica, 1987
  • Le Val des cygnes, roman (avec Jacques Baron); avant titre : Du travail pour chacun la prospérité pour tous. Imprimerie Carlo Descamps Condé-sur-l'Escaut, 1989
  • De l'Oxygène ! (entretiens avec Daniel Carton, journaliste au Monde), éditions Graffipoche, 1992
  • Un homme en colère, Paris, Michalon, 2002
  • L'Architecte et l'Horloger (suivi d'entretiens avec Gérard Leclerc), Paris, 2007

Ouvrages consacrés à Jean-Louis Borloo

  • Vincent Quivy, L'Impossible Monsieur Borloo, Edition l'Archipel, 2006

Notes et références

Notes
  1. Il est successivement ministre d'État, ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables (2007-2008), de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire (2008-2009), puis de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, chargé des Technologies vertes et des Négociations sur le climat (2009-2010).
  2. a et b Démission pour entrer au gouvernement.
Références
  1. Le Who's Who in France (éd. 2006)
  2. E. TREVERT, « Les trois vies de Jean-Louis Borloo », Le Point, 23/12/2009
  3. Laurence Durieu, « Jean-Louis Borloo », VSD, 26 mars 2008, consulté sur www.vsd.fr le 21 octobre 2010
  4. Jean-Michel Bezat, « Le retour des avocats en politique », Le Monde, 24 novembre 2004.
  5. a, b et c CV de Jean-Louis Borloo, site de l'OCDE, 2005
  6. « Dossier pcf : implantation, identite, structures », Communisme n°51-52, éd. L'Âge de l'Homme, 2003
  7. a et b « ELECTIONS RÉGIONALES 1998. RÉSULTATS. NORD-PAS-DE-CALAIS », Libération, 17/03/1998
  8. Interview en direct de Jean-Louis Borloo, Midi 2, France 2, 23/03/1992, INA
  9. Reportage France 3 sur l'élection de Marie-Christine Blandin à la présidence du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, Édition spéciale, 31/03/1992, INA
  10. Résultats des élections législatives de 1997 dans la 21e circonscription du Nord, Assemblée nationale
  11. Entretien avec D. DE MONTVALON, B. SEZNEC, « "Bayrou va gagner en 2002" », Le Parisien, 28/01/2001
  12. Résultats des élections législatives de 2002 dans la 21e circonscription du Nord, Assemblée nationale
  13. Résultats des élections législatives de 2007 dans la 21e circonscription du Nord, ministère de l'Intérieur
  14. « L'Assemblée dit oui au vote des étrangers », Le Nouvel Observateur, 04/05/2000
  15. a, b, c et d N. RAULIN, « Borloo frime et réalités », Libération, 14/05/2004
  16. Histoire de la bibliothèque de Valenciennes sur son site officiel
  17. Reportage France 2 sur l'élection de Jean-Louis Borloo à la présidence de la Communauté d'agglomération de Valenciennes, JT 20h, 20/04/2001, INA
  18. « Palmarès Le Point des meilleurs maires de France : Le club des quinze », Le Point, 15/06/1996
  19. Le flop des maisons Borloo.
  20. L'échec des maisons à 100 000 euros, La Croix, 7 décembre 2010
  21. L'enfer pour des propriétaires de « maisons Borloo », L'Humanité, 5 janvier 2011
  22. Du prometteur aux promoteurs, L'Humanité, 6 janvier 2011
  23. Fabius-Borloo 10/06/2007
  24. Site de Laurent Fabius : quand Laurent Fabius a fait avouer au gouvernement son projet caché de TVA anti-sociale
  25. La Tribune 17/06/2008: TVA sociale : Renaud Dutreil s'en prend à Jean-Louis Borloo
  26. Libération 19/06/2007 : Haro sur Borloo et la TVA sociale
  27. Dino Dimeo et François Wenz-Dumas, « Jean-Louis Borloo récolte le bénéfice de la gaffe », Libération, 20 juin 2007
  28. "Pas de risque de pénurie"
  29. [http://www.lejdd.fr/Ecologie/Climat/Actualite/Borloo-Un-plan-justice-climat-pour-les-plus-vulnerables-146604/ le journal du dimanche 31/10/09 : Borloo: "Un plan justice-climat pour les plus vulnérables"
  30. rmc.fr 21/12/09 Borloo : « Les États-Unis... La grande déception ! »
  31. actu-environnement.com 27/01/10 Après-Copenhague : Jean-Louis Borloo reste très confiant
  32. http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/03/1182408-borloo-renonce-a-la-presidentielle.html
  33. Libération 20/06/2008 Borloo élu comique de gouvernement
  34. Press Club: Prix « Press Club, Humour et Politique 2008 »

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