Euro


Euro
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Euro (homonymie).
euro
ευρώ (Chypre et Grèce)
евро (Bulgarie)
evro (Slovénie)
ewro (Malte)
Unité monétaire moderne actuelle
Pays officiellement utilisateur(s)
Autre(s) pays utilisateur(s) Drapeau d'Andorre Andorre
Drapeau du Kosovo Kosovo (temporairement)
Drapeau du Monténégro Monténégro
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (bases de souveraineté britanniques d’Akrotiri et Dhekelia sur l'île de Chypre)
Banque centrale Banque centrale européenne
Symbole local
Code ISO 4217 EUR
Sous-unité 100 cent ou centimes
Taux de change Cours en USD
Monnaies alignées BAM, BGN, CVE, KMF, XPF, XOF, XAF, LTL, LVL
Taux de conversion 1 EUR = 1,37941 USD[1]
17 septembre 2011
Chronologie de la monnaie
ECU (XEU)
ECU (XEU)

L’euro est la devise de l'Union économique et monétaire[2] formée au sein de l'Union européenne. C'est la monnaie commune aux dix-sept États membres formant la zone euro.

Outre les membres de la zone, quatre micro-États (Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican) sont autorisés à utiliser l'euro, certains pays, comme le Monténégro ou le Kosovo, l'utilisent de facto et d'autres ont leur monnaie nationale liée à l'euro.

Mis en circulation le 1er janvier 2002 sous sa forme fiduciaire, mais en usage dès 1999, il succédait à l’European Currency Unit (ECU), soit « l’unité de compte européenne », mise en service en 1979.

L'euro est la deuxième monnaie au monde pour les transactions[3], derrière le dollar américain, et depuis octobre 2006 la première monnaie au monde pour la quantité de billets en circulation[4], avec 610 milliards d'euros[4].

L'euro ne porte pas le même nom dans tous les pays de la zone.

Sommaire

Pièces et billets

Toutes les pièces en euro possèdent une face européenne (1, 2 et 5 centimes : l’Europe dans le monde ; 10, 20 et 50 centimes : l’Europe comme une alliance d’États ; 1 et 2 euros : l’Europe sans frontières) et une face spécifique au pays émetteur de la pièce (y compris pour Monaco, Saint-Marin et le Vatican, États en union monétaire avec leurs voisins immédiats qui ont été autorisés à frapper leurs propres pièces).

Faces communes des pièces en euros
Face commune L’Europe dans le monde L’Europe comme une alliance d'États L’Europe sans frontières
Valeur 0,01 € 0,02 € 0,05 € 0,10 € 0,20 € 0,50 € 1 € 2 €

Une nouvelle série de pièces est frappée depuis la fin 2007. Se calquant sur la pratique décidée pour les billets de banque, elle représente désormais l'ensemble du continent européen (membre ou non de l'Union), afin d'éviter de devoir frapper de nouvelles séries à chaque élargissement. Les frontières n'y apparaissent donc plus. Cependant, les pièces de un, deux et cinq centimes ont gardé, pour des raisons inconnues, l'ancienne carte de l'Europe des Quinze.

De nouvelles pièces, en métal précieux, entrent progressivement en circulation en France[5]. Gravée par Joaquin Jimenez (qui est également l'auteur de l'Arbre Étoilé des pièces de 1 et 2 euros), une pièce de 5 euros en argent a été frappée à deux millions d’exemplaires en 2008. Des pièces de 10 à 500 euros, en argent et en or, ont été mises en circulation de 2008 à 2010. Ces pièces, d'abord destinées aux collectionneurs, ont cours légal en France.

Toutes les pièces sont utilisables dans tous les États membres, à l'exception des pièces de collection en métal précieux qui n'ont cours que dans le pays d'émission. Des problèmes de compatibilité ont cependant été relevés sur certains automates (distributeurs automatiques, péages...).

Les billets, quant à eux, ont une maquette commune à toute la zone euro. Les ponts, portes et fenêtres des billets symbolisent l’ouverture de l’Europe sur le reste du monde et les liens entre les peuples.

Le choix du graphisme des billets est de la compétence de la Banque centrale européenne alors que celui des pièces est de la compétence des États, membres de l'Eurogroupe. La prochaine face commune a ainsi été décidée lors d'une réunion de l'Eurogroupe. Cette décision a provoqué une petite polémique de quelques députés par l'absence, selon eux volontaire, de la Turquie sur le dessin retenu, au contraire de celui des billets[Note 1].

Pour la description des pièces de monnaie et des billets en euros, se reporter aux articles suivants :

Présentation des billets en euros
Valeur du billet 5 € 10 € 20 € 50 € 100 € 200 € 500 €
Taille du billet 120 mm x 62 mm 127 mm x 67 mm 133 mm x 72 mm 140 mm x 77 mm 147 mm x 82 mm 153 mm x 82 mm 160 mm x 82 mm
De face EUR 5 obverse (2002 issue).jpg EUR 10 obverse (2002 issue).jpg EUR 20 obverse (2002 issue).jpg EUR 50 obverse (2002 issue).jpg EUR 100 obverse (2002 issue).jpg EUR 200 obverse (2002 issue).jpg EUR 500 obverse (2002 issue).jpg
Vu de dos EUR 5 reverse (2002 issue).jpg EUR 10 reverse (2002 issue).jpg EUR 20 reverse (2002 issue).jpg EUR 50 reverse (2002 issue).jpg EUR 100 reverse (2002 issue).jpg EUR 200 reverse (2002 issue).jpg EUR 500 reverse (2002 issue).jpg

Règles de fonctionnement de l'euro

Émission contrôle

La gestion de l'euro dépend du contrôle de la Banque centrale européenne, qui en mesure les flux, la masse monétaire, ainsi que les dettes des États membres.

Historique de l’euro

L’UEM de l’Union européenne :      pays de la zone euro      pays membres de l’UE et du MCE II sans faire partie de la zone euro      pays membres de l’UE hors MCE II      autres pays utilisant l’euro comme monnaie

L’euro n’est pas la première monnaie à vocation européenne (et internationale). En effet, l’Union latine, née en 1865 à l’initiative de Napoléon III, marque une union monétaire ou supranationale signée et partagée par la France, la Belgique, la Suisse, l' Italie, la Grèce, plus tard l'Espagne et le Portugal, suivis de la Russie et de certains pays d’Amérique latine. La Première Guerre mondiale (1914-1918), a mis fin à ce projet d’unification monétaire.

La décision de créer l’euro

Le projet de créer une monnaie unique naît dans les années 1970 avec les turbulences du régime agrimonétaire depuis la mise en œuvre de la Politique agricole commune en 1962 et l'impossibilité de mettre en place un système de taux de change contrôlable[6].

La décision de créer l’euro a été officialisée lors du traité de Maastricht. Deux points sont à souligner. D’une part, l’euro est souvent considéré comme l’aboutissement du processus d’intégration monétaire commencé avec le serpent monétaire européen et poursuivi avec le Système monétaire européen destiné à faciliter les échanges entre pays. Toutefois certains, tel François Bilger, préconisaient une monnaie commune et non une monnaie unique. D’autre part, la création de l’euro a été imposée par ses voisins à une Allemagne réticente, car fière du Deutsche Mark qui était alors une des trois grandes monnaies mondiales avec le dollar et le yen, en contrepartie de sa réunification[7],[8].

Deux visions se sont opposées. D’un côté celle qui a prévalu, d’un pacte de stabilité avec une surveillance multilatérale assez faible, reposant sur l’idée que si chacun gérait bien ses finances publiques et son économie les choses iraient bien[9]. D’un autre côté, certains (tels Jacques Delors) prônaient le respect du pacte au sein d’une zone euro plus pro active[9], s’inscrivant dans le cadre d’une « coopération renforcée ». La zone euro, dans cette optique, aurait notamment participé à l’établissement « d’un calendrier de long terme pour des réformes structurelles, telles que celles de l’allongement des durées de vie au travail »[9].

Les problèmes économiques et politiques observés depuis la crise grecque et plus généralement depuis la crise économique de 2008-2010 étaient-ils prévisibles ? Il est possible que, dès cette époque, on eut conscience des limites des textes, limites qu’ont fait apparaître au grand jour la crise grecque et la crise économique de 2008-2010 mais, la « théorie de l’engrenage »[10] a semble-t-il dominé. L’idée étant « qu’on donne la priorité à des réalisations économiques concrètes, compréhensibles pour les opinions publiques et mobilisatrices pour les entrepreneurs et les travailleurs »[10], et qu’on escompte s'appuyer sur la dynamique ainsi créée pour surmonter les obstacles susceptibles de surgir.

Introduction de l’euro

Article connexe : Passage à l'euro.

Cette devise a été introduite le 1er janvier 1999 à zéro heure, quand les monnaies nationales des pays participants, alors au nombre de onze, cessèrent d’exister à part entière et devinrent de simples subdivisions de la monnaie européenne. La transition des monnaies nationales à l’euro pour les onze pays membres de la première zone euro s’est échelonnée sur un peu plus de trois ans, de 1999 à début 2002.

  • 1er janvier 1999
    Passage des marchés financiers à l’euro, ce qui comprenait en outre :
    • le marché des changes ;
    • les marchés boursiers ;
    • la dette publique ;
    • les trésoreries des entreprises, en interface avec les banques et les marchés financiers.
  • 1er janvier 1999 au 31 décembre 2001
    Passage de la monnaie de transaction des devises nationales à l’euro.
    • Cette phase a nécessité l’adaptation à la double-circulation puis à l’euro des applications informatiques de gestion, et la bascule à l’euro des comptabilités des entreprises.

Les billets et les pièces des monnaies nationales ont continué à être utilisés dans leurs pays respectifs, jusqu’à l’introduction des nouveaux billets et pièces le 1er janvier 2002. La date de fin de validité des monnaies nationales a varié d’un État à l’autre. La première monnaie à disparaître fut le Deutsche Mark, le 31 décembre 2001 à minuit, pour les dernières c'est le 28 février 2002 qu'elles ont cessé d’avoir valeur légale.

Les banques centrales des États de la zone euro ont toutefois continué d’accepter les billets et pièces de leur ancienne monnaie pour plusieurs années encore (17 février 2012 en France pour les billets utilisés en décembre 2001 et début 2005 pour les pièces). Certaines banques centrales, comme celle de l’Allemagne, continueront même à échanger les anciens billets nationaux sans limite de temps.

Néanmoins, rien n’a été mis en place pour permettre de se débarrasser des pièces étrangères provenant d’autres pays de la zone euro sans avoir à se déplacer dans le pays émetteur. Même problème pour des billets étrangers qu’on aurait pu conserver alors que le pays qui les utilisait les a remplacés par d’autres avant le passage à l’euro.

(Sources de ces informations[11])

L'élargissement de la zone euro

L’adhésion à l’euro est obligatoire pour les nouveaux membres de l’Union européenne (UE), mais chaque pays en fixe la date et doit respecter les conditions économiques nécessaires.

La zone euro s’est progressivement élargie :

États membres de l’Union européenne non adhérents

Des trois membres de l’UE (à quinze) non participants, seuls le Royaume-Uni et le Danemark ont obtenu une clause dite d’opting-out, leur permettant de rester en dehors de la monnaie unique, même s’ils venaient à remplir les conditions d’adhésion, clause confirmée par le traité de Rome de 2004. Cette clause ne leur interdit toutefois pas d’adhérer ultérieurement.

Aussi le Royaume-Uni, contrairement au Danemark, ne fait pas partie du mécanisme de change européen II (MCE II), bien que remplissant les conditions du traité de Maastricht car il ne souhaite pas lier le taux de change de la livre sterling à l’euro. Depuis que la livre sterling a quitté le défunt SME (basé sur l’ancienne unité de compte européenne ou ECU), son cours par rapport à l’euro a connu des variations plus importantes que les autres monnaies des pays membres non adhérents, notamment durant les deux premières années de l’introduction de l’euro, qui s’était temporairement fortement déprécié par rapport au dollar américain, à la livre sterling et au franc suisse. Cette instabilité initiale est semble-t-il résolue et depuis, la livre sterling suit de façon assez proche les évolutions du cours de l’euro (le franc suisse s’est aussi stabilisé par rapport à l’euro et il remplirait maintenant les conditions d’entrée dans le MCE II si la Suisse et le Liechtenstein décidaient de rejoindre l’Union européenne).

En revanche, la Suède s’est engagée à rejoindre à terme la monnaie unique et ce, dès qu’elle remplira les conditions du traité de Maastricht. En fait, en raison d’une opinion publique qui reste favorable au maintien de la couronne suédoise, comme le prouve le dernier référendum à ce sujet, la Suède ne remplit pas techniquement les conditions d’entrée dans le MCE II afin de ne pas être contrainte à adopter automatiquement la monnaie unique.

Les États membres qui ont rejoint l'UE après la mise en place de l'euro sont tenus d'intégrer, à terme, la zone euro. Ceci suppose qu'ils intègrent d’abord le MCE II puis qu'ils remplissent les autres conditions d'adoption de l'euro, dont les dates par les nouveaux États membres qui ne l'ont pas déjà adopté, n'ont pas encore été fixées. Toutefois, les estimations suivantes peuvent être faites :

Les dessins des pièces en euro de la Lettonie et des pièces en euro de la Lituanie (11 novembre 2004) ont d'ores et déjà été adoptés.

Les motifs des pièces en euro de la Bulgarie, de la Roumanie, de la Pologne commencent à être proposés.

L’euro et les autres devises européennes ou liées

Siège de la BCE à Francfort-sur-le-Main.
Construction officielle du symbole de l’euro. Diagramme de construction du symbole de l'euro. ADF et BCDE se coupent en D. BCDE, GH et IJ sont parallèles. BCDE coupe en C la verticale passant par A.

Devises européennes liées à l’euro

Au sein de l’Union européenne et des pays candidats à l’entrée dans l’Union, on trouve en 2008 les monnaies suivantes qui ont toutes intégré le MCE II :

  • le lats letton (LVL) (il était comme le tolar slovène candidat à l’entrée dans l’UME en 2007, mais les conditions de convergence ne sont pas encore remplies, la dernière évaluation a eu lieu en fin 2006) ;
  • le litas lituanien (LTL) ;
  • la couronne danoise (DKK), avec droit d’opting-out lui-permettant de ne pas adopter automatiquement l’euro, mais qui participe malgré tout au MCE II ;
  • le nouveau lev bulgare (BGN), avec un taux fixe unilatéral, dont le pays émetteur n'était pas encore membre de l’Union européenne et qui ne pouvait donc pas être membre du MCE II. La Bulgarie a rejoint l’Union européenne le 1er janvier 2007, et peut rentrer en même temps dans le MCE II, ce qui lui permettra de rejoindre l’UME au plus tôt en janvier 2010 si les autres conditions de stabilité sont remplies à cette date (toutefois, la phase transitoire nécessaire après l’approbation et la fixation du taux irrévocable demandera aussi quelques mois de préparation avant la mise en circulation).

On peut noter toutefois que les phases préparatoires avant l’introduction de l’euro sont maintenant considérablement raccourcies, tous ces pays négociant déjà l’euro sur les marchés internationaux et disposant même de stocks de pièces et billets pour le marché des changes aux particuliers (notamment dans les zones touristiques). Dans certains de ces pays, de nombreux commerces acceptent les paiements en euros (parfois même aussi en pièces et billets), certains pratiquant même le double affichage sur un taux voisin du cours central défini dans le MCE II (qui autorise une variation de 15 % du cours, mais qui en pratique varie dans des marges très inférieures, le marché des changes étant déjà très stabilisé, ce qui permet même à certains pays de garantir unilatéralement leur taux de change par l’intervention de leur banque centrale), ou autorisant l’ouverture de comptes en euros pour les entreprises et les administrations, afin de limiter les frais relatifs aux opérations de change.

Dans les derniers jours précédant l’évaluation par la Commission européenne d’une devise MCE II après deux années de stabilité, il apparaît une instabilité temporaire du cours de cette devise liée à une anticipation du marché sur une prochaine convertibilité totale de cette devise, ce qui limite l’intérêt de conserver des fonds de garantie dans cette devise. Mais la BCE et les BCN veillent à limiter cette instabilité et assistent la BCN candidate pour limiter cet impact temporaire, en achetant ou vendant massivement les surplus de change sur les marchés financiers. On constate donc une stabilisation forte en dernière minute autour du taux central défini dans le MCE II, sauf si les engagements financiers pris par la BCE sont trop importants et nécessitent un ajustement pour éviter d’imposer à la BCN candidate des dettes dès son entrée dans l’UME, qui ne lui permettraient plus de remplir les objectifs de stabilité de Maastricht. Aussi, le cours central défini dans le MCE II ne préfigure pas forcément le taux de conversion définitif qui sera appliqué (mais qui devrait rester tout de même dans la bande de fluctuation de 15 % autour du taux central).

Autres devises liées à l’euro

Un certain nombre de devises, hors Union européenne, sont déjà liées à travers un taux de change, fixe ou variable, à l’euro :

  • L’escudo cap-verdien (CVE), précédemment lié, jusqu’en 1999, avec un taux de change fixe à l’escudo portugais. Un euro = 110,265 CVE.
  • Le franc CFP (XPF) était lié au franc français avec un taux de change fixe de 0,055 FRF pour 1 XPF avant l’adoption de l’euro. Il est maintenant lié à l’euro par le taux fixe de 1 000 XPF pour 8,38 € (autrefois le franc CFP était lié, comme le franc Djibouti DJF, au dollar-or des États-Unis USD, avant de se lier de nouveau au franc français FRF lors de la démétallisation du dollar).
  • Les francs CFA BCEAO (XOF) ou BEAC (XAF), précédemment liés, jusqu’en 1999, au franc français, avec un taux de change garanti (mais renégociable avec la Banque de France séparément pour chaque banque d’émission) de 100 XAF ou 100 XOF pour 1 FRF, autrefois 50 XAF ou 50 XOF pour 1 FRF.
  • Le franc comorien (KMF), précédemment lié, jusqu’en 1999, au franc français avec un taux de change garanti (mais renégociable avec la Banque de France) de 75 KMF pour un 1 FRF.
  • Le mark de Bosnie-Herzégovine (BAM), précédemment lié, jusqu’en 1999, au mark allemand (DEM) avec un taux fixe de 1 BAM = 1 DEM lors de la création de cette devise en 1997/98. La devise était précédemment nommée mark convertible[13].
  • Le franc suisse (CHF) a d’abord continué à flotter librement par rapport aux autres devises européennes, durant les trois premières années d’introduction de l’euro. Cependant, l’Union européenne constituant plus de 60 % des échanges de la Suisse et du Liechtenstein, la Banque nationale suisse a unilatéralement décidé de maintenir le cours du franc suisse stable par rapport à l’euro, afin de limiter le risque de change, en constituant ou convertissant un fonds de réserve en euros. Durant les premières années, le fonds de réserve des anciennes devises nationales avait été réduit suite à leur conversion (puisque théoriquement il n’était plus nécessaire de maintenir un fonds suffisant pour chaque pays), mais ce fonds a été reconstitué et même augmenté pour stabiliser le cours, sous la pression de fonds d’investissements privés et de grandes banques suisses qui ont créé une valeur euro SWIFT pour faciliter les échanges interbancaires. Vu l'appréciation du Franc Suisse face à l'Euro au cours du 1er semestre 2011 (arrivé à la quasi parité le 11 août 2011 à CHF 1.02 pour EUR 1), la Banque nationale suisse décide en date du 6 septembre 2011 de fixer un taux plancher de CHF 1.20 pour 1 EUR assurant être déterminée à maintenir ce taux minimal par des moyens illimités.
  • L’euro SWIFT existe encore au plan international, maintenant appelé euro WIR (CHE) ; il est assimilé à une devise (toutefois distincte de l’euro) sur les marchés financiers interbancaires, car sa stabilité relative par rapport à l’euro est encore meilleure que celle du franc suisse lui-même (dont le fonds de réserve contient davantage de livres sterling et de devises hors MCE). Toutefois, son utilisation reste soumise à la constitution d'un fonds de garantie payé en euros sur un compte bancaire en Suisse, et son usage en tant que monnaie d'échange reste limité aux marchés d'échanges de services de gré à gré, sur le même modèle que le franc WIR (CHW) établi également comme une autre devise privée suisse mais sur la base de fonds garantis en francs suisses. Le franc WIR, comme l'euro WIR, sont soumis au contrôle des autorités monétaires suisses, mais aucun n'est utilisable sous forme fiduciaire. Le fonctionnement de ces deux devises est similaire à un fonds d'investissement coopératif : où une unité de devise WIR représente une part de ce fonds et un droit de vote.

Devises européennes non liées à l’euro

Les monnaies suivantes des pays membres de l’Union européenne ou candidats à l’adhésion ne sont pas liées à l’euro,

  • soit parce que leur pays émetteur, membre de l’Union européenne, dispose du droit d'être non-membre :
    • la livre sterling britannique (GBP), avec un droit d’opting-out, et ne souhaite pas participer non plus au MCE II ;
  • soit parce qu’elles ne remplissent pas encore les conditions techniques d’adhésion au MCE II (selon le traité de Maastricht), alors que leur pays émetteur est déjà membre de l’Union européenne :
    • la couronne suédoise (krona) (SEK), dont le pays émetteur bloque techniquement sa participation au MCE II pour ne pas être obligé ensuite d’adopter automatiquement l’euro ;
    • la couronne tchèque (koruna) (CZK), qui devrait rejoindre automatiquement le MCE II puis l’euro dès que les conditions techniques sont remplies ;
    • le forint hongrois (HUF), qui devrait rejoindre automatiquement le MCE II puis l’euro dès que les conditions techniques sont remplies ;
    • le nouveau zloty polonais (PLN), qui devrait rejoindre automatiquement le MCE II puis l’euro dès que les conditions techniques sont remplies ;
    • le nouveau leu roumain (RON), dont le pays émetteur est un membre de l’Union européenne qui devrait rejoindre plus tard le MCE II ;
  • soit parce que leur pays émetteur candidat à l’adhésion ne dispose pas d’une caisse d’émission assurant la convertibilité :

Utilisation de l'euro par des pays non-membres de l'Union européenne

  • Quatre micro-États enclavés dans l'Union européenne sans en être membres ont obtenu le droit d'utiliser l'euro : Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican. À l'exception de l'Andorre, en cours de négociation, ces États sont même autorisés à frapper un certain nombre de pièces de monnaie. Voir Pièces en euros.
  • Deux autres États ou entités européennes non membres de l'Union utilisent également l'euro de facto : le Monténégro et le Kosovo, sans dépendre de la BCE ni bien entendu émettre de pièces ni de billets.
  • L'euro est également utilisé de facto dans certains territoires d'outre-mer non intégrés à l'Union dont les habitants sont citoyens d'un pays de l'Union. C'est le cas de Saint-Pierre et Miquelon et, dans une mesure plus infime, des TAAF.
  • Enfin, l'euro est accepté comme quasi seconde monnaie dans des régions d'États non-membres frontalières de la zone euro (Genève) ou pour des raisons touristiques (Polynésie).

Valeur de l’euro

Conversion de l’euro dans les anciennes devises des pays membres

La valeur de l’euro, exprimée dans les anciennes monnaies de ces pays, est la suivante :

Table de convertibilité de l’euro dans les anciennes devises nationales
Dénomination ISO Valeur Pays d'émission (*) ou d’utilisation Début de
parité
avec l’euro
Début de
circulation
de l’euro
Fin de cours
de l’ancienne
devise
Date limite de convertibilité des anciennes pièces Date limite de convertibilité des anciens billets
European Currency Unit XEU 00 001,000 000 Drapeau d'Europe Union européenne (*) 1er janvier 1999 1er janvier 2002 31 décembre 1998 sans objet sans objet
Mark allemand DEM 00 001,955 830 Drapeau d'Allemagne Allemagne 1er janvier 1999 1er janvier 2002 31 décembre 2001 indéfiniment indéfiniment
Schilling autrichien ATS 00 013,760 300 Drapeau d'Autriche Autriche 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 indéfiniment indéfiniment
Franc belge BEF 00 040,339 900 Drapeau de Belgique Belgique 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 31 décembre 2004 indéfiniment
Peseta espagnole ESP 00 166,386 000 Drapeau d'Espagne Espagne [Nota 1] 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 indéfiniment indéfiniment
Mark finlandais FIM 00 005,945 730 Drapeau de Finlande Finlande [Nota 2] 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 29 février 2012 29 février 2012
Franc français FRF 00 006,559 570 Drapeau de France France [Nota 3] 1er janvier 1999 1er janvier 2002 17 février 2002 17 février 2005 17 février 2012
Livre irlandaise IEP 00 000,787 564 Drapeau d'Irlande Irlande 1er janvier 1999 1er janvier 2002 8 février 2002 indéfiniment indéfiniment
Lire italienne ITL 01 936,270 000 Drapeau d'Italie Italie 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 29 février 2012 29 février 2012
Franc luxembourgeois LUF 00 040,339 900 Drapeau du Luxembourg Luxembourg 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 31 décembre 2004 31 décembre 2004
Florin néerlandais NLG 00 002,203 710 Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas [Nota 4] 1er janvier 1999 1er janvier 2002 27 janvier 2002 31 décembre 2006 1er janvier 2032
Escudo portugais PTE 00 200,482 000 Drapeau du Portugal Portugal [Nota 5] 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 31 décembre 2002 28 février 2022
Franc andorran ADF 00 006,559 570 Drapeau d'Andorre Andorre[Nota 6] 1er janvier 1999 1er janvier 2002 31 décembre 1998 sans objet sans objet
Peseta andorrane ADP 00 166,386 000 Drapeau d'Andorre Andorre[Nota 6] 1er janvier 1999 1er janvier 2002 31 décembre 1998 sans objet sans objet
Franc monégasque MCF 00 006,559 570 Drapeau de Monaco Monaco 1er janvier 1999 1er janvier 2002 17 février 2002 17 février 2005 sans objet
Lire de Saint-Marin SML 01 936,270 000 Drapeau de Saint-Marin Saint-Marin 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 29 février 2012 sans objet
Lire vaticane VAL 01 936,270 000 Drapeau du Vatican Vatican 1er janvier 1999 1er janvier 2002 28 février 2002 29 février 2012 sans objet
Drachme moderne grecque GRD 00 340,750 000 Drapeau de Grèce Grèce 1er janvier 2001 1er janvier 2002 28 février 2002 29 février 2004 29 février 2012
Tolar slovène SIT 00 239,640 000 Drapeau de Slovénie Slovénie 1er janvier 2007 1er janvier 2007 14 janvier 2007 31 décembre 2016 indéfiniment
Livre chypriote CYP 00 000,585 274 Drapeau de Chypre Chypre [Nota 7] 1er janvier 2008 1er janvier 2008 31 janvier 2008 31 décembre 2009 31 décembre 2017
Lire maltaise MTL 00 000,429 300 Drapeau de Malte Malte 1er janvier 2008 1er janvier 2008 31 janvier 2008 31 janvier 2010 31 janvier 2018
Couronne slovaque SKK 00 030,126 000 Drapeau de Slovaquie Slovaquie 1er janvier 2009 1er janvier 2009 17 janvier 2009 31 décembre 2013 indéfiniment
Couronne estonienne EKK 00 015,646 600 Drapeau d'Estonie Estonie 1er janvier 2011 1er janvier 2011 15 janvier 2011 ? ?

Notes :

  • L’euro est également utilisé dans :
  1. En plus de l'Espagne métropolitaine, l’euro est utilisé dans :
    la Communauté autonome des Canaries, région ultrapériphérique de l’Union européenne ;
    les villes autonomes de Ceuta et Melilla.
  2. L’euro est également utilisé dans l’État libre associé d'Åland.
  3. En plus de la France métropolitaine, l’euro est utilisé dans :
    les départements d’outre-mer de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de La Réunion, régions ultrapériphériques de l'Union européenne, et de Mayotte ;
    les deux collectivités d'outre-mer de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, régions ultrapériphériques de l'Union européenne ;
    les deux collectivités d'outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon et de Mayotte, qui ne font pas partie de l'Union européenne.
  4. L’euro n'est utilisé que dans les provinces européennes des Pays-Bas.
  5. L’euro est également utilisé dans les deux régions autonomes des Açores et de Madère, régions ultrapériphériques de l’Union européenne.
  6. a et b Andorre utilise un taux central de change, subissant des variations à l’achat ou à la vente, mais pas un taux de conversion unique et irrévocable. Ce taux central peut varier légèrement sur le marché des changes, mais le cours est stabilisé autour de cette valeur avec des écarts très faibles ; l’absence de taux de conversion unique signifie que l’opération de change reste soumise à des frais de transaction, qui expliquent les faibles variations, compensées en permanence par l’intervention des banques centrales.
  7. L’euro n’est pas utilisé dans la République turque de Chypre du nord, non reconnue internationalement, où circule circule la livre turque (TRY).

Taux de change officiel des devises liées à l’euro

Autres devises liées indirectement à l’euro par une politique monétaire
Dénomination ISO Valeur Fluctuation Pays d’émission (*) ou d’utilisation Début de
liaison
avec l’euro
Politique monétaire
Couronne danoise DKK 00 007,460 380 ± 02,25 % Drapeau du Danemark Danemark 1er janvier 1999 MCE II depuis le 1er janvier 1999.
Dirham marocain MAD 00 011,173 200 non définie Drapeau du Maroc Maroc 1er janvier 1999 Politique unilatérale, taux de fluctuation non défini officiellement.
Escudo cap-verdien CVE 00 110,265 000 taux fixe [note 1] Drapeau du Cap-Vert Cap-Vert 1er janvier 1999 Accord avec le Portugal, était liée à l’escudo portugais (55 CVE pour 100 PTE).
Euro WIR CHE 00 001,000 000 taux fixe Drapeau de Suisse Suisse 1er juillet 2003 Monnaie privée non fiduciaire, unité de compte négociable uniquement en Suisse sur des marchés d’échange de services de gré à gré, liée à l’euro à un taux non officiel.
Forint hongrois HUF 00 282,360 000 ± 15,00 % Drapeau de Hongrie Hongrie 4 mai 2001 Du 4 mai 2001 au 4 juin 2003, l’euro était centré à 276,100 HUF.
Franc CFA de la BCEAO XOF 00 655,957 000 taux fixe[note 1] Pays membres de l’UEMOA :
Drapeau du Bénin Bénin
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso
Drapeau de Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Drapeau de Guinée-Bissau Guinée-Bissau
Drapeau du Mali Mali
Drapeau du Niger Niger
Drapeau du Sénégal Sénégal
Drapeau du Togo Togo
1er janvier 1999 Accord avec la France, était liée au franc français (100 XOF pour 1 FRF).
Franc CFA de la BEAC XAF 00 655,957 000 taux fixe[note 1] Pays membres de la CEMAC :
Drapeau du Cameroun Cameroun
Drapeau du Congo République du Congo
Drapeau du Gabon Gabon
Drapeau de Guinée équatoriale Guinée équatoriale
Drapeau de République centrafricaine République centrafricaine
Drapeau du Tchad Tchad
1er janvier 1999 Accord avec la France, était liée au franc français (100 XOF pour 1 FRF).
Franc CFP XPF 00 119,331 74... taux fixe [note 1] Drapeau : Polynésie francaise Polynésie française
Drapeau : France Drapeau : Nouvelle-Calédonie Nouvelle-Calédonie
Drapeau : Wallis-et-Futina Wallis-et-Futuna
1er janvier 1999 Accord avec la France, était liée au franc français (100 XPF pour 5,50 FRF)
Note : le taux officiel de conversion exact est inversé : 1 000 XPF = 8,38 EUR = 54,969 196 6 FRF (c’est pratiquement l’ancien taux légèrement ajusté de près de 0,056 %, selon la valeur fixe de l’euro en francs français, afin de faciliter les conversions de comptes vers l’euro).
Franc comorien KMF 00 491,968 000 taux fixe [note 1] Drapeau des Comores Comores 1er janvier 1999 Accord avec la France, était liée au franc français (75 KMF pour 1 FRF).
Franc suisse CHF 00 001,154 800 non fixe (taux au 19 juillet 2011) Drapeau de Suisse Suisse
Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein
1er juillet 2003 Union monétaire suisse, taux variable.
Franc WIR CHW 00 001,282 800 non fixe (taux au 17 janvier 2011) Drapeau de Suisse Suisse 1er juillet 2003 Monnaie privée non fiduciaire, unité de compte négociable uniquement en Suisse sur des marchés d’échange de services de gré à gré, liée à parité au franc suisse à un taux non officiel.
Lats letton LVL 00 000,702 804 ± 1,00 % [note 2] Drapeau de Lettonie Lettonie 1er janvier 2005 MCE II depuis le 29 avril 2005, l’intervalle de fluctuation est fixé unilatéralement à une valeur inférieure à celui autorisé.
Lev bulgare BGN 00 001,955 830 'taux fixe [note 1] Drapeau de Bulgarie Bulgarie 1er janvier 1999 Unilatéral en préparation du MCE II, était liée au mark allemand (1 BGN pour 1 DEM).
Litas LTL 00 003,452 800 ± 15,00 % [note 2] Drapeau de Lituanie Lituanie 4 février 2002 MCE II depuis le 28 juin 2004.
Marka BAM 00 001,955 830 taux fixe [note 1] Drapeau de Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 1er janvier 1999 Unilatéral, était liée au mark allemand (1 BAM pour 1 DEM).

Notes  :

  1. a, b, c, d, e, f et g Le taux fixe de conversion en euros peut être changé à tout moment par un accord entre les pays concernés.
  2. a et b Ces monnaies n’utilisent pas leur bande de fluctuation, et restent constamment fixées à la valeur centrale.
  • Dans deux entités territoriales anciennement yougoslaves, la république du Monténégro et le Kosovo (république autoproclamée ex-serbe sous administration internationale), l’euro est aussi la monnaie officielle.

Estimation et évolution de la valeur de l’euro dans les autres devises

Article détaillé : Euro/dollar.
Reconstitution du taux de change euro-dollar de janvier 1972 à janvier 1999 à partir des taux de change du franc français ou du Deutschemark.
Variation du taux de change de l'euro contre le dollar US, le yen et la livre sterling. Le taux est calibré à 1 au 1er janvier 1999.      janvier 1999 : 1 € = $1,18 / août 2007 : 1 € = $1,37      janvier 1999 : 1 € = ¥133 / août 2007 : 1 € = ¥162      janvier 1999 : 1 € = £0,71 / août 2007 : 1 € = £0,67

L’ECU, qui était un panier, contenait des monnaies comme la livre sterling, qui n’ont pas été intégrées dans l’euro. Les deux devises européennes n’ont donc coïncidé que brièvement, pendant les heures de fermeture des marchés entre la fin de 1998 et le début de 1999 et, si l’ECU existait encore, il aurait maintenant une valeur tout autre que celle de l’euro.

Si l’on veut reconstituer la valeur qu'aurait eue l’euro par rapport au dollar américain avant sa cristallisation du 31 décembre 1998, il convient d’utiliser les taux de change face au dollar d’une monnaie nationale, et de lui appliquer son taux de conversion en euro. Par exemple, on prendra 6,55957 et on le divisera par la valeur du dollar en francs français. Le résultat du calcul figure sur le graphique ci-contre pour le franc français (en rouge) et le deutschemark (en bleu) pour toute la période qui va de l’introduction du régime des changes flottants par Richard Nixon à celle de l’euro.

Pendant les dix années précédant son introduction, l’euro aurait ainsi eu une valeur moyenne de l’ordre de 1,1825 dollar US calculée avec le franc français et 1,20 dollar calculée avec le deutschemark.

Le marché des changes le plus actif de l’euro est bien évidemment celui par rapport au dollar US. La parité euro/dollar est l’instrument financier le plus traité dans le monde. C'est un indicateur phare, suivi quotidiennement par tous les milieux économiques et financiers.

Évolution :

Les débats économiques sur l'Euro

Articles détaillés : zone euro et crise de la zone euro.

Tous les États membres de l'Union européenne ont-ils intérêt à adopter l'euro ?

Pour Christian Saint-Étienne un pays comme le Royaume-Uni n'a aucun intérêt à rejoindre l'Euro, car du fait de sa spécialisation dans l'industrie financière son cycle économique n'est pas en phase avec celui de l'Allemagne et de la Zone Euro[14]. D'une manière générale pour cet auteur un pays qui entre dans la zone euro a intérêt à ne pas avoir une spécialisation sectorielle différente (c'est-à-dire une spécialisation économique) de la zone euro[15]. Un des problèmes actuels est que la France et l'Allemagne ont des spécialisations industrielles différentes (l'Allemagne est spécialisé vers le haut de gamme, la France vers le milieu de gamme) et ont donc des attentes différentes en termes de valeur de l'euro.

Si de nombreux pays veulent et ont voulu entrer dans l'Euro, c'est qu'il peut donner l'illusion de disposer sans faire d'effort d'une monnaie forte[16]. Mais cela ne peut être que temporaire si les pays sont « incapables de procéder aux réformes structurelles nécessaires pour maintenir leur compétitivité intrinsèque au sein du marché global »[17]

Euro et inflation

À partir de l'introduction de l'euro, l'inflation perçue en France a été nettement plus élevée que l'inflation réelle[18].

Pourtant, l'inflation dans la zone euro n'a pas augmenté à partir de 2002, date d'introduction. Entre 2000 et 2006, elle a fluctué entre 1,9 % et 2,3 %[19]. En 2003, l’augmentation moyenne des prix à la consommation due au basculement à l’euro n’a représenté qu’environ 0,1 à 0,3 % du taux normal d’inflation de 2,3 % pour l’année en question[20]. Ainsi, l'indice des prix au sein de la zone euro est resté inférieur à celui des pays européens qui n'ont pas introduit la monnaie unique.

La Banque de France a montré[21] que l'introduction de l'euro s'est produite simultanément à une hausse importante des prix de l'immobilier et des produits pétroliers. Par ailleurs, certains secteurs (hôtellerie, tabac par exemple) ont connu de fortes hausses de prix depuis l'introduction de l'euro[21].

Le niveau faible de l'inflation globale s'explique également par les fortes baisses de prix observées depuis le début des années 2000 pour les biens d'équipement (ordinateurs, machines à laver, automobiles, téléphones mobiles, etc.), qui n'ont pas été ressenties pas les consommateurs (phénomène de biais cognitif qui s'explique du fait qu'il ne s'agit pas de biens de première nécessité et dont la périodicité d'acquisition moyenne est supérieur à l'année). Pour cela, il est intéressant d'observer le taux d'inflation pour les ménages modestes, qui est calculé en tenant compte de leurs achats (la baguette de pain a un poids plus fort...).

Face à la polémique[22],[23], le ministre des Finances français, Thierry Breton, a dû proposer ultérieurement un indice spécial lié au coût du panier d’achat au supermarché pour répondre aux critiques des associations de consommateurs. L'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a introduit un indicateur d'inflation personnalisé[Note 2],[24].

Euro et liberté de la politique monétaire

Certains économistes comparent la situation des pays européens restés en dehors de cette monnaie, qui ont conservé une politique monétaire autonome, comme le Royaume-Uni. La monnaie unique ne permet pas en effet à la BCE d'adapter sa politique monétaire et son taux directeur pour chacun des pays de la zone euro.

La politique monétaire tend à mener ce qu'on appelle la politique de « l’euro fort » ou qualifiée par ses détracteurs d’euro cher. À terme, selon le centre de recherche économique CEE Council, le maintien de l’orthodoxie financière prôné par le gouvernement allemand et la BCE et la politique de rigueur généralisée qui en découle nécessiteront une révision du traité de Lisbonne, car ils pourraient avoir pour conséquence de réduire les prérogatives budgétaires et fiscales des États-membres au-delà des dispositions du traité dans sa forme actuelle[25].

Certains mouvements souverainistes développent que l’euro n’a pas été un facteur de croissance pour l’Europe, ou abordent le thème d’un retrait de l’euro, auquel ils attribuent une perte d’identité et de possibilité de politique nationale monétaire. Leurs discours sont : quand l’euro est trop fort « c’est une monnaie qui n’est pas compétitive » et quand l’euro est trop faible « on vole les citoyens. »

Comment les citoyens perçoivent-ils l'Euro ?

Un sondage a été effectué à la demande du German Marshall Fund durant l’été 2010. À la question « L’usage de l’euro est-il une bonne ou une mauvaise chose pour l’économie ? ». Si une majorité de Néerlandais ont répondu oui, 53 % des Allemands et des Espagnols ont répondu non. Les Français étaient 60 % à faire cette même réponse[26].

L'euro est-il devenu une grande monnaie de réserve ?

L'euro est la deuxième monnaie de réserve dans le monde, loin derrière le dollar américain ; cependant, petit à petit, l'euro commence à augmenter comme monnaie de réserve dans le monde, passant de 17,9 % en 1999 à 27,3 % en 2009[27]. Ceci vient confirmer les propos d’Alan Greenspan, ancien président de la banque centrale des États-Unis, selon lesquels « il est concevable que l'euro remplace le dollar comme monnaie de réserve ou devienne d'une importance égale »[28].

Évolution de la composition des réserves de change officielles
Devise 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
Dollar américain (USD) 59,0 % 62,1 % 65,2 % 69,3 % 70,9 % 70,5 % 70,7 % 66,5 % 65,8 % 65,9 % 66,4 % 65,7 % 64,7 % 63,6 % 62,2 %
Euro (EUR)         17,9 % 18,8 % 19,8 % 24,2 % 25,3 % 24,9 % 24,3 % 25,2 % 25,8 % 26,4 % 27,3 %
Deutsche Mark (DEM) 15,8 % 14,7 % 14,5 % 13,8 %  
Livre sterling (GBP) 02,1 % 02,7 % 02,6 % 02,7 % 02,9 % 02,8 % 02,7 % 02,9 % 02,6 % 03,3 % 03,6 % 04,2 % 04,6 % 04,5 % 04,3 %
Yen (JPY) 06,8 % 06,7 % 05,8 % 06,2 % 06,4 % 06,3 % 05,2 % 04,5 % 04,1 % 03,9 % 03,7 % 03,2 % 02,8 % 03,3 % 03,0 %
Franc français (FRF) 02,4 % 01,8 % 01,4 % 01,6 %  
Franc suisse (CHF) 00,3 % 00,2 % 00,4 % 00,3 % 00,2 % 00,3 % 00,3 % 00,4 % 00,2 % 00,2 % 00,1 % 00,2 % 00,2 % 00,1 % 00,1 %
Autres 13,6 % 11,7 % 10,2 % 06,1 % 01,6 % 01,4 % 01,2 % 01,4 % 01,9 % 01,8 % 01,9 % 01,5 % 02,4 % 02,1 % 03,1 %
Sources : 1995-1999 FMI[29], 1999-2005 BCE[30], 2006-2009 FMI[29]

Divers aspects techniques

Présence dans les documents électroniques et les bases de données

L’euro est aujourd'hui présent dans les documents électroniques et les bases de données de nombreux pays, non seulement de l’Union économique et monétaire, mais aussi de nombreux pays du monde. Il faut signaler que cette devise, comme toutes les autres, ne fait pas encore partie d’une norme internationale de métadonnées (voir Dublin Core), en raison de la variabilité des monnaies et des prix soumis aux lois d’évolution des marchés ; cependant, la norme ISO 4 217 est abondamment utilisée dans les bases de données et les échanges informatiques, et attribue le code EUR à l’euro, norme à caractère quasi obligatoire pour les transferts interbancaires de devises et la tenue des comptes à la place des symboles monétaires souvent ambigus (même si l’euro a un symbole bien défini, la présence de devises dérivées non régulées par l’ECB est source de nouvelles ambiguïtés).

Grammaire

Du fait de la diversité des règles grammaticales au sein de la zone euro, le mot Euro sur les pièces et billets ne prend pas de S. Toutefois, dans la langue française, le mot prend un S au pluriel[31]. Ainsi s'est prononcée l'Académie française[32].

De même le terme cent, prêtant à confusion, n'est pas utilisé en France, on parle de centimes. On dit d'ailleurs centimo en espagnol, centesimo en italien, lepton (pluriel lepta) en grec, etc.

Fabrication des euros

En 2004, en France, seule l'imprimerie de la Banque de France à Chamalières, dans le Puy-de-Dôme, fabrique des billets de 5, 10 et 20 euros. Ces billets sont destinés à remplacer ceux qui sont trop usés, en France et dans toute l'Europe. Quant aux autres coupures, elles sont fabriquées dans d'autres pays européens puis envoyées en France selon une sorte de contrat d'échange établi par la Banque centrale européenne. En revanche, les pièces françaises en euro sont toutes frappées à Pessac en Gironde, par la direction des Monnaies et médailles.

Notes

  1. « Quand la Turquie est effacée de l'Europe », Les Échos 16 janvier 2008. Dans une tribune de ce journal, les députés européens Marco Capatto et Marco Pannella indiquent que la non-représentation de la Turquie sur les nouvelles pièces est une décision volontaire des ministres des Finances de l'Eurogroupe qui ont écarté une proposition initiale de la Commission où ce pays figurait. Ils s'en indignent, précisant qu'un État comme la Biélorussie, dictature et non candidate à l'UE, elle, apparaît sur les nouvelles pièces.
  2. Voir aussi : Indice des prix à la consommation.

Sources

Références

  1. Taux de conversion euro/dollar.).
  2. Article 3 du traité sur l'Union européenne.
  3. (en) The Implementation of Monetary Policy - The Federal Reserve in the International Sphere. [PDF]
  4. a et b (en) Article du Financial Times.
  5. "De nouvelles pièces perturbent les commerçants" sur france2.fr.
  6. La politique agricole commune et l'Euro . Série Agriculture, forêts et développement rural, AGRI 105A FR (PE 167.405/rev AE) - Novembre 1999
  7. Guillaume Duval, Comment la Zone euro en est-elle arrivée là ?, Alternatives économiques, n° 289 de mars 2010, p. 8
  8. Christian Saint-Etienne, pp.158–159
  9. a, b et c Jérôme Vignon, "Trois visions pour un gouvernement économique de l’Europe", La Croix du 23/02/2010
  10. a et b Jacques Delors, 2003, p.457
  11. Sources de ces informations :
  12. "Feu vert définitif pour l’adoption de l’euro par l’Estonie en 2011", LeMonde.fr (avec AFP) du 13/07/2010.
  13. Consulter le site de la SFOR
  14. Christian Saint-Étienne, 2009, p. 35
  15. Christian Saint-Étienne, p. 35
  16. Christian Saint-Étienne, p. 36-37
  17. Christian Saint-Étienne, p. 36
  18. L'augmentation des prix depuis 2002 est fréquemment attribuée par les ménages au passage à l'euro. Ce raisonnement est à rapprocher du sophisme post hoc. Cette inflation est en effet survenue depuis l'introduction de l'euro, mais pas pour autant à cause de l'euro. D'autres phénomènes économiques extérieurs à la zone euro (tels que le renchérissement du coût des matières premières) expliquent également cette inflation. Enfin, différentes études indiquent que l'inflation perçue par les ménages est largement supérieure à l'inflation réelle ; Inflation perçue en France - MINEFI 2003. [PDF]
  19. Inflation dans la zone euro, fondation Robert Schuman.
  20. Euro et hausse des prix - Commission européenne 2005. [PDF]
  21. a et b L'euro n'est pas inflationniste - Banque de France, janvier 2007. [PDF]
  22. Euro, bouc émissaire, sur taurillon.org, site pro-européen.
  23. Vive l'euro, sur taurillon.org, site pro-européen.
  24. Simulateur sur le site de l'INSEE.
  25. M. Nicolas Firzli, "Greece and the EU Debt Crisis" The Vienna Review de mars 2010.
  26. Jean-Pierre Robin, Les Européens aiment peu l’euro et les Français sont les moins ardents, Le Figaro du 6 décembre 2010.
  27. « Le rôle mondial de l’euro stable en 2009, malgré la crise », publié dans Suisse Hebdo.
  28. (en) L'euro pourrait remplacer le dollar comme monnaie de réserve.
  29. a et b (en) Currency Composition of Official Foreign Exchange Reserves [PDF], FMI.
  30. (en) The Accumulation of Foreign Reserves [PDF], BCE, février 2006.
  31. "Grammaire. Un euro, deux euro ?" sur lexpansion.com (site du magazine L'Expansion).
  32. En français, euro n'est pas invariable, comme l'a confirmé l'Académie française. Le pluriel d' « euro » est « euros ».

Bibliographie

  • (en) Marco Buti, Servaas Deroose, Vitor Gaspar et João Nogueira Martins, The Euro, Cambridge, Cambridge University Press, 2010 (ISBN 9789279098420) 
  • Jacques Delors, Mémoires, Plon 2003, Plon.
  • J. E. Kraemer, L'Euro, Éditions des Syrtes, 2002.
  • Christian Saint-Étienne, La Fin de l'euro, Bourin éditeur, 2009.

Compléments

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Liens externes

Sites officiels

Outils et analyses


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Euro de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Euro — Euro …   Deutsch Wörterbuch

  • Euro — Staat: Andorra  Andorra¹ Belgien  Belgien Deutschland …   Deutsch Wikipedia

  • Euro — ευρώ en griego евро en búlgaro ewro en maltés …   Wikipedia Español

  • euro — [ øro ] n. m. • 1995; du rad. de Europe ♦ Monnaie unique européenne (à partir de janvier 1999; symb. €). Un billet de dix euros. Le cent, subdivision de l euro. ⇒ 3. cent, centime. La zone euro : les pays de l Union européenne où l euro a cours… …   Encyclopédie Universelle

  • EURO — (homonymie) Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom. {{{image}}}   Sigles d une seule lettre   Sigles de deux lettres   Sigles de trois lettres …   Wikipédia en Français

  • Euro- — (homonymie) Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom. {{{image}}}   Sigles d une seule lettre   Sigles de deux lettres   Sigles de trois lettres …   Wikipédia en Français

  • Euro- — 1. Euro , shortened to Eur before certain vowels, is one of the more productive combining forms of the 20c, as a linguistic reflection of far reaching political and economic developments across Europe. The form is first used in the 1950s in… …   Modern English usage

  • Euro — UK [ˈjʊərəʊ] / US [ˈjʊroʊ] or Euro UK / US noun [countable] Word forms euro : singular euro plural euros or euro Word forms Euro : singular Euro plural Euros economics * the unit of money that is used in most countries in the European Union. Its… …   English dictionary

  • euro — UK [ˈjʊərəʊ] / US [ˈjʊroʊ] or Euro UK / US noun [countable] Word forms euro : singular euro plural euros or euro Word forms Euro : singular Euro plural Euros economics * the unit of money that is used in most countries in the European Union. Its… …   English dictionary

  • Euro- — [jʊərəʊ ǁ jʊroʊ] prefix European, especially in relation to the European Union: • next month s Euro elections * * * Euro UK US /jʊərəʊ / prefix ► relating to the European Union: »Many discussions have failed because they were viewed as too… …   Financial and business terms

  • euro — 1. ‘Moneda de la Unión Europea’. Como el resto de las monedas, es un nombre común y debe escribirse con minúscula: «Los bolsistas tendrán que seguir muy de cerca la cotización del euro» (NCastilla [Esp.] 24.5.99). Su plural es euros. 2. La voz… …   Diccionario panhispánico de dudas


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.