Jeux Olympiques Antiques

Jeux olympiques antiques

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Course à pied, amphore panathénaïque du Peintre de Cléophradès, v. 500 av. J.-C., musée du Louvre (F 277)

Les Jeux olympiques sont un concours sportif pentétérique (qui a lieu tous les quatre ans) organisé entre les cités grecques antiques en l'honneur de Zeus Olympien. Ils prennent place pour la première fois en 776 av. J.-C. et perdurent pendant plus de mille ans. On fixe traditionnellement les derniers jeux en 393 ap. J.-C., peu après l'édit de Théodose ordonnant l'abandon des lieux de cultes de la religion grecque.

Les Jeux olympiques sont la première manifestation des jeux panhelléniques qui se déroulent régulièrement en Grèce, avec des cycles de deux ou quatre ans. À partir du VIe siècle av. J.-C. sont créés trois autres concours, l'ensemble constituant la « période » :

Ils nous sont connus principalement par la Description de la Grèce de Pausanias, les vestiges du site archéologique d'Olympie et la peinture sur vases. Ces témoignages renvoient tous à des périodes différentes : Pausanias écrit au milieu du IIe siècle ap. J.-C., alors que le stade d'Olympie date au plus tard de 350 av. J.-C. et que les vases représentant des épreuves athlétiques datent principalement de la fin du VIe siècle av. J.-C. et du Ve siècle av. J.-C. De plus, une partie de ces vases dépeignent en fait les épreuves des Panathénées athéniennes. L'interprétation de ces témoignages doit donc être menée avec précaution. Enfin, l'historien peut s'appuyer sur une reconstitution des jeux Néméens organisée le 1er juin 1996 par la Société pour la renaissance des jeux Néméens, qui a permis de tester en pratique différentes hypothèses.

Sommaire

Origine mythique

Pélops et Hippodamie, Metropolitan Museum

Les Grecs expliquent l'origine des Jeux olympiques par deux mythes concurrents. Dans le premier, conté pour la première fois par Pindare[1], les Jeux sont fondés par le héros Pélops. Parvenu à l'âge adulte, il demande la main d'Hippodamie, fille du roi Œnomaos. Celui-ci a l'habitude d'organiser une course de chars l'opposant aux prétendants de sa fille ; les vaincus sont tués. Treize candidats ont déjà échoué quand Pélops fait sa demande. Le héros fait appel à Poséidon, son ancien éraste, qui lui confie un char en or et des coursiers ailés : Pélops remporte la victoire et la main de la jeune fille. Phérécyde[2] précise qu'Hippodamie, éprise du jeune homme, fait saboter le char de son père, qui se brise pendant la course et cause la mort d'Œnomaos. Pélops institue alors les Jeux olympiques pour expier ce crime, comme le rappelle l'oracle de Delphes dans l'une de ses déclarations[3].

Dans le second mythe, également cité par l'oracle de Delphes[4], Héraclès institue les Jeux en l'honneur de Pélops, son arrière-grand-père. Phlégon, un affranchi d'Hadrien, réconcilie les deux oracles en faisant de Pélops et d'Héraclès respectivement les deuxième et troisième fondateurs des Jeux olympiques, le premier ayant été un certain Pisos, éponyme de Pise en Élide, lieu où se déroulent les Jeux[5]. La version la plus courante associe simplement les Jeux olympiques à Pélops. L'apologiste chrétien Clément d'Alexandrie écrit ainsi au IIIe siècle ap. J.-C. que « ce sont les libations répandues en l'honneur de Pélops que s'approprie, sous le nom de Jeux olympiques, le Zeus de Phidias[6]. »

Histoire


Les premiers Jeux olympiques sont réputés avoir pris place en 776 av. J.-C. sur l'initiative d'Iphitos, roi d'Élide. Pausanias écrit ainsi : « Iphitos, descendant d'Oxylos, et contemporain de Lycurgue, qui donna des lois à Lacédémone, fit célébrer des jeux à Olympie, renouvela les fêtes olympiques, et la trêve dont l'usage avait cessé[7]. » Ces premiers jeux ne comportent qu'une épreuve de course à pied (le stadion), remportée par un certain Coroebos, cuisinier de son état[8].

La date de 776 av. J.-C. marque le début du calendrier olympique, selon lequel les années sont regroupées en olympiades. Ainsi, la victoire grecque de Salamine, en 480 av. J.-C., a lieu pour les Grecs la première année de la 75e olympiade[9]. Les Éléens consignent à partir de cette date le nom des vainqueurs à toutes les épreuves dans des registres que Pausanias mentionne à plusieurs reprises[10] et qui nous sont parvenus ; ils s'arrêtent en 277 ap. J.-C.[11]. Il est vraisemblable que les Jeux aient été encore plus anciens, compte-tenu de l'abondance des offrandes de l'époque géométrique retrouvées à Olympie[12]. Cependant, les Jeux s'installent là parce que le sanctuaire est déjà réputé, et non l'inverse : les cérémonies religieuses précèdent les jeux sportifs, et restent prédominantes dans le programme des Jeux[13].

Les premières olympiades sont assez mal connues. Au VIe siècle av. J.-C., les épinicies (odes de victoire) de Simonide de Céos, Bacchylide et Pindare montrent que les tyrans siciliens apprécient particulièrement les Jeux, et que les vainqueurs proviennent de l'ensemble de l'Hellade[14]. Les témoignages se font ensuite plus rares, jusqu'à ce qu'au IIe siècle av. J.-C., les athlètes prennent l'habitude de faire recenser leurs victoires sur les socles de leurs effigies[15]

À l'époque romaine, les empereurs témoignent un intérêt particulier envers les Jeux. Au Ier siècle ap. J.-C., Néron prend personnellement part à la course de chars[16] et fait élever à Olympie une « maison des athlètes »[17] qui sera achevée par Domitien[18].

En 393, l'empereur Théodose Ier, sous l'influence d'Ambroise, évêque de Milan, ordonne l'abandon des rites et des lieux de culte païens[15]. L'édit signe probablement la fin des Jeux olympiques[19], même si aucun document ne permet de connaître la date des derniers jeux avec certitude[20]. On a longtemps cru qu'à l'époque, le site était déjà semi-détruit suite aux incursions barbares et aux séismes[19]. Les fouilles menées récemment dans la zone sud-ouest du sanctuaire ont révélé qu'Olympie avait été épargnée par l'invasion des Hérules en 267 et que les dégâts causés par le tremblement de terre n'avait été que partiels[21]. En fait, le site est resté prospère aux IIIe et au IVe siècles[21]. Il est possible que la fin des Jeux ne date pas de Théodose Ier, mais de Théodose II († 450)[22].

Organisation

Préparatifs

Ruines du temple de Zeus à Olympie

Élis est la cité sur le territoire duquel se trouve la ville d'Olympie ; elle a donc la charge d'organiser les jeux et joue le rôle du village olympique moderne[23]. Polybe en fait une « nation sacrée », bénéficiant d'une immunité permanente[24], mais on a soupçonné qu'il se contentait là de rapporter une tradition sans fondement[25].

Dix mois avant le début des festivités, les instances qui supervisent les Jeux sont mises en place. Les magistrats les plus importants sont les hellanodices (Ἑλλανοδίκαι [Hellanodíkai]), au nombre de 10 à partir de 348 av. J.-C. Vêtus de pourpre[26], ils sont chargés de surveiller les épreuves et se répartissent en trois collèges, l'un chargé des épreuves hippiques, l'autre des différentes courses à pied et le dernier des autres épreuves[23]. Leurs décisions peuvent être contestées devant le sénat olympique (Ὁλυμπικὴ βουλή [Olumpikế boulế] constitué de 50 membres[23]. Les hellanodices sont formés à leur tâche par des « gardiens des lois » (νομοφύλακες [nomophúlakes], probablement d'anciens vainqueurs olympiques[23]. Ils sont tenus par serment de refuser les pots-de-vin[27].

Parallèlement, la trêve olympique (ἐκεχειρία [ekekheiría]) d'un mois est proclamée par des hérauts qui parcourent toute la Grèce, dans le but d'assurer la sécurité des athlètes et des visiteurs qui se rendent à Olympie[23]. Les contrevenants sont sévèrement punis. Durant la guerre du Péloponnèse, Sparte est condamnée à une très lourde amende de 2000 mines pour avoir violé la trêve en attaquant un fort et en envoyant des hoplites à Lépréon, un village d'Élide. Comme les Spartiates refusent de payer, les Éléens les excluent des Jeux[28]. En 384 av. J.-C., un dénommé Phrynon est attaqué par les troupes de Philippe II de Macédoine alors qu'il se rend aux Jeux. Alerté, Philippe lui rend tout ce que ses soldats lui ont dérobé ainsi qu'une compensation, et lui demande d'excuser ses troupes qui, selon lui, ignoraient qu'il s'agissait du mois sacré[29].

L'annonce sert également de convocation pour les athlètes, qui sont tenus d'arriver à Olympie au moins un mois avant les Jeux : un athlète en retard doit prouver qu'il a été retenu par la maladie, les pirates ou un naufrage, faute de quoi il est frappé d'une amende[30]. Ainsi, en 93 av. J.-C., un certain Apollonios d'Alexandrie se voit reprocher d'avoir trop tardé pour venir ; l'athlète prétexte des vents contraires, mais l'un de ses compatriotes démontre qu'en réalité, il a pris part à des jeux publics en Ionie par appât du gain : Apollonios est exclu des épreuves[31]. Le mois avant les Jeux est obligatoirement consacré à l'entraînement, les athlètes se mesurant les uns aux autres.

Installations sportives

Vue de l'ancien stade d'Olympie

Élis et Olympie sont distantes de 36 kilomètres environ à vol d'oiseau[32]. Le résultat des fouilles ne permet pas une très bonne connaissance d'Élis antique, qui est donc principalement connue par la description qu'en fait Pausanias lors de sa visite de la ville[33]. Celui-ci mentionne un gymnase comportant une piste de compétition et une piste d'entraînement, tous deux ombragés de platanes, ainsi qu'un endroit appelé πλέθριον [pléthrion], qui sert aux hellanodices à examiner les athlètes et à effectuer les tirages au sort. Un deuxième gymnase, plus petit, est appelé « tétragone » (carré) en raison de sa forme ; il est réservé à l'entraînement des athlètes. Un troisième accueille le sénat des Éléens ; il est relié aux thermes et à l'agora, qui porte le nom d'hippodrome, parce que les Éléens ont l'habitude d'y entraîner leurs chevaux. Le bâtiment des hellanodices se trouve sur la rue qui va du portique sud à l'agora.

Olympie est une ville consacrée aux jeux. Pour autant, elle n'est pas déserte hors des compétitions : les sanctuaires accueillent des touristes et des pélerins. Un personnel spécialisé (sacrificateur, joueur de flûte, danseurs, cuisinier, préposé au bois) est en permanence à la disposition de ces derniers pour les sacrifices. De la main d'œuvre supplémentaire est embauchée spécialement pour les jeux[34], en particulier pour remettre en état les installations : le stade sert de pâturage ou de terre de labour hors saison ; il faut l'aménager pour les épreuves. Il faut ainsi nettoyer la ligne de départ (βαλϐίς [balbís]), constituée en pierre légèrement surélevée et creusée de deux sillons pour caler la pointe des pieds[35]. Le dispositif de départ à proprement parler (ὕσπληγξ [hýsplex] est une sorte de barrière en corde abaissée au moment du signal du départ ; son installation est temporaire[36]. La bálbis sert probablement aussi de planche pour le saut en longueur et de base pour les lancers, disque et javelot[37]. Le stade comporte également à chaque extrémité un poteau unique autour duquel les coureurs doivent tourner dans les courses longues. Au nord, une tribune rectangulaire en pierre accueille les hellanodices[38]. À l'ouest, un tunnel voûté, que Pausanias appelle l'« entrée Cachée » (Κρυπτὴ ἔσοδος [kruptề ésodos])[39], permet aux athlètes d'entrer dans le stade. La piste à proprement parler est retournée, arrosée puis damée à l'aide de rouleaux compresseurs, avant d'être blanchie à la chaux. La piste du saut en longueur est également ameublie. L'hippodrome se trouve dans une zone qui n'a pas été fouillée ; on ignore tout de cette installation, y compris sa longueur et sa largeur[40].

Cérémonies d'ouverture

Ruines du bouleutérion d'Olympie

Trois jours avant l'ouverture des Jeux, les athlètes, leur entourage et les magistrats se rendent en procession à Olympie. Les hellanodices se livrent peu avant l'arrivée à une purification rituelle, puis le cortège se rend au bois de l'Altis, emplacement du sanctuaire de Zeus, pour une hécatombe accompagnée de chants sacrés, puis de musique et de danse.

À cette date, les spectateurs sont déjà présents en nombre, formant un véritable village de tentes autour de l'enceinte sacrée. Les Jeux sont en effet l'occasion d'une sorte de foire où les spectateurs peuvent se faire prédire l'avenir, acheter des babioles, admirer des tours de magie et des acrobaties[41]. Le public peut également contempler les œuvres de peintres et sculpteurs venus dans l'espoir de trouver des commanditaires, et écouter l'un des nombreux sophistes ou écrivains venant déclamer leurs dernières œuvres — ainsi d'Hérodote Gorgias, Lysias et Isocrate, dont le Panégyrique est composé spécialement pour l'occasion[42]. Si les esclaves et Barbares peuvent assister aux Jeux, les femmes en sont exclues[43]. Pausanias précise que l'interdiction vise les seules femmes mariées, mais cela paraît peu probable : il aurait fallu chaperonner les jeunes filles et les femmes non mariées[44]. Sans doute confond-t-il avec la participation des jeunes filles aux épreuves sportives des Héraia, réservés aux femmes, qui ont lieu non loin, à Élis.

Vue de l'exèdre où se tiennent les hellanodices pour surveiller le stade

Après le sacrifice, les athlètes prêtent le serment olympique devant la statue de Zeus Horkios (garant des serments), située dans le bouleutérion. Ils jurent, dit Pausanias, « qu'ils ne violeront en rien l'ordre établi dans les Jeux olympiques (…), qu'ils se sont exercés avec le plus grand soin durant dix mois sans interruption[45]. » À l'époque romaine, ils demandent à Zeus de leur accorder « la couronne ou la mort » et invoquent la protection d'Héraclès[46]. Ils sont ensuite classés par tranche d'âge par les hellanodices : ceux qui sont âgés de 17 à 19 ans forment la catégorie des garçons (παῖδες), ceux qui sont âgés de 20 ans et plus celle des hommes (ἄνδρες [ándres])[27]. Les juges s'appuient dans leur choix sur le témoignage de l'athlète, de son entraîneur et de ses parents ; ils peuvent également classer d'autorité dans la catégorie supérieure des jeunes gens dont la constitution est déjà celle d'un homme fait[27]. Suivent ensuite les premières épreuves, qui visent à choisir le meilleur trompette et le meilleur héraut. Ils seront chargés, respectivement, de faire taire la foule par une sonnerie, puis de faire les annonces publiques : épreuve à venir, nom des concurrents, etc.

La veille des Jeux, une procession se rend du prytanée, où résident les hellanodices, au foyer d'Hestia. De nouveaux sacrifices ont lieu, puis le héraut annonce au public le nom du propriétaire des chevaux et des athlètes qui prendront part aux concours, ainsi que celui de leur père et de leur cité de naissance. Le public doit vérifier que les concurrents ont bien la capacité de prendre part aux épreuves : ils doivent être grecs, citoyens à part entière (et non en exil), et ne pas être accusés de meurtre ou de sacrilège[47]. Ainsi, Hérodote raconte qu'Alexandre Ier de Macédoine, voulant concourir à la course, voit son hellenité contestée par ses rivaux : après avoir prouvé qu'il est argien, il est admis par les hellanodices[48].

Les Jeux débutent toujours à la deuxième pleine lune qui suit le solstice d'été.[49] Ils durent sept jours[50] et, depuis la réorganisation de 472 av. J.-C., les épreuves sportives s'étalent sur les cinq derniers jours[51]. Aucun texte ne fournit l'ordre exact des épreuves[51] ; on prend ici comme année de référence l'an 300 av. J.-C.[52]

Épreuves

Épreuves hippiques

Quadrige passant la borne à l'extrémité de la piste, amphore pseudo-panathénaïque du Peintre d'Euphilétos, v. 500 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen (Inv. 1452)

Les épreuves sportives commencent par les courses de chevaux (ἱππικοὶ ἀγῶνες [hippikoì agỗnes]). La première est la course de quadriges (τέθριππον [téthrippon]), durant laquelle l'attelage doit parcourir 12 tours de piste, soit environ 14 000 mètres[53]. La compétition n'est pas très sportive puisque, à quelques exceptions près[54], tous les propriétaires font courir un jockey (le plus souvent un esclave) à leur place[53] : tout au plus la victoire démontre-t-elle que le propriétaire a la faveur des dieux, qu'il est assez riche pour se payer des chevaux de course, et suffisamment perspicace pour engager un bon jockey[55].

Selon Xénophon[56] et Plutarque[57], le roi de Sparte Agésilas II incite sa sœur Cynisca à aligner son propre quadrige pour prouver que la victoire tient non pas à la vertu virile (ἀνδραγαθία [andragathía]), mais à la seule richesse. Les chevaux de Cynisca remportent par deux fois la course, en 396 av. J.-C. et en 392 av. J.-C.[58]. Si elle ne peut recevoir son prix en personne, du fait de l'interdiction pour les femmes d'assister aux épreuves, sa statue est ensuite érigée dans le sanctuaire d'Olympie, avec cette inscription :

« 

Mes ancêtres et mes frères furent rois de Sparte.
Moi, Cynisca, vainqueur avec un char de chevaux rapides,
j'ai érigé cette statue. Je déclare être la seule femme
de toute la Grèce à avoir reçu cette couronne[59].

 »

Les épreuves hippiques comprennent également une course de chars à deux chevaux (συνωρίς [sunóris]), qui remonte au début du IVe siècle av. J.-C. ; elle comporte huit tours de piste, soit 9 500 mètres environ. La course montée (κέλης [kélês]) est plus ancienne. Là encore, les cavaliers ne sont pas les propriétaires : ce sont de jeunes jockeys qui montent à cru – sans selle ni étriers. Il arrive donc que le cheval remporte la course après avoir perdu son cavalier[60].

Enfin, des épreuves similaires, mais réservées aux poulains, sont créées peu avant 300 av. J.-C. pour le quadrige, en 268 av. J.-C. pour le bige et en 256 av. J.-C. pour la course montée[61]. Il revient aux hellanodices de classer les chevaux dans chaque catégorie.

Épreuves gymniques

Course en armes, amphore à col du Peintre de Berlin, v. 480-470 av. J.-C., musée du Louvre (CA 214)

Les autres épreuves sont qualifiées de « gymniques » (γυμνικοί ἀγῶνες [gumnikoí agỗnes]) c'est-à-dire, au sens propre, « nues », parce que les athlètes y concourent complètement nus (y compris la tête et les pieds), comme c'est la norme pour la pratique sportive en Grèce antique depuis le VIIIe siècle av. J.-C.[62] Thucydide attribue l'introduction de cette pratique aux Spartiates[63] et la présente curieusement comme un progrès par rapport à l'usage antérieur, hérité des Minoens, consistant à porter une sorte de caleçon moulant.

Les athlètes se frictionnent tous d'huile, invention attribuée là encore aux Spartiates[63]. Il s'agit très probablement d'échauffer les muscles avant l'effort[64] ; des participants à la reconstitution des jeux Néméens en 1996 ont également témoigné que l'huile limitait la déperdition d'eau pendant l'épreuve[26].

La première des épreuves gymniques est le pentathlon, qui se déroule sur le stade. La discipline en regroupe cinq, dans l'ordre : le lancer du disque, le lancer du javelot, le saut en longueur, la course à pied et la lutte. Toutes les épreuves ont lieu durant la même journée. Nous ignorons comment le vainqueur est déterminé, même s'il est certain que le vainqueur de trois des épreuves remporte l'ensemble[61] et que les candidats qui d'emblée se révèlent les plus faibles sont exclus de l'épreuve finale[65]. Le soir de cette première épreuve, nuit de pleine lune, une hécatombe est offerte sur l'autel de Zeus, entièrement constitué des cendres et restes calcinés des sacrifices de l'année[66].

La première course est le δολιχός [dolikhós], une course de fond que l'on retrouve dans toutes les compétitions sportives[67]. À Olympie, elle est longue de 24 stades, soit 4200 à 4500 mètres[68]. Elle est suivie d'une épreuve particulière aux Jeux olympiques, le στάδιον [stádion] qui, comme son nom l'indique, est longue d'un stade — celui d'Olympie mesure 192 mètres. C'est la course la plus courte du sport grec, qui ne connaît pas le 100 mètres moderne[67]. Elle est l'épreuve reine des jeux : le vainqueur donne son nom à l'olympiade[69]. Selon Pausanias, les concurrents sont parfois si nombreux qu'il est nécessaire de procéder à deux courses éliminatoires[70]. Le stadion est suivi par le δίαυλος [díaulos], une course longue de deux stades.

Scène de pancrace : un arbitre punit avec un fouet un athlète qui tente de crever l'œil de son adversaire, kylix du Peintre de la Fonderie, v. 490-480 av. J.-C., British Museum (E 78)

Après les courses, on passe aux épreuves dites « lourdes » (βαρέα ἆθλα [baréa ãthla], pour lesquelles est nécessaire une aire spéciale (σκάμμα [skámma]), dont la terre a été ameublie. La première est usuellement la lutte (πάλη [pálê]), sport très populaire qui a donné son nom à la palestre (παλαίστρα [palaístra]), c'est-à-dire le complexe d'installations sportives dont chaque cité est dotée[71]. Le but est de projeter son adversaire au sol sans y être entraîné soi-même ; le match se dispute au meilleur des trois manches. Suit ensuite le pugilat (πὐξ [púx] ou πυγμαχία [pugmakhía]), qui s'apparente à la boxe anglaise du XVIIIe siècle. Elle consiste à mettre KO l'adversaire (ou à le faire abandonner) en un round unique ; les coups sont portés presque uniquement à la tête, ce qui favorise la garde haute, bras tendu[72]. La dernière épreuve est le pancrace (παγκράτιον [pankrátion]), un sport très brutal qui recherche également la mise hors de combat de l'adversaire, sans autre interdiction que de mettre les doigts dans les yeux de l'adversaire[73].

La course en armes (ὁπλίτης δρόμος [hoplítês drómos]) clôt les Jeux olympiques. Les coureurs portent un bouclier au bras gauche, un casque et, jusqu'en 450 av. J.-C., des cnémides ; ils parcourent deux stades[67]. On ignore la raison de l'inclusion au programme de cette curieuse épreuve, qui existe également à Némée, Athènes et Platées[67]. Elle apparaît relativement tard, en 520 av. J.-C., soit un siècle après les autres épreuves gymniques, ce qui ne s'accorde guère avec l'hypothèse selon laquelle elle serait un vestige d'un temps où l'athlétisme préparerait à la guerre[74].

Honneurs et récompenses

Athlète nouant le bandeau de la victoire : le Diadumène Farnèse, British Museum

Les premiers honneurs sont décernés après chaque épreuve. Le nom du vainqueur est proclamé par le héraut en même temps que le nom de son père et celui de la ville pour laquelle il concourt[69]. Il reçoit le bandeau de la victoire et une palme, suite à quoi il effectue un tour d'honneur sur la piste, tandis que la foule l'acclame et lui jette des fleurs[68]. Seul le premier a droit aux honneurs ; les Grecs n'accordent aucune distinction aux athlètes arrivées deuxième et troisième[69].

Le véritable prix est remis le dernier jour des Jeux, devant le temple de Zeus : les athlètes vainqueurs ou « olympioniques » reçoivent une couronne d'olivier sauvage des mains des hellanodices[75]. Les branches proviennent des oliviers sacrés du temple et ont été coupées avec une faucille en or par un jeune garçon dont les deux parents sont encore en vie[76]. La cité d'Élis offre ensuite un banquet au prytanée à l'ensemble des vainqueurs[77]. Comme pour tous les jeux grecs, les athlètes victorieux (et fortunés) peuvent commander à un poète une ode de victoire ou épinicie, célébrant son exploit, qui sera chantée par un chœur durant le banquet[14]. Nous avons ainsi conservé quatorze odes aux vainqueurs olympiques de Pindare et quatre de Bacchylide. Ils peuvent également faire ériger dans le sanctuaire de Zeus une statue à leur effigie.

Chacun des vainqueurs, revenu dans sa cité, reçoit une récompense monétaire, une rente ou des exemptions diverses. À Athènes, le vainqueur olympique (Ὀλυμπιονίκης / Olumpioníkês) est entretenu jusqu'à la fin de ses jours au Prytanée[78] ; il reçoit également une récompense plafonnée par Solon à 500 drachmes[79]. Une autre cité n'hésite pas à abattre une partie de ses murailles pour faire entrer son champion par une porte par laquelle nul autre n'est jamais passé auparavant[80].

La gloire que s'attire une cité qui peut s'enorgueillir d'un ou plusieurs champions olympiques est considérable. Comme à l'époque moderne, il importe pour les cités majeures de revendiquer le plus grand nombre de victoires possibles. À cet égard, Sparte se taille la part du lion : le premier champion spartiate connu remonte à la XVe olympiade (720 av. J.-C.) ; sur 81 champions connus de cette date à 576 av. J.-C., 46 sont Spartiates, dont 21 sur 36 vainqueurs du stadion[81]. En revanche, Athènes est beaucoup moins bien lotie avec seulement 18 champions de 776 av. J.-C. à 399 av. J.-C.[82]

Bases des Zanes, statues de Zeus financées par les amendes payées par les athlètes ayant proposé ou reçu des pots-de-vin

Le chauvinisme sportif pousse parfois à des manœuvres douteuses : il arrive qu'un athlète soit débauché par une cité autre que celle dont il est originaire. Ainsi, un certain Astylos, champion du stadion et du diaulos pour le compte de Crotone, sa ville natale, en 488 av. J.-C., puis pour le compte de Syracuse les deux olympiades qui suivent ; furieux, les Crotoniates retirent la statue qu'ils lui avaient dédié dans le sanctuaire de Junon Lucinia et transforment sa maison en prison[83]. Les Syracusains récidivent en 170 av. J.-C. : ils tentent de convaincre le père d'un jeune athlète originaire de Milet de se proclamer natif de leur cité. Le père refuse l'offre, préfèrant être le premier Ionien à consacrer une statue à Olympie[84].

Il arrive également que les athlètes se laissent corrompre malgré le serment qu'ils ont prêté. Ceux qui sont convaincus de corruption sont condamnés à payer une amende. Pausanias mentionne deux groupes de six statues de Zeus en bronze, les Ζᾶνες / Zãnes, financées par ce moyen ; elles se situent près du stade, sur le trajet des athlètes, et sont chargées de leur rappeler que « ce n'est pas à prix d'argent, mais par la légèreté des pieds et la vigueur du corps qu'on doit mériter la victoire à Olympie[85]. »

Des jeux antiques aux jeux modernes

Lampadédromie (relais de flambeaux), œnochoé attique du IVe siècle av. J.-C., musée du Louvre

Pierre de Coubertin, quand il s'efforce de remettre sur pied les Jeux olympiques, s'inspire des jeux de l'Antiquité pour définir l'idéal olympique. Il s'appuie sur l'historiographie de l'époque, marquée par les travaux de John Mahaffy, Paul Shorey, Percy Gardner et E. Norman Gardiner. Ce dernier défend la thèse selon laquelle les athlètes étaient originellement de riches aristocrates, concourant pour la beauté du sport[86]. Cet idéal se serait ensuite corrompu pour laisser place, au début du IVe siècle av. J.-C. à des athlètes professionnels, gagnant leur vie par la compétition. Cette image idéalisée a été contestée par des historiens plus récents, qui mettent en avant les sommes importantes que pouvaient gagner les champions, et ce dès le début des compétitions sportives grecques[87].

De fait, les Jeux olympiques modernes n'ont, dès leur création, que peu à voir avec les Jeux antiques. Le concept de flamme olympique n'existe pas en Grèce antique : la lampadédromie ou relais de flambeaux, qui s'en rapproche le plus, est un rituel religieux organisé dans le cadre de certaines festivités — d'abord les Panathénées, les Héphaisties et les Prometheia[88] —, mais qui ne fait pas partie du programme gymnique[89]. En outre, les courses sont strictement locales à une cité[89]. De même, les Jeux antiques ont toujours lieu à Olympie, contrairement aux Jeux modernes, qui changent de site à chaque fois.

Le programme des épreuves des Jeux antiques se stabilise au VIe siècle av. J.-C., puis reste inchangé jusqu'à la fin. Beaucoup de disciplines des Jeux actuels sont inconnues des anciens Grecs, ou du moins ne font pas partie des principaux jeux[89]. En particulier, ils ne courent pas sur des distances aussi longues que le marathon ; l'épreuve se rattache simplement à la légende de Phidippidès, qui parcourt les 42 kilomètres qui séparent Marathon d'Athènes pour annoncer la victoire grecque[90]. Les Grecs ne pratiquent pas non plus d'épreuve par équipe[91].

Enfin, le plaisir de participer est étranger à l'idéal grec, pour lequel seule vaut la victoire[92] – « la couronne ou la mort », comme le demandent les athlètes à Zeus[46]. Les historiens M. I. Finley et H. W. Pleket écrivent ainsi : « c'était l'« esprit » olympique, l'olympisme tel que [Pierre de Coubertin] le concevait, qui devait servir son dessein, et non la réalité des Jeux olympiques de l'Antiquité[89]. »


Notes et références

  1. Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne] (Olympiques, I, 67-100).
  2. FGrH 3F37a.
  3. « [Pélops] institua des festivités et un concours pour la mort d'Œnomaos » ; cité par Nagy, p. 74.
  4. « …Héraclès, le fils d'Amphitryon (…) établit les festivités et le concours pour la mort de Pélops, fils de Tantale » ; cité par Nagy, p. 74.
  5. Phlégon, FGrH, 257F1.
  6. Clément d'Alexandrie, Exhortation aux Grecs (Protreptique) [lire en ligne] (II, 34, 1). Extrait de la traduction de Claude Mondésert revue par André Plassart, Sources chrétiennes, 2004.
  7. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] (V, 4, 5). Extrait de la traduction de Clavier, 1821.
  8. Pausanias, VIII, 26, 4.
  9. Exemple donné par Flacelière, p. 259.
  10. Notamment V, 8, 3.
  11. Sinn, p. 219. Il existe des registres plus anciens et une liste établie par Hippias d'Élis et revue par Aristote, mais ils été perdus ; Finley et Pleket, p. 30.
  12. Helmut Kyrieleis (trad. Aude Virey-Wallon), « Les fouilles allemandes à Olympie », dans Alain Pasquier (dir.) Olympie, p. 59.
  13. Finley et Pleket, p. 38.
  14. a  et b Finley et Pleket, p. 31.
  15. a  et b Finley et Pleket, p. 32.
  16. Suétone, Vie des douze Césars, Néron, XXIV, 4.
  17. Sinn, p. 224-225.
  18. Sinn, p. 228.
  19. a  et b Finley et Pleket, p. 33.
  20. Miller, p. 100, n. 1.
  21. a  et b Sinn, p. 229.
  22. Sinn, p. 231.
  23. a , b , c , d  et e Miller (2001), p. 81.
  24. Polybe, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] (IV, 73, 9-10).
  25. Histoires, p. 430;, n. 170, édition de Denis Roussel pour Gallimard, 2003.
  26. a  et b Miller (2001), p. 93.
  27. a , b  et c Miller (2001), p. 86.
  28. Thucydide (V, 49).
  29. Démosthène, Sur la fausse ambassade, hypoth., 335.
  30. Miller (2001), p. 82.
  31. Pausanias, V, 13.
  32. Miller (2001), p. 79.
  33. Miller (2001), p. 80. La description de Pausanias se trouve aux chapitres 23 et 24 du livre VI.
  34. Corpus des inscriptions de Delphes 2.139 = Miller (1991) no 60.
  35. Miller (2001), p. 83.
  36. Miller (2001), p. 84.
  37. Marrou, p. 184.
  38. Miller (2001), p. 109, fig. 1.
  39. Pausanias (VI, 20, 8).
  40. Miller (2001), p. 87-88.
  41. Voir par exemple la description que donne Dion Chrysostome (VIII, 9-12) des jeux Isthmiques en 359 av. J.-C.. Cité par Miller (2001), p. 85.
  42. Flacelière, p. 259.
  43. Pausanias (V, 6, 7 et VI, 20, 9)
  44. Pomeroy, p. 22, n. 22.
  45. Pausanias (V, 24, 9).
  46. a  et b Finley et Pleket, p. 39-40.
  47. Miller (2001), p. 87.
  48. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] (V, 22).
  49. Miller (1975), p. 225 et Miller (2001), p. 79.
  50. Flacelière, p. 260.
  51. a  et b Finley et Pleket, p. 60, note.
  52. On suit ici Miller (2001), p. 85.
  53. a  et b Miller (2001), p. 88.
  54. Par exemple Hérodote de Thèbes, comme en témoigne Pindare (Isthmiennes, I, 14-15).
  55. Pomeroy (1997), p. 93.
  56. Agésilas (IX, 6).
  57. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne] (Agésilas, XX, 1) et Apophtegmes lacédémoniens (Agésilas, 49).
  58. Pomeroy (2001), p. 321.
  59. Anthologie palatine (XIII, 16) = Inscriptiones Græcæ (V, 1, 1564a).
  60. Pausanias (VI, 13, 9).
  61. a  et b Miller (2001), p. 89.
  62. Marrou, p. 190.
  63. a  et b Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse [détail des éditions] [lire en ligne] (I, 6, 4-6).
  64. Marrou, p. 191-192
  65. Miller (2001), p. 91.
  66. Miller (2001), p. 92.
  67. a , b , c  et d Marrou, p. 182.
  68. a  et b Miller (2001), p. 94.
  69. a , b  et c Miller (2001), p. 95.
  70. Pausanias (VI, 13, 4).
  71. Marrou, p. 185.
  72. Marrou, p. 186.
  73. Le caractère autorisé ou non de la morsure est controversé : Marrou penche pour l'affirmative (p. 186), Miller (2001) pour la négative (p. 98).
  74. Miller (2001), p. 98.
  75. Pausanias (VIII, 48, 2) ; Lucien de Samosate, Anacharsis (9).
  76. Scholie du vers 60 de la Troisième Olympique de Pindare. Citée par Miller (2001), p. 99.
  77. Pausanias (V, 15, 12).
  78. Platon, Apologie de Socrate [détail des éditions]  (36d).
  79. Plutarque, Vie de Solon (23, 3).
  80. Flacelière, p. 260.
  81. Marrou, p. 42-43.
  82. D'après le décompte de L. Moretti.
  83. Pausanias (VI, 13, 1).
  84. Pausanias (VI, 2, 6).
  85. Pausanias (V, 21, 2-24)
  86. Voir ses deux principaux ouvrages, Greek Athletic Sports and Festivals (Sports et festivités athlétiques grecs, Londres, 1910) et Athletics of the Ancient World (L'Athlétisme dans le monde antique, Oxford, 1930).
  87. Voir David C. Young, The Olympic Myth of Greek Amateur Athletics, Chicago, 1984.
  88. Daremberg et Saglio, article « Lampadedromia » du Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, [lire en ligne].
  89. a , b , c  et d Finley et Pleket, p. 19.
  90. Finley et Pleket, p. 19.
  91. Finley et Pleket, p. 50.
  92. Finley et Pleket, p. 48-49.

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Moses Finley et H.W. Pleket (trad. Cécile Deniard), 1000 ans de Jeux olympiques (The Olympic Games: The First Thousand Years), Perrin, Paris, 2004 (édition originale 1976) (ISBN 2-262-02144-9).
  • Robert Flacelière, La Vie quotidienne en Grèce au temps de Périclès, Hachette, Paris, 1988 (1re publication 1959) (ISBN 2-01-005966-2).
  • Henri-Irénée Marrou, Histoire de l'éducation dans l'Antiquité. I : le monde grec, Seuil, coll. « Points », Paris, 1981 (1re publication 1948) (ISBN 2-02-006014-0).
  • Stephen G. Miller :
    • (en) Miller (1975) : « The Date of Olympic Festivals », Ath. Mitt. no 90 (1975), p. 215-231.
    • (en) Miller (1991) : Arete: Greek Sports from Ancient Sources, University of California Press, Berkeley, 1991 (ISBN 0-520-24154-1).
    • Miller (2001) : (trad. Lydie Échasseriaud), « Organisation et fonctionnement des Jeux olympiques », dans Alain Pasquier (dir.) Olympie, actes du cycle de conférences organisées au musée du Louvre du 18 janvier au 15 mars 1999, la Documentation française et le musée du Louvre, Paris, 2001 (ISBN 2-11-004780-1), p. 75-125.
  • (it) Luigi Moretti, Olympionikai, i vincitori negli antichi agoni olimpici, Atti della Accademia Nazionale dei Lincei Serie VIII, Classe di Scienze morali, storiche e filologiche, vol. VIII, fasc. 2, Rome, 1959.
  • (en) Gregory Nagy, « Pindar's Olympian 1 and the Ætiology of the Olympic Games », dans Transactions of the American Philological Association, vol. 116 (1986), p. 71-88.
  • Sarah B. Pomeroy :
    • (en) Pomeroy (1997) : Families in Classical and Hellenistic Greece. Representations and Realities, Oxford University Press, Oxford, 1997 (ISBN 0-19-815260-4),
    • (en) Pomeroy (2002) : Spartan Women, Oxford University Press, Oxford, 2002 (ISBN 0-19-513067-7).
  • (de) Ulrich Sinn (trad. Aude Virey-Wallon), « Olympie, centre d'artisanat chrétien », dans Alain Pasquier (dir.) Olympie.
  • (en) Ulrich Sinn, Olympia: Cult, Sport, and Ancient Festival, Markus Wiener, Princeton, 2000 (ISBN 1-558-76240-X).

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