Histoire De Malte


Histoire De Malte

Histoire de Malte


Sommaire

Préhistoire

Malte fut peuplée dès environ 5200 av. J.-C. et une civilisation préhistorique importante a existé sur l'île.

Article détaillé : Préhistoire de Malte.

Antiquité

Article détaillé : Antiquité de Malte.

Phéniciens et Grecs

Les Phéniciens contrôlèrent l'archipel durant le IXe siècle av. J.-C. et lui donnèrent le nom de Malat, c'est-à-dire lieu sûr. Les Grecs s'installèrent aussi sur l'emplacement de l'actuelle Mdina au VIIIe siècle av. J.-C. et apportent un régime démocratique à Malte. L'île passa ensuite sous le contrôle de Carthage (-400).

Romains

Malte devint plus tard un des enjeux de la guerre entre les Romains et les Carthaginois. Les Romains prirent finalement l'île en 218 av. J.-C. Les maltais furent christianisés vers 50-60 puis latinisés. Après la chute de l'Empire Romain d'Occident, Malte fut livrée aux Vandales et aux Ostrogoths.

Byzantins

Lors de la tentative de réunification de l'empire romain par l'empereur Justinien, les Byzantins sous le commandement du général Bélisaire, prirent le contrôle de l'île en 533. Malte restera byzantine jusqu'à l'invasion arabe.

Époque arabe

Les Arabes conquirent l'île en 870. La colonisation arabe donna à Malte une grande partie de sa culture, et influence notamment sa langue nationale, le maltais.

Époque féodale

Normands

En 1090, les Normands, maîtres de la Sicile, menés par le comte Roger de Hauteville, s'emparent de Malte.

Siciliens

En 1127, l'île passa sous domination sicilienne. À partir de ce moment, les habitants des iles partagèrent alors le sort des Siciliens et des Italiens durant au moins quatre siècles ; sur le plan de l’administration religieuse, l’archipel de Malte fit partie du diocèse de Palerme en Sicile jusqu’en 1831. Pendant cette période, les Maltais se rechristianisèrent, mais conservèrent leur langue arabe, tout en empruntant massivement une partie de leur vocabulaire au sicilien et à l'italien.

1530-1798 : Ordre de Malte

Article détaillé : Ordre de Malte.
Prise de Malte en 1530 par Philippe de Villiers de l'Isle-Adam, Grand Maître de l'Ordre.

L'empereur Charles Quint, comprenant l'utilité que peut avoir un ordre militaire en Méditerranée face aux avancées ottomanes (Alger est conquis par le célèbre Barberousse en 1529), confie à l'Ordre l'archipel de Malte, dépendance du royaume de Sicile, par un acte du 24 mars 1530. Les chevaliers se retrouvent aux avant-postes de la Chrétienté, mais le grand maître de Villiers de l'Isle-Adam entretient toujours l'espoir de reprendre pied à Rhodes. Ce n'est qu'à sa mort, en 1534, que les Hospitaliers renoncent définitivement à l'Orient. Face aux progrès ottomans (Tunis est pris en 1534), le borgho, principale ville de l'archipel, est fortifié. Alors que pèse cette menace sur le nouveau siège de l'Ordre, la Réforme porte en Europe du Nord un grand coup aux possessions des Hospitaliers. De nombreuses commanderies sont sécularisées et certains grands prieurés cessent purement et simplement d'exister, comme ceux de Suède et de Danemark. En 1540, le roi d'Angleterre Henri VIII supprime de facto la Langue d'Angleterre. C'est dans ce contexte difficile que l'Ordre doit faire face à la plus grande épreuve de son histoire : le « grand siège » de 1565.

Afin de sécuriser leur nouveau quartier général, les chevaliers de Malte organisèrent la défense de l’île en édifiant plusieurs fortifications (fort Saint-Ange, fort Saint-Elme, fort Saint-Michel, etc.). Sous le règne du Grand Maître de l’Ordre, Jean Parisot de La Valette, les Maltais résistèrent au Grand Siège des Turcs de 1565. La flotte turque qui se présente le 18 mai 1565[1] devant Malte compte plus de 160 galères et 30 000 hommes, face aux 800 chevaliers et 1450 soldats que le grand maître Jean Parisot de La Valette a convoqué. Trois forts défendent la baie et le borgo. Celui de Saint-Elme tombe le 23 juin, deux cent chevaliers y trouvent la mort. Pour démoraliser les chevaliers, le commandant ottoman, Mustapha pacha, lance dans la rade des radeaux portant les corps crucifiés de défenseurs du fort. La Valette réplique en faisant bombarder le camp turc avec les têtes de prisonniers turcs. Les deux autres forts, Saint-Ange et Saint-Michel, tiennent bon, ainsi que l'enceinte du borgo, duquel les Turcs, parvenus à y faire une entrée le 7 juin sont repoussés. La situation des assiégés est critique quand arrive le 7 septembre le « Grand secours », l'armée espagnole en provenance de Sicile. Les Turcs sont contraints à lever le siège.

En 1566, que La Valette, la capitale de l’archipel, fut fondée.

Après l'échec du siège, l'Ordre se retrouve au centre des attentions des puissances catholiques européennes. Le 7 octobre 1571, les Hospitaliers s'illustrent à la bataille de Lépante, où la flotte de la sainte Ligue, commandée par don Juan d'Autriche, détruit la flotte ottomane. Une autre célèbre bataille maritime est livrée, le 16 août 1732, en au large de Damiette en Égypte[2].

Après Lépante, le danger en Méditerranée ne vient plus de la flotte de guerre ottomane mais des corsaires « barbaresques » d'Afrique du Nord. L'Ordre se lance à nouveau dans le corso, la guerre de course, qui de contre-attaque qu'elle était à l'origine, devient vite un moyen pour les chevaliers de s'enrichir par l'arraisonnement des cargaisons mais surtout par le commerce d'esclaves, dont La Valette devient le premier centre chrétien.

L'Ordre entre alors dans une période de singulières mutations : les chevaliers novices lui doivent d'effectuer quatre « caravanes », quatre expéditions de course lors de quatre années consécutives à Malte, mais reçoivent souvent par la suite la permission de servir leur souverain d'origine. Les institutions centrales du grand magistère s'enrichissent de la course et transforment les commanderies européennes en un système de bénéfices qui permet à l'aristocratie de placer ses fils cadets, qu'elle fait souvent admettre dans l'Ordre dès l'enfance afin qu'ils soient mieux placés dans la « course aux commanderies ». Ainsi, on trouve peu de chevaliers accomplissant toute leur carrière dans l'ordre, mais au contraire une rotation importante de novices venus accomplir leurs « caravanes », qui, une fois munis d'une commanderie, s'en vont servir leur roi, souvent dans la marine. Les grands amiraux français des XVIIe et XVIIIe siècles, tels Coëtlogon, d'Estrées, Tourville ou Suffren, sont tous des chevaliers de Malte.

En 1793, l’île de Malte échappe de peu à une révolte fomentée par des espions de la Convention[3].

Suite aux triomphes de Napoléon Bonaparte en Italie en 1796-97, le grand maître Ferdinand de Hompesch demande au tsar de Russie Paul Ier de devenir le protecteur de l'ordre. Le 10 octobre 1798, à la suite de l'invasion de l'île par les troupes françaises conduites par le général Bonaparte, les 249 chevaliers de l'Ordre exilés en Russie proclament le Tsar Paul Ier Grand Maître de l'Ordre, en violation du Code ROHAN, le Prince et Grand Maître devant obligatoirement être choisis parmi la classe des chevaliers profès, et donc être moine et catholique. Puis en 1800 les anglais prennent le contrôle de l'île. Les chevaliers de Malte réussirent à maintenir leur ordre militaire jusque 1798 non sans avoir doté Malte de somptueux édifices qui font aujourd’hui l’orgueil de la capitale.

Colonisation britannique

Invasion napoléonienne

Au cours du XVIIIe siècle, l’archipel de Malte devint, sous l’influence française, le grand relais du commerce français en Méditerranée. En 1798, le 71e et dernier grand maître des chevaliers de l’ordre de Malte sur l’île, l’Allemand Ferdinand von Hompesch, se rendit au général Bonaparte après une résistance symbolique. En 1800, les Maltais appelèrent les Britanniques à l'aide en raison de plusieurs lois impopulaires promulguées par Bonaparte.

Occupation britannique

Grâce à l’aide des troupes britanniques, les Français durent se retirer de Malte après deux ans de siège. Cependant, les Britanniques refusèrent de rendre l'archipel à l'ordre de Malte, et l'annexèrent officiellement à l'Empire britannique en 1814, par le Traité de Paris. Toutefois les Britanniques ne furent pas mieux acceptés que les Français : ils imposent unilatéralement leur langue et s'accaparent tout le pouvoir politique et économique. Cette situation d'exploitation coloniale provoqua en retour la montée de fortes revendications nationalistes.

Presque tout le XIXe siècle vit la montée de ces fortes revendications nationalistes. En 1849, puis en 1887, les Britanniques durent faire à Malte de nouvelles concessions augmentant le nombre d'élus maltais au Conseil législatif. Les premières tentatives pour normaliser l’écriture maltaise ne commencèrent qu’à la toute fin du XIXe siècle grâce à Mikiel Anton Vassalli, considéré depuis comme « le père de la langue maltaise ». Il a quand même fallu attendre en 1924 pour que l’alphabet soit reconnu et accepté par les Maltais.

En 1921, à la suite de violentes émeutes, une constitution instaurant un véritable parlement fut promulguée, puis suspendue en 1930 en raison de l'agitation croissante de la population.

Les Britanniques durent faire de nouvelles concessions, augmentant le nombre d'élus maltais au Conseil législatif, puis reconnaître (en 1934) la langue maltaise. Au même temps dans le cadre d’un processus globale de de-italianisation de l’entier archipel maltais, en occasion des sanctions économiques décidées par la Société des Nations contre l’Italie fasciste, les britanniques vont abolir l’utilisation de la langue italienne, jusqu'alors langue officielle.

Seconde Guerre mondiale

Durant la Seconde Guerre mondiale, Malte joua un rôle important en raison de sa position stratégique pour les forces de l'Axe ;la résistance valut au pays la Croix du roi George pour son courage ; cette croix figure aujourd'hui sur le drapeau national.

Elle fut attaquée et bombardée intensivement par l'Italie à partir de 1940 et jusqu'a l'année 1943. Plusieurs jeunes maltais,considérant l'Italie comme leur patrie,ont fait partie de l'armèe italienne pendant la guerre. L'un entre eux,Carmelo Borg Pisani,capturè en mission,fut pendu et reçu la "medaglia d'oro al valor militare". La Seconde Guerre mondiale mit fin temporairement au conflit opposant Britanniques et Maltais, mais la lutte pour l'indépendance reprit dès la fin de la guerre. On comprendra que, sous le régime britannique, l’anglais fit partie des habitudes linguistiques des Maltais, et ce, d’autant plus que le maltais restait complètement ignoré de la vie politique et économique du pays.

République indépendante

L'indépendance de l'île

Après avoir accédé enfin à une autonomie locale en 1947, Malte obtint le statut de Dominion en 1955, puis en 1962 le Parlement maltais vota unilatéralement l'indépendance de l'État de Malte. Celle-ci ne fut officiellement accordée qu’en mai 1964, ce qui favorisa immédiatement l’utilisation de la langue et de l’écriture maltaises.

Enfin, l'indépendance du pays fut reconnue le 21 septembre 1964, mais Malte conserva la Reine Elisabeth II à sa tête, comme de nombreux pays du Commonwealth. Ce n'est que dix ans plus tard, le 13 décembre 1974, que Malte proclama la République et élit un Président à sa tête.

Dans les années qui suivirent, la vie politique du pays fut marquée par son neutralisme et son non-alignement dans les affaires internationales, puis, à la fin des années 1970, par une coopération étroite avec la Libye. En 1990, la république de Malte et la Libye ont même renouvelé leur traité de coopération bilatérale jusqu'en 1995. La même année, Malte a demandé son adhésion à l'Union européenne, qui fut refusée en raison de sa petite taille (bien que l’UE ait accepté l’adhésion du Luxembourg), mais en revanche Malte est devenue membre du Conseil de l’Europe dès le 29 avril 1965.

Malte rejoignit l'Union européenne le 1er mai 2004, onze ans après les premières négociations.

Références

  1. p. 165 de Histoire de l'Ordre de Malte, par Bertrand Galimard Flavigny, Perrin, Paris, 2006, (ISBN 2-262-02115-5)
  2. André Plousse, La grande croisière du Bailly de Chambray contre les Turcs, revue Marins et Océans III, Économica, 1992
  3. p. 332 de Histoire de l'Ordre de Malte, par Bertrand Galimard Flavigny, Perrin, Paris, 2006, (ISBN 2-262-02115-5)
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