Fortifications de Caen


Fortifications de Caen

Les fortifications de Caen ont longtemps été un signe de la richesse de la cité, bien qu’elles n’aient pas permis de protéger la ville des agressions extérieures, notamment pendant la guerre de Cent Ans.

Le premier témoignage historique de l’existence de la ville de Caen est une charte de l’abbaye de la Trinité de Fécamp datant de 1006 qui mentionne des églises, un port, des moulins, un marché et d’autres activités, mais la ville était encore ouverte. C’est avec la construction de son château que la ville prit son essor et devint une véritable cité qui alla rapidement devenir la deuxième ville du duché de Normandie. Constituée en réalité de plusieurs ensembles fortifiés, la ville garda longtemps un développement multipolaire. Les remparts furent démantelés au XVIIIe siècle, mais il demeure quelques vestiges disséminés dans la ville.

Plan de fortifications de la ville et du château dessiné vers 1695-1713.

Sommaire

Les ensembles fortifiés

Le château

Article détaillé : Château de Caen.

Vers 1060-1080, la muraille du château de Caen est construite. Ces remparts sont maintes fois réaménagés mais l’emprise du château n’a que peu évolué depuis le XIe siècle. Les accès au château en revanche ont été modifiés au fil des siècles. À l’origine, l’accès se faisait par une tour-porte au nord à proximité immédiate du donjon ; au sud, on trouvait une petite poterne accessible depuis un étroit sentier assez abrupt. Au XIIIe siècle, quand la ville devient française, Philippe-Auguste fait construire une courtine autour du donjon et on supprime partiellement l’entrée nord. Un nouvel accès principal, la Porte des Champs ou de la Pigacière, est alors construit au nord-est de l’enceinte. Elle est précédée au XIVe siècle par une barbacane. À la même époque, une véritable entrée est aménagée au sud avec la construction de la porte Saint-Pierre qui est, un siècle plus tard, au XVe siècle, également dotée d’une barbacane. L’enceinte, hérissée de tours, est entourée de fossés que l’on peut encore voir aujourd’hui. Les murailles de la ville se rattachent à l'enceinte du château au niveau de la tour Puchot à l'Ouest et de la tour Mathilde à l'est. Ces deux tours ont été construites au début du XIIIe siècle.

Vue panoramique de l’entrée du château de Caen.

Bourg-le-Roi

La Tour Leroy sur les bords de l’Odon avant la couverture de la rivière en 1860.

Sous Guillaume le Conquérant, la cité au pied du château est également clôturée. D’après les chartes de l’abbaye aux Hommes, créée à cette même époque, les travaux commencent après la conquête de l’Angleterre et sont terminés en 1077. Il ne s'agit sûrement que d'une levée de terre semble-t-il précédée d'un fossé, puisque qu'un texte de 1083 mentionne une partie du cimetière Saint-Étienne-le-Vieux comme étant « située à l'extérieur du fossé au roi ». Cet ouvrage était peut-être surmonté d'une palissade en bois. La valeur défensive de l'ensemble est toutefois hypothétique. Il semble plutôt qu'il était destiné à délimiter le Bourg-le-Duc des faubourgs placés sous la juridiction des abbayes. Aucune preuve archéologique ou textuelle ne fait d'ailleurs mention d'ouvrages au nord et au sud du bourg ; peut-être la présence de barrière naturelle (le coteau de Bagatelle au nord et la rivière au sud) semble-t-elle suffisante[1]. Le clos enserre la paroisse de Saint-Sauveur, une grande partie des paroisses Notre-Dame, Saint-Étienne et Saint-Pierre et une portion plus congrue des paroisses Saint-Martin et Saint-Julien, la majeure partie de ces dernières étant placées de fait en position de faubourg.

Au début du XIIIe siècle, il est plausible que l'octroi de privilèges communaux soit accompagné d'un renforcement des structures défensives de la cité. Bien qu'aucune source écrite n'accrédite cette thèse, il est probable que les murs est et ouest prennent leur caractère militaire à cette époque. Il ne s'agit probablement que d'une palissade en bois percée de portes. La mention de la porte au Berger en 1245 serait la première référence à ces fortifications. Ce n'est toutefois qu'après la prise de la ville par les Anglais en 1346 que sont entrepris la construction d'une enceinte en pierre. Le murs sont surmontés d'un chemin de ronde et flanqués de tours, le tout étant protégé par des fossés ou par des cours d'eau. Les différents ouvrages sont construits entre 1346 et 1354. Au nord, le nouveau mur précédé d'un fossé abrupte, creusé au pied du coteau, se prolonge jusqu'au douve du château dont il est séparé par un mur. Au sud, les « petits murs », larges d'environ 2,10 m[2], sont élevés le long de l'Odon et une muraille est érigée entre le pont Saint-Pierre et le mur oriental à l'emplacement de l'actuel chevet de l'église Saint-Pierre. Le mur oriental est également reconstruit, comme l'atteste une source datant de 1409, et précédé d'un fossé. À l'ouest, un nouveau mur est également dressé, légèrement plus proche de l'église Saint-Étienne-le-Vieux que les ouvrages en terre qui l'ont précédé.

Endommagés lors des sièges de la ville en 1417 et en 1450, cet ensemble d'ouvrage est reconstruit. Après la reprise en main de la ville par les Français, le système défensif est remanié par la construction de deux tours rondes protégeant l'angle nord-ouest (tour Chastimoine) et le flanc nord (tour de Silly) de la ville. L'enceinte prend alors sa forme définitive. Les murs semblent avoir été construits rapidement. Des fouilles menées sur le rempart nord en 1970 ont démontré que ce dernier reposait sur des fondations très peu profondes. L'emploi de ces méthodes de construction peu appliquées expliquerait la rapide détérioration des murailles qui durent être reprises dès le XVIe siècle[3].

Au XVIe siècle, des travaux d'entretien et de réfection sont menés. À la fin des années 1570, la Porte Millet et la Porte au Berger sont réparées. Dans les années 1580, la porte de Bayeux est rénovée et un corps-de-garde est construit pour la protéger. Dans les années 1590, c'est la Porte Saint-Julien qui fait l'objet de travaux[4].

L’île Saint-Jean

Plan de Caen daté de 1705

Le nouveau duc de Normandie Robert Courteheuse, fils du Duc Guillaume fait creuser au début du XIIe siècle un canal entre la Noë (petit bras d’eau) et l’Orne. Afin que cette nouvelle rivière artificielle soit toujours en eau, il fait détourner une partie du cours de l’Orne grâce à la construction d’un barrage nommé la Chaussée Ferrée. Saint-Jean devient ainsi une île. Mais ces cours d'eaux peuvent être traversés à gué pendant l'été. Ainsi en 1343, en prévision d'une attaque de la ville par les Anglais, une palissade en bois est élevée le long des rivières. Cette enceinte n'empêche pas la prise de la ville par Édouard III. L'île Saint-Jean est donc fortifiée à la même époque que Bourg-le-Roi. L'enceinte est également relevée après les sièges de 1417 et 1450.

Au Moyen Âge, le port de Caen est aménagé sur les berges de l’Odon, côté Saint-Jean. Il est protégé par la tour Leroy, sur la rive gauche, et par la tour aux Landais, sur la rive droite, reliées entre elle par une chaîne empêchant des navires hostiles de remonter le cours de la rivière.

Les abbayes

L’abbaye aux Hommes et l’abbaye aux Dames sont fondées au milieu du XIe siècle par le couple ducal. Toutes les deux ont juridiction sur les faubourgs qui les environnent ; ainsi sont formés le Bourg-l’Abbé autour de Saint-Étienne et le Bourg-l’Abbesse autour de la Trinité et de Saint-Gilles. Pendant la Guerre de Cent Ans, la ville est prise et dévastée à plusieurs reprises ; les abbayes subissent également les assauts des belligérants. Les deux bourgs sont alors fortifiés.

Les nouvelles fortifications (Petits Près)

Porte Neuve, construite vers 1590 et détruite en 1798

Les deux ensembles fortifiés de Bourg-le-Roi et de Saint-Jean ne forment pas un ensemble cohérent. Entre les deux agglomérations, un morceau de campagne, les Petits Prés, pénètre jusqu'au cœur de la ville. Pour remédier à cet état de fait, une courtine est construite à partir de 1590 pour relier la porte Saint-Étienne et l’île de la Cercle, appelée ensuite le Champ de foire. Ce rempart s'appuie sur deux bastions élevés l’un près de la porte Saint-Étienne, appelé bastion des Jésuites à partir du XVIIe siècle, l’autre dans la Cercle des Jacobins, nommé bastion de la Foire. Une porte percée dans la courtine, dite porte neuve ou des Près, permettait d'entrée dans la ville depuis la Prairie. Le quartier de la place Royale peut alors être aménagé à l’emplacement des Petits Près entre cette courtine et les enceintes de Bourg-le Roi et de l’île Saint-Jean. Cet espace offre ainsi l’avantage de combler le vide entre la paroisse Notre-Dame et la paroisse Saint-Jean en permettant de sécuriser par la même occasion la chaussé Saint-Jacques, voie de circulation permettant de désengorger le Pont Saint-Pierre. La partie des murailles située désormais à l’intérieur de l’espace urbain devient alors obsolète.

Destruction des enceintes

La destructions des fortifications commence à la fin du XVIIe siècle par les Petits murs, rendus obsolètes par la construction de la courtine. La Tour Saint-Jacques et la Porte des Jacobins sont ainsi détruites pour ouvrir la rue de Bernières.

Mais le mouvement s'accélère dans la seconde partie du XVIIIe siècle quand les édiles et les officiers royaux conçoivent de grands plans d’urbanisme pour aérer la cité médiévale. En 1716, les murs le long des quais entre la tour aux Landais et le pont Saint-Pierre sont abattus ; de l’autre côté de cette tour, les murs soutenus par des terrasses sont arasés et le terrain pavé afin d’élargir la rue des quais[5]. Afin d’aménager la place Saint-Pierre et d’améliorer la circulation générale, notamment sur l'axe Paris – Cherbourg, on détruit le Châtelet en 1755 et la Porte Millet, au sud de l'île Saint-Jean, au début des années 1760. Dans les années 1750 encore, l’intendant de la Généralité de Caen, François-Jean Orceau de Fontette, fait raser une partie des remparts vers le Coignet aux Brebis, extrémité ouest de la place Saint-Sauveur, pour aménager la place Fontette et ouvrir une nouvelle voie d’accès à la ville par l’ouest à travers les jardins de l’Abbaye aux Hommes, la rue Guillaume le Conquérant. La porte Saint-Étienne est détruite en 1758[6]. La Tour Chastimoine est détruite à la fin des années 1780 pour construire le nouveau Palais de Justice. Vers 1750- 1760, la Porte de Bayeux est démolie pour créer la place Saint-Martin et en 1785, la porte Saint-Julien disparait. En 1786, on comble les Fossés Saint-Julien pour les aménager en promenade[N 1]. Les fortifications des deux abbayes sont également démantelées. On aménage les jardins de l’Abbaye aux Hommes en remblayant le terrain pour créer une grande esplanade.

Les destructions continuent tout au long du XIXe siècle jusque dans la première partie du XXe siècle. En mai 1806, la porte des Près est démolie[7]. Sur l’ancienne courtine, est créé l’actuel Boulevard Bertrand. En 1821, les vestiges de l’enceinte de l’Abbaye aux Dames sont également démolies[N 2] En 1830, les Tours du Massacre et Malguéant sont également démantelées. En 1922, le Canal Robert est comblé.

Les vestiges

On peut encore retrouver des traces des différentes enceintes dans le tissu urbain d’aujourd’hui. Pour l'ensemble des points mentionnés sur cette page : voir sur OpenStreetMap (aide), Google Maps (aide), Bing Maps (aide), ou télécharger au format KML (aide).

Nom Géolocalisation Observations Image
Château de Caen 49° 11′ 11″ Nord
       0° 21′ 48″ Ouest
/ 49.186423, -0.363225 (Château de Caen)
Château médiéval. La totalité des constructions et vestiges fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 avril 1997[8].
Porte des Champs
Tour Leroy 49° 11′ 03″ Nord
       0° 21′ 33″ Ouest
/ 49.184256, -0.359083 (Tour Leroy)
La tour Leroy fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 19 avril 1933[9].
Tour Leroy
Tour Saint-Julien 49° 11′ 03″ Nord
       0° 22′ 08″ Ouest
/ 49.184207, -0.368986 (Tour Saint-Julien)
Tour inscrite dans le mur du Collège Pasteur avec les anciennes murailles de la ville qui délimite le sud des fossés Saint-Julien. inscrit fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 13 juin 1927[10].
Tour Saint-Julien
Soubassements d'une tour accolée à l'abside de l'église Saint-Pierre 49° 11′ 02″ Nord
       0° 21′ 37″ Ouest
/ 49.1838958, -0.3602824 (Soubassements d'une tour accolée à l'abside de l'église Saint-Pierre)
Mur de Bourg-le-Roi au pied de l'église Saint-Pierre
Anciennes murailles de la ville au pied de l’église Saint-Étienne-le-Vieux 49° 10′ 52″ Nord
       0° 22′ 11″ Ouest
/ 49.181184, -0.369673 (Anciennes murailles de la ville au pied de l’église Saint-Étienne-le-Vieux)
À l’origine le sol dans ce secteur était plus bas, puisqu’il a été remblayé au XVIIIe siècle.
Mur de Bourg-le-Roi longeant l’église Saint-Étienne-le-Vieux
Tour Puchot 49° 10′ 48″ Nord
       0° 22′ 23″ Ouest
/ 49.179964, -0.372956 (Tour Puchot)
Tour du XIVe siècle, vestige du système défensif de l'abbaye aux Hommes. La tour fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 24 février 1928[11].
Tour Puchot (rue du Carel)
Vestiges du mur de l'abbaye aux Hommes, rue du Carel 49° 10′ 48″ Nord
       0° 22′ 21″ Ouest
/ 49.1799413, -0.3726044 (Mur de l'abbaye aux Hommes, rue du Carel)
Vestiges des remparts de l'abbaye aux Hommes, rue du Carel.
Tour Guillaume 49° 10′ 54″ Nord
       0° 22′ 29″ Ouest
/ 49.181696, -0.374844 (Tour Guillaume)
Tour du XIVe siècle de l’enceinte de l’abbaye aux Hommes dans la cour du Palais Ducal, rue Lebailly. La tour fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 2 mai 1927[11].
Tour Guillaume (rue Lebailly)
Les fossés Saint-Julien aujourd’hui
Odomymes

La trace des fortifications peut également être retrouvée dans le nom des rues :

  • rue Porte-au-Berger ;
  • rue Porte-Millet ;
  • Rrue de la Chaussée-Ferrée ;
  • fossés Saint-Julien ;
  • rue des Fossés-du-Château ;
  • promenade du Fort, référence au bastion des Jésuites.

Les portes et tours

Les portes

Plan de l’abbaye aux Hommes, extrait du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-Le-Duc, 1856

Plusieurs portes permettaient d’entrée dans la ville :

  • Porte du Pont de Darnetal ou Pont Saint-Pierre (fortifié par le Châtelet),
  • Porte de la Boucherie ou Notre-Dame (dans l’actuelle rue de Strasbourg),
  • Porte Saint-Étienne (à proximité de l’église Saint-Étienne-le-Vieux),
  • Porte Arthur ou au Duc,
  • Porte Saint-Martin, du Marché, de Bayeux, Pémagnie[N 3] (vers le Bessin ou la Bretagne) ou Baudry (sur l’actuelle place Saint-Martin)[N 4],
  • Porte Saint-Julien, Calibort[N 5] ou Vilaine,
  • Porte au Berger,
  • Porte du Bac, Saint-Malo ou Saint-Gilles (donnant accès au port),
  • Porte Millet (entre l’île Saint-Jean et Vaucelles),
  • Porte des Prés (sur la courtine construite en 1590, du côté ouest de l’actuelle place Gambetta).

Plusieurs portes, de moindre importance, furent provisoirement construites sur les enceintes de la ville :

  • Porte du Moulin (au bout de la rue Hamon sur l’actuel boulevard Maréchal-Leclerc),
  • Porte des Jacobins (vers le théâtre)
  • Porte de l’île Renaud (vers la Porte Saint-Étienne)
  • Porte des Mineurs (vers l’actuelle clinique de la Miséricorde, anciennement couvent des Cordeliers).

Le Châtelet

Le Châtelet par Georges Bouet
La construction de la porte

Le pont Saint-Pierre était le seul point de passage entre Bourg-le Roi et l’île Saint-Jean. Les personnes voulant traverser la ville était obligées de passer par le pont Saint-Pierre ; depuis le nord, on entrait dans la ville par la porte Saint-Julien, on descendait la rue Cattehoule, ou rue de Geôle, pour arriver au Carrefour Saint-Pierre où l’on rejoignait le flot de circulation en provenance de la grande rue Saint-Pierre qui drainait les flux en provenance de l’ouest entrés dans la ville par la Porte Saint-Martin ; on devait alors traverser le Pont Saint-Pierre, descendre la rue Exmoisine, ou Saint-Jean, franchir la Porte Millet, puis le Pont de Vaucelles avant de se diriger vers l’est par la rue d’Auge ou vers le sud par la rue de Falaise.

En 1203, Jean sans Terre affranchit la commune de Caen qui put se doter d’un beffroi, d’une cloche, d’un sceau et d’un hôtel municipal ; on bâtit alors sur le Pont Saint-Pierre un châtelet logeant l’hôtel de ville. La première mention directe à la maison de ville date de 1307 ; cependant, un texte du début du XIIIe siècle fait référence au parvis pratis de catellione (« pré dessus le castillon »), ce qui semble prouver que le Châtelet existait déjà à cette époque. En 1346, il fut détruit pendant la prise de la ville par Édouard III d'Angleterre et reconstruit immédiatement[12].

La description de la porte

Le Châtelet, était une tour carrée flanquée de quatre tourelles circulaires. Le rez-de-chaussée était ouvert par des arcades afin de permettre le passage des charrois. Dans les deux niveaux supérieurs, on trouvait également des magasins, des lieux de stockage, un corps de garde et un cachot. Son carillon, symbole de la liberté communale, rythmait la vie de la cité. Il était également surnommé, comme à Rouen, le Gros Horloge car sa façade était ornée d’un cadran doré qui marquait les heures et les phases de la lune ; cette horloge monumentale était égayée d'une inscription[13] :

« Puisqu'ainsi la ville me loge
Sur ce pont pour servir d'auloge
Je feray les heures ouïr
Pour le commun peuple esjouïr »

Sur les murs, était également inscrit la devise de la ville : un Dieu – un Roy, une Foy – une Loy.

« De fort ancienne et admirable structure, de quatre estages en hauteur, en arcs-boutans fondez dedans la rivière sur pilotins, laquelle flue par trois grandes arches ; et aux coings de cest édifice et maison sont quatre tours qui se joignent par carneaux, en l’une desquelles (qui faict le befroy) est posée la grosse orloge: ceste quelle maison, pont et rivière, séparent les deux costez de la ville, de façon que les quatre murailles d’icelle commencent, finissent et aboutissent sur ce pont, anciennement appellé de Darnetal, comme il se treuve par certaine chartre, estant au matrologe ou chartrier de la ville, de l’an 1365. »

— Sieur De Bras[14].

La destruction de la tour

Le 11 mai 1754, Loguet, ingénieur de la généralité, dresse un procès-verbal en présence du président du bureau des finances et du procureur du roi dans lequel il constate que le Châtelet est lézardé dans toute sa hauteur ; estimant que le poids du bâtiment affaiblit la structure du pont, il conclut qu'il est nécessaire de le démolir « jusqu'à trois pieds de dessus du pavé dudit pont »[15]. Cette démolition s'inscrit en fait dans le grand plan de François-Jean Orceau de Fontette, intendant depuis 1752, qui souhaite améliorer la circulation dans la ville. Bien que les édiles aient progressivement désertés la maison commune au profit de l'hôtel d'Escoville depuis 1733, ils refusent de démolir ce symbole de leurs libertés communales, mises à mal par la montée en puissance de l'administration royale. Les architectes de la ville produisent une contre-expertise affirmant la solidité de l'ouvrage et la municipalité propose de rénover les façades en s'inspirant du beffroi de l'hôtel de ville de Rennes[15]. Les édiles s'adressent au Daniel-Charles Trudaine, directeur de l'Assemblée des inspecteurs généraux des ponts et chaussées ; ce dernier charge le contrôleur général des finances de trancher. Finalement Jean Moreau de Séchelles confirme la première expertise[15]. Le 3 février 1755, le bureau des finances de Caen déclare[16] :

« attendu qu'il résulte des faits contenus dans les procès verbaux, qu'il est au moins douteux que le pont Saint Pierre soit solide ; que d'un autre côté le passage est trop étroit et dangereux ; que les différens plans produits et proposés par les maire et échevins sont in suffisans pour procurer un élargissement convenable, nous avons ordonné que les bâtimens étant sur ledit pont seront démolis dans trois mois de la signification de la présente, faute de quoi après ledit temps expiré il y sera pourvu ainsi qu'il appartiendra. »

Le 15 mai, le carillon de l'horloge, installée 441 ans plus tôt, sonne pour la dernière fois le Regina cœli[16] et les travaux de destruction commencent[17]. La démolition de la vielle porte, supprimant un point de congestion important sur la route entre Paris et Cherbourg, est achevée en septembre 1755[18].

Le corps de garde du Châtelet, attesté au début du XVIIIe siècle, n'est démoli qu'au milieu du XIXe siècle lors du réaménagement de la place Saint-Pierre[19].

Les tours

Les enceintes étaient hérissées d’une vingtaine de tours dont on connait le nom des principales :

  • Tour Leroy
  • Tour aux Landais, reliée à la précédente par une chaîne pour protéger l’accès au port
  • Tour Lebaski à l’extrémité de la rue Neuve-Saint-Jean
  • Tour au Massacre ou Machart, vers l’angle sud-ouest de la place d’armes
  • Tour Malguéant ou des Moulins de l’Hôtel-Dieu de Caen à proximité de la Porte Millet
  • Tour-ès-Morts, vers l’angle entre la promenade de Sévigné et le cours de Gaulle (rue Paul Toutain)
  • Tour Anzeray
  • Tour Pendant
  • Tour Saint-Jacques
  • Tour de la Boucherie ou Meritain
  • Tour Lourirette
  • Tour Chastimoine
  • Tour Silly ou des Cordeliers
  • Tour Puchot, à l’angle nord-ouest du Château pour protéger la Porte Saint-Julien
  • Tour de la Reine Mathilde, à l’angle sud-est du Château de Caen

La tour Chastimoine

La construction de la tour

La tour Chastimoine était une grosse tour construite en 1458 à l'angle nord-ouest des fortifications à l'emplacement d'une tour ou peut-être d'une porte, dite porte Arthur, minée par Charles VII de France lors de la reprise de la ville aux Anglais en 1450[12]. Elle est construite par le maître-maçon Jehan Erneys en pierre « prinse en la carriere des fossez de la ville »[20]. Elle était à l'origine haute d'environ trente mètres de haut et était divisée en quatre niveaux. En 1522, le niveau supérieur est supprimé pour être remplacé par une plateforme ceinte d'un parapet[20]. À partir de cette date, la tour est donc divisée en trois niveaux :

  • la salle haute, ou salle de la Tour, vaste pièce dans laquelle on pouvait entasser, selon un procès-verbal de visite de 1600, « seize pièces de canon de fonte, plus une petite pièce, cent boulets, trente-et-un barils de poudre à canon en contenant 3164 livres, quatre cent trente-cinq barils de poudre grenue pour l'arquebuse, de grandes pièces de bois, des affûts, etc. » ;
  • la salle du concierge ;
  • la basse-fosse, qui servait de prisons[21].

La tour était édifiée sur un plan en fer à cheval, les différents niveaux étant reliés entre eux par un escalier placé dans la gorge. Dans les murs, épais d'une dizaine de mètres afin de résister aux tirs d'artillerie, étaient aménagées des chambres trapézoïdales permettant de manœuvrer des pièces de canon[20].

La prison

Au XVIIe siècle, la tour perd son usage militaire. À partir de la deuxième partie de ce siècle, la tour commence à être utilisée pour enfermer les aliénés et les nécessiteux. En 1678, on y construit une glacière. Au XVIIIe siècle, la tour est réservée à l'emprisonnement des fous. Selon les échevins, la tour « n'est une prison, mais bien un lieu choisi dans le nombre des fortifications de cette ville et destinée par les officiers du Corps de ville pour servir d'asyle et d'hôpital aux pauvres citoyens dont l'esprit est dérangé qui trouvent dans ce lieu tous les secours qui leur sont nécessaires et qu'ils ne peuvent se procurer d'eux-mêmes ». En réalité, la tour, que les habitants de Caen surnomment la tour-aux-fols, est totalement insalubre. Des rapports officiels – établis en 1785 par un inspecteur général des hôpitaux, un exempt de maréchaussée et un maire de Caen – nous permet de mesurer la cruauté des conditions d'enfermement. Ils décrivent

« des cellules prises dans l'embrasure du mur de la Tour, de largeur en l'entrée de six ou sept pieds, et de trois pieds et demy à l'autre extrémité, vers le jour qui donne du côté du fossé de la ville, ledit endroit de profondeur tout au plus de six à sept pieds, voûté dessus et dessous en pierre[21]. »

Ils signalent également des souterrains

« où l'on descend à vingt-cinq ou trente pieds de profondeur ; là on trouve une cave voûtée qui ne reçoit le jour et l'air que par trois ou quatre lucarnes infiniment étroites, de manière qu'en plein jour on ne peut y voir sans flambeau. Ce lieu est tellement humide que plusieurs fois dans l'année il est inondé, au point que l'on est obligé d'y pomper l'eau, et qu'une pauvre femme déposée à la Tour pour dix jours, en attendant son entrée au Couvent, et qu'on y oublie pendant deux mois, y languit les jambes à l'eau avec les reptiles les plus immondes. Dans l'épaisseur des murs de celte cave sont creusées quatre ou cinq cavités, dans lesquelles on place des prisonniers qui sont véritablement scellés dans le mur, puisque, une fois établis dans ces lieux, la porte par laquelle ils y sont entrés ne s'ouvre plus, et qu'elle est assurée dans le mur au moyen de fers qui y sont scellés. Quand on voulut en faire sortir un malheureux qui y était détenu depuis vingt ans, la porte n'avait été ouverte depuis si longtemps, nous dit qu'il a fallu abattre la serrure et les barres. Au milieu de cette porte est une ouverture carrée, d'environ un pied, par laquelle le prisonnier respire, reçoit ses aliments et rejette ses excréments. Genre de cachot inouï et le plus barbare qu'on puisse concevoir[21]! »

Dans les étages, les fous sont enfermés dans une espèce de cage, que les rapports comparent « aux cabanes roulantes des bergers qui gardent la nuit les moutons en pleine campagne, n'ayant pour tout, pour l'entretien de leur vie, qu'une ouverture semblable à celle pratiquée dans les cachots souterrains »[21].

La destruction

Un arrêt du conseil du 13 juin 1765 prévoit la destruction de la tour et son remplacement par une ou plusieurs glacières, ainsi que par un nouvel hôtel de l'intendance bâti avec les matériaux issus de la tour. L'arrêt n'est pas exécuté[21]. En 1779, les plans dressés par Armand Lefebvre, ingénieur des ponts et chaussées de la généralité de Caen, pour la construction de l'actuelle palais de justice de Caen sont acceptés. Les adjudications pour la construction des prisons et de la salle d'audience du bailliage sont passées en 1781. Un brevet royal du 2 avril 1785 rappelle que la tour « n'offre plus que cachots aussi affreux que malsains, qu'elle tombe en ruines de toutes parts, qu'elle tient à d'anciens murs dont la démolition a été ordonnée, que restant isolée elle formerait l'aspect le plus désagréable , que d'ailleurs elle nuisait aux constructions des nouvelles prisons et des bâtiments destinés aux juridictions, qu'enfin elle est devenue absolument inutile au moyen de l'établissement de la maison de Beaulieu, qui est arrangée pour recevoir les personnes qu'on y renfermait. » Ordre est donc donné de démolir la tour. La destruction de la tour s'avère difficile et les travaux, commencés le 12 octobre 1785, ne s'achève que le 28 novembre 1787. Les matériaux sont réutilisés pour des réparations de bâtiments un peu partout dans la ville[21]. Les prisons des tribunaux sont construites à son emplacement. Quand celles-ci sont démolies en 1906 pour percer la rue Bertauld, les travaux permettent de dégager les fondations de la tour[22]. Lors de la construction en 1908 de la maison à l'angle des rues Bertauld et Saint-Manvieu, le pilier qui recevait par pénétration les huit arcs formant la voûte de la salle basse est ainsi mis au jour[20].

La tour Machard

Tour Machart au début du 19e (François-Gabriel-Théodore Basset de Jolimont)

La tour aurait été construite vers 1350 quand l'île Saint-Jean est entourée d'une véritable muraille après le siège de 1346. Elle occupait l'angle sud-est de l'enceinte. Elle surplombait le confluent de la Petite Orne et du bief du moulin de l’Hôtel-Dieu. C’était la première tour que l'on rencontrait en remontant l'Orne pour entrer dans le port de Caen[23]. Selon Pierre-Daniel Huet, une chaîne tendue entre la tour et la rive gauche de la rivière permettait d’arrêter les navires avant de leur faire payer les taxes[24].

C’était une tour circulaire à laquelle était adjointe une annexe rectangulaire. Une niche ornée d'une statue décorée ce petit bâtiment. Cette statue, dessinée par Georges Bouet en 1842, représentait un personnage vêtu d'une robe longue portant un manteau à capuchon sur les épaules et une épée à la ceinture[23]. Selon François-Gabriel-Théodore Basset de Jolimont, c’était une représentation de la Vierge ou d'un saint protecteur. Selon Pierre-Daniel Huet et Georges Huard, il s'agissait plutôt de Renaud Machard, bailli de Caen de 1341 à 1353. Les autres noms connus de la tour, au Maréchal ou du Massacre, seraient des déformations du nom ce représentant du roi[24].

Située au bout du terrain de l'Hôtel-Dieu, elle servait d'amphithéâtre à l’école de médecine au début du XIXe siècle. Elle est détruite en 1830 au moment du réaménagement du quartier Singer, consécutif au déménagement de l’hôpital dans l'ancienne abbaye aux Dames, afin de percer la rue Neuve-du-Port et la place d'Armes[23]. Des vestiges de cette tour furent en effet mis au jour en 1890 lors de creusement de canalisation dans la rue Neuve-du-Port[25].

Lieux de garnison

Jusqu'au XVIIIe siècle, la ville ne disposait pas de lieux fixes pour abriter les garnisons de soldats. En fonction des besoins les soldats étaient logés chez l'habitant, ce qui n'était pas sans provoquer des tensions. Ainsi en 1514, les lansquenets à la solde de Louis XI provoquèrent un soulèvement populaire[26]. On mentionne encore en 1752 l'Auberge de la place royale qui sert épisodiquement de casernement pour les troupes de passage[27]. Enfin depuis le début du XVIIe siècle, les troupes étaient logés dans les loges de la foire quand celles-ni étaient inoccupées[28].

Les premières casernes sont construites en France sous le règne de Louis XIV. À Caen, il faut attendre la régence de Louis XV. Deux autres casernes sont aménagées au XIXe siècle dans des lieux existants et une dernière caserne est construite au début du XXe siècle au sud de la ville.

Caserne Hamelin

Pont de Vaucelles et caserne Hamelin vers 1902

La première pierre de la caserne de Vaucelles est posée par l’intendant Guynet le 17 mai 1720[5] dans la partie ouest de la petite île au sud de la porte Millet qui prend plus tard le nom d'île des Casernes. Mais les travaux sont tout de suite interrompus et, en 1735, Germain Louis Chauvelin, garde des Sceaux, doit intervenir pour que le jardin des plantes de Caen ne soit pas aménagé sur le terrain avoisinant la place Dauphine[29]. Les travaux reprennent finalement en 1742[30]. En 1785, on décide d'agrandir la caserne sur des terrains achetés à l'Hôpital général[31] ; Louis XVI en pose la première pierre le 26 juin 1786[32]. Guillaume-Martin Couture, architecte du roi, mène les travaux avant que l'adjudication ne soit résiliée par arrêt du Conseil le 14 août 1789[30]. Après une période d'interruption, les travaux reprennent en 1833 sur des plans différent de ceux dressés à l'origine[30] et l'extension est achevée en 1835[12].

À la fin du XIXe siècle, la caserne, rebaptisée en l'honneur de Ferdinand Hamelin, pouvait abriter 1 200 hommes d'infanterie[30]. En 1876, le 36e régiment d’infanterie de ligne s'installe dans la caserne. Seul le troisième bataillon y reste, les deux autres étant transférés dans la caserne Lefebvre (château)[33]. Pendant la Première Guerre mondiale, la caserne est occupée par un hôpital militaire provisoire ; 200 à 300 lits étaient ouverts au HC no 30 Caen qui fonctionna jusqu'au 20 octobre 1919[34]. Dans l'entre-deux-guerres, la caserne fait l'objet d'une demande de protection par arrêté d'inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques[35]. Mais dans la nuit du 7 juin 1944, elle est touchée de plein fouet par les bombardements aériens ; dans la soirée du 18 juin, ce qui restait debout est anéanti par les tirs allemands de bombes SD1 et SD2[36]. Les derniers vestiges sont définitivement abattus en 1946[12].

Quartier Lorge

Article détaillé : Quartier Lorge.

Après la dispersion des sœurs, l'armée s'installe dans l'ancien couvent de la Visitation de Caen. En 1818, la caserne est transformée en dépôt de remonte. Dans les années 1830, des écuries sont construites dans les anciens jardin surplombant l'ancien monastère.

Caserne Lefèvre

Article détaillé : Château de Caen.

Vers 1877, un premier bâtiment de casernement est construit au nord de l'enceinte du château de Caen pour abriter le 36e régiment d'infanterie de ligne. Un nouveau bâtiment est construit pour loger, outre le 36e RI, définitivement fixé à Caen en 1901, un bataillon du 5e RI en 1905 et les compagnies du 129e RI après 1908. Les bâtiments de cantonnement érigés à l'emplacement du donjon sont conçus selon les stéréotypes de l'architecture militaire de l'époque :

  • un rez-de-chaussée avec les lavabos, les cantines et les bureaux des sous-officiers ;
  • deux étages où logent les troupes dans des chambrées de 25-28 hommes ;
  • des combles dans lesquels on installe les réservistes pendant leur période d'instruction ;
  • les niveaux supérieurs étant desservis par quatre escaliers, un par compagnie.

La caserne est occupée par les forces d'occupation allemandes entre 1940 et 1944. Endommagés pendant la bataille de Caen, les bâtiments de la caserne sont détruits lors du réaménagement du château, définitivement remilitarisé à la même epoque.

Caserne de Beaulieu

Cette caserne était située à la Maladrerie en face de l'entrée de la prison (actuel centre pénitentiaire de Caen).

Quartier Claude Decaen

En juillet 1871, la municipalité entame des démarches afin de créer à Caen une école d'artillerie. Le 21 juillet, le ministère de la Défense expose ses conditions en vue d'ouvrir un nouvel établissement dans la ville : la municipalité doit participer financièrement à la hauteur de 10 % et doit approvisionner la future caserne en eau. Le 3 novembre, le conseil municipal se soumet à ses exigences. Cinq ans plus tard, elle acquiert un terrain de 27 ha au lieu-dit de la Guérinière, situé alors sur la commune de Cormelles-le-Royal, dans le but de l'aménager en champ de manœuvres. Puis le projet est abandonné pendant plusieurs décennies. Il est repris en 1909 seulement. On choisit un terrain situé sur les hauteurs de Vaucelles au sud du boulevard Leroy qui marquait alors la limite méridionale de l'espace urbanisé. L'accord entre la ville et les différents ministères est finalement signé en mars 1911[37]. En 1913-1914, une nouvelle voie, baptisée avenue Albert Ier le 12 décembre 1914, est tracé dans le prolongement de la rue du belvédère afin de relier la nouvelle caserne au reste de la ville[38]. Les travaux de la caserne d'artillerie elle-même sont à peine achevés quand la Première Guerre mondiale éclate. La caserne, occupée par le 43e régiment d’artillerie, est ensuite rebaptisée quartier Claude Decaen en l'honneur de Claude Théodore Decaen. Après le départ du régiment, la plupart des bâtiments et le mur d'enceinte sont détruits. Une zone d'aménagement concertée, la ZAC Claude Decaen, a été créée en 1988[39] afin de construire des logements, une maison de retraite, une clinique[40], ainsi que la caserne Le Flem[41],[42]. Un jardin public a été aménagé autour du seul bâtiment qui a été conservé (futur pôle de vie Rive droite).

Notes

  1. En 1798, Victor-Dufour plante les premiers tilleuls et Bénard, jardinier à Vaucelles, ainsi que les “hoquetons” de la ville achèvent son œuvre en 1803.
  2. Extrait de la délibération du Conseil municipal de Caen datant du 28 septembre 1821 : « Le conseil a vu avec satisfaction que tous les plans et projets ont été si bien combinés que l’église de Sainte-Trinité sera rendue tout entière au culte divin, et en qu’en même temps ce monument, remarquable sous le rapport des arts et vénérable par les souvenirs historiques qui s’y rattachent, sera dégagé des masures et constructions inutiles qui en obstruent la vue et l’accès ».
  3. L’orthographe de cette rue différa au cours des siècles et il existe une myriade d’orthographes différentes : Pesmegnie, Paistmaignie, Pestmaisnie, Pestmesnie, Pesmegnie, Pamesine et Pemesgnie. Ce serait le nom d’une famille qui avait son hôtel particulier à l’angle de la place Saint-Sauveur et de la rue Pémagnie.
  4. Elle se trouvait au débouché de la rue Pémagnie dans l’actuelle place Saint-Martin. Toutefois, l’axe actuelle de la rue, dans la perspective de la gare Saint-Martin, ne date que des années 1880-1890 ; on peut retrouver des traces de la première opération d’alignement grâce à la série d’immeubles de facture classique du côté paire de la rue jusqu’au n° 10, alors que côté impair on retrouve l’ancien tracé de la rue au niveau des n°13 et 15.
  5. Calibourg, orthographié aussi Calibort, est l’ancien nom du Faubourg Saint-Julien; on retrouve aujourd’hui encore une rue Calibourg, entre la rue des Cordeliers et la rue de Geôle.

Références

  1. Christophe Collet, Pascal Leroux, Jean-Yves Marin, Caen cité médiévale : bilan d'archéologie et d'histoire, Calvados, Service Département d'archéologie du Calvados, 1996, p. 53
  2. Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, 1933, t. 41, p. 290–292
  3. Ibid., pp. 104-113
  4. Henri Prentout, « La vie et l'œuvre des le Prestre. Maîtres maçons caennais. » dans le Bulletin de la Société des beaux-arts de Caen, Caen, Imprimerie Charles Valin, 1910, 11e volume, pp. 381–397 [lire en ligne]
  5. a et b Journal d’un bourgeois de Caen 1652-1733 [(fr) texte intégral (page consultée le 29 mai 2008)]
  6. Mémoires de l'Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen, Caen, Henri Delesques, 1905, p. 171 [lire en ligne]
  7. Grégoire-Jacques Lange, op. cit., p. 338
  8. Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00111127 » sur www.culture.gouv.fr.
  9. Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00111194 » sur www.culture.gouv.fr.
  10. Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00111141 » sur www.culture.gouv.fr.
  11. a et b Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00111124 » sur www.culture.gouv.fr.
  12. a, b, c et d Christophe Collet, Pascal Leroux, Jean-Yves Marin, op. cit.
  13. Revue des arts décoratifs, 1888–1889, p. 18 [lire en ligne]
  14. Charles de Bourgueville, sieur de Bras, Les Recherches et antiquitez de la province de Neustrie, à présent duché de Normandie, etc., Caen, 1833.
  15. a, b et c Pascal Liévaux, « Les architectes du roi et l'architecture communale des villes atlantiques » dans Hélène Rousteau-Chambon (dir.) Jacques V Gabriel et les architectes de la façade atlantique, Actes du colloque de Nantes du 26-28 septembre 2002, Paris, Éditions Picard, 2004, pp. 179-181
  16. a et b Grégoire-Jacques Lange, Éphémérides normandes, Caen, Imprimerie de Bonneserre, 1833, tome 1, pp. 95–96
  17. Ibid., p. 324
  18. Georges le Vard, « Hôtel le Valois d'Escoville », dans le Bulletin de la société des antiquaires de Normandie, tome XXXIII, Caen, 1918, p. 66
  19. Christophe Collet, Pascal Leroux, Jean-Yves Marin, op. cit., p. 230
  20. a, b, c et d Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, Caen, 1912, tome XXVIII, pp. 192–193
  21. a, b, c, d, e et f Aristide Joly, « Du sort des aliénés en Normandie avant 1789 » dans les Mémoires de l'Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Caen, Caen, Le Blanc-Hardel, 1869, pp. 182–237 [lire en ligne]
  22. Philippe Lenglart, op. cit., p. 117
  23. a, b et c Bulletin de la société des antiquaires de Nornandie, 1915, t. 30, pp. 415–422
  24. a et b Pierre-Daniel Huet, Les origines de la ville de Caen, revues, corrigées & augmentées, Rouen, Maurry, 1706, pp. 45–46
  25. Bulletin de la société des antiquaires de Nornandie, 1891, t. 15, p. 400
  26. Gervais de La Rue, Mémoires d'antiquités locales et annales militaires, politiques et religieuses de la ville de Caen et de la Basse-Normandie, Caen, Mancel, 1842, vol. 2, p. 353
  27. Georges Besnier, « La garnison de Caen au XVIIIe siècle », Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, 1948-1951, t.51, p. 296
  28. Gervais de La Rue, Essais historiques sur la ville de Caen et son arrondissement, Poisson, Caen, 1820, p. 181
  29. Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie, Caen, 5e série, 8e volume, 1905, p. 52 [lire en ligne]
  30. a, b, c et d Guillaume-Stanislas Trébutien, Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1870 ; Brionne, le Portulan, Manoir de Saint-Pierre-de-Salerne, 1970, p. 206
  31. Paul Dartiguenave,Michel Nicolle,Albert Robert, Les enfants de Saint-Louis, Turquant, Éditions Cheminements, 2009, p. 70 (ISBN 2-844787-85-1)
  32. Mémorial de Philippe Lamare, secrétaire de dom Gouget, bénédictin de l'abbaye de Fontenay, 1774-1788 : la vie provinciale en Normandie au XVIIIe siècle, Caen, L. Jouan, 1905, p. 176 [lire en ligne]
  33. Blog du 36 e RI
  34. Forum sur l'histoire du service de santé pendant la guerre 1914-1918
  35. Ministère de la Culture, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Cote conservation 0081/014/0039
  36. Caen et la Seconde Guerre mondiale
  37. Philippe Lenglart, op. cit., p. 62–63
  38. Philippe Lenglart, op. cit., p. 97–98
  39. Caen dessine son futur / Projet de ville 2000-2010, édition ems management & société, Caen, 2000, p.83
  40. [PDF]ZAC Claude Decaen
  41. Ouest-France, édition de Caen, 5 mai 2011 [lire en ligne]
  42. Ouest-France, édition de Caen, 29 août 2011 [lire en ligne]

Bibliographie

  • Christophe Collet, Caen, cité médiévale : bilan d'histoire et d'archéologie, Caen, Caen Archéologie, 1996 (ISBN 2951017502)
  • Gervais de La Rue, Essais historiques sur la ville de Caen et son arrondissement, Caen, 1820 [lire en ligne]

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