Pays Baltes


Pays Baltes

Pays baltes

Localisation des pays baltes.

On appelle pays baltes trois pays de l'est de la mer Baltique :

Certains [Qui ?] préconisent l'usage (non officiel) du terme « pays baltiques », car à l'origine l'ensemble géopolitique des « pays baltes » était constitué uniquement de la Lettonie et la Lituanie.

L'Estonie demande d'ailleurs actuellement à être identifiée comme pays nordique[1].

Sommaire

Géographie

Les pays baltes représentent à eux trois 175 000 km², avec une population de 7 419 000 habitants. Bordés par la mer Baltique à l'ouest, ils partagent leurs frontières avec la Russie, la Biélorussie et la Pologne. L'oblast de Kaliningrad, l'ancienne Königsberg allemande, enclavé entre la Lituanie et la Pologne, appartient à la Russie.

Le relief de cette région est relativement peu accidenté, ponctué de nombreux lacs et étangs, notamment au nord, et de collines en Lituanie.

Environnement

La mer Baltique est victime de problèmes de pollution marine, d'eutrophisation et de zones mortes, ainsi que de séquelles de guerre (munitions immergées notamment), mais les pays baltes ont conservé un taux de naturalité et une biodiversité plus élevée que dans beaucoup de zones de l'Europe de l'Ouest et du Sud-Ouest. Les pays baltes pourraient donc avoir une très grande importance dans le futur réseau écologique paneuropéen [2] promu par l'UICN et le Conseil de l'Europe. HELCOM est une commission internationale qui est l'équivalent d'OSPAR et qui contribue à la connaissance et protection de l'environnement de la mer Baltique.

Histoire

Tout au long de leur histoire, les trois pays ont connu une domination de divers empires européens, ponctuée par de rares et brèves périodes d'indépendance. Si l'Estonie et la Lettonie n'ont connu leur première indépendance qu'en 1918, la Lituanie a hérité de la longue histoire du Grand Duché de Lituanie qui, au Moyen Âge s'étendait de la mer Baltique à la mer Noire.

Voir aussi : histoire de l'Estonie, histoire de la Lettonie, histoire de la Lituanie.

Préhistoire

Les ancêtres des Estoniens, d'origine finno-ougrienne s'installent dans la région à partir de -4000. Le reste de la zone est par la suite occupé par un peuple d'origine indo-européenne, les proto Baltes. Ces nouveaux occupants pratiquent l'agriculture et le commerce de l'ambre.

Moyen Âge

Jusqu'au XIIIe siècle, différents peuples païens occupent les territoires des actuels pays baltes : Estoniens, Osiliens, Livoniens, Lettigaliens, Curoniens, Semigalliens, Séloniens, Samogitiens et Prussiens.

Dans les années 1190, la papauté apporte son soutien à l'accroissement d'une église missionnaire chez les Livoniens, c'est le début du processus de christianisation.

En 1201, Albert de Buxhoeveden est envoyé par l'évêché de Brême en Livonie où il fonde la ville de Rīga. Il organise autour de lui l'Ordre des Chevaliers Porte-Glaive.

En l'espace de 30 ans (il meurt en 1229), l'évêque Albert de Rīga, avec les Chevaliers porte-glaives, ordre militaire mineur, conquiert la Livonie. Celle-ci regroupe alors la Lettonie actuelle et le sud de l'Estonie.

De leur côté, les Danois ont entamé une série de conquêtes en Poméranie, en Prusse et en Estonie - où ils prennent Reval.

Les Chevaliers de Dobrzyń, un autre ordre mineur, tentent de convertir les Prussiens païens mais échouent. Ils sont bientôt remplacés par les Chevaliers Teutoniques venus à l'appel de Conrad de Mazovie dont le duché est menacé par ces Prussiens.

Les Chevaliers ne tardent pas à se constituer un État, leur maître est reconnu prince d'Empire en 1226 par l'empereur Frédéric II et leurs terres fief papal en 1234 par le pape Grégoire X.

En 1236, l'ordre des Porte-Glaive, ou ordre livonien, est incorporé dans l'ordre teutonique après la débâcle de Saule contre les Lituaniens. Il garde néanmoins une organisation semi-autonome.

En territoire estonien, le progrès de l'Ordre livonien est stoppé par le prince Alexandre Iaroslavitch Nevski de Novgorod le 5 avril 1242 à la bataille du lac Peïpous. En 1346, le Danemark vend le Nord de l'Estonie à l'Ordre livonien.

Du XIIIe au XVIIe siècle, les pays baltes feront partie de la zone d'influence de la Hanse, avec notamment Rīga qui en était le principal comptoir oriental. En 1260, suite à leur défaite à Durben les Prussiens se révoltent un temps.

La grande Lituanie

L'expansion de la Lituanie débute après l'effondrement de la Rus' de Kiev suite aux invasions tataro-mongoles. Si Alexandre Nevski est investi dès 1249 comme prince de Kiev par le khan Batu, il faudra de nombreuses années à ses successeurs pour unir les anciennes principautés et constituer l'État russe moderne. Cet État s'émancipera des tatars et se considérera seul héritier légitime de la Rus' de Kiev.

Dans le même temps, le rattachement à la Lituanie des territoires slaves et orthodoxes ayant échappé à l'emprise tatare est favorisé par la tolérance religieuse de sa cour.

À partir de 1252, Mindaugas crée un duché qui s'étendra au XIVe siècle de la Baltique à la Mer Noire. En 1410, Lituaniens et Polonais parviennent à défaire les Chevaliers teutoniques à Tannenberg. L'union de Lublin de 1589 entraîne la fusion de la Lituanie avec la Pologne alors que l'Estonie et la Lettonie restent sous l'influence de la Ligue hanséatique.

L'union avec une Pologne catholique militante sonne la fin de la tolérance religieuse lituanienne. Si la noblesse suit l'exemple de son prince et se convertit rapidement au catholicisme ce n'est pas le cas du petit peuple qui reste attaché à ses croyances. Face au prosélytisme catholique officiel les populations orthodoxes vont se tourner progressivement vers le voisin russe.

La Russie et la Pologne-Lituanie s'affrontent lors des siècles suivants pour le contrôle politique et religieux des peuples de l'ancienne Rus' de Kiev. Entre 1610 et 1612 des troupes polonaises occupent Moscou et une union slave catholique semble imminente. 1612 marque l'apogée de l'expansion polono-lituanienne à l'est. Le rétablissement russe sera suivi d'un mouvement inverse vers l'ouest, s'appuyant sur les populations des territoires orthodoxes de la Pologne-Lituanie.

La domination russe

Après la défaite suédoise dans le Grande Guerre du Nord, la Livonie (Estonie et Lettonie) est incorporée dans l'empire russe. Néanmoins, par souci d'efficacité, les barons germano-baltes continuent à exercer leur emprise sur les sociétés baltes pour le compte du Tsar. En 1795, lors du troisième partage de la Pologne, la Lituanie est elle aussi rattachée à la Russie. Les pays baltes retrouvent leur liberté après la Première Guerre mondiale. Ils ont, au départ, de grandes difficultés à faire reconnaitre leur indépendance par les Alliés qui préfèrent ménager une victoire possible de la Russie "blanche" contre les Bolchéviques. La conviction grandissante de la victoire des communistes pousse les puissances occidentales à accepter les indépendances baltes comme un « cordon sanitaire » en Europe .

Le XXe siècle

Le 23 août 1939, l'URSS signe avec l'Allemagne le pacte germano-soviétique, dont les protocoles secrets délimitent les « zones d'influence » des deux puissances. Lorsque l'Allemagne nazie déclenche la Seconde Guerre mondiale en envahissant les États qui étaient dans sa zone d'influence — Pologne en tête — l'URSS lui répond symétriquement, envahissant notamment les États baltes. Ces trois pays resteront annexés par l'Union soviétique entre 1944 et 1990, devenant des républiques de l'Union. Cette annexion, même après guerre, n'est pas reconnue internationalement, et les trois pays sont considérés comme territoires occupés. L'URSS qui réclame une voix à l'assemblée générale de l'ONU pour chacune de ses quinze républiques n'en obtient que douze. Mais la non reconnaissance n'a pas d'autre conséquence pendant la guerre froide.

La politique de glasnost de Mikhail Gorbatchev, introduite en 1986, a permis à des mouvements contestataires de prendre la parole et d'exprimer des critiques à l'égard du pouvoir central. Des groupes d'opposition baltes commencent alors à réclamer l'indépendance de ces pays en demandant des explications sur l'annexion dont ils ont fait l'objet en 1940 et en pointant ainsi l'absence de légitimité de la domination soviétique sur les pays baltes.

Durant l'été 1987, l'Estonie donna le coup d'envoi avec des festivals où les gens entonnaient des chansons folkloriques et des chants religieux, interdits sous le régime soviétique. La Lettonie et la Lituanie lui emboitèrent le pas. Le 23 août 1987, dans les trois pays, des manifestants sont descendus dans la rue pour protester contre le pacte qui les lie à Moscou. La police n'intervient pas. L'année suivante, les manifestants plus nombreux et les leaders des différents mouvements testeront encore la ténacité de l'ennemi. Mouvements écologistes, associations d'écrivains, militants des droits de l'homme et groupes antirusses se retrouvent tous dans une action commune et pacifique.

La version balte du poème de Paul Fort : «  Si tous les gars du monde voulaient se donner la main... » a été jouée toute une journée, à la fin de l'été 1989, par des dizaines de milliers d'Estoniens, Lettons et Lituaniens. De Tallin à Vilnius, en passant par Riga, ils ont formé sur 560 kilomètres un cordon de solidarité et de protestation pour dénoncer le pacte germano-soviétique annexant cinquante ans plus tôt les pays baltes à l'URSS, et affirmer tous ensemble leur volonté d'indépendance nationale.

Le 23 août 1989, la voie balte réunit les habitants des trois nations pour l'indépendance. Cet acte, fortement relayé en Occident, fut la manifestation la plus visible du mouvement de fond réclamant l'indépendance de ces trois pays. Dès 1989, l'indépendance économique y est déclarée, entraînant en réaction un embargo économique drastique de Moscou sur la Lituanie, afin d'en faire un exemple, et de fortes pressions sur tous les pays pour exiger leur maintien dans l'Union soviétique.

Mais Moscou rechigne à employer la force militaire et l'unique fait d'armes intervient en janvier 1991. Les bâtiments stratégiques des capitales, tels les sièges des télévisions, sont pris d'assaut par les troupes du ministère soviétique de l'Intérieur, alors que de nombreux civils sont massés autour pour les défendre. Les tirs qui s'ensuivent tuent quinze personnes et en blessent une centaine.

Peu après (février-mars 1991), des consultations officielles sont organisées (les constitutions des républiques parties de l'URSS n'autorisent pas les référenda), montrant la forte mobilisation des Baltes pour leur indépendance : 90% en Lituanie, 77% en Estonie et 73% en Lettonie. L'échec du putsch soviétique d'août 1991 - où la ligne dure des communistes ne parvient pas à prendre le pouvoir - permet aux pays baltes de déclarer leur indépendance politique, que de nombreux pays occidentaux s'empressent de reconnaître. Ayant perdu toute marge de manœuvre, Moscou se voit obligé de suivre le mouvement et reconnaît leur indépendance le 4 septembre 1991, trois mois avant que ne disparaisse l'Union soviétique.

Au XXIe siècle, les relations avec la Russie restent complexes, les trois pays possèdent d'importantes minorités russophones (6% en Lituanie, 35% en Lettonie et 25% en Estonie)[3]. Cette minorité, qui souffre quelquefois d'exclusion, redoute l'intégration à l'Union européenne qu'elle voit comme une rupture supplémentaire avec la patrie russe, après l'indépendance de 1990. L'enclave de Kaliningrad est également une source de différends entre la Lituanie et la Russie.

Le XXIe siècle

En 2003, les trois pays baltes sont admis comme membres de l'Union européenne (avec 7 autres pays). Ils ont pris leur place à partir de 2004 dans les instances politiques de l'Union européenne et de l'OTAN.

Politique

Reprenant l'idée du traité d'entente et de coopération mutuelle de 1934, le Conseil balte est créé en 1990 peu avant les indépendances. Aujourd'hui la coopération entre les trois États couvre à peu près tous les domaines. Elle est notamment visible internationalement pour la défense, la lutte contre la criminalité et la surveillance des frontières.

Les pays scandinaves ont établi des liens privilégiés avec les États baltes, qui jouissent d'un statut d'observateurs aux réunions du Conseil nordique. Les trois États sont également membres du Conseil des États de la mer Baltique, créé en 1992.

Depuis 1991, la volonté politique partagée de ces trois pays est de tourner le dos à la sphère d'influence russe pour ancrer définitivement les pays baltes au sein du monde européen. Ceci s'est traduit par le refus d'intégrer la Communauté des États indépendants (CEI), structure floue formée sur les cendres de l'URSS en décembre 1991, par la candidature à une adhésion à l'OTAN, qui se heurte à une forte opposition de la Russie, et par la candidature à une adhésion à l'Union européenne. Les trois pays baltes se sont prononcés positivement par référendum en 2003 sur leur adhésion à l'Union européenne, qui a eu lieu le 1er mai 2004.

Économie

Le PIB des trois pays combinés représente environ 65 milliards d'euros.

Avant l'éclatement de l'URSS, le niveau de vie de ces pays était supérieur à celui de toutes les autres républiques socialistes soviétiques. La transition vers l'économie de marché a été difficile puisque entre 1989 et 1996 le PIB avait baissé de 28,3 % pour l'Estonie, 46,55 % pour la Lettonie et de 58,4 % pour la Lituanie. En 2004, le PIB par habitant de ces trois pays était inférieur à la moyenne des pays ayant adhéré à l'Union européenne cette même année, avec respectivement 91,3 %, 69,5 % et 80,4 % de cette moyenne en 2003. Ces pays ont été les premiers en Europe à adopter de nouveau un impôt à taux unique au milieu des années 1990.

Les échanges commerciaux vers l'Union européenne sont privilégiés depuis 2001. L'approvisionnement énergétique (pétrole et gaz naturel) est toujours dépendant de la Russie, du fait de l'existence d'un réseau de pipelines. Aujourd'hui, un tiers des échanges commerciaux se font avec les pays nordiques, Islande exceptée.

Pour l'avenir ces pays possèdent plusieurs atouts : un haut degré de formation, l'héritage urbain et la situation géographique ou encore la qualité des infrastructures. Au rang des handicaps on peut citer une pollution importante héritée de l'URSS.

Culture

L'estonien est une langue finno-ougrienne (apparentée au finnois), alors que le letton et le lituanien sont des langues indo-européennes du groupe balte. Les trois langues utilisent l'alphabet latin. La Lituanie est à majorité catholique alors que l'Estonie est protestante ; en Lettonie, les deux religions coexistent.

Il existe néanmoins une unité culturelle balte, visible par exemple dans l'architecture hanséatique des grandes villes comme Tallinn, Rīga, Vilnius ou Kaunas.

Des populations russophones sont encore présentes, voir ci-avant.

Notes et références

  1. Les pays nordiques sur encyclopediefrancaise.com
  2. Sepp, K. and A. Kaasik (Eds) (2002) Development of National Ecological Networks in Baltic Countries in the Framework of Pan-European Ecological Network. – Warsawa, IUCN Office for Central and Eastern Europe
  3. les minorités russophones dans les pays baltes

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

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