Charles Maurras


Charles Maurras
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Charles Maurras
Charles Maurras à sa bibliothèque.
Charles Maurras à sa bibliothèque.

Activités Écrivain
Journaliste
Homme politique
Poète
Naissance 20 avril 1868
Martigues (Bouches-du-Rhône)
Décès 16 novembre 1952
Saint-Symphorien-lès-Tours (Indre-et-Loire)
Langue d'écriture française et provençale
Mouvement Néoclassicisme
Royalisme
Positivisme
Genres Essai
Poésie
Pamphlet
Distinctions Membre de l'Académie française (fauteuil 16)
Œuvres principales
  • Enquête sur la monarchie (1900)
  • Anthinéa (1901)
  • Kiel et Tanger (1910)
  • Mes idées politiques (1937)
  • L'ordre et le désordre (1948)

Charles-Marie-Photius Maurras, né le 20 avril 1868 à Martigues (Bouches-du-Rhône) et mort le 16 novembre 1952 à Saint-Symphorien-lès-Tours[1],[2] (Indre-et-Loire), est un journaliste, essayiste, homme politique et poète français, théoricien du nationalisme intégral.

Écrivain provençal appartenant au Félibrige, et agnostique dans sa jeunesse, il se rapproche ensuite des catholiques et dirige le journal L'Action française, fer de lance du mouvement Action française, autour de Léon Daudet, Jacques Bainville, et Maurice Pujo. Nationaliste et contre-révolutionnaire, l'Action française prône alors une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée, mais également un antisémitisme d'État et devient le principal mouvement intellectuel et politique d'extrême droite sous la Troisième République. Maurras est élu à l’Académie française le 9 juin 1938.

Maurras soutient le régime de Vichy, ce qui lui vaudra d'être condamné pour intelligence avec l'ennemi à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale, le 28 janvier 1945. De cette dernière condamnation découle son exclusion automatique de l'Académie française. Il meurt en 1952.

Sommaire

Biographie

Article connexe : Action française.

Maurras naît dans une famille de la bourgeoisie provençale. Il devient orphelin de père à 8 ans, fait ses études au collège catholique, à Aix-en-Provence, rue Lacépède. Atteint dès 14 ans des premiers symptômes de la surdité qui deviendra presque totale[3], cela dégrade aussi ses capacités vocales alors qu'il se promettait à une carrière d'orateur. Il perd rapidement la foi qu'il tenait de sa mère pieuse. Il monte à Paris pour faire ses humanités gréco-latines et après avoir passé son baccalauréat en 1885, il part pour Paris et devient journaliste littéraire[4]. Il se lie d'amitié avec Anatole France, qui renforce son agnosticisme, et subit l'influence du positivisme d'Auguste Comte.

Maurras évolue à partir de 1895-1896. Il rencontre le nationaliste Maurice Barrès, collabore à La Cocarde, et rentre changé de son voyage en Grèce, où il couvre les premiers Jeux olympiques modernes pour La Gazette de France.

Il se range dans le camp des antidreyfusards, participant à la campagne de calomnie contre le capitaine Alfred Dreyfus. En septembre 1898 il fait l'éloge du falsificateur Hubert Henry, qui avait fabriqué plusieurs faux visant à nier l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus[5]. Il écrit en décembre 1898 à Barrès : « Le parti de Dreyfus mériterait qu'on le fusillât tout entier comme insurgé »[6].

Il se convertit à l'idée monarchique. Joseph de Maistre et Louis de Bonald inspirent ses idées politiques (voir l'ouvrage de Tony Kunter, Charles Maurras, la Contre-Révolution pour héritage), Le Play et La Tour du Pin, ses idées économiques et sociales.

À la mort de son frère, il adopte son neveu et ses nièces. Il sera aussi le parrain de François Daudet, un des fils de Léon Daudet.

Il est le dirigeant et l'un des fondateurs du quotidien royaliste l’Action française (d'abord intitulé Revue d'Action française, fondée par Maurice Pujo et Henri Vaugeois en 1899). Son premier article dans l'Action française quotidienne apparaît le 24 mars 1908. Il déploya, avec ses principaux collaborateurs, une grande virulence, allant – durant les années 1920 – jusqu'à la menace de mort, notamment contre Abraham Schrameck, ministre de l'Intérieur, en 1925 (« Ce serait sans haine et sans crainte que je donnerais l'ordre de répandre votre sang de chien si vous abusiez du pouvoir public pour répandre du sang français répandu sous les balles et les couteaux des bandits de Moscou que vous aimez[7] »), ou contre Léon Blum, président du Conseil (« C'est en tant que Juif qu'il faut voir, concevoir, entendre, combattre et abattre le Blum. Ce dernier verbe paraîtra un peu fort de café : je me hâte d'ajouter qu'il ne faudra abattre physiquement Blum que le jour où sa politique nous aura amené la guerre impie qu'il rêve contre nos compagnons d'armes italiens. Ce jour-là, il est vrai, il ne faudra pas le manquer[8]. »).

Comme dirigeant du quotidien L'Action française, en publiant, le 14 juillet 1936[9], un article accusant à tort Roger Salengro d'avoir déserté pendant la Première Guerre mondiale[9], il joua un rôle majeur dans la campagne de presse violente et mensongère menée, avec le quotidien d'extrême droite Gringoire[9], contre le ministre de l'Intérieur du Front populaire, qui aboutit à son suicide[9] le 18 novembre 1936.

L'antisémitisme d'Etat de Maurras, occuperait cependant une place modeste dans son œuvre ; Léon Poliakov évoque d'ailleurs les « bons Juifs » qu'avait distingués Maurras par leur engagement dans la Grande Guerre[10], comme Pierre David (1886-1918). Son talent littéraire donne à ses ouvrages théoriques une grande influence dans les milieux cultivés et conservateurs de France, et ses qualités de polémiste lui assurent une réelle audience dans d'autres, comme l'Académie française.

En 1905 il fonde la Ligue d'Action française pour lever des fonds en faveur de L'Action française, devenue l'organe de presse du mouvement.

Le marquis de Montealegre de Aulestia, grand penseur réactionnaire péruvien, le rencontre en 1913, admiratif de sa doctrine monarchique. Maurras également eut un important ascendant idéologique sur Salazar et les intellectuels de la dictature salazariste. Il soutient le général Franco et, jusqu'au printemps 1939, Mussolini, soulignant la parenté entre bon nombre de ses idées et celles du fascisme. Il appréciait la symbiose entre ses épigones italiens et le Parti national fasciste[11].

En juillet 1936, il écrit dans l’Action française à propos du nazisme : « l’entreprise raciste est certainement une folie pure et sans issue »[12]. En mars 1937, applaudissant à la condamnation du nazisme par le Pape, il précise ainsi sa propre position : « Tous les esprits impartiaux qui ont étudié le nationalisme français, même intégral, surtout intégral, savent combien il est profondément hostile à ce que l'Encyclique d'hier appelle 'la théorie du sol et du sang', théorie métaphysique, bien entendu, qui substitue aux relations normales et objectives des hommes, au jeu naturel des apports collectifs nationaux et professionnels, une distribution toute subjective fondée sur les races et sur les climats, dérivée du principe que l'Homme allemand ('all-mann') est l'Homme par excellence, le tout de l'Homme, et de ce que Luther incarna cet Homme dans l'histoire politique et dans l'histoire des religions[13] ». Il traite de « basses sottises » les idées de Gobineau et de Vacher de Lapouge et rappelle qu'il écrivait, déjà trente ans auparavant : « J'ai, pour mon compte, toujours pris garde de séparer les réflexions sur l'hérédité politique et économique d'avec les généralisations vagues, aventureuses et captieuses sur la stricte hérédité physiologique[14]. » Il demande une traduction non expurgée de Mein Kampf, dont certains passages laissant prévoir les ambitions hitlériennes avaient été censurés dans la version française.

Après un premier échec en 1923 contre Charles Jonnart, il est élu à l’Académie française le 9 juin 1938 au fauteuil 16, succédant à Henri-Robert, par 20 voix contre 12 à Fernand Gregh ; il fut reçu le 8 juin de l’année suivante par Henry Bordeaux[15].

À l'été 1940, malgré les conseils de Pierre Gaxotte, Maurras fait reparaître L'Action française à Lyon, avec en tête le slogan « La France seule ». Il soutient le régime de Vichy. En septembre 1940, lorsque le maréchal Pétain lui demande sa conception de la Révolution nationale, il répond « un bon corps d'officiers et un bon clergé »[16], une position qu'il appelle : « défendre l'héritage en l'absence d'héritier »[17]. Il parle d'une « divine surprise »[18] à propos de l'accession au pouvoir du Maréchal Pétain[19]. Il écrit également que la défaite de 1940 « a eu le bon résultat de nous débarrasser de nos démocrates »[20].

Inspirateur de la politique du régime de Vichy, il se fit l’apologiste du gouvernement du maréchal Pétain[21],[note 1]. Il continua à « dénoncer les Juifs » en se félicitant par exemple de l'abolition du décret Crémieux[22].

L'écrivain Jean Grenier note au sujet de l'agence de presse Inter-France que Charles Maurras est tout à fait opposé au groupe de journalistes « qui a fondé l'agence de presse Inter-France germanophile »[23].

Pendant l'occupation, les membres et les proches de l'Action française se divisèrent en trois groupes opposés : celui des maurrassiens orthodoxes soutenant le régime de Vichy conduit par le maréchal Pétain, celui des collaborationnistes ouvertement pro-nazis tels Robert Brasillach, Charles Lesca, Paul Chack, Louis Darquier de Pellepoix ou Joseph Darnand, et la minorité de ceux qui entrèrent en résistance contre les nazis tels Honoré d'Estienne d'Orves, Gilbert Renault, Pierre Bénouville, Daniel Cordier ou Jacques Renouvin[7]. Maurras se déclare « antigaulliste » et qualifie les résistants de « terroristes », appelant à la répression la plus violente contre eux : « Il exigeait des otages et des exécutions, il recommandait la mise à mort des gaullistes faits prisonniers, sans autre forme de procès, il déclarait que si "la peine de mort n'était pas suffisante pour mettre un terme aux activités des gaullistes, il fallait se saisir des membres de leur famille comme otages et exécuter ceux-ci" »[24].

Maurras écrit en 1944 que « si les Anglo-Américains devaient gagner, cela signifierait le retour des francs-maçons, des Juifs et de tout le personnel politique éliminé en 1940 », et que soutenir les Alliés serait prendre parti « du mauvais côté »[25].

Maurras reçoit la francisque, qu’il arborera encore en 1945[26].

Maurras est arrêté après la Libération de Lyon, en septembre 1944[27]. Le 28 janvier 1945[28], la cour de justice de Lyon déclare Charles Maurras coupable de haute trahison et d'intelligence avec l'ennemi et le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale. De cette dernière condamnation (article 21 de l'ordonnance du 26 décembre 1944), découle son exclusion[note 2] automatique de l'Académie française[28],[29] (l'ordonnance prévoit l'exclusion de l'Institut). Conformément à la loi[28] l'Académie déclare vacant le siège de Maurras lors de la séance du 1er février 1945[28],[29] mais, selon la décision du secrétaire perpétuel Georges Duhamel, ne procède pas au vote de radiation[28]. L'Académie décide de ne procéder à l'élection du remplaçant qu'après le décès du titulaire[28],[29]. Ce remplacement eut lieu le 29 janvier 1953, avec l'élection d'Antoine de Lévis-Mirepoix au fauteuil 16.

Maurras commenta sa condamnation par une exclamation célèbre : « C'est la revanche de Dreyfus ! »[7]. Le 21 mars 1952[30], bénéficiant d'une grâce médicale accordée par le président de la République Vincent Auriol[30], grâce réclamée maintes fois par l'écrivain Henry Bordeaux, auprès du président, par divers courriers, Charles Maurras est transféré à la clinique Saint-Grégoire[2] de Saint-Symphorien-lès-Tours où il meurt[1]. Bien qu'affaibli, il collabora sous pseudonyme à Aspects de la France, journal fondé par des maurrassiens en 1947, suite à l'interdiction de l'Action française. Il appela peu avant sa mort à l'exécution de François de Menthon, pour avoir été le ministre de la Justice du Gouvernement provisoire de la République française[31].

Ses dernières années, à la prison de Clairvaux, furent l'occasion d'une introspection. La réalité de sa conversion articulo mortis est l'objet de débat[réf. souhaitée]. Quelques mois avant sa mort, Maurras écrivait qu’il « n’avait pas fait un pas dans la direction des choses éternelles » ; les théologiens qui l’entouraient ne cessaient d’espérer un signe de conversion, mais Maurras était las de cet empressement et « souhaitait qu’on mît fin à cette volonté obstinée de « donner à boire à un âne qui n’a plus soif »[32].

Idées politiques

Article détaillé : Maurrassisme.

Le nationalisme de Péguy assume l'ensemble de la tradition française, et Barrès lui-même ne récuse pas l'héritage de la Révolution. Mais voici qu'apparaît avec Maurras et l'école de l'Action française une autre forme de nationalisme : un nationalisme qui choisit et exclut, un « nationalisme intégral ».

Charles Maurras est le fondateur du nationalisme positiviste. Au sentimentalisme barrésien s'oppose le positivisme de Maurras. Il considère la politique comme une science. Sa « politique naturelle » est une politique scientifique, c'est-à-dire une politique fondée sur la biologie et sur l'histoire. Pour Maurras comme pour tous les théoriciens de la contre-Révolution, Burke, Maistre, Taine, la nature se confond avec l'histoire. Lorsqu'il écrit que les sociétés sont « des faits de nature et de nécessité », il veut dire qu'il faut se conformer aux leçons de l'histoire : « Notre maîtresse en politique c'est l'expérience. » De telles affirmations ne sont pas neuves ; mais ce qui distingue Maurras de Maistre et des théocrates, c'est le recours à la biologie ; ici se manifeste l'influence du comtisme et du darwinisme. Un des développements de Mes idées politiques est intitulé « De la biologie à la politique ». Si Maurras préconise le recours à la monarchie, ce n'est nullement parce qu'il croit au « droit divin des rois ». Il récuse cet argument théologique et prétend ne recourir qu'à des arguments scientifiques : la biologie moderne a découvert la sélection naturelle, c'est donc que la démocratie égalitaire est condamnée par la science ; les théories transformistes mettent au premier plan le principe de continuité : quel régime mieux que la monarchie peut incarner la continuité nationale ?

D'où la position centrale du nationalisme intégral dans ses idées politiques. Celles-ci sont les bases de son soutien tant au royalisme français qu'à l'Église catholique et au Vatican. Cependant, il n'avait aucune loyauté personnelle envers la maison de Bourbon-Orléans, et était un agnostique convaincu, jusqu'à un retour au catholicisme à la fin de sa vie[réf. souhaitée], retour controversé aujourd'hui. Ses travaux ont particulièrement marqué la droite française, incluant l'extrême droite, succès dû au fait qu'il parvint à théoriser l'ensemble des idées politiques défendues par les familles politiques de droite en une seule et unique doctrine, qui contrastait nettement avec les légitimistes, pourtant en théorie plus à droite que Maurras, et fut probablement une des causes de leur écroulement pendant les années Maurras. Il parvint à rassembler le paradoxe d'une pensée réactionnaire qui changerait activement l'Histoire, une forme de contre-révolution opposée (car plus radicale) au simple conservatisme.

D'après l'historien Alain-Gérard Slama, l'efficacité de Maurras tient justement dans ce rassemblement des divers courants de droite de la France de cette époque (légitimistes, orléanistes, bonapartistes) et dans le fait de leur donner une théorie de l'action politique autant qu'une idéologie positive, l'intégralisme, alors que les familles de droite étaient jusqu'alors caractérisées par leur unique opposition à la gauche. Son « nationalisme intégral » rejetait tout principe démocratique qu'il jugeait contraire à l’« inégalité naturelle », et critiquait toute évolution depuis la Révolution française de 1789, et prônait le retour à une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée.

La monarchie selon Maurras

La monarchie selon Maurras est traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée.

Traditionnelle et héréditaire

Ces deux caractères résultent immédiatement de la « politique naturelle ». « Tradition veut dire transmission », transmission d’un héritage. Maurras parle du « devoir d’héritier » ainsi que du « devoir de léguer et de tester ». Il souligne les bienfaits de l’« institution parentale ” :

« Les seuls gouvernements qui vivent longuement, écrit-il dans la préface de Mes idées politiques, les seuls qui soient prospères, sont, toujours et partout, publiquement fondés sur la forte prépondérance déférée à l’institution parentale. »

Il est partisan d’une noblesse héréditaire, il conseille aux fils de diplomates d’être diplomate, aux fils de commerçants d’être commerçant, etc. La mobilité sociale lui paraît provoquer une déperdition du « rendement humain » (expression dont il se sert dans L’Enquête sur la Monarchie).

Antiparlementaire

La doctrine de Maurras est moins monarchique qu’antidémocratique et antiparlementaire. Sur ce thème, il s’exprime infatigablement, en 1890 comme en 1900 : sa pensée est formée une fois pour toutes. Il s’en prend au respect du nombre et au mythe de l’égalité ( l’inégalité est pour lui naturelle et bienfaisante), au principe de l’élection (contrairement à ce que croient les démocrates, « le suffrage universel est conservateur »), au culte de l’individualisme. Il dénonce le « panjurisme » démocratique, qui ne tient aucun compte des réalités. Il attaque avec une particulière violence les instituteurs, les Juifs, les démocrates chrétiens. Il affirme qu’il n’y a pas un Progrès mais des progrès, pas une Liberté mais des libertés : « Qu’est-ce donc qu’une liberté ? - Un pouvoir. » D’autre part Maurras déteste le « règne de l’argent », les financiers, les capitalistes. Il souligne les liens entre démocratie et capitalisme ; son traditionalisme est antibourgeois ; sur ce point, il est d’accord avec Péguy[note 3] et sa doctrine est en harmonie avec les sentiments des hobereaux plus ou moins ruinés qui constituaient souvent les cadres locaux de L’Action française.

Décentralisée

Maurras est un adversaire obstiné de la centralisation napoléonienne. Il estime en effet que cette centralisation, qui a pour conséquence l’étatisme et la bureaucratie (rejoignant ainsi les idées de Proudhon), est inhérente au régime démocratique. Il affirme que les républiques ne durent que par la centralisation, seules les monarchies étant assez fortes pour décentraliser. Décentralisation territoriale sans doute, mais aussi et surtout décentralisation professionnelle, c’est-à-dire corporatisme. Il faut redonner une vie nouvelle aux corps de métier, à toutes ces communautés naturelles dont l’ensemble forme une nation. C’est ainsi que Maurras, en 1937, dans Mes idées politiques, salue avec enthousiasme le fascisme : « Qu’est-ce que le fascisme ? Un socialisme affranchi de la démocratie. Un syndicalisme libéré des entraves auxquelles la lutte des classes avait soumis le travail italien. »

La conclusion de Maurras est le « nationalisme intégral », c’est-à-dire la monarchie : sans la monarchie, la France périrait. Le fameux « politique d’abord » ne signifie pas que l’économie a moins d’importance que la politique, mais qu’il faut commencer par réformer les institutions :

« Ne pas se tromper sur le sens de « politique d’abord ». L’économie est plus importante que la politique. Elle doit donc venir après la politique, comme la fin vient après le moyen. »

Maurras, un penseur contre-révolutionnaire

Comme beaucoup de gens en Europe à cette époque, Charles Maurras était hanté par l'idée de « décadence », partiellement inspirée par ses lectures d'Hippolyte Taine et d'Ernest Renan, et admirait le classicisme (ce qui d'ailleurs se ressent nettement dans ses recueils de poèmes, notamment La Musique intérieure et La Balance intérieure). Il pense ainsi que la France a perdu sa grandeur pendant la Révolution de 1789, une grandeur héritée de ses origines de province de l'Empire romain et forgée, selon son expression, par « quarante rois qui, en mille ans, firent la France » ; la Révolution française, écrivait-il dans L’Observateur, était négative et destructive.

Il remonta plus loin pour expliquer ce déclin, jusqu'aux Lumières et à la Réforme ; il décrivait la source du mal comme étant « des idées suisses », une référence à la nation adoptive de Calvin et la patrie de Jean-Jacques Rousseau. Maurras attribuait également le déclin de la France à l'« Anti-France », qu'il définissait comme « les quatre États confédérés des Protestants, Juifs, Francs-maçons, et métèques »[33]. En effet, pour lui ces trois premiers, Protestants, Juifs et Francs-maçons étaient tous des « étrangers internes ».

L'antisémitisme et l'antiprotestantisme sont deux thèmes récurrents de ses écrits. Ainsi quand il définissait la notion de Civilisation et son principe dans ses Œuvres Capitales, il pensait que la Réforme n'avait eu que seul effet le recul de la Civilisation[34]. Il ajoutait que « la Révolution n'était que l'œuvre de la Réforme ».

Il était également un militant antimaçonnique considérant que, si la franc-maçonnerie était jadis un esprit (d’ailleurs absurde), une pensée (d’ailleurs erronée), une propagande (d’ailleurs funeste) pour un corps d’idées désintéressées, elle n’était désormais plus animée ni soutenue que par la communauté des ambitions grégaires et des appétits individuels[35][style à revoir].

Il pensait ainsi que la Réforme, les Lumières, et la Révolution française ont eu pour effet notoire l'invasion de la philosophie individualiste dans la cité française[note 4]. Les citoyens la composant se préoccupant, d'après Maurras, avant tout de leur sort personnel avant de s'émouvoir de l'intérêt commun, celui de la nation. Il croyait alors que cette préoccupation individualiste et donc antinationale était la cause d'effets indésirables sur la France ; la démocratie et le libéralisme ne faisant qu'empirer les choses.

Même si Maurras prônait un retour à la monarchie, par bien des aspects Maurras ne correspondait pas du tout à la tradition monarchiste française. Son soutien à la monarchie et au catholicisme étaient explicitement pragmatiques, car il considérait qu'une religion d'État était la seule façon de maintenir l'ordre public[réf. nécessaire]. En contraste avec Maurice Barrès, théoricien d'une sorte de nationalisme-romantique basé sur l'ego, Maurras prétendait baser ses vues sur la raison plus que sur les sentiments, sur la loyauté et sur la foi.

Paradoxalement, il admirait le philosophe positiviste Auguste Comte, quand bien des leaders de la Troisième République le détestaient, dans laquelle il trouvait une contre-balance à l'idéalisme allemand. Alors que les légitimistes rechignaient à s'engager vraiment dans l'action politique, se retranchant dans un conservatisme catholiciste intransigeant et une indifférence à l'égard du monde moderne considéré comme mauvais, Maurras était préparé à s'engager entièrement dans l'action politique, par des manières autant orthodoxes que non orthodoxes (les Camelots du Roi de l'Action française étaient fréquemment impliqués dans des bagarres de rue contre des opposants de gauche, tout comme les membres du Sillon de Marc Sangnier). Sa devise était « politique d'abord ». D'autres influences incluant Frédéric Le Play lui permirent de réconcilier rationalisme cartésien et empirisme (notamment l'« empirisme organisateur » pour sauvegarder ce qui semblait avoir eu de meilleur dans le passé, la monarchie[36]).

Les positions religieuses de Maurras étaient en fait peu catholiques. Il soutenait l'Église catholique comme composante politique car celle-ci était intimement liée à l'Histoire de France, et parce que sa structure hiérarchique et son élite cléricale reflétaient son image de société idéale. Il considérait que l'Église se devait d'être le mortier chargé d'unir la France, et la chaîne chargée de lier tous les Français. Cependant, il ne croyait pas vraiment (jusqu'à sa conversion à la fin de sa vie, mais cette conversion est objet de débats)[réf. souhaitée], au dogme religieux, écrit, selon son expression, « par quatre obscurs juifs »[37], mais admirait l'Église catholique pour être parvenue à concilier bien des « dangereux apprentissages » de la Bible. L'interprétation de Maurras à propos du dogme, tout comme ses enseignements intégralistes personnels, étaient critiqués fermement par bien des membres du clergé.

Mis à part ce point, Maurras fut suivi par bien des monarchistes et par énormément de catholiques, incluant les assomptionnistes et le prétendant orléaniste au trône de France, le duc d'Orléans. Cependant son agnosticisme suscitait l'inquiétude de la part de la hiérarchie catholique et en 1926, le pape Pie XI classa certains écrits de Maurras dans la catégorie des « Livres Interdits » et condamna l'Action française dans son ensemble. Cette condamnation du pape fut un grand choc pour bon nombre de ses partisans, qui comprenaient un nombre considérable de membres du clergé français, et causa un grand préjudice à l'Action française. Elle fut levée cependant par Pie XII en 1939, un an après que Maurras fut élu à l'Académie française.

Maurras était évidemment un opposant majeur de ce qu'Allan Bloom appelait le « conservatisme du Trône et de l'Autel », et un descendant intellectuel de Joseph de Maistre, un des premiers penseurs de la contre-révolution[réf. nécessaire].

L’héritage de Charles Maurras

Maurras est la principale influence intellectuelle du national-catholicisme et du nationalisme intégral. Lui et l'Action française ont influencé, au Mexique, Jesús Guiza y Acevedo, surnommé « le petit Maurras », tout comme l'historien Carlos Pereyra (es), ou l'écrivain vénézuélien Laureano Vallenilla Lanz (es), qui écrivit Cesarismo democratico (Césarisme démocratique). Parmi les autres personnes célèbres influencées par Charles Maurras, on peut aussi citer le brésilien Plinio Corrêa de Oliveira et le marquis de Montealegre de Aulestia pour le Pérou. La pensée de Maurras a aussi influencé le catholicisme fondamentaliste de la dictature brésilienne des années 1964 à 1985, tout comme le mouvement Cursillos de la Cristiandad, similaire au groupe Cité catholique, fondé en 1950 par l'évêque de Ciudad Real, Mgr Hervé. Le militaire argentin Juan Carlos Onganía, tout comme Alejandro Agustín Lanusse, avaient participé aux Cursillos de la Cristiandad, ainsi que les Dominicains Antonio Imbert Barrera (es) et Elias Wessin y Wessin (es), opposants militaires à la restauration de la Constitution de 1963. De plus, le maurrassisme influença bien des écrits de l'OAS, qui théorisa « la guerre contre-révolutionnaire »[réf. nécessaire].

On peut aussi citer l'exemple le plus connu : le Portugal gouverné par António de Oliveira Salazar de 1932 à 1968 (puis prolongée par Marcello Caetano qui lui succéda jusqu'à la Révolution des Œillets en 1974) et dont la doctrine idéologique et politique d'Estado Novo fut conçue puis appliquée directement à partir des idées maurassiennes, adaptées à la réalité portugaise de l'époque.

Le démocrate chrétien Jacques Maritain était aussi proche de Maurras avant la condamnation du pape, et critiqua la démocratie dans l'un de ses premiers écrits, Une opinion sur Charles Maurras ou Le Devoir des Catholiques.

Maurras fut à l'origine de nombreuses aventures intellectuelles et littéraires. En 1908, année de la fondation du quotidien L'Action française, les jeunes intellectuels maurrassiens se regroupaient autour de la Revue critique des idées et des livres, qui fut jusqu'en 1914 la grande rivale de la NRF d'André Gide. La revue défendait l'idée d'un « classicisme moderne », s'ouvrait aux théories nouvelles (Henri Bergson, Georges Sorel...) et formait une nouvelle génération de critiques et d'historiens. Pendant l'entre deux guerres, l'expérience de la Revue Critique se poursuivit dans un grand nombre de revues : Revue universelle, Latinité, Réaction pour l'ordre, La Revue du siècle...

Œuvres

  • 1931 : Le Quadrilatère
  • 1931 : Au signe de Flore
  • 1932 : Heures immortelles
  • 1932-1933 : Dictionnaire politique et critique, 5 volumes
  • 1935 : Prologue d'un essai sur la critique
  • 1937 : Quatre poèmes d'Eurydice
  • 1937 : L'Amitié de Platon
  • 1937 : Jacques Bainville et Paul Bourget
  • 1937 : Les vergers sur la mer
  • 1937 : Jeanne d'Arc, Louis XIV, Napoléon
  • 1937 : Devant l'Allemagne éternelle
  • 1937 : Mes idées politiques
  • 1937 : La Dentelle du Rempart
  • 1940 : Pages africaines
  • 1941 : Sans la muraille des cyprès
  • 1941 : Mistral
  • 1941 : La Seule France
  • 1942 : De la colère à la justice
  • 1943 : Pour un réveil français
  • 1944 : Poésie et vérité
  • 1944 : Paysages mistraliens
  • 1944 : Le Pain et le Vin
  • 1945 : Au-devant de la nuit
  • 1945 : L'Allemagne et nous
  • 1947 : Les Deux Justices ou Notre J'accuse
  • 1948 : L'ordre et le désordre (L'Herne, Carnets, 2007, précédé de L'Avenir du nationalisme français (ISBN 978-2-85197-665-9))
  • 1948 : Maurice Barrès
  • 1948 : Une promotion de Judas
  • 1948 : Réponse à André Gide
  • 1949 : Au Grand Juge de France
  • 1949 : Le Cintre de Riom
  • 1950 : Mon jardin qui s'est souvenu
  • 1951 : Tragi-comédie de ma surdité
  • 1951 : Vérité, justice, patrie (avec Maurice Pujo)
  • 1952 : À mes vieux oliviers
  • 1952 : La Balance intérieure
  • 1952 : Le Beau Jeu des reviviscences
  • 1952 : Le Bienheureux Pie X, sauveur de la France
  • 1953 : Pascal puni (posthume)
  • 1958 : Lettres de prison (1944-1952) (posthume)
  • 1966 : Lettres passe-murailles, correspondance échangée avec Xavier Vallat (1950-1952) (posthume)
  • 2007 : Dieu et le Roi – Correspondance entre Charles Maurras et l'abbé Penon (1883-1928), présentée par Axel Tisserand, Privat, coll. « Histoire », Paris, novembre 2007, 750 p. (ISBN 978-2-7089-6881-3)
  • 2008 : L’ordre et le désordre, préface de François L'Yvonnet, coll. Carnets, L’Herne, Paris.
  • 2010 : Soliloque du prisonnier, préface de François L'Yvonnet, coll. Carnets, L’Herne, Paris.
  • 2011 : La bonne mort, préface de Boris Cyrulnik et présentation de Nicole Maurras, coll. Carnets, L’Herne, Paris.

Charles Maurras, majoral du Félibrige, a publié une grande partie de son œuvre en provençal utilisant la graphie mistralienne.

Annexes

Bibliographie

  • Philippe Bedouret, Barrès, Maurras et Péguy face au germanisme (1870-1914), École pratique des hautes études, Paris, 2005, 2 vol., 748 p. (thèse d'Histoire contemporaine)
  • René Benjamin, Charles Maurras ce fils de la mer, Plon, 1932.
  • Pierre Boutang, Maurras, la destinée, l'œuvre, éd. La Différence, 1994, 693 p.
  • Agnès Callu et Patricia Gillet, Lettres à Charles Maurras – Amitiés politiques, lettres autographes, 1898-1952, éd. Presses Universitaires du Septentrion, 2008.
  • Philippe Chenaux, Entre Maurras et Maritain – Une génération intellectuelle catholique (1920-1930), Cerf, 1999.
  • Yves Chiron, La Vie de Maurras, éd. Perrin, 1991.
  • Stéphane Giocanti, Maurras – Le chaos et l'ordre, Flammarion, 2006, 582 p. (ISBN 978-2-08-210495-1)
  • Stéphane Giocanti et Axel Tisserand (dir.), Charles Maurras, coll. Cahiers, L’Herne, 2011, Paris.
  • Bruno Goyet, Charles Maurras, Presses de Sciences Po, 2000.
  • François Huguenin, À l'école de l'Action française – Un siècle de vie intellectuelle, éd. J.-C. Lattès, 1998, 637 p.
  • Roger Joseph et Jean Forges, Nouvelle Bibliographie de Charles Maurras, éd. L'Art de voir, Aix-en-Provence, 1980, 2 vol. , XXXVI-275 p. ; 303 p. (édition corrigée et complétée du précédent ouvrage des mêmes auteurs : Biblio-iconographie générale de Charles Maurras, Roanne, les Amis du Chemin de Paradis, 1953, 2 vol. ).
  • Roger Joseph, Les Faux Maurras, éditions de la Seule France, Paris, 1958, 64 p. [réfutations, par un proche, des principales accusations dont Charles Maurras fit l'objet].
  • Tony Kunter, Charles Maurras, la Contre-Révolution pour héritage, Nouvelles éditions latines, Paris, 2009, 208 p. (ISBN 978-2-7233-9818-3).
  • Jean Madiran, Maurras, Nouvelles éditions latines, Paris, 1992 (ISBN 978-2-7233-0452-8).
  • Jean Madiran, Maurras toujours là, Consep, Versailles, 2004 (ISBN 978-2-85162-120-7).
  • Hélène Maurras, Souvenirs des prisons de Charles Maurras, éd. du Fuseau, 1965.
  • Cédric Milhat, « Libertés, inégalité, autorité. Sur Mes idées politiques de Charles Maurras », Politéia, n°3, juin 2003, Université Montesquieu-Bordeaux IV-AFAAIDC
  • Thomas Molnar, Charles Maurras, Shaper of an Age, Modern Age, Fall, 1999 issue, Intercollegiate Studies Institute Inc. (ISSN 0026-7457) (traduction française sous le titre Charles Maurras, le façonneur d'une époque, par l'A.A.M.C.P.)
  • Victor Nguyen, Aux origines de l'Action française – Intelligence et politique autour des années 1900, éd. Fayard, 1991.
  • Jacques Prévotat, Les Catholiques et l'Action française – Histoire d'une condamnation, éd. Fayard, 2001.
  • Albert Thibaudet, Les Idées de Charles Maurras, Paris, NRF, 1920 [« demeure un ouvrage de référence », selon Jacques Prévotat[38]].
  • Pol Vandromme, Maurras – Entre le légiste et le contestataire, Tequi, 1991.
  • Georges-Paul Wagner, Maurras et la justice, Clovis, 2002.
  • Eugen Weber, L'Action française, éd. Hachette, 1985.

Articles connexes

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Notes et références

Notes

  1. Voir également cette remarque de Jacques Prévotat, L'Action française, Paris, PUF, « Que sais-je? », 2004, p. 98-99. « Le directeur du journal [l'AF = Maurras] s'enferme dans un schématisme abstrait, détaché du réel concret, mais dont l'orientation, systématiquement favorable au régime de Vichy et hostile à la cause alliée, tourne à une complicité de fait avec l'occupant. Les contemporains ne sont pas dupes. De Londres, où il écrit dans La France libre, Raymond Aron porte, six mois à peine après l'installation du nouveau régime, cette appréciation sur le chef de l'Action française : « M. Maurras, promu doctrinaire officiel du nouveau régime, n'en écrit pas plus aujourd'hui sur la IIIe République qu'il n'en écrivait depuis trente ans. La seule différence est qu'il est désormais gouvernemental et conformiste, qu'il trouve une sorte de jouissance morose dans les malheurs qui accablent notre patrie, parce qu'ils ont liquidé le régime détesté et permis cette « merveille d'État national » que le maréchal Pétain est en train de construire (15 décembre 1940) »
  2. Le Larousse 2008, (ISBN 978-2-03-582503-2), MAURRAS (Charles), p. 1510, emploie le mot « radié » : [Acad. fr., radié en 1945] ; ce terme est employé par ce dictionnaire de manière constante, il figure par exemple sur l'édition de 1952, p. 1534.
  3. Péguy, L’argent et L’argent (suite)
  4. « Cité » doit être compris dans le sens donné par Aristote dans Les Politiques : « Un citoyen au sens plein ne peut pas être mieux défini que par la participation à une fonction judiciaire et (…) à « une magistrature sans limite » (…), le citoyen comme nous l'avons défini existe surtout en démocratie ; (…) et nous appelons, en bref, cité l'ensemble de gens de cette sorte. Note interne concernant la magistrature - Livre 1, Note 1 : « Magistrat » sera désormais, dans la traduction comme dans les notes, pris en son sens général de celui qui exerce une fonction (une charge) politique, et non au sens juridique qui tend, de nos jours, à s'imposer. » — Aristote, Les Politiques, Livre III, Chapitre 1, Traduction, notes et bibliographie par Pierre PELLEGRIN, Editions Flammarion, Collection « Le Monde de la philosophie », 2008, pp. 121-3, note p. 463.

Références

  1. a et b Site de l'Académie française, Charles Maurras (1868-1952) : « [...] En 1952, sa santé déclinante le fit admettre à la clinique de Saint-Symphorien-lès-Tours, où il devait s’éteindre »
  2. a et b Agnès Callu, Patricia Gillet et textes de Charles Maurras, Lettres à Charles Maurras – Amitiés politiques, lettres autographes, 1898-1952, éd. Presses Univ. Septentrion, 2008, 256 p. (ISBN 978-2-7574-0044-9) [lire en ligne], p. 170 : « clinique Saint-Grégoire »
  3. Pour se faire comprendre de lui, il faudra lui parler à la racine du nez.
  4. Biographie sur le site de l'Académie Française
  5. Michel Winock, Le Siècle des intellectuels, Le Seuil, coll. « Points », 1999, p. 52.
  6. Eugen Weber, L'Action française, éd. Fayard, 1985, p. 578.
  7. a, b et c L'Action française, 9 juin 1925. Cité par Jacques Prévotat, L'Action française, PUF, « Que sais-je? », Paris, 2004, p. 98-99
  8. L'Action française du 15 mai 1936.
  9. a, b, c et d Thibaut Kaeser, « La rumeur assassine », Le Courrier, 12 décembre 2006, sur le site lecourrier.ch, consulté le 17 avril 2009
  10. Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme, Tome IV : L'Europe suicidaire (1870-1939), Calmann-Lévy, 1977, p. 438-442.
  11. L'Action française, 18 juillet 1923
  12. Ch. Maurras, L'Action française, 15 juillet 1936, cité par Robert Belot, « Critique fasciste de la raison réactionnaire : Lucien Rebatet contre Charles Maurras », dans Mil neuf cent, 1991, vol. 9, n° 9, pp. 49-67, p. 59, note 46, consultable sur le site Persée.
  13. Maurras, Action française, 23 mars 1937; reproduit dans Charles Maurras, Dictionnaire politique et critique, Complément établi par les soins de Jean Pélissier, Fascicule 22, p. 109.
  14. Maurras, Action française, 25 mars 1937 ; reproduit dans Charles Maurras, Dictionnaire politique et critique, Complément établi par les soins de Jean Pélissier, Fascicule 22, p. 110.
  15. Biographie de Charles Maurras sur le site de l'Académie française.
  16. Jean Madiran, Maurras toujours là, Consep, 2004, p. 12.
  17. op. cit.
  18. Le Petit Marseillais, 9 février 1941
  19. Jacques Prévotat, L'Action française, Paris, PUF, collection « Que sais-je ? », 2004, p. 93.
  20. Herbert Lottman, L’Épuration (1943–1953), Fayard, Paris, 1986, p. 307.
  21. Notice biographique de l'Académie française
  22. Bruno Goyet, Charles Maurras, Presses de Science Po, 1999, p. ;251.
  23. Jean Grenier, Claire Paulhan, Gisèle Sapiro, Sous l'Occupation, C. Paulhan, 1997, 419 pages, p. 133
  24. Eugen Weber, L'Action française, éd. Fayard, 1985, p. 509 et 515-516.
  25. Eugen Weber, op. cit., p. 513.
  26. Eugen Weber, L’Action française, éd. Hachette, 1990, p. 520.
  27. Eugen Weber, L'Action française, éd. Fayard, 1985, p. 519.
  28. a, b, c, d, e et f Collectif - Fondation Charles de Gaulle, De Gaulle et la Libération, Éditions Complexes, Paris, 2004, 221 p. (ISBN 978-2-8048-0016-1) [présentation en ligne], chapitre : « De Gaulle et la République des lettres », par Nicole Racine : p. 184-186 : « [...] L'ordonnance du 26 décembre 1944 entraînait automatiquement la destitution et l'exclusion de toutes fonctions, offices publics et corps constitués de quiconque était déclaré coupable d'indignité nationale. Comme la loi l'y obligeait, l'Académie déclara le 1er février, la vacance du fauteuil de Charles Maurras [...], mais à l'initiative de Georges Duhamel ne vota pas sur la radiation. [...] »
    Ont participé à cet ouvrage : Claire Andrieu, Serge Berstein, Michèle et Jean-Paul Cointet, Laurent Douzou, René Hostache, Chantal Morelle, Nicole Racine, Odile Rudelle, Maurice Vaïsse, Dominique Veillon, Olivier Wieviorka. Textes tirés des actes du colloque des 6, 7 et 8 octobre 1994 organisé par la Fondation Charles de Gaulle, la Fondation des Sciences politiques, l'Association française des constitutionnalistes et la participation de l'université de Caen ; publié en version intégrale : Le rétablissement de la légalité républicaine, 1944, Éditions Complexes, 1996.
  29. a, b et c Site de l'Académie française, Charles Maurras (1868-1952) : « [...] Sa condamnation entraînait automatiquement sa radiation de l'Académie (article 21 de l'ordonnance du 26 décembre 1944) ; il fut en fait décidé, lors de la séance du 1er février 1945, qu'on déclarerait vacant le fauteuil de Maurras, sans pour autant voter la radiation. Ainsi, Charles Maurras, comme le maréchal Pétain, mais à la différence d'Abel Hermant et Abel Bonnard, ne fut remplacé sous la Coupole qu'après sa mort. »
  30. a et b Guillaume Gros, Philippe Ariès: un traditionaliste non-conformiste : de l'Action française à l'École des hautes études en sciences sociales, 1914-1984, éd. Presses Univ. Septentrion, 2008, 346 p. (ISBN 978-2-7574-0041-8) [présentation en ligne sur books.google.fr], p. 105-106.
  31. Herbert Lottman, L’Épuration (1943–1953), Fayard, Paris, 1986, p. 308.
  32. Jacques Prévotat, op. cit. p. 520-521.
  33. L'Action française, 6 juillet 1912.
  34. Charles Maurras, Œuvres Capitales, Principes, pp. 179-80.
  35. Charles Maurras, Dictionnaire politique, tome III, 1932, p. 11.
  36. Éric Vatré, Charles Maurras. Un itinéraire spirituel, Paris, Nouvelles éditions latines, 1978, p. 141
  37. Charles Maurras, Préface du Chemin du Paradis, cité dans Dir. Michel Winock, Histoire de l'extrême droite française, chapitre 4 : L'Action française, page 132, édition de 1994
  38. Jacques Prévotat, L'Action française, Paris, PUF, collection « Que sais-je ? », 2004, p. 34.


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Fauteuil 16 de l’Académie française
1938-1945
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