Ammerschwihr

48° 07′ 34″ N 7° 16′ 57″ E / 48.1261, 7.2825

Ammerschwihr
Grand'rue et Obertor, la porte haute
Grand'rue et Obertor, la porte haute
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Ribeauvillé
Canton Kaysersberg
Code commune 68005
Code postal 68770
Maire
Mandat en cours
Jean-Marie Fritsch
2008 - 2014
Intercommunalité C.C. de la Vallée de Kaysersberg
Démographie
Population 1 914 hab. (2008)
Densité 97 hab./km²
Gentilé Ammerschwihriens, Ammerschwihriennes
Géographie
Coordonnées 48° 07′ 34″ Nord
       7° 16′ 57″ Est
/ 48.1261, 7.2825
Altitudes mini. 193 m — maxi. 882 m
Superficie 19,66 km2

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Ammerschwihr est une commune française, située dans le département du Haut-Rhin et la région Alsace.

Ses habitants sont appelés les Ammerschwihriens.

Sommaire

Géographie

Vue sur le village d'Ammerschwihr depuis les hauteurs de Sigolsheim

Ammerschwihr est un village situé sur la Route des Vins d'Alsace. Ses principales ressources économiques sont dues à la viticulture et notamment à son célèbre Kaefferkopf (colline produisant du raisin d'une grande qualité). Ammerschwihr possède 1 150 ha de forêts et 400 ha de vignobles et bénéficie d'un climat exceptionnel.

Lieu de repos en altitude, le lieudit des Trois-Épis (Drei-Ähren en allemand) fait partie pour un tiers de la commune d'Ammerschwihr, partagé avec Niedermorschwihr et Turckheim.

Lieux-dits et écarts

Cours d'eau

Blason

Blason Blasonnement
D'argent aux trois oiseaux de sable, allumés du champ.
Commentaires : Il s'agit d'armes parlantes, attribuant la racine Ammer au nom germanique du bruant, un passereau présent notamment dans les zones marécageuses. Ce blason remonte au XVIe siècle, mais il ne comportait alors qu'un seul bruant. Aujourd'hui, il en comporte trois, par référence à la division territoriale de la commune jusqu'à la Révolution.

Histoire

Toponymie

  • Almenswile en 879
  • Amelricheswilre en 977
  • Amalrichovilla en 1128
  • Amilrichiswilre vers 1149

Origine du nom

Le nom d'Ammerchwihr provient vraisemblablement du nom d'un chef alémanique Almaric et du latin villare qui veut dire domaine. Maréville (Minnenwilre, Meywihr) était au Xe siècle une villa royale qui devint le berceau d'Ammerschwihr (Amalrici villa). D'après une charte de 977, l'impératrice Adélaïde, en donnant à l'abbaye de Murbach ses possessions d'Ammerschwihr, stipule expressément que certaines parties resteront dans la suite propriété commune de tous les villages et de la marche de Sigolsheim.

Légende

Il est question d'Amalrici vilare dans la vie de saint Déodat qui, après avoir quitté l'évêché de Tours pour embrasser la vie d'anachorète, aurait d'abord voulu s'arrêter en cet endroit et y obtenir l'hospitalité. Mais fort mal accueilli et même repoussé par les habitants du lieu, il a dû fuir en toute hâte et se réfugier à deux lieues de là, à Hunawihr. Richer de Senones, et après lui Jean Ruyr, disent que, pour punir les habitants de Mariville[1], Dieu condamna tous les enfants de cette localité à naître avec des écrouelles. Toutefois ne furent infectés en signe du méchef de leurs pères ceux qui purent naître au-delà du ruisseau. Ce qu'ayant bien remarqué les matrones près d'enfanter, prirent la résolution et coutumes de passer et accoucher outre ledit torrent et ainsi n'avaient pas leurs enfants la messéance des grosses gorges.

Apparition du village

La tour des Bourgeois
L'église Saint-Martin
Chapelle Saint-Wendelin
Vestige de l'ancien hôtel de ville construit en 1552 et détruit lors des bombardements de décembre 1944
La porte haute ou tour des Cigognes (1608)
Fontaine de l'homme sauvage (1560)
La tour des Fripons (1535)

Ammerschwihr fut probablement déjà occupé dès la période de l'âge du bronze. On a trouvé en effet sur le site, une hache à rebord, une hache à talon et une pointe de lance à douille. Le nom d'Almarici Villare est cité dès 869; à cette date, le roi Lothaire II fait don à la fille du roi Louis le Germanique de biens que le comte Erchangar y possède. Amalrici Villare au Xe siècle, n’était encore qu'une ferme royale qui s'est transformée en ville à partir du XIVe siècle en se réunifiant avec trois villages: Ammerschwihr, Meywiller (ou Minenwiller), Katzenwiller (ou Katzenbach). Ce dernier village est le seul connu aujourd'hui. Ainsi la ville fut-elle soumise à l'époque à trois juridictions différentes : à l'avocat impérial de Kaysersberg qui relevait de l'empire, et aux seigneurs de Ribeaupierre et de Haut-Landsperg qui relevaient tous deux de la maison d'Autriche. Chaque seigneur avait la garde de l'une des trois portes de la ville, nommait un prévôt et percevait sur ses sujets une contribution en argent et en vin.Les citoyens nommaient eux-mêmes leurs bourgmestres, au nombre de trois, et six conseillers. Lorsqu'un homme se mariait avec une femme d'une autre juridiction que la sienne, les enfants suivaient la condition de la mère, ce que l'on appelait die böse Hand, la mauvaise main ou la main gauche. Ammerschwihr est cité comme ville pour la première fois en 1367, les mêmes droits que ceux des villes impériales d'Alsace lui seront accordés par l'empereur Sigismond en 1431. La ville est désormais gouvernée par un conseil élu chaque année.

Le partage de la ville

Au XIVe siècle, trois seigneurs se partageaient le ban communal et ses revenus: le Saint-Empire romain germanique, la seigneurie de Ribeaupierre et celle des Holandsberg. En 1431, le roi Sigismond accorde à la ville les mêmes privilèges que les villes impériales d'Alsace (Décapole). Les bourgeois de la ville développent le commerce du vin. Au XVIe siècle, Ammerschwihr connaîtra un véritable développement, comme en témoignent les magnifiques bâtiments et édifices, dont quelques-uns sont encore visibles de nos jours: la tour des Bourgeois (1434), la tour des Fripons (1535), l'hôtel de ville, l'église agrandie entre 1564 et 1585.

Les invasions

Ammerschwihr eut à subir plusieurs invasions, d'abord celles des Armagnacs en 1444, la guerre des paysans en 1525, la guerre de Trente Ans, puis l'invasion des Lorrains en 1652. La ville se relève au XVIIIe siècle grâce à la viticulture.

Deuxième Guerre mondiale

Ammerschwihr a été incendié par les bombardements de décembre 1944 et janvier 1945 lors de la bataille d'Alsace. 85 % du village a été détruit lors de la libération par les troupes françaises et américaines. L'hôtel de ville, les vieilles maisons de la place du Marché et de la Grand'Rue furent détruits. Seules l'église Saint-Martin, relativement épargnée, la porte haute et deux tours des fortifications témoignent encore de l'intérêt pittoresque qu'offrait jadis cette petite ville si éprouvée lors de la Seconde Guerre mondiale[2] Après d'âpres combats, la ville redevient française le 18 décembre 1944.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Jean-Marie Fritsch    
mars 1986 2001 Bernard Rosé    
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Patrimoine

Église Saint-Martin

L'église Saint-Martin, dont l'origine remonte à 1564, est pourvue d’un clocher néogothique qui a été restauré en 1910.

Chapelle Saint-Wendelin (entrée est de l'agglomération)

La chapelle Saint Wendelin se trouve à l'ouest de la porte Haute,à l'embranchement de la route qui mène à Labaroche et au Trois-Épis. Elle était située au XIIIe siècle dans un petit hameau connu sous le nom de Katzenbach. Mentionnée dès 1325 comme "alter ban" (ancien banc) le lieu était placé sous la protection de saint Wendelin. La toponymie en a conservé le souvenir, l'une des vallées se nommant Wendlingsthal. Au XVIIIe siècle la chapelle Saint-Wendelin est de nouveau à l'honneur. Le lundi de Pâques 1793, la statuette polychrome en terre cuite datant de la fin du XVe siècle, représentant la Vierge douloureuse et ornant le maître-autel des Trois-Épis fut déposée sur l'autel de la chapelle Saint-Wendelin puis déplacée à l'église paroissiale Sainte-Catherine. La statue fut ainsi en sûreté durant toute la période révolutionnaire, alors que la plupart des objets du culte et le mobilier des églises avaient été vendus sous enchères. Après la Révolution, la statue fut replacée le 17 avril 1804 dans la chapelle Saint-Wendelin et une grande procession la ramena le 2 juillet 1804 aux Trois-Épis sur son lieu de dévotion d'origine. La chapelle fut reconstruite vers 1878-1880. Elle subit des dégradations de décembre 1944 à janvier 1945. Après avoir réalisé en 1988 une première restauration, la ville d'Ammerschwihr procéda entre 1998 et 1999 à de nouveaux travaux sur l'édifice extérieur. Le financement étant assuré par la commune avec des subventions du ministère de la Culture et de la Communication, au titre de sauvegarde des édifices de qualité non protégés situés en milieu rural et du conseil général du Haut-Rhin[3].

Chapelle Saint-Eloi

Chapelle située à l'entrée est du village, rue de la gare. L'édifice est actuellement en cours de restauration. Construite primitivement en 1535, la chapelle Saint-Éloi sert de lieu de pèlerinage pour la communauté d'Ammerschwihr. Fermée pendant la Révolution, elle est rouverte en 1804 après avoir été restaurée par des bénévoles. En 1944, au cours de la libération du village, la chapelle est sérieusement endommagée, elle sera presque aussitôt réparée. En 1957, des prisonniers de guerre de la Haute-Savoie offrent la cloche fondue par les Établissements Paccara d'Annecy qui orne le clocheton de la chapelle.

Restes de l'ancien hôtel de ville datant de 1552

L'ancien hôtel de ville était l'un des plus beau fleurons de l'architecture Renaissance à Ammerschwihr avant sa destruction par les bombardements de décembre 1944. À l'heure actuelle seule subsiste la façade du rez-de-chaussée conservée comme monument commémoratif du martyre de la cité. Une porte d'entrée surmontée des armoiries de la ville permettait l'accès aux étages, tandis qu'une porte cochère flanquée de deux larges fenêtres donnait sur le rez-de-chaussée du bâtiment. Le décor de la façade est très typée et associe le végétal à l'animal ou le végétal à l'humain, ou encore chacun exploité individuellement. Dans la partie supérieure de la porte cochère, des médaillons d'empereurs décorent l'ensemble de la construction. De nombreuses marques de tâcherons permettent d'affirmer que l'atelier des tailleurs de pierres était composé d'une dizaine de personnes.

La tour des Bourgeois ou "Bürgerturm" (1535)

Située rue des Rivières-aux-Bains, la partie exposée aux invasions de la tour des bourgeois est de forme ronde, tandis que le reste, à l'intérieur des remparts est carré. La tour est armée de trois meurtrières à redans. Au-dessus d'une des portes permettant d'accéder à l'ancien chemin de ronde figurent les armes de la cité. La seconde porte est couronnée par les blasons des trois seigneurs protecteurs : le Saint-Empire romain germanique, le comte de Lupfen et les sires de Ribeaupierre. La toiture de la tour des bourgeois est mise en place vers 1910. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, une partie du ruisseau avait été déviée et passait dessus.

La porte haute, ou tour des cigognes ou encore "Obertor" du XIIIe siècle

La porte haute date du XIIIe siècle et faisait partie intégrante de la fortification. Relevant du Saint-Empire romain germanique, elle était située à la sortie ouest de la ville. Au cours du XVe siècle, la structure supérieure est modifiée par un colombage et une bouche à feu. Un cadran solaire aux armes de la ville figure sur les façades est et ouest.

Fontaine de l'Homme sauvage (1560)

Sculptée probablement en 1560, la statue de l'homme sauvage porte à ses pieds un écu aux armes de la ville et tient un cep de vigne. Le bassin est refait en 1864 ainsi que le fût de la fontaine. La statue en grès jaune n'est que légèrement meurtrie lors des destructions de 1944. En 1977, le sculpteur colmarien Frédéric Schické remplace l'ancienne statue par une copie en grès rose.

La tour des Fripons (1608)

La tour des Fripons a été érigée en 1608, bien que les fondations soient antérieures. Équipée d'imposantes meurtrières à redans, elle protégeait jadis l'entrée de la ville. Utilisée comme prison au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe siècle, la tour des Fripons est restaurée après la Seconde Guerre mondiale. La tour des Fripons a été classé Monument Historique en 1931.

La tour des voleurs ou "Schelmenturm"

Château de Meywihr (1279)

Dans les vignes, au pied du massif vosgien subsiste la base du donjon carré de l'ancien château de Meywihr cité en 1279. Dans le village, de nombreux monuments ont été miraculeusement épargnés par les guerres :

Personnalités liées à la commune

Autres curiosités

  • des maisons anciennes dans la Grande-Rue
  • le poutre de gloire à l'arc triomphal datant du XVe siècle
  • le Christ des Rameaux du XVIe siècle
  • l'escalier de la tribune du XVIe siècle.

Démographie

Évolution démographique
(Source : Insee[4],[5])
1836 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008
2 000 1 341 1 406 1 448 1 566 1 869 1 890 1 875 1 914
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Actualité

  • La petite ville de Kaysersberg (et les deux communes voisines d'Ammerschwihr et Kientzheim) sont passées au tout numérique le 27 mai 2009. À cause de la proximité de l’Allemagne et du manque de fréquences disponibles, l’opération s'est faite en deux temps. La mise en place d’un seul multiplex a permis de recevoir d’abord six chaînes en numérique, le lancement des autres chaînes de la TNT a été fait le même jour que l’extinction de l’analogique, le 27 mai 2009.
  • Le groupe de musique Collectif 6.8.7.7.0 chante une chanson "Tu prends mon bled comme étiquette" contre le FN qui a mis le village de Ammershwihr en première page de son affiche contre Patrick Binder[6].

Vie associative

  • Festicave

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Maréville ou Mariville : c'était le nom que donnaient les habitants de la partie française du val de Kayserberg à Ammerschwihr
  2. Guide vert Michelin 1951-1952
  3. Textes partiels repris d'après l'affichage qui se trouve à l'extérieur de la chapelle
  4. Page INSEE sur la commune d'Ammerschwihr
  5. Population municipale 2008 sur le site de l'Insee.
  6. Pour voir le clip



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Ammerschwihr de Wikipédia en français (auteurs)

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