Saint-Domingue (Histoire)

Histoire de Saint-Domingue

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Colonie de Saint-Domingue fr


1627 — 1804

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Drapeau après 1789 Pavillon Pirate

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Informations générales
 Statut France administration coloniale
 Capitale Cap Français (aujourd'hui Cap-Haïtien)
 Langue(s) Français et créole
 Religion(s) Catholique, protestante et vaudou
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 Monnaie Piastre-Gourde (livre coloniale) égale à 0,66 livre tournois de métropole
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Population
455.000 (1788) dont 405.000 esclaves libérés en 1793
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Superficie
28 000 km²
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Histoire et événements
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Pouvoir exécutif
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Pouvoir législatif
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Entité précédente Entité suivante
Capitainerie générale de Saint-Domingue Capitainerie générale de Saint-Domingue
Haïti Haïti

Saint-Domingue fut la principale colonie française, située sur la partie occidentale d'Hispaniola, de 1627 au 1er janvier 1804, date à laquelle elle devint indépendante sous le nom d’Haïti, après une guerre qui fit plusieurs dizaines de milliers de morts entre les troupes de Napoléon Bonaparte et les esclaves insurgés menés par Toussaint Louverture.

Saint-Domingue est une francisation du terme espagnol Santo Domingo (la traduction étant Saint-Dominique). L'île de Saint-Domingue est désignée par de multiples noms en français. Jusqu'au début des années 1680, Saint-Domingue est surtout un repère de flibustiers, venus vers 1660 de l'île de la Tortue, toute proche de sa côte nord-ouest, ou de l'Île-à-Vache, sur la côte sud-ouest. Les boucaniers y chassaient le bœuf sauvage depuis longtemps, profitant de la présence très épisodique des espagnols. Les gouverneurs français vont désarmer ces flibustiers, entre 1678 et 1700, pour développer une économie de plantation.

À partir de 1720, Saint-Domingue est le premier producteur mondial de canne à sucre. Au milieu du XVIIIe siècle, l'île exporte à elle seule autant de sucre que toutes les îles anglaises réunies et devient la principale destination des traites négrières via le commerce triangulaire. Avant la Révolution, les produits coloniaux de Saint-Domingue représentent un tiers des exportations françaises.

Sommaire

La réserve de viande de la Caraïbe au début du 17ème siècle

Entre 1600 et 1630, les expéditions corsaires basées au départ de l'Europe vont progressivement prendre leur base directement dans la Caraïbes, dans les secteurs abandonnés par les Espagnols, comme l'île à Vache, l'île de la Tortue ou la côte nord-ouest de Saint-Domingue. Les animaux domestiques abandonnés par les conquérants, chevaux, vaches et chiens, vivent en liberté et constituent une réserve de chasse facile pour les boucaniers[1].

Les boucaniers s'installent au départ du Cap-Monte-Christo, au nord, qui est la frontière actuelle entre Haïti et la République Dominicaine[2]. Ils s'intallent aussi à Port-de-Paix et Petit-Goâve et sur l'îlot de Port Margot[3].

Les prémices de la colonisation française

Après sa découverte en 1492 par Christophe Colomb, les espagnols colonisèrent l'île en s'intéressant principalement à l'exploitation des gisements d'or qui s'y trouvaient. Vers 1530, le « métal jaune » se raréfient: les colons concentrent alors leurs efforts sur la partie orientale, abandonnant la partie occidentale, qui devient la proie facile des pirates français, anglais ou néerlandais.

Malgré une politique de la terre brûlée, menée par le roi Philippe III, destinée à contrer leurs pillages, les boucaniers renforcent leur présence.

Les Français éliminent petit à petit leur rivaux de 1627 à 1654, se concentrent sur l'île de la Tortue à l'est d'Hispaniola, sur l'île-à-Vache à l'ouest, avant de créer sur la « grande terre » les villes de Petit-Goave en 1654, puisPort-de-Paix en 1666 et la future capitale Cap Français en 1670.

Par le traité de Ryswick en 1697, l'Espagne reconnaît le contrôle par la France du tiers occidental du territoire de l'île. Avant les Espagnols, Saint-Domingue était faiblement peuplée par des indiens Arawak.

Boucaniers, corsaires, flibustiers et pirates

Le cardinal de Richelieu, à la tête du gouvernement royal en 1623, dote la France d'une politique coloniale. Jean Cavelet, sieur de Herteley, homme de confiance de Richelieu et un des futurs directeurs de la Compagnie de Saint-Christophe, s’engage dans le financement des activités de flibuste de Pierre Belain d'Esnambuc avec Urbain de Roissey, sieur de Chardonville.

Durant la période de la flibuste, la présence française est surtout constatée par des documents écrits à l'île de la Tortue, en raison de son importance militaire, mais des traces d'une présence sur la côte de Saint-Domingue demeurent. Les liens entre les deux zones, qui font partie d'un ensemble plus large, Les 13 paradis des frères de la côte sont attestés: chacune des deux sert de refuge en cas de défaite dans l'autre.

Article détaillé : Île de la Tortue (Haïti).

Années 1629 - 1665

Partis de la petite Île Saint-Christophe, les français se concentrent sur la Martinique et la Guadeloupe et s'installent aussi plus à l'ouest à l'la Tortue, mais de façon moins officielle, car l'empire espagnol, plus proche, la leur dispute.

  • En 1629, Pierre Belain d'Esnambuc et Pierre Vadrosque chassés de Île Saint-Christophe s'installent à la Tortue qui deviendra le point de ralliement des flibustiers anglais, français et hollandais, aux côtés des boucaniers (Frères de la Côte) qui assurent l’approvisionnement en viande.
  • En 1630, les Espagnols sous la direction de Don Fabrique de Toledo reprennent l'île de la Tortue. Expulsés, une partie des flibustiers se réfugie sur l'île d'Hispaniola elle-même. Les Espagnols cèdent ensuite l'île aux Anglais[Pourquoi ?], qui la renomment « Isle of Association ». En 1632, Anthony Hilton est nommé gouverneur de l'île.
  • En 1635, Anthony Hilton est remplacé par Nicholas Riskinner, qui meurt peu après. L'utilisation d'esclaves est un échec, ils se retrouvent de fait en liberté. Des affrontements éclatent entre colons anglais et français, qui sont revenus.
  • En 1638, sous la direction de Don Inigo de la Mota, les Espagnols attaquent de nouveau des colonies mixtes de pirates français et hollandais sur la Tortue.
  • En 1639, de nouveaux colons anglais arrivent à la Tortue de la Barbade sous la direction de Robert Flood pour cultiver le tabac.
  • En 1640, le huguenot François Levasseur prend le titre de gouverneur, fait édifier le Fort de Rocher sur le piton rocheux qui dominait le port au sud (Basse terre) et construire des casernes capables d'accueillir trois cents hommes. Il creuse des magasins à poudre et installe des canons. L'année suivante, il expulse les colons anglais, mais conserve des pirates anglais et hollandais
  • En 1642, Louis XIII autorise la traite des esclaves
  • En 1648, tentative de prise de contrôle de la Tortue par les Anglais, repoussés par Levasseur
  • En 1650, Levasseur fait venir plusieurs centaines de prostituées européennes pour mettre fin au « matelotage », des unions homosexuelles au sein des pirates et boucaniers
  • En 1651, Louis XIV signe la concession de plusieurs îles dont l'île de la Tortue à l'ordre Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem ou Ordre de Malte. Louis d'Ache chevalier de Fontenay est nommé gouverneur.
  • En 1652, Levasseur est assassiné à cause de sa religion probablement, ses deux lieutenants, Thibault et Martin. Poincy et le chevalier de Fontenay se partagèrent son héritage.
  • En 1654, de Fontenay doit se rendre à l'Espagnol Don Gabriel Rozas de Valle Figueroa après avoir défendu l'île avec honneur. Ils quittèrent l'île et se réfugièrent au Petit-Goave sur la « grande terre » c'est-à-dire la côte ouest de Saint-Domingue où ils recréèrent leur République flibustière avec tripots, entrepôts et chantiers de réparation
  • En 1656, Jérémie Deschamps du Rausset, obtint du roi de France, le titre de lieutenant du roi en l'île de la Tortue.
  • En 1664, du Rausset doit rétrocéder l'île à la Compagnie des Indes Occidentales pour 10.000 livres, après avoir été embastillé pour avoir essayé de la vendre aux Anglais pour 8.000 livres.
  • En 1665, Louis XIV nomme Bertrand d'Ogeron de La Bouëre nouveau gouverneur de l'« isle de la Tortue ». Il contribua au peuplement de Saint-Domingue en assurant le transport de centaines d’engagés, qui en échange du voyage doivent travailler 3 ans (on les appelait les « 36 mois »), depuis La Rochelle, sur Léogâne d'abord et la Tortue ensuite. Il dirige ceux que l'on appelle les boucaniers. C'est la période faste de la piraterie dans les Caraïbes et des corsaires.

années 1666 - 1670

Cette période voit les premières fissures dans la traditionnelle alliance contre l'Espagne catholique des flottes françaises (qui compte beaucoup de huguenots), anglaises et hollandaises

  • En 1666, Jean Bart s’engage sur les Sept-Provinces, navire de l'amiral de Ruyter, chef de la flotte hollandaise, pour combattre les Anglais.
    C'est le début de la guerre de Dévolution, Français contre Espagnols et Hollandais. Néanmoins les Hollandais furent flibustiers aux côtés des Anglais et des Français et réciproquement.
    Les flibustiers François L'Olonnais et Michel le Basque, organisent la première grande expédition de flibuste avec la prise et le pillage de Maracaibo.
    D’Orgeron vend aux flibustiers et aux boucaniers des femmes blanches aux enchères qu’il a fait venir d’Europe. Début de la colonisation de Port-de-Paix.
    Le flibustier Delile prend et pille la ville de Saint-Yague dans la partie espagnole de Saint-Domingue.
  • 28 juillet 1669, François Trébutor commandant la frégate La Sainte-Catherine armée par le gouverneur reçoit une commission (lettres de course) de Bertrand d'Ogeron de La Bouëre, permettant la flibuste.
  • La population est estimée à 1500 personnes en 1669 (Tortue et côte nord-ouest réunies). C'est trois fois plus en 1677[4], mais les plantations ne commencent plus tard, preuve que le secteur est alors une base de repli pour les petits planteurs de tabac et flibustiers de toute la Caraïbe.

années 1670 - 1684

C'est la première grande époque de l'expansion sucrière aux Antilles française, virage important de l'histoire de la Martinique et la Guadeloupe. Louis XIV tente aussi de l'implanter à Saint-Domingue, mais il ne parvient pas à mettre au pas les boucaniers qui peuplent la côte nord-ouest de l'île, même si une bonne partie fuient vers le Rendez-vous de l'île d'Or au Panama. La culture du tabac qui fait vivre des milliers de flibustiers est régie par une ferme du tabac, concédée en 1674 à la Marquise de Maintenon avec un prix d'achat très bas et un prix de revente élevé, ce qui favorise l'expansion du tabac de Virginie.
La compagnie des Indes occidentales perd son monopole en 1670 et tombe en faillite en 1674. Les grands ports ont le droit de commercer du sucre et des esclaves.
C'est l'époque où de grandes familles d'armateurs développent le sucre[5].

  • En 1670, début de la colonisation de Cap-Français, révolte des flibustiers contre Bertrand d'Ogeron de La Bouëre, remplacé en 1674 par Jacques Neveu de Pouancey qui fortifie le Cap-Français.
  • En 1673, la Compagnie du Sénégal est fondée pour développer la traite négrière.
  • En 1673 aussi, l'île de Jamaïque est reprise en main par la monarchie anglaise, qui mate les flibustiers anglais en transformant Henry Morgan en planteur de sucre puis gouverneur.
  • 1675: une grande famille de Saint-Malo prend pied sur la côte nord de la grande-île: Jean Fournier de Varennes, vers 1675, s'installe près de l'anse du Port-de-Mer, au nord de la ville actuelle du Cap Français[6] et y demeure trois générations plus tard, avec Jacques, qui possède des sucreries à Rocou, Limonade et Limbé en 1739 quand naît son fils Jean-Jacques Fournier de Varennes[7]
  • En 1676, l'île de la Tortue perd son statut de siège du gouvernement, transféré à Port de Paix. Première révolte d'esclaves marrons dirigée par Padre Jean à Port de Paix. Révolte des petits colons, planteurs de tabacs et boucaniers, en faveur des Hollandais
  • 4 mai 1677, Jacques Neveu de Pouancey, gouverneur de 1676 à 1681, dans une lettre à Colbert, se réjouit du recul de la flibuste avec selon lui un corollaire, la nécessité de développer des plantations de sucre dans les établissements français de Saint-Domingue.
  • 10 août 1678, signature du traité de Nimègue qui met fin à la guerre avec la Hollande. Colbert transmet l'ordre du Roi aux flibustiers de se reconvertir en colons. Jacques Neveu de Pouancey, continue cependant à leur délivrer des Lettres de marque contre l'Espagne, mais en moindre quantité.
  • En 1678, le marquis de Maintenon,, alias Charles François d'Angennes désarme des flibustiers puis devient le plus riche planteur de la Martinique.
  • En 1679, raid sur le Honduras de Lessone avec des flibustiers anglais (John Coxon, Bartholomew Sharp, Sawkins, Allijon, Essex et Markett).
    En juin, les capitaines Blot et Bréha surprennent aux Mimbres (Bahamas) deux bâtiments espagnols repêchant des richesses du galion Nuestra Señora de las Maravillas naufragé 20 ans avant, le butin est de 140 barres d’argents qu’ils ramènent au Petit-Goâve (Saint-Domingue). La nouvelle se répandit et attisa les convoitises jusqu'en Nouvelle-Angleterre.
  • En 1682, Le lieutenant du roi Francois Depardieu (de Pardieu) de Franquesnay remplace Monsieur de Pouancey, décédé.
  • En 1683, le chevalier Charles François d'Angennes, marquis de Maintenon, qui a monopole du commerce du sucre avec le Venezuela espagnol commande 1600 esclaves à la Compagnie du Sénégal.
    Pierre-Paul Tarin de Cussy exécute les instructions de Louis XIV de réduire la flibuste jugée gênante pour les manœuvres diplomatiques de la France, qui veut approvisionner l'espagne en sucre et en esclaves.
  • En 1684, le chevalier de Grammont, Nicolas Van Horn, Michel et Laurent de Graff organisent l’expédition contre Veracruz. Laurent de Graff installé à Port de Paix affirme qu'il bénéficiait d’une commission de corsaire.
    La signature de la trêve de Ratisbonne en juin (20 ans), entre l'empereur Léopold Ier, l'Espagne et la France tente de mettre fin à la flibuste.
    Le 23 décembre 1684 Laurent de Graff, Michel, Jean Quet et Le Sage reviennent à l'île de la Tortue avec deux vaisseaux pris aux Espagnols (55 et 44 canons).

années 1685 – 1696

Les années 1685 à 1696 sont l'occasion d'un regain d'activité pour les corsaires de Saint-Domingue à la suite d'un inversion générale des alliances en Europe car à partir de 1688 la glorieuse révolution britannique casse l'alliance entre Louis XIV et la couronne d'Angleterre, désormais protestante et alliée aux Hollandais. En 1692, la France se retrouve même isolée contre la Ligue d'Augsbourg, que vient de rejoindre l'Espagne.

  • Le roi installe 165 femmes en 1685. En 15 ans, le ratio hommes/femmes passe de 1/8 à 1/2[8]. Entre 1680 et 1683, époque des débats sur le code noir, il en avait envoyé 250 en Martinique.
  • En août 1685, un édit du roi Louis XIV crée le conseil souverain de Saint-Domingue, siégeant au Petit-Goave, et auquel ressortissaient quatre sièges royaux, dont les chefs-lieux étaient le Petit-Goave, Léogane, le Port-de-Paix et le Cap. Laurent est nommé gouverneur de l’île à Vache (Saint-Domingue), autre repaire de la flibuste et parmi les 13 paradis des frères de la côte.
    En mars, Louis XIV promulgue le Code noir qui réglemente la vie des esclaves noirs d’Amérique. Contrairement à une idée répandue il n’interdit pas les mariages interraciaux (ceux-ci seront interdits dans la seule Louisiane par l’arrêté de mai 1724 art. 6, à la demande de la Compagnie des Indes).
    Grammont s’illustre dans la prise du port de Campeche qui lui valut d’être surnommé « le général de la flibuste ». L’expédition de Panama débute avec 1 100 flibustiers, elle échouera à capturer la flotte commerciale espagnole qui amenait l’argent du Pérou, mais pille toutes les villes de la zone, notamment Granada et Guayaquil, qui rapporta un gros butin.
  • En 1685 est créé aussi la Compagnie de Guinée, qui prend le relais de la Compagnie du Sénégal pour l'approvisionnement en esclaves des colonies antillaises.
  • 30 septembre 1686 par brevet, le chevalier de Grammont est nommé Lieutenant du roi pour la partie sud de Saint-Domingue
  • En 1688, retour à Saint-Domingue de l’expédition contre Panama et la « mer du sud », Louis XIV amnistie les déserteurs comme les aventuriers
  • En 1689, Pierre-Paul Tarin de Cussy organise une nouvelle expédition de pillage de Saint Yague.
  • En 1690, Les Espagnols essayent d’attaquer le Cap Français, Pierre-Paul Tarin de Cussy et François Depardieu (de Pardieu) de Franquesnay meurent à la bataille de Limonade, les Espagnols pillent la région.
  • En Octobre 1691, Pierre-Paul Tarin de Cussy est remplacé par le gouverneur Jean-Baptiste Du Casse, directeur de la Compagnie du Sénégal. Il développe la culture de l’indigo.
  • En 1694, Jean-Baptiste Du Casse organise l’expédition de la Jamaïque contre les Anglais, il rapporte de l’indigo et 3 000 esclaves
  • En juillet 1695, une alliance anglo-espagnole attaque la colonie avec 24 bateaux et 6 000 hommes, elle s’empare de Port-de-Paix et pille la région. Jean-Baptiste Du Casse récupère Port-de-Paix avec 3 000 hommes.

Développement des plantations, traite des noirs

années 1697 - 1703

En 1697, Louis XIV signe la paix avec l'Espagne, par le traité de Ryswick qui reconnaît la domination française sur la partie ouest de Saint-Domingue en échange de l'arrêt de tout raid des corsaires contre son empire. Louis XIV accepte en échange de rendre la plus grande partie des Pays-Bas espagnols. La paix permet un développement rapide des plantations de sucre, des terres étant données aux corsaires qui acceptent de cesser d'attaquer l'Espagne.

  • En 1697 Mr de Pointis réunit une flotte et des flibustiers pour une expédition contre Carthagène qui fut pillée avec un butin de plusieurs millions de piastres.
    En mai, soulèvement de 300 esclaves au quartier Morin de la Petite Anse
  • 30 octobre 1697, L'Espagne cède la partie occidentale de l'île d'Hispaniola à la France par le traité de Ryswick
  • En 1698, la France cède l’administration du sud d’Hispaniola à la compagnie de Saint-Louis en contre partie d’un engagement de colonisation.
  • La « Compagnie de Saint-Domingue » ou « Compagnie Royale des Indes » est créée. Elle établit ses bâtiments et entrepôts à Saint-Louis du Sud. Après sa création, le nombre d'esclaves est passé de 9 000 en 1700 à 24 000 en 1713.

D'après des plans revus par Vauban, le Fort Saint-Louis est édifié sur l'îlet commandant l'accès à la baie.
Elle construit ses magasins et entrepôts dans le petit bourg de Jacmel, qui connaîtra un essor considérable grâce à son port ouvert au commerce extérieur.

  • En 1700, les flibustiers français se joignent à leurs frères anglais de la Jamaïque. L'île de la Tortue n'a plus d'utilité. Elle retourne à l'état d'île déserte.
    La population est de 8000 habitants dont 60% de blancs
  • En juin 1701, un édit du roi Louis XIV crée un second conseil supérieur, dont la résidence est au Cap et qui a dans son ressort les sièges royaux du Cap et du Port-au-Prince, détachés de celui du Petit-Goave.
  • En 1701, le roi relance la Compagnie de Guinée, avec de nouveaux actionnaires, dont il fait partie. L'un d'entre eux est le financier Antoine Crozat. Elle a pour mission de livrer au moins 1000 esclaves par an aux colonies, chiffre qui est bientôt porté à 3000. Elle obtient même le monopole de livraison d'esclaves aux espagnols et devient Compagnie de l'asiento.

années 1703 - 1736 : vers l'introduction du coton et du café

L'esclavage monte rapidement en puissance, et se structure juridiquement et économiquement, les cultures se diversifient, même si la canne à sucre reste largement dominante.

  • En 1703 Mr Auger remplace Jean-Baptiste Du Casse, les fonctions civiles et militaires sont séparées
  • 26 décembre 1703, une lettre du ministre de la marine au gouverneur général des Iles, relative aux titres de noblesse des sangs-mêlés, déclara que le roi défendait de recevoir les lettres de noblesse des sieurs, parce qu'ils avaient épousé des mulâtresses
  • En 1704 les Jésuites s’établissent à Saint-Domingue avec le père supérieur Girard
  • En 1706 Le vaisseau Le Prince de d’Iberville jette l’ancre dans le port de l’Hôpitalle mouillage baptisé Port au Prince.
    21 juin naissance à Québec de Joseph-Hyacinte de Rigaud, comte de Vaudreuil, futur gouverneur de Saint-Domingue (1753 à 1757).
    Le botaniste du roi Charles Plumier à la suite d’un voyages aux Antilles crée le Bégonia en référence à Michel Begon gouverneur de Saint-Domingue après avoir été celui de la Martinique.
  • En 1707, le comte Choiseul-Bauprè nommé gouverneur. À sa mort, les derniers flibustiers se dispersent.
  • 1708 Arrivée de Jean-Jacques Mithon de Senneville, propriétaire du domaine de Savigny-le-Temple neveu de Charles François d'Angennes et écrivain de marine, qui était commissaire à la Martinique depuis 1697 et intendant de 1703 à 1708 [9] qui devient le premier intendant de Saint-Domingue en 1714. Son fils Claude Mithon de Senneville de Genouilly sera chef d'escadre lors de la guerre d'indépendance.
  • En 1712, M. Charles de Blanac nommé « gouverneur général des îles françaises et de terre ferme sous le vent ».
  • En 1720 la production de sucre dépasse celle de la Jamaïque.
  • En 1720, La Compagnie des Indes Occidentales, reformée et fusionnée avec les précédentes, acquiert le privilège exclusif de la traite des noirs, ce qui conduit à des troubles avec les colons.
  • 27 décembre 1722 : Traité de Léogane entre les colons et l’administration, qui maintient les privilèges de la compagnie des Indes
  • En 1726 Saint-Domingue compte 130 000 habitants dont 100 000 esclaves noirs
  • En 1725, la culture du café est introduite par les jésuites, livrés par la Martinique où il fut introduit entre 1721 et 1725 (selon les sources) par Gabriel de Clieu.
  • En 1728, les privilèges de la compagnie des Indes cessent.
  • En 1729, l’importation du café en métropole est interdite pour protéger la Compagnie française des Indes orientales.
    La culture du tabac revient. C'était la principale avant 1674.
  • En 1735 l’interdiction d’exportation du café vers la métropole est levée, la production va se développer
  • En 1736, après un échec en 1716 le cacaoyer est acclimaté, il pousse jusqu’à 30 pieds.
  • En 1738, lancement, à la demande des fabricants d'indiennes, de la culture du coton[10]. Ce sera un grand succès: un tiers de la production mondiale 50 ans plus tard, lorsque la demande explose. L'histoire des indiennes de coton en Europe s'accélère.

Apogée économique (sucre, café, indigo, cacao)

années 1743 - 1765

Les deux décennies qui précèdent la guerre de Sept Ans contre les Anglais sont celles d'une forte croissance des cultures esclavagistes, sucre et café, la traite négrière s'industrialisant, avec des bateaux plus grands, financés par des sociétés par action.

  • 20 mai 1746, naissance de Toussaint Louverture sur l’habitation Bréda du comte de Noé, non loin du Cap-Français. Il serait le petit fils de Gaou-Guinou, de la famille royale d'Allada, royaume pris en 1724 par celui du Dahomey.
  • En 1748, création à Nantes par le fils d'Antoine Walsh de la société d’Angola au capital de 2 millions de livres. Les Irlandais de Nantes multiplient les acquisitions de plantations.
  • En 1748, à Nantes toujours, la Société Grou et Michel fusionne avec d'autres pour se fondre dans la Compagnie de Guinée au capital de 2,4 millions de livres.
  • 7 juin 1749, fondation de la ville de Port au Prince par ordonnance du gouverneur de la colonie. Louis XV la proclame capitale.
  • En 1750 il y a 22 millions de pieds de caféier. Saint-Domingue est devenue « l’usine à sucre » de la France et de l’Europe (7/8° de la production est réexporté vers les pays d’Europe du Nord)
  • En 1751, la fiscalité sur le sucre passe de 3 à six lives par barrique et sera relevée à 12 livres en 1764. Celle sur le café passe de 3 à six deniers par livre et passera à 9 deniers en 1754. Sur le coton elle passe de 50 à 100 sous par quintal et en 1764 il passe à 7% de la valeur comme pour l'indigo et le sucre[10].
  • En 1754, l'île compte déjà 6,3 millions de cotonniers[11].
  • 29 août 1756, début de la guerre de Sept Ans contre les Anglais.
    Pendant ce temps, l'expansion du sud de la colonie continue. Les plans de la ville actuelle de Jérémie sont tracés. C'était auparavant un petit village de pêcheurs nommé Trou Jérémie.
  • 20 janvier 1758, l’insurgé noir Makandal, condamné à mort, est exécuté au Cap pour « avoir voulu exterminer les blancs et proclamer l’indépendance et la liberté des noirs ».
    Naissance de Jean-Jacques Dessalines sur l'habitation Cormier près du Cap.
  • En 1761, naissance d’André Rigaud aux Cayes, mulâtre, futur général et président de la partie sud de Haïti.
  • 25 mars 1762, naissance du futur général Alexandre Dumas à Jérémie.
  • 10 février 1763, fin de la guerre de 7 ans avec le traité de Paris, la France perd la Dominique.
    Il y a 600.000 esclaves noirs (6,9% de Sénégambie ; 4,5% de Sierra Leone; 4,5% du Ghana ; 26,3% du Dahomey ; 5% du Nigéria (Biafra) ; 49,2% du Congo ; 3,6% du Mozambique).
    Les revenus de l’impôt représentent 4 millions de livres tournois, 30.000 esclaves sont amenés chaque année.
  • En 1765 il y a 100 millions de pieds de caféier.

années 1766 - 1776 : le séparatisme commercial et annexions espagnoles

  • En 1764, la guerre de sept ans s'achève sur le constat de faiblesse de la Marine Royale face à l'Angleterre. Un conflit éclate entre le conseil de la Colonie et la Métropole sur le montant des impôts[12].
  • En 1766, des milliers d’Allemands et d’Acadiens s’établissent à Bombardo-Polis et au Dondon.
    Le bateau négrier « Mesny » commandé par Jallobert, armé par Meslé de Grandclos à Saint-Malo, débarque au Cap-Français 678 noirs de la rivière Zaïre, achetés à un courtier africain 30 livres et revendus 1.257 livres tournois chacun au négociant Stanislas Foäche et famille, qui les revend aux colons. Pour l’armateur de prix de revient d’un esclave transporté est d’environ 480 livres. La mortalité de l’équipage a été de 15-20%, celles des noirs de 8-10% (les négriers prennent soin de leur « cargaison » car elle a plus de valeur que les marins employés, qui eux coûtent environ 20 livres/mois) .
  • En 1770, naissance d’Alexandre Pétion à Port-au-Prince, mulâtre futur général et président d’Haïti. Le 8 juin, tremblement de terre de Port-au-Prince.
  • 1er décembre 1775, le bateau négrier Prince de Conty rentre à Saint-Malo après avoir vendu 777 noirs à Saint-Domingue. Le capitaine a pu ramener 342.850 livres (120 T) de marchandises qu’il va revendre pour 37.000 livres, il touchera aussi environ 2.000 livres de salaire (son risque de mortalité pendant le voyage est quasiment le même que celui des marins).
  • 15 février 1776 Naissance de Jean Pierre Boyer, mulâtre futur président d’Haïti. Le comte d’Ennery est gouverneur.
  • Le 3 juin, l'Espagne annexe certaines terres. Les limites entre parties française et espagnole sont modifiées, ce qui se traduit par le passage sous domination espagnole d'une partie des plantations françaises, en particulier celles de canne à sucre, celles qui emploient le plus grand nombre d'esclaves, ce qui explique que les statistiques font apparaître une baisse du nombre d'esclaves à partir de cette époque, malgré des arrivages massifs dans les dernières années de la royauté[13]. Les planteurs passés en zone espagnole vont vendre leurs terres à des planteurs en zone française, après la révolution, et s'installer à Cuba.

Assistance militaire aux États-Unis et émergence d’officiers de couleurs

année 1779

Saint-Domingue est habité par des milliers d'officiers français blancs, liés aux planteurs des colonies du sud des futurs États-Unis, qui jouent un rôle militaire et politique très important dans la Guerre d'indépendance américaine, permettant à la nouvelle nation de ne pas trop dépendre de la Nouvelle-Angleterre, anti-esclavagiste.

  • André Rigaud, Henri Christophe s'engagent dans le régiment des chasseurs-volontaires de Saint-Domingue pour aller aider les insurgés américains (guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique), ils s'illustreront dans le siège de Savannah.
  • 15 août, contingent expéditionnaire part du Cap-Français sous les ordres du comte Charles-Henri Théodat d'Estaing, vice-amiral de France, lieutenant général des Armées Royales, ancien gouverneur de l'île, avec comme major général le vicomte François de Fontanges, propriétaire aux Gonaïves.
  • 12 septembre, débarquement du corps expéditionnaire avec des grenadiers-volontaires de Saint-Domingue (Port au Prince) et des chasseurs-volontaires de Saint-Domingue (Saint-Marc) en Géorgie près de Savannah (États-Unis)
  • 24 septembre, début du siège de Savannah
  • 9 octobre, assaut de Savannah et défaite

années 1780 - 1789

L'île participe à la Révolution française de 1789. La décennie la précédent est marquée par le débat d'idée sur l'esclavage: des révoltes se multiplient, des lobbys se forment, les écrits se multiplient. Plusieurs généraux blancs, noirs et métis en sont issus : Étienne Eustache Bruix (amiral), Alexandre Dumas, André Rigaud, Toussaint Louverture.

  • 12 mai 1780, formation des chasseurs royaux de Saint-Domingue du chevalier Renaud de Villever, gouverneur itinéraire de l'île
  • En 1785, le gouverneur de Belle-Combe reconnaît l’indépendance d’une bande d’ex-esclaves dit marrons dans les montagnes de Bahoruco
  • En février 1788, Brissot de Warville fonde la Société des amis des Noirs, pour l'abolition de l'esclavage.
    Le recensement fait état de 455 000 habitants dont 27 717 blancs, 21 808 gens de couleur libres, et 405 464 esclaves. En 20 ans, la population d'esclaves a diminué d'un tiers.
  • En 1788, le planteur et député Pierre-Victor Malouet rend un mémoire défendant l'esclavage.
  • En 1789, la production de café atteint 43 000 tonnes. Les exportations vers la métropole représentent 161 373 788 livres tournoises.
  • En 1789 aussi, la croissance urbaine permet à deux villes d'émerger. Le Cap français compte 20.000 habitants et Port-au-Prince 10.000 habitants[14].
  • Le lobby du Club de l'hôtel Massiac est fondé le 20 août 1789 pour défendre l’esclavage à l'hôtel particulier du Créole Massiac. Médéric Louis Élie Moreau de Saint-Méry, de la Martinique, y prend une part importante au côté de deux élus de la noblesse de Saint-Domingue aux Etats-généraux, Louis-Marthe de Gouy d'Arsy et Denis Nicolas Cottineau de Kerloguen.
  • 20 août, le député Étienne Louis Hector Dejoly, député de Paris soumet à la convention le « cahier de doléance des gens de couleurs libre », préparé par Julien Raimond. Ce cahier est appelé « sortie des mulâtres », par les colons ségrégationnistes. Cette demande n’est pas conforme à l’approche sans discrimination raciale de la déclaration des droits de l’homme.
  • 26 août, adoption par l’assemblée constituante de « la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ».
    La Fayette fait enrôler de nombreux « libres de couleur » dans la garde nationale.

Des colons pactisent avec les Britanniques, des esclaves avec les Espagnols

Année 1790

La contestation de la Révolution française par les riches planteurs passe du terrain des idées à ceux de la politique et de l'opposition militaire.

  • 27 février, élection d'une assemblée coloniale de Saint-Domingue exclusivement composée de blancs.
  • En mars, Un décret de l’assemblée proclame l’égalité des mulâtres libres ; les assemblées coloniales s’opposent à sa diffusion et revendiquent l’autonomie.
  • 28 mars, un décret ouvre la représentation à tout propriétaire de plus de 25 ans, sans discrimination de couleur ; l’assemblée coloniale s’oppose à sa diffusion et revendique l’autonomie.
  • 14 avril, à Saint-Marc se réunit, d’après les ordres du Roi, une « Assemblée générale de la partie française de Saint-Domingue » qui remplace « l’assemblée coloniale ».
  • 23 octobre, Jacques-Vincent Ogé débarque au Cap d’un navire américain, avec des munitions de guerre, il équipe 250 à 300 hommes pour exiger l’application du décret. Son arrivée de Paris a été dénoncée par le «club de l'hôtel Massiac».
  • 29 octobre,Jacques-Vincent Ogé, Jean-Baptiste Chavannes et leurs amis dont Joseph Rivière, battent d’abord Mr. De Vincens avec 500 hommes, puis sont battus par le colonel Cambefort avec 1 500 hommes, ils se réfugient dans la partie espagnole, mais sont livrés au gouverneur Blanchelande.

Année 1791

Les colons font reculer militairement la Révolution française, ce qui déclenche le soulèvement général des esclaves.

  • 25 février, les mulâtres Ogé et Chavannes sont suppliciés jusqu’à ce que mort s’en suive. L'affaire fait grand bruit et amène la Constituante à réexaminer la situation en mai.
  • En avril, les colons de Jérémie (Sud) se rassemblent en une Fédération de la grande Anse. Ils achètent la tête d'insurgés noirs. Les blancs sont dirigés par La Chaise, les autres par Noël Bras. André Rigaud ramène l'ordre sur instruction des commissaires civils.
  • 15 mai, par décret de l’assemblée constituante l’esclavage est confirmé, l’égalité des droits politiques est accordée aux mulâtres libres de deuxième génération.
  • 22 août, soulèvement des esclaves de Saint-Domingue, environ 1 000 blancs tués.
  • 24 septembre, l’assemblée constituante révoque le décret du 15 mai et remet le sort des noirs à l'assemblée coloniale, l'insurrection se rallume.
  • 23 octobre, concordat de la Croix des bouquets entre insurgés libres et colons esclavagistes. Il est convenu de l’application du décret du 15 mai et l’infamie pour les juges d’Ogé et Chavanne.
  • En novembre, Toussaint Louverture rejoint les esclaves insurgés dirigés par Jean-François et Biassou, ils vont passer dans la partie espagnole. Louverture y devient « général d’armée du Roi ».

Année 1792

Le chaos s'installe, profitant au voisin espagnol.

  • En janvier, Paris apprend la révolte de Saint-Domingue, la spéculation sur le sucre commence, les prix flambent, et des émeutes populaires éclatent contre la cherté du sucre
  • 4 avril, Décret de la législative sur des mesures en faveur de l’égalité politique de tous les libres.
  • Mai, les Espagnols franchissent la frontière, envahissant la colonie par l’Est avec l’appui d’esclaves rebelles dont Toussaint Louverture et Biassou.
  • 16 novembre, Ferrand de Baudières, officier des grenadiers volontaires de Saint-Domingue, juge de la Sénéchaussée et Amirauté du Petit-Goâve, a la tête tranchée par des royalistes esclavagistes pour avoir rédigé une pétition à l'Assemblée provinciale de l'Ouest en faveur des droits civils et politiques des affranchis dont nombreux avaient été ses compagnons d'armes à Savannah, en Géorgie.

Année 1793

La guerre civile s'intensifie, les révolutionnaires affichent des succès militaires, mais les colons obtiennent le soutien des anglais, à qui ils promettent de livrer la colonie en échange du maintien de l'esclavage

  • Toussaint Louverture, Jean-François et Biassou passent dans la partie espagnole. Ceux-ci promettent la liberté en échange de l’aide contre les français. Louverture y devient « général d’armée du Roi ».
  • 25 janvier, des colons royalistes dirigés par Borel s’emparent de Port au Prince avec l’aide de soldats d’Artois. Ils envoient un député de l’assemblée coloniale à Londres pour proposer au gouvernement britannique de lui livrer l’île sous condition qu’il y maintienne l’esclavage.
  • 14 avril, les républicains reprennent Port-au-Prince avec les généraux Lassale et Beauvais. Borel s’échappe à la Jamaïque.
  • 11 mai, début de la guerre navale aux caraïbes de l’alliance hispano-britannique contre la France.
  • 20 juin, le général royaliste Galbaud débarque au Cap Français pour prendre la ville. Le 21 il est battu par les républicains, il y a 500 morts et un incendie s’est déclaré qui ravage la plus belle ville des Antilles du moment.
  • 29 août, Léger-Félicité Sonthonax et Étienne Polverel commissaires civils à Saint-Domingue proclament l’égalité et la liberté générale des esclaves.
  • Formation des « légions de l'égalité », celle du Nord fut commandée par Villatte, celle du sud par André Rigaud, Leveillé fait partie de celle de l'Ouest.
  • 3 septembre, les royalistes insurgés de Saint-Domingue, représentés par Pierre Venant de Charmilly signent avec l’ennemi britannique, représenté par Adam Williamson, le « traité de la Jamaïque » ou «capitulation de la grande Anse». Les Britanniques s’engagent au maintien de l’esclavage en échange de la soumission.
  • 19 septembre, 500 soldats britanniques sont accueillis à Jérémie et au môle Saint-Nicolas le 22 septembre. Les royalistes livrent dans la foulée Saint-Marc, L’Arcahaie, Le Grand Goave, Tiburon et Leogane

Année 1794

Les révolutionnaires, après l'abolition de l'esclavage en février, doivent combattre toute l'aristocratie sucrière française, alliée aux Espagnols et aux Anglais.

Jean-Baptiste Belley député à la convention (par Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson)
  • Labatut, commandant de la Tortue, envoie des vivres au Port-de-Paix. Laveaux dirige une attaque générale contre les Espagnols, Danty attaque Poste la Chapelle, Villatte Port Margot, Louverture Petite Rivière. Laveaux accuse Villatte d’une politique raciale en faveur des mulâtres et promeut Louverture dont il fait venir des troupes près du Cap.
  • 2 février, l'escadre britannique du commodore J. Ford se présente devant le Port-au-Prince. Face à la résistance elle ne peut débarquer.
  • 3 février, trois députés de Saint-Domingue siègent à la convention: le mulâtre Jean-Baptiste Mills, le blanc Louis-Pierre et le noir Jean-Baptiste Belley. Leur arrivée est acclamée. Le président de l’assemblée leur donne l’accolade fraternelle.
  • 4 février, décret d'abolition de l'esclavage voté à l’unanimité par la Convention, qui confirme la déclaration des droits de l'homme de 1789 dans les colonies.
  • 19 février, Traité de Whitehall entre les anglais et les colons de Saint-Domingue, qui permet à ce des derniers de combattre les troupes révolutionnaires et l'émancipation des noirs, et aux Anglais de récupérer la lucrative fiscalité sur les plantations de sucre française.
  • 18 mai, Toussaint Louverture rallie au camp républicain français en se plaçant sous l'autorité du gouverneur général Laveaux ; il devient chef militaire aux côtés de Rigaud, Pétion, Martial, Besse, Villatte ; une armée de 40 000 hommes est levée.
  • 30 mai, nouvelle escadre britannique devant le Port au Prince (6 frégates, 12 bâtiments de transports et de nombreuses goélettes)
  • 25 juin, Louverture élimine les garnisons espagnoles de Petite Rivière, Dondon, Gros Morne et des Gonaïves avec 5 000 hommes et se rend au Port-de-Paix où se trouve Laveaux
  • Louverture bat les Espagnols à camp Bertin et au Limbé, reprend Dondon. De nombreux noirs enrôlés par l’Espagne rallient la France.
  • 6 juillet, Jean François négocie son soutien à l’Espagne en échange du pillage de Fort-Dauphin où il était censé protéger des blancs royalistes : il en massacre un millier.
  • Fin de l'année : Rigaud, Pétion et Beauvais reprennent Leogane et Tiburon, assiègent les Britanniques à la Grande Anse. Villatte défend le Cap-Français. Les Britanniques bloquent le port, les Espagnols assiègent la ville. Jean François et les espagnols, battus, se retirent à Fort-Dauphin. Louverture et 4 500 hommes prend aux Espagnols Saint-Michel et Saint-Raphael.

Toussaint Louverture et les généraux mulâtres Rigaud, Villatte

Année 1795

  • 1er janvier 1795, Louverture enlève camp Flamin, camp Roque et Saint-Malo aux Espagnols.
  • Janvier 1795, Louverture bat le général britannique Brisbane aux environs de la Petite Rivière.
  • 4 janvier 1795, Louverture est battu par Jean François au fort Charles Sec.
  • En 1795, Rochambeau est envoyé avec Roume à Saint-Domingue
  • mi-mars 1795, Rigaud, Pétion et Beauvais battent le lieutenant-colonel britannique Markham près de Port Républicain
  • 25 mars 1795, Étienne Laveaux décerne un brevet de colonel à Toussaint Louverture
  • mai 1795, le général britannique Wiliamson remplace Horneck, il amène 2 500 hommes à Port Républicain. Il renforce les légions coloniales royalistes avec des esclaves rachetés.
  • mi 1795, Louverture sur ordre de Laveaux, forme plusieurs régiments avec des officiers noirs.
  • 22 juillet 1795 Traité de Bâle cède la partie espagnole de l'île à la France. La France laisse néanmoins aux Espagnols le rôle d'administrateurs. Fin de la guerre avec les Espagnols.
  • 23 juillet 1795 Par décret, la convention nationale nomme au grade de général de brigade Louverture, premier général noir de l'Armée française, et les mulâtres André Rigaud, Villatte, Louis-Jacques Beauvais, les autres grades donnés par le général Laveaux étant maintenus
  • Août 1795, la fièvre jaune fait des ravages dans les troupes britanniques d’origine européenne à Port Républicain. Les offensives sont empêchées
  • Fin 1795, le major général Forbes remplace Wiliamson. Il fixe les positions en améliorant les fortifications.
  • 20 décembre 1795, Toussaint Louverture se plaint dans une lettre à Laveaux de la connivence entre les administrateurs Espagnols de la partie de l'Est et les Britanniques.
  • 22 décembre 1795, une escadre britannique attaque Leogane mais échoue.

Année 1796

  • 8 février 1796l sur demande de Rigaud et Beauvais, Laveaux par ordonnance convoque des « assemblées primaires » à Leogane (l’Ouest) et aux Cayes (Sud). Sur intervention de Louverture demandant le siège de l’Ouest aux Gonaïves, Laveaux annule la désignation de Léogane, ce qui provoque un début d’insurrection de Villate, Pinchinat, Sala et Fontaine.
  • 21 février 1796, les Britanniques attaquent Fort Dauphin avec l’aide du noir Titus, il est battu par le général républicain Villatte.
  • 28 février 1796 Laveaux suspend la convocation des assemblées primaires
  • 20 mars 1796, 1796, Rigaud accuse Laveaux de favoriser les noirs, il est arrêté au Cap par Villatte. Louverture se présente avec 10 000 hommes pour libérer Laveaux et le sauve.
  • 31 mars 1796, Laveaux gouverneur de Saint-Domingue nomme Louverture lieutenant au gouvernement de Saint-Domingue et son adjoint direct.
  • mars 1796, arrivée de France du général Desfourneaux.
  • 11 mai 1796, Roume, commissaire de la République dans la ville de Santo Domingo, demande aux généraux noirs et mulâtres de se réconcilier.
  • 12 mai 1796 arrive une escadre de la République avec les commissaires désignés par le directoire (Sonthonax, Giraud, Raymond, Leblanc) et des généraux (Kerverseau, Rochambeau, Martial Besse, Chanlatte et l’adjudant général Mentor, noir de la Martinique). Leur mission est notamment de mettre fin au « préjugé de couleur »
  • 18 mai 1796, décision des commissaires d’arrêter Vilatte et de l’envoyer en France
  • mi 1796, Louverture équipe 16 000 hommes avec les armes arrivées de France.
  • Fin 1796, ouverture d’écoles libres au Cap par le commissaire Raymond
  • 14 juin 1796 Le brigadier général britannique Howe avec 7 000 hommes de troupes de renfort attaque et prend Bombarde
  • 21 juillet 1796, la commission civile fait arrêter le général Rochambeau qui refuse d’occuper Santo Domingo et d’y étendre les lois de la République, en outre il se plaint de la position des noirs et hommes de couleur. Il est renvoyé en France.
  • 7 août 1796, défaite de Rigaud devant les Britanniques de fort Irois
  • septembre 1796, événements des Cayes avec le frère de Rigaud et Pinchinat à la suite de la tenue d’une assemblée primaire. Il s’ensuit un rapport défavorable sur le général Rigaud envoyé au directoire par Sonthonax.

Année 1797

  • Février, le conseil des 500 sur rapport du représentant de Saint-Domingue Dufay subdivise la colonie en 5 départements :
  • Mars, arrivé du général John Graves Simcoë a Port Républicain. Il est chargé non plus de conquérir Saint-Domingue, mais de favoriser la revendication d’autonomie pour enlever Saint-Domingue à la France.
  • Avril, assauts infructueux de Rigaud sur le fort Irois tenu par les Britanniques.
    Louverture prend Mirebalais et Grands Bois aux Britanniques sans combats. Ceux-ci se replient pour protéger l’Ouest
  • 3 mai, Louverture est promu général de division par Sonthonax et confirmé dans les fonctions de général en chef de la colonie, ce qui fait de lui le deuxième personnage de la colonie de Saint Domingue.
  • Juin, les Britanniques reprennent Mirebalais, se fortifient à Saint-Marc et occupent les Verettes.
  • Juillet, avec 10 000 hommes, Louverture reprend les Verettes et détruit la légion de Dessources, royaliste rallié aux Britanniques qui se replie sur Saint-Marc. Il reprend aussi Mirebalais.
    Le colonel Henri Christophe attaque et détruit les anciennes troupes pro espagnoles de Jean François, toujours en révolte contre la république, surnommées « les vendéens de Saint-Domingue ». Elles sont soutenues par les Britanniques et installées à Valière.
  • Août, Dessalines et Belair sont battus par les 8 000 hommes de la légion d’York sous le commandement de Lapointe au fort du Boucassin. Ceci empêche Louverture de prendre le contrôle des Arcahaies.
    Le général britannique Whyte remplace Simcoë. Les Britanniques occupent encore la grande Anse, le Môle, l’Arcahaie, Saint-Marc et Port Républicain.
  • 17 août, la promotion de Louverture au grade de général de division est ratifiée par le Directoire qui ajoute le don d'un sabre et d'une paire de pistolets de la manufacture de Versailles.
  • 3 septembre, départ de Sonthonax, forcé par Louverture.
  • 5 septembre, le général Pétion conquiert Grenier, Fourmi et Gros Morne.
  • 22 septembre, le lieutenant-colonel Doyon, envoyé par Rigaud attaque et enlève le camp Thomas au-dessus de Port Républicain.

Année 1798

  • Janvier, Dessalines échoue à se rendre maître de l’Arcahaie, il perd 800 hommes dans les combats. Il est mis aux arrêts par Louverture pour n’avoir pas soutenu l’action des 3 demi-brigades de Christophe Mornay avec qui il avait une inimitié
  • 27 mars, le directoire envoi un représentant sur l’île le général Hédouville
  • Avril, le brigadier général britannique Thomas Maitland remplace Simcoë et Nesbit qui lui avait succédé brièvement.
  • 21 avril, Hédouville débarque dans la ville de Santo Domingo à Saint-Domingue.
  • 22 avril, Maitland fait part aux royalistes français de la décision Britannique d’abandonner la colonie et d’organiser l’évacuation de ceux qui le souhaitent.
  • 23 avril, Maitland fait part de sa décision à Louverture et demande des négociations pour la remise de Port Républicains et la sauvegarde des royalistes qui restent
  • En avril Hédouville rencontre Louverture au Cap et lui propose de rentrer en France, ce que refuse Louverture
  • 28 avril, Louverture envoie l’adjudant général Huin pour commencer les négociations. Maitland ne souhaite pas rendre les places fortes au général Rigaud qu’il sait très républicain et qui a été son ennemi constant pendant toute l'occ^pation anglaise.
  • 8 mai, les Britanniques quittent Port Républicain à Saint-Domingue (Louverture écarte Raimond)
  • 9 mai, le général Laplume, à la tête de la légion de l’ouest commandée par Pétion prend possession de Port Républicain. Louverture donne le commandement de la ville à Christophe Mornay et demande à la légion de l’Ouest de s’installer à Léogane. Les royalistes blancs sont reconnaissants envers Louverture, qui vient dans la ville, de leur sécurité
  • Mai, Hédouville profite de la présence de Louverture à Port Républicain pour envoyer un ultimatum aux Britanniques de quitter le môle Saint Nicolas avec leurs derniers 8 000 hommes, et tous les colons les royalistes. Mitland signe le traité.
  • 22 août, Rigaud récupère Jérémie de force, les Britanniques appareillent pour le Môle.
  • Milieu de l'année, Louverture se rend au Môle Saint-Nicolas, convainc Maitland de dénoncer le traité fait avec Hédouville et négocie un traité similaire à celui de Port Républicain, plus favorable aux colons royalistes.
    Louverture rencontre Maitland avant son départ, il est rapporté qu’ils auraient conclu une entente secrète concernant l’indépendance de Saint-Domingue que les Anglais recherchaient pour affaiblir la position de la France dans l'arc Caraïbe. Louverture n’arrête pas Maitland comme le lui demande le commissaire civil Roume.
  • 30 août, le Conseil des Cinq-Cents annule les élections des assemblées de Saint-Domingue pour s’être tenues « avant la connaissance dans cette colonie de l’acceptation faite par le peuple de l’acte constitutionnel ».
  • Fin de l'année :
    Hédouville veut nommer Rigaud commandant en chef du département du sud.
    Louverture aurait proposé à Rigaud de s’associer contre Hédouville ce que Rigaud refuse : il préférerait l’élimination des colons royalistes. Il penche du côté de la République.
    Hédouville veut désarmer plusieurs régiments, la révolte s’accentue.
  • 16 octobre, les Noirs, manipulés par des agents secrets pensent que Hédouville en veut à leur indépendance, et se soulèvent au Cap et dans toute la plaine du Nord
  • 22 octobre, Hédouville fuit par bateau avec 1 500 colons. En partant il accuse Louverture de s’être entendu avec le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique et le cabinet de Saint James pour rendre indépendante la colonie.
  • Fin de l'année, le commissaire civil Roume soutient Louverture contre Hédouville.
  • Décembre, le général britannique Maitland revient à Saint-Domingue en simple particulier, accompagné d’Américains pour rencontrer Louverture.
    Louverture signe un traité de commerce avec les Américains.

Année 1799

  • Janvier, Rigaud ne veut pas reconnaitre l’autorité de Louverture à la suite des déclarations de trahison portées par Hédouville.
  • 24 janvier, Roume organise une conciliation avec l’aide de Beauvais.
  • Février, révolte de Corail (près de Jérémie) fomentée par Louverture ou des colons royalistes. Rigaud réduit la révolte et fait déporter un grand nombre de colons royalistes de Jérémie. Il séquestre les propriétés des émigrés.
  • Mars, Rigaud refuse d’appliquer l’ordre de Louverture de faire suivre la messe aux troupes. Il accuse Louverture de bafouer la liberté de croire et de choisir sa religion.
  • Avril, Louverture reproche à Rigaud son insubordination.
  • 18 juin, Rigaud envoie Faubert à la tête de son bataillon s’installer à Petit Goâve qu’il estime faire partie du département du Sud. Début de la "guerre du Sud".
  • Juin, le commissaire civil Roume dénonce la prise de Petit Goâve et soutient Louverture.
    Toussaint Louverture fait la guerre à André Rigaud, Alexandre Pétion et jean Pierre Boyer à l’occasion d’un litige à propos de la frontière Ouest / Sud à Miragoâne pour conquérir le Sud de l'île.
  • Juin 1799 Dessalines entre avec ses troupes au Port Républicain pour le compte de Louverture.
    Fin du mis, Dessalines est à Léogane où 20 000 hommes sont assemblés.
  • Octobre, Roume confirme le général Dessalines commandant en chef de l’armée de l’Ouest et le général Moyse commandant en chef de l’armée du Nord.
    Avec des troupes très supérieures en nombre Toussaint Louverture gagne la guerre, il repousse Rigaud aux Cayes et négocie son départ vers la métropole.
  • A la fin de l'année, André Rigaud, Alexandre Pétion et jean Pierre Boyer partent pour la métropole, ils ne reviendront qu'avec l'expédition de Saint-Domingue le 29 janvier 1802.

Administration autoritaire de Toussaint Louverture

Année 1800

  • 27 avril, arrêté de Roume sommant les Espagnols de rendre l'administration de la partie Est de l'île (agence du gouvernement national français à Saint-Domingue).
  • Juin, Bonaparte confirme Louverture dans sa fonction de général en chef de la colonie.
  • 1er août, prise des Cayes par les troupes de Louverture, ce qui marque la fin de la guerre du Sud.
  • 12 octobre, publication par Toussaint Louverture d'un "Règlement sur les cultures" qui est une réintroduction du travail forcé des noirs sur les habitations afin d'assurer le redémarrage de l'économie de la colonie.
  • 26 novembre, Toussaint Louverture demande (lettre) au général de brigade Moyse l'arrestation de Roume, qui vient de révoquer son arrêté du 27 avril, et son expulsion vers la France.
  • 9 décembre, Toussaint Louverture demande (lettre) au gouverneur espagnol Don Joachim Garcia de lui remettre l'administration de la partie Est de l'île
  • Décembre, Kerverseau et Chanlatte, délégué de l’agence, essayent d’empêcher les projets de Louverture sur l'ex-partie espagnole.

Année 1801

  • 4 janvier, le général Moyse occupe la partie Est de l'île(San Juan de Maguana – Cul de sac).
  • 27 janvier, Toussaint Louverture entre a Santo Dominguo à la tête de ses troupes
  • 22 février, l'administrateur espagnol Don Joachim Garcia est contraint au départ
  • 9 mai 1801, l’assemblée centrale de Saint Domingue adopte une constitution de la colonie de Saint-Domingue, proposée par Louverture ; la colonie devient autonome mais reste française ; Louverture est nommé gouverneur à vie et peut désigner son successeur ; il est confirmé que l'esclavage est aboli, mais la traite est noirs est maintenue.
  • 6 juillet, Louverture divise Saint-Domingue en 6 départements.
  • 12 juillet, Louverture signe la constitution de Saint Domingue.
  • 16 juillet, Louverture transmet la constitution à Bonaparte.
  • Octobre, révolte de noirs dans les campagnes contre Louverture et le travail forcé.
  • 29 octobre, arrêté de Bonaparte annulant la prise de possession de la partie Espagnole et nommant nomme Leclerc capitaine général de la partie anciennement espagnole.
  • 8 novembre, lettre de Bonaparte aux habitants de Saint-Domingue, leur garantissant la liberté et le maintien de l'abolition de l'esclavage « Quelles que soient votre origine et votre couleur, vous êtes français, vous êtes tous égaux devant Dieu et devant la République… ».
  • 19 novembre, Bonaparte confie la flotte pour l'expédition de Saint-Domingue à l'amiral Villaret-Joyeuse.
  • 25 novembre, Louverture fait exécuter le général de division Moyse, qui serait son neveu par adoption, à la suite d'un soulèvement qui a fait 200 morts blancs dans le Nord.

Déclin de la colonie de Saint-Domingue et guerre d’indépendance

Article détaillé : Expédition de Saint-Domingue.

Année 1802

Trois ans après son arrivée au pouvoir, le jeune consul Bonaparte lève un corps expéditionnaire de 35 000 hommes pour restaurer l'autorité de la France à Saint Domingue. Cette opération devait être suivie d'une expédition en Louisiane, devenue colonie espagnole.

  • 29 janvier, arrivée de l'expédition de Saint-Domingue avec André Rigaud, Alexandre Pétion et Jean Pierre Boyer. Elle est commandée par Leclerc assisté de Rochambeau.
  • Janvier, le général Laplume se soumet, il n'y a pas de combats dans le sud de l'île
  • 5 février, l'amiral Villaret de Joyeuse attaque le Cap qui ne veut pas se rendre a son autorité. Massacres inter raciaux.
  • 6 février, Rochambeau s’empare de Fort Dauphin
  • 21 février, Paul Louverture, le frère de Toussaint, qui commande la partie Est de l'île se soumet, il conserve son grade.
  • 23 février, reprise des Gonaïves. Massacres inter raciaux.
  • 3 mars 1802, la division Boudet enlève Trianon, Mirebalais, trouve 1 100 cadavres blancs à Vérettes
  • Mars, combats du fort de la Crête-à-Pierrot où s'illustre le mulâtre Lamartinière du côté des insurgés. Il rompt le siège.
    Les généraux noirs Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe se soumettent, ils conservent leur grade.
  • 17 mars, Leclerc propose la paix à Louverture, qui, isolé, se sent contraint de l'accepter
  • 26 mars, signature du traité d’Amiens entre la France et le Royaume-Uni qui notamment restitue la Martinique, où l'esclavage n'a jamais été aboli, à la France.
  • 7 mai, accords de paix avec Louverture comportant un engagement sur le non rétablissement de l'esclavage
  • 20 mai, promulgation de la loi du 20 mai 1802 maintenant l'esclavage dans les territoires restitués à la France par la paix d'Amiens, ce qui ne concerne pas Saint Domingue.
  • Mai, Bonaparte recommande à Leclerc l'envoi en France de tous les généraux de couleur, avec maintien de grade. Estimant que sur le terrain les généraux noirs lui sont fidèles, Leclerc n'exécute pas cet ordre.
    Des tentatives de Louverture de rallumer l'insurrection sont éventées.
  • 7 juin, mise aux arrêts du général de division Louverture. Il est mis en route vers la France, accompagné de son serviteur, de son épouse et de certains membres de sa famille.
  • 11 juin, Leclerc fait un rapport à Bonaparte, se référant à un rapport de Jean-Jacques Dessalines faisant état des complots de Louverture. André Rigaud, Pétion et Boyer soutiennent ce rapport.
  • 30 juin, l'entrée en France de Gens de couleur libres est soumise à visa
  • 9 juillet, à bord du Héros, le général de division Louverture et les siens arrivent à Brest. Il apprend qu'il est rayé de la liste des officiers généraux de l'Armée française.
  • 16 juillet, le général Richepance rétablit par un arrêté local une forme déguisée du Code noir et de l'esclavage à la Guadeloupe. Notamment il retire la nationalité française aux non blancs.
  • 23 juillet, arrêté des consuls ordonnant le transfèrement de l'ex-général Louverture et son internement au fort de Joux dans le Jura. Sa famille est assignée à résidence à Agen.
  • 24 juillet, Leclerc envoi à l'amiral Decrés une lettre lui enjoignant de renoncer à toute idée de rétablir l'esclavage à Saint-Domingue.
  • Août, l'épidémie de fièvre jaune, qui fut la cause du décès des deux tiers des hommes du corps expéditionnaire, fait rage ; Leclerc décide du désarmement des hommes de couleurs.
    Exécution de femmes d’officiers de la 7e demi brigade dont Belair est général, meurtre de l'officier mulâtre Larmartinière.
    Sur des dénonciations calomnieuses Leclerc renvoi André Rigaud en métropole.
  • 5 août, le général Belair se révolte ; il est traqué par Dessalines pour le compte de Leclerc.
  • 25 août, Louverture arrive au fort de Joux où il est incarcéré.
  • 13 septembre, à la suite de Belair, les généraux mulâtres (Pétion, Boyer, Clairvaux...) entrent en insurrection
  • 4 octobre, le général Belair, arrêté par Dessalines, est condamné à mort par un tribunal présidé par Clairvaux et composé d'autres officiers noirs. Il est exécuté avec sa femme qui, ne voulant pas se laisser décapiter, sera fusillée.
  • Octobre, 1 200 noirs sont noyés sur les ordres de Rochambeau.
    Au terme de la conférence secrète de l'Arcahaie, Dessalines rallie l'insurrection.
  • 2 novembre, Leclerc meurt de maladie à l'île de la Tortue.
  • 15 novembre, Rochambeau succède à Leclerc ; l'effectif du corps expéditionnaires aux abois ayant fondu, il se fait remarquer par sa brutalité, voire sa cruauté. Il a par exemple fait torturer le général noir Maurepas et le fait exécuter avec sa famille et ses proches. Cet acte fut la cause de la défection la quasi-totalité des troupes de couleur encore fidèles à la France.

Année 1803

  • Avril, Bonaparte sentit sa position s’affaiblir considérablement à Saint-Domingue. Alors, il s’exclamera : « A quoi me sert de conserver la Louisiane si je ne peux garder Saint-Domingue »
  • 7 avril, Louverture meurt de maladie au fort de Joux.
  • 19 novembre, Dessalines gagne la bataille du fort Vertières aux portes du Cap Français contre les derniers survivants du corps expéditionnaire. Les dernières troupes françaises submergées capitulent et quittent la colonie, laissant derrière eux les colons blancs qui n'ont pas fui.

Année 1804

  • 1er janvier, l'indépendance est proclamée par Dessalines ; la colonie française de Saint Domingue devient Haïti, république noire et indépendante.
  • Avril, revenant sur sa promesse, Dessalines fait massacrer les derniers blancs encore présents dans l'ancienne colonie.
  • 6 octobre, Dessalines est proclamé empereur sous le nom de Jacques 1er ; Haïti devient un empire.

Année 1806

Achetée à la France en 1803, la Louisiane voit arriver en 1806 et 1809 plus de 10 000 créoles de Saint-Domingue, selon Carl A. Brasseaux, historien et directeur du centre d'études louisiannaises de Lafayette. Ils font doubler en quelques années la population française de La Nouvelle-Orléans et population instruite et active y développent de nombreuses activités comme les infrastructures portuaires qui permettent une Conquête de l'Ouest par la voie puissante du fleuve Mississippi.

La communauté des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique est soudée par leurs tribulations : plusieurs milliers ont fui ou ont péri dans l'insurrection de Saint Domingue ; beaucoup se sont réfugiés dans l'Est de Cuba avec leurs esclaves et ont repris la production des denrées coloniales. Cuba a ainsi importé autant d'esclaves qu'en deux siècles. En 1809 Napoléon entre en Espagne. Les colons français sont chassés de Cuba et les terres qu'ils avaient mises en valeur sont reprises par les Espagnols. La Louisiane, qui n'est pas encore un Etat des Etats-Unis d'Amérique, accueille une grande partie de ces réfugiés. Certains sont des officiers français qui ont prêté main-forte à George Washington, comme eux planteur et officier, lors de la guerre d'indépendance américaine.

Notes et références

  1. http://books.google.fr/books?id=8qS_Fxtv88EC&pg=PA32&dq=%22c%C3%B4te+nord-ouest+de+saint-domingue%22#PPA31,M1
  2. http://books.google.fr/books?id=EY90Wpd6ERkC&pg=PA352&dq=%22c%C3%B4te+nord-ouest+de+saint-domingue%22#PPA352,M1
  3. http://books.google.fr/books?id=nDZnYMZMO1cC&pg=PA93&dq=%22c%C3%B4te+nord-ouest+de+saint-domingue%22&lr=#PPA107,M1
  4. http://books.google.fr/books?id=O2Iw-YwKLWwC&pg=PA121&dq=irlandais+marie-galante&lr=&as_drrb_is=q&as_minm_is=1&as_miny_is=2009&as_maxm_is=12&as_maxy_is=2009&num=100&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES&ei=pSXFSeblO6GSzgStop35BQ#PPA122,M1
  5. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1948_num_3_4_2378
  6. http://books.google.fr/books?id=VyAKAAAAIAAJ&q=%22fournier+de+varennes%22&dq=%22fournier+de+varennes%22&lr=&ei=zJqzSYjzJpaQyASVk5z4Cg&pgis=1
  7. http://books.google.fr/books?id=15PU8ZPsaLkC&pg=PA237&lpg=PA237&dq=%22Louis-Marie+Harrington%22&source=bl&ots=dVtNmwdvVc&sig=BmwbZcNG9EYs1naicx8Mwofcwko&hl=fr&ei=IJqzScHYI6TJjAes1N3jBQ&sa=X&oi=book_result&resnum=1&ct=result#PPA240,M1
  8. http://books.google.fr/books?id=b60zOrxI8mcC&pg=PA263&lpg=PA263&dq=%22James+Drax%22,&source=bl&ots=XwH_aeVUIz&sig=5MROWuodCC6BnkthXMexPuLzVWs&hl=fr&ei=6ivGScWmCeS1jAfVotmsCw&sa=X&oi=book_result&resnum=1&ct=result#PPA318,M1
  9. http://books.google.fr/books?id=JSB_Q-ekis8C&pg=PA15&lpg=PA15&dq=Jean-Jacques+Mithon+de+Senneville&source=bl&ots=SRK4BiH99E&sig=rkXh9cwdX9StNZjl0JiaORvSLLg&hl=fr&ei=UCzFSd-wOoSJjAf5kpiLCw&sa=X&oi=book_result&resnum=9&ct=result
  10. a  et b http://books.google.fr/books?id=JopKuWMqEfgC&pg=RA1-PA509&lpg=RA1-PA509&dq=saint-domingue+en+1764&source=bl&ots=aPl1OhBdmf&sig=asA-erpdVFGWNVNF8DG7tt0gYmY&hl=fr&ei=tPq6SYOvMJmzjAf787mgCA&sa=X&oi=book_result&resnum=6&ct=result
  11. http://books.google.fr/books?id=CLZKAAAAMAAJ&pg=PA63&dq=%22histoire+de+saint-domingue%22&lr=&num=100&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES#PPA98,M1
  12. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1948_num_3_4_2378. En 1770, le café, moins gourmand en esclaves, l'emporte sur le sucre
  13. http://books.google.fr/books?id=CLZKAAAAMAAJ&pg=PA63&dq=%22histoire+de+saint-domingue%22&lr=&num=100&as_brr=3&as_pt=ALLTYPES#PPA99,M1
  14. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reco_0035-2764_1989_num_40_6_409186

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • G.H.C. Bulletin 96 : Septembre 1997, page 2070
  • François Barbé-Marbois, Réflexions sur la colonie de Saint-Domingue (1796), Ed. Garnery
  • Mr. J. W. d’Archenholtz, Histoire des flibustiers (1804), Éd. Henrich Paris
  • Pamphile Lacroix, Pierre Pluchon, La Révolution de Haïti (1819), Éd. réédition Karthala 1995, :ISBN 978-2865375714
  • M. Chevalier de Courcelles, Dictionnaire historique et biographique des généraux français (1823), Éd . Auteur, Arthus Bertrand
  • Lt Général JOMINI, Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution (1824), Ed. Anselin et Pochard
  • R. Lepelletier de Saint-Remy, Saint-Domingue : étude et solution nouvelle de la question haïtienne tome 1 (1846), Éd. Arthus Bertrand
  • Thomas Badiou, Histoire d’Haïti (1847), Port-au-Prince Imp. Courtois
  • Thomas Balch, Les Français en Amérique pendant la guerre de l'indépendance des États-Unis (1872)
  • Victor Schœlcher, Vie de Toussaint Louverture (1889), Éd. Paris : P. Ollendorf, réédité Ed. Karthala 1982,  :ISBN 2865370437
  • George P. Clark, The Role of the Haitian Volunteers at Savannah in 1779: An Attempt at an Objective View, Phylon (1960-), Vol. 41, No. 4 (4th Qtr., 1980), pp. 356-366
  • J. Hd., La fécondité des anciens esclaves à Saint-Domingue (1794-1801), Population (French Edition), 28e année, No. 6 (nov.- déc. 1973), pp. 1208-1210 doi:10.2307/1530596
  • André-Marcel d'Ans, Haïti: paysage et société (1987), Éd. Karthala, :ISBN 2865371905
  • Jacques Adélaïde, La Caraïbe et la Guyane au temps de la Révolution et de l'Empire (1992), Ed. merlande, ISBN 2865373428
  • Alain Roman, Saint-Malo au temps des négriers (2001), Ed. Kathala, : ISBN 2845861400
  • Marcel Dorigny, The Abolition of Slavery (2004), Éd. Berghahn Books, ISBN 1571814329
  • Gilbert Bodinier, Dictionnaire des officiers de l'armée royale qui ont combattu aux États-Unis pendant la guerre d'indépendance 1776-1783 (2005), Éditions Mémodoc et Service historique de l’Armée de terre (SHAT), :ISBN 2-914611-34-X
  • Yvette Farraudière, La Naissance d'Haïti à la croisée de trois voies révolutionnaires (2006), Ed. L’Harmattan, :ISBN 978-2747597975
  • Gaspard Théodore Mollien, Francis Arzalier, David Alliot, Haïti ou Saint-Domingue (2006), Ed. L’Harmattan, : ISBN 2296010776
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