Jean-Francois Deniau


Jean-Francois Deniau

Jean-François Deniau

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Jean-François Deniau
Parlementaire français
Naissance 31 octobre 1928
Décès 24 janvier 2007
Mandat Député 1978-1981
puis 1986-1997
Début du mandat
Fin du mandat {{{fin du mandat}}}
Circonscription première circonscription du Cher
Groupe parlementaire UDF
Ve République

Jean-François Deniau (Paris, 31 octobre 1928 - Paris, 24 janvier 2007) est un homme politique et un écrivain. Il a été ambassadeur, ministre, commissaire européen, député, président du Conseil général du Cher, essayiste et romancier, membre de l'Académie française. C'était aussi un navigateur émérite.

Il est le père du journaliste Grégoire Deniau.

Sommaire

Jeunesse

Jean François Deniau est issu d’une famille de viticulteurs et de forestiers, établie en Sologne depuis plus de quatre siècles. Un de ses trisaïeuls maternels (Georges Crismanovich) est né en 1785 à Dubrovnik (Raguse) et fut l'aide de camp du maréchal Marmont. Son père, polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, meurt alors qu'il a sept ans. Il sera élevé par sa mère, avec le soutien de la famille Deniau.

Il effectue ses études secondaires au lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine, puis au Lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles. Deux fois lauréat du Concours général, il obtient ensuite une licence ès lettres (ethnologie et sociologie), ainsi qu'un DES d’économie politique. Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et docteur en droit.

En 1949 il rejoint son frère aîné Xavier Deniau en Indochine, où il sert dans une unité de partisans montagnards. C'est à Saigon qu'il subira les épreuves écrites du concours d'entrée à l'ENA, dans des circonstances un peu rocambolesques qu'il a racontées avec humour dans ses Mémoires.

Admis à l'ENA, en 1950, il effectue une année de stage au Haut commissariat de France en Allemagne, auprès de l'ambassadeur André François-Poncet. Accueilli à Bonn par Alain Peyrefitte et Claude Cheysson, il noue avec eux des relations d'amitié[1].

Haut fonctionnaire

À sa sortie de l'ENA, promotion « Jean Giraudoux » (1952), il opte pour l'Inspection des Finances, de même que Valéry Giscard d'Estaing.

En 1956, il devient secrétaire général permanent de la délégation française à Bruxelles, dont le président est Maurice Faure. Il sera rédacteur du préambule du traité de Rome, signé le 25 mars 1957, dans lequel il a eu la grande satisfaction de glisser le mot «idéal». De 1958 à 1963, à la Commission européenne, il est successivement directeur puis directeur général chargé des négociations avec l'Angleterre, et enfin commissaire chargé des négociations avec les pays d'Afrique qui aboutiront aux Accords de Lomé.

En 1963, il est nommé ambassadeur de France en Mauritanie, par le Général De Gaulle, puis, en 1967, membre de la Commission des communautés européennes, chargé des négociations d'adhésion de la Grande-Bretagne, de l'Irlande, du Danemark et de l'aide aux pays en voie de développement.

Ministre et diplomate

En 1973, il entre dans le gouvernement de Pierre Messmer en tant que secrétaire d'État, chargé de la Coopération, puis sera nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Agriculture et du développement rural dans le gouvernement que forme Jacques Chirac après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République en 1974. En 1976, J.F. Deniau devient ambassadeur de France à Madrid, à la demande du nouveau roi Juan Carlos, avec lequel il avait noué des relations d'amitié lors de régates. Deniau jouera un rôle actif de conseil auprès du roi et du gouvernement durant la transition démocratique suivant le décès du général Franco.

En septembre 1977, Jean-François Deniau est nommé secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Raymond Barre, puis ministre du Commerce extérieur (1978), et enfin ministre de la réforme administrative dans le dernier gouvernement Raymond Barre (1981).

En 1978, il est élu député (UDF) dans la première circonscription du Cher avec 51,95% des suffrages exprimés contre 48,05% à Jacques Rimbault (maire communiste de Bourges). L'année suivante, il se présente avec succès aux élections cantonales dans canton de Bourges IV. Il devient vice-président du conseil général du Cher, puis président en 1981.

En juin 1981, Jacques Rimbault prend sa revanche aux élections législatives et l'emporte avec 52% des suffrages. En 1986, Jean-François Deniau sera réélu député du Cher, confirmé à chaque élection suivante jusqu'en 1997. Progressivement, et bien qu'il préside encore le conseil général du Cher, il se détache de la vie politique. Il doit en outre subir trois endoprothèses de l'aorte.

En 1997, il choisit de ne pas se représenter aux élections législatives, soutenant la candidature d'Yves Fromion (RPR), après initié l'investiture d'Yves Galland (UDF-Parti radical), qui renoncera finalement à se présenter. En mars 1998, il est distancé au premier tour des élections cantonales par Franck Thomas-Richard, candidat UDF-Démocratie libérale, ce dernier étant battu au second tour par la candidate socialiste. À la suite de ce qu'il dénoncera amèrement comme un « lâchage » de sa famille politique, il démissionne de l'UDF, alors en pleine crise interne, suite aux alliances de cinq présidents de conseils régionaux avec le FN.

Il a été député européen de 1979 à 1986.

Les autres vies de Jean-François Deniau

En 1982, il crée à Strasbourg le prix « Sakharov pour la liberté de l'esprit ».

Son combat pour les Droits de l'homme et pour les peuples victimes de dictature ou d'occupation étrangère vont le conduire à mener des missions aux quatre coins du monde : Érythrée, Cambodge, Afghanistan, Kurdistan, Somalie, ex-Yougoslavie, Liban, boat people en Chine, Afrique du Sud, Espagne, Union soviétique, Inde, Roumanie, Sarajevo etc.

Journaliste – chroniqueur au Figaro et éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express, Jean François Deniau écrit beaucoup et s'investit toujours autant dans les causes extérieures notamment en Afghanistan où il effectue des missions clandestines, notamment dans la province de Wardak, et s'efforce d'obtenir la reconnaissance de la résistance afghane par la communauté internationale.

En 1987, il participe à une opération de sauvetage de boat-people, des réfugiés vietnamiens, avec l'écrivain et grand reporter Olivier Weber en mer de Chine.

Élu à l'Académie française le 11 avril 1992 au fauteuil 36, occupé auparavant par Jacques Soustelle, il est reçu par son ami Alain Peyrefitte qui, dans la conclusion de son discours, caractérisera le parcours du récipiendaire dans les termes suivants : « Rêve et honneur, Monsieur, vous ont toujours habité. Votre itinéraire aura réconcilié plus d'un de nos contemporains avec notre époque »[2].

En 1995, après un triple pontage, âgé de 67 ans, il effectue une traversée de l'Atlantique à la voile. Ce passionné est élu à l'Académie de Marine, en 1999, en remplacement d'Éric Tabarly. En 2003, il fondera le groupe des « Écrivains de Marine », ce qui lui vaudra le « Grand Prix de la Mer » pour son action et son œuvre littéraire.

En 2004, il interprète le rôle du président de la République dans le film de Frédéric Auburtin San-Antonio d'après Frédéric Dard.

Fin 2006, il est nommé membre du comité d'honneur du traité de Rome qu'il a contribué à négocier aux côtés de Maurice Faure et de Jean François-Poncet. Il assistera avec ferveur à la première réunion de ce comité.

Jean-François Deniau est mort le 24 janvier 2007 à son domicile parisien.

Distinctions

Citations

  • « Devant un enfant on ne parle ni d'argent, ni d'amitié trahie, ni d'amour déçu, ni de vieillesse à charge. Ni de la fin de l'enfance. Il vaut son poids d'or et de ciel, ce droit de penser, agir, rêver sans conséquence. » [3]
  • « Huit jours avant la signature [du traité de Rome], quelqu'un s'aperçoit qu'on a oublié le préambule du traité officiellement appelé Communauté économique européenne ! Je suis chargé de l'écrire (...) Le plus surprenant est que ce texte, écrit au fil de la plume, très littéraire et pas du tout juridique, sera utilisé dans les interprétations les plus fondamentales de la Cour européenne (...) Les gouvernements ne sont pas cités. Mais, trois fois, revient le mot peuples ! Et dans un traité économique, apparaissent les mots de liberté et de paix. Et le mot emploi. Et le mot idéal. Aujourd'hui, après quarante ans, je n'ai pas une ligne à changer. » (le texte du préambule est disponible ici) [4]
  • « On peut dire que de 1946 à 1958, la IVe République commence à finir dès sa naissance. » [5]
  • « L'Union soviétique détenait la doctrine du sens de l'Histoire, pas la puissance des mers. Les vagues de la mer sont les plus fortes. » [6]
  • « Soufflez sur les cendres, le feu n'est pas éteint. » [7]
  • « Parfois, les cons sont utiles. Ils mettent en valeur. » [8].

Notes

  1. Dans ses mémoires, il relate un déjeuner amical qui réunit, durant son séjour en Allemagne, de jeunes fonctionnaires promis à une carrière ministérielle : outre Peyreffite et Cheysson, Jean Sauvagnargues, Louis de Guiringaud, ainsi que Jean d'Ormesson.
  2. Alain Peyrefitte, Réponse au discours de réception de M. Jean-François Deniau, Académie française, 10 décembre 1992.
  3. Mémoires de 7 vies, Plon, tome 1994, pp. 111-112.
  4. Mémoires de 7 vies, Plon, tome 2, 1997, pp. 156-158.
  5. J.-F. Deniau, Réponse au discours de réception de M.Georges Vedel, Académie française, 18 mars 1999.
  6. Mémoires de 7 vies, Plon, tome 1, p. 302.
  7. Ce que je crois, Grasset, 1992
  8. À propos d'un préfet du Cher, nouvellement nommé suite à la victoire de la gauche en 1981, qui avait voulu interdire à J.F. Deniau (président du conseil général du Cher) de déposer une gerbe à l'occasion de l'inauguration d'un monument commémoratif de la Résistance dans le département. Gaston Defferre (alors ministre de l'Intérieur du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy), indigné par l'attitude du préfet, avait proposé à Deniau de le « faire sauter ». Deniau l'en avait dissuadé, et s'était justifié par cette phrase (anecdote racontée dans Survivre, pp. 157-158).

Œuvres

  • 1955 Le Bord des larmes (Grasset)
  • 1958 Le Marché commun (PUF)
  • 1975 La mer est ronde (Le Seuil)
  • 1977 L’Europe interdite (Le Seuil)
  • 1985 Deux heures après minuit (Grasset)
  • 1988 La Désirade (Olivier Orban)
  • 1989 Un héros très discret (Olivier Orban) (prix du meilleur scénario au festival de Cannes 1996)
  • 1990 L’Empire nocturne (Olivier Orban)
  • 1992 Ce que je crois (Grasset)
  • 1993 Le Secret du Roi des serpents (Plon)
  • 1994 Mémoires de sept vies. Tome 1 : Les temps aventureux (Plon)
  • 1996 L’Atlantique est mon désert (Gallimard)
  • 1997 Mémoires de sept vies. Tome 2 : Croire et oser (Plon)
  • 1998 Le Bureau des secrets perdus (Odile Jacob)
  • 1999 Tadjoura (Hachette Littératures)
  • 2000 Histoires de courage (Plon)
  • 2000 La bande à Suzanne (Stock)
  • 2001 L'île Madame (Hachette Littértatures)
  • 2002 Dictionnaire amoureux de la mer (Plon)
  • 2003 La gloire à 20 ans (XO éditions)
  • 2004 La Double Passion écrire ou agir (Robert Laffont)
  • 2004 La Lune et le miroir (Gallimard)
  • 2005 Le Secret du roi des Serpents (Hachette)
  • 2005 Le grand jeu (Hachette Littératures)
  • 2006 La lune et le miroir (Gallimard)
  • 2006 Survivre (Plon)
  • 2007 L'oubli (Plon) (Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2007)

Liens externes


Précédé par
Jacques Soustelle
Fauteuil 36 de l’Académie française
1992-2007
Suivi par
Philippe Beaussant
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