Badonviller

48° 30′ 00″ N 6° 53′ 35″ E / 48.5, 6.8931

Badonviller
Image illustrative de l'article Badonviller
Armoiries
Administration
Pays France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Lunéville
Canton Badonviller
Code commune 54040
Code postal 54540
Maire
Mandat en cours
Bernard Muller
2008 - 2014
Intercommunalité Communauté de communes du Badonvillois
Démographie
Population 1 598 hab. (2008)
Densité 73 hab./km²
Géographie
Coordonnées 48° 30′ 00″ Nord
       6° 53′ 35″ Est
/ 48.5, 6.8931
Altitudes mini. 284 m — maxi. 524 m
Superficie 21,95 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Badonviller est une commune française, située dans le département de Meurthe-et-Moselle et la région Lorraine. Ses 1 624 habitants sont appelés les Badonvillois et les Badonvilloises. Village anciennement industriel, connu pour sa faïencerie, Badonviller est depuis la loi du 8 juillet 1879[1] le chef-lieu du Canton de Badonviller regroupant 12 communes, après scission du canton de Baccarat[2]. Elle fait également partie de la Communauté de communes du Badonvillois depuis sa création le 6 décembre 2001[3].

Le village s'est vu décerner une fleur dans l'épreuve du concours des villes et villages fleuris[4] pour récompenser son embellissement et la qualité des différents massifs de fleurs dans l'agglomération.

D'après la Carte de Cassini l'ancien nom du village est Baudonviller[5].

Sommaire

Géographie

Badonviller se situe sur les premiers contreforts du massif des Vosges, sur le plus court chemin de Nancy à Strasbourg, à une quinzaine de kilomètres de Baccarat et à une trentaine de Lunéville. La commune est traversée par un affluent de la Vezouze appelé la Blette.

Communes limitrophes

Hydrographie

Bandonviller est arrosée par la Blette[6], cours d'eau de 22,9 km, sous affluent de la Meurthe.

Le nord du lac de Pierre Percée s'étend en partie sud de la commune de Badonviller.

Transports urbains

Deux lignes de transports en communs, par bus, sont à disposition des habitants de la commune :

La première ligne permet, notamment, de se rendre à la gare SNCF la plus proche, à Baccarat.

Toponymie

La forme la plus ancienne est Badonviler, attestée en 996. Elle dérive ensuite en Baudonvillre (1018). Ces toponymes suggèrent le nom d'un homme germain, Baldo, auquel a été rajouté le mot latin -villare (ferme)[9]. Badenweiler est la dénomination en allemand.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Lorraine.

Origines

Créée à l'époque gallo-romaine, Badonviller tire son nom de saint Bodon, évêque de Toul au VIIe siècle dont cette ville était le patrimoine. Elle est une place forte dès le XIIIe siècle. Elle fait partie du territoire administré par les châtelains de Pierre-Percée (le comte de Langenberg, puis par les comtes de Salm). Elle devient rapidement la capitale des Salm qui la fortifient et la défendent contre les prétentions des seigneurs de Blâmont (issus de la même branche de Salm) au XIIIe siècle et au début du XIVe siècle.

Démantelée pendant la guerre de Trente Ans, elle devient la capitale de la principauté de Salm. En 1751, la résidence des princes et la capitale de la principauté furent transférées à Senones, Badonviller restant chef-lieu du comté pour peu de temps, ce dernier s'intégrant au duché de Lorraine.

La Première Guerre mondiale

La ville fut incendiée le 12 août 1914, 84 maisons ont été brûlées par les Bavarois suite à la résistance du 20e bataillon de chasseurs à pied (BCP) de Baccarat sur le 16eIR bavarois. 12 civils ont été assassinés par l'occupant et deux soldats français blessés furent achevés, abandonnés aux flammes dans l'écurie de l'hôtel de la gare. 14 otages furent arrêtés et déportés. Madame Benoit, femme du maire en place était tuée dans les évènements, fusillée avec une dizaine de femmes et de jeunes filles.

Suite à cette prise, véritable exploit pour l'armée bavaroise, le chef de la musique du régiment Georg Fürst (de) écrivit la Badonviller-Marsch (de), la marche de Badonviller, musique militaire qu'il est toujours possible d'entendre[10]. Cette musique sera la préférée d'Adolf Hitler selon un article de Time[11] où il est possible de lire qu'Hiltler se réservait l'usage de cette marche pour ponctuer ses apparitions publiques. Elle met en avant la première victoire allemande contre les Français sans évidemment parler des exactions qui eurent lieu dans le village.

D'importants combats se sont déroulés en février-mars 1915 au col de la Chapelotte à Angomont ; le mémorial a été dressé à Badonviller.

En 1918, Badonviller est détruite à 72 %, elle acquerra le titre de Cité martyre.

C'est aussi l'une des 64 communes françaises décorées de la Légion d'honneur (20 avril 1929) : « Ayant eu à supporter au début des hostilités les souffrances de l'occupation, et la destruction systématique de l'envahisseur, sut conserver ensuite, au cours de nombreux bombardements qui se succédèrent jusqu'à l'armistice, un courage stoïque au milieu des privations de toutes sortes, et du danger continuel, prouvant ainsi l'indomptable énergie de ses habitants et leur foi en la victoire.»

Elle possède également la croix de guerre pour le conflit de 1914-1918, décernée par décret du 3 juillet 1920[12].

La Seconde Guerre mondiale

Char le Mort-Homme.
Plaque à l'endroit du décès.

Le 1er mars 1941 suite à la prise de koufra le maréchal Leclerc jure alors « de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Fin 1943 le général De Gaulle donne mission à Leclerc de libérer la capitale ce qui sera fait après de rudes combats en août 1944. La 2e division blindée se dirige ensuite vers Strasbourg et libère Badonviller le 17 novembre 1944 sous les ordres du lieutenant-colonel de La Horie[13] appuyé par une section de chars légers du lieutenant Davreux, une section de Shermans et quelques Halftraks un chars sherman, le Mort-Homme est stoppé lors des combats à la sortie de la ville en direction de Cirey-sur-Vezouze. La Horie[14] est tué le 18 par un éclat d'obus dans la poitrine « Ce n'est pas ce jour-là qu'il a pris le plus de risques[15] ».

Une borne marque aujourd'hui ce passage libérateur[16].

Borne voie de la liberté.

Administration

Administration municipale

De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de 19 membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales[17]). Lors du scrutin de 2008, il n’y eut qu’un seul tour et Bernard Muller a été réélu conseiller municipal avec le meilleur total de 721 voix, soit 86,45 % des suffrages exprimés. La participation a été de 71,40 %. Il a ensuite été nommé maire par le conseil municipal[18].

Listes des maires

De 1789 à 1799, les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

De 1799 à 1848, la constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799) revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.

Du 3 juillet 1848 à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants.

De 1851 à 1871, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855.

Depuis 1871, les maires sont élus par le conseil municipal suite à son élection au suffrage universel.

Liste des maires successifs depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
4 avril 1945 décembre 1970 Émile Fournier (1889-1970)   Notaire, conseiller de la République de 1946 à 1948
décembre 1970 mars 1989 Yvette Fournier    
mars 1989 mars 2001 Jean Nouvier    
mars 2001 en cours Bernard Muller UMP Conseiller général
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Population et société

Démographie

Évolution démographique depuis l'an 1793[19]
Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846
Population 1 766 1 877 1 971 2 028 2 357 2 213 2 353 2 390
Années 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886
Population 2 356 2 111 2 204 Absent 2 013 1 953 1 725 1 785
Années 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931
Population 1 684 1 689 1 957 1 876 2 086 1 927 2 152 2 267
Années 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
Population 2 192 2 010 2 160 2 143 2 050 1 920 1 812 1 660
Années 1999 2008 - - - - - -
Population 1 512 1 624[20] - - - - - -
Notes, sources, ... Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
Sources : Insee[21], EHESS[22] pour les chiffres issus des recensements légaux.


Évolution démographique de 1793 à 2008

Éducation

La commune fait partie de la circonscription de Lunéville[23] et de l'académie de Nancy-Metz Les enfants de la commune suivent le début de leurs scolarité à Badonviller[24], à l'école maternelle publique Salm puis l'école primaire publique du Haut Jardinet[25] et enfin le collège Émile Fournier[26]. Les élèves vont ensuite aux lycées de Lunéville : le lycée Ernest Bichat[27], le lycée polyvalent Jacques Boutet-de-Monvel ou le lycée professionnel Paul Lapie[28].

Sports

L'environnement nature de la commune permets, notamment, la pratique de sports comme le VTT, la randonnée pédestre, ou le canoë Kayak[29].

Toutefois, plusieurs équipements sportifs existent sur la commune : un stade de football, un gymnase, ainsi que plusieurs club sportifs, comme le paintball.

Culte

Culte catholique en l'église Saint-Martin.

Économie

Badonviller, comme toute la Lorraine et la partie de la Belgique qui se trouve dans son prolongement, fut un centre important de production de céramique et de faïence. De ce passé subsiste maintenant un musée de la faïence.

Afin de relancer l'activité économique sur la commune, la municipalité, en association avec la communauté de communes du badonvillois, réaménage les sites de l'ancienne faïencerie et de la plate-forme SNCF, pour la création d'une zone d'activité (environ 13 hectares)[30].

Culture et patrimoine

Lieux et monuments

  • Hôtel de ville 1811, reconstruit 1924.
  • Hôtels particuliers.
  • Monument du 358e RI.
  • Cimetière national : 2562 soldats français.
  • Les fontaines : très nombreuses et très jolies ;
  • Les divers bâtiments anciens du village.

Édifice religieux

Église romane Saint-Martin XVIIIe siècle, reconstruite en 1925 néo-classique elle est un édifice protégé dans sa totalité depuis un arrêté du 14 février 1921[31]. Elle a pour particularité d'avoir une architecture à toit rond et un carillons imitant celui de Big Ben.

Les curiosités

Croix gammée

Vestige d'une ancienne Croix gammée à proximité de l'église située dans l'ancienne école, détruite le 12 août 1914.

Personnages célèbres

Un des personnages les plus célèbres de Badonviller est l'astronome Charles Messier grand découvreur de comètes et auteur du fameux catalogue d'objets d'aspect nébuleux qui porte son nom.

Plaque commémorative

On peut également citer le peintre paysagiste Jean-Baptiste Claudot, le général Auguste Clément Gérôme et la résistante Thérèse Adloff.

Héraldique

Blason Blasonnement
De gueules semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or, à deux saumons adossés du même brochant sur le tout.
Commentaires : Badonviller devint capitale du comté de Salm au XVIe siècle. C'est à cette époque qu'elle adopta le blason actuel. Les armoiries s'accompagnent des croix de guerre au naturel, surmontées d'une couronne murale sommée de trois tours d'or maçonnées de sable et accostée de deux branches de sinople (chêne et laurier) croisées en pointe et liées de gueules par un ruban du même auquel est suspendue l'étoile de Légion d'honneur et la devise : Calme dans la tourmente

Voir aussi

Bibliographie

  • Louis Schaudel, Les comtes de Salm et l'abbaye de Senones aux XIIe et XIIIe siècle. Contribution à l'histoire de Senones, Pierre-Percée, Badonwiller, Blamont, Deneuvre, Berger-Levrault, 1921
  • Louis Schaudel, Badonviller et les abbayes vosgiennes, Éd.du Pays Lorrain, Nancy, 1930, 7 p.

Liens externes

Notes et références

  1. le Code Officiel Géographique
  2. Archives de Meurthe et Moselle
  3. Site communauté de communes du Badonvillois
  4. Site des Villes et Villages fleuris
  5. Cartes de cassini
  6. Fiche de la Blette sur le site du SANDRE
  7. Ligne de bus R720
  8. http://www.ted.cg54.fr/ted/Uploads/images%20HTML/54/PDF/lunevillois/R710.pdf Ligne de bus R710]
  9. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1690.
  10. Badenweiler Marsch
  11. Article Time diu 5 juin 1939
  12. Liste des communes décorées
  13. La 2e DB - De Douala à Berchtesgaden
  14. http://www.imagesdelorraine.org/affichagerechercher.asp?objet=55&motcle=1939-1945&rech=&zoom=785&posrec=1&iptc22=&iptc32=
  15. Pierre Quillet, Le chemin le plus long chronique de la Compagnie de chars de combat du général de Gaulle, 1940-1945,Maisonneuve et Larose,1997 (ISBN 978-2-7068-1253-8), p. 620
  16. Philippe Leclerc sur le site chemins de mémoire
  17. (fr) nombre des membres du conseil municipal des communes, Legifrance
  18. Résultats élections municipales 2008 à Badonviller sur linternaute.com
  19. Site Cassini
  20. (fr) Populations légales 2008 de la commune de Badonviller, INSEE
  21. (fr) Badonviller, INSEE
  22. (fr) notice communale de Badonviller, Cassini
  23. (fr) [PDF] Carte scolaire du premier degré, Académie Nancy-Metz
  24. (fr) éducation à Badonviller sur ville-badonviller.fr
  25. (fr) Annuaire des établissement scolaires du 1° dégré, Académie Nancy-Metz
  26. (fr) Site du collège Émile Fournier, Académie Nancy-Metz
  27. (fr) Site du lycée Ernest Bichat, Académie Nancy-Metz
  28. (fr) Site du lycée Paul Lapie, lyceelapie
  29. sport sur le site de Bandovillier
  30. zone d'activité à Badonviller
  31. Site de la Conservation régionale des monuments historiques

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Badonviller de Wikipédia en français (auteurs)

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