Menelik II


Menelik II

Ménélik II d'Éthiopie

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ዳግማዊ ምኒልክ
Ménélik II
Negusse Negest d'Abyssinie
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Règne
3 novembre 1889 - 12 décembre 1913
Sacre 3 novembre 1889
(Entoto Mariam)
Dynastie Dynastie Salomonide
Titre complet Roi des Rois d'Éthiopie, Lion conquérant de la Tribu de Judah, élu de Dieu
Prédécesseur Yohannès IV
Successeur Iyasou V

Autres fonctions
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Biographie
Nom de naissance Sahle Maryam
Naissance 19 août 1844
Ankober, Abyssinie
Décès 12 décembre 1913
Addis Abeba,
Abyssinie
Père Negus Haile Malakot
Mère Woizero Atitegeb Wondbewossen
Consort(s) Taytu Betul
Descendance Zaoditou I
Shoaregga
Wossen Seged

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Empereur d'Éthiopie

Ménélik II d'Éthiopie (Ge'ez: ዳግማዊ ምኒልክ, dägmawi Menilek en amharique, Prononciation du titre dans sa version originale) (19 août 1844 - 12 décembre 1913), né sous le nom de Sahle Maryam, est un Prince, Negus du Choa de 1866 au 3 novembre 1889 puis Negusse Negest d'Abyssinie du 3 novembre 1889 au 12 décembre 1913. Son règne est marqué par des politiques de modernisation et des campagnes d'expansion territoriale modifiant considérablement la superficie de l'Empire et donnant au pays sa forme actuelle. Menelik II reste célèbre, au-delà des frontières éthiopiennes, pour avoir remporté la bataille d'Adoua en 1896 face aux Italiens. Cette victoire est relatée dans la presse internationale consacrant la stature internationale du Roi des Rois et faisant de son Empire le symbole du maintien d'une indépendance africaine face au colonialisme européen.

Sommaire

Jeunesse de Menelik

Naissance de Menelik et départ vers Magdala

Negus Sahle Selassie, grand-père de Menelik

Le prince Sahle Maryam est né le 19 août 1844[1] à Ankober, dans le Choa, et fut désigné comme héritier de la branche choanne de la dynastie salomonide, descendant directement du Roi Salomon et de la Reine de Saba. Il est le fils de Haile Melekot, Negus du Choa, et de Ijigayehu, qui aurait été une jeune femme travaillant pour Bezabesh, mère de Negus Haile Malakot. Lorsque celle-ci se rendit compte que cette employée du palais était enceinte, Haile Melekot nia d’abord pour ensuite reconnaître la relation, faisant espérer à Bezabesh la possibilité pour son fils de donner naissance à un héritier. Lorsque Sahle Maryam naquit, un mariage fut célébré lors d’une cérémonie civile et Sahle Selassie, heureux d’apprendre cette nouvelle, décida de donner à son petit-fils le nom de Menelik, prophétisant un règne glorieux pendant lequel l’Empire éthiopien sera reconstitué se basant sur l’histoire de Menelik I[2]. Initialement, Negus Haile Malakot avait refusé de reconnaître Sahle Maryam, mais Bezabesh interviendra en le faisant légitimer par un conseil de parents qui avait conclu que la ressemblance entre le fils et le père était évidente. Une autre version indique que lors de la naissance de Sahle Maryam, Negus Haile Malakot s'était marié temporairement avec la jeune femme afin de légitimer la naissance[3]. Il reçut le même genre d'éducation que son père. Son tuteur était Ato Nadew, très proche de Sahle[2]. En octobre 1855, alors que des combats opposaient les forces de Tewodros II à celle de Haile Malakot, ce dernier se trouvait à Debre Berhan. Lorsqu’il apprit que les soldats du Negusse Negest étaient proches de la ville, il la fit évacuer et brûler, il ordonna à un groupe de chefs loyaux Choans, parmi lesquels Darge Sahle Selassie, de fuir avec Sahle Maryam et de le protéger. Ils partirent vers le plateau de Minjar, situé entre les rivières Awash et Kasam. Les troupes de Tewodros II décidèrent alors de faire pression sur la position occupée par les Choans jusqu’à ce que Darge accepte d’abdiquer. En février 1856, le Choa perdit sa souveraineté et le Negusse Negest retourna à son palais accompagné de Sahle Maryam, Nadaw, Darge et d’autres chefs[4].

Vie à la forteresse de Magdala

Forteresse de Magdala où Sahle était retenu captif

Reçu avec tous les honneurs en raison de son rang de prince, Sahle Maryam arriva à la cour où Tewodros II le traitera «comme un fils »[5]. Le Negusse Negest ne fut pas le seul à se montrer courtois, les officiers se montraient également respectueux et affichaient une certaine admiration[5]. Lorsqu'un jour il évoqua cette captivité, il déclara : « bien qu’il ait tué mon père et qu’il m’ait emmené à sa cour, il m’a toujours aimé comme un fils ; il m’éduquait avec la plus grande attention, et me montrait presque plus d’affection qu’envers son propre fils ». Toujours selon Sahle, Tewodros II lui aurait dit « plus qu’une fois... que je règnerais après lui »[6]. A la cour, Sahle avait rencontré des personnes avec lesquelles il allait entretenir une longue amitié, en particulier avec Lij Wale, membre de la famille Yejju et frère de Taytu Betul.

Sahle recevait la même éducation que Mengesha Yohannes, fils du Negusse Negest : une éducation de l'Église éthiopienne orthodoxe mais également des cours de stratégie militaire et d’équitation. Il acquérait son expérience politique à travers sa proximité avec les hautes sphères de l’administration et du pouvoir. Il avait d’ailleurs probablement remarqué certaines erreurs de Tewodros II, notamment son intolérance envers les musulmans qui avait provoqué une instabilité dans le Wollo, région devenue ingouvernable. Toutefois, Sahle se montrait serviable envers le Negusse Negest, en échange il reçut le titre de Dejazmatch[7] ainsi que la main de la princesse Alitash[8].

Fuite de Magdala et retour dans le Choa

Néanmoins, Sahle gardait en tête son retour dans le Choa. Tant que Tewodros II contrôlait la totalité de l'Empire, aucune action ne fut envisagée. En 1864, l’influence du Negusse Negest commence à s’affaiblir : Ato Bezabeh s’était proclamé dirigeant indépendant du Choa et l’expédition punitive envoyée échoua[9]. Sahle s’inquiétait de ce changement malgré une déclaration passée de Bezabeh : « si le fils de [mon ancien] maître retourne, je devrai lui remettre les rênes du pouvoir, mais si quelqu’un d’autre revendiquerait le poste, je ne l’abandonnerai pas »[10]. Sahle craignait que Bezzabeh consolide son pouvoir et empêche un retour dans son royaume, par ailleurs les partisans de son père l’appelaient à retourner le plus rapidement possible[11]. Une unique solution apparaissait : la fuite de la forteresse de Magdala; or certains membres de la cour le pressentaient et informèrent Tewodros II, celui-ci ne prit aucune décision en raison de sa confiance envers Sahle[12].

Le 1er juillet 1865, au milieu de la nuit, Sahle et quelques partisans s’échappèrent de la forteresse. Ils passèrent par le large gouffre entre l’Amba Magdala et le Wollo. Au moment du départ, Sahle avait chargé une personne de transmettre le message suivant à la Reine Worqitu du Wollo, une ennemie de Tewodros II : « Je suis arrivé. Envoyez-moi des hommes afin de me recevoir»[13]. À l’aube, Sahle arriva dans le Wollo où Worqitu avait probablement prévu de le capturer afin de l’échanger contre son fils, un imam, emprisonné à Magdala. La Reine du Wollo envoya un messager à Tewodros II afin de lui présenter la proposition mais le Negusse Negest avait déjà pris connaissance de la fuite qui signifiait la perte d’un royaume, il déclara que la Reine « a trouvé un fils libre ; elle peut se passer de celui qui est enchaîné »[14] et ordonna l'exécution de son fils. À partir de 1865[15], une série d’évènements allaient provoquer une déstabilisation de l’autorité de Tewodros II dont le comportement sera en bonne partie responsable[15]. Une famine frappa tout d’abord les régions du Tigré et du Bégemder[15]. Au début de l'année 1866, il lança une expédition punitive dont les victimes furent les civils et non les rebelles[15]. Vers la mi-novembre 1866[15], il ordonna le pillage de Gonder en réponse à la rébellion de Tiso Gobaze[15]. Vers la mi-1867[15], craignant sans aucune preuve la désertion de ses troupes, il ordonna le massacre de 800[15] soldats. Ces actions avaient amené de nombreuses troupes à rejoindre l'armée de Sahle Maryam. À la suite de l’exécution du fils de Worqitu du Wollo, celle-ci comprit que la présence de Sahle était inutile dans sa province mais que toutefois s’il montait sur le trône du Choa, il pourrait être un allié important. Elle ordonna donc à ses soldats de l'escorter afin qu’il puisse retourner dans son royaume natal[15].

Sahle Maryam, Negus du Choa

Début de règne

Lutte contre Bezabeh

En août 1866, Sahle arriva dans l'est du Choa avec le noyau de sa nouvelle armée et se proclama Negus[15]. Ato Bezabeh, alors souverain au moment de son arrivée, tenta de faire croire à Worqitu qu'une fois au pouvoir, ils seraient tous deux capturés par Sahle et remis à Tewodros II[15]. Une confrontation eut lieu entre Sahle Maryam et Bezabeh, la plupart des soldats décidèrent de se joindre au camp du premier[16] et le second fuya alors vers Amba Afqara [17]. Cette victoire rapporte à Sahle 1000 mousquets[16] auxquels s’ajoutèrent 1000 armes à feu et 3 canons trouvés à Kebrat Amba[16]. Lorsqu'il arriva à Ankober, il fut accueilli par une population en liesse et un clergé heureux de sa venue[18]. Bezabeh décida alors de demander pardon, cette requête fut soutenue par des prêtres et d’importants hommes politiques[16], elle fut finalement acceptée par Sahle qui offrit le fief d’Abba Motti en échange de cette soumission[19].

Dès le début de son règne, la politique de Sahle Maryam fut marquée par le volonté de conciliation et la magnanimité envers ses ennemis[16]. Il décida de travailler en paix avec l'administration choanne déjà en fonction. Par la suite, même lorsqu'il accéda au trône impérial, il privilégiait toujours la réconciliation afin d’éviter la guerre et les effusions de sang[16]. Il était important pour l'instant qu’il consolide son autorité en raison des menaces externes notamment celle des Oromos dont les offensives étaient de plus en plus nombreuses[20]. Au pouvoir, il décida également d'abolir diverses réformes de Tewodros II[20]. Son attitude conciliatrice se retrouva dans sa tolérance religieuse envers les musulmans et les oromos païens[21] et le second fuya alors vers Amba Afqara [22]. Afin d'assurer ce respect, l'édit suivant fut promulgué : « Tout débat religieux est interdit dans le Choa où tous les cultes sont libres ; tout prêtre éthiopien reconnu coupable d'avoir provoqué une controverse religieuse sera puni de mort. »[23]. Ce texte visait également à mettre fin au débat entre les religieux favorables à la théorie de la double naissance du Christ et ceux favorables à la théorie de la triple naissance[21].
Une fois son autorité bien établie, Sahle décida qu’il fallait en finir avec Bezabeh qui continuait à troubler le royaume dont il se prétendait toujours Negus, par ailleurs, on apprit qu’il conspirait avec les Oromos[21]. Sahle Maryam porta l'affaire devant un tribunal estimant que les preuves de traîtrise étaient suffisantes[21]. Malgré son refus d'évacuer son armée d'Amba Afqara, Bezabeh se présenta devant la justice. Devant le conseil convoqué pour l’occasion, Sahle débuta la séance avec la déclaration suivante :

« Je dépose trois plaintes contre Bezabeh : 1, il m’a attaqué lorsqu’à mon retour d’exil, il refusa de me remettre l'alga [trône] de mon père; 2, après l'avoir pardonné pour l'amour de Dieu, on a découvert qu'il complotait contre mon alga, dans ma ville où il est resté ; 3, en accord avec son peuple, il refuse maintenant d’abandonner mon amba [mont] et il a tué mes soldats. Et maintenant, sages et chefs, examinez son cas et jugez entre lui et moi. »[24].

Par la suite, Bezabeh fut condamné à mort et abattu. Ses soldats rejoignirent alors l'armée de Sahle Maryam[21]. En 1866, il contrôlait la totalité du Choa au moment même où Tewodros II pillait Gonder et voyait la fin de son règne approcher.

Sahle Maryam et la fin de Tewodros II

Sahle affirma clairement ses ambitions impériales dès son arrivée sur le trône du Choa. Vers septembre/octobre 1867[25], lorsqu'il écrivit une lettre au Père (futur Cardinal) Guglielmo Massaja, un missionaire italien catholique à Aden, Sahle se présenta comme le « Roi des Rois »[26]. Dans deux autres lettres précédemment envoyées à la Reine Victoria[27], Sahle s'était présenté, selon les Britanniques, sous le titre de « Sultan Negus »[25], une interprétation incorrecte du titre « Roi des Rois ». Dans les deux lettres il annonça sa succession au trône de son père; dans celle adressée à Victoria, il demanda la réouverture des relations entre la Grande-Bretagne et le Choa[25], souhaitant par cette manœuvre être reconnu par les Britanniques avant d'entreprendre toute action à l'encontre de Tewodros II[25] qui, en 1867[25], lança une expédition afin de pacifier le Bégemder, seule province encore sous son contrôle[25]. Sahle Maryam comptait libérer les européens emprisonnés à Magdala afin d'obtenir un soutien matériel (notamment des armes modernes) de la France et de l'Angleterre[25]. En coopération avec la reine Worqitu qui cherchait à contrôler le Wollo, Sahle lança une expédition qui arriva près de Magdala le 30 novembre 1867[25]. Toutefois, bien qu'à la tête d'une armée de 30 000[25] hommes il se retira le 2 décembre[25] sans livrer aucune bataille sous prétexte de l'épuisement des troupes[25]. En réalité, il avait entendu que Tewodros II approchait[28] et qu'au même moment, un autre prétendant au trône avait eu la même idée: Wagshum Gobaze[28] qui se trouvait à environ 50 km[28] de Magdala au moment où Sahle quittait la région; Gobaze va finalement se retirer à son tour. Ils craignaient tous deux l'armée de Tewodros II bien que celle-ci avait été affaiblie[29]. Lors de l'expédition de Napier, celui-ci envoya une lettre à Sahle clarifiant le but des Britanniques lors de cette opération : « Nous ne venons pas pour la [Éthiopie] conquérir, ni pour la soumettre à notre gouvernement, mais uniquement pour libérer nos frères injustement détenus par Theodore. »[30]. Napier avertit le Negus du Choa que si Tewodros II venait à se réfugier dans son royaume ou s'il recevait une quelconque aide de sa part, les troupes britanniques pénètreraient dans son territoire[31]. Sahle décida de recevoir Massaja afin d'écouter ses conseils. Celui-ci affirma que les Britanniques s'en sortiraient vainqueurs même si l'ensemble de l'Abyssinie s'unissait et se tenait prête à défendre Tewodros II[32]. Sahle répondit que la majorité des Abyssins ne soutenaient plus le Negusse Negest bien qu'une intervention britannique puisse rallier bon nombre de seigneurs locaux à la cause de Tewodros II[31]; par ailleurs, en temps que Prince éthiopien, il était personnellement obligé de défendre toute violation des frontières de l'Empire. La semaine suivante, Sahle et ses troupes quittèrent Warra Hailu pour le Wollo afin de rejoindre l'armée de Worqitu[31] pour se diriger vers Magdala. Alors qu'il avait assuré aux Britanniques l'aide du Choa, Sahle décida finalement de retourner dans le Wollo, apparemment pour fêter Pâques[31], sans qu’il n'ait fourni aucun soutien à la Grande-Bretagne[33]. Outre la volonté de ne pas prendre un trop grand risque en s'alliant avec les Britanniques[34], Sahle se sentait incapable d'anéantir l'homme qui l'avait traité comme un fils[34]. L'expédition de Napier fut lancée et au cours de celle-ci Tewodros II se donna la mort. Sahle avouera à Massaja qu'il était attristé par ce décès, le missionnaire était étonné et lui demanda pour quelle raison il avait organisé un jour de célébration à la suite de la mort de Tewodros II. Sahle répondit qu'il souhaitait « satisfaire les passions du peuple »[34] et il déclara également qu'il n'avait pas participé aux festivités mais qu'il s'était rendu dans une forêt pour y pleurer la mort prématurée de l'homme qui l'avait éduqué et envers qui il éprouvait toujours un sentiment d’affection filiale[35]; l'idée trahir Tewodros II l'avait véritablement répugné[34]. Son volonté était seulement de défendre les intérêts du Choa[34]. Toutefois, lorsqu'il apprit que Dejazmach Kassa, plus tard Yohannes IV, avait apporté une aide essentielle aux Britanniques, Sahle se mit en colère en s'apperçevant que le trône impérial s’éloignait[34]. La mort du Negusse Negest marqua le début d'une phase de confrontation entre Wagshum Gobaze, Dejazmach Kassa et Negus Sahle Maryam.

Confrontation avec Yohannes IV

La lutte indirecte (1868-1877)

Yohannes IV (à gauche)

La confrontation avec Kassa Mercha (plus tard Yohannes IV) fut une conséquence des ambitions impériales de Menelik. L'expédition de Napier ne lui avait rien apporté mise à part la libération de certains choans dont Darge Sahle Selassie. Quant à son rival, Kassa, il disposait d'un avantage militaire considérable grâce aux armes offertes par les Britanniques en échange de l'aide qu'il leur avait apportée. Après que Wagshum Gobaze se soit illégalement[36] fait couronner Negusse Negest à la mi-août 1868[36] sous le nom de Tekle Giyorgis II, Menelik décida à son tour de revendiquer le titre impérial[37], bien que son contrôle se limitait à son royaume. Ce titre, dépourvu de valeur, fut un moyen d’exprimer des aspirations plutôt que d'affirmer une situation réelle[38]. La véritable lutte se jouait pour l'instant entre Kassa et Tekle Giyorgis II, or ce dernier recherchait l'appui du Negus du Choa[39] et de son importante armée bien équipée[40]. Menelik comprit qu'un conflit entre les deux principaux prétendants pourrait les affaiblir voir amener à leur anéantissement et décida donc de n'apporter aucun soutien au Negusse Negest[39]. Celui-ci marcha avec ses troupes vers le Choa, tout en sachant qu'il n'était pas question d'affronter Menelik. Il stationna dans le Wollo et reçut des lettres et présents[39] de la part du Negus du Choa. Bien que non satisfait de ces gestes, Tekle Giyorgis II quitta la province après avoir apprit que Kassa marchait vers le nord[39]. Il comptait donc affronter la menace que ce dernier représentait. Après deux batailles, le 21 juin 1871[39] et le 11 juillet 1871[41], Tekle Giyorgis fut capturé et emprisonné. Yohannes IV sortit grandement renforcé en hommes et en armes, en plus de celles reçues des Britanniques. Le 21 janier 1872[41], il fut couronné Negusse Negest à Axoum[41]. Pendant que les deux prétendants s'affrontaient, Menelik n'était pas resté inactif. A la fin de l'année 1868[41], après la mort de Worqitu, il débuta la pacification du Wollo, la province tampon entre le Choa et le Tigré. Il fonda les ketemas (villes de garnison) stratégiques de Warra Hailu et Enawari[41] qui servaient de bases à des offensives dans les zones toujours sous contrôle de la nouvelle Reine Mestewat, jugée non fiable[41], et son fils Abba Wato. Menelik décida de soutenir Mahammad Ali[41], plus tard Ras Mikael, en tant que gouverneur du Wollo, cet homme était parent de Mestewat et Worqitu[41]. Le Negus du Choa obtint par ailleurs le soutien du Dejazmatch Wale qu'il nomma gouverneur du Yejju[41]. L'inluence politique de Menelik se rapprochait donc du Tigré[42]. A la mi-novembre 1871, alors que Kassa et Tekle Giyorgis combattaient, Menelik se trouvait à la frontière du Bégemder à la tête d'une armée constituée de soldats choans et du Wollo[43]; il s'était déplacé afin de « profiter de toute éventualité »[44]. Néanmoins, ses plans échouèrent en raison d'une rébellion de la Reine Mestewat[43]; son fils, commandant dans l'armée de Menelik, quitta les rangs avec ses hommes et se dirigea vers Magdala[43]. Affaibli par ce retrait, Menelik retourna dans le Choa, dévasta par la suite le Wollo[43] mais ne parvint pas à déloger Abba Wato de Magdala[45]. A la suite de ces interventions, Menelik ne pouvait se permettre d'affronter Yohannes IV. Ce dernier avait grandement bénéficié de sa victoire contre Tekle Giyorgis: il avait à sa disposition de nouvelles armes et les soldats capturés furent intégrés à son armée[43]. Les priorités pour le nouveau Negusse Negest furent la stabilisation du Bégemder et du Godjam, en effet, le Choa ne constituait pas, pour l'instant, un élément essentiel pour Yohannes IV[43]. Par ailleurs, Menelik disposait tout de même d'une bonne armée[43], en particulier la cavalerie; le Choa put ainsi garder son indépendance. Néanmoins, le couronnement de Yohannes IV était une véritable preuve de l'échec des politiques et de la diplomatie de Menelik. Il ne reçut pas de soutien matériel des Britanniques car il ne leur avait apporté aucune aide lors de l'expédition de Napier, l'affrontement entre Yohannes IV et Tekle Giyorgis ne lui bénéficia pas et enfin, il se trouva incapable d'empêcher l'arrivée sur le trône du nouveau Negusse Negest. Bien que se trouvant obliger de lutter contre un souverain légitime, les ambitions impériales de Menelik n'en furent diminuées[43]. Il reçut tout d’abord Ras Wolde Maryam[43], auparavant partisan[43] de Yohannes IV et l'envoya dans le Bégemder où il devait lever une armée et organiser une rébellion[43]. Il se mit également à participer à des festins qu'il préparait et où des nobles de la ville de Liche, des militaires et des membres du clergé étaient invités[46]. Des chefs venaient même du Godjam[46], de Gonder[46] ou du Tigré[46]. Un vaste festin aurait coûté, selon un officiel, plus de 15 000 thalers[46], une somme considérable pour l'époque. Menelik confiera: « Kassa… a battu Tekle Giyorgis avec des canons; je l'ai combattu avec des thalers, du « tej » et du « brindo » [viande crue], et je suis certain de le vaincre »[47]. Cependant, il savait que dîners et réceptions ne pourraient suffire et il souhaitait acquérir des armes au moins aussi performantes que celles de Yohannes IV, pour cela il devait accroître ses ressources financières. Le Negus du Choa était riche en cheptel et terres[46], mais annuellement, le million de thalers disponible[46] était utilisé pour le fonctionnement de l'administration et l'armée[48]. Le difficile accès à la mer lui empêchait de vendre les richesses du sud-ouest (dont le musc et l'ivoire)[49]. Le développement du commerce était largement freiné par les lois et coutumes archaïques[46] du royaume, il était difficile pour les marchands européens de faire des affaires face à une population et un clergé aussi conservateurs[50]. Dans ces conditions, une hausse du commerce n'était pas envisagée comme une ressource suffisante afin de moderniser son armée[46].

La guerre avec l'Égypte, l'occasion manquée de renverser Yohannes IV

Une opportunité de se débarasser de Yohannes IV se présente avec l'arrivée de l'Égypte dans la Corne de l'Afrique. Les premiers contacts sont établis par Alaqa Birru, un dissident qui avait fui les provinces contrôlées par Yohannes IV[51]. Il suggéra à Menelik de coopérer avec les Égyptiens alors installés sur le bord de la mer Rouge[52]. Menelik s'adresse aux fils d'Abu Parka Pasha[51] qu'il envoye au Caire pour y négocier une alliance avec le khédive Ismail Pacha[51]. Rien dans les archives égyptiennes ne rapportent des discussions quant à cet éventuel accord[51]. Certaines sources affirment que Alaqa Birru avait servi d'intermédiaire entre Menelik et Munzinger[51] et plus tard le khédive[53]. Le plan suivant aurait été élaboré: il s’agissait d'encercler militairement Yohannes IV qui, forcé de se rendre, aurait laissé le trône impérial à Menelik. Les Égyptiens auraient quant à eux pris possession d'une partie du Tigré[54]. Cet accord est présent dans diverses sources écrites amhariques et ge'ez mais se retrouve également par des sources orales dont un ancien proche de Menelik[55] . Dans les faits, l'attitude de Menelik semble confirmer ces accords puisqu'au début des années 1870[56], il n'avait toujours pas reconnu Yohannes IV comme Negusse Negest[56]. Une défaite de celui-ci face aux Égyptiens constituait une occasion unique pour le Negus du Choa. En 1873[56], il lève une importante armée pour en finir avec les révoltes d'Abba Wato qui demanda le soutien de Yohannes IV[56]. En 1874-1875[56], celui-ci avait établi son autorité sur tout le nord[56] et était même parvenu à obtenir le soutien de Dejazmatch Adal[56] du Godjam. Yohannes IV profita de l'appel d'Abba Wato pour tenter de forcer Menelik à le reconnaître Negusse Negest[57]. Néanmoins, il apprend que les Égyptiens avancent de Mitsiwa[57] vers l'intérieur des terres et laissa Abba Wato seul[57]. Ce dernier est alors emprisonné[57] par Menelik qui prit la forteresse de Magdala[57]. Il nomme Mahammad Ali, gouverneur du Wollo[57] à qui les chefs locaux feront allégeance[57] ainsi qu'au Negus du Choa en septembre 1876[57], lors de la fête de Meskel[58]. Pendant la cérémonie, Menelik appelle à la tolérance religieuse: « Les populations du Wollo, bien qu'elles soient aujourd'hui musulmanes, deviendront dans deux ou trois ans nos frères par le baptême ou la communion.. Ne les haïssez pas... ne soyez pas irrités si des musulmans viennent à vos domiciles » [59]. Par ailleurs, le nouveau gouverneur du Wollo et le Negus du Choa partagent leur repas, rompant ainsi les traditions religieuses[57] (les chrétiens et les musulmans ne partagent pas la nourriture d'un même repas). Cette tolérance religieuse va permettre à Menelik d'unifier beaucoup avec plus de facilité l'Empire sur lequel il règnera[57]. Néanmoins, ces « beaux plans et fervents espoirs » d'être Negusse Negest « partent en fumée »[60] suite aux victoires de Yohannes IV lors des batailles de Gundet et de Gura. La défaite égyptienne convainc la majorité des Éthiopiens[61], notamment des Choans[61], de la suprématie militaire du Negusse Negest qui profite des victoires pour accroître son arsenal. Menelik prépare une marche vers le nord mais les populations ne le soutenant pas[61], il retourna dans son royaume. Cet échec était partiellement du à son incapacité à se procurer des armes et munitions malgré plusieurs tentatives[61]. Ce fut l’occasion de créer des premiers contacts avec d'autres pays européens[61] (Voir Premiers contacts avec l'Europe).

La défaite de Menelik (1877-1878)

Outre la supériorité en armes de son rival, l'échec de Menelik était la conséquence des troubles internes au Choa[62]. En effet, en 1877[62], une rébellion débute dans le royaume, provoquée par Baffana, épouse de Menelik. Elle souhaite voir un de ses fils succéder à son père sur le trône du Choa mais Menelik avait plutôt pensé à Mesheshe Seyfu[62], son premier cousin[62]. Après avoir brièvement quitté le royaume, ce dernier revint et se réconcilie avec Baffana à qui il doit céder ses terres[63]. Après l'intervention d'un conseil[63], les terres sont à nouveau remises à Meshesha[63]. Baffana commence alors à faire croire à son époux que son premier cousin pourrait être un traître[63] ce qui entraîne une décision qui retire beaucoup de soutiens à Menelik, il décide d'emprisonner Meshesha le 14 décembre 1876[63] à Gontcho dans l'Argobba[63]. A cette question de succession, s'ajoute une polémique religieuse. Baffana, tout comme Yohannes IV, est partisane de la doctrine de la double naissance du Christ, appelée «Qarra Haymanot»[63], selon laquelle, il ne faut pas diviser la nature humaine et la nature divine du Christ[63] (une nature du Père et une de la Sainte Vierge). La doctrine de la triple naissance, nommé «Sost Lidat»[63], de Debre Lebanos[64] soutient que le Christ était né du Père, de l'opération du Saint-Esprit et après neuf mois de la Vierge Marie[64]. En quête d'unité nationale, Yohannes IV doit nécessairement unifier religieusement le pays. Baffana propose au Negusse Negest de renverser Menelik[64]. Son plan est de profiter du départ de son époux vers le nord, départ auquel elle l'aurait poussé[64], pour placer Meridazmatch Haile[64] sur le trône pendant la saison des pluies afin que Menelik ne puisse retourner dans le Choa[64]. Celui-ci aurait été battu par Yohannes IV qui aurait renversé Haile pour le remplacer par un des fils de Baffana[64] qui aurait été régente jusqu'à la majorité d'un des héritiers[64]. Elle décide donc de pousser Menelik à lancer une campagne vers le nord contre Yohannes IV, or cette expédition est mal vécue[64] par des troupes choannes fatiguées des conquêtes et peu enthousiastes à l'idée de traverser des territoires ennemis pour ensuite défier des forces mieux équipées[64]. La campagne est tout de même lancée et Menelik quitte le Choa. Au même moment, Haile entra à Ankober[65] où il se fait proclamer Negus du Choa[65]. Un affrontement s'en suit entre les troupes d'Azzaj Wolde Tsadeq[65] et Dejazmatch Germame[65], les officiels à qui Menelik avaient délégué provisoirement le pouvoir[65] et les forces du roi nouvellement proclamé. Après deux confrontations, Haile est capturé après la bataille du 4 mai 1877[65] et emprisonné[65] à Ankober[65]. Menelik ne suspecte aucune complicité[65] de Baffana dans cette tentative et la nomme régente par un édit jusqu'à son retour[65], il lui remit le pouvoir afin de rétablir l'ordre[66] dans son royaume. Sa tentative échoue[66] et après avoir libérer Meshesha[66] celui-ci prend l'avantage sur elle en s'emparant du mont Tamo[66]. Le retour dans le Choa de Menelik, le 25 mai 1877[66] n'était pas la conséquence des activités de son épouse, il avait quitté le Godjam car il avait appris que Yohannes IV s'y avançait pour soutenir le Ras Adal Tessema[66]. Même une fois dan le Choa, Menelik croit toujours en son épouse[66] et après un bref siège sur Tamo, il demande à Massaja[66] de conduire une médiation avec Meshesha[66]. Un conseil exige entre autres l'exil[67] de Baffana, ce que Menelik refuse alors qu'il part en campagne contre Mahammad Ali qui s'était allié avec Yohannes IV[67]. Après une victoire de Menelik sur les troupes du gouverneur du Wollo, une cérémonie de réconciliation fut organisée le 20 décembre 1877 à Liche[67] pendant laquelle Meshesha sera pardonné[67]. Par ailleurs, il autorise l'exil de Baffana[67] dans un village lointain bien qu'il ne croit toujours pas qu'elle l'avait trahi et qu'elle s'était rebellée. Au début de l'année 1878[67], Yohannes IV marche vers le Choa. En janvier[67], Menelik tente d'obtenir la paix mais les conditions posées par le Negusse Negest sont trop nombreuses: la déportation de Massaja[67], l'obligation de ravitailler l'armée impériale lors de l'occupation du Choa[67], un tribut annuel de 500 esclaves[67], 50 000 thalers[67], 500 mulets[67], 1 000 chevaux[67], 50 000 têtes de bétail[67] ainsi que d'importantes quantités de grains, de viande et de beurre[67]. Par ailleurs, Menelik devait accorder à Yohannes IV et son armée, le libre passage sur son territoire vers Debre Lebanos[67]. Enfin, il devait se présenter, dévêtu jusqu'à la taille avec une pierre à son cou devant le Negusse Negest afin d'implorer son pardon et prêter serment de fidélité[67]. Dans ces conditions, une confrontation armée semble être la seule issue. A la fin du mois de janvier 1878[67], Yohannes IV entre dans le Menz[67] et Menelik publie un décret de mobilisation: les soldats doivent se trouver sur le champ de bataille avant le 2 février[67]. Les enfants et personnes âgées sont évacués[68] de l'éventuelle zone de guerre et la totalité du trésor du Choa fut envoyé à Feqra Gemb[68]. Le 3 février 1878[68], Menelik et son armée quittent Liche[68] pour se rendre dans la région entre les rivières Engolla[68] et Facho[68]. Entre le 6 et le 10 février, les troupes s'affrontent sporadiquement puis Menelik se retire vers Liche où un conseil est tenu le 12 février[68] et trois jours plus tard, le 15[68], les représentants des deux parties débutent les négociations. Une série de geste réconciliateurs des deux camps s'en suivent et plus tard, un traité est préparé et signé le 20 mars 1878[68]: le traité de Wadara[69]. Parmi les principales confitions pour la paix, Menelik se vit obliger de se soumettre formellement, une pierre autour du cou comme le voulait la tradition[69], devant le Negusse Negest, renonçant ainsi à ses ambitions impériales. En échange, le Negus du Choa obtint une bonne partie du Wollo[68]. Après avoir fait acte de soumisison, Menelik discuta seul avec Yohannes IV et sera couronné quelques jours plus tard Negus du Choa[69]. Yohannes IV traite Menelik avec beaucoup de respect[69], probablement afin de ne pas blesser sa dignité[69]. Le lendemain[69], ils passent en revue l'armée impériale ainsi que les troupes du Ras Adal et de Mahammad Ali[69]. Les jours suivants, des présents sont échangés et les discussions se poursuivent[70]. Le 26 mars 1878[70], Yohannes IV annonce officiellement la célébration du couronnement de Menelik en tant que Negus du Choa[70] devenant ainsi le premier de sa dynastie à recevoir le consentement officiel du Negusse Negest pour porter le titre de Negus[70]. La cérémonie se déroule dans une large tente où de nombreux officiels étaient présents[70]. Le Negusse Negest reconnaît, selon ses propres paroles, Menelik comme « roi et maître d'une terre conquise et possédée par vos ancêtres ». Il déclare également que quiconque « s'attaque à votre royaume s'attaque à moi, quiconque vous fait la guerre la fait à moi. Vous êtes par conséquent mon fils aîné »[71]. Quelques mois plus tard[70], Menelik rend une magnifique hommage[70] à Yohannes IV qui aurait pleuré[70] et déclaré: « C'est seulement aujourd'hui que je suis Empereur »[72]. Malgré cette soumission et le tribut à payer, le Negus du Choa et son royaume n'avaient subi aucun dommage important[70], l'armée était restée intacte[70], tout comme sa volonté de devenir le prochain Negusse Negest.

En 1883, Sahle Maryam épousa Taytu Betul, de noble lignée et descendante des familles régnantes du Semien, du Godjam et du Bégemder. Son oncle, le Dejazmatch Wube Hayle Maryam avait été le souverain du Tigray et de la majeure partie du nord de l'Abyssinie. Mariée pour la quatrième fois, elle savait user de son influence auprès de son époux, mais ne donna point descendance à Sahle Maryam. Cependant, ce dernier avait eu deux filles de mariages précédents: Zaoditou I (Negiste Negest de 1917 à 1930) et Shoaregga, qui épousa le Ras Mikaél du Wollo, union dont devait naître le Lij Iyasu. Un fils, le prince Wossen Seged décéda durant l'enfance. En 1886, Sahle Maryam maria sa fille Zaoditou I au fils du Negusse Negest, le Ras Araya Sellassie mais il décèdera, en mai 1888, sans qu'il ait donné d'enfant.

Début d’extension territoriale

Trois objectifs occupent la pensée de Ménélik, tous trois liés entre eux. Il s'agissait d’étendre le domaine de la couronne, de défendre ce nouveau domaine face au colonialisme et d’améliorer les structures de l'Empire en le menant vers la modernisation. Le premier objectif était l'extension du domaine de la couronne (et plus tard de son Empire), plusieurs régions vont alors être intégrées. Les campagnes concernent principalement le sud, le sud-ouest et le sud-est. Cette volonté d'expansion peut s’expliquer par divers facteurs. Tout d'abord, la conquête de nouveaux territoires était synonyme de nouveaux prélèvements fiscaux et nouvelles opportunités commerciales. Le Choa voulait contrôler le sud, riche en ressources naturelles, ainsi que les routes menant vers les marchés portuaires de Zeilah, Obock et Tadjourah[73]. Un autre facteur essentiel fut la montée de la menace coloniale européenne. Ménélik II se lance à la conquête de territoires visés par les puissances étrangères permettant ainsi de constituer un glacis de protection tout autour du haut plateau. Ménélik sera accusé par ses détracteurs de colonialisme à rebours[73].

Ainsi commença une première période d'expansion en 1879 qui prendra fin en 1884. Les conquêtes vers les territoires oromos à l’ouest s’effectuent sous le commandement du Ras Gobena Dachi. Les frontières sont repoussées à l’ouest jusqu’à la rivière Gibe. Les conquêtes vers le sud se déroulèrent sur deux axes :
- le premier, le long de la vallée du Rift : le royaume Hadiya, les territoires habités par les Kambata et les Silté, l’armée ira plus loin dans le sud chez les Welaytas ;
- le second axe: en direction de l’Arsi et du plateau du Balé: la conquête commencera vers 1882 et ne s’achèvera que vers 1890. Les troupes devront faire face à la résistance des Arsis, l'obstacle fur surmonté en 1883 et la conquête sera achevée en 1886 par le Ras Darge Sahle Selassié. Enfin, les derniers territoires conquis seront le plateau de Harar, occupé à partir de 1887. En même temps, l’administration impériale s’installe progressivement dans les terres somalis. En 1881, le Ras Gobena Dachi force le Kaffa à payer un tribut; Jimma, Limmu, Gera et Guma devinrent des États tributaires.

Afin d'importer des armes, Ménélik souhaitait contrôler un accès à la mer par Zeilah. Après la bataille d’Embabo le 6[74] - 7 juin [75] juin 1882 qui a vu la défaite et le renvoi des terres oromos du Negus Tekle Haimanot du Gojam, la domination de Sahle Maryam sur le sud-ouest où passaient les marchands étrangers (principalement français) fut totale. Ces marchands traversaient le territoire afar et ouvrirent une nouvelle route caravanière utilisée pour importer des armes par Obock et Tadjourah[74]. En 1886, Ménélik déplaça sa capitale vers Addis Abeba nouvellement fondée alors que les conquêtes se poursuivaient : le Ras Gobena Dachi occupe le Wollega. La même année, les Britanniques pressent les Français de limiter les licences de transport d’armes. Le 6 janvier 1887, suite à la bataille de Cheleqo, l'émir Abd Allah II ibn Ali Abd ash-Shakur est battu par les troupes de Ménélik II, Harar est annexée à l'Empire, l'Illubabor est également rattaché en 1887. Loin d’être achevée, l’extension territoriale se poursuivra après le couronnement de Ménélik II.

Le 10 mars 1889, le Negusse Negest Yohannes IV est tué suite à la bataille de Metemma contre les mahdistes. La voie à la succession s’ouvrit: Ras Mengesha Yohannes et Sahle Maryam étaient les deux prétendants au trône impérial.

Ménélik II, Negusse Negest d'Abyssinie

Sceau de Ménélik II

Le 3 novembre 1889, la grande majorité de la noblesse éthiopienne soutenant Sahle Maryam, il est couronné Negusse Negest d'Abyssinie sous le nom de Ménélik II avec les titres de Roi des Rois d'Éthiopie, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, Élu de Dieu. Il dut faire face à une querelle ancienne, mettant aux prises les branches du Choa et de Gondar quant à la légitimité du pouvoir. Ménélik s'appuya sur le fait que sa propre branche descendait de Salomon par la lignée masculine, alors que la branche de Gondar, celle de Yohannes IV, en descendait par la lignée féminine. Les deux branches avaient ainsi autant de droits à régner l'une que l'autre, bien que la lignée gondarienne eut été plus ancienne.

Poursuite de l’extension territoriale

Le règne de Ménélik marque le début d'une deuxième période de conquêtes territoriales qui va de 1889 à 1896. Deux éléments vont influencer cette phase: la grande famine, que l'on appellera Kifou Qen ("époque terrible")[76] et le problème des prêts.
Le début de l’année 1887 est marqué par un évènement majeur: une famine, causée par l'épidémie de peste bovine de 1885, ravage le nord du pays jusqu’en 1892, alors qu’en 1889, l’annexion du pays Gouragué est achevée; le Konta et le Kulo sont conquis par le Ras Wolde Giyorgis Abboye. Chassés par la famine, les survivants vont alors émigrer vers le sud dans les territoires récemment intégrés au Choa. Parmi les émigrants, de nombreux soldats tigréens et gondariens, ceux-ci rejoindront l'armée de Ménélik. En même temps, l’Italie demande la paiement d’une dette de 4 millions de lires contractée en 1890[77]. Pour résoudre la crise, Ménélik décide de repousser les limites du sud: le Balé, le Sidamo (sans le Borana), l'Ogaden seront occupés à partir de 1891 puis intégrés à l'Empire, tout comme le Welayta. En 1893, l'intégration du Kambata, occupé depuis 1890, est achevée. Le Negusse Negest participera personnellement aux campagnes en 1894, alors que certains Ras vont achever l’intégration des nouveaux territoires : le Ras Gobena Dachi dans le sud-ouest, le Ras Mekonnen Wolde Mikael au Harar et dans l'Ogaden, le Ras Wolde Giyorgis Abboye au Kaffa, ce dernier ayant également conquis le Gofa. La même année, le Wollamo est également conquis.

La guerre contre l'Italie

En 1893, lorsque les conquêtes territoriales avaient déjà largement élargi l'Empire, Sahle Maryam décida de mettre fin au traité de Wuchale ratifié en 1889 avec l'Italie. La guerre va alors éclater en 1895 avec la bataille d'Amba Alagi. Plusieurs autres affrontements vont s'en suivre jusqu'à la bataille d'Adoua, le 1 où les troupes éthiopiennes vont infliger une défaite historique aux Italiens relatée dans la presse internationale permettant à Sahle Maryam de consacrer sa stature internationale. En octobre 1896, le traité d'Addis Abeba fut signé, marquant la reconnaissance officielle par l'Italie de l'indépendance de l'Abyssinie.

Dernière phase d’extension

Cet article fait partie de la série:
Histoire de l’Éthiopie

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Pays de Pount (-3000 / -1000)
D'mt (-800 / -700)
Aksoum (-100 / Xe siècle)
Liste des rois de D'mt
Liste des rois d’Axoum
Royaume d’Éthiopie
Liste des rois d'Éthiopie
Dynasties :
Dynastie Zagwe
Dynastie salomonide
Histoire médiévale
Période gondarienne
Période des Masâfént
Interaction avec les puissances coloniales
Théodoros II (1855 / 1868)
Yohannès IV (1872 / 1889)
Ménélik II (1889 / 1913)
Bataille d’Adoua (1896)
XXe siècle
Hailé Sélassié (1930 / 1974)
Campagne d’Abyssinie (1935 / 1941)
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Révolution éthiopienne (1974)
Derg (1974 / 1991)
Autres
Liste des dirigeants d'Éthiopie
Chronologie de l'Éthiopie

Suite à la victoire d'Adoua, Ménélik concrétisera ses objectifs qui apparaissent plus essentiels, poursuivre l'extension territoriale, c'est le commencement d'une troisième et dernière période de 1896 à 1900. Le Negusse Negest Ménélik II souhaitant créer un glacis de protection face au colonialisme, il poursuit la conquête de nouveaux territoires. En 1896 - 1897, des expéditions sont lancées dans le Borana (à côté du Sidamo), alors que le Fitawrari Habte Giyorgis après avoir fait construire un fort à Mega contrôle le pays Konso. Le Kaffa refusait de payer le tribut et sera entièrement conquis. En 1898, le Beni Shangul et la frontière avec le Soudan sont contrôlés, le Ras Wolde Giyorgis Abboye soumet le Goldea et le Maji, il atteint le Lac Rudolf (aujourd’hui Lac Turkana). Enfin, toujours la même année, le Ras Tassama intégrera le Massonge et le Gimirra. Plus tard, en 1899, des expéditions sont lancées par le Dejazmach Leontieff, un russe, le long de la frontière sud du lac Rudolf. Les conquêtes militaires qui auront duré environ vingt ans s'achèvent enfin.

Une intégration difficile mais couronnée de succès

Globalement, l'intégration des nouveaux territoires fut réussie, sauf pour les gabar , c'est-à-dire les paysans, écrasés par les impôts qui couvraient les dépenses de la cour impériale, du clergé, de l'armée et des propriétaires terriens[78]. Les conquêtes n’excluaient pas les soumissions volontaires, en contrepartie les clans dominants locaux gardaient un certain pouvoir. Lorsqu’un territoire était occupé, des naftagna, c’est-à-dire des fusiliers assurant la défense de la zone occupée, s’y installaient. Parmi les territoires ayant été intégré volontairement, on peut citer le royaume de Djimma ainsi que certains zones du Wellega. Les naftagna se mêlaient de la gestion du pays et les chefs traditionnels voyaient leur influence diminuer, la population devant allégeance au deux. Toutefois, cela permettait une stabilité, les impôts seront uniformisés et la justice deviendra plus formelle : on appellera cela la pax aethiopica[79].

Néanmoins, certains territoires n’ont pas accepté la soumission volontaire, parmi eux: le Welayta, le Kaffa et le Guimira. Dans ce cas, les chefs traditionnels perdaient tout privilège, leurs terres et parfois leur liberté. Mais l'idéal unitaire était l’objectif, ces territoires seront donc intégrés avec une violence militaire plus importante entraînant de nombreux morts et la destruction de certaines cultures. En outre, il y avait dans la conquête et la soumission des autres peuples, un aspect ethnique car les conquérants étaient en majorité Amharas; bien qu’il y avait également des Oromos et des Gouragués, tous parlaient l’amharique et étaient des chrétiens orthodoxes. Les populations conquises étaient donc assimilées à des Amharas. Les conquêtes ont marqué les mémoires des peuples conquis, 90% de la population oromo fut amenée sous administration impériale (les 10% restant se trouvant dans l’actuel Kenya)[38] faisant des Oromos le peuple le plus important, démographiquement parlant, de l'Empire. L’élite oromo ne comprenait pas sous quels prétextes elle devait se plier à l’administration d’autres peuples, tout comme les Somalis qui avaient du mal à s’identifier à la nouvelle administration. Par ailleurs, le XXe siècle connaissait la diffusion de concepts occidentaux dont l’égalité des peuples ce qui compliquait les conquêtes et l'intégration.

Suite à toutes ces conquêtes, Ménélik II avait changé en profondeur la structure politico-sociale d’un Empire sur lequel il régnait, Empire trois fois plus vaste que le domaine de la couronne du Choa vers 1880 soit un million de kilomètres carrés, des hauts plateaux jusqu’aux basses terres les plus chaudes. L’administration, essentiellement militaire, de l'Empire était fondée en grande partie sur les ketemas, des villes garnisons qui donneront naissance à des futures villes d'importance régionale telles que Yirgalem dans le Sidamo ou Goba dans le Balé. Elles sont toutes situées à plus de 1 000 m d'altitude, les naftagna provenant des hauts plateaux, ils redoutaient les pestilences (surtout la malaria) et le climat des basses terres.

L'Abyssinie avait réussi l’exploit de créer un vaste Empire éthiopien au moment précis où les puissances européennes se partageaient la Corne de l'Afrique.
Le succès de Ménélik II peut s’expliquer par divers facteurs. Il avait intégré dès le début, des Oromos du Choa et des Gouragués dans son administration et dans les hauts postes de l’armée, ainsi, il recrutera une armée beaucoup plus importante que s’il s’était limité à recruter des Amharas. Par ailleurs, suite aux décès de Tewodros II et de Tekle Giyorgis II, de nombreux soldats étaient désœuvrés. Ils rejoindront avec d’anciens mercenaires, les troupes de Ménélik II qui devinrent ainsi supérieures en nombre aux troupes ennemies. Alors que Yohannes IV était encore Negusse Negest, la cour du Choa devenait un centre d’influence majeur éthiopien, aussi bien au niveau national qu'international. Des diplomates, des marchands, des aventuriers, beaucoup d’étrangers se rendaient à la cour d’Entoto. Parmi ces étrangers, des marchands qui échangeaient leurs armes contre des produits naturels. La France et l’Italie, entre autres, feront ainsi entrer de nombreuses armes modernes dans le royaume du Choa, permettant aux troupes de Ménélik de disposer d'une supériorité technique. Il faut également mentionner la personnalité de Ménélik, homme charismatique, doté d’un génie diplomatique et d’un excellent sens de l'organisation militaire. Il participera et se rendra lui-même sur les champs de batailles, tout en confiant à des hommes talentueux des postes importants.

Modernisation de l'Empire et mort du Negusse Negest

Le mausolée où reposent Menelik II, sa femme et sa fille

Ménélik II était conscient de l’importance de la victoire d'Adoua et des conquêtes territoriales. Cependant, il savait également que la puissance militaire seule ne pourrait défendre son Empire. Sans véritable plan global établi par le Negusse Negest, l'Abyssinie connaît alors une phase de modernisation dans différents domaines. Le Negusse Negest était très ouvert aux nouvelles techniques et s'entourait de conseillers européens sans pour autant remettre en cause les traditions éthiopiennes. La modernisation ne fut pas accueillie positivement par tous, certains étaient assez réservés voir réticents, parmi eux, l'Impératrice Taytu Betul et d’autres membres de l’aristocratie. Le Ras Mekonnen Wolde Mikael qui s’était rendu en Europe en 1896 et en 1902 était plus ouvert à cette modernisation.

Au niveau des transports et des communications, des routes: d'Addis Abeba à Addis Alem, construite en 1902 ainsi qu’une route de Dire Dawa à Harar; des ponts sont construits. Les vélos font leur apparition et les automobiles sont introduites à Addis Abeba: en décembre 1907 par Bentley et C. Halle, en janvier 1908 par A. Holtz[80] bien que le symbole reste le chemin de fer franco-éthiopien (aujourd’hui djibouto-éthiopien) dont la construction commence en 1897 et se termine en 1917, reliant Djibouti à Addis Abeba. Un système postal est créé en 1893[81] et des bureaux de postes sont ouverts l'année suivante. Le bureau central tenu par des agents français, arrivés en 1906, développera le service urbain. Deux ans plus tard, l'Abyssinie va adhérer à l'Union Postale Universelle[82].
Dans le domaine de la santé et de l’éducation, les premières écoles publiques sont créées: la première ouvrira ses portes en 1906[83], l'école Ménélik II à Addis Abeba en 1908 puis une autre à Harar. Les premiers étudiants sont envoyés à l'étranger en 1894, certains iront en Russie. Une campagne de vaccination contre la variole est lancée en 1898. Divers hôpitaux ouvrent leurs portes: un hôpital de la Croix-Rouge Russe (1897, cessera de fonctionner en 1907), l’hôpital Ras Mekonnen Wolde Mikael à Harar (1902) et l'Hôpital Ménélik II (1910).
Le secteur économique est également modernisé. En 1892, le système d'imposition est réorganisé[84]. Le système monétaire est réformé. L'ancien étant basé sur le thaler Marie-Thérèse d’Autriche, le nouveau est basé sur le thaler de Ménélik, frappé à Paris, apparaît en 1894, puis à partir de 1897, il est frappé à Addis Abeba, l'ingénieur autrichien Willy Henze y avait installé une fabrique en 1896. Le premier système continuera d’exister puisqu’il était utilisé dans les colonies voisines. Toutefois, les monnaies divisionnaires de Ménélik circulent en Abyssinie. En 1903, un institut d'émission produisant la monnaie est créé. En mars 1905, la Bank of Abyssinia est créée, elle était appelée « yé ingliz bank »[85] (Banque anglaise) car les capitaux anglais y opéraient par l'entremise de l'Égypte. La banque contrôlait le système financier de l'Abyssinie. À partir de 1914 - 1915, les premiers billets de banques sont imprimés.
La justice est restructurée, suite à une réforme de 1908, le pays est divisé en six districts qui gardaient tous un contact avec le Choa, chacun des districts comprenant deux wambar (juges) nommés par le Negusse Negest[86]. Si les deux juges ne pouvaient trouver un accord, l'affaire était portée devant l'Afe negus, un juge suprême. Enfin, la réforme prévoyait la nomination de deux fonctionnaire par tribunal, ils devaient écrire et garder les minutes des actes de procédure: le greffe fut introduit.

Enfin, au niveau politique, un Cabinet des Ministres est créé en 1907, dont le premier président fut Fitawrari Habte Giyorgis. Initialement symbolique, l'institution est confrontée à un certain enracinement régional de la royauté, on considérait la cour d'Addis Abeba comme la cour du Choa[87]. Progressivement, le Cabinet acquerra une vie propre.
Plus généralement, d'autres éléments participent à cette période de modernisation. Une presse écrite est fondée en 1911[84]; des hôtels et des restaurants apparaissent dans la capitale. La modernisation impactera particulièrement Addis Abeba, qui devient une ville cosmopolite: des commerçants, des marchands, des manufacturiers et des aventuriers viennent de toute part : Arméniens, Yéménites, Grecs, Indiens, Français, etc. Cette immigration influencera la langue et des néologismes apparaissent: "biro" et "choufère" proviennent des mots français "bureaux" et "chauffeur"; "kot" vient de l'anglais: "coat" (veste).

Malade dès 1909, il ne put correctement organiser sa succession qui tourna, après 1913, à l'affrontement entre factions politiques puis entre deux jeunes nobles tous deux de sang royal : Lij Yassou, son petit-fils, et Dejazmach Tafari Makonnen, un petit-neveu, fils du Ras Mekonnen Wolde Mikael. Ainsi, son décès ne fut annoncé que plusieurs semaines après sa mort, en décembre 1913.

Il repose dans un mausolée à Addis Abeba.

Références

  1. The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 7. C’est, du moins, la date à laquelle était célébré son anniversaire. Harold Marcus cite d’autres sources qui nous donnent des dates différentes : le 17 août 1844, selon la Chronique du Règne de Ménélik II, Roi des Rois d’Éthiopie (Paris, 1930) ; le 11 août 1836, selon Ya-galla Tarik d’Atme ; le 13 août 1843, dans la Généalogie de la dynastie salomonienne du Choa , Le semeur d’Éthiopie (Juin 1907).
  2. a  et b The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 16
  3. Harold G. Marcus, op. cit., p. 17
  4. Harold G. Marcus, op. cit., p. 19
  5. a  et b Propos de l'Alaqa Walda Maryam repris dans : The History of King Theodors, Journal of the Royal African society, 6 (1906-7), 15 ; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 23
  6. I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, Guglielmo Massaja, Tivoli, 1928, IX, 28, cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 23
  7. The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 23
  8. Henry A. Stern, The Captive Missionary, London, n.d, 219, cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 23
  9. Harold G. Marcus, op. cit., p. 23
  10. Chronique du règne de Ménélik II : roi des rois d'Éthiopie, Gebre Selassie, i. 97, cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 24
  11. The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 24
  12. I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, Guglielmo Massaja, Tivoli, 1928, IX, 28, cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 24
  13. Chronique du règne de Ménélik II : roi des rois d'Éthiopie, Gebre Selassie, i. 102, cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 24
  14. Henry A. Stern, The Captive Missionary, London, n.d, 220-221, cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 24
  15. a , b , c , d , e , f , g , h , i , j  et k Harold G. Marcus, op. cit., p. 25
  16. a , b , c , d , e  et f Harold G. Marcus, op. cit., p. 26
  17. Dabtara Assaggakhan, letter, 14 Jan. 1866, in Fusella, Lettere, i. 82 ; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 26
  18. Antoni Cecchi, Da Zeila alle frontiere del Caffa (Rome, 1886), i. 263; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 26
  19. Chronique du règne de Ménélik II : roi des rois d'Éthiopie, Gebre Selassie, i. 104, cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 26
  20. a  et b I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, Guglielmo Massaja, Tivoli, 1928, IX, 74; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 27
  21. a , b , c , d  et e Harold G. Marcus, op. cit., p. 27
  22. Dabtara Assaggakhan, letter, 14 Jan. 1866, in Fusella, Lettere, i. 82 ; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 27
  23. M. L. Louis-Lande, Un Voyageur français dans l'Éthiopie méridionale, Revue des Deux Mondes, 30 (1878), 886; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 27
  24. Chronique du règne de Ménélik II : roi des rois d'Éthiopie, Gebre Selassie, i. 106; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 27
  25. a , b , c , d , e , f , g , h , i , j  et k Harold G. Marcus, op. cit., p. 28
  26. Menelik to Massaja, Sept. ou Oct. 1867, Annales franciscaines; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 28
  27. Menelik to Queen Victoria, and Menelik to the ruler of Aden, Blue Books, Correspondence Respecting Abyssinia (1846-1868), LXXII, Doc. 792, enclosures 1 and 2; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 28
  28. a , b  et c Hormuzd Rassam, Narrative of the British Mission to Theodore, King of Abyssinia, (London, 1869), ii, 251, cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 29
  29. Ya-galla Tarik, Atme, (unpubli. MS), ii. 82; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 29
  30. Massaja, Trentacinque anni, viii, 172; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 29
  31. a , b , c  et d Harold G. Marcus, op. cit., p. 29
  32. Massaja, Trentacinque anni, viii, 173; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 29
  33. Massaja, Trentacinque anni, viii, 174; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 29
  34. a , b , c , d , e  et f Harold G. Marcus, op. cit., p. 30
  35. Massaja, Trentacinque anni, ix, 28; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 30
  36. a  et b Harold G. Marcus, op. cit., p. 33
  37. Massaja, I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, ix 34; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 33
  38. a  et b L'Éthiopie contemporaine, sous la direction de Gérard Prunier, édition Karthala, 2007, page 96
  39. a , b , c , d  et e Harold G. Marcus, op. cit., p. 34
  40. Dejatch Kassa à Napoleon III, Addi Makwanti, 10 mars 1870, Archives françaises, Mémoires, 62, 3; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 34
  41. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Harold G. Marcus, op. cit., p. 35
  42. Chronique du règne de Ménélik II : roi des rois d'Éthiopie, Gebre Selassie, i. 121; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 35
  43. a , b , c , d , e , f , g , h , i , j  et k Harold G. Marcus, op. cit., p. 36
  44. Lettre de Mgr. Taurin au R.P. Léon des Avanchers [31 décembre 1871], Le Semeur d'Éthiopie, 5 (1909), 619; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 36
  45. Antoni Cecchi, Da Zeila alle frontiere del Caffa (Rome, 1886), i. 268-9; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 36
  46. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Harold G. Marcus, op. cit., p. 37
  47. Massaja, I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, ix. 106; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 37
  48. Massaja, I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, ix. 135; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 37
  49. Massaja,Corrispondenza da Scioha, BGSI, 10 (1873), 33; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 37
  50. Eine deutsch-abessinische Compagnie, Das Ausland, 48 (1875), 684; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 37
  51. a , b , c , d  et e Harold G. Marcus, op. cit., p. 38
  52. Pellegrino Matteucci, In Abissinia, viaggio di Pellegrino Matteucci (Milan, 1880), p. 185; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 38
  53. Père Trouvier au Cardinal Franchi de Propaganda fide, Keren, 6 juin 1876, Archives Apostoliques, Asmara, 3/1; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 38
  54. Massaja, I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, ix. 169-70; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 38
  55. Ya-galla Tarik, Atme, ii. 91; "parmi les sources orales, un homme ayant travaillé comme serviteur dans la cour de Menelik dix ans après les négociations et qui entendit plusieurs membres de la cour parler du complot ayant échoué": cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 38
  56. a , b , c , d , e , f  et g Harold G. Marcus, op. cit., p. 39
  57. a , b , c , d , e , f , g , h , i  et j Harold G. Marcus, op. cit., p. 40
  58. Antoni Cecchi, Da Zeila alle frontiere del Caffa (Rome, 1886), i. 269; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 40
  59. Chronique du règne de Ménélik II : roi des rois d'Éthiopie, Gebre Selassie, i. 123; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 40
  60. Massaja, I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, ix. 174; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 40
  61. a , b , c , d  et e Harold G. Marcus, op. cit., p. 42
  62. a , b , c  et d Harold G. Marcus, op. cit., p. 48
  63. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Harold G. Marcus, op. cit., p. 49
  64. a , b , c , d , e , f , g , h , i  et j Harold G. Marcus, op. cit., p. 50
  65. a , b , c , d , e , f , g , h , i  et j Harold G. Marcus, op. cit., p. 51
  66. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Harold G. Marcus, op. cit., p. 52
  67. a , b , c , d , e , f , g , h , i , j , k , l , m , n , o , p , q , r , s  et t Harold G. Marcus, op. cit., p. 53
  68. a , b , c , d , e , f , g , h , i  et j Harold G. Marcus, op. cit., p. 54
  69. a , b , c , d , e , f  et g Harold G. Marcus, op. cit., p. 55
  70. a , b , c , d , e , f , g , h , i  et j Harold G. Marcus, op. cit., p. 56
  71. Massaja, I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, ix 10; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 56
  72. Massaja, I miei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia, ix 46; cité dans The life and times of Menelik II: Ethiopia 1844-1913, Harold G. Marcus, Lawrenceville: Red Sea Press, 1995, page 56
  73. a  et b Histoire de l'Éthiopie d’Axoum à la révolution, Berhanou Abebe, Edition Maisonneuve & Larose, 1998, page 124
  74. a  et b Berhanou Abebe, op. cit., p. 125
  75. Ethiopia, A short illustrated history, Ministry of Education and Fine Arts, Berhanena Selam Haile Selassie I printing press, Addis Abeba, 1969, page 131
  76. Gérard Prunier, op. cit., p. 103
  77. Berhanou Abebe, op. cit., p. 126
  78. Berhanou Abebe, op. cit., p. 128
  79. Berhanou Abebe, op. cit., p. 127
  80. Berhanou Abebe, op. cit., p. 139
  81. Berhanou Abebe, op. cit., p. 138
  82. Berhanou Abebe, op. cit., p. 139
  83. Gérard Prunier, op. cit., p. 106
  84. a  et b Ethiopia, A short illustrated history, Ministry of Education and Fine Arts, Berhanena Selam Haile Selassie I printing press, Addis Abeba, 1969, page 128
  85. Berhanou Abebe, op. cit., p. 138
  86. Berhanou Abebe, op. cit., p. 136
  87. Gérard Prunier, op. cit., p. 107

Bibliographie

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  • Guebrè-Heywèt Baykedagne, L'empereur Ménélik et l'Éthiopie (trad. Beletou Kebede et Jacques Bureau), Maison des études éthiopiennes, Addis Abeba ; Institut national des langues et civilisations orientales, Paris, 1993, 55 p. (reproduction de l'édition amharique de 1912, suivie de la traduction française)
  • Étienne Mérab, Impressions d'Éthiopie : l'Abyssinie sous Ménélik II, H. Libert, 1929
  • Henry de Monfreid, Ménélik tel qu'il fut, B. Grasset, Paris, 1954, 255 p.
  • Guèbrè Sellassié, Tèsfa Sellassié et Maurice de Coppet, Chronique du règne de Ménélik II : roi des rois d'Éthiopie, Maisonneuve frères, 1930, 796 p.
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