Leon Daudet


Leon Daudet

Léon Daudet

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Léon Daudet
Leon Daudet.JPG
Naissance 16 novembre 1867
Paris
Décès 30 juin 1942
Saint-Rémy-de-Provence
Langue d'écriture Français
Genre(s) Romans, Essais, Critiques, Pamphlets, Mémoires
Œuvres principales
  • ''Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux, 1914-1921

Léon Daudet, né le 16 novembre 1867 à Paris et mort le 30 juin 1942 à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), est un écrivain, un journaliste et un homme politique français.

Sommaire

De la médecine à l'antidreyfusisme

Léon Daudet est le fils aîné d'Alphonse Daudet et le frère de Lucien Daudet. Son père, écrivain renommé mais aussi homme enjoué et chaleureux, a beaucoup d'amis. Ses réceptions du jeudi attirent de nombreuses personnalités du monde de la culture. « Fils d'un écrivain célèbre et qui avait non seulement le goût, mais la passion des échantillons humains, depuis le vagabond de la route jusqu'au plus raffiné des artistes, j'ai été en relation avec beaucoup de gens...[1] ». Aussi Léon fréquente-t-il dès son enfance des écrivains et des journalistes, les uns, comme Gustave Flaubert, visiteurs épisodiques, les autres, comme Edmond de Goncourt, presque membres de la famille. Maurice Barrès, Émile Zola, Edouard Drumont, Guy de Maupassant, Ernest Renan, Arthur Meyer, Gambetta, entre autres, marqueront ses souvenirs d’enfance.

En 1885, il entame des études de médecine dans l'espoir de soulager son père malade. Il voit de l’intérieur le monde médical et fréquente des sommités comme Charcot jusqu’à son échec au concours de l'internat, en 1891. Cette expérience lui permet d'écrire Les morticoles (1894), caricature amère du monde médical, qui le fait connaître.

Son premier roman, L'Héritier, paraît en 1892, en feuilleton dans La Nouvelle Revue de Juliette Adam. En 1900, il est critique de théâtre au journal Le Soleil, collabore au Gaulois et à La Libre Parole. Il débute ainsi une carrière d'écrivain et de journaliste qu'il continuera à un rythme enfiévré jusqu’à sa mort : il laissera environ 9 000 articles et 128 livres dont une trentaine de romans, une quinzaine d'essais philosophiques, des ouvrages de critique littéraire, des pamphlets (une dizaine), de l'histoire, et enfin ses Souvenirs, publiés avec succès de 1914 à 1921 qui restent son premier titre de renommée littéraire.

En 1891, il épouse civilement Jeanne Hugo, petite-fille du poète, sœur de son meilleur ami Georges Hugo, à la mairie du XVIe (Victor Hugo avait défendu à sa descendance la pratique du mariage religieux). Son beau-père, Édouard Lockroy, occupe différents postes ministériels entre 1886 et 1899. Ce mariage lui fait découvrir de l'intérieur le monde qui gravite autour du poète national : sa famille et le parti républicain. Il divorcera en 1895, et Jeanne Hugo épouse en secondes noces Jean-Baptiste Charcot .

La révision du procès d'Alfred Dreyfus en 1898 le fait opter, ainsi que sa famille, pour le camp de l'ordre et de l'armée. Buté autant qu'emporté, il n'admettra jamais l'innocence du capitaine et verse dès lors dans un antisémitisme qui associe le juif à l’Allemagne, antisémitisme auquel l'avait sans doute préparé l'amitié de son père avec Édouard Drumont.

Le polémiste de l'Action française

Article détaillé : L'Action française.

Bien qu'il connût déjà Charles Maurras et Henri Vaugeois, c'est sa rencontre, en 1904, avec le duc d'Orléans qui décide de sa vocation monarchiste, vocation renforcée par son mariage, en 1903, avec sa cousine Marthe Allard, qui partage ses idées et les finance.

L'affaire des fiches (1904), suivie de l'affaire Syveton, dans laquelle il s'obstinera à voir un assassinat, renforcent son engagement dans la politique réactionnaire et anti-parlementaire. En 1908, il est l'un des fondateurs, avec Charles Maurras, Henri Vaugeois et Maurice Pujo, du quotidien L'Action française, où il exerce la fonction de rédacteur en chef, puis de co-directeur à partir de 1917, et dont il demeurera l'éditorialiste jusqu'en 1941.

Il devient dès lors une figure de la vie culturelle et politique : articles polémiques charriant les injures, voire les appels au meurtre, style percutant et comique, mais aussi essais, livres d'histoire et romans se succèdent à un rythme soutenu. Le personnage est énorme, au moral comme au physique, mangeant, buvant, écrivant, discourant sans cesse. Celui qu'on surnomme « le gros Léon » défraye la chronique, autant par ses écrits que par les duels que lui valent ses insultes et les coups qu'il donne ou reçoit au cours de manifestations qui se terminent souvent au poste.

À partir de 1912, il entame une campagne dénonçant l'infiltration des milieux des affaires et de la politique par des agents à la solde de l'Allemagne, campagne dont il verra l'aboutissement avec l'arrestation de Miguel Almereyda (affaire du Bonnet rouge) lors de la Première Guerre mondiale en 1917, suivie de celles de Louis Malvy et de Joseph Caillaux, accusés de forfaiture et qu'il aurait voulu voir fusillés en compagnie d’Aristide Briand. Son livre L'Avant-Guerre, sortit le 5 mars 1913 se révélant prophétique sur certains points, verra ses ventes passer de 12 000 exemplaires à 20 000 en début du conflit. Entre fin 1914 et début 1916, il s'en vendra 50 000 exemplaires de plus. Le ministre de l'intérieur Louis Malvy fit interdire les conférences de Daudet où il commentait son livre[2].

Député de Paris, mort de Philippe Daudet et emprisonnement

Léon Daudet
Parlementaire français
Naissance
Décès
Mandat Député 1919-1924
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Circonscription Seine
Groupe parlementaire Indépendants
IIIe république

De 1919 à 1924, il est député de l'Union nationale à Paris, principal porte-parole des nationalistes et, même s'il estimera plus tard avoir perdu là quatre ans et demi de sa vie, les occasions ne lui manquent pas d'animer les débats par ses boutades et ses invectives.

En 1923, son fils Philippe meurt dans des circonstances restées mystérieuses. Certes l'adolescent tourmenté et psychiquement fragile (il était épileptique) avait fait plusieurs fugues, certes des témoignages et une lettre posthume portent à croire à la thèse officiellement retenue du suicide, mais des bizarreries dans l'enquête, des coïncidences et le climat de violence politique de l'époque (Marius Plateau, un collaborateur de l'Action Française, a été assassiné quelques mois plus tôt par une anarchiste) laissent toujours la place au doute. Léon, quant à lui, n'hésite pas à mettre en cause la police politique (qu'il dénoncera d'ailleurs dans un livre[3]) du pouvoir républicain, porte plainte contre plusieurs hauts fonctionnaires et, au terme d'une enquête publiée jour après jour dans l'Action Française, accuse de faux témoignage un des principaux témoins, ce qui lui vaut d'être condamné, en 1925, à cinq mois de prison ferme.

En 1927, ayant épuisé tous les recours et toujours persuadé d'être victime d'une machination policière, Léon Daudet transforme pendant quelques jours les locaux de l'Action Française en Fort Chabrol avant de se rendre. Incarcéré à la Santé, il est libéré deux mois plus tard par les Camelots du Roi, qui sont parvenus, détournant les communications téléphoniques de la prison et déployant des dons d'imitateurs, à faire croire à son directeur que le gouvernement lui ordonnait d'élargir discrètement le journaliste monarchiste et, pour faire bonne mesure, le député communiste Pierre Sémard.

Suivent deux ans d'exil à Bruxelles, durant lesquels il continue sa collaboration avec le quotidien monarchiste et la publication effrénée d'essais, de pamphlets, de souvenirs et de romans.

Les années 1930 et Vichy

De retour à Paris après avoir été été gracié, il reprend sa place au journal et participe activement à la vie politique : il dénonce la corruption du régime, prédit la guerre, soutient le fascisme de Mussolini mais redoute le relèvement de l’Allemagne, et espère, lors de la manifestation du 6 février 1934, la chute de la « Gueuse », dénonçant Camille Chautemps (démissionnaire de la présidence du conseil depuis quelques jours en raison de l'affaire Stavisky) comme le « chef d'une bande de voleurs et d'assassins »[réf. nécessaire].

Il souhaitait depuis plusieurs années l'arrivée de Pétain au pouvoir lorsque la défaite amène, pour reprendre l'expression de Charles Maurras, la « divine surprise ». Mais l'occupation allemande désole ce patriote résolument latin et viscéralement antigermanique, qui a depuis les années 1920 beaucoup tempéré son antisémitisme.

Il meurt en 1942 à Saint-Rémy-de-Provence, dans le pays des « Lettres de mon moulin ».

Léon Daudet, écrivain

C’est dans son œuvre de mémorialiste que ses dons d’écrivain paraissent aujourd’hui les plus éclatants.

Il entreprend la rédaction de ses mémoires à 47 ans en 1914, voulant offrir à ses lecteurs « un tableau véridique sans l’atténuation qu’apporte aux jugements un âge avancé ». Il les intitule Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux. Il a, dès son enfance, côtoyé des écrivains (du salon d’Alphonse Daudet au grenier Goncourt, du salon de Mme de Loynes à la création de l'Académie Goncourt), des scientifiques, des hommes politiques, des journalistes (du Gaulois au Figaro) , des hommes de théâtre, et aura été proche de nombre d'entre eux. Son sens de l'observation, son style enlevé et sa férocité lui ont permis de graver à l’eau forte des milliers de pages de portraits et d’anecdotes qu'on dirait saisis sur le vif.

« Nul n’a su comme lui faire le portrait au vitriol de ses contemporains, esquisser une silhouette en quelques traits mordants, décerner des surnoms qui collent à la peau, trouver la formule assassine qui étend raide l’adversaire, décrire avec une verve prodigieuse les ridicules d’un salon, d’une académie, d’une assemblée parlementaire, d’un tribunal, évoquer l’ambiance hallucinante des hôpitaux de sa jeunesse. Tout un monde, toute une époque, ressurgissent sous sa plume, avec les couleurs de la vie même. », rappelle Bernard Oudin, qui a établi les notes de l'édition de Léon Daudet : souvenirs et polémiques dans la collection Bouquins (1992).

Si ses romans - il poursuivra toute sa vie une carrière de romancier avec un insuccès littéraire à peu près total - ont beaucoup vieilli, si son œuvre de polémiste ne suscite plus l'intérêt, ses Souvenirs restent une mine pour tous ceux que la IIIe République intéresse.

Son antisémitisme nous choque aujourd’hui, mais faut-il rappeler qu’il était, au tournant du siècle, répandu dans toute la société française, voire européenne ? Ses jugements à l'emporte-pièce et ses partis pris souvent dictés par ses haines politiques n'empêchent pas des opinions originales et un anti-conformisme qui l’a parfois fait classer dans les « anarchistes de droite » lui a même permis de défendre des œuvres ou des auteurs auxquels son entourage traditionaliste était hostile. Ainsi a-t-il fait obtenir en 1919 le Prix Goncourt à Marcel Proust (pourtant de mère juive et surtout dreyfusard) qui le lisait et restera son ami (il lui dédie « Le côté de Guermantes »), tentera-t-il sans succès de le faire attribuer à Céline pour « Voyage au bout de la nuit », ouvrage alors honni par les patriotes, ainsi écrira-t-il, au grand dam de son clan, un article élogieux sur André Gide, louera-t-il Picasso et confiera-t-il (le comble pour un antisémite) « qu'il n'a pas connu d'idéaliste plus complet que Marcel Schwob ».

Extraits : quelques portraits

  • Marcel Proust au restaurant Weber entre 1900 et 1905 (Salons et Journaux, chap. IX)

« Vers 7 heures et demie arrivait chez Weber un jeune homme pâle, aux yeux de biche, suçant ou tripotant une moitié de sa moustache brune et tombante, entouré de lainages comme un bibelot chinois. Il demandait une grappe de raisin, un verre d’eau et déclarait qu’il venait de se lever , qu’il avait la grippe, qu’il s’allait recoucher, que le bruit lui faisait mal, jetait autour de lui des regards inquiets, puis moqueurs, en fin de compte éclatait d’un rire enchanté et restait. Bientôt sortaient de ses lèvres, proférées sur un ton hésitant et hâtif, des remarques d’une extraordinaire nouveauté et des aperçus d’une finesse diabolique. Ses images imprévues voletaient à la cime des choses et des gens, ainsi qu’une musique supérieure, comme on raconte qu’il arrivait à la taverne du Globe, entre les compagnons du divin Shakespeare. Il tenait de Mercutio et de Puck, suivant plusieurs pensées à la fois, agile à s’excuser d’être aimable, rongé de scrupules ironiques, naturellement complexe, frémissant et soyeux. C’était l’auteur de ce livre original, souvent ahurissant, plein de promesses : Du côté de chez Swann, c’était Marcel Proust. »

« Robert de Montesquiou, qui s’est depuis terriblement banalisé et galvaudé – conséquence fatale de l’amour de la célébrité –, passait pour un être rare, lointain, distant et fermé. (…) L’homme était mystérieux comme l’auteur, long et mince, sans âge, tel que verni pour l’éternité, les rides du front savamment déplissées, habillé avec ce goût rarissime qui aboutit à un ensemble neutre par l’harmonie, le fondu de détails voyants, fleuri quant à la boutonnière, et aussi quant au discours. Il racontait, comme pour des adeptes, de longues et fastidieuses anecdotes consacrées à des arcanes mondains, méprisables mais inaccessibles, bafoués, mais à la façon des idoles ; puis, vers la fin de son monologue, le comte à écouter debout éclatait d’un rire aigu de femme pâmée. Aussitôt, comme pris de remords, il mettait sa main devant sa bouche et cambrait le torse en arrière, jusqu’à ce que son incompréhensible joie fût éteinte, comme s’il eût lâché un gaz hilarant. »

« J.-K. Huysmans, familier de Goncourt, était silencieux et grave comme un oiseau de nuit. Mince et légèrement voûté, il avait le nez courbé, les yeux enfoncés, le cheveu rare, la bouche longue et sinueuse, cachée sous la moustache floche, la peau grise et des mains fines de bijoutier ciseleur. Sa conversation, ordinairement crépusculaire, était toute en exclamations écœurées, dégoûtées sur les choses et les gens de son époque, qu’il exécrait également, qu’il maudissait, depuis la décadence de la cuisine et l’invention des sauces toutes préparées, jusqu’à la forme des chapeaux. A la lettre, il vomissait son siècle et le parcourait frileusement, comme un écorché vif, souffrant des contacts, des atmosphères, de la sottise ambiante, de la banalité et de l’originalité feinte, de l’anticléricalisme et du bigotisme, de l’architecture des ingénieurs et de la sculpture « bien-pensante », de la tour Eiffel et de l’imagerie religieuse du quartier Saint-Sulpice. (…) Il fallait voir Huysmans, acculé par un raseur dans un coin du « grenier » Goncourt, allumant une cigarette, comme pour chasser un insecte, cherchant à s’évader par petits pas feutrés, et coulant vers son interlocuteur un regard de martyr qui eût voulu se faire bourreau. Un jour que j’étais arrivé à le dégager : « Merci, me dit-il, pour mes rotules ; je pensais ne jamais pouvoir les décoller de cet ignoble individu. » Il ne ménageait pas les termes, je vous assure, et ses coups de griffe laissaient, en général, cinq raies sanglantes sur le museau de son fâcheux. »

« La princesse, à laquelle chacun s’accordait – je ne sais pourquoi – à trouver grand air, était une vieille et lourde dame, au visage impérieux plus qu’impérial, qui avait le tort de se décolleter. On citait d’elle des mots d’une brutalité assez joviale, notamment le cri fameux : « Nous qui avons eu un militaire dans la famille… ». En dépit de Taine, Renan et Sainte-Beuve, elle était demeurée épaisse et sommaire. Je l’ai vue ne parlant plus guère, fixant sur ses invités à la ronde des yeux bovins et méfiants. (…) Edmond de Goncourt, afin de me faire briller, me demanda de conter une farce d’hôpital, que je sabotai et qui n’amusa personne. L’ennui immense pleuvait du plafond sur la table chargée d’aigles, de verreries et de fleurs, sur les convives, qui peinaient pour animer ce cimetière d’une société jadis brillante, sur la maîtresse de maison déjà lointaine, sur les mollets rebondis des larbins. On sortit de la table mortuaire, où la nourriture, je dois l’ajouter, était à la fois exécrable et parée, le poisson, sans goût ni sauce, prenant la forme d’une côtelette, et le rôti baignant sur une eau saumâtre, comme si le bœuf était demeuré toute la nuit assis dans une mare. »

  • Portrait du comte Fleury, chargé de l'importante rubrique des "mondanités" au journal "bien-pensant" Le Gaulois dont Arthur Meyer est le directeur (Fantômes et Vivants, chap. IV)

« Pendant ma collaboration au Gaulois – dont la comédie perpétuelle m’enchantait - le « mondanitaire » en chef était le comte Fleury, fils d’un favori à la cour impériale, homme long, maigre, amer pareil à un casse-noix ébréché et privé de tout agrément. Il était non seulement recommandé, mais ordonné audit Fleury d’assister à la plupart des cérémonies qu’il narrait quotidiennement aux lecteurs du Gaulois. On le voyait correct et sinistre, la tête dressée, tenant son haut-de-forme au bout de son parapluie, dans tous les cortèges nuptiaux ou funèbres à la mode. Chaque jour, il saluait deux cents fois et serrait cent cinquante mains. Quelquefois convié aux dîners somptueux – tout au moins sur le papier – dont il célébrait la composition et les menus, il devait plus habituellement se contenter de la soirée, de cette invraisemblable soirée mondaine stéréotypée, où des messieurs chauves jouent au bridge, puis conversent, d’un air malicieux, avec de jeunes personnes à transparence de bougie de luxe, lesquelles font semblant de rire de leurs propos ; où de vieilles dames écroulées s’entretiennent de la dernière pièce issue d’Henri Lavedan et du dernier roman pondu par Marcel Prévost.

Meyer exigeait de lui, comme de ses prédécesseurs, qu’il fût constamment en habit, à partir de sept heures du soir. Par la porte ouverte de son cabinet, on voyait l’infortuné, courbé en deux, alignant les bronzes et les sautoirs exposés à la noce de Untel, rappelant les hauts faits des ancêtres du nouveau marié, de la nouvelle mariée. (…) Parfois, un des admis aux « mondanités » apportait lui-même sa notice, avec le tableau de ses alliances et la nomenclature des cadeaux. Alors Fleury, tout pâle et courbé jusqu’à terre, relisait ces magnificences d’une voix nasillarde, extasiée, comme si c’était pour lui que s’ouvrait la cataracte d’encriers de vermeil et de sucriers de cristal taillé promis aux tête-à-tête des conjoints.(…) Un jour, il y eut un affreux scandale. Un typographe facétieux et spirituel – comme il n’en manque pas chez les Parigots – remplaça ce cadeau, un serpent qui se mord le dos, sujet en bronze et en argent, par cet autre : un sergent qui se mord le dos, sujet en bronze et en argent. Le numéro du Gaulois fit prime, à cause de cet incomparable coquille. Meyer en demeura sombre pendant tout un jour. Je ne sais s’il diminua à cette occasion les appointements de Fleury. »

Œuvres

  • Le mémorialiste :
    • Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux (six volumes) :
      • Fantômes et Vivants, 1914 (période 1880-1890 : Alphonse Daudet,Zola, Hugo, Goncourt)
      • Devant la douleur, 1915 ( études de médecine, maladie de son père)
      • L’Entre-Deux-Guerres, 1915 (période 1890-1904 : "Le Figaro", Barrès,Schwob, Forain et Caran d'Ache)
      • Salons et Journaux, 1917 (le salon de Mme de Loynes, le journal Le Gaulois, le salon de Mme Bulteau, le restaurant Weber)
      • Au temps de Judas, 1920 (l'affaire Dreyfus, la ligue de la Patrie française, l'affaire Syveton)
      • Vers le roi, 1921 (l'Action française, l'Académie Goncourt)
    • Député de Paris, 1933, (période 1920- 1924, « Chambre Bleu horizon »)
    • Paris vécu, 1929-1930 (en deux tomes, Rive droite, Rive gauche), écrit en exil à Bruxelles (souvenirs évoqués, non plus selon un ordre chronologique, mais au fil de promenades)
  • En hommage à la Provence :
    • Notre Provence, (1933), en collaborationt avec Charles Maurras
  • À la mémoire de son père :
    • Alphonse Daudet, 1898 (écrit à la mort de son père)
    • Quand vivait mon père, 1940 (écrit deux ans avant sa propre mort)
  • Le pamphlétaire :
    • Le Nain de Lorraine - Raymond Poincaré, 1930
    • Le Garde des Seaux - Louis Barthou, 1930
    • Le Voyou De Passage - Aristide Briand, 1930
  • Le romancier :
    • Les Morticoles, (1894)
    • Le voyage de Shakespeare, (1896)
    • Suzanne, (1896)
    • Les Deux étreintes, (1901)
    • Le partage de l'enfant (1905)
    • La Mésentente (1911)
    • L’Hérédo, (1916)
    • L'amour est un songe, (1920)
    • L'Entremetteuse, (1922) (paru en octobre, le roman, accusé d’obscénité, soulève les protestations de certains milieux catholiques ; Léon Daudet doit annoncer en novembre sa décision de le « supprimer de son œuvre » )
    • Les Bacchantes, (1931)
  • L'essayiste d'anticipation
    • L'avant-guerre

La bibliographie des œuvres de Léon Daudet est immense : en comptant les différentes éditions d'un même ouvrage, elle comporte plus de 300 notices sur le catalogue de la BNF.

Notes et références

  1. Fantômes et Vivants, p.1
  2. Léon Daudet, Souvenirs politiques, Editions Albatros, 1974, p.79-80-90
  3. Léon Daudet, La Police politique. Ses moyens et ses crimes, Denoel et Steele, Paris, 1934

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • François Broche, Léon Daudet : le dernier imprécateur, Robert Laffont, 1992 (ISBN 978-2221072073)
  • Francis Bergeron, Léon Daudet, coll. Qui suis-je ?, Éditions Pardès, 2007 (ISBN 978-2867143908)
  • François Maillot, Léon Daudet, député royaliste, Éd. Albatros, 1991 (ISBN 978-2727302896)
  • Éric Vatré, Léon Daudet ou le Libre Réactionnaire, Éd. France-Empire, 1987 (ISBN 978-2704805617)
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