Charente (Fleuve)


Charente (Fleuve)

Charente (fleuve)

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Charente
Charente1.4.JPG
rameurs à l'aviron (quatre barré) sur la Charente
Caractéristiques
Longueur 381,4 km
Bassin 10 549 km2
Bassin collecteur Charente
Débit moyen 95 m3⋅s-1
Régime pluvial océanique
Cours
Source Limousin
 · Localisation Chéronnac
 · Altitude 295 m
 · Coordonnées 45°45′25″N 0°46′08″E / 45.75694, 0.76889
Embouchure océan Atlantique
 · Localisation Port-des-Barques
 · Altitude 0 m
 · Coordonnées 45°57′19″N 1°4′41″O / 45.95528, -1.07806
Géographie
Principaux affluents
 · Rive gauche Touvre, , Seugne
 · Rive droite Boutonne
Pays traversés France France
Principales villes Angoulême, Jarnac, Cognac, Saintes, Rochefort
port de plaisance de Rochefort

La Charente (en saintongeais Chérente, en occitan Charanta) est un fleuve français du bassin aquitain qui prend sa source à Chéronnac dans la Haute-Vienne à 295 mètres d'altitude. Elle traverse ensuite les départements de la Vienne, de la Charente et de la Charente-Maritime et se jette dans l'océan Atlantique.

Sommaire

Étymologie

La Charente en amont de Cognac

Le mot Charente dériverait du gaulois Carantona dont la signification reste obscure (peut-être à rapprocher de onna, l'onde).

La Charente a donné son nom :

Géographie

Départements, villes et communes traversés

Cours

D'une longueur de 381,4 km[1], dont 224 km en Charente, pour 160 km en ligne droite de sa source à son embouchure, elle double presque son parcours du fait de ses méandres. La Charente se divise en plusieurs bras en divers points ce qui crée des îles, la plupart inondables. Elle se jette dans l'océan Atlantique en aval et au sud de Rochefort. Son bassin versant est de 10 549 km²[2].

Son cours débute dans la partie ouest du Massif central, le Limousin au socle de roches cristallines imperméables. Sa source se trouve à Chéronnac dans la Haute-Vienne à 295 mètres d'altitude, et elle coule vers le nord-ouest sur 12 km pour entrer en Charente au lac de Lavaud, retenue d'eau datant de la construction en 1990 du barrage de Lavaud. Son affluent, la Trèze, alimente aussi le lac de Lavaud. Peu après, elle reçoit sur sa rive gauche la Moulde porteuse du barrage du Mas Chaban construit en 1989. Le lac du Mas-Chaban est alimenté par la Moulde grossie du Cluzeau, du Mas de Lépi, du Turlut et directement sur la rive gauche du lac du Petit Pont. Elle continue en direction du nord-ouest et entre dans la Vienne, reçoit rive droite le Transon, atteint Charroux situé sur son affluent rive droite le Merdançon et vire à l'ouest vers Civray puis au sud et revenir en Charente après 47 km dans la Vienne. Son cours se dirige alors plein sud avec des méandres et elle traverse Condac, Verteuil-sur-Charente, Bayers puis Mansle. Avant Mansle elle reçoit rive gauche le Son-Sonnette qui passe par Saint-Claud, puis la Bonnieure qui passe par Chasseneuil-sur-Bonnieure qui ont coulé plein ouest depuis Roumazières-Loubert avec la Tardoire grossie du Bandiat qui, nés en Haute-Vienne ont remonté nord-ouest par Montbron et La Rochefoucauld. De sa source jusqu'à Mansle (alt. 55 m), la pente est forte avec un dénivelé de 185 m sur 127 km[3].

Puis sur 130 km jusqu'au Port-du-Lys, en aval de Cognac (alt. 5 m), la pente est faible et le fleuve décrit de larges méandres. Après un petit détour vers l'ouest et avoir reçu l'Aume, elle repart vers le sud et par Montignac-Charente, Vars, Vindelle, Balzac, Saint-Yrieix-sur-Charente et Gond-Pontouvre arrive à Angoulême. En Angoumois, la Charente et ses affluents traversent des plateaux calcaires fissurés générateurs de gouffres et de résurgences. Les sources de la Touvre alimentées par des rivières souterraines venant du karst de La Rochefoucauld sont, par leur débit, la deuxième résurgence de France. L'eau provient essentiellement des pertes du Bandiat et de la Tardoire[4]. Dans une moindre mesure on y trouve des eaux de la Bonnieure et de l'Échelle. La cause de la résurgence est la faille de l'Échelle où une épaisseur de 500 m de marnes du Kimméridgien inférieur imperméable barre la route à l'écoulement souterrain des eaux et les oblige à remonter à la surface[3].

Après Angoulême, son cours va vers l'ouest. Le reste de son bassin versant est formé de terrains imperméables et de calcaires qui, une fois gorgés d'eau, se comportent comme des terrains imperméables. La Couronne, Trois-Palis, Nersac, Sireuil, Vibrac, Saint-Simeux et Saint-Simon les villages gabariers, Bassac, Jarnac, Bourg-Charente, Cognac, et Merpins sont tout au long du fleuve en Charente.

Image satellite de l'embouchure de la Charente et de la ville de Rochefort
L'embouchure de la Charente et la ville de Rochefort prises par le satellite Spot

De l'aval du Port-du-Lys jusqu'à l'embouchure, les villes traversées sont Dompierre-sur-Charente, Chaniers, Saintes, Taillebourg, Crazannes, Saint-Savinien, Tonnay-Charente, et Rochefort. Ensuite, on trouve Soubise, Vergeroux et Port-des-Barques qui sont sur l'estuaire. Cet estuaire est marqué par des hauts fonds et gardé par l'Île Madame. Sur les 93 km de parcours en Charente-Maritime, la pente est quasi nulle et l'effet de la marée se fait sentir jusqu'à Saintes et bloque partiellement l'écoulement jusqu'à Cognac et Jarnac ce qui augmente les inondations lors des crues[3]. La zone inondable en aval de Cognac s'appelle la prée.

Hydrographie

Pour une longueur de 381 km, [1] elle est classée navigable sur 196 km (dont 103 classés en maritime) depuis Montignac-Charente situé à la cote 40 m, mais surtout Angoulême à la cote 29 m jusqu'à l'océan Atlantique. En réalité, seuls 179 km sont réellement navigables grâce aux 21 écluses dont 2 sont classées maritimes[3].

D'Angoulême à Port-du-Lys commune de Merpins, le gabarit des écluses est de 28 m sur 6,35 m, la hauteur libre 3,60 m. Puis, dans la partie classée en maritime du Port-du-Lys à l'océan, le gabarit des écluses est de 34,80 m sur 6,30 m (pour l'écluse de la Baine) et de 50 m sur 8 m (pour l'écluse de Saint-Savinien), avec une hauteur libre de 5,65 m[5].

Le réseau de cours d'eau de son bassin versant (10 549 km²) est de 6 000 km.

Principaux affluents

vue du pont de la Trache
l'Antenne à Javrezac
depuis un emplacement de pêche

Elle a comme affluents :

Canal

La Charente est reliée à la Seudre par le canal de la Charente à la Seudre ou canal de la Bridoire.

Hydrologie

Le débit de la Charente mesuré à Vindelle (Angoulême) va de 1m3/s en étiage ramené maintenant à 3m3/s par des lâchers des retenues des lacs de Mas-Chaban et de Lavaud à 630 m3/s au maximum de la crue de décembre 1982. Le débit moyen annuel à Saintes est de 140m3/s avec en septembre un minimum moyen de 80m3/s et en janvier un maximum moyen de 210m3/s[6].

Retenues de soutien d'étiage

Deux barrages soutiennent le débit de la Charente lorsque les niveaux atteignent leur niveau d'étiage : les lac de Lavaud et lac du Mas-Chaban qui ont pour but de garantir un débit minimum afin de préserver l'écosystème fluvial et satisfaire aux besoins en eau, eau potable mais aussi eau pour les agriculteurs irriguants. L'Institution interdépartementale du fleuve Charente et de ses affluents, en est le maître d'ouvrage et un « protocole de gestion des eaux de la Charente 175 a été signé en 1992 puis a été intégré dans le SDAGE Adour-Garonne (Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux)[7].

Le débit de la Charente est mesuré à la station de Vindelle et l'objectif est d'y maintenir un D.E.O. (débit d'objectif d'étiage) de 3 m3/s. Celui-ci qui a connu des baisses jusqu'à 1 m3/s ne devrait plus descendre au-dessous de 2,5 m3/s.

Crues et inondations

Crue de la Charente en mars 2007 à Cognac

Les crues sont saisonnières et des crues de grande ampleur sont fréquentes provoquant des inondations . La région garde le souvenir de celles de 1882, 1904, 1910, 1937, 1952, 1966, 1982, 1994 et 2000. Elles durent longtemps : un mois en 1982, plus en 2000-2001.

Si les inondations sont étendues, c'est parce que le lit mineur du fleuve est étroit, peu profond, vite saturé et qu'il déborde alors ; comme le lit majeur est plat et imperméable, l'eau s'étend sur toute la vallée. Et si les inondations mettent longtemps à régresser, c'est dû à une pente très faible et à l'effet de la marée ce qui freine la résorption de l'inondation. Les zones inondables sont pour 82 % des surfaces cultivées, 16 % des zones naturelles ou des zones humides et 2 % des zones urbaines ou d'activités (860 ha dont 95 ha à Angoulême, 53 ha à Cognac, 135 ha à Saintes, Rochefort étant surtout exposé à un risque maritime). Lors de la crue de décembre 1982, il passait 630 m3/s sous les ponts d'Angoulême et 815 m3/s sous les ponts de Saintes. Alors que l'alerte est à Angoulême à +3,60 m, la crue a atteint la cote de +6,82 m (et à Saintes + 6,99 m)[8].

Il a été mis en place un PAPI (programme d'actions et de prévention des inondations) copiloté par l'État et l'Institution du fleuve Charente qui est un EPTB (établissement public territorial de bassin). Des études ont été menées et des projets sont en cours ou déjà en activité. Le service de prévision des crues pour le bassin de la Charente annonce les crues et leur arrivée depuis l'amont. En effet, l'onde de crue met 24 h pour aller de Mansle à Angoulême puis 48 h pour atteindre Saintes. Cela permet d'anticiper et d'agir sur les affluents en ouvrant tous les ouvrages pour les vider avant la crue puis les fermer partiellement afin qu'un apport des affluents ne vienne pas aggraver la crue du fleuve. Cela permet aussi une alerte et d'évacuer les zones inondables (en particulier les véhicules et les chantiers). L'envasement de la Charente en amont de Saint-Savinien est un facteur aggravant les inondations et le curage devrait réduire leur niveau de 5 à 10 cm à Saintes. Il est aussi envisagé des chenaux, mis en eau uniquement lors des crues, pour couper trois des méandres en aval de Saintes, entre le pont Palissy et Bussac. Divers ouvrages qui entravaient l'écoulement du fleuve ont été modifiés, comme l'avancée de quai au pont de Saintes. Enfin la restauration de marais, sites de stockage dans des zones naturelles sur les affluents sont à l'étude, ceux déjà programmés sont sur la Soloire, sur l'Antenne et sur la Seugne amont. Et l'Agence de Bassin Adour-Garonne doit intervenir dans la restauration des zones humides.

Marées

Mouillage à Tonnay-Charente

L'amplitude des marées qui est de 6,50 m à l'embouchure n'est plus que de 5,4 m à Rochefort puis le barrage de Saint-Savinien atténue son effet. Un relevé du 19 mars 1973 montre une diminution d'amplitude de la marée à partir des 4,14 m de Rochefort et 3,98 m à Tonnay-Charente, pour encore 1,80 m à Saint-Savinien, 0,80 m à Taillebourg et 0,18 m à Saintes.

Le jusant dure plus longtemps que le flot.

Les eaux douces apportées par la Charente se mélangent à l’eau de mer dans l'estuaire en position plus ou moins avale en fonction des débits de la Charente et de la hauteur des marées, ce qui provoque des variations de salinité. Cette variation est caractéristique de la zone des pertuis et l’ostréiculture du bassin de Marennes-Oléron est baignée par ces eaux dessalées.

Histoire

Une longue occupation humaine

Les hommes de Néandertal ont vécu le long des affluents de la Charente, d'environ 230 000 ans BP à leur extinction. Des prénéandertaliens ont été retrouvés sur le site de Montgaudier sur la Tardoire près de Montbron, sur le site de La Chaise (la grotte Suard a livré des os d'enfants), et sur le site atelier de Fontéchevade[9]. De très nombreux néandertaliens ont vécu en Charente, dans la grotte de Rochelot à Saint-Amant-de-Bonnieure, dans la vallée des Eaux-Claires tout près d'Angoulême, sur la rive droite du Voultron au site de La Quina, près de Villebois-Lavalette à Gardes-le-Pontaroux, qui a livré les restes fossiles de 27 néandertaliens, adultes et enfants, dans la grotte à Melon près de Châteauneuf-sur-Charente et en Charente-Maritime à la Roche-à-Pierrot, près de Saint-Césaire, qui a livré en 1979 un squelette néandertalien associé à un ensemble d'outils châtelperronien. Dans cette région, les néandertaliens ont probablement été contemporains des premiers Homo sapiens[10].

Article détaillé : Néandertal en Poitou-Charentes.

Sur la Tardoire, la Cave à Vilhonneur est une cavité ornée de peintures du paléolithique[11] ; la grotte Chauvet, près du confluent de l'Antenne avec la Charente, a livré plus de 100 outils et 200 objets, bifaces, pointes, racloirs attribués au Moustérien de tradition acheuléenne et la chaire à Calvin à Mouthiers-sur-Boëme un abri sous roche et un bas-relief magdalénien.

La Charente était déjà navigable à l'âge du fer et servait au transport du sel. La découverte de pirogues monoxyles en donne la preuve. Le port maritime des Celtes Santons se trouvait à son embouchure qui était alors un estuaire très profond et très découpé. Saintes, Cognac et Jarnac étaient des ports gallo-romains importants. Ausone célèbre la Charente et des chroniqueurs romains témoignent d'un important trafic fluvial. Ptolémée au IIe siècle trace les coordonnées du portus Santonum, le port maritime des Santones à l'embouchure du fleuve[3].

Les Vikings remontent la Charente vers 850, et détruisent Saintes et Angoulême. Dans la période qui va suivre, les hauteurs sur le fleuve vont se couronner de castrums qui seront ensuite rebâtis en pierre formant une suite de châteaux-forts, pour la plupart détruits durant la guerre de cent ans, le fleuve servant de frontière durant certains épisodes.

Durant le Moyen Âge, la Charente et ses affluents se couvrent de constructions, moulins, canaux, écluses. Ces divers travaux et les aménagements de chemins de halage, de quais, de dépôts, permirent la navigation jusqu'à Cognac au Xe siècle puis jusqu'à Angoulême au XVe siècle. Cognac et Basseau à Angoulême sont attestés ports saulniers à la fin du XIe siècle. Les gabares franchissaient les barrages des moulins par des pertuis. C'est François Ier qui a ordonné la construction de ces pas ou pertuis, écluses primitives sous forme de portes mobiles nommées aiguilles.

Écluse en amont de Cognac.
Article détaillé : Histoire de la Charente.

La canalisation de la Charente avec construction d'écluses débute vers 1780; elle est confiée à Trésaguet. On ne sait pas exactement combien d'écluses ont été construites.

La navigation s'intensifie au XVIIIe siècle, décline rapidement à la fin du XIXe siècle alors que la partie comprise entre Montignac et Angoulême a été abandonnée dès le début du XIXe siècle.

Au XIXe siècle, les ports étaient d'une part Saintes, Saint-Savinien et Port-d'Envaux qui relevaient du quartier d'inscription maritime de Saintes, d'autre part Angoulême, Cognac, Taillebourg et Rochefort qui relevaient du quartier d'inscription maritime de Rochefort.

Article détaillé : Rochefort (Charente-Maritime).
Saint-Simeux

Patrimoine

Villes et villages existent tout au long du fleuve depuis l'Antiquité. Il est donc possible de retrouver tous les types de patrimoine bâti traditionnels, ponts, puits, pigeonniers, maisons, fermes dont certains datent du Moyen Âge. Les églises romanes font la fierté de la vallée de la Charente ; chaque commune a la sienne.

Châteaux et remparts

Les châteaux se suivent tout au long du cours du fleuve, en particulier sur les promontoires surplombant la vallée. D'abord le Château de Peyras à Roumazières-Loubert en Charente, reconstruit au XVe siècle après la guerre de cent ans, puis dans le département de la Vienne le château de Léray près de Civray du XVIe siècle et ensuite jusqu'à Angoulême les châteaux de Verteuil, Bayers, le Donjon de Montignac-Charente, tous trois connus dès le XIe siècle et de Château de Balzac construit en 1600.

Sur les affluents, le Château de La Rochefoucauld joyau de la Renaissance est sur la Tardoire, le Donjon de Marthon sur son affluent le Bandiat, le Château de Blanzaguet-Saint-Cybard domine le Voultron, la Tour du Breuil à Dignac les sources de l'Échelle et le Château de Chalais rebâti en 1500 s'élève sur un éperon rocheux, entre la Tude et la Viveronne, d'où il domine la ville de Chalais. Le Château de la Tranchade, qui date du XIVe siècle, est à Garat sur la vallée de l'Anguienne à l'est d'Angoulême.

Du Château d'Angoulême au donjon du XIIe siècle au Château de Cognac agrandi à la Renaissance, une suite de châteaux se dressent tout au bord du fleuve. Le Château de l'Oisellerie à La Couronne et le Château de Fleurac de Nersac sont du XVIe siècle. Des châteaux de Bouteville et de Jarnac il ne reste que des gravures et des ruines. Le Château de Bourg-Charente, le Château de Garde-Épée et le Château de Saint-Brice datent du XVIe siècle ou du tout début du XVIIe siècle.

Après Cognac, on trouve sur les bords de l' Antenne, deux châteaux Renaissance le Château de Matha en Charente-Maritime, et Château Chesnel à Cherves-Richemont. Le Château de Richemont a été rebâti au XVIIe siècle et le château d'Authon situé sur le Dandelot, affluent de Antenne date du XVIe siècle. Sur la Seugne le donjon de Pons a été reconstruit en 1187. Puis, après Saintes, le château de Crazannes et le château de Panloy à Port-d'Envaux sont du XVIe siècle et à Rochefort la corderie Royale a été construite à partir de 1666[12].

Ponts

Pont sur la Charente à Vibrac
Pont transbordeur

Tout au long du fleuve chaque ville s'est bâtie près d'un gué, d'un passage par bac ou d'un pont. Au cours du temps, ces ponts ont été souvent détruits et reconstruits. Ainsi à Cognac, le pont de bois en face de la porte de la ville a été remplacé par un pont de pierre puis reconstruit un peu en amont à son emplacement actuel. A Saintes, le pont a été rebâti au XIIe puis fin XIXe avec déplacement de l'arc-de-triomphe situé en son milieu. À Rochefort, un pont transbordeur remplace les bacs en 1900 ; le pont à travée levante a été détruit en 1991 et remplacé par le viaduc de Martrou, tout comme le pont suspendu de Tonnay-Charente qui a été remplacé en 1964 pour la circulation par le pont de Saint-Clément[3]. Mais, au-delà des ponts et viaducs actuels, il reste nombre de ponts extrêmement anciens, tout spécialement des ponts relativement petits que l'on découvre sur des affluents ou au passage de bras de faible largeur.

Bacs

Bac à chaine manuel

Avant l'édification des ponts, les bacs permettaient de franchir la Charente et certains sont encore en service, entre Chaniers et Courcoury et entre Dompierre-sur-Charente et Rouffiac bac nommé le "Châ p'tit va loin" (en service pendant la saison estivale).

Environnement

La presque totalité du cours du fleuve et de ses affluents est en zone Natura 2000 : les territoires qui font partie de ce réseau européen sont les espaces essentiels à la survie des espèces (animales ou végétales) et des habitats naturels, désormais rares et menacés à l'échelle du territoire européen[13].

La vallée de la Charente compte de nombreuses espèces remarquables parmi les oiseaux, les chiroptères, les amphibiens, les poissons, les invertébrés et les mammifères, en particulier la Loutre d'Europe et le Vison d'Europe [14][15]. Sur la seule partie moyenne du cours de la Charente (site Natura 2000 n°FR5400-472) [16], on a dénombré 35 espèces animales, 1 espèce végétale et 12 habitats naturels, d'intérêt européen. Ces habitats et ces espèces sont rares ou menacés de disparition à l'échelle européenne : ils sont donc à l'origine du classement de la zone en site Natura 2000.

Il faut y rajouter les espèces d'intérêt national, et d'autres moins menacées : la moyenne vallée héberge par exemple plus de 35 espèces de mammifères (soit 65% des mammifères terrestres du département de Charente-Maritime), 122 espèces d'oiseaux, 17 espèces d'amphibiens et de reptiles, 38 espèces de libellules (soit 80% des espèces du département de Charente-Maritime) [17] ...

Oiseaux

Trois zones Natura 2000 leur sont dédiées avec, d'amont en aval : la Vallée de la Charente en amont d'Angoulême pour 64 espèces d'oiseaux, la Moyenne vallée de la Charente et Seugne et Coran pour 46 espèces d'oiseaux et la Basse vallée de la Charente et estuaire pour 66 espèces d'oiseaux[18].

Parmi eux, se trouvent des espèces de marais et zones humides :

Parmi les oiseaux plongeurs et nageurs, des cygnes (Cygne tuberculé), des grèbes (Grèbe à cou noir, Grèbe castagneux, Grèbe esclavon, Grèbe huppé), des oies (oie cendrée), des canards (Canard chipeau, Canard pilet, Canard siffleur, Canard souchet), des sarcelles (Sarcelle d'été, Sarcelle d'hiver), et des fuligules (Fuligule milouin, Fuligule morillon).

Sur l'estuaire sont remarquables le sterne caugek, le tadorne de Belon et le tournepierre à collier[19].

Les sternes (sterne pierregarin), les guifettes (Guifette moustac et Guifette noire), les mouettes (Mouette rieuse), le Grand Cormoran, remontent par périodes très en amont sur le fleuve.

Il y a aussi des pics (Torcol fourmilier), des rapaces (balbuzard pêcheur, faucon pèlerin), des Martin-pêcheur, des Gorgebleue à miroir, des phragmites des joncs, et des râles des genêts en plus de toutes les espèces courantes qui, elles, ne sont pas classées remarquables.

L'espèce "phare" de la vallée de la Charente demeure le Râle des genêts (Crex crex*) Natura 2000. Cet oiseau, mondialement menacé de disparition, était autrefois très répandu. Il construit son nid au sol, dans l'herbe des prairies de fauche des vallées inondables. La mise en culture des fonds de vallée, puis la modification des pratiques de fauche (désormais plus tôt en saison), ont conduit à sa lente disparition : de plusieurs centaines, les populations sont tombées en 2006 à une trentaine de couples sur la vallée de la Charente.

Loutre et Vison d'Europe

Mustela lutreola

Ils se retrouvent sur une grande partie du fleuve et de ses affluents ce qui représente sept zones Natura 2000 avec d'amont en aval la vallée de la Charente entre Angoulême et Cognac et ses principaux affluents (Soloire, Boëme, Échelle), la Moyenne vallée de la Charente et Seugne et Coran, à partir de l'aval de Cognac, puis la Basse vallée de la Charente et estuaire . Les zones Natura 2000 spécifiques d'affluents sont la vallée de l'Antenne, la vallée du et ses principaux affluents, la Haute vallée de la Seugne en amont de Pons et ses affluents, et la Vallée de la Boutonne[18].

C'est la présence de la Loutre (Lutra lutra) et du Vison d'Europe (Mustela lutreola) qui a été déterminante pour le classement.

Chauve-souris

Sur ces mêmes zones, on trouve aussi des chiroptères : le Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) et le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros). Sur Saint-Sulpice et ses anciennes carrières de pierre, juste en bordure de l'Antenne, existe un peuplement beaucoup plus diversifié : Barbastelle (Barbastella barbastellus), Grand Murin (Myotis myotis), Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), Minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersi), Petit Rhinolophe, Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) et Vespertilion de Bechstein (Myotis bechsteini)[18].

Poissons

En plus d'une vingtaine d'espèces d'eaux calmes, surtout des carpes, vairons, goujons, gardons, brèmes, ablettes, brochets, sandres et Chabot (Cottus gobio), on trouve des poissons migrateurs, mulets, aloses, truites et anguilles.

Le maintien de leur nombre et leur diversité a necessité des actions : le maintien de la qualité de l'eau en évitant les pollutions, les bouchons vaseux, les enrichissements en nutriments, l'eutrophisation et le maintien des habitats et des frayères par reconstitution des fonds de gravier et la plantation de rypisylve adaptée. Pour les espèces migratrices des "passes à poissons" ont été réalisées sur de nombreux ouvrages, afin de contourner les obstacles physiques à leur libre circulation.

Les aloses sont considérées comme de bons indicateurs de la qualité biologique et physique des fleuves. On retrouve la grande alose jusqu'à Montignac-Charente avec des frayères de Saint-Savinien à Cognac, et l'alose feinte (alosa fallax) jusqu'à Ruffec avec des frayères de Cognac à Fleurac.

Les salmonidés, saumon atlantique (Salmo salar) et truite de mer ou truite commune (Salmo trutta) qui historiquement remontaient jusqu'à Civray, Chef-Boutonne, Matha, ne sont plus aussi présents. On retrouve les truites de mer sur la Boutonne, l'Antenne, la Tardoire et la Charente ne serait plus qu'un passage pour atteindre des frayères en amont.

La lamproie remonte jusqu'à Voulême dans le département de la Vienne et même Civray et sur les portions aval de la Boutonne, du et de l'Antenne où l'on trouve Lamproie de Planer (Lampetra planeri) et Lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis). Les frayères sont autour de Saintes et de Cognac. La lamproie marine reste dans la basse du fleuve, près de l'estuaire[20].

L'anguille (Anguilla anguilla) est présente sur l’ensemble de la Charente mais les populations sont en régression ce qui peut être dû à la pollution des eaux mais aussi à une pêche trop intense dans l'estuaire.

Coquillages

Les huîtres sauvages (Ostrea edulis) et les moules (Mytiloida) forment des gisements naturels.

Des moules perlières d'eau douce ont été pêchées vers Saint-Savinien, mais cette activité a été abandonnée.

Tortues, grenouilles et autres amphibiens

Ils sont nombreux et très divers, grenouilles : rainettes (Hylidae) et crapauds, salamandre (Salamandra salamandra), lézards, mais seules deux espèces sont déclarées remarquables, une tortue - le Cistude d'Europe (Emys orbicularis) - et le Triton crêté (Triturus cristatus) trouvé sur le [21].

Invertébrés

Invertébrés remarquables : Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii), Cuivré des marais (Lycaena dispar), Gomphe à cercoïdes fourchus (Gomphus graslinii), Grand capricorne (Cerambyx cerdo), Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) et Rosalie des Alpes (Rosalia alpina)[18].

Flore

L'angélique à fruits variables (Angelica heterocarpa), espèce prioritaire de l'annexe I de la directive européenne CEE92/63 "Habitats-Faune-Flore", est présente sur les rives du fleuve Charente, dans la basse vallée et l'estuaire[22]. Les coteaux calcaires qui bordent le lit majeur accueillent également nombre d'espèces remarquables, comme les orchidées (Ophrys). La fritillaire pintade (Fritillaria meleagris) est encore localement présente au sein des prairies du lit majeur (zones inondables) [23] [18], quoique la modification des pratiques agricoles ait engendré - et continue d'engendrer - sa raréfaction : cette espèce ne tolère pas les apports d'engrais.

La présence de nénuphars signe une bonne qualité de l'eau.

Moulin sur l'Antenne

Activités

Industrie

Historiquement la pêche, le transport et les moulins à farine ont été les premières activités liées au fleuve. De très nombreux moulins sont attesté dès le Xe siècle. Ainsi sur l'Antenne et ses affluents, les moulins, les ruines et les archives attestent de l'existence de 56 moulins.

Sur certaines zones se pratiquait le rouissage du chanvre. En plus de la pêche, il existait des systèmes de bassins et d'étangs pour piéger et garder les poissons.

Au XVIIIe siècle certains de ces moulins sont transformés en moulins à papier, par exemple le moulin de Boussac sur l'Antenne en 1786. Il en reste le moulin de Fleurac à Nersac en aval d'Angoulême, qui après avoir été moulin à blé, à huile, à papier est devenu moulin conservatoire.

Puis s'installe une industrie papetière surtout dans la zone d'Angoulême.

Ports

Le port de commerce Rochefort / Tonnay-Charente est constitué d'un bassin à Rochefort et du port de Tonnay-Charente : premier port départemental français, propriété du Conseil Général de la Charente-Maritime[24]. Il est géré par la CCI de Rochefort et de Saintonge depuis 1927. Deuxième port de commerce de Charente-Maritime en termes de trafic après le Grand port maritime de La Rochelle, c'est le cinquième port français pour l'importation des sciages résineux, le sixième port français pour l'importation d'engrais et le neuvième port céréalier français. Sa croissance est de 6% par an.

Le port de plaisance de Rochefort est un port à écluses de 300 places sur ponton et 40 places visiteurs, formé par les bassins Lapérouse et Bougainville, situé au cœur de la ville sur la rive droite du fleuve. Celui de Port-des-Barques est sur mouillages, celui de Soubise comporte 35 corps morts.

Les ports d'Angoulême, Cognac, Saintes, Taillebourg, Saint-Savinien et Port-d'Envaux ne sont plus que de petits ports de plaisance et des escales de tourisme fluvial.

Ostréiculture et conchyliculture

Embouchure de la Charente

L’ostréiculture du bassin de Marennes-Oléron c'est la culture de Crassostrea gigas dans des eaux dessalées. L'eau de la Charente contient des sels nutritifs (azote sous forme de nitrates) qui, à concentration moyenne et sous certaines conditions de température et d’ensoleillement, augmentent le développement de cellules phytoplanctoniques, principale source de nourriture des huîtres élevées dans le bassin de Marennes-Oléron. Le seul effet de l’eau dessalée augmente la survie larvaire entre la ponte et la fixation sur collecteurs qui est de 20 jours environ, en juillet et août. Les huîtres se développent, au sud de l’île d'Aix, dans la zone de dessalure, et utilisent les sels nutritifs apportés par les précipitations d’hiver et du printemps sur le bassin versant de la Charente.

Même si la majorité des 1184 producteurs d'huîtres creuses de la région ne sont pas dans l'estuaire de la Charente, c'est son apport d'eau douce qui permet de réunir les conditions favorables à l'ostréiculture et à la production de 47 000 tonnes d'huîtres.

La conchyliculture, principalement culture de Mytilus edulis donne une production de 19 500 tonnes de moules[25].

Pêche

La pêche est un loisir très pratiqué tout au long du fleuve et des plans d'eau. En Charente, on compte 600 km de cours d'eau, 900 km en 2e catégorie et 265 ha de plan d'eau et en Charente-Maritime, 310 km de cours d'eau et 2240 km de rivières et de canaux de 2e catégorie, 50 ha de plan d'eau et de lacs de barrage, 30 km de berges pour la pêche, auxquels s'ajoutent la pêche sur l'estuaire[26].

Tourisme

Le tourisme fluvial est formé de l'ensemble des activités de loisirs, de visites et de découvertes effectués sur et autour du fleuve et de ses affluents ; le développement de ce tourisme fluvial doit préserver le milieu naturel.

Les lacs de Haute Charente représentent près de 400 hectares de plans d'eau douce dans des vallées naturelles des contreforts limousins du Massif central.

La partie amont du fleuve et ses affluents, permettent la pêche, le canotage, l'observation de la nature et la découverte de sites et d'ouvrages liés au fleuve, en particulier les moulins.

Large, sinueux et navigable dans sa partie aval, le fleuve Charente, permet, en plus des activités de navigation (gabarres, bateaux de location), de nombreux sports nautiques (aviron, canoë-kayak, ski nautique, voile sur les plans d'eaux comme à Saint-Yrieix, sur les lacs et dans l'estuaire).

Chemins de halages et chemins de randonnées, dont le GR4, situés en bordure des cours d'eau permettent des randonnées à pied, en vélo ou à cheval d'Angoulême à Rochefort.

Activités sportives

Jarnac
Ponton pour pénichette
La Charente à Saintes

Documents

  • Documents de l'institution du fleuve Charente [3].
  • Le fleuve Charente et ses affluents, carte de l'environnement, EPTB Charente.

Notes et références

  1. a , b  et c SANDRE, « Fiche fleuve la charente (R---0000) ». Consulté le 6 juillet 2008
  2. Le fleuve Charente et ses affluents, carte de l'environnement, EPTB Charente|le fleuve charente.
  3. a , b , c , d , e  et f Le fleuve Charente de la galiote au day-cruiser, Jacques Lamare,la saintonge littéraire, 1977.
  4. Jean Gabilly et alii. : Poitou, Vendée, Charentes. Masson, 1997 (Coll. Guides géologiques régionaux), p. 35/36
  5. dictionnaire des canaux et rivières de France Charente.
  6. Institut du fleuve Charente.
  7. SDAGE
  8. Fleuve charente.
  9. Néandertal en Poitou-Charentes, A. Debenath et J.F. Tournepiche, Association régionales des musées en Poitou-Charentes, p. 130.
  10. Néandertal en Poitou-Charentes, A. Debenath et J.F. Tournepiche, Association régionales des musées en Poitou-Charentes.
  11. grotte de vilhonneur
  12. châteaux en Poitou-Charentes, Frédéric Chasseboeuf,patrimoines et médias, (ISBN 2-910137-91-0)
  13. 2000
  14. Portail Natura 2000 - Pourquoi la vallée de la Charente ? - Fleurs et bêtes en goguette... - Mammifères
  15. Portail Natura 2000 - Pourquoi la vallée de la Charente ? - Fleurs et bêtes en goguette... - Mammifères
  16. Natura 2000
  17. Natura 2000
  18. a , b , c , d  et e site Natura 2000
  19. liste des espèces d'oiseaux
  20. Documents papier du Fleuve Charentequi était en ligne en 2007 [1].
  21. site du Natura 2000 Vallée du Né
  22. Portail Natura 2000 - Pourquoi la vallée de la Charente ? - Fleurs et bêtes en goguette... - Plantes
  23. Portail Natura 2000 - Pourquoi la vallée de la Charente ? - Fleurs et bêtes en goguette... - Plantes
  24. [2]
  25. Données Ifremer.
  26. pêche en Charente.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Bibliographie

  • Le fleuve Charente de la galiote au day-cruiser, Jacques Lamare, la Saintonge littéraire, 1977.


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