Régiment d'infanterie de forteresse
Classe 1939 du 155e RIF.
Relève dans un gros ouvrage de la ligne Maginot en 1939.

Un régiment d'infanterie de forteresse (RIF) est une unité militaire française spécialisée dans le défense des fortifications de la ligne Maginot, des années 1930 à 1940.

Ce type de régiment fournit les hommes servant d'équipages aux ouvrages et casemates et de troupe d'intervalle entre ceux-ci. Les premiers sont créés en 1933, il y en avait 41 pendant la bataille de France de 1940.

Article principal : Ligne Maginot.

Sommaire

Rôle

La première mission de la ligne Maginot étant d'empêcher une attaque brusquée pendant la mobilisation générale de l'armée française (le rappel des réservistes dure quinze jours), elle doit donc être opérationnelle avec la totalité de ses effectifs avant la déclaration de guerre. À cet effet sont créés des troupes spécialisées dans la défense des fortifications, par définition peu mobiles, principalement d'infanterie (bataillons alpins de forteresse et régiments d'infanterie de forteresse) et d'artillerie (régiments d'artillerie de position), ainsi que quelques unités plus mobiles, notamment de reconnaissance (groupes de reconnaissance de région fortifiée) et d'artillerie (régiments d'artillerie mobile de forteresse).

Ces troupes sont déployées le long des frontières du Nord-Est (Nord, Ardennes, Lorraine, Alsace et Jura) et du Sud-Est (Savoie, Dauphiné et Alpes-Maritimes) de la France dès le temps de paix, au plus près de la « ligne principale de résistance », cette dernière composée des réseaux barbelés, des ouvrages et des casemates d'intervalle, dans des casernes. Ces casernes sont neuves, construites de 1932 à 1936, appelées « casernements de sûreté » dans chaque sous-secteur fortifié et « casernements légers de proximité » à côté de l'entrée de chaque ouvrage (les casernes souterraines n'étant pas utilisée en temps de paix, hormis pour les alertes et les exercices).

Juste avant la mobilisation, les troupes de forteresse quittent leur casernements pour d'une part que les équipages occupent leurs ouvrages et casemates, et d'autre part que les compagnies destinées à tenir les intervalles s'installent dans les villages voisins (évacués lors de la mobilisation générale). L'organisation du terrain (barbelés, tranchées, blockhaus, nettoyage des glacis, mines, etc.) est assurée par chaque compagnie. En cas d'alerte, les troupes d'intervalle s'installent sur le terrain, sur une profondeur de 1 500 mètres à partir de la ligne principale de résistance, occupant les petits blockhaus, les tourelles démontables et les points d'appui (prévus chacun pour une section).

Armement et équipement

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914.
Fusil-mitrailleur MAC 1924/29.

Un bataillon de forteresse dispose théoriquement des armes collectives suivantes, en plus de celles installées dans les fortifications :

Pour un régiment à trois bataillons, cela fait 108 mitrailleuses, 105 fusils-mitrailleurs (six FM servent au remplacement), 18 mortiers et 27 canons antichars. La puissance de feu est nettement supérieure à celle d'un régiment d'infanterie normal (type Nord-Est) qui dispose théoriquement de 48 mitrailleuses, 112 FM, 17 mortiers (de 60 et de 81 mm) et 12 antichars.

Les armes individuelles sont des fusils (modèles 1907/15 ou 1907/15 modifiés 1934, avec quelques 1886 modifiés 1893 Lebel[N 1]) et des mousquetons (modèle 1892 ou 1892 modifiés 1916) au calibre 7,5 mm auxquels se rajoutent de rares pistolets-mitrailleurs (notamment de 9 mm modèle 1935 Erma-Vollmer) confiés aux corps-francs. Les armes de poing sont des pistolets automatiques (modèles 1935A, 1935S ou 1914 Star) et des revolvers (modèles 1873, 1874 et MAS 1892) de calibre 7,65, 8 ou 11 mm.

L'uniforme est théoriquement en drap kaki (modèle 1935, alors que tout le reste de l'armée est encore en bleu horizon), composé d'une vareuse, d'une capote, d'un pantalon-culotte (puis pantalon-golf) et de bandes molletières, le tout complété par un béret (modèle des chars de combat, mais kaki foncé, incliné sur la gauche) et une ceinture de laine (du modèle des zouaves, peu portée). La tenue de cantonnement rajoute une chemise kaki et une cravate kaki foncé. Les réservistes perçoivent les stocks de bonnets de police à la place du béret (ce dernier réservé à l'active), tandis que les équipages d'ouvrage touchent une tenue spéciale à partir de 1936 proche de celle des blindés, avec une veste et une salopette en toile cachou à porter sur l'uniforme, avec un casque spécial (casque des troupes motorisées modèle 1935). En hiver s'y rajoute un paletot canadien de gros drap beige à col de fourrure. L'équipement individuel est composé du havresac modèle 1893 (puis 1935/37), des cartouchières modèle 1916, du casque Adrian modèle 1926 et du masque à gaz ANP 31 dans son sac de transport. Enfin les patrouilleurs et les corps-francs reçoivent des effets spécifiques, tel qu'un poignard de tranchée, des grenades offensives, un couvre-casque, des jambières lacées en cuir modèle 1940 ou des bottes en caoutchouc, ainsi qu'une blouse et un pantalon en lin.

Chenillette Renault et sa remorque.

N'étant pas destinés aux opérations de manœuvre, les troupes de forteresse sont sous-équipées en moyens de transport. Les régiments disposent de véhicules, principalement hippomobiles et de réquisition (dont l'immatriculation militaire est faite à la craie) et de quelques chenillettes Renault UE 2 modèle 1937. Par exemple, le 23e RIF dispose à la mobilisation de 1939 de 10 chevaux de selle, 226 de trait, 114 voitures hippomobiles, 47 camions et camionnettes, 13 chenillettes, 8 voitures de liaison (Peugeot 402, traction Citroën, etc.), 33 motos et sides, ainsi que de 87 bicyclettes, ce qui est insuffisant pour déplacer les 2 869 hommes du régiment en juin 1940[1].

Historique

Article connexe : Histoire de la ligne Maginot.

Création

Les quatre premiers régiments sont créés le 15 avril 1933 sous le nom de « régiments d'infanterie de région fortifiée », affecté deux par deux aux régions fortifiées, ces dernières créées pour l'occasion au sein des 6e et 20e régions militaires :

Les autres secteurs fortifiés sont d'abord confiés à des régiments d'infanterie classiques. La garde de la rive gauche du Rhin (secteurs fortifiés du Bas-Rhin, de Colmar et de Mulhouse, dans les 20e et 7e régions militaires) est ainsi assurée dès 1933 par huit bataillons de mitrailleurs rattachés à quatre régiments d'infanterie (formant les 3e et 4e bataillons de ces RI) : les 158e (garnison à Strasbourg), 170eRemiremont), 152eColmar) et 35eBelfort) RI. Les bataillons de forteresse sont composés chacun d'une section de commandement, de quatre compagnies mixtes (chacune à deux sections de fusiliers-voltigeurs et deux sections de mitrailleuses), d'une compagnie de fusiliers-voltigeurs et d'une compagnie d'engins (sections de mortiers, de canons antichars et de mitrailleuses antiaériennes), tout représentant 19 officiers, 107 sous-officiers et 932 soldats. Effectifs théoriques de l'ensemble de l'infanterie de forteresse : 13 743 hommes.

Enfin le 16 octobre 1934, le 4e bataillon du 91e RI (garnison à Mézières) est chargé du secteur fortifié de Montmédy (dans la 2e région militaire), tandis qu'une compagnie du 35e RI (Belfort) est affectée au secteur défensif d'Altkirch (7e région militaire)[2].

Évolution

Le 25 août 1935, l'infanterie de fortification du Nord-Est (Alsace-Lorraine) est réorganisée autour de dix « régiments d'infanterie de forteresse », chacun avec un surnom et affecté à un secteur fortifié. Les anciens RI de RF sont dédoublés, les bataillons de la ligne du Rhin forment deux régiments et le bataillon du 91e devient le 155e :

Le prolongement des fortifications vers le Nord entraine la création à la même date de quatre nouveaux bataillons de forteresse, qui sont rattachés aux régiments d'infanterie locaux : le 4e bataillon du 43e RI (à Valenciennes) et le 5e du 1er RI (au Quesnoy) pour le SF de l'Escaut, le 4e bataillon du 1er RI (à Avesnes) pour le SF de Maubeuge et un nouveau 4e bataillon du 91e RI (Mézières) pour le SD des Ardennes.

Le 1er octobre 1935, c'est au tour des troupes du Sud-Est (frontière des Alpes) d'être réorganisées au sein de sept bataillons alpins de forteresse (BAF).

Article connexe : Bataillon alpin de forteresse.

Le 1er juin 1936 est créé le 42e RIF « Neuf-Brisach » (à Colmar, Marckolsheim et Neuf-Brisach) pour prendre en charge le SF de Colmar, et le 25 août le 69e RIF « Haute-Seille » (à Morhange, Saint-Avold et Forbach) pour le SF de la Sarre. L'infanterie de forteresse compte alors 53 bataillons (dont sept alpins) auxquels s'ajoutent les quatre bataillons chargés de la défense de la Corse (173e RI et 4e bataillon du 28e RTT). Le total des effectifs théoriques est de 42 250 hommes. Les dernières créations d'unités sont le 1er août 1937, avec une compagnie de forteresse (au fort de Joux) rattaché au 60e RI qui forme le 1er octobre 1938 le 4e bataillon de ce régiment, pour le SF du Jura ; dans le Nord, le 1er septembre 1937, est créés le 5e bataillon (à Lille) du 43e RI pour le SF de Lille et le 5e bataillon du 91e RI (à Hirson et Rocroi) pour le SD des Ardennes ; le 25 avril 1939 le 4e du 43e RI ainsi que les 4e et 5e bataillons du 1er RI forment le 84e RIF (à Valenciennes, Le Quesnoy et Avesnes) en charge des secteurs de l'Escaut et de Maubeuge ; enfin le 1er septembre 1939, trois bataillons du 91e RI devaient former le 148e RIF (à Mézières, Givet et Hirson), ce qui fut annuler à cause de la mobilisation[4].

Alertes puis mobilisation

Les régiments d'infanterie de forteresse sont mis en alerte[N 2] à chaque fois que la situation internationale devient tendue, c'est-à-dire que les ouvrages et casemates sont occupés en une heure par le personnel d'active (l'échelon A, composé de conscrits et de professionnels) et la moitié de l'armement est mis en service. Ce fut le cas de mars à avril 1936 (remilitarisation de la Rhénanie), de mars à mai 1938 (Anschluss), de septembre à octobre 1938 (crise des Sudètes) et à partir du 21 août 1939 (crise du corridor de Dantzig). La mesure suivante est l'alerte renforcée, correspondant au rappel des réservistes frontaliers (échelon B1), ce qui permet en une journée de mettre l'ensemble de l'armement opérationnel. Elle est suivie par l'ordre de mise en sûreté, correspondant au rappel des réservistes non-frontaliers affectés aux unités de forteresse (échelon B2) et l'occupation sous trois jours de toutes les positions avec des effectifs de guerre. L'arrivée des réservistes entraine le triplement des effectifs des RIF, en général chacun des bataillons donne naissance à un nouveau régiment (appelé régiment de formation) composé de trois bataillons. Cette mesure est appliquée entre le 20 septembre et le 20 octobre 1938 avant d'être levée ; en mars 1939 un quatrième bataillon de disponibles-rappelés est formé dans chaque RIF. Enfin, le triplement des régiments a de nouveau lieu à partir du 22 août 1939 (la formation des régiments s'échelonne jusqu'au 29).

Ensuite c'est l'ordre de couverture générale[N 3], c'est-à-dire le rappel de tous les réservistes affectés aux grandes unités d'active permettant l'établissement sous six jours de 25 divisions le long de la frontière. Cette mobilisation partielle avait déjà été déclenchée du 23 septembre 1938 au 6 octobre de la même année. Le 24 août 1939, l'alerte renforcée est ordonnée en même temps que le dispositif de sûreté[5]. Le 25 août, l'Allemagne décrète la mobilisation générale pour le 26. Le 27 à minuit commence l'application de la couverture générale. Le 1er septembre, suite à l'attaque allemande contre la Pologne, la mobilisation générale française est décidée, applicable à partir du 2 à minuit ; la frontière avec l'Allemagne est fermée, les habitants de la zone frontalière sont évacués (notamment Strasbourg). Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l'Allemagne.

Le 2 septembre 1939 à minuit, tous les régiments d'infanterie de forteresse d'active, soit les treize RIF déjà déployés en temps de paix, sont dissous, remplacé le long de la ligne par les 41 RIF de formation. Le colonel du régiment d'active devient le commandant de l'infanterie du secteur fortifié auquel il est affecté, tandis que ses trois commandants de bataillon qui ont le grade de lieutenant-colonel deviennent les chefs de corps des trois régiments de formation. L'infanterie de forteresse totalise ainsi à la déclaration de guerre 119 bataillons (de 1 112 hommes), soit 132 328 hommes théoriquement[6].

Positions en 1939-1940

Article connexe : Armée française en 1940.
Emplacements des régiments de forteresse[7]
Secteurs Sous-secteurs Bataillons d'active Régiments de formation Insignes Description et explication des insignes
SF de l'Escaut Saint-Amand et Preseau 4e du 43e RI 54e RIF Escaut.jpg Surnom « Escaut ». Panorama vu à travers un créneau avec au premier plan l'Escaut sur lequel navigue une péniche.
SF de Maubeuge, puis 101e DIF Hainaut 5e du 1er RI 87e RIF Insigne régimentaire du 87e régiment d'infanterie de forteresse..jpg Surnom « Nervie ». Dans un écu à la bordure crénelée et surmonté d'une tourelle tirant, une tête de guerrier nervien, tribu gauloise du Nord.
SF de Maubeuge, puis 101e DIF Thiérache 4e du 1er RI 84e RIF - -
SD des Ardennes, puis 102e DIF Mézières, puis Boulzicourt 4e et 5e du 91e RI 148e RIF Insigne régimentaire du 148e régiment d'infanterie.jpg Hure de sanglier, symbole des chasseurs ardennais.
SF de Montmédy Sedan, puis Fresnois 3e du 155e RIF 147e RIF Insigne régimentaire du 147e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Dans un écu, la hure d'un sanglier des Ardennes défendant l'entrée du château de Sedan.
SF de Montmédy Mouzon 1er du 155e RIF 136e RIF Insigne régimentaire du 136e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Devise « Je ne recule ni ne dévie ». Dans une rondache blanche, une mitrailleuse Hotchkiss en position devant la tour de Mouzon.
SF de Montmédy Montmédy 2e et 4e du 155e RIF 155e RIF Insigne régimentaire du 155e RIF.JPG Surnom « Régiment de la Meuse ». Dans un écu, une tête de loup veillant sur la vallée de la Meuse dominée par une coupole d'artillerie.
SF de la Crusnes, puis SF de Montmédy Marville 4e du 149e RIF 132e RIF Insigne régimentaire du 132e régiment dinfanterie de forteresse (1939).jpg Devise « Un contre huit » (combat de Rosnay-l'Hôpital en 1814). Dans un écu pentagonal, la cathédrale de Reims (ancienne garnison du régiment) et un créneau d'artillerie protégé par des barbelés.
SF de la Crusnes, puis 42e CAF Arrancy 3e du 149e RIF 149e RIF Insigne régimentaire du 149e régiment de mitrailleurs d'infanterie de forteresse (1940).jpg Devise « Résiste et Mord ». Dans un écu pentagonal entouré de chaînes et de branches de houx, une coupole d'artillerie.
SF de la Crusnes, puis 42e CAF Morfontaine 2e du 149e RIF 139e RIF Insigne régimentaire du 139e régiment d'infanterie de forteresse.jpg Insigne du 1er bataillon du 139e : devise « Toujours vigilant ». Un chevalier armé d'une lance protégé par un bouclier à croix de Lorraine.
SF de la Crusnes, puis 42e CAF Aumetz 1er du 149e RIF 128e RIF Insigne régimentaire du 128e régiment d'infanterie puis 128e régiment d'infanterie de forteresse.jpg Dans un écu au chef crénelé, Jeanne d'Arc armée et casquée veille à côté d'un écu blanc et bleu chargé d'une croix de Lorraine et près d'un créneau d'artillerie.
SF de Thionville Œutrange 3e du 168e RIF 169e RIF Insigne régimentaire du 169e régiment d'infanterie de forteresse (1939)..jpg Devise « Division des loups ». Dans un ovale d'argent, un loup passe sur un fond forestier.
SF de Thionville Hettange-Grande 2e du 168e RIF 168e RIF Insigne régimentaire du 168e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Surnom « Régiment de la Moselle. Bois-le-Prêtre ». Un écu au flanc cléchés, à la pointe en chevron renversé sommet d'une muraille crénelée, la Moselle coule entre des usines et une casemate, un loup parmi des arbres rompus (surnom des loups lors des combats de 1915 au Bois-le-Prêtre et à la Croix-des-Carmes).
SF de Thionville Elzange 1er du 168e RIF 167e RIF Insigne régimentaire du 167e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Insigne de la 128e DI pendant la Première Guerre mondiale (les loups de Bois-le-Prêtre).
SF de Boulay, puis SF de Thionville Hombourg-Budange 3e du 162e RIF 164e RIF - -
SF de Boulay Burtoncourt 2e du 162e RIF 162e RIF Insigne régimentaire du 162e régiment d'infanterie de forteresse..jpg Surnom « Régiment de la Nied ». Un écu au chef crénelé avec une tête de bouledogue blanc devant une casemate entourée de rails antichars et au pied duquel coule la Nied.
SF de Boulay Tromborn 1er du 162e RIF 161e RIF Insigne régimentaire du 161e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Surnom « Portes de fer ». Un bouclier dans lequel se trouvent deux portes blindées, un créneau surmonté d'une cloche, des rails antichars et deux roses.
SF de Faulquemont, puis SF de Boulay Narbefontaine 3e du 146e RIF 160e RIF Insigne régimentaire du 160e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Triangle couronné par deux créneaux d'artillerie et une coupole. Dans le triangle, une rose et du fil de fer barbelé.
SF de Faulquemont Steinbesch (Zimming) 2e du 146e RIF 156e RIF Insigne régimentaire du 156e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Un chardon, une croix de Lorraine et une épée.
SF de Faulquemont Bois des Chênes 1er du 146e RIF 146e RIF Insigne du 146e RIF.jpg D'abord une couronne de laurier autour d'un écu aux armes de la ville de Metz sous lequel pend une croix de la Légion d'honneur ; remplacée en 1938 par un aigle près d'une tour (Faulquemont signifie le « mont des faucons »).
SD de la Sarre Lixing 2e du 69e RIF 69e RMIF - -
SD de la Sarre Leyviller 3e du 69e RIF 82e RMIF - -
SD de la Sarre Saint-Jean-Rohrbach 1er du 69e RIF 174e RMIF - -
SD de la Sarre Kappelkinger et Sarralbe - 41e et 51e RMIC - -
SF de Rohrbach, puis SD de la Sarre Kalhausen 1er du 153e RIF 133e RIF - « Halte ! Les lions sont là. » Un lion (surnom des « lions du Bugey » donné en 1915) de profil dressé sur une dalle, avec au loin une cloche d'un ouvrage.
SF de Rohrbach Bining 2e du 153e RIF 166e RIF Insigne régimentaire du 166e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Devise « Tenir ou mourir ». Dans un écu, un loup noir hurlant et une croix de Lorraine rouge.
SF de Rohrbach Légeret 3e du 153e RIF 153e RIF Insigne régimentaire du 153e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Surnom « Régiment de la Sarre ». Devise « Partout où se trouve le 153 RIF, l'ennemi ne passe pas, il recule ». Dans un écu, un trèfle à quatre feuilles en-dessous d'une coupole d'artillerie, bordé d'un liseré aux couleurs de la fourragère de la Légion d'honneur.
SF des Vosges, puis SF de Rohrbach Bitche 1er du 37e RIF 37e RIF - -
SF des Vosges, puis 43e CAF Philippsbourg 2e du 37e RIF 154e RIF Insigne régimentaire du 154e régmet d'infanterie de forteresse (1939).jpg Surnom « Bouclier des Vosges ». Un bouclier posé sur deux épées, avec à l'intérieur deux tourelles d'artillerie dans un paysage vosgien avec la tour du château de Waldeck à l'horizon.
SF des Vosges, puis 43e CAF Langensoulzbach 3e du 37e RIF 165e RIF Insigne régimentaire du 165e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Devise « Sans peur et sans reproche ». Un écu anglais couronné avec le heaume du chevalier Bayard, coupé avec deux sapins des Vosges sur des collines et en pointe une tour crénelée blanche.
SF de Haguenau Péchelbronn 1er du 23e RIF 22e RIF - -
SF de Haguenau Hoffen 2e du 23e RIF 79e RIF Insigne du 79° RIF.jpg Devise « Résiste ou crève ! » Un écu chargé d'un clocher d'Alsace survolé par deux cigognes, le tout surmonté par un ouvrage avec une cloche.
SF de Haguenau Soufflenheim 3e du 23e RIF 23e RIF Insigne du 23° RIF.jpg Devise « Ce ne sont pas des hommes, ce sont des lions ». Surnom « Régiment de la Lauter ». Le surnom de régiment des lions date de 1745 (Fontenoy), d'où le lion de Bartholdi au-dessus d'un écu au couleur du régiment Royal (ancien nom du régiment avant 1791).
SF de Haguenau Sessenheim 4e du 23e RIF 68e RIF Insigne régimentaire du 68e RIF (1939).jpg Devise « Tenir. Lions, fils de lions ». Dans une couronne de lauriers, un lion dressé sur une coupole.
SF du Bas-Rhin, puis SF de Haguenau Herlisheim 1er du 172e RIF 70e RIF Insigne régimentaire du 70e RIF.jpg Devise « Je m'accroche ». Casemate avec sa cloche-observatoire surmontée d'une cigogne et d'une moucheture d'hermine (Vitré, ancienne garnison du régiment).
SF du Bas-Rhin, puis 104e DIF Strasbourg 2e du 172e RIF 172e RIF - Dans une rondache d'argent, une casemate borde le Rhin, chargée d'un écu aux armes de Strasbourg.
SF du Bas-Rhin, puis 104e DIF Erstein 3e du 172e RIF 34e RIF - -
SF de Colmar, puis 104e DIF Elsenheim 1er du 42e RIF 42e RIF Insigne régimentaire du 42è RI.jpg Surnom « Régiment de Neuf-Brisach ». Dans un écu au chef bastionné, une mappemonde coiffée du Soleil évoque les déplacements du régiment. As de carreau en pointe, attribut du régiment dans la 14e division (des as).
SF de Colmar, puis 104e DIF Dessenheim 2e du 42e RIF 28e RIF Insigne régimentaire du 28e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Devise « On ne passe pas ». Un canon pointant d'un créneau, couronné par une tourelle.
SF de Mulhouse, puis 105e DIF Schlierbach 1er du 171e RIF 10e RIF Insigne régimentaire du 10e régiment d'infanterie de forteresse (1939).jpg Surnom « Neustrie », ancien nom du régiment avant 1791. Devant le Rhin coulant au pied de la Forêt Noire, le château Burrus est protégé par des rails antichars et par le canal de Huningue.
SF d'Altkirch Franken 2e du 171e RIF 171e RIF Insigne régimentaire du 171e régiment d'infanterie de forteresse (1935).jpg Surnom « Régiment du Haut-Rhin ». Un mitrailleur casqué et son arme devant une cloche.
SF d'Altkirch Durmenach 3e du 171e RIF 12e RIF - -

Combats de 1940

Article connexe : Bataille de France.

Mai 1940

Article connexe : Fall Gelb.
Tourelle pour deux armes mixtes arrachée par une charge explosive (ouvrage de la Ferté, bloc 2).

Le 10 mai 1940, la Wehrmacht passe à l'offensive à travers le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas. Son axe principal évite les secteurs les plus puissants de la ligne Maginot, longeant la position avancée de Longwy (11 au 13 mai, finalement évacuée par les Français) avant de percer à travers les secteurs défensif des Ardennes et fortifié de Montmédy (du 13 au 15 mai).

Article détaillé : Percée de Sedan.

Les fortifications au nord-ouest de cette percée sont prises à partie au fur et à mesure de la progression allemande : d'abord le secteur de Maubeuge (du 16 et 23 mai), ensuite le secteur de l'Escaut (22 au 27 mai) et enfin le secteur des Flandres (lors de la bataille de Dunkerque, du 25 mai au 3 juin). Ces différents secteurs sont faiblement fortifiés, ils ne comptent aucun ouvrage d'artillerie : les casemates sont rapidement prises par les troupes allemandes attaquant sur leurs arrières tandis que les quelques ouvrages d'infanterie (Les Sarts, Bersillies, La Salmagne, Boussois et Eth) doivent se rendre après leur neutralisation par des tirs dans les embrasures et la destruction des bouches d'aération. Il y a un cas particulier, l'ouvrage de la Ferté qui se trouve à l'extrémité du secteur de Montmédy : il s'agit d'un petit ouvrage d'infanterie (deux blocs), qui se retrouve isolé, dont tous les cuirassements (sept cloches et une tourelle) se font détruire par des pionniers allemands armés d'explosifs (17-19 mai) et dont l'équipage meurt asphyxié.

Juin 1940

Article connexe : Fall Rot.

Les 5 et 9 juin, les armées allemandes percent de nouveau le front sur la Somme et l'Aisne. Le 12 juin, les troupes françaises en Lorraine (troupes d'intervalle et divisions d'infanterie) reçoivent l'ordre de décrocher progressivement vers le sud pour éviter l'encerclement[N 4]. Au même moment le groupe d'armée C allemand a ordre de se lancer frontalement à l'attaque des secteurs les plus faibles de la ligne Maginot en Alsace-Lorraine, c'est-à-dire dans la trouée de la Sarre et sur le Rhin.

Dans la Sarre (opération Tiger), la 1re armée allemande attaque la première ligne de casemates le 14 juin, avant d'emporter les deux lignes le 15 suite à l'évacuation des troupes d'intervalle françaises dans la nuit du 14 au 15. Les forces allemandes se déploient donc sur les arrières des ouvrages de Lorraine dès le 17 : l'évacuation des ouvrages est annulée. Sur le Rhin (opération Kleiner Bär), la 7e armée allemande établit des têtes de pont sur la rive gauche entre Rhinau et Neuf-Brisach le 15 juin, juste avant que les Français évacuent (le 17), ce qui permet la prise de Colmar, puis de Belfort le 19. Quant aux troupes françaises battant en retraite à pied vers le sud, soit la majorité des unités de forteresse constituant des divisions ou groupements de marche, elles finissent par être rattrapées par les troupes motorisées allemandes qui les encerclent entre la Meuse, Nancy, les Vosges et Belfort. Après quelques combats, les différents régiments se rendre entre le 21 et le 25 juin[8]. Les ouvrages sont désormais encerclés, ce qui va permettre aux Allemands de les attaquer plus facilement.

Le 19 juin, une percée est réussie dans le secteur des Vosges, malgré les tirs du Four-à-Chaux. Le 20, c'est au tour des casemates du plateau d'Aschbach, qui résistent grâce à l'appui de l'artillerie du Schoenenbourg. Les casemates et surtout les ouvrages sont bombardés par des stukas et par l'artillerie lourde (le Schoenenbourg reçoit 160 bombes, 50 obus de 420 mm et 33 de 280 mm)[9]. Dans les autres secteurs, les Allemands se limitent principalement à des tirs tendus contre les murs arrières et contre les embrasures des blocs, ce qui, au bout de plusieurs heures de tir, finit par percer le béton et l'acier des cloches. Dans le secteur de Faulquemont, le Bambesch doit se rendre le 20 et le Kerfent le 21[10]. Dans le secteur de Rohrbach, après la reddition le 21 du Haut-Poirier, la même chose se produit au Welschhof le 24[11].

L'armistice entre la France et l'Allemagne est signé le 22 juin 1940, mais il n'entre en application que le 25 juin à h 35, après qu'un armistice entre la France et l'Italie ne soit signé (le 24 au soir). Les Allemands prennent possession des ouvrages du 26 juin au 2 juillet, tandis que les équipages sont fait prisonniers.

Notes et références

Notes

  1. Le fusil Lebel sert pour les tromblons VB lançant des grenades.
  2. La mise en alerte s'appelle la « Mesure 10 », sur ordre du Ministre ou à l'initiative du commandant de région militaire.
  3. La mise en alerte renforcée s'appelle la « Mesure 27 », elle aussi à l'initiative du Ministre ou du commandant de région militaire. La mise en sûreté correspond à la « Mesure 41 », sur ordre du Ministre. La couverture générale désigne la « Mesure 81 », sur ordre du Gouvernement.
  4. La retraite doit se faire progressivement : les services et troupes d'intervalles d'abord, puis au second jour les équipages de casemates et l'artillerie d'intervalle (après avoir saboter leurs canons), enfin théoriquement au troisième jour (si les Allemands restent immobiles) les équipages des ouvrages après destruction de l'armement et de l'équipement. On n'attend pas cet ordre dans le secteur de Montmédy, évacué du 10 au 13 juin.

Références

  1. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 1, p. 91 .
  2. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 1, p. 60-61 .
  3. Répartition et stationnement des troupes de l'armée française, Paris, Imprimerie nationale, janvier 1939 .
  4. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 1, p. 64-65 .
  5. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 1, p. 78-81 .
  6. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 1, p. 78-85 .
  7. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 1, p. 64, 84 et 88-140 .
  8. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 188-204 .
  9. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 216-220.
  10. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 210-212.
  11. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 212-215.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel et Jacques Sicard, Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française », 2001, 2003 et 2009, 5 tomes (ISBN 978-2-908182-88-0, 2-908182-97-1 et 2-913903-88-6) .

Liens externes

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