Histoire De Suède


Histoire De Suède

Histoire de la Suède

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Sommaire

Préhistoire

Peinture rupestre à Massleberg.

Fin de l'ère glaciaire

Jusque vers l'an -11 000, la Suède est entièrement recouverte d'une calotte glaciaire culminant parfois à 3 000 mètres d'altitude. Seule la Scanie est libre de glace; l'actuelle mer Baltique formait quant à elle un lac glaciaire.

Vers l'an -8 500, la glace commence à se retirer et l'océan Atlantique s'engouffre jusqu'à la mer Baltique formant une mer à Yoldia. Le Dalsland, le Västergötland et l'Östergötland sont désormais libres de glace.

Vers -7 000, la montée des terres isole la mer ainsi formée qui donna naissance, par exemple, à l'actuel lac Vänern. La Suède connut dans les siècles suivants plusieurs flux et reflux de l'océan.

C'est seulement vers -4 500 que la Suède acquit la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. Malgré cela, les plus anciennes traces de peuplement humain retrouvées datent de 8000 ans avant Jésus-Christ dans la région de Malmö en Scanie. Ces peuples de chasseurs et cueilleurs remontèrent vers le nord au fur et à mesure que la banquise se retirait.

Selon les dernières découvertes archéologiques, il est toutefois probable que la Suède ait déjà été peuplée avant la dernière glaciation, vers -50 000, par l'homme de Néanderthal.

Paléolithique supérieur (-8000 à -7000)

Lorsque les glaces se retirent, des rennes viennent paître au Danemark et dans le sud de la Suède. Des tribus chassant sur un territoire de plus de 100 000 km² et vivant dans des tipis sur la toundra s'y établissent alors, donnant naissance à la culture d'Ahrensburg. Il y a alors peu de forêts, mais des bouleaux blancs arctiques et des sorbiers. La taiga apparaît progressivement.

Mésolithique (-7000 à -5000)

Durant le septième millénaire avant notre ère, les rennes et leurs chasseurs migrent vers le nord de la Scandinavie et des forêts commencent à se former sur tout le territoire. Deux cultures spécifiques vivent alors en Suède: la Culture de Maglemose, établie au Sud de la Suède et au Danemark, ainsi que les cultures de Fosna et de Hensbacka, établies plus au nord et en Norvège. L'utilisation du feu, de bateaux et d'outils de pierre permet à ces habitants de survivre au nord de l'Europe.

Les chasseurs-cueilleurs du nord suivent les troupeaux de rennes et la course des saumons, migrant vers le sud durant l'hiver et retournant plus au nord durant l'été. Ces populations suivent ainsi des traditions similaires à celles pratiquées à travers tout le grand nord, que ce soit en Finlande, en Russie ou dans l'extrême-nord de l'Amérique.

Durant le sixième millénaire, le sud de la Suède est recouvert de forêts luxuriantes, au sein desquelles vivent des aurochs, des visons, des élans et des cerfs. Les tribus de la Culture de Kongemose vivent de ces animaux. Comme leurs prédécesseurs, ils chassent également des phoques et pratiquent la pêche.

Au nord de la Culture de Kongemose vivent deux autres cultures de chasseurs-cueilleurs, appelées cultures de Nøstvet et de Lihult, descendant des cultures de Fosna et de Hensbacka. Ces deux cultures existent encore à la fin du sixième millénaire, lorsque la culture de Kongemose est remplacée par celle d'Ertebølle.

Néolithique (-5000 à -1800)

Tranchant de hache typique de la Culture d'Ertebølle.

Durant le cinquième millénaire, la culture d'Ertebølle apprend la poterie de tribus établies plus au sud, tribus qui ont également commencé à cultiver leurs terres et à domestiquer des animaux. Autour de -4 000, la culture d'Ertebølle commence également à cultiver ses terres et fait désormais partie de la culture mégalithique des vases à entonnoir.

Durant le quatrième millénaire, ces tribus s'étendent progressivement vers le Nord, jusqu'à l'Uppland. Les cultures de Nøstvet et de Lihult apprennent des nouvelles technologies de ces fermiers, mais pas l'agriculture. Elles forment la culture de la céramique piquée dès la fin du quatrième millénaire. Ces tribus retiennent l'avancée des fermiers de la culture des vases à entonnoir et les repoussent même vers le sud-ouest de la Suède. Certains chercheurs pensent que les fermiers du Nord de la Suède ont simplement adopté le mode de vie de la culture de la céramique piquée.

La langue parlée par les anciens scandinaves n'est pas connue, mais beaucoup de chercheurs pensent qu'ils sont submergés à la fin du troisième millénaire par de nouvelles tribus proto-indo-européennes appartenant à la culture de la céramique cordée. Ces tribus avancent jusque dans l'Uppland et amènent probablement avec elles la langue qui sera l'ancêtre de celles que parlent les Scandinaves aujourd'hui. Il s'agit de sociétés patriarcales, basées sur l'élevage.

La Protohistoire

L'âge du bronze

Article détaillé : Âge du Bronze danois.

Un peu plus tard, dès le début du IIe millénaire av. J.-C., les premiers échanges commerciaux avec l'Europe font leur apparition et principalement avec les Îles Britanniques. L'utilisation du bronze fait son apparition.

D'un point de vue culturel, c'est une société fortement hiérarchisée sous forme de clans qui se développe. Il existe de nombreuses tribus chacune dirigée par un roi ou un chef. Bien que l'on n'ait que peu de traces des civilisations ayant existé en Suède à cette époque, la découverte de nombreux tumulus individuels (précurseurs de ceux de l'époque des Vikings) richement décorés de bronze et d'or montre qu'elles étaient très développées et qu'elles entretenaient de nombreux échanges avec le continent. Ces échanges allèrent en se multipliant avec les ans.

Au VIe siècle av. J.-C. des échanges existent avec la civilisation celte de la Tène. Un siècle plus tard, c'est avec la République romaine. De nombreuses pièces de monnaies et autres articles de ces régions ont été retrouvés par des archéologues sur le territoire suédois. C'est également à partir de cette époque que l'on retrouve les premiers textes parlant de la Suède principalement avec les écrits de Tacite, Procope de Césarée et Jordanès.

L'âge de fer : la période de Vendel

Tombe à Gotland.

En histoire suédoise, la période de Vendel (550-793) est le nom donné à l'âge du fer germanique, appelé plus généralement Âge des migrations.

D'importantes découvertes archéologiques datant de cette période ont été faites en Suède, notamment les nombreuses sépultures sous forme de bateaux près de Vendel dans l'Uppland ainsi que dans l'île de Gotland. Dans ces sépultures, on a retrouvé de nombreux casques, glaives et boucliers de fabrication locale ou étrangère.

À cette époque, la société continue de se structurer sous la forme de clans. Les découvertes archéologiques tendent à montrer que l'Uppland est une zone importante et puissante. Une partie des richesses provenait probablement du contrôle des mines de fer. Les dirigeants disposent de guerriers armés à cheval, équipés de coûteuses armures. La connaissance de ce fait découle d'une part des découvertes archéologiques et, d'autre part, des textes de Jordanès.

Des contacts commerciaux existent avec l'Europe centrale, sous la forme d'exportations de fourrure, de fer et d'esclaves, en échange, notamment, d'œuvres d'art. C'est également à cette époque que les Suédois ont commencé à explorer les voies maritimes qui mèneront les Vikings jusqu'en Russie.

L'Époque viking (~ 800 – ~ 1050)

Carte des expansions vikings.

Les expéditions vikings

Article détaillé : Varègues.

À l'orée de l'époque viking, les peuples de Suède avaient d'ores et déjà tissé de nombreux liens avec les peuples d'Europe. Il n'y a pas d'explication certaine permettant de savoir pour quelle raison ces voyages des peuples scandinaves se sont ainsi démultipliés. Une raison souvent avancée est la surpopulation de la région due à un réchauffement climatique. On trouvait des vignes en Scanie aux environ de l'an 1000. Une autre hypothèse avancée, notamment par Henri Pirenne, est que l'expansion de l'empire de Charlemagne à l'Ouest et du monde musulman à l'Est coupèrent les voies de communication traditionnellement utilisées par les peuples de Scandinavie qui cherchèrent ainsi de nouvelles routes.

Représentation d'un drakkar.

Quoi qu'il en soit, les expéditions vikings suédoises se sont surtout portées sur l'Est du continent européen. Les expéditions vers l'Ouest ont surtout été l'œuvre des Danois et Norvégiens. Les Vikings originaires de Suède portent aussi le nom de Varègues. Leurs expéditions partaient pour la plupart de l'île de Gotland, du lac Mälar et de l'Uppland. La ville de Birka est réputée pour avoir été un des hauts lieux de la civilisation viking suédoise. On y a retrouvé de très nombreuses pièces de monnaie, armements et autres objets en provenance de toute l'Europe mais principalement du Royaume des Francs, de Byzance et de Bagdad. De très nombreuses pièces de monnaie arabes ont aussi été retrouvées dans l'île de Gotland.

Les expéditions vikings suédoises vers Byzance passaient par les territoires des actuelles Russie et Ukraine. Ce sont les Varègues qui fondèrent l'État de Kiev dans le courant du IXe siècle qui donna naissance à la Moscovie puis à la Russie. Le nom de ce dernier pays vient d'ailleurs du terme Rus', terme employé par les peuples slaves pour désigner les Varègues. Aujourd'hui encore, la Suède se nomme Ruotsi en finnois.

La fin brutale des expéditions vikings au milieu du XIe siècle demeure inexpliquée.

La religion

Article détaillé : Mythologie nordique.
Scène de sacrifice sur la pierre de Stora Hammar.

Le peuple de Suède possédait une religion polythéiste aux très nombreux dieux et mythes dont les plus connus sont Odin (Óðinn), Thor (Þórr) ou Frey (Freyr). La vie spirituelle de la Suède reposait principalement sur le culte des ancêtres. En témoignent encore aujourd'hui les nombreux tumulus que l'on peut trouver sur tout le territoire suédois.

À la fin de la période des vikings, la Suède se christianisa. Le missionnaire franc Anschaire vint deux fois à Birka dans la première moitié du IXe siècle. La religion chrétienne ne s'implanta toutefois vraiment en Suède que vers la fin du XIe siècle sur les bords du lac Mälar et dans la région d'Uppsala. Les premières églises furent construites au début du XIIe siècle, notamment à Sigtuna ou Linköping. Le premier archevêque fut intronisé en 1164 à Uppsala. C'est la religion chrétienne qui mit fin à la société clanique et aboutit à la formation d'un État structuré tels qu'ils existaient déjà en Occident.

Les débuts du royaume suédois (~ 1050 – 1389)

Vers l'unification

L'origine traditionnelle de l'unification de la Suède remonterait au VIe siècle si l'on en croit le poème Beowulf. De plus récentes recherches ont montré que c'est dans la région du Götaland que la Suède unifiée aurait vu le jour. La forte implantation du christianisme dès le XIIe siècle dans cette région, au Västergötland et en Östergötland a été un très important vecteur de création d'un royaume uni remplaçant l'ensemble de clans et tribus ennemies qui régnaient sur le pays. La région du lac Mälar où se trouvait Birka et le départ de la plupart des expéditions vikings a été christianisée bien plus tard.

Jusqu'au milieu du XIIIe siècle, le siège de l'autorité reste régionale, entre les mains d'un sénéchal (jarl). Le premier personnage d'importance nationale pouvant être considéré comme suffisamment influent pour être désigné par le terme de "roi de Suède" est Olof Skötkonung, au Xe siècle. Celui-ci régnait sur le Västergötland mais son influence se faisait sentir jusque dans l'Uppland. Toutefois, cette influence ne fut pas aussi forte quant à ses descendants puisque dans les années qui suivirent plusieurs rois régnèrent sur le territoire de l'actuelle Suède.

Dans la première moitié du XIIe siècle commença une réelle unification de la Suède lors du règne de Sverker l'Ancien. Le trône alterna pendant une centaine d'années entre ses descendants et ceux de Erik Jedvardsson.

La Suède sous les Folkungar

Dès le début du XIIIe siècle, l'influence des jarl croît. En 1252, le jarl Birger Magnusson qui gouverne la Suède depuis 1248 fonde la ville de Stockholm dans le but de protéger le lac Mälaren. L'influence de Stockholm augmente à une vitesse telle, qu'en à peine plus d'une génération, elle devient la ville la plus importante de Suède grâce à l'afflux de marchands principalement en provenance d'Allemagne. Les premières expéditions de christianisation de la Finlande partirent de Stockholm.

Le fils de Birger Jarl, Waldemar est élu roi en 1250. C'est le premier des représentants de la maison de Folkungar. Malgré cela, c'est Birger Jarl qui continue d'exercer de fait le pouvoir sur le royaume. Il est remplacé par son frère, Magnus Ladulås, en 1266 à la mort de Birger Jarl. Ce dernier prend le titre de roi en 1279. À cette époque, en 1280, la Suède est découpée en fiefs (län) et la noblesse, désormais exemptée d'impôts est établie de manière séculière.

Magnus meurt en 1290. Le pouvoir revient au connétable Torgils Knutsson car le jeune Birger est encore mineur. La régence, pendant laquelle de vastes territoires en Finlande sont conquis, durera jusqu'en 1303. En 1317, Birger fait assassiner ses deux frères qui cherchaient à le renverser, le jugeant trop éloigné de l'Église. Une révolte éclate et Birger fut déposé un ans plus tard. Son jeune fils âgé de trois ans, Magnus est élu roi. Celui-ci règne sur la Norvège (il est le direct héritier de son grand-père maternel Håkon Magnusson qui meurt en 1319) jusqu'en 1343 et sur la Suède jusqu'en 1363. Il règne sur la Suède sous le nom de Magnus IV et sur la Norvège sous le nom de Magnus VII.

En 1350, sous le règne de Magnus, est promulgué le Code général, sorte de première constitution suédoise. Dans celui-ci, est stipulé notamment que le roi ne pouvait décréter de nouveaux impôts sans l'accord du Conseil du royaume, que le roi s'engage à régner en vertu de la loi ou que ce dernier est élu.

C'est encore sous le règne de Magnus que la Suède commence à fortement s'ouvrir sur le reste de l'Europe. Des voies de communication vers le sud sont créées ainsi que d'importants échanges économiques, principalement avec la Ligue hanséatique et la ville de Lübeck. D'un point de vue culturel, la poésie courtoise et la chevalerie font leur apparition à la cour.

Accusé d'aller à l'encontre du Code général par le Conseil du royaume depuis plusieurs années, son fils Éric XII de Suède fut placé sur le trône par le Conseil en 1356. Celui-ci meurt en 1359 de la peste qui sévit dans le royaume. Pendant ce temps, le royaume du Danemark, emmené par Valdemar Atterdag conquiert plusieurs régions de la Suède et notamment les provinces de Scanie, Halland et Blekinge en 1360 et l'île de Gotland et son important port de Visby en 1361. En 1364, Magnus est contraint à l'exil. Albert de Mecklembourg est élu roi de Suède la même année.

La noblesse, toujours en opposition avec le roi, fit appel à la fille de Valdemar de Danemark, Marguerite, veuve de Håkan, second fils de Magnus IV Ericsson pour l'élire en tant que reine de Suède avec son fils Olof en 1387 ce qui fut fait l'année suivante.

La Suède sous l'Union de Kalmar (13891523)

Article détaillé : Union de Kalmar.

La noblesse contre la couronne (1389 - 1440)

L'union des royaumes de Suède, Danemark et Norvège est entérinée en 1397 dans la ville de Kalmar. Le neveu de Marguerite, Éric de Poméranie est reconnu roi des trois royaumes. C'est le début de l'Union de Kalmar. Durant cette période, les trois royaumes sont censés conserver leur autonomie, leurs lois et leur propre administration. Toutefois, Marguerite, régente jusqu'à sa mort en 1412 parviendra à concentrer le pouvoir entre ses mains et celles de son neveu, Éric.

L'influence de la noblesse suédoise ainsi affaiblie entraîna des tensions entre celle-ci et la reine. Un des objectifs de Marguerite - et qui sera repris par Érik - est de mettre fin à l'influence économique de la Ligue hanséatique dans les royaumes scandinaves. Ceci aboutit à une guerre coûteuse et éprouvante pour le peuple suédois avec la Ligue hanséatique. La Suède s'isole économiquement et cette situation catastrophique entraîne plusieurs révoltes contre la couronne, notamment dans les mines du Bergslagen en 1434 (menée par Engelbrekt Engelbrektsson). Cette révolte commence par obtenir le soutien des paysans, puis rapidement des habitants des villes, du clergé et enfin de la noblesse. En 1435, les représentants de ces états se réunissent pour former une sorte de parlement qui finira par aboutir à l'actuel Riksdag, le parlement suédois. Engelbrekt est assassiné peu de temps après avoir été élu Lieutenant général (rikshövitsman). La lutte continue toutefois grâce à Karl Knutsson Bonde, leader de la noblesse. Celui-ci est élu régent du royaume par le Conseil en 1438, ce qui lui confère le titre de roi de Suède. Erik VII est par la même occasion déposé.

C'est à la même période que celui-ci perd la bataille pour le trône l'opposant à son neveu Christophe de Bavière. En 1440, ce dernier est élu roi du Danemark, en reconnaissant les droits des Conseils à diriger les royaumes de l'Union. En Suède, les nouveaux pouvoirs ainsi accordés sont tels qu'ils sont en intégralité détenus par la noblesse.

La fin progressive de l'Union (1440 - 1523)

La noblesse à nouveau maîtresse de la Suède reprend ses anciennes luttes fratricides pour le pouvoir. Les fiefs, non héréditaires, sont disputés entre les différents représentants de la noblesse. À la mort de Christophe Ier de Bavière, le Conseil, en Suède élit Charles VIII. Mais les Conseils du Danemark et de Norvège optent pour Christian Ier. Charles est déposé par Christian, mais celui-ci revient temporairement au pouvoir entre 1467 et sa mort en 1470.

Après avoir affronté et battu les armées du Danemark et de Suède de Christian Ier à Brunkeberg en 1471, Sten Sture est élu vice-roi de Suède par le Conseil. Celui-ci possède le soutien de la noblesse de plus en plus hostile au Danemark et tente d'éloigner la Suède du Danemark. Sten Sture est chassé du pouvoir en 1497 par Jean Ier mais le récupère en 1501 jusqu'à sa mort en 1503.

Plusieurs régents exercent le pouvoir entre 1503 et 1517, soutenus par certaines factions de la noblesse. Le pouvoir en Suède reste erratique durant cette période. Entre 1517 et 1518, Christian II de Danemark tente de reprendre le pouvoir en Suède en attaquant Stockholm. Il y parvient en 1520 avec l'aide d'une partie de la noblesse suédoise favorable à l'Union de Kalmar. Il fait tuer le régent de Suède, Sten Sture le Jeune ainsi que ses opposants parmi la noblesse suédoise. Cet épisode est connu sous le nom de Bain de sang de Stockholm.

Gustave Ier Vasa fait partie de la noblesse suédoise et est un des principaux opposants à Christian II de Danemark. Il a toutefois échappé au massacre et est fait prisonnier par ce dernier. Celui-ci réussit toutefois à s'échapper et à regagner la Suède. Il trouve refuge en Dalécarlie où il tente de rallier la population, fortement opprimée par les représentants de la couronne danoise et subissant les contre-coups de l'arrêt du commerce avec la Ligue hanséatique.

Fort de plusieurs succès et profitant d'une autre révolte dans le Småland, la noblesse se rallie rapidement à la cause de Gustave et le nomme régent de Suède en 1521. Avec le soutien de Lübeck à qui il promet le contrôle du commerce extérieur du royaume, Gustave réussira à faire sortir les forces danoises de Stockholm en 1523. La même année, Christian II de Danemark est destitué suite à des révoltes au Danemark et en Norvège et Gustave Ier Vasa entre triomphalement dans la capitale suédoise. Le 6 juin, Gustav est élu roi de Suède par la noblesse, mettant définitivement fin à l'Union de Kalmar en ce qui concerne la Suède. Cet événement est considéré comme la naissance de la Suède moderne. Le 6 juin est aujourd'hui célébré comme Fête nationale pour cette raison.

Gustave Vasa et ses fils (1523 – 1611)

La restauration de l'indépendance économique suédoise

Afin de remettre sur pieds l'économie suédoise durement affectée par l'emprise de Lübeck sur celle-ci, Gustave Ier décide la confiscation, en 1527, d'une partie des biens de l'Église, ceux acquis depuis 1454, qui représentent alors plus de 20% du foncier rural. Ce décret est connu sous le nom de Recès de Västerås.

Ce coup dur pour l'Église fut amplifié par l'arrivée des thèses de Martin Luther sur le territoire suédois et la traduction du Nouveau Testament en suédois par Olaus Petri en 1526. Une Église d'État adoptant les thèses de Luther fut ainsi instaurée en 1540 après une première rupture avec Rome en 1531. Les révoltes que cela put entraîner furent vite écrasées et Gustave Ier décide du même coup de centraliser encore plus les pouvoirs de l'État.

Dans le même temps, et toujours pour tenter d'améliorer la situation financière du royaume, Gustave scelle la paix avec le Danemark en 1534, alors en guerre avec Lübeck. La Suède se joint à la guerre et retrouve ainsi son indépendance économique en 1536.

Les institutions relatives aux finances et aux affaires extérieures sont réformées et renforcées contribuant à l'érection d'un royaume centralisé et puissant. En 1544, Gustave contraint le Riksdag à supprimer le système de désignation électoral du roi pour le remplacer par un système héréditaire au profit de la dynastie Vasa.

Dans le même temps, tout au long du règne de Gustave, l'économie encore fortement axée sur l'agriculture et l'élevage connaît une croissance constante et importante qui contraste nettement avec l'économie souffreteuse du Moyen Âge. La population du royaume augmente et de nouvelles régions plus au nord sont progressivement colonisées. Les fermes du sud, où la densité de population s'intensifie, se regroupent en villages, voire en villes.

À sa mort en 1560, Gustave laisse un royaume fort et aux finances enfin assainies.

La guerre de Livonie

Gustave commence la guerre de Livonie en 1558, mais il meurt peu après. La guerre sera principalement menée par son fils Erik XIV.

Ses deux frères, Jean et Charles se sont vu léguer d'importants duchés par leur père. Pendant son règne, la Suède s'opposera au Danemark, à la Russie et la Pologne pour le contrôle de la Baltique, après l'annexion de la Lettonie par la Pologne. En 1561, la Suède conquiert la ville de Reval et commence à imposer son influence en dehors de la Scandinavie. Elle cherche à jouer un rôle entre la Russie et l'Europe de l'Ouest. Cependant, la conquête de l'Estonie entraîne une guerre de sept ans de 1563 à 1570 avec le Danemark que la Suède perdra à la paix de Stettin où elle se verra imposer de lourds tributs.

Malgré la paix signée avec le Danemark, le roi engage la Suède contre la Russie d'Ivan IV en Livonie. En 1581, la Suède s'empare du port estonien de Narva. La Trêve de Plussa met fin à une guerre qui a duré 34 ans. La Russie reconnaît les conquêtes suédoises au sud du golfe de Finlande et la conquête de Narva.

En 1595, à la suite d'une nouvelle guerre de Cinq Ans, la Russie reprend les territoires perdus douze ans plus tôt.

Conflits avec la noblesse

Dans le même temps, la noblesse, atone sous le règne de Gustave commence à faire à nouveau entendre sa voix. Erik, cherchant à renforcer encore le pouvoir de la couronne provoque la colère de la noblesse, ses frères en tête. Suite à cela, et à l'assassinat par Erik de plusieurs membres de la noblesse, cette dernière se révolte et le fit emprisonner en 1568. C'est son frère, Jean III qui hérite de la couronne, nommé par le Conseil qui a pris soin d'abolir la succession héréditaire du trône. Dans un premier temps, le nouveau roi accorde de nouveaux privilèges à la noblesse mais celui-ci refuse de céder à toutes leurs exigences.

À la mort de Jean III en 1592, son fils Sigismond, alors roi de Pologne monte sur le trône. Le nouveau roi, catholique, inquiète la noblesse qui met tout en œuvre pour limiter son pouvoir. En 1593, Karl, duc de Södermanland et quatrième fils de Gustave Ier réunit la noblesse lors du synode d'Uppsala qui adopte définitivement la confession luthérienne. Le roi Sigismond est contraint de la reconnaître et de lui garantir le statut de religion d'État. En 1599, Karl chasse Sigismond et devient régent.

Après le Bain de sang de Linköping de 1600 où une importante partie de la noblesse est exécutée, il devient roi en 1604. Karl devient Charles IX de Suède et réinstaure la monarchie absolue de son père ainsi que la succession héréditaire du trône.

Lors du Riksdag de 1604, les membres de l'assemblée se déclarent de manière irrévocable en faveur du protestantisme en excluant les catholiques de la succession au trône, et en leur interdisant d'exercer toute charge ou dignité en Suède. Par ailleurs, tout Suédois restant catholique doit être dépouillé de ses biens et chassé du royaume.

C'est pendant le règne de Charles IX que la Suède devient une monarchie essentiellement protestante et militaire. La coloration militaire du régime provient également de ce Riksdag de 1604 puisque, sur demande de Charles IX, une armée régulière est instituée en Suède. Chaque province du royaume doit alors maintenir et fournir un nombre fixé d'unités d'infanterie et de cavalerie pour le service de l'État.

L’Époque de grandeur de la Suède (1600 – 1718)

La militarisation du régime initiée par Charles IX et, notamment, l'introduction d'une armée régulière en 1604, poussera la Suède dans une politique d'expansion dont les conséquences se feront sentir pendant 120 ans. Les guerres se multiplient durant cette période et rythment la vie du royaume.

La modification de l'ordre constitutionnel

Cette période, qui voit l'extension de l'Empire suédois à l'étranger, est également marqué par le développement pacifique de l'ordre constitutionnel suédois. Dans ce domaine comme dans tous les autres, c'est Gustave Adolphe lui-même qui prend l'initiative.

Théoriquement, le Conseil royal (Riksråd) reste encore le pouvoir dominant au sein de l'état, mais toute l'autorité réelle est transférée progressivement à la couronne. Le Conseil royal perd progressivement son ancien rôle de représentant de l'aristrocratie semi-féodale et devient une bureaucratie détenant les offices principaux, au bon plaisir du roi.

Le rôle du Riksdag est également modifié durant cette période. Alors que dans tous les autres pays européens, à l'exception du Royaume de Pologne-Lituanie et de l'Angleterre, l'ancienne représentation populaire des états est en train de disparaître, la Suède de Gustave Adolphe l'érige au rang de partie intégrale de la constitution. L'ordonnance de 1617 sur le Riksdag transforme une assemblée turbulente et aléatoire en une véritable assemblée nationale, se rencontrant et délibérant selon des règles précises.

L'une des charges nobiliaires, appelée d'abord Landmarskalk (maréchal de la diète), est désormais attribuée régulièrement. Son titulaire devient le porte-parole de la Chambre des Nobles (Riddarhus), alors que le primat assume la présidence des trois autres chambres, le clergé, la bourgeoisie et les paysans. Ces trois états éliront ensuite eux-mêmes leurs propres porte-paroles.

Lors de l'ouverture de chaque session, le roi soumet aux états les propositions royales. Chacun des états délibère alors séparément sur ces propositions et leurs réponses sont apportées au roi lors de la session suivante. Si les réponses des états diffèrent entre elles, le roi peut choisir l'opinion qui lui semble la meilleure.

Les droits du Riksdag sont garantis par le Konungaförsakran, qui est l'assurance donnée par chaque roi lors de son accession au trône, où il promet de collaborer avec les états durant l'élaboration de la législation et de les consulter sur toute question de politique étrangère.

C'est donc le roi qui prend l'initiative, mais les états ont le droit de s'opposer aux mesures proposées par le roi à la fin de chaque session. C'est également durant le règne de Gustave Adolphe qu'a été créée la Commission secrète (Hemliga Utskottet), qui s'occupe des affaires extraordinaires et dont les membres sont élus par les états.

Les onze sessions du Riskdag dirigées par Gustave Adolphe ont toutes été presque exclusivement occupées à trouver des moyens de financer les guerres polonaises et allemandes. Les états ont montré un zèle patriotique sans faille durant cette période.

Le conflit suédo-polonais

Charles désire continuer l'agrandissement du royaume hors de la Scandinavie et se heurte alors à son allié, tant dynastique que territorial, la Pologne. Après l'Estonie qui avait été recouvrée en 1600, il cherche à récupérer la Livonie. Entre 1601 et 1609, les efforts tant suédois que polonais pour s'établir en Livonie sont toutefois contrecarrés par le talent militaire du général lituanien Jan Karol Chodkiewicz.

En 1608, le conflit est transféré sur le territoire russe. Au commencement de l'année, Charles IX s'allie en effet avec le tsar de Russie Vassili IV contre leur ennemi commun, le roi de Pologne. Mais en 1611, lorsque le tsar est déposé par ses propres sujets, la Russie semble sur le point de s'effondrer. La politique suédoise change alors radicalement, les Suédois souhaitant mettre la main sur les richesses russes avant les Polonais. C'est le début de la guerre d'Ingrie.

Charles meurt en 1611. Son jeune fils et héritier, Gustave II, monte sur le trône à 17 ans.

La guerre de Kalmar (1611-1613)

La guerre de Kalmar oppose la Suède au Danemark. Les détroits reliant la mer Baltique à la mer du Nord étant contrôlés par le Danemark, la Suède cherche depuis plusieurs années à mettre sur pied une nouvelle voie commerciale qui passerait par la Laponie peu peuplée et le Nord de la Norvège, territoires appartenant eux-aussi au Danemark.

En 1607, Charles IX s'était proclamé roi des Lapons et du Norrland et avait commencé à collecter des taxes dans ces régions. Les péages dans les détroits étant la principale source de revenu du royaume de Danemark-Norvège, le roi Christian IV s'est rapidement opposé à la volonté suédoise de créer une nouvelle route commerciale et a protesté vivement.

En 1611, en réponse aux prétentions suédoises sur le nord de la Norvège, le Danemark attaque la Suède et une armée de 6000 hommes met le siège devant la ville de Kalmar et prend la ville. Les troupes norvégiennes stationnées à la frontière ont elles reçu l'ordre de ne pas attaquer.

Le 20 octobre, Charles IX meurt et son fils Gustave Adolphe lui succède. Il demande immédiatement à la Suède de conclure un traité de paix, mais Christian IV voit alors une opportunité de remporter une plus grande victoire et fortifie ses armées dans le sud de la Suède.

Les Pays-Bas et l'Angleterre, également impliquées dans le commerce en mer Baltique, font cependant pression sur le Danemark pour qu'il signe la paix. Les Danois, bien que bien équipés et forts, manquent d'argent et sont amenés à signer le traité de Knäred le 20 janvier 1613.

Le Danemark obtient alors le contrôle sur la Laponie suédoise et la Suède est contrainte de payer une forte rançon pour les deux forteresses que les Danois occupent. La Suède obtient en revanche le droit d'être exempté du péage sur le Sound. L'Angleterre et les Pays-Bas obtiennent les mêmes droits.

La guerre d'Ingrie (1611-1617)

Article détaillé : Guerre d'Ingrie.

La difficulté russe est plus facile à régler et se solde plus honorablement pour la Suède. Lorsque Novgorod reconnaît la suzeraineté de la Suède, le gouvernement suédois croit momentanément pouvoir créer une dominion s'étendant jusqu'à Arkhangelsk au nord et jusqu'à Vologda à l'est. Le ralliement de la nation russe autour du nouveau tsar Michel III de Russie dissipe rapidement ce rêve ambitieux.

Dès le début de 1616, Gustave Adolphe est convaincu de l'impossibilité de diviser la Russie réunifiée, alors que la Russie reconnaît la nécessité de payer le retrait des invincibles Suédois avec quelque cession de territoire.

Au traité de Stolbovo, signé le 27 février 1617, le tsar cède les provinces d'Ingrie et de Kexholm, ainsi que la forteresse de Nöteborg (appelée plus tard Schlusselburg), qui est la clé de la Finlande. De plus, la Russie renonce à toute prétention sur l'Estonie et la Livonie, et paie une indemnité de guerre de 20 000 roubles. En contre partie, Gustave Adolphe rend Novgorod et reconnaît Michel III comme tsar de Russie.

La guerre suédo-polonaise (1621-1629)

En 1621, Gustave attaque la Pologne afin de prendre le contrôle de la Livonie, Riga est prise et devient la ville la plus importante de l'empire suedois.

La guerre de Trente Ans (1618-1648)

Gustave rentre ensuite en guerre et bat en 1631 l'armée du Saint-Empire romain germanique. Il continue les combats dans le sud de l'Allemagne et est tué en 1632 à Lützen. Oxenstierna devient régent sous Christine, fille de Gustave ; il remplit les deux objectifs suédois : rassembler les protestants sous son égide et transformer la côte baltique allemande en poste avancé. En 1643, la Suède attaque le Danemark qui doit signer deux ans plus tard le traité de Brömsebro et céder à son ennemi les îles de la mer Baltique, Gotland et Ösel (Saaremaa) et les provinces norvégiennes frontalières Jämtland et Härjedalen.

Avec la paix de Westphalie, la Suède devient maîtresse de la Baltique et assure sa suprématie en Europe du Nord : elle gagne la Poméranie occidentale, les villes de Wismar et Stettin, le Mecklembourg, les évêchés de Brême et Verden qui lui assurent le contrôle des embouchures de l'Elbe et de la Weser.

L'Empire suédois (1648-1718)

La Suède se lance dans le colonialisme en 1638 avec la Nouvelle-Suède en Amérique puis en 1650 avec un comptoir en Afrique pour participer à la traite des esclaves. Cette même année, Christine fait accepter son cousin Karl Gustav comme héritier. Elle abdique en 1654 et Charles X Gustave devient roi de Suède.

Il promulgue une série de mesures visant à récupérer les biens de la couronne des mains de la noblesse. Il décide en 1655 d'attaquer la Pologne alors en guerre contre la Russie afin de récupérer la côte baltique entre la Poméranie et la Livonie. Mais il doit affronter une coalition entre le Saint-Empire, le Brandebourg, le Danemark et la Russie. En 1657, le roi préfére envahir le Danemark qui capitule l'année suivante. Le traité de Roskilde déleste le Danemark des provinces de Scanie, Blekinge, Halland, Bohuslän et Trondheim, ainsi que l'île de Bornholm. Une seconde attaque suédoise en 1660 qui échoua fit perdre Trondheim et Bornholm à Charles X qui mourut de maladie et laissa le trône à son fils Charles XI, encore mineur(jusqu'en 1672).

La Suède prit part à la guerre contre le Brandebourg aux côtés de la France mais fut vaincue en 1675 à Ferhbellin. Les Danois en profitèrent pour envahir la Scanie où ils restèrent jusqu'à leur expulsion par le roi. Louis XIV de France parvint à négocier une paix ne faisant perdre à la Suède que quelques territoires en Poméranie. En 1680, le Riksdag imposa la récupération des biens de la couronne au roi, ce qui permit de renflouer les caisses de l'État et d'affaiblir les nobles suédois. Après une fin de règne consacrée à des réformes financières, Charles XI meurt en 1697, laissant le pouvoir à son fils Charles XII, âgé de quinze ans.

Pour éviter une autre régence, le roi fut déclaré majeur. Auguste II, roi de Pologne, le tsar de Russie Pierre le Grand, et Frédéric IV, roi de Danemark et de Norvège s'allient contre le jeune roi et attaquent la Suède en 1700. Charles bat le Danemark puis la Pologne qui se range à ses côtés contre la Russie en 1704. Mais, une fois en Russie, il est détourné vers l'Ukraine puis doit fuir en Turquie après sa défaite à Poltava (1709). La coalition reformée, la Suède est à nouveau attaquée : le Danemark prend la Scanie et la Russie occupe la Finlande et les pays baltes. Revenu incognito dans son royaume en 1714, Charles XII mobilise l'armée et attaque la Norvège alors territoire danois. Il est tué lors du siège de Fredriksten en 1718. Sa sœur Ulrika Eleonora devient reine au détriment de son neveu Charles Frédéric, duc de Holstein-Gottorp. En contrepartie, la monarchie absolue disparaît. En 1720, son mari, Frédéric I devient roi de Suède. Il parvient à obtenir une paix très coûteuse en 1721 : la Prusse prend une partie de la Poméranie, le Hanovre, Brême et Verden ; par le traité de Nystad la Suède doit céder la Livonie, l'Estonie, l'Ingrie et la Carélie orientale à la Russie, qui devient ainsi la principale puissance de la région.

L'Ère de la liberté (1719 – 1772)

De la mort de Charles XII au coup d'État de Gustave III, le pouvoir glisse provisoirement en faveur du parlement, conséquence directe de la désastreuse Grande guerre du Nord.

Au début de 1720, Ulrique Éléonore, sœur de Charles XII qui était devenue reine à la mort de ce dernier, abdiqua en faveur de son mari, Frédéric Ier. À son accession au trône deux ans plus tôt, elle avait accepté une réforme confiant l'essentiel du pouvoir au parlement. Avant d'entrer en vigueur, une loi devait recueillir l'assentiment de trois des quatre corps siégeaient séparément, la noblesse, le clergé, la bourgeoisie et la paysannerie. Les conflits et jalousies étaient nombreux et le processus législatif demeurait peu efficace. Parmi le quatrième corps, seuls les paysans propriétaires étaient représentés au parlement.

Le comte Arvid Horn, président de la Chancellerie, s'efforça de rompre avec l'ancienne politique belliqueuse du royaume en se distanciant de la France pour se rapprocher du Royaume-Uni, dont il admirait les institutions libérales. Sa politique permit au pays de profiter de vingt ans de paix pour retrouver sa prospérité. Au fur et à mesure que les séquelles de la guerre s'estompaient, une nouvelle génération de politiciens, menée par le comte Carl Gyllenborg et le comte Carl Gustaf Tessin, se mirent à critiquer la frilosité du parlement d'une manière de plus en plus rigoureuse. Surnommant leurs adversaires les «Bonnets de nuit», ils adoptèrent eux-mêmes le nom de Parti des chapeaux, en référence au tricorne porté par les officiers. En 1738, à l'issue de la guerre de Succession de Pologne, pendant laquelle la Suède avait soutenu Stanislas Leszczyński contre Auguste III, ils parvinrent à contraindre Horn à la démission.

Guerre russo-suédoise

Les Hats revinrent rapidement à l'ancienne alliance avec la France, dans l'idée de rétablir la puissance de la Suède. Leur première erreur fut cependant de s'engager de manière peu réfléchie dans une périlleuse guerre contre la Russie. Dans un premier temps, les complications due à la mort simultanée de Charles VI de Habsbourg et d'Anne Ire de Russie semblaient jouer en faveur des Chapeaux. Le 8 août 1741, la Suède déclara la guerre à la Russie. Le conflit tourna rapidement à l'avantage des Russes et s'acheva par la signature du Traité d'Åbo, aux termes desquels la Suède vit sa frontière reculer encore davantage vers le nord.

Guerre de Sept Ans

À l'interne, les Chapeaux ne perdirent cependant pas de leur influence et maîtrisèrent une tentative de réappropriation du pouvoir par le nouveau roi, Adolphe Frédéric, en 1756. Leur politique extérieure continua quant à elle à subir des revers et leur implication, à l'initiative de la France, dans la guerre de Sept Ans se solda par une perte de 40'000 hommes. Les États généraux de 1760 s'annonçaient des plus risqués, mais leur sens politique leur évita la débâcle. Le répit ne fut que passager et, en 1765, les Bonnets revinrent au pouvoir.

L'Ère gustavienne (1772 – 1809)

La modernisation de la Suède (1809 – 1866)

L’industrialisation de la Suède (1866 – 1907)

L'avènement de la démocratie en Suède (1907 – 1920)

L'entre-deux-guerres en Suède (1920 – 1939)

La Suède au cours de la Seconde Guerre mondiale (1939 – 1945)

La Suède depuis 1945

État providence

Libre-échange dans l'Europe

Après la Seconde Guerre mondiale et le traité de Rome de 1957 instituant la Communauté européenne, la Suède était réservée quant à la perspective d'établissement d'une union douanière et d'un marché commun entre les pays européens. Elle a intégré l'association européenne de libre-échange (AELE) avec six autres pays européens (1960).

En 1967 la Suède adopte la conduite à droite[1].

La Suède a fait figure de pionnier sur la protection de l'environnement. Elle a accueilli le premier sommet de la Terre, qui a eu lieu à Stockholm en 1972.

La Suède ne fait pas partie des pays qui ont signé le traité de Maastricht en 1992. Elle a intégré l'Union européenne par le traité de Corfou en 1994. Elle est sortie à cette occasion de l'AELE, et continue d'appliquer les accords de libre-échange avec l'EEE en tant que membre de la Communauté européenne.

La Suède est également pionnière dans le déploiement du réseau internet, puisqu'elle accueille l'un des 13 serveurs racines du DNS à Stockholm, l'un des deux serveurs européens avec celui de Londres (anycast).

Le Conseil européen de Gôteborg a précisé en 2001 la stratégie européenne dans les systèmes d'information, en incluant des orientations de développement durable dans la stratégie de Lisbonne définie un an plus tôt.

Le peuple suédois a refusé l'adoption de l'euro par référendum le 14 septembre 2003, quatre jours après l'assassinat du ministre des affaires étrangères Anna Lindh.

Sources

  • Jörgen Weibull, La Suède : un aperçu historique, Institut suédois, 1993. ISBN 9152003051
  • (sv) Lizelotte Lundgren Rydén,Ett svenskt dilemma : socialdemokraterna, centern och EG-frågan 1957-1994, Göteborg : Historiska inst., Univ., 2000, 319 S., (= Avhandlingar från Historiska institutionen i Göteborg ; 23) ISBN 91-88614-29-8
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Prehistoric Sweden  ».
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Kalmar War  ».

Voir aussi

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