Bigophone


Bigophone


Deux C'est Caïman trop marrant ! place Gambetta le 15 octobre 2011.
Fabrication artisanale moderne d'un bigophone.
Un petit ensemble bigophonique : à gauche la grosse caisse avec cymbales, le percussionniste chante pour suivre la musique, à droite : deux bigophones. L'embouchure du bigophone du milieu est placée perpendiculairement à l'ouverture du pavillon de l'instrument. Caricature d'Henriot parue dans Le Journal amusant, le 17 mars 1894[1].
Adaptation du kazoo au cornet en papier.
Bigophone en forme de crocodile fabriqué par Alexandra Bristiel en octobre 2011 pour la fanfare bigophonique parisienne C'est Caïman trop marrant[2]!
Ce bigophone terminé peut servir de chapeau de Carnaval. On peut le décorer avec de la peinture[3].
Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris 1890[4].
Les bigophones au grand concours international de musique de Puteaux en août 1900[5].
Les sociétés bigophoniques au Carnaval de Paris 1902 sur les Grands Boulevards[7].
Publicité du début des années 1880 pour un fabricant de bigotphones allemands d'Erfurt.
Un vocophone vendu à New York vers 1896[8].

Le bigophone ou bigotphone est un instrument de musique carnavalesque, d'aspect décoratif, très bruyant, populaire et bon marché[9]. Il est appelé ainsi du nom de son inventeur en 1881, le Français et parisien Romain Bigot[10]. Nom auquel est ajouté le suffixe grec -phone, voix. Cette invention est liée au Carnaval de Paris. En effet, Bigot exerce comme profession la vente de cornets à bouquin sur les champs de foire[4], un instrument de musique alors très prisé au moment de cette fête. L'inventeur se fera vite le très efficace propagateur de son invention. Initialement, le bigophone est inventé pour le comique Bienfait, qui chante « Méli-Mélo » à Ba-Ta-Clan[11]. Pour son invention, Bigot s'est inspiré du mirliton, qu'il a perfectionné.

L'usage du bigophone, durant plus de cinquante ans, est extrêmement répandu en France et Belgique. Dans ces deux pays, des goguettes, par centaines, s'organisent en fanfares de bigophones appelées sociétés bigophoniques, fanfares de bigophones, bigophones ou simplement fanfares sans autres précisions[12]. Chaque fanfare a son costume caractéristique, qui peut être comique.

On trouve des bigophones dans les magasins d'instruments de musique[13]. Certains magasins vendent des assortiments complets de douze instruments pour former des fanfares[14]. Il arrive aussi qu'on les fabrique soi-même, car ils sont très facile à fabriquer.

Les fanfares de bigophones se produisent joyeusement un peu partout, dans les petites comme dans les grandes occasions, dans les petites comme dans les grandes villes. On les voit aussi bien participer à l'inauguration d'un nouveau boulodrome à La Baule[15] que défiler au Carnaval de Paris pour la Mi-Carême[16].

Les bigophonistes participent à de nombreux concours de bigophones, des rassemblements musicaux, comme le grand festival-concours de trompettes, trompes de chasse, estudiantinas, bigotphones, tambours et clairons de Puteaux, le 15 août 1900[5]. Ou se rassemblent dans des réunions bigophoniques, comme le Grand festival de bigophones de 1929 à Châtellerault[17], ou le festival national des sociétés bigophoniques de 1933 à Gennevilliers[18].

Le bigophone paraît avoir eu très rapidement une diffusion internationale :

Dès 1886, on en vend à Saint-Petersbourg, comme l'atteste une publicité parue dans un journal russe[19].

En 1887 et 1889, on trouve dans un quotidien d'Amsterdam une publicité pour des bigotphones d'importation fabriqués en Allemagne[20]. La fabrication des bigotphones et leur diffusion en Allemagne durent jusque vers 1930[21]. Ils sont aujourd'hui oubliés dans ce pays[22].

En 1888, les bigotphones arrivent à Hawaï[23].

En 1892, on trouve des bigotphones vendus à Vienne en Autriche-Hongrie[24] et en Suède. Dans ce dernier pays, ils le sont en qualité de : skämtinstrument för Julkarnevalen, instruments comiques pour le Carnaval de Noël[25].

En 1903, à Perth, en Australie, existe un orchestre de bigotphones[26].

Aux États-Unis ont prospéré à partir de 1895 et durant des dizaines d'années plusieurs équivalents du bigophone : le zobo ou songophone[27] et le vocophone[28]. On a également vendu aux États-Unis des bigophones[29].

Pour rythmer la musique, des percussions, grosse caisse et cymbales, sont utilisées pour accompagner les bigophones et jouent un rôle important[30]. Pour suivre les airs, le percussionniste chante tout en jouant de ses instruments.

Les fanfares de bigophones peuvent faire appel à d'autres instruments classiques : bugle, clarinetteetc.[31] En 1892, dans la première fanfare des Beaux-Arts de Paris, on trouve, avec les bigophones, un tambour et une clarinette[32].

Autre rencontre entre instruments classiques et bigophones : le 16 décembre 1934 à Niort, l'orchestre des officiers de Saint-Maixent qui accompagne le bal de la fête au profit du préventorium local, offre vers 21 heures un intermède comique en troquant ses instruments contre des bigophones[33].

Des compositeurs se spécialisent pour créer des arrangements de musique pour bigophones. Chaque morceau comprend quatre parties, pour quatre voix[34]. Il existe même des morceaux composés directement pour le bigophone, comme l'Hymne bigophonique de la Brême, écrit pour la fanfare de la Brême Bigophonique de Bourré.

Exceptés dans quelques villes, comme Châtellerault[35], Rurange-lès-Thionville[36] ou Le Luc[37], le bigophone est aujourd'hui bien oublié par le grand public. Le mot lui-même n'évoquant souvent plus pour lui que le téléphone.

Sommaire

Terminologie

Dictionnaire des dictionnaires, Paris 1895[38].
Le mirliton, ancêtre du bigophone.

Bigotphone est à l'origine une marque déposée par Bigot son inventeur.

Le mot évolue par la suite en se simplifiant et perdant son « t » d'origine.

En 1928, on voit même les deux orthographes utilisées simultanément dans un même article parue dans le journal Le Petit Parisien[39].

Le texte d'une pièce de théâtre enfantine datant de 1903 utilise l'expression mirlitons bigophones : « Le clown entre par la droite et s'arrête au milieu du théâtre ; les quatre écuyers se placent derrière lui et jouent une musique grotesque avec des mirlitons bigophones[40]. »

En 1935, on trouve dans L'Humanité le mot « bigophones » abrégé en « bigots », en conservant curieusement le « t » oublié par ailleurs du mot d'origine[41].

On utilise aussi parfois le mot bigotphoneux ou bigophoneux à la place de l'habituel bigotphoniste. Cela arrive, par exemple, à Montmartre[42], à Poitiers[43] ou, encore aujourd'hui, à Châtellerault[35]. On trouve également ce mot dans un article du journal La Croix le 23 mars 1933[44].

En 1915, à Toronto, est fondée la Curtiss Aviation School, première école d'aviation canadienne. Durant les vols d'entraînement, l'instructeur est placé à l'arrière, l'élève pilote à l'avant. Le bruit du moteur et le vent rendent la communication difficile entre les deux. Il est alors imaginé un dispositif qui, par sa forme, rappelle le bigophone : un long tuyau flexible reliant la bouche de l'instructeur à l'oreille de l'élève. Ce dispositif est baptisé bigophone[45]. Dans un glossaire de l'armée de l'air française vers 1935, on trouve la définition : « Bigophone : tuyau acoustique permettant le dialogue entre le pilote et le passager[46]. »

On remarque que le son nasillard des voix dans les premiers téléphones rappelle le son des bigophones musicaux. Ce qui fait que le mot bigophone commence très tôt à être utilisé familièrement pour désigner le téléphone. Selon un ouvrage de Jean Damien Lesay paru en 2004, cette pratique remonte à l'année 1918[47].

Le bigophone d'origine étant aujourd'hui oublié, le terme a fini par désigner pour la plupart des gens exclusivement le téléphone. Bigophoner signifiant téléphoner. Le mot bigophone étant même contracté en bigo.

Invention et développement

« L'Académie culinaire » ou « les Étourdis », une société bigophonique parisienne aux instruments en formes de denrées alimentaires, aux fêtes de la Mi-Carême 1906[48].
Les mirlitons de la foire de Saint-Cloud vus par Honoré Daumier[49].
Les Bigotphonistes de Montfermeil vers la fin des années 1920. Le 24 juin 1934 on les retrouve défilant en diligence dans le cortège des fêtes de leur ville[50].
Un bigophoneux de Châtellerault avec son instrument vers 1930. Dans le châtelleraudais la tradition bigophonique a été préservé jusqu'à nos jours.
La célèbre société bigophonique rennaise Les Coupe-Eau, fondée en 1900, fête Noël en 1913[51].
Intérieur du Mammoth Zobo Phunnygraph, zobo géant vers 1900, avec quatre enfants dedans[52].
Une figure comique d'un concours de bigophones aux Lilas en mai 1912 : le Secours aux énervés[53].
Un « Bigophone Américain » en vente à Paris en 1925, probablement un vocophone ou un zobo[54].
Ensemble de bigophones formé d'enfants costumés en Écossais pour la fête de la Saint Fiacre à Fougères le 25 août 1935[55].
Les bigotphonistes de la Commune libre de Persan au début des années 1930.
Un zobo ou songophone[56].

Le 16 août 1895, G. Davenay fait pour Le Figaro, le récit de l'invention et du développement du bigotphone[34] :

Dans les fêtes champêtres qui battent leur plein en cette saison d'été, aux alentours de Paris, le programme des attractions ne manque pas de signaler, à côté des couronnements de rosières et des sports plus ou moins athlétiques, ce numéro qui eût profondément intrigué, il y a moins de dix ans  : Grand concours de sociétés bigotphoniques !
La bigotphonie fait rage. D'où nous vient-elle ?
En droite ligne du modeste mirliton de la foire de Saint-Cloud[57].
Voici comment :
En 1884, un brave sculpteur-ornemaniste, mécanicien à ses heures, écoutait au concert Bataclan une chanson comique intitulée la Clarinette. Au refrain l'interprète portait à sa bouche une clarinette de carton et était censé en tirer des sons enrhumés, tandis qu'à l'orchestre la véritable clarinette jouait pour lui. L'effet drolatique porterait bien davantage, pensa le spectateur, si le chanteur se servait véritablement de son simulacre, mais pour cela il faudrait un instrument dont tout le monde pût jouer sans études. Et ce refrain célèbre lui revint en mémoire :
Mad'moisell', pour s'en servir
Il suffit d'une leçon !
Ah ! jouez du mirlitir,
Du ton, du mirliton !
La semaine suivante, à une noce où il était invité, l'ouvrier chanta lui-même la chanson de Bataclan en s'accompagnant d'une clarinette de son invention. Il avait emmanché, au bout du cylindre de carton, une sorte de sifflet où la pelure d'oignon mirlitonesque était remplacée par une mince baudruche et présentait, par conséquent, une assez grande solidité. On pouvait souffler là-dedans toute une nuit sans dégâts. L'instrument obtint un grand succès de gaîté ; après la chanson il servit, en l'absence du piano, à faire danser les convives. Le lendemain, les camarades en demandèrent un semblable à l'inventeur ; puis les cafés-concerts s'en mêlèrent, les fabricants de cotillons, les entrepreneurs de cavalcades carnavalesques, etc.
Bigot, ainsi se nommait l'ouvrier, venait de faire une véritable trouvaille. Non seulement il avait posé le premier jalon d'une petite fortune, mais il mettait la musique à la portée de ceux qui ne la savent guère.
Tout d'abord, on rechercha dans les bigotphones la bizarrerie des formes, la joie de tirer à l'improviste un air d'un saucisson ou d'un pain de quatre livres. Mais les malins s'aperçurent qu'en dehors de ces plaisirs de mascarade, on pouvait leur demander quelque chose de plus. Suivant la capacité des chambres de résonance, ils rendaient des sons aigus ou graves, suffisamment divers pour constituer une assez grande variété de timbres. Il était donc possible d'organiser des orchestres avec parties, et quantité de bons jeunes gens nourris dans les chorales et autres orphéons s'empressèrent d'ajouter cette corde à leur lyre.
Aujourd'hui, ils sont comme cela une dizaine de mille, à Paris seulement et une centaine de mille par le monde entier, qui soufflent dans les trompettes, petites ou grandes du père Bigot. L'autre dimanche, à la fête d'Antony, dix Sociétés formant un ensemble. de plus de trois cents bigotphonistes étaient représentées. Il y avait en première division : l' Espoir du XIVe arrondissement, les Fin-de-Siècle des Batignolles, l'Amicale de Belleville. En seconde division les Excentriques de Montmartre, les Sans-Soucis Parisiens, les Joyeux du XVIIIe, la Fanfare de Choisy-les-Rosières, les Souffle-à-Mort de Saint-Ouen, les Amis du XVIe arrondissement, les Joyeux Boulotteurs de Montmartre.
Le diable, c'est qu'on commence à leur tourner un peu la tête avec l'empressement qu'on leur témoigne. Ils exportent. Ceux de Vichy se rendirent l'hiver dernier à Nice, où ils enlevèrent un prix de mille francs en espèces dans un concours de lecture à vue. Quand on peut lire à vue, on n'a plus besoin de mirlitoner dans de grandes pipes.
Tel n'est pas l'avis d'un certain nombre d'artistes de l'Opéra qui se réunissent périodiquement dans une brasserie de la rue des Martyrs pour se livrer aux douceurs de la bigotphonie. Le chef d'orchestre de cette division supérieure ne serait rien moins qu'un des hautbois de notre Académie nationale de musique.
D'autre part, des compositeurs spéciaux arrangent la musique pour bigotphone. Chaque morceau comprend quatre parties, pour quatre voix. Enfin l'étranger, jaloux comme toujours des lauriers de la France, s'est emparé de la découverte. C'est le Brésil qui tient la corde, puis vient l'Australie. Depuis l'an dernier, les îles Carolines s'en mêlent à leur tour.
Enfin, les derniers paquebots pour Madagascar ont emporté des cargaisons de fanfares en carton, destinées à amuser nos soldats en route. Il serait curieux que nos pioupious entrassent à Tananarive le bigotphone aux lèvres,
En jouant du mirlitir,
Du ton, du mirliton !

Date de l'invention du bigophone

A quelle date est inventé le bigophone ?

Les dates indiquées dans livres et articles varient : 1883, 1884 ou 1881.

Comme la Fédération bigophonique en 1931 s'apprête à fêter le cinquantenaire de l'invention avec Bigot fils[11], la date est certainement 1881.

La date 1883, souvent indiquée, correspond peut-être à autre chose dans l'histoire de l'instrument : par exemple le début de sa fabrication et commercialisation à grande échelle.

Description du bigophone

Ajustage d'un kazoo à un cornet en papier pour faire un bigophone.
Bigophone 4.jpg
Bigotphone 2.jpg
Bigotphones vendus dans le commerce en 1927[14].
Un magasin parisien vante ses bigophones dans L'Ouest-Éclair en 1923[58].

« Instrument de musique en carton inventé par M. Bigot. Il se compose d'une embouchure et d'un cornet de carton auquel on peut donner toutes les formes[38]. »

On chante dedans en faisant tut-tut-tut. Le son de la voix se répercute sur un petit morceau de papier mince genre papier à cigarette ou papier de soie qu'elle fait vibrer tendue sur une ouverture latérale. On obtient une amplification déformée et nasillarde de la voix de l'instrumentiste qui fredonne l'air.

Le carton dont sont faits les bigophones est du carton-pâte, comme cela est précisé dans les vœux ironiques du journal Le Gaulois à deux nouvelles goguettes en 1922 :

... et nous souhaiterons prospérité à ces sociétés qui, au prix où est le cuivre, se contentent de faire du bruit avec des instruments de carton-pâte[59].

En 1898, Maurice Méry écrit[60] :

Bigotphone vient tout simplement de Bigot, l'inventeur de ces instruments que certains savent rendre harmonieux.
Ce brave homme, un des mille petits industriels ingénieux comme Paris seul en produit, eut le premier l'idée de donner au mirliton – car ce n'est pas autre chose – des formes ou drolatiques, ou inspirées des instruments de musique.
Le premier il réunit un groupe de fervents, sachant la musique, auxquels il fit exécuter des morceaux d'ensemble, chacun jouant la partie d'un véritable instrument.
Il demeurait et demeure encore, je crois, rue Vieille du Temple, en face de l'Imprimerie Nationale[61].
Il a vécu de son invention, mais je ne crois pas qu'elle l'ait enrichi.

Et Charles Géhin ajoute[60] :

La maison Bigot existe à Paris ; son industrie prospère et lui a valu, je ne sais sous quelle rubrique, une vingtaine de récompenses très appréciables aux expositions où elle s'est manifestée. Signe des temps : elle se défend avec vigueur contre la concurrence allemande.
J'ajoute, pour terminer cette contribution à l'histoire du bigotphone, que des compositions musicales ont été arrangées spécialement pour les orchestres formés de ces singuliers instruments.
Dans ce répertoire où la note gaie domine, on est quelque peu surpris de trouver notre hymne national et le Chant du départ.

Certains bigophonistes fabriquent eux-mêmes leur instrument. Les bigophones sont souvent munis de pavillons amplificateurs imitant plus ou moins l'aspect des vrais cuivres. Il en existe également de toutes formes : animaux, légumes, etc. et toutes couleurs.

Le Mardi gras 24 février 1903, les camelots parisiens vendent des « cannes bigophones[62] ».

André Malraux, dans un texte intitulé Lunes en papier, s'est amusé à dresser une énumération de bigophones canards, trompes, clairons, trompettes, biberons, dauphins, clarinettes, bouteilles, vipères et saucissons[63].

L'usage du bigophone est à la portée de tous, adultes ou enfants. En jouer est facile. C'est même une référence de facilité instrumentale. Comme l'écrit Le Temps en 1909 à propos de pratique musicale : « M. Clemenceau n'a jamais tenté d'exécuter, même au bigophone, la plus facile des mélodies[64] ».

En 1900, Étienne Darquet écrit dans L'Avenir Bigotphonique, Organe officiel de l'Union Bigotphonique de France[65] :

Pris individuellement, le bigotphone, qu'il représente une contrebasse, un alto, une clarinette ou un piston, ne donnera toujours que le son de la voix plus ou moins sonore, suivant la forme de l'instrument, et (c'est là le principal avantage du bigotphone) timbré par le titillement de l'embouchure ; titillement qui permet à une personne ayant une voix blanche, voire désagréable à l'oreille, d'avoir le même timbre qu'un chanteur de profession. Je crois avoir démontré clairement que toute personne aimant à chanter peut faire un bon bigotphoniste.

Les bigophones ont remporté un succès massif et foudroyant. Si on adapte à un kazoo même juste un simple cornet en papier, l'amplification du son est déjà telle qu'il ne s'agit plus du tout du son d'un kazoo, mais de celui d'un bigophone. L'effet d'un ensemble nombreux est impressionnant.

On lit, dans la description des célèbres bals costumés du Courrier Français à l'Élysée Montmartre, dont le premier a lieu en 1887[66] :

Pendant les intervalles des danses, il y eut divers intermèdes : entrée des orgues de Barbarie, celle des guitaristes du Nouveau Cirque, l'orchestre Abyssin, la marche triomphale de trente bigophones jouant : En rev'nant de la Revue et les Pioupious d'Auvergne[67], un menuet dansé par les danseuses des Folies Bergères, des ombres vivantes naturalistes. ...

À côté du premier bigophone populaire, en carton, apparaissent aussi des bigophones luxueux, comme ce « Bigophone Américain cuivre nickelé. Double vibreur imitation du saxophone, 15 francs » dont on trouve la publicité dans Le Petit Parisien en 1925[54].

Le bigophone initialement a vocation d'être un instrument très bon marché. Il existe aux côtés d'autres articles festifs comme le chapeau de clown pointu en carton bariolé et n'a pas plus vocation de durer dans le temps.

Durant plus de quarante ans, les bigophones sont pourvus d'embouchures en carton ou bois que l'humidité détériore. Ils sont vulnérables et fragiles, car la membrane vibrante et le reste de l'instrument ne font qu'un. Ce qui signifie que si la membrane est déchirée, le bigophone est inutilisable et fini à la poubelle. Cette situation va changer en 1927.

Cette année-là, on lit dans le catalogue d'un magasin parisien d'articles festifs[14] :

Nouveautés Sensationnelles pour les Bigophonistes
Une embouchure en métal blanc amplifiant le son remplaçant les embouchures en bois. Cette embouchure très pratique ne peut s'abimer ni par l'humidité ni pour aucune cause et la membrane vibrante se remplace à volonté, donc plus d'instruments aphones, tous donneront le maximum de son — ce sera un potin infernal.
Prix de chaque embouchure Stentor..................................................................................... 5 frs.

Ce qui est plutôt cher pour l'époque.

Le bigophone reste aujourd'hui un instrument très bon marché. Réalisé artisanalement avec un kazoo, une feuille de papier fort, du ruban adhésif et quelques agrafes, son coût de fabrication en juillet 2011 est d'à peine quatre euros.

Les sociétés bigophoniques

Certains bigophonistes de la Commune libre de Milly-la-Forêt s'affublent de barbes ou moustaches postiches à l'occasion de la Mi-Carême 1925.
La Société Bigophonique des Bords de la Creuse « La Pépie » à Tournon-Saint-Martin. Un chercheur local, M. Pélegrin, a retrouvé les noms de tous les musiciens.
Tenue carnavalesque pour la Lyre Joyeuse d'Avoine : nœuds papillons géants, chemises fantaisie d'une grande audace pour l'époque, gibus avec foulard décoratif.
Les Bigophoneux Sauséens, société formé par les joueurs de boules de Sauzé-Vaussais. Les instruments ont des formes inspirées de cuivres classiques. Un pavillon de gramophone a aussi été récupéré. Grosse caisse et cymbales rythment la musique.
Canotiers et tenues estivales pour l'Amicale bigotphonique chartraine qui pose sur les marches du grand théâtre de Chartres.
Le premier congrès des bigotphones annoncé par Le Figaro[68].
27 août 1898 : premier congrès des bigotphones[69].
La société de bigophones des typographes parisiens donne son premier bal en janvier 1899[70].
En janvier 1904, la société bigophonique parisienne les Fin-de-Siècle des Batignolles, organise son 13e banquet annuel dans les salons du restaurant Coquet 80 boulevard de Clichy[71].
Échos de sociétés bigophoniques en 1907 qui vont participer chaque année au Carnaval de Paris, avec lanternes vénitiennes et bigophones[72].

Peu après l'invention du bigophone, les sociétés chantantes ou goguettes s'en emparent pour former des sociétés bigophoniques.

Jean Frollo, dans un article intitulé Paris qui chante, paru dans Le Petit Parisien le 18 janvier 1898, fait le récit de la naissance de ces ensembles festifs[73] :

Vers ce même temps (1883[74]), un industriel inventait ou perfectionnait ces instruments de carton qui, au Carnaval, remplissent de leurs sons nasillards les rues et les carrefours. Les Sociétés bachiques ne tardèrent pas à s'emparer de ces instruments pour former les plus étranges orchestres. La première Société dite des Bigotphones date de 1885. Un an plus tard, quelques typographes de la rue Vieille-du-Temple fondaient la Société des Typo-Cartophones. Le boulevard de Strasbourg, qui avait déjà une Fanfare Volapück, eut bientôt ses bigotphonistes. Montmartre créa sa Fanfare excentrique. Belleville adjoignit à ses Sociétés amicales les Bigotphonistes Rigolos. Le onzième arrondissement eut ses Zingophonistes ; le faubourg Saint-Denis, la rue Boulle, les rues Julien-Lacroix et Michel-Lecomte l'imitèrent, et d'autres encore, si bien que l'on ne compte actuellement pas moins de trente Sociétés bigotphoniques dans Paris et sa banlieue. Alfort a la Bamboche, Stains les Altérés, Pantin la Gaudriole, Saint-Ouen les Rigolos de Cayenne[75]. Villemomble, Saint-Maur, Aubervilliers, Billancourt ont également suivi le branle. On ne sait trop où s'arrêtera cette bizarre expansion de la gaieté populaire qui se mêle partout aux rasades et aux chansons.

Ces sociétés sont très nombreuses. Elles jouent un rôle très important, notamment dans le Carnaval de Paris qui déplace des foules énormes.

Le Journal des débats politiques et littéraires parle des bigophonistes le 29 août 1898[76] :

Nous avons depuis hier une nouvelle fédération : la fédération nationale des bigophonistes de France.
Un bigophone, c'est un mirliton perfectionné ; un bigophoniste, un artiste qui se sert d'un instrument en carton.
La première Société de bigophonistes fut créée en 1884 par M. Le Borgne[77] ; elle comprenait de joyeux fêtards dont le but principal était de faire beaucoup de bruit et d'organiser des parties de campagne. Aujourd'hui nous avons 24 sociétés de ce genre. Chacune a pris un nom de circonstance. Citons au hasard : les Combattants de la Mélancolie de Gonesse, les Sans-Couacs de Saint-Ouen ; les Philosophes de la Bastille ; les Joyeux Boulotteurs ; les Pas-Bileux ; les Souffle-à-Mort ; les Pieds de vigne de Montreuil.

Les bigophonistes font partie de la vie de la société. En 1896, à l'Alhambra de Marseille, Paule Page chante la noce à Bigophone[78]. Cette chanson paraît avoir connut un certain succès. Son titre exact serait plutôt Une noce de bigophones. Elle est enregistrée, notamment par Charlus et il en existe une version en ch'ti[79]. En 1898, à Paris, au théâtre des Folies-Dramatiques, est joué une Folie-Revue en trois actes et neuf tableaux de Monréal, Blondeau et Numès où apparaît dans la distribution un « chef bigophoniste[80] ». En 1899, à Nancy, est fondée la société des Joyeux lurons bigophonistes nanceiens[81]. Vers 1900, le compositeur français Émile Pessard compose et publie à compte d'auteur son opus 95 : une Valse burlesque pour mirlitons ou bigophones. En 1910, le bigophone est mentionné dans une chanson : Bouffons l'Air !, consacrée au Carnaval de Montpellier et due à Paul Rictus[82] :

Et la foule hurlante et bigarrée des masques,
Aux sons du bigophone ou des tambours de basque
Entonnent cet air
Au roi « Bouffe-l'Air » :

En 1922, l'organe officiel de l'Union nationale des combattants prend un ton comique. Il critique les Compagnies de chemin de fer qui accordent des réductions aux sociétés sportives ou musicales. Et les refusent aux anciens combattants qui veulent se rendre en pèlerinage sur l'ancienne ligne de front. Alors... anciens combattants, pour obtenir des réductions, devenez bigophonistes ![83]

Il y a des bigophonistes partout, dans les grandes villes comme les petites et à la campagne. Leurs sociétés jouent dans la rue le dimanche, comme cela apparaît dans un texte de 1919 parlant de la ville de Puteaux :

Le dimanche matin, le marché fourmille de monde, une animation constante règne dans les rues. L'après-midi, Puteaux est une ville désertée : une Société de bigophonistes, qui donne une aubade à l'entrée du Boulevard Central, ne réussit pas à réunir deux douzaines de curieux[84].

Un Parisien raconte qu'avant 1914, tous les jeudis, un ensemble de bigophones répète dans la grande salle au premier étage d'un café de Belleville. Les enfants du voisinage, dont il fait alors partie, attirés par la musique, s'assemblent dans la rue et accompagnent de leurs chants les musiciens. Le dimanche, les bigophonistes défilent dans le quartier, buvant à chacun de leurs arrêts. Partis à 10 heures, ils reviennent, ivres, à 13 heures[85].

Certaines fanfares bigophoniques sont célèbres à l'échelle d'une ville, comme les Coupe-Eau ou la Gaieté Bigophonique Rennaise à Rennes[86]. La renommée de la fanfare bigophonique d'un village peut s'étendre bien au delà de sa région. Ainsi, par exemple, en 1932, la Brême Bigophonique de Bourré, dans le Loir-et-Cher, est invitée à Pornichet en Loire-Atlantique[87] :

... nous apprenons que notre société des Fêtes (de Pornichet) organise une nouvelle distraction, pour le dimanche 18 septembre courant, avec le concours de la société La Brème Bigophonique de Bourrée (L.-et-C.). Ce groupement important et joyeux qui comprend 60 exécutants défilera dans nos avenues centrales en jouant ses meilleurs morceaux et donnera un concert, place de la Mairie.

Au recensement de 1931, Bourré compte 1 007 habitants et Pornichet 2 697 habitants.

Il existe certainement des sociétés bigophoniques aux colonies, dans l'Empire français. Un « bigophoniste émérite » apparaît dans une nouvelle comique parue en 1928 dans les Annales africaines et le Turco, Revue politique et littéraire de l'Afrique du Nord[88].

Il existe également aux États-Unis des ensembles de vocophonistes, personnes jouant du vocophone, un des équivalents américains du bigophone. Sur Internet on peut voir la photo d'un d'entre eux[89]. On peut aussi voir des fanfares de zobos, autre variété américaine du bigophone. Au nombre des ces dernières a été conservé le souvenir et la photo du Metlakahtla girls' Zobo Band, une société composée de 15 jeunes filles indiennes d'Alaska[90].

Liste de sociétés bigophoniques

Bigophone en forme de serpent[91].
Article détaillé : Liste de sociétés bigophoniques.

Établir une liste des sociétés bigophoniques n'est pas facile et cette liste ne peut pas être exhaustive. Il y avait des milliers de sociétés bigophoniques, dont au moins 400 à Paris. Beaucoup n'ont laissé aucune traces écrites ou autres. Il en existe encore au moins 8.

On conserve également les noms de sociétés festives disparues qui pouvaient utiliser des bigophones sans que cela soit précisé sur les documents existants.

Certaines sociétés bigophoniques portaient des noms parfois très originaux et amusants, comme le Hanneton Légumivore[92]. En revanche, beaucoup d'autres sociétés paraissent n'avoir pratiquement pas porté de nom. On les appelait simplement les bigophones. Ce qui donnait pour nom utilisé : les bigophones de tel ville ou village.

L'article Liste de sociétés bigophoniques indique les noms de 321 sociétés bigophoniques françaises, 3 belges, 18 américaines dont 4 montées sur bicyclettes, 1 allemande, 1 anglaise et 1 australienne.

Ces sociétés groupaient au minimum une vingtaine de membres, souvent plus et parfois beaucoup plus. Par exemple, en 1926, l'Harmonie burlesque belge le Soutien de Saint-Gilles comptait 153 membres[93] et, en 1932, les Bigophones rouges des Champioux à Argenteuil comptait une centaine de membres[94]. En attribuant à ces 345 sociétés une moyenne de 30 participants, cela donne 10 350 bigophonistes.

La fête bigophonique

La « fête bigophonique », animée par les bigophones, devient un genre de fête en soi. Le Petit Parisien annonce le 12 novembre 1910[95] :

Le Kremlin-Bicêtre (tramway place du Châtelet). — Ce soir, au préau des nouvelles écoles, fête bigotphonique, bal.

On voit également utiliser le concept de Bal des bigophones pour désigner un bal où les danseurs dansent au son des bigophones[96].

Les concours de bigophones

Valse burlesque d'Émile Pessard page 1 sur 2.jpg
Extrait du Courrier Orphéonique rubrique du journal Le Petit Parisien, 21 juin 1892[97].
Valse burlesque d'Émile Pessard opus 95 pour mirlitons ou bigophones[98].
Le Petit Parisien, 4 juillet 1898[99].
Confetti, masques et cannes bigophones triomphent au Carnaval de Paris 1903[62].
Programme d'une fête à Gagny le 8 juin 1912[100].
Le Petit Parisien, 8 juin 1931[101].

Des documents conservés témoignent de l'existence et l'importance des concours de bigophones :

En juillet et août 1892, lors de fêtes musicales organisées à Maisons-Alfort, le concours de bigotphones s'inscrit au côté des concours classiques de trompettes, musiques d'harmonie, fanfares et orphéons[97].

En 1896, on peut lire le compte-rendu de la participation d'une jeune société bigophonique à un concours organisé à Argenteuil[102] :

Première sortie des « Frères de la Côte »
La Société Bigotphonique de création récente « Les Frères de la Côte » composée d'éléments de l'Union musicale, vient de faire sa première sortie avec un succès surprenant, à Argenteuil, dimanche dernier.
Cette jeune société à rapporté du pays cher au piccolo les prix suivants :
En exécution 2e prix : une superbe palme en vermeil et des félicitations à son habile chef, M.Hugenot.
Prix unique défilé : une médaille en vermeil.
Ces prix sont exposés chez M. Felten, rue de la Mairie, où tout le monde peut les admirer.
Felten ! ce que son cœur doit battre au souvenir de nos anciennes victoires à la vue de ces beaux prix.
UN IVRYOPHONE.

Les archives de la ville de Saint-Denis conservent une affiche pour « Le dimanche 24 octobre 1897 grand concours de bigotphones organisé par "Les joyeux boulotteurs" sous les auspices de la municipalité dans le préau des écoles cours Chavigny[103]». Sur Internet on peut voir la médaille du concours de bigophones de Milly-La-Forêt en juillet 1906[104]. On peut aussi voir une carte-postale montrant la fanfare de bigophones de Trifouilles-les-Nénés, fanfare châtelleraudaise, qui pose devant l'Hôtel de ville de Châtellerault avant de partir participer au concours de Chauvigny les 15 et 16 août 1908[105].

Le concours de bigophones est une attraction, comme la fête foraine, le tir aux canards ou la retraite aux flambeaux. Le Petit Parisien annonce, parmi les fêtes des environs de Paris du dimanche 11 septembre 1904[106] :

Joinville-le-Pont (gare de l'Est-Bastille). — Festival, concours bigotphonique, bal.

Le même journal écrit le 27 juin 1908[107] :

La société bigotphonique « les Pas Bileux », de Levallois-Perret, organise un concours de bigotphone pour le 14 juillet 1908. Des prix en espèces, des palmes, des médailles, seront distribués aux sociétés victorieuses.

En 1898, on rencontre un concours de grimaces au nombre des épreuves possibles à un concours de bigophones[99]. Une trentaine d'années plus tard, en 1926, les concours paraissent avoir pris une tournure beaucoup plus « sérieuse ». La gaité et l'amusement en font peut-être les frais[108] :

Le concours de classement de l'Union musicale des Sociétés bigophoniques s'est déroulé au préau des écoles. rue des Épinettes, sous la présidence de M. Copigneaux, conseiller municipal. Le jury était composé de MM. Lefaix, professeur de musique ; Bastien, président directeur du groupe musical du 11e arrondissement ; Negri, directeur de l'harmonie du 7e, et Martin-Grosset. chef d'orchestre. Dix-neuf sociétés ont été classées. Après l'exécution par toutes les sociétés de la Marche d'ensemble, sous la direction de M. Blondeau, secrétaire général, la distribution des prix eut lieu. Citons, parmi les sociétés lauréates : la Grappe a raisin, les Étourdis de Paris, les Gais Lurons de Montreuil, les Sans-soucis Montmartrois, les Rigolos de Gennevilliers et les Bons Vivants de Brunoy.

Les concours de bigophones occasionne un procès à Paris en décembre 1901. Son compte rendu donne plusieurs précisions à leur sujet : ils ont alors lieu en province et sont régionaux. On apprend aussi que dans les ensembles bigophoniques sont interprétés des solos et que la société de la Turquoise compte 200 membres, tous commerçants, et jouant en amateurs[109] :

Le gendre du président de la République, M. de Saint-Prix, était appelé hier, pour la première fois, à présider l'audience de la septième chambre supplémentaire du tribunal civil.
Une société de bigophones, « la Turquoise », composée de deux cents commerçants dilettantes sur les instruments en carton avait assigné en dix mille francs de dommages-intérêts un de ses anciens membres, M. Moreau, marchand de vins de profession, et solo bigophone à ses moments perdus, pour avoir retenu illicitement chez lui les bigophones des bigophonistes et avoir ainsi privé ceux-ci de toutes les médailles et récompenses qu'ils auraient pu obtenir en province dans les différents concours musicaux régionaux.
Il est à croire que les motifs invoques par les membres de la « Turquoise » ne devaient être ni très pertinents, ni très concluants, puisque M. le président de Saint-Prix a donné lui-même lecture d'un long jugement, aux termes duquel il déboutait les demandeurs de leur instance.

Les bigophones vus par « Le Temps » en 1887

En 1896, la société bigophonique le Hanneton Légumivore joue sur des bigophones en formes de légumes qui sont exposés dans son local de la rue de Belleville[92].

Le Temps écrit le 14 juin 1887[110] :

Les bords de la Marne, en cette saison, et le dimanche surtout, voient éclore une foule d'inventions destinées à l'amusement des Parisiens en rupture de ville. Elles sont généralement plus bizarres qu'amusantes et ne plaisent guère qu'à la campagne. Mais il convient cependant d'en excepter une, celle des « bigophones ».
Qu'est-ce que les « bigophones ? »
Depuis trois ou quatre ans vous n'avez pas été sans remarquer des instruments de musique en carton, aux formes étranges, aux proportions énormes ce sont des bigophones. Leur nom leur vient d'un simple vendeur de « trompes et de bouquins » sur les champs de foire, M. Bigot, qui eut un jour l'idée de régénérer les musiques de cirque, qui l'horripilaient.
En moins de vingt-quatre heures il révolutionna toutes les fanfares, toutes les musiques instrumentales.
Pour jouer d'un « bigophone » quelconque il n'est point nécessaire de connaître ses notes. Il suffit de savoir un air et de le chanter dans un instrument en carton. Il va sans dire que les voix de basse chanteront dans des instruments décorés des noms de basson, baryton, bambardon, goliath, monstre, etc., et que les autres souffleront dans des chalumeaux, des flageolets, du musettes, des clarinettes, des trompes, des ophicléides, des serpents, des cornets, des pistophones, etc. Que tous ces noms n'effrayent pas les amateurs. Les « bigophones » ne diffèrent les uns des autres que par leurs formes baroques, excentriques mais il n'existe pas deux manières d'en jouer : il suffit de chanter dans l'embouchure. L'inventeur a fondé des Sociétés qui luttent entre elles dans des concours ayant surtout pour objet de parodier ceux des fanfares sérieuses. C'est un concours de bigophones qui avait lieu hier après midi à la Pie, petite commune située sur les bords de la Marne, près du parc Saint-Maur[111].
Pendant toute la journée, sous une tente dressée en plein soleil, les Sociétés ont concouru. Naturellement, promeneurs et canotiers s'arrêtaient devant ces musiciens soufflant dans des instruments en formes de serpents, d'escargots, de cheminées de locomotives, et emplissant les rives de la Marne de leurs sons nasillards. Le soir a eu lieu la distribution des récompenses. Le premier prix a été décerné à la Société des bigophones, dont la bannière verte était ornée de nombreuses médailles ; le deuxième prix, aux Excentriques de Montmartre ; le troisième prix, à l'Amicale de Belleville.

Contre les bigophones en 1887

En novembre 1887, dans L’Autonomie Individuelle, l'anarchiste Albert Carteron, au nom du socialisme et de l'anarchie, condamne vigoureusement l'engouement pour la musique et la bigotphonie[112] :

La musicomanie
Il est toujours fort ennuyeux de prendre des airs de sapience et de au censeur. — « Toute vérité n’est pas bonne dire » affirme un vieil adage. — Mais pour la critique il est des devoirs qui s’imposent, comme celui de s’attaquer aux petites faiblesses humaines et d’en signaler les dangers ; dût son auteur s’anéantir sous le dédain ou le mépris de ceux qu’elle tend à prévenir.
La manie de la musique a envahi cette fin de siècle. — Et les plaintes qu’on élève contre cette insipide monomanie seraient insignifiantes si elles n’avaient pour raison que l’énervement latent dans lequel sont tenus partout, au restaurant, au café, dans les rues et carrefours, les êtres suffisamment mal organisés pour ne pas ressentir toutes les jouissances que procure l’harmonie. Il y a plus : la musicomanie est un des pires adversaires du socialisme. Il faut y prendre garde.
Avec l’inepte création des bataillons scolaires, des sociétés de tir et de gymnastique, se sont fondées partout, depuis quelques années. des sociétés musicales. Pas le plus petit village qui n’ait son orphéon, sa chorale et leurs bannières décoraillées, plus un adolescent qui ne file des si bemol, qui ne siffle, souffle ou cogne d’un instrument quelconque. L’usine et l’atelier sont à peine déverrouillés, la nuit n’a pas plus tôt convié au repos le campagnard que, piqués de la tarentule, tous se jettent dans la ramollissante étude du doigté et de l’accord tintamarresque, par un besoin mal compris de satisfaire à l’acuité nerveuse suscitée par un labeur abrutissant.
Et il est enrageant de voir avec quelle âpreté tous ces malheureux travaillent à leur affaiblissement cérébral. Rien ne coûte : acquisition de gibernes, de casquette. le plus souvent de costume ; achat élevé d’instrument ; cotisation mensuelle, amendes. À force d’économies et de privations ils parfont à tout avec une ténacité exemplaire. C’est une marotte, une passion, un délire.
Nos bons dirigeants ont vite compris tout l’avantage qu’ils pouvaient tirer d’un semblable affolement. Par leurs discours filandreux et l’appoint de l’argent des contribuables, ils encouragent à cette monomanie tous les jours grandissante, dévoyant ainsi les revendications progressives des desiderata prolétariens. « Mieux vaut subir leurs insipides concerts que leurs plaintes revendicatrices » pensent-ils.
Ils savent d’expérience que le temps de liberté laissé actuellement au travailleur ne lui permet guère plusieurs occupations distractives à la fois. Et pendant que l’adolescent aiguillonne son cerveau pour y bourrer l’inutile science orphéonique, qu’il endolorit le peu d’énergie qu’il pourrait retrouver aux moments de retour en lui-même, qu’il oublie la triste existence qui lui est départie dans la Société actuelle, il reste indifférent et passif. Il passe, ignorant, à côté de la gestation continue à laquelle sont livrés quelques-uns de ses compagnons de peine, gestation à laquelle, intéressé, il pourrait apporter ses connaissances et son temps mieux employés.
D’ailleurs, en dehors de toutes considérations sociales, la musique, art peut-être agréable pour certains, n’est pas un art utile. Entre tous, c’est le seul qui n’ait pas de réflexion effective sur la pensée. Son résultat n’est qu’une pure sensation auditive qui, douce, porte à la somnolence, qui, tapageuse, irrite le système nerveux. C’est, en toute occurrence, un chatouillement désagréable dont les chiens — en cela plus expressifs que les hommes — savent fort bien donner l’idée par leurs hurlements plaintifs. Elle nuit au développement de l’intelligence en l’atrophiant.
Jusqu’à ce jour, les socialistes semblaient être restés en dehors du mouvement musicomane. Cela se comprenait du reste. Bien d’autres occupations sont plus sensibles à ceux qui songent à une rénovation prochaine de la Société. Seules, les réunions se terminaient parfois au chant de poésies révolutionnaires dont l’énergie expressive palliait tant bien que mal l’amollissante mélodie. Mais il parait qu’à présent — et parmi les anarchistes encore ! — une chorale et une association de bigotphones sont en voie de formation, si toutefois elles ne fonctionnent déjà. C’est à désespérer.
On connaît à l’avance l’objection : la propagande ! Eh bien ! l’objection est mauvaise. On ne fera pas de la bigotphonie ou de l’accord parfait sans perdre son temps à apprendre un air Paulusien quelconque exécutable à grand orchestre, Et qu’on vienne donc parler d’études et de discussions sérieuses après ces répétitions charivariques !
Nous sommes absolument contraires à ces innovations dangereuses, et nous croyons de notre devoir de crier casse-cou, estimant très sérieusement que chorale et bigotphones ne serviront en rien la propagande, mais bien plutôt qu’ils jetteront du discrédit sur l’école anarchique laquelle, cependant, compte dans son sein nombre d’individus qui, eux, n’auront jamais recours à la mélopée pour travailler à l’harmonie future.

Une expérience perdue

Bigotphone en forme de cochon[14].

Les sociétés bigophoniques ont existé par centaines, durant des dizaines d'années. Elles ont rassemblé des milliers de bigophonistes, se retrouvant dans des fêtes et concours. Il y avait également un très grand nombre de pratiquants individuels plus ou moins expérimentés.

Il existait certainement des techniques et pratiques de jeux qui s'inventaient et se transmettaient directement.

Pratiquement la totalité de ce patrimoine est perdu et reste à retrouver.

Un mouvement carnavalesque de masses

Les bigophones ferme la grandiose cavalcade du Bœuf Gras 1897[113].
Extrait du catalogue d'un magasin parisien en 1927. Il assure que : Peu sont les communes qui n'ont point actuellement leur société de « Bigophonistes[14] »
La muse de la Fédération des bigotphones de la région parisienne 1928[39].
Yvette Boiteau, muse des bigotphones des provinces de France 1930[114].
Bigophone en forme de bouteille de vin. Tout en jouant on peut faire semblant de boire et se saouler[14].
Les bigophones de Bourré en déplacement à Pornichet en 1932[115].
La Gaieté Bigophonique du Clos-Cadot, banlieue de Saint-Malo, au bal de la Fête de la Grenouille à Dinard le 11 juin 1939[116].
Les Joyeux Bigophones du Tuquet à Mouscron.
Vers 1900, le nom d'un restaurant de Saint-Maur fait allusion aux bigophones : Au Rendez-vous des Pas Bilieux[117].

Les bigophones sont très présents dans les carnavals.

En 1900, ils escortent la Reine des Reines de la Mi-Carême parisienne.

Le 22 mars, Le Petit Parisien écrit[118] :

Ce soir, à l'Opéra, dernier bal masqué. Ouverture des portes à minuit.
A une heure, entrée du cortège des Gueux des Halles et de la Reine des reines, précédé de la fanfare des Bigotphones.

En 1902, cent étudiants parisiens costumés soufflent dans leurs bigophones le jour de la Mi-Carême[16] :

La Mi-Carême. — On se rappelle qu'à la suite des dissensions qui se sont produites dans l'Association des étudiants, celle-ci ne participera pas officiellement cette année à la cavalcade des marchés de la rive gauche. Mais un groupe d'étudiants a organisé un cortège dont voici la composition :
Autour d'une bannière ornée du dragon de Siegfried et portée par un étudiant monté sur un âne, une centaine de jeunes gens costumés en magistrats de la Cour d'appel et du tribunal civil, dont plusieurs montés sur des ânes, souffleront dans des bigophones les airs du quartier Latin. Ce cortège partira vers midi de la galerie des Machines ; il se disloquera sur la place de l'Odéon.

Deux sociétés bigophoniques, dont celle des Étourdis de Paris, participent de façon marquante au cortège de la Mi-Carême au Carnaval de Paris 1906[119].

Le 1er avril de la même année les bigophones sont également présents à l'autre grand cortège du Carnaval de Paris, la Promenade du Bœuf Gras[120] :

Précédé d'un tambour-major, qui mesure au moins deux mètres de haut, de tambours, de clairons et escorté de pains, de gigots, de bouteilles de vin blanc gigantesques et de marmitons bigotphones, voici le char de l'Escargot. Il représente un énorme escargot, de dix-huit mètres de long, parfaitement imité.

A la Cavalcade de la Mi-Carême 1936 à Saint-Malo défile un char de la Gaité Bigophonique et deux sociétés bigophoniques : les Cadets bigophoniques et la Gaieté Bigophonique du Clos-Cadot[121].

Les sociétés bigophoniques rassemblent du monde et aiment se costumer, y compris en dehors de la période du Carnaval, comme cela apparaît dans cette annonce parue en pages intérieures du journal parisien Le Matin le 7 août 1937[122] :

Festival de musique de bigophone à la Porte Clichy
Le comité d'initiative du 17e arrondissement organise, a la porte Clichy, pour ce soir, à 21 h. 30. et dimanche à 15 heures, un grand festival de musique de bigophone costumé auquel prendront part vingt-cinq musiques et plus de huit cents musiciens.

D'une façon générale, on peut dire que le bigophone, qualifié à l'occasion d'« instrument burlesque », associe le rire à la musique. En témoigne, par exemple, en 1903, la participation de la Société des Bigotphones de Mende à la cérémonie du couronnement de la Rosière d'Ici-les-Canards dans le cadre de la fête votive de la ville[123].

Les bigophonistes cherchent à faire rire, même avec des moyens sommaires. C'est ce qui ressort bien d'une description des mineurs bigophonistes de Meurchin qui défilent :

Celui-ci est bariolé. Celui-là a noué sa cravate sur la nuque et boutonné sa veste dans le dos ; pour paraître plus drôle, il porte un masque derrière la tête. ... Grâce à cette société, nos villages rient de temps en temps[124].

À Meurchin, deux enfants marchent en tête. Les enfants comme les adultes savent profiter du bigophone. En 1900, parlant de l'industrie des jouets en France, Léo Claretie écrit :

...c'est une justice à rendre à cette industrie qu'elle a épuisé tous les moyens d'obtenir du bruit avec le cuivre, le verre, le bois, les tubes, pianos, pistolets, mirlitons, bigophones, caisses, tambourins, timbres, tambours. Certes, nous tenons les ânes de leur vivant en un fâcheux discrédit ; après leur mort, leur peau les venge bien par le tintamarre assourdissant des bambins, semblables à Tubalcain,
Père de ceux qui vont dans les faubourgs
Soufflant dans les clairons et battant les tambours[125].

Le premier congrès des bigophones

Le premier congrès des bigotphones, tenu à Paris le 27 août 1898, vu par Le Matin[126].

Le Figaro annonce le 16 août 1898[68] :

Le congrès des bigotphones.
Il manquait à la série. On nous l'annonce pour la fin du mois. Il se tiendra à l'auberge du Soleil d'or, au fond du vieux quartier du Marais.
Mais Thérésa y assistera-t-elle ? Voilà la question qui tenaille en ce moment les bigotphones parisiens.
Thérésa, l'excellente et célèbre Thérésa, en prenant sa retraite des cafés-concerts, n'avait, en effet, nullement renoncé à la gaieté française, et c'est avec joie qu'elle reçut, il y a quelques années, le titre de présidente des « camaros bigotphones d'Asnières ».
Les bigotphones, on le sait, sont ces fanfares comiques d'instruments en carton affectant toutes les formes d'animaux, d'outils, de fruits, de légumes, de grands hommes et produisant des concerts les plus extraordinaires que l'on puisse rêver.
Paris ne compte pas moins de quatre cents fanfares bigotphones d'au moins vingt exécutants chacune, et c'est par milliers qu'elles pullulent en province, dans le Midi surtout.
La première fanfare de bigotphones fut fondée le 1er août 1885 et reconnue par arrêté préfectoral de M. Gragnon, contresigné par M. Lozé[127], le 19 octobre de la même année.
Le prochain congrès a pour but la formation d'un syndicat des bigotphones de France : Thérésa, fondatrice de plusieurs de ces fanfares, sera proclamée présidente d'honneur.

Les bigophones dans la vie sociale

Les bigophones sont présents partout. Ils ne participent pas qu'au Carnaval.

Les bigophones au Carnaval de Paris 1888

Le Journal des débats écrit, le 15 février 1888 lendemain du Mardi gras[128] :

Parmi les groupes de masques, le plus original était celui des élèves de l'atelier Julian, du faubourg Saint-Denis. Ces jeunes gens, vêtus de la blouse d'atelier et dont quelques-uns portaient comme enseignes des châssis de peintres cloués au bout de longs bâtons, formaient un chœur et un orchestre, et parodiaient les airs de tous les répertoires. Ils se sont rendus devant le groupe de la Danse de Carpeaux, a l'Opéra, et ont entonné des chants avec accompagnement de bigophones en carton.

Les bigophones à la Fête nationale française

Le Petit Parisien écrit, le 14 juillet 1898[129] :

Vers neuf heures et demie, une aubade a été donnée devant la rédaction du Petit Parisien, rue d'Enghien, par la société orphéonique du dixième arrondissement ; les Pas Bileux, fanfare bigotphonique du onzième arrondissement ; la Lyre bigotphonique et la Gaudriole de Pantin.
Les Sociétés, qui étaient escortées par des porteurs de lampions et de torches de résine, et que suivait une foule nombreuse, ont obtenu un franc succès.

La tradition perdure, comme l'atteste quarante ans plus tard une photo de presse où l'on voit l'orchestre de bigophones les Gais Lurons jouant dans l'île Saint-Louis le 14 juillet 1938[130].

Les bigophones à la Mi-Carême 1905 à Paris

Commentant les grandes fêtes de la Mi-Carême qui viennent de s'achever alors à Paris, L'Éclair écrit, le 31 mars 1905 :

Puis l'on se sépare, un peu ahuris d'avoir accompli, avec quelques bigophones, des légumes grotesques, des seigneurs Louis XIII et des jolies filles, de si grandes choses sans s'en douter.

Déménagement d'artistes en 1896

En 1896, au moment des fêtes franco-russes à l'occasion de la visite des souverains russes en France, des artistes montmartrois transforment leur déménagement en parade au son des bigophones[131] :

Un groupe de peintres montmartrois changeait de locaux, à l'aide de sept charrettes.
Chacun d'eux, sur le chef, arborait fièrement d'énormes chapeaux de formes bizarres, au sommet desquels s'érigeaient fièrement des petits drapeaux aux couleurs françaises et russes.
(...)
En tête de ce singulier cortège, quelques amis de la bande brandissaient, qui des drapeaux, qui des palettes et jusqu'à de longs pinceaux de décoration, de ceux-là même avec lesquels on brosse les décors des théâtres.
Le défilé se terminait par un groupe de bigotphonistes « mirlitonnant » la Marseillaise et l'Hymne russe.

Un fabricant de bigophones en 1893

Description des alentours du logis du père Brécheure, sculpteur de têtes de marionnettes pour le Guignol, demeurant rue Eupatoria, à Paris, près de l'église de Ménilmontant[132]  :

On entre par une petite cour au fond de laquelle un mouleur de bigophones fait sécher des mirlitons, qui sont des képis ou des fourneaux de pipes bourrés de varech.

Bigophones et musique traditionnelle

Le 18 février 1937, dans la rubrique Les provinces à Paris du journal Le Temps, consacrée aux activités des sociétés régionalistes parisiennes, on lit[133] :

Berry. — « Cercle amical du Cher et de l'Indre ». Samedi, 20 h. 30, mairie du 6e, gala au profit de la caisse de vacances. Concert avec le concours de la compagnie Fernand Painvin, de Mlles Lucie Rauh et de Mme Joseph Bernard, de M. Daniel Cauquis et d'une société bigophonique. Bal de nuit. Vielles et cornemuses.

On connait les noms en patois saintongeais de deux sociétés bigophoniques : les Bitons de Chant'grole à Rouillac[134] et les Bitons de Jharnat à Jarnac[135].

Les bigophones à la Fête de l'Humanité

Le 1er septembre 1935, à la Fête de l'Humanité, qui se tient dans les bois de Garches, … « les bigophones aux costumes cocasses … déchaînent l'enthousiasme avec la Carmagnole[136] ».

Dans un court-métrage documentaire consacré à la Fête de l'Humanité 1945 apparaît une fanfare bigophonique[137].

Des bigophones politisés

Certaines sociétés bigophoniques, dans les années 1920-1930, apparaissent pleinement intégrés aux campagnes politiques menées par le Parti communiste français. Ainsi, par exemple, l'une d'entre elles participe à une manifestation à Ivry-sur-Seine en juin 1925[138] :

A 14 heures, en effet, deux grandes manifestations, l'une comprenant six mille, l'autre trois mille personnes, partaient de deux points différents et parcouraient les rues de la ville, au chant de l'Internationale, avec le concours de l'Harmonie de la Bellevilloise, de l'Harmonie du XIIe, de la Chorale Fédérale, des Bigophones d'Alfortville et de nombreuses sociétés musicales de la banlieue rouge. Sur tout le parcours, une foule sympathique applaudit les cortèges. Des cris : « A bas Painlevé, l'assassin ! A bas la guerre du Maroc ! » furent poussés. Les banderoles de l'A.R.A.C. : « Guerre à la guerre impérialiste ! » firent notamment sensation.

En 1932, les communistes font la fête à l'occasion de la victoire électorale de Gabriel Péri élu député d'Argenteuil. Un témoin raconte :

Des cortèges convergeaient de tous les quartiers d'Argenteuil en direction de la mairie. Celui venant des Champioux avait à sa tête « les Bigophones rouges des Champioux », une centaine d'hommes en casquette, très dignes, jouant l'Internationale[94].

Les bigophones et la grève

En 1924, dans un conflit social, on retrouve les bigophones venant supporter les ouvriers grévistes des boulangeries[139] :

La grève des boulangers
Les grévistes ont passé l'après-midi d'hier en famille au bois de Boulogne Les ouvriers boulangers en grève, pour une fois, abandonnant la Bourse du travail, se sont réunis avec leur famille, hier après-midi, au bois de Boulogne, sur la pelouse de Bagatelle où ils se sont amusés à chanter et danser au son des mandolines, des pistons et des accordéons.
Vers 18 heures les membres du comité de grève, après une audition de bigophone, ont accordé le repos dominical aux grévistes pour aujourd'hui et leur ont donné rendez-vous au prochain meeting qui aura lieu, demain lundi à 15 heures à la Bourse du travail.

Dix ans plus tard, le 24 février 1934, les bigophones des taxis marchent en tête d'une manifestation de masse des taxis parisiens en grève.

L'Humanité écrit[140] :

Le comité central de grève en avant du cortège, entoure le mannequin à double tête, et s'enfonce avec lui sur la droite dans l'avenue Octave-Gréard.
Par derrière, viennent les Bigophones des taxis, le joyeux orchestre (le seul qui n'ait jamais reçu de prix dans les concours de musique) qu'on voit chaque année à Garches[141].
Puis l'énorme masse des chauffeurs avec des pancartes, huant Rouvier et Walewski, acclament la grève. On atteint l'avenue de Suffren, on tourne vers la Seine.

Les bigophones et le sport

Les bigotphones ont aussi leur place dans le monde et les événements sportifs.

Le 7 mars 1891, à la soirée qui suit le banquet du club de vélocipédie d'Agen, les bigotphones sont présents[142] :

Tout le monde se lève alors, et l'on se rend au siège du Club, café Rune, où un punch est servi aux invités.
Là, la soirée a été des plus charmantes. Grande surprise lorsque les bigotphonistes MM. G. Thomas, F. Durand et Borel ont fait leur entrée dans la salle et nous ont joué plusieurs morceaux comiques fort applaudis. Puis MM. Filliol, Borel, et de Blessebois se sont fait applaudir dans des morceaux de chant et des exercices d'équilibre.

En août 1926, le bigophone anime le repas annuel d'un club cycliste de La Sinière, près de Nantes :

C'est dimanche dernier qu'avait lieu à Saint-Julien-de-Concelles, au restaurant Sécher et Viaud, le banquet annuel du « Rayon ».
Le départ se fit de chez Poisbeau, à la Sinière, où 45 cyclistes s'étaient donné rendez-vous. La plus franche gaîté ne cessa de régner pendant tout le trajet qui fut agrémenté par notre sympathique entraîneur Châtelier qui, avec son bigophone, fut le vrai boute-en-train et nous fit trouver le trajet bien court.
A midi, tout le club se mettait à table pour le coup de la fourchette, et la bonne humeur présida à ces agapes fraternelles[143].

On lit dans le compte-rendu du Critérium national des jeunes, en janvier 1928[144] :

Les organisateurs avaient eu la bonne idée de réserver un autobus aux journalistes et à certains officiels. Le départ eu lieu rue Rossini. Le sympathique Berretrot, et son immense bigotphone firent une entrée très remarquée.

Les fanfares cyclistes aux États-Unis

En 1895, 14 ans après l'invention du bigophone, Warren H. Frost lance aux États-Unis une version américaine de celui-ci : le zobo ou songophone. Son succès est foudroyant. Il en aura bientôt vendu 400 000 et naissent un très grand nombre de fanfares de zobos[27].

Particularité américaine, on trouve au nombre de ces groupes musicaux des fanfares de zobos cyclistes qui se déplacent en jouant. On peut voir sur Internet un dessin figurant la fanfare de zobos cyclistes du Century Wheelmen's Club de Philadelphie en 1896. Elle compte 17 membres. Chaque musicien tient son instrument d'une main et le guidon de l'autre. La grosse caisse est montée sur un tandem.

Le Music Trade Review du 25 juillet 1896 commente ainsi ce dessin :

Cette vue de la fanfare Wheelman Zobo Brass Band, bien que possédant un intérêt considérable pour les concessionnaires Zobo et le commerce en général, ne donne pas une idée objective de cette organisation particulière, dans la mesure où le nombre moyen de membres des fanfares de zobos est généralement beaucoup plus important. Il est néanmoins d'un intérêt unique. Selon la presse de Philadelphie une des caractéristiques les plus intéressantes de la récente grande parade de bicyclettes à Philadelphie, qui a eu lieu le 14 Juillet dernier, a été la fanfare de zobos du Club Century Wheelman. Le cortège se composait de dix mille cyclistes et un extrait du Public Ledger de Philadelphie du 15 Juillet, se lit comme suit: « Le Club Century Wheelmen a introduit du neuf dans le domaine des fanfares de zobos et a vraiment joué de l'excellente musique. Ce qui fait qu'il a été accueilli par un tonnerre d'applaudissements tout le long de la parade. » Après le défilé, les membres de la fanfare se sont rassemblés devant le club house et ont donné une demi-heure de concert en plein air, ce qui a été très appréciée par un large public. Le Club Century Wheelmen doit sans aucun doute, dans une large mesure, à sa fanfare de zobos d'avoir remporté avec facilité trois récompenses : Nouvelle apparence, Meilleur apparence générale, Plus grand nombre de participants, ce qui fait de ce club le plus réputé de Philadelphie. Un mot de reconnaissance pour le bien connu chef d'orchestre de Philadelphie, le professeur Harvey Uhler, qui est le chef et le tambour-major de la bande, pour le succès qu'il a obtenu avec sa si excellente organisation. M. W.H. Frost fait part de l'excellente santé du commerce des zobos. Il a reçu récemment un grand nombre de commandes provenant de clubs cyclistes de New York et Philadelphie. M. Frost souligne à quel point son commerce marche bien avec les bicyclettes, et qu'aucun club vélo ou parade de vélos n'est correctement équipé sans sa fanfare de zobos. Joseph Wallace & Son, de Londres, à travers C. Bruno & Son de New York, vient juste de passer commande de sa quatrième livraison de zobos.

Les bigophones patriotiques

Le 8 juillet 1900, la Société bigotphonique anime, avec d'autres, le grand concours de gymnastique organisé par la municipalité de Montreuil-sous-Bois et la fédération régionale des Sociétés de gymnastique[145]. À l'époque, gymnastique et préparation militaire sont liées. Et beaucoup rêvent à la revanche de la défaite de 1870 contre l'Allemagne :

A deux heures, les quarante sociétés de gymnastique qui prenaient part à la fête se sont réunies à la porte de Montreuil, rue de Paris, d'où, précédées par les sociétés musicales, l'Alliance musicale, la fanfare l'Amicale et la Société bigotphonique, elles ont défilé par les principales rues de la ville pour se rendre à la place du Marais, de Villiers, où avaient lieu le concours d'ensemble et la distribution des récompenses.
Dans une tribune richement décorée, élevée sur la place, on remarquait MM. Lefèvre, sénateur ; Pierre Richard, député ; Hémard, conseiller général de la Seine, maire de Montreuil ; Squeville, conseiller général de la Seine, maire de Fontenay-sous-Bois ; Renaud, maire de Vincennes ; de nombreux officiers de réserve et de l'armée territoriale en tenue, etc., etc.
Après avoir défilé avec une régularité parfaite aux accents de la marche le « Régiment de Sambre et Meuse », jouée par toutes les musiques ; les gymnastes ont exécuté les mouvements d'ensemble, recueillant les applaudissements de tous les spectateurs.

Durant la Grande Guerre de 1914-1918, les bigophones font partie des accessoires distractifs des militaires. En décembre 1915, Jean Ajalbert rapporte les propos d'un camarade d'escadrille du célèbre Adolphe Pégoud qui vient de disparaître :

Pégoud entraînait ses camarades par l'exemple et par les faits... A la fin, il partageait complètement nos chahuts, notre entrain, notre gaité... C'est lui qui avait amené des bigotphones et des tambourins dans notre orchestre[146]...

Ce n'est pas la première fois que des militaires se distraient au son des bigophones. On voit déjà sur une photo datant de 1896 ou 1897 trois soldats de la Garde nationale du Colorado, envoyés à Leadville suite à une grève des mineurs, jouer du zobo sous la tente pour se distraire[147].

En octobre 1920, dans le Journal des mutilés & réformés, des anciens combattants et des veuves de guerre, on relève la participation des bigophones à une cérémonie patriotique :

La visite au monument de la guerre de 1870-71 à Avron, haut lieu de la défense de Paris, se fait avec trois ensembles de musique : l'Alfortvillaise, les tambours et clairons des sapeurs-pompiers du Perreux et de Neuilly-Plaisance ; deux associations d'anciens combattants : les Vétérans de 1870-71 (20e section de Paris et 528e section de Neuilly-Plaisance) et l'Amicale Bigophone de Neuilly-Plaisance[148].

Le 11 novembre 1923, au cours d'une cérémonie patriotique du souvenir au cimetière de Montigny-en-Gohelle, la société communiste des bigophones d'Harnes doit aux circonstances d'interpréter la Marseillaise. Après quoi elle joue l'Internationale[149].

Les bigophones dans les mariages

Les Joyeux Bigophones d'Alfortville « Société Antineurasthénique, font les Baptêmes et les Mariages Civils »
Un bigotphone vers 1900.

Durant plus de cinquante ans, les bigophones ont animé les fêtes de mariage en France.

Maurice Dreyfous nous décrit un ensemble de bigophones à un mariage avant 1900[150] :

La dernière fois que je vis ce grand érudit, ce grave magistrat, c'était à Argenteuil. Arrêté sur le bord de la Seine, il avait pris place sur un char à banc où hommes et femmes, les gens d'une noce, avaient fait échange de leurs coiffures respectives, et composaient un orchestre ultra fantaisiste.
Et portant sur sa tête vénérable un bonnet qui n'était nullement carré, Charles Desmaze soufflait à pleines joues dans un énorme bigophone bariolé.

Le 18 mars 1934, les bigophones marchent en tête du cortège reconstitué d'une noce villageoise normande typique, lors d'une fête à Clichy[151] :

A l'occasion du 25e anniversaire de la fondation de leur société, les « Normands de Clichy » se sont réunis hier, en un banquet suivi d'une sauterie, dans une salle de la rue du Bois.
Le clou de la fête fut un défilé costumé, auquel prirent part une cinquantaine de membres de la société. Le thème choisi était la reconstitution d'une noce villageoise.
Le cortège, qui parcourut diverses artères de la ville, avait à sa tête le garde champêtre, une fanfare de bigotphones, le facteur, les gendarmes et les pompiers fermaient la marche.

En 1936, parlant de la disparition du restaurant Gillet à Paris à la porte Maillot, Pierre de Trévières relève que pour les mariages : « Le bon peuple s'offre en ces jours de liesse un gigantesque autocar où toute la noce s'empile et s'esjouit en chants, refrains, coiffures de papier, mirlitons et bigophones[152]. »

Les bigophones et les communes libres

Les Troubadours du Nouveau Domont à Domont.
En 1911, dans un annuaire parisien Bigot figure en tant que spécialiste de bigotphones[153].

Dans les années 1920-1930 naissent quantité de communes libres, qui assurent une animation comique locale, avec maire, garde-champêtre, pompiers et fanfares. On retrouve aussi ici le bigophone.

Il accompagne les fêtes de la commune libre de Montmartre en juillet 1922[154] :

Fort heureusement il fit beau, quoique lourd, et le soir on put danser joyeusement au son du bigophone.

Au nombre des ensembles bigophoniques, on trouve notamment la Fanfare de la commune libre de Milly, à Milly-la-Forêt[155], la Fanfare de la commune libre de Porchefontaine[156], les Bigophones de la Commune libre du Haras, à Viroflay[157] et les Bigophones de la Commune libre du Vésinet[158].

À Fougères, le 8 août 1930, est déclaré au Journal officiel une nouvelle association : la Commune Libre et Fanfare de Bigotphones de Saint-François, qui sont ainsi, dès leur départ, statutairement indissociables[159].

Le bigophone est proclamé instrument national de la Commune libre de l'Ile Saint-Louis, qui s'apprête à se doter d'un émetteur radio en 1924[160] :

On sait que les habitants de l'île Saint-Louis se sont organisés, l'hiver passé, en commune libre, à l'instar de la population montmartroise.
Le nouvel « État » possède son armée, sa flotte, son église et son doge, ses monuments historiques ; il ne lui manquait plus qu'une station de T. S. F.
(...)
Bientôt donc les Ludovisiens s'enorgueilliront d'une station « transcontinentale ». qu'on entendra de part et d'autre des rives fleuries de la Seine, bien au delà de leurs limites territoriales. On assure que le broadcasting y sera en honneur et bientôt sous l'indicatif 8... (chut ! c'est un secret d'État), il nous sera donné sans doute d'entendre quelques concerts radiophonés de bigophone, l'instrument national, comme on sait, de la Ludovisie,

Des bigophones subventionnés

Des associations de bigophones reçoivent des subventions. Ce dont s'indigne le 23 mars 1933 un journaliste de La Croix qui signe sa rubrique avec le pseudonyme de « Monsieur Le Guet » :

Il convient naturellement de faire la différence entre les secours attribués à titre privé et les subventions que réclament chaque année – comme un dû – les innombrables Sociétés de joueurs de boules, groupements philharmoniques, bigophoneux, amis de la joie ou de la belote, etc.
Que pensez-vous de ces associations dont les buts sont – c'est incontestable – généralement excellents, qui contribuent à mettre les budgets communaux au pillage, mais qui, à l'occasion, savent s'indigner contre les charges trop lourdes de l'impôt[44] ?

La fanfare de la République des Maurins

Le 14 juillet 1919, de facétieux marseillais fondent dans le hameau des Maurins, à la sortie de Marseille, la République des Maurins. La devise de celle-ci est « Faire le bien en s'amusant ».

Cette république pour rire va durer une vingtaine d'années. Parmi ses activités : la philanthropie et aussi des défilés carnavalesques costumés sur la Canebière avec barbes postiches en poils de chèvre, redingotes et gibus, uniformes variés et bruyante fanfare de bigophones.

Ces défilés ont lieu régulièrement, sont annoncés par voie de presse, et remportent un très grand succès auprès de la foule marseillaise qui vient les applaudir et acclamer[161].

Les peintres errants à Saint-Nazaire

Le 28 juillet 1930, L'Ouest-Éclair écrit, dans sa rubrique Saint-Nazaire :

Aimé Paris et J. Mancel, deux peintres de Bruxelles, poussant devant eux une voiturette chargée d'un lourd « barda », sont en train de parcourir le vaste monde. Nous les avons vus près du théâtre Athénée, tenant boutique de tableaux en plein vent et jouant de l'accordéon et du mirliton pour attirer les foules. C'est très pittoresque et fort original. Avec trois mètres carrés de toile de tente, quatre piquets et un jazz-miniature, on peut improviser une exposition de peinture. Avis aux amateurs[162]...

Un peu plus loin, le même article parle de l' « accordéoniste » et du « bigophoniste ». Il s'agit donc là, non d'un mirliton, mais d'un bigophone.

La première fanfare des Beaux-Arts

La fanfare des Beaux-Arts en 1889[163].
Les bigophones belges du Soutien de Saint Gilles défilent à Paris le 11 mars 1926[164].
Les Bigophones de Tournon, chanson de la Société Bigophonique des Bords de la Creuse « La Pépie », à chanter sur l'air de : « Sur la route de Dijon[165] ».
Annonce pour diverses marchandises parue le 24 avril 1888 dans The Hawaiian gazette publiée à Honolulu. Elle vante les Bigotphones : « un instrument nouveau et comique dont tout le monde peut jouer[23]; »

Les célèbres fanfares des Beaux-Arts ont pour ancêtre une société bigophonique.

Elle apparaît dans la description d'un monôme de l'École des Beaux-Arts en 1889 :

En tête du cortège, se balance une haute bannière rouge, ornée d'une oie en toile blanche, l'oie du Capitole ; au-dessus du volatile sacré tremblent des médailles de carton de différents modules, blanches ou dorées, et pareilles à celles qu'arborent les orphéons.
Derrière la bannière, la fanfare, plusieurs rangs d'instruments en carton, plus ou moins étranges, saxophones ventrus qu'on tient à deux mains, trombones à coulisse ou à pistons, altos et bugles. Tout cela gémit, grince, siffle, rugit sur des rythmes divers, sans souci du chef, qui bat la mesure consciencieusement[163].

Les instruments décrits sont des bigophones et la fanfare des Beaux-Arts en 1889 est une société bigophonique.

Les deux trompes en tête du cortège, visibles sur l'illustration de ce texte, sont des bigophones géants, à la forme inspirée d'instruments antiques et sans doute fabriqués par les étudiants eux-mêmes. À cette époque, la peinture d'Histoire, enseignée à l'École des Beaux-Arts, représente le sommet de l'enseignement pictural. Ces trompes en sont l'expression visible dans la fête.

Par la suite, les bigophones ont été remplacé par de instruments à vent classiques.

Aux États-Unis, dès 1896, est signalé l'existence d'ensembles bigophoniques dans les universités où ils ont beaucoup de succès. Ils jouent sur des zobos, une des versions américaines du bigophone. Il existe de tels ensembles entre autres à l'Oberlin College, dans les universités de Yale, Cornell, Harvard et Muhlenberg[166].

Bing Crosby réinvente le bigophone

En 1925, le chanteur et acteur américain Bing Crosby, en utilisant un instrument proche du mirliton, le kazoo, fabrique avec succès une sorte de bigophone :

Bing et Al Rinker aimaient bien improviser pendant leurs spectacles en ajoutant des sons différents, et Bing commença à jouer du kazoo dans une canette en aluminium durant un concert à l'université de Californie. Le public apprécia ce nouveau son à cause de son originalité, et Bing et Al devinrent de plus en plus populaire[167].

Georges Brassens et le bigophone

En 1980, Georges Brassens enregistre un album : Georges Brassens chante les chansons de sa jeunesse. Sur le disque 1, face 2, le 3e couplet de la 7e chanson : « Sous le Kiosque à Musique », paroles de Charles Charlys et Maurice Vandair, musique de Marc Lanjean, parle du bigophone[168] :

Le notaire en personne
Ajustant son lorgnon
Prend son bigophone et son vieux trombone
Et joue l'air des lampions
Sous le kiosque à musique

Les bigophones belges à la Mi-Carême à Paris

Le jeudi 11 mars 1926, dans le cortège de la Mi-Carême au Carnaval de Paris triomphe une fanfare de bigophones belges composée de 153 musiciens costumés :

Le succès, cependant, allait aux pierrots blancs, aux pierrettes blanches de l'Harmonie burlesque belge : le Soutien de Saint-Gilles — imposant orchestre où dominaient les bigophones surmontés d'ustensiles de cuisine. On les applaudissait. On criait « Vive la Belgique[93] ! »

Ce succès se reproduit dans le même cortège à Paris le 24 mars de l'année suivante[169].

Les bigophones dans le monde

Le bigophone apparaît à Paris en 1881 à une époque où la mode parisienne est célèbre et appréciée dans le monde entier.

Cette mode de Paris va porter le prestige du bigophone au delà des frontières françaises et en faire un phénomène international. On le retrouve en Autriche-Hongrie, en Suède, aux Pays-Bas, en Russie.

Dès 1895, il y a des bigophones au Brésil, en Australie et aux îles Carolines. D'autres suivent l'expédition militaire française à Madagascar[34].

Le 19 mai 1900, à Londres, c'est la liesse dans les rues à l'annonce des succès militaires britanniques au Transvaal. Les bigophones sont présents[170] :

Aujourd'hui semble un jour de grande fête. Des groupes nombreux portant des drapeaux et des cocardes continuent à parcourir les rues de la Cité et à rendre la circulation, très pénible et même sur beaucoup de points impraticable.
En beaucoup d'endroits, on jette des confetti, Des jeunes gens, au son de bigotphones et de trompettes de bazar, parcourent la ville. Beaucoup d'entre eux portent des parapluies tricolores.

Vers 1910, les mineurs de Seaton-Delaval, dans le Northumberland, ont un Bigotphone Band[171].

En 1911, on retrouve les bigophones chez les ouvriers imprimeurs londoniens en grève[172] :

Les grévistes, portant au bras un brassard rouge avec l'inscription « Tenez bon ! », se promenant pacifiquement dans le voisinage des imprimeries, poussant des hourras et chantant avec accompagnement de bigotphones, ont attiré hier l'attention dans le voisinage de Fleet street, qui est le centre des imprimeries des journaux.

Le bigophone pénètre même le milieu aristocratique britannique. Le 13 octobre 1909, la rubrique mondaine du journal Le Figaro rapporte[173] :

Les trois filles du duc de Rutland, lady Marjorie, lady Violet et lady Diana Manners, ont joué une comédie à Rowsley (Derbyshire), au cours d'une fête de charité donnée pour la caisse des écoles locales.
Lady Marjorie a chanté avec son talent habituel, lady Diana Manners a dansé « un pas seul », soutenu par les voix d'un chœur villageois, et lady Violet a conduit admirablement un orchestre de bigotphones.
Au parterre, avaient pris place le duc et la duchesse de Rutland et lord Granby.

L'activité bigophonique paraît avoir été jadis importante en Allemagne[22].

Musique d'église aux États-Unis

ZOBO BAND.jpg
Deux publicités d'un marchand de zobos new yorkais. Celle du haut date de 1901 et parle de la Church Band (fanfare d'église) de Paterson (New Jersey). Celle du bas date de 1902.

Le zobo, équivalent américain du bigophone[27], est utilisé dans les églises des États-Unis, comme l'indique en 1901 une publicité illustrée :

CORNET A PISTONS POUR JOUER SEUL ET SANS AIDE
Fanfare de Zobo
La fanfare d'église de Paterson N.J.
Vous pouvez devenir un artiste de talent du cornet à pistons en cinq minutes. Aucune connaissance de la musique n'est requise. C'est magnifique comme le phonographe – Ingénieux comme le piano mécanique. Déjà des centaines de fanfares se sont équipées avec les instruments de fanfares pour jouer seul et sans aide. Des églises organisent des fanfares et avec collectent l'argent pour payer leurs dettes. Wm. F. Miller, chef de la fanfare ci-dessus déclare : « Ce sont des instruments de première classe. Juste ce qu'il nous fallait. Nous avons 14 instruments dans la fanfare. Nous avons l'intention d'augmenter ce nombre. Nous avons passé un chapeau dans un concert. Ce fut un grand succès ».
OFFRE SPÉCIALE POUR 25 CENTS
Pour universaliser cette merveilleuse invention nous vous ferons parvenir un échantillon de notre cornet à piston pour jouer seul et sans aide contre 25 cents. Avec notre catalogue illustré. La marque « Zobo » est indiquée sur chaque instrument.
STRAUSS MFG. CO
142-146 W.14th Saint, Dept 14, New York[174]

Les publicités pour le bigophone insistent sur le fait qu'il est facile d'en jouer. Celles pour le zobo valorisent celui-ci en mettant en avant qu'on peut devenir un vrai musicien sans efforts, ni connaissances particulières. Dans le premier cas l'instrument est plus présenté comme un jouet. Dans le second comme un véritable instrument de musique mettant celle-ci à la portée de tous. L'approche est différente.

Elle n'empêchera pas le zobo comme le bigophone d'être aujourd'hui bien oublié par le grand public.

L'affaire des Rantanplans d'Ivry

Le Petit Parisien, 4 septembre 1927[175].
Le Petit Parisien, 7 septembre 1927[176].

En 1927, une affaire originale secoue le milieu bigophonique d'Ivry.

Le Petit Parisien en parle le 4 septembre[175] :

Une descente de police chez les « Rantanplan »
Société des bigophones d'Ivry
Il avait été signalé à la police que divers personnages suspects avaient fondé une société de bigotphones, les « Rantanplans », dont le but caché était de payer un avocat à ceux d'entre eux qui se faisaient arrêter, de les assister pécuniairement pendant leur détention et de rechercher et punir les « indicateurs ». Ces musiciens, à la fois joyeux et sinistres, se réunissaient dans un petit café d'Ivry-sur-Seine, 40, rue Barbès.
Une descente de police fut décidée et, sous la direction de M. Peybernés, commissaire de police, et des brigadiers Pelevilain et Ferroud-Plattet, une trentaine d'inspecteurs faisaient irruption hier soir à 21 heures, dans la salle du débit, au moment où la société exécutait un de ses plus bruyants morceaux.
Vingt-huit musiciens furent emmenés au poste. Après vérification de leurs papiers, vingt-six furent relâchés. Seuls, Gustave Renard, un insoumis, et Jean Horneck, réfractaire à un arrêté d'interdiction se séjour, furent dirigés sur le dépôt.

Nous apprenons aussi ici que les ensembles bigophoniques peuvent gagner de l'argent. Il n'est pas dit comment. Probablement comme le font aujourd'hui encore les fanfares des Beaux-Arts : par le passage traditionnel du chapeau pour ramasser l'obole des passants, ou bien en recevant directement des compensations des organisateurs d'événements qu'elles sont venues animer : fêtes, etc.

Trois jours plus tard, le 7 septembre, paraît cette annonce[176] :

Il y a bigophones et bigophones
La société musicale bigophonique « Les Rigolos d'Ivry-Port » nous prie de dire qu'elle n'a rien de commun avec cette autre société de bigophones, les « Rantanplans d'Ivry », au siège de laquelle, ces jours derniers, une descente de police fut opérée et deux arrestations effectuées.

Costumes des sociétés bigophoniques

Une rixe causée par le bigotphone le 15 juillet 1904 à Clichy[177].
La Fanfare de Bigotphones de Martizay Aux Bons Amis Paulnay.

Comme les fanfares classiques dont elles s'inspirent pour certains aspects, les ensembles bigophoniques se dotent de bannières et tenues caractéristiques qu'on peut remarquer sur les photos de leurs groupes.

Ainsi, par exemple, la Commune libre d'Arnouville, créée en 1929, se dote d'une section bigophonique qui fournit les instruments à ses membres. Elle défile, aux côtés de pastiches de maire, garde-champêtre et pompiers. Ses membres portent une blouse et un bonnet vert aux couleurs de la société. Elle participe aux fêtes patronales, défilés avec d'autres « communes libres », élection de la Muse, gala du muguet, arbre de Noël, etc. [178].

En juillet 1932, à peine constituée, la Gaieté Bigophonique du Clos-Cadot, banlieue de Saint-Malo, lance un appel dans les colonnes du journal L'Ouest-Éclair.

Il témoigne tout à la fois de l'envie de se costumer et le faire avec les moyens du bord et évitant la dépense. Le bigophone est vraiment un instrument populaire[179] :

AVIS IMPORTANT
La Société fait un appel pressant à toutes les personnes possédant des chapeaux melons et gibus dont ils ne feraient plus usage, afin de les remettre à la Société Bigophonique qui se fera un plaisir de les accepter et leur en sera très reconnaissante.
Prière de les remettre chez MM. Aubry, correspondants des Chemins de Fer, place Jacques-Cartier et avenue Jean-Jaurès, ou de prévenir ces derniers qui les feront prendre. Ils peuvent être également déposés au siège social, Restaurant du Lac, Clos-Cadot (en face la Fabrique d'emballages Frelon).

Les façons de se costumer varient. Ainsi, à L'Île-Bouchard, les membres de la fanfare bigophonique des Sans-Souci s'habillent tous en dandys avec chapeau haut-de-forme[180]. En revanche, à Neuvy-Grandchamp, chez les Joyeux Bigophonistes, tout le monde est en sabots[181].

À Saint-Saulve, les Bigophones sont costumés en maraîchers et soufflent dans des instruments en formes de légumes, leur chef dans un chou rouge, rappelant le surnom des habitants de la ville[182]. À Amiens, les Bigophones du Petit-Saint-Jean ont pour mascotte un petit singe en bois[183].

Hymnes bigophoniques

Des sociétés bigophoniques ont leur chanson. Ainsi sont créés un Hymne de la Brême bigophonique de Bourré, En écoutant les Gueurnaziaux, chanson de l'amicale bigophonique du même nom à Vendôme[184], Les Bigophones de Tournon, chanson de la Société Bigophonique des Bords de la Creuse « La Pépie »[185], etc.

Longévité des sociétés bigophoniques

Comme toutes les goguettes, les sociétés bigophoniques ont une belle solidité qui leur assurent de longues années d'existence :

La société bigophonique les Fin-de-Siècle des Batignolles tient son treizième banquet annuel en 1904[71]. Il en tient également un en 1910[186]. Cette société existe donc durant au moins une vingtaine d'années.

Le 28 août 1934, on lit dans L'Ouest-Eclair, dans l'article « Dimanche prochain, à Bruz, aura lieu le concours de pêche de l'Union des Pêcheurs à la ligne[187] » :

La vieille société bigophonique « Les Coupe-Eau », qui existe depuis 1900, prêtera son concours à la fête. On est donc assuré d'avoir de la gaité, car on sait que « Les Coupe-Eau » en ont à revendre.

Le recul des sociétés bigophoniques

Bigotphones allemands 1930[188].
Catalogue 1900 de vocophones, une des versions américaines du bigophone[189].
Une fête payante à Paris le 21 mai 1921 avec des bigophones, annonce parue la veille dans Le Figaro[190].
Élection par la Fédération bigotphonique de Marcelle Jannot, muse des bigotphones de France, Le Petit Parisien, 4 février 1931[191].
Extrait du Bulletin Orphéonique, rubrique du journal Le Petit Parisien, 24 février 1931[11].

Les sociétés bigophoniques, comme les autres goguettes, vont être victimes de leur succès. Avec le nombre, viendra l'entreprise consistant à détruire le joyeux produit d'origine au nom de l'organisation, la centralisation, la croissance, l'efficacité.

Ces efforts apparaissent très tôt. Il semble que dès le départ il y a des problèmes : L'Union amicale des sociétés bigotphoniques de France est créée le 1er juillet 1897[192]. Le même jour est créée une Union bigotphonique de France[193]. Il se pourrait qu'il s'agisse de deux organisations concurrentes.

La Bibliothèque nationale de France conserve des bulletins d'unions d'associations bigotphoniques, tous publiés à Paris :

  • Le Bulletin officiel de l'Union bigotphonique de France, publié en 1899[194].
  • L'Avenir bigotphonique. Organe officiel de l'Union bigotphonique de France, publié le 15 mars 1900[195].
  • La Revue bigotphonique. Organe officiel de l'Union amicale des sociétés bigotphoniques de France, n°1, mars-avril 1925, à n°49, janvier-avril 1937[196].

Le 12 octobre 1926, L'Ouest-Éclair annonce qu'à la répétition de la Gaieté Bigophonique Rennaise sera fait le compte-rendu du « Congrès des Bigophones de France[197] ».

Le 22 janvier 1928, Le Petit Parisien annonce une réunion de la Fédération bigotphonique de France[198]. Le 14 septembre de la même année, il annonce la fête champêtre annuelle de la fédération, avec un baptême bigotphonique des enfants[199] :

La Fédération bigotphonique de France organise pour dimanche, de 9 à 19 heures sa fête champêtre annuelle dans le parc Mabille à Montreuil-sous-Bois.
A cette fête aura lieu le baptême des enfants des bigotphonistes.

Nous apprenons également que le 4 mai 1930 :

La Fédération bigophonique de France fera disputer son concours annuel de bigophones aujourd'hui, à l'école des garçons de la rue Blanqui, à Saint-Ouen, sous la présidence de M. Lesesne, député de la Seine. Rassemblement des sociétés à 13 heures, place de la mairie. Pendant le concours, dont l'entrée sera gratuite, une quête sera faite au profit de la caisse des écoles[200].

Le 24 février 1931, Le Petit Parisien indique que la Fédération bigotphonique de France compte 1 500 sociétés affiliées et 5 000 membres[11]. Ce qui implique que chacune de ces sociétés compte à peine plus de trois adhérents ! La moyenne indiquée par les photos des sociétés est plutôt de trente. Il y a donc une erreur. Ou bien la Fédération compte 150 sociétés affiliées et 5000 adhérents, alors qu'un catalogue de bigotphones indique en 1927 que :

Peu sont les communes qui n'ont point actuellement leur société de « Bigophonistes[14] ».

Ou bien, beaucoup plus vraisemblablement, la Fédération compte 1500 sociétés affiliées et 50 000 membres.

L'étude de la documentation conservée apportera des précisions sur cette fédération aujourd'hui disparue.

En septembre 1931 et octobre 1932, on la trouve mentionnée dans Le Matin, à l'occasion d'un concert et bal qu'elle organise 19 rue Blanche, à Paris[201].

En 1930, suivant la tradition des Reines de la Mi-Carême, popularisée par la Mi-Carême au Carnaval de Paris, la Fédération bigotphonique élit sa muse[114] :

Le congrès de la Fédération bigotphonique de France vient de se tenir à Paris. A l'issue du banquet, qui réunissait plus de deux-cents congressistes, Mlle Yvette Boiteau, de Saintes, a été, à l'unanimité, élue muse des bigotphones des provinces de France.

En 1931, la Fédération élit une nouvelle muse[202] :

LA MUSE DES BIGOTPHONES
C'est une dactylographe de Mantes
Au cours du banquet qui suivit le congrès de la Fédération bigotphonique a été élue muse des bigotphones de France Mlle Marcelle Jannot. dactylographe à Mantes, et Mlles Simone Masson, d'Épinay ; Denise Levein, de Domont ; Renée Verdeille, de Fontenay, et Madeleine Louvet, de Nanterre, ont été désignées comme demoiselles d'honneur.

En 1932 paraît un ouvrage littéraire de V. G. Remain dont le titre fait référence au bigophone : Jazzant du bigophone. Contes en vers et contre tout[203].

En 1932 et 1933 une autre élection de reine ou muse a lieu[204].

En février 1933, Le Matin annonce la tenue du congrès de la Fédération : « Congrès : 31, boulevard du Temple, 9 heures : Fédération bigotphonique de France (à midi banquet)[205]. »

Les goguettes organisées en sociétés bigophoniques, comme toutes les sociétés festives et carnavalesques en général, ont leur vie propre et se rient des difficultés et événements politiques de leur époque. En 1936, elles sont bien vivantes et s'inscrivent avec éclat dans la Promenade du Bœuf Gras du jeudi de la Mi-Carême 19 mars, très grand cortège réussi du Carnaval de Paris[206] :

L'après-midi, à l'instant où, pensif et pâlissant, dit-on, le délégué de l'Allemagne écoutait voter l'Europe et l'Amérique du Sud, les bigophonistes faisaient vacarme autour d'un bœuf blanc, répondaient aux chevrettes du char auvergnat, et aux accordéons des Frères de la Côte[207]. Dans la nuit, sur la montagne où veilla sainte Geneviève[208], j'ai rencontré de bons jeunes gens, en robes de magistrats et coiffés de chapeaux pointus, qui poussaient de l'air dans des trompettes de carton. C'était peu après le communiqué du conseil des ministres. Certes, je ne blâme point. Je constate et j'envie. Les dilettantes qui eussent voulu pourquoi, pourquoi ? savourer leurs inquiétudes, les sombres plaisirs de la mélancolie, l'amère fierté d'avoir eu inutilement raison depuis 1920, imaginer des redressements diplomatiques foudroyants, composer d'avance les catastrophes, avaient contre eux l'insouciance, la jeunesse, les mirlitons et les bigophones.

La disparition des sociétés bigophoniques

Annonce dans L'Humanité du 3 janvier 1923 d'une goguette familiale animée par les bigophones de l'Étoile Rouge Sportive[209].
Annonce parue dans L'Humanité, 18 septembre 1926[210].
Convocation de sociétés bigophoniques à des fins politiques, dans L'Humanité, 10 août 1935[41].
Annonce parue dans L'Humanité, 13 mai 1936[211].
Les Bitons de Chant'grole à Rouillac au début des années 1930. Ils ont, comme les Bigotphones Rochefortais à Rochefort-sur-Mer, un chef d'orchestre avec sa baguette.
Dans L'Ouest-Éclair, annonce d'un bal à Plouaret le 6 août 1939[212].
Bigotphones en vente à Oxford en 1892[213].

Comme l'écrit Jean Frollo, dans Le Petit Parisien en 1898, les sociétés bigophoniques sont des goguettes pourvues de ces étranges instruments.

Comme pour les autres goguettes, la perte des sociétés bigophoniques a été causée par leur succès. Petit, quand on était moins de dix-neuf, on était fort et solide, on savait ce qu'on faisait et où on allait. Comme cela paraissait possible, on a voulu faire plus grand. Et au lieu de se contenter de rester une structure familiale qui se rassemble pour s'amuser, on est devenu une association. Un exemple est donné par les Pas bileux de Levallois.

En 1909, ils font paraître cette annonce dans L'Humanité[214] :

Les Pas Bileux de Levallois. — Il s'est formé au sein de l'Harmonie bigophonique « Les Pas Bileux de Levallois », une section de natation dont le siège est 53, rue Raspail, et adhérente à la Fédération Sportive Athlétique Socialiste.
Nul doute que les camarades pratiquants ce genre de sport viendront se joindre à notre groupement qui compte parmi ses membres de très bons nageurs.
L'Harmonie déclare en plus qu'elle prêtera son concours à toutes les organisations socialistes qui feront appel à elle soit pour des sorties ou des concerts.
Les adhésions à la section de natation sont reçues tous les samedis au siège, salle Méplein.

Au lieu de se borner à bigophoner, on fait de tout, même de la natation. Le résultat final est le recul et la disparition de ces sociétés qui ont voulu trop bien faire.

Cela a demandé du temps. Petit à petit, ces goguettes qui brillaient dans la rue avec leur activité bigophonique, se sont défaites. Certains ont ajouté de l'eau au moulin de leur disparition.

Dès 1940, les circonstances politiques de l'Occupation ont permis aux autorités d'exprimer directement leur vieille et inavouée hostilité à la fête. Le prétexte invoqué étant la lutte contre le communisme.

Dans une liste d'associations ou groupements supprimés comme « agissant aux mêmes fins (que le Parti communiste) et situés tant dans le département de la Seine que sur tout le territoire français », parue au Journal officiel de l'État Français du 25 février 1941[215], aux côtés d'organisations politiques ou syndicales ou d'associations juives comme l' Amicale israélite de Montreuil, on trouve nombre d'associations sportives et de loisirs, comme le Club des boulistes d'Orly, à Orly, et la Boule gentiléene, à Gentilly.

Et aussi des associations festives et musicales : la Fraternelle des tambours et clairons de Gennevilliers, les Harmonies municipales de Gennevilliers, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Stains et Villejuif, la Fanfare municipale de Nanterre, la Fanfare scolaire à Drancy, la Chorale ouvrière d'Ivry-sur-Seine, l' Union musicale de Malakoff, l'Harmonie municipale ouvrière de L'Haÿ-les-Roses, la Société de musique du patronage laïque de Fresnes, le Club d'humour et de gaîté et la société bigophonique Les Gais Souffleurs, à Épinay-sur-Seine.

Ces interdictions ont duré plusieurs années. Certaines de ces associations ne s'en sont sans doute jamais relevées.

Cependant, il apparaît qu'une activité bigophonique a continué durant la guerre. C'est ainsi que les bigophones malouins participent à la Fête de Marville à Saint-Malo le 7 septembre 1941[216]. Le 5 novembre de la même année, L'Ouest-Éclair annonce une prestation des Bigophones Plouarétais à Lanvellec pour recueillir de l'aide pour les prisonniers français[217]. La même société organise une séance récréative le 14 juin 1942 à Plouaret[218].

L'histoire de la vie ou survie des sociétés festives et carnavalesques reste à écrire. Elles n'ont pas disparues suite à la guerre. En témoignent la renaissance de nombre de carnavals, dont le grand Carnaval de Dunkerque, dès 1946, dans une ville en ruines.

Après la période florissante des bigophones du début des années 1880 à la fin des années 1930, on relève en divers endroits la persistance de l'activité bigophonique durant plus ou moins longtemps :

  • L'existence de la société bigophonique Chantecler d'Étampes est attestée en 1944[219].
  • Dans les années 1950, participe au carnaval de Carcassonne un groupe costumé en jaune : Les Bigophones. Il a notamment dans son répertoire une chanson : Ah les bigogo, les bigogo, les bigophones, sur l'air de la célèbre chanson enfantine Ah les crococo, les crococo, les crocodiles[220].
  • En 1953, à Poitiers, est créé une société bigophonique à but philanthropique : les Pierrots bigophoneux de la Cueille[221].
  • En 1954, existe à Billy-Berclau l'association de bigophones Les Joyeux de Billy[222].
  • En 1955, la continuité de l'activité des sociétés bigophoniques est attestée dans le midi de la France[223].
  • En 1962-1963, le maire de la Commune libre de Montmartre, son épouse et la fanfare montmartroise Les Bigophoneux participent aux fêtes de la Commune libre du Cayon de bois proclamée dans le quartier sud de Jaunay-Clan près de Poitiers[42]. Dans cette fête qui a lieu fin août, avec bal, mât de cocagne, etc. le clou est le « grand jeu de la barrique » dans laquelle un autochtone se cache. Il en sort de temps en temps la tête. Les enfants doivent alors s'efforcer de l'atteindre avec des tomates. S'ils y arrivent, leur victime jailli en courant et les poursuit. Puis reprend sa place pour continuer.
  • À la Ferté-Gaucher, en région parisienne, la longtemps très remarquée troupe des Joyeux Bigophones Fertois ne disparaît en tant qu'ensemble bigophonique que vers 1965[224].
  • À Trappes, la société des Bigophones Gaulois, créée par l’amicale du personnel de l'Office national de météorologie et dirigée par Jean Goudron, prospère jusque dans les années 1960 et 70[225]. Elle participe à des fêtes publiques et à l'émission de télévision La Lorgnette, de Jacques Martin, le 12 mars 1978.
  • De 1974 à 1987, à Solliès-Toucas, existe la société des Joyeux Bigophones Toucassins. Elle compte plus de 60 membres et anime la plupart des corsos et carnavals de la région[226].
  • Le 24 mars 1985, au Carnaval de Creney-près-Troyes, participent au défilé trois sociétés de bigophones venues de communes voisines : Belley à 4 km, Saint-Parres-aux-Tertres à 4 km et Villechétif à 2 km[227].
  • En 1974, aux États-Unis, Dudley Laufman enregistre avec son orchestre un disque de musique folk où il joue de divers instruments dont un bigophone[228].
  • En 2005, l'article bigophone du Dictionnaire de la Musique édité chez Larousse indique que : « Les bigophonistes restent nombreux dans certains pays, telle l'Espagne, où ils forment de véritables orchestres symphoniques[229]. »
  • Le 18 février 2007, quelques bigophonistes défilent dans le dixième cortège du Carnaval de Paris[230].
  • À Châtellerault, l'activité bigophonique s'est poursuivie jusqu'à nos jours et fait partie du patrimoine local[35].

L'oubli pratiquement partout des sociétés bigophoniques conduit aujourd'hui des sites Internet à répéter des informations erronées, parfois anciennes. Par exemple : naissance du bigotphone en 1883, alors que c'est 1881[74]. Les instruments sont en zinc, alors qu'ils sont, le plus souvent, en carton. Ou encoe à reprendre ce propos datant de 1926 : « Des réunions de "bigotphonistes" avaient lieu en 1910 dans le XIVe arrondissement de Paris. » Propos qui laisse supposer à tort que les réunions bigophoniques avaient lieu seulement dans cet arrondissement de Paris et en 1910[231].

Comme on le voit dans le compte-rendu d'une fête donnée le 22 septembre 1924, les bigophones, avec leurs corps et embouchures en carton, leur membrane vibrante non amovible, étaient fragiles, se déglinguaient facilement[232] :

La pluie survint. L'orchestre de bigophones, venu d'Alfortville pour participer aux réjouissances, dut se retirer, ses instruments n'étant pas imperméables. Faute de musique, l'assistance, enfin, se dispersa.

Et une fois qu'on cessait d'utiliser un bigophone, ils finissait naturellement en se défaisant tout seul avec le temps, ou en étant jeté au feu ou à la poubelle. Ce qui fait qu'on ne risque pas d'en retrouver beaucoup, même abimés, pour se poser la question : « qu'est-ce que c'est ? » et se remettre à bigophoner.

Ces instruments ont perdu leur popularité des années avant l'apparition des objets bon marché en plastique. Sinon on en trouverait encore, abandonnés au fond des caves ou dans les greniers.

On voit néanmoins quelquefois apparaître de vieux bigophones rescapés. Ainsi, le Centre Saint-Exupéry de Massy en possède un, vestige d'un ensemble bigophonique local : les Gais lurons de Villaine[233]. La médiathèque de Montgeron, dans une exposition consacrée aux cuivres, tenue du 29 mars au 9 avril 2011, présente un bigophone parmi les cinquante instruments exposés[234].

Les bigophones ont connu un usage très important et organisé au moins du début des années 1880 au début des années 1940. Les témoins de cette période faste du bigophone ne sont plus très nombreux. Il en disparaît tous les jours. Bientôt il n'y en aura plus.

L'ensemble bigophonique et les bigophones sont aujourd'hui oublié du grand public, excepté en de rares endroits, comme Châtellerault, Le Luc, Menton ou Sospel. Les seuls objets qui ressemblent aux bigophones, qu'on trouve couramment de nos jours dans le commerce, sont de très petits instruments sans pavillon amplificateur appelés kazoo.

La plupart du temps les mots bigophone et bigophonique servent familièrement à la place de téléphone et téléphonique et leur sens d'origine est oublié. On utilise aussi le verbe bigophoner dans le sens de téléphoner. Et le mot bigophoniste n'est plus utilisé, sauf par de bien rares spécialistes.

Durant au moins quinze ans et jusqu'en décembre 2003 a existé à Tournus une formation de jazz qui semble n'avoir eu de bigophonique que le nom : le Bigophone Jazz band[235].

Dans le département du Nord, à Bauvin, perpétuant le souvenir de cet instrument, existe une résidence Les Bigophones[236].

Le mépris du bigophone

Annonce parue en 1886 pour un marchand de bigotphones russe de Saint-Petersbourg[19].
Annonce parue en 1887 à Amsterdam pour des produits fabriqués et importés d'Allemagne ; au nombre de ceux-ci, des bigotphones[20].
Annonce pour des bigotphones parue en 1892 en Autriche-Hongrie[24]. Ils sont vendus dans le magasin Rix, situé sur la Praterstrasse, célèbre rue de Vienne.
Annonce parue en 1892 en Suède. Il y figure les bigotphones qualifiés de : skämtinstrument för Julkarnevalen, instruments comiques pour le Carnaval de Noël[25].
Bigotphone allemand 1893[237].

Le bigophone, comme le Carnaval, fait partie des réjouissances populaires. Quand la Musique bigophonique de Noisy-le-Sec participe à l'animation du concours international de pêche à la ligne de Guingamp[238], on peut comprendre que le mépris du bigophone puisse ne pas être simplement musical, mais aussi social.

Dans le numéro de Noël 1925 de L'Illustration, Henri Duvernois écrit, parlant des effets des modes remettant des usages anciens au goût du jour :

C'est par ces réactions vengeresses que l'accordéon s'impose tout à coup, parmi les bigotphones des nègres[239].

En avril 1934, Louis-Ferdinand Céline écrit dans une lettre adressée à Élie Faure :

Pourquoi voulez-vous que je me mette à jouer du bigophone soudain parce que douze douzaines de ratés m'en jouent ? moi qui joue pas trop mal du grand piano ? Pourquoi ? Pour me mettre à leur toise de rétrécis, de constipés, d'envieux, de haineux, de bâtards[240] ?

Les bigophonistes adorent rire. Quand on voit les noms de certaines de leurs sociétés, comme les Rigolards de Sarcelles[241], les Cent Couacs de Bois-Colombes[99], les Écervelés Bigophones[242], le Hanneton Légumivore[99], ou bien encore les Joyeux Bigotphones d'Alfortville - Société Tirbouchonnatoire et Anti-Neurasthénique[243], on comprend qu'ils puissent s'attirer la défaveur des gens qui tiennent absolument à paraître « sérieux et graves ». Presque tous les spécialistes, musicologues et historiens, paraissent avoir volontairement oublié les bigophones. Et les ignorent dans les livres et articles qu'ils écrivent. Les bigophones ont pourtant bel et bien existé et prospéré, comptant durant plus de cinquante ans des dizaines de milliers de pratiquants réguliers, et existent encore, à échelle limitée. Personne ne peut modifier le passé et censurer la réalité.

Le bigophone partage la défaveur officielle des activités festives où il se plaît, comme le Carnaval de Paris ou les goguettes, dont participent les sociétés bigophoniques.

Ce qui fait la force du bigophone, c'est qu'il est un amusant instrument festif et carnavalesque à la portée de tous. La musique de Carnaval, comme la musique des fanfares des Beaux-Arts, est un genre en soi. La joyeuse foule en Carnaval qui chante en chœur les refrains carnavalesques au Carnaval de Dunkerque ne prétend pas chanter à la façon des chœurs de l'Opéra. C'est autre chose. C'est tout à fait honorable. On aime ou pas. C'est une affaire de goût personnel. On peut apprécier les deux en ayant bien conscience des différences.

Significatif est que dans la fanfare de bigophones du quartier de la Trivalle à Carcassonne on recrute à condition d'ignorer tout du solfège. On souffle dans d'énormes instruments sur lesquels on porte en guise de partitions des cartons de loto. Et au Carnaval, les bigophones se déchainent à tel point que, lors du défilé en ville, les autres fanfares s'éloignent le plus possible d'eux afin de s'abriter de leur joyeux tintamarre[244].

Les bigophones de Rouillac se baptisent en patois saintongeais : Les beaux gars de chante corbeau[134] !

À Meurchin, dans la société des Joyeux lurons, on mélange sans complexes instruments classiques et bigophones de fortune :

De véritables musiciens jouent de la trompette ou du tambour. Les autres, musiciens de fortune, soufflent dans un tuyau en carton bouché à une extrémité par une feuille de papier à cigarettes[124].

Le 15 mai 1926, L'Ouest-Éclair dépeint ainsi la participation d'une nouvelle société de bigophones à une fête aérostatique à la Roche-sur-Yon :

Nous avons dernièrement fait connaître à nos lecteurs quel serait le programme de cette fête, aujourd'hui, nous devons le compléter par un lâcher de pigeons qui sera effectué par la Société Colombophile et par une audition bigophoniste, donnée par les « Poussifs de Noir...on » qui en grande tenue d'apparat, affronteront pour la première fois notre place, sur laquelle ils se proposent de revenir, car cette nouvelle société née de la Mi-Carême, est en pleine prospérité, et les trente membres qui la composent sous la direction de l'oiseau plein d'allant qu'est leur chef, ont le souci d'apporter leur concours à toutes nos fêtes et d'y chasser la neurasthénie[245].

Le but des bigophones est de se distraire joyeusement. En 1930, le congrès de la Fédération bigotphonique de France ne le comprend visiblement pas et fait de l'élitisme. Il veut faire du bigophone un instrument de vraie musique, alors qu'il en est déjà un, et des bigophonistes des vrais musiciens... Cela apparait dans le compte-rendu du congrès où est annoncé l'organisation de cours de... solfège ! Solfège qui est à l'époque enseigné en France suivant la méthode du « tout par cœur », qui a dégouté de la musique des générations de pratiquants potentiels, jeunes ou adultes. Une telle orientation ne peut que culpabiliser et faire fuir les bigophonistes traditionnels qui veulent simplement s'amuser[246] :

Les délégués des sociétés bigotphoniques de Paris et des départements ont tenu leur congrès boulevard du Temple, sous la présidence de M. Mignon, de Vichy. Après avoir approuvé le compte rendu des travaux de la Fédération, les congressistes ont nommé MM. Pontey, de Paris, Président d'honneur, et Brou, président, puis ont décidé d'organiser des cours de solfège dans les sociétés régionales. Après leur banquet, les congressistes on élu la Muse des Bigotphonistes de France Mlle Marie Vivenet, des Sans-Soucis de Saint-Ouen. Ses demoiselles d'honneur sont Mlles Odette Mailgam, de Bezons, et Simonne Lacroix, d'Épinay-sur-Seine. Ils ont au surplus élu muse régionale Mlle Yvette Boiteau, de Saintes.

Ces efforts pour accéder à l'« honorabilité » musicale ne portent visiblement pas leurs fruits. En 1932, la Fédération musicale de France rejette les bigotphonistes. Le compte-rendu de la réunion de son bureau, tenue le 16 septembre, est très explicite[247] :

...le bureau termine la séance en répondant à une fédération régionale qu'elle ne peut accepter la demande d'affiliation d'une société bigotphonique ; des décisions antérieures ayant précisé que les groupes de ce genre ne sauraient être assimilés aux sociétés musicales ni, par conséquent, prétendre aux avantages accordés à celles-ci.

En 1935, Pierre Blois écrit dans L'Européen :

MUSIQUE SYMPHONIQUE
Un grand effort est tenté pour donner à nos émissions radiophoniques, une valeur musicale. C'est ainsi que nos postes officiels n'hésitent pas aujourd'hui à inscrire à leurs programmes, Le Carnaval d'Aix, de Darius Milhaud, l'amusant Carnaval norvégien, des Swendsen, la Fantaisie de Debussy, la Ballade de Fauré Till Eulenspiegel, les Danses de Debussy. Cela nous change des déshonorants concertos d'accordéon, de bigophones et d'orchestres jazz d'amateurs ! Décidément, l'influence des vrais musiciens semble déjà salutaire à notre radiodiffusion nationale[248].

En 1958, la même hostilité élitiste au bigophone apparaît chez François Michel dans son Encyclopédie de la musique. Après avoir défini le bigophone comme « une sorte de mirliton en métal », il ajoute :

En 1925, la France avait le triste privilège de posséder une soixantaine de sociétés de bigophonistes, qui s'étaient même fédérées[249].

Le vieux débat prétendant opposer la musique bigophonique à la musique tout court n'est pas clos. Certains sites Internet qualifient aujourd'hui le bigophone de faux instrument de musique, opposé aux vrais instruments de musique, probablement parce qu'il est très facile d'en jouer : il suffit de chanter dedans en faisant tut-tut-tut.

En 1991, dans un ouvrage sur les origines des banlieues de Paris, sous la photo d'un concert de bigophones donné sur une scène en plein air dans le quartier des Coudreaux à Montfermeil est ajouté ce commentaire qui nie au bigophone sa qualité musicale :

Le bigophone a sa définition dans le Larousse : « De Bigot, nom de l'inventeur. Mirliton en zinc dans lequel on chante et où la voix se répercute sur un papier de soie tendu sur une feuille latérale. Fam. : récepteur téléphonique ». Le bigotphone n'a pas survécu comme instrument musical (on ne le trouve pas dans la lutherie répertoriée des fanfares), mais comme porte-voix, du type de ceux qu'on utilise dans les défilés et manifestations politiques. Le bigophone que les gens des Coudreaux se fabriquent avec du carton sert surtout à amplifier la voix pour dominer le bruit du défilé[250].

Ainsi le bigophone est ici un mirliton en zinc (référence Larousse), fabriqué en carton et utilisé dans un défilé, alors que sur la photo il s'agit d'un concert donné sur une scène en plein air. On ne le trouve pas dans la lutherie répertoriée des fanfares, autre référence. Il serait beaucoup plus simple et objectif de décrire ce que montre la photo : un concert donné avec des bigophones, instruments de musique en carton.

En 2011, un site Internet assimile le bigophone au kazoo, parle de l'« "inventeur" Bigot » et pose la question « S'agit-il vraiment d'un instrument, dans la mesure où il ne génère par lui-même aucun son ni ne le module mais ne fait que modifier le timbre de la voix ? » et qualifie les ensembles bigophoniques de « fausses fanfares à vocation plus humoristique que musicales[251] ».

Autre manière de dénier au bigophone sa valeur et son intérêt, prétendre que c'est un instrument uniquement pour enfants. Les adultes ayant eux, le privilège de jouer sur des instruments sérieux. Ce qui laisse entendre aussi qu'aux enfants sont réservés des sous-instruments. Cette manière de voir les choses et l'usage abondant dans les écoles françaises de la flûte à bec, abandonné à présent[252], a amené quantité de personnes, et notamment d'enfants, à mépriser cet instrument de musique aussi remarquable que beaucoup d'autres.

En 2011, le site Internet de l' Encyclopædia Britannica qualifie le mirliton de pseudo instrument de musique : « pseudomusical instrument[253] ».

En fait, le bigophone est aujourd'hui, au même titre que quantité d'autres instruments de musique, un instrument de musique qui a jadis été très en vogue et est aujourd'hui délaissé.

Cet oubli n'est pas forcément définitif. Le serpent, la bombarde, la viole de gambe, le luth ou le clavecin ont été aussi presque oublié. Ils ont ensuite retrouvé plus ou moins de succès dans le milieu des musiciens et mélomanes.

Vers un renouveau des sociétés bigophoniques ?

En 1905, un journal de Nagykanizsa vante les bigotphones « instruments de musique comiques[254] ».
Fabrication d'un bigophone en forme de crocodile en octobre 2011.

Tout n'a pas complètement disparu. Les très célèbres fanfares des Beaux-Arts qui jouent à présent et depuis des décennies sur des instruments à vent classiques, accompagnés de percussions, existent toujours et se renouvellent.

A Châtellerault, alors qu'elle disparaissait partout en France et en Belgique après avoir prospéré au moins du début des années 1880 jusqu'au début des années 1940, l'activité bigotphonique s'est maintenue avec la fanfare de Bigotphoneux. Cette société s'inscrit toujours avec force dans les animations de la ville. En 2010, elle s'est même exporté dans le cadre des activités de jumelage entre Châtellerault et Velbert. Elle a participé au Carnaval de cette ville d'Allemagne[35] aux côtés d'une délégation de la ville anglaise de Corby. Présents dans le cortège du Lundi des Roses (Rosenmontag), 16 bigophoneux ont défilé dans un char juste derrière la souveraine du Carnaval de Velbert : la princesse Babette 1[255].

À Menton existe depuis 1946 ans la société bigophonique Le Ravanet[256]. Au Luc existe depuis 1956 la société bigophonique Les Barbaillans[37].

À Rurange-lès-Thionville existe une société bigophonique : l'Orphéon des Bigophones de Metz-Rurange. Elle a notamment participé à des défilés de la Saint Nicolas à Metz[36].

En 2000, à Sospel a été créée la société des cougourdons sospellois, toujours active aujourd'hui[257].

À Thionville, le 28 octobre 2010, dans la manifestation régionale contre la réforme des retraites, on relève la présence remarquée de « Quatre bigophones pour reprendre en chœur une foison de slogans[258]. »

En 2011, à l'occasion de la renaissance du Carnaval de Châtellerault, une deuxième société bigotphonique châtelleraudaise s'est créée, composée d'adolescents : les Rigolados[259].

En octobre de la même année, Alexandra Bristiel et Basile Pachkoff ont fondé à Paris C'est Caïman trop Marrant !, fanfare bigophonique de la Compagnie carnavalesque parisienne Les Fumantes de Pantruche[260].

Notes et références

  1. Dessin extrait de la planche Behanzin intime, — par Henriot., Le Journal amusant, 17 mars 1894, page 6.
  2. Bigophone artisanal moderne confectionné avec un kazoo, une bouteille d'eau minérale en plastique, un élastique et de la peinture acrylique. Yeux et museau prélevés sur le fond de la bouteille et collés à chaud avec un pistolet à colle.
  3. Pour les endroits pluvieux on remplacera le papier par un matériau imperméable.
  4. a et b Article Bigophone, Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, français, historique, géographique, mythologique, bibliographique, littéraire, artistique, scientifique, etc., tome 17, 2e supplément, édition du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris 1890, page 562, 4e colonne et 563, 1re colonne.
  5. a et b Le concours de musique de Puteaux, Le Petit Parisien, 14 août 1900, page 3, 2e colonne. Ce concours est annoncé dans le Courrier orphéonique, rubrique du journal Le Petit Parisien, le 27 octobre 1899, page 4, 3e colonne. Son règlement est publié dans Le Petit Parisien du 7 février 1900, page 4, 3e colonne.
  6. Extrait des Nouvelles diverses, rubrique du Journal des débats politiques et littéraires, 9 mars 1888, page 3, 1re colonne.
  7. Extrait de Faits divers, rubrique du Journal des débats politiques et littéraires, 13 février 1902, page 3, 4e colonne.
  8. Carl Fischer's New Competition Catalogue, New York, États-Unis, vers 1896.
  9. En octobre 2011, le coût de fabrication d'un bigophone artisanal est d'environ 4 euros dont l'achat d'un kazoo à 3 euros.
  10. Le prénom de Romain Bigot, qui n'est généralement pas cité, est indiqué dans L'Opinion, journal de la semaine, volume 21, page 30 :
    Bigophones.
    A la fin du mois aura lieu, à Paris, un grand congrès de toutes les Sociétés bigophoniques de France.
    Sachez que le bigophone en carton a été inventé par le nommé Romain Bigot, né à Paris, le 13 juillet 1883.
    La date de naissance rapportée ici est erronée. Elle pourrait correspondre à celle d'un événement dans l'histoire du bigophone.
  11. a, b, c et d Extrait du Bulletin Orphéonique, rubrique du journal Le Petit Parisien, 24 février 1931, page 8, 7e colonne.
  12. À Rouillac, l'ensemble bigophonique s'appelle : les Bitons de Chant'grole, et son nom ne comprend pas les mots société bigophonique, fanfare bigophonique ou fanfare.
  13. La détresse des bigophones, compte-rendu du cambriolage d'un magasin d'instruments de musique, 89 boulevard Sébastopol à Paris, Le Figaro, 26 mai 1922, page 4, 2e colonne.
  14. a, b, c, d, e, f et g Extrait du catalogue de L'écho de la gaité française, 65 rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris 1927.
  15. Extrait de la rubrique La Baule, L'inauguration du boulodrome des A. S. B. baulois, L'Ouest-Éclair, 22 mai 1928, page 5, 5e colonne :
    Citons ce qui, à notre avis, a été le plus réussi : la partie artistique, qui obtenait le concours de l'Harmonie Municipale de la Baule, des Bigotphones Baulois et de nombreux artistes.
  16. a et b Au nombre des participations bigophoniques aux grandes fêtes parisiennes de la Mi-Carême, on trouve la participation de cent étudiants parisiens jouant du bigophone rapportée dans la rubrique Faits divers, Journal des débats politiques et littéraires, 5 mars 1902, page 3, 5e colonne.
  17. Information donnée sur ce site Internet.
  18. Culture et patrimoine, Journal du Centre Culture et Patrimoine Gennevillois, n°13, mars 2008, page 2.
  19. a et b L'annonce, parue dans le journal Нивы (Nivy), 5 avril 1886, indique que les bigophones sont des instruments de musique comiques dont tout le monde peut jouer et qui sont vendus par 3 pour 3 roubles, 6 pour 5 roubles et 12 pour 8 roubles.
  20. a et b Annonce parue dans Het Nieuws van den Dag, 12 décembre 1887, page 3, 2e colonne. On trouve une autre annonce pour ces bigophones fabriqués en Allemagne dans un autre quotidien d'Amsterdam : Nieuwe Amsterdamsche Courant, Algemeen Handelsblad, 14 juillet 1889, page 7, 2e colonne.
  21. Dès 1899 on trouve une partition du compositeur Bernhardt Schork écrite pour bigotphones, qualifiés d'instruments en papier (Papierinstrumenten) : « Schork, Bernh., Ein Stündchen auf dem Exercierplatze zu Pimpelshausen od. Kunst u. Liebe. Humoreske f. 9 Herren u. 1 Dame. Die Musik wird auf Bigotphones (Papierinstrumenten) ausgeführt. Part. u. St. Hannover, Oertel Mk 2,50 *n. »
  22. a et b Voir l'article de Jürgen Stoll, Narrenmusik, Bigotphones, Vergessene närrische Musikinstrumente (Musique de Carnaval, Les Bigotphones, Instruments de musique de Carnaval oubliés), dans la revue Narri-Narro, n°9, 2009.
  23. a et b L'annonce de l'arrivée et la vente des bigotphones à Hawaï est parue dans The Hawaiian gazette, 24 avril 1888, page 7, 4e colonne. La nouveauté est annoncée ainsi : « Bigotphones, a new and comical instrument, can be played by anyone; » : Les Bigotphones, un instrument nouveau et comique dont tout le monde peut jouer;
  24. a et b Détail d'une annonce parue dans le Laibacher Zeitung, 27 février 1892, page 398, 1re colonne. Voir l'annonce en entier.
  25. a et b Détail d'une annonce parue dans le quotidien suédois Tidning för Wenersborgs stad och län, 16 décembre 1892, page 4, 1re colonne. Voir l'annonce en entier.
  26. News and notes, The West Australian, Perth, 23 septembre 1903, page 4, 6e colonne. Social notes, The West Australian, Perth, 24 septembre 1903, page 9, 5e colonne.
  27. a, b et c Une page Internet en anglais très documentée, avec textes, photos et dessins existe sur l'histoire du zobo ou songophone.
  28. Voir un site Internet où figurent divers modèles de vocophones. Et une page du catalogue de la maison Schoenhut consacrée au même instrument.
  29. Voir une annonce pour la vente d'articles festifs au nombre desquels des kazoos et bigotphones, parue dans le Palestine Daily Herald, publié à Palestine, ville du Texas, volume 2, numéro 54, 5 septembre 1903, 5e colonne.
  30. La grosse caisse et les cymbales sont régulièrement présentes sur les photos de groupes des sociétés bigophoniques.
  31. Voir la photo d'une fanfare belge combinant des bigophones avec des instruments classiques : caisse claire, grosse caisse et cymbales, clarinette, bugle, saxhorn.
  32. Jean-Paul Alaux, dans son Historique de l'air du Pompier, paru à Paris en 1926 et reproduit en 1987 dans le livret des 60 ans de la Grande Masse des Beaux-Arts, décrivant la fanfare qui accompagne le premier Bal des Quat'z'Arts en 1892, parle seulement de Bigot qui joue de la clarinette, Chassaigne du tambour et Tronchet qui dirige. Il ne mentionne pas les instruments en carton. Ceux-ci sont décrit par Alexis Lemaistre dans le chapitre XII, « Le pavois. », pages 265 à 267 de L'École des Beaux-Arts dessinée et racontée, Firmin Didot éditeur, Paris 1889.
  33. On lit, dans l'article La fête au profit du préventorium a remporté un grand succès, paru dans L'Ouest-Éclair du 18 décembre 1934, page 8, 1re colonne :
    Vers 21 heures, l'orchestre offrit un intermède qui fut fort gouté du public, et chacun trouva très amusant d'écouter cette musique de bigophones.
  34. a, b et c G. Davenay. AU JOUR LE JOUR, Les destinées du mirliton, Le Figaro, 16 août 1895, page 1, 2e et 3e colonnes.
  35. a, b, c et d En 2010, la fanfare des Bigophoneux, très connue à Châtellerault, participe au carnaval de la ville allemande de Velbert : Encore du grand délire en perspective, article de La Nouvelle République du Centre-Ouest, 21 janvier 2011. Souhaitant recevoir en réciprocité des jeunes de Velbert, l'association des Fous Volants dont dépend la fanfare des Bigotphoneux reçoit de la ville de Châtellerault le 19 mai 2011 une subvention de 20 euros par jeune Allemand reçu à Châtellerault.
  36. a et b L' Orphéon des Bigophones de Metz-Rurange, basé à Rurange-lès-Thionville, participe entre autres aux défilés de la Saint Nicolas, à Metz, le 2 décembre 2007, le 7 décembre 2008, le 6 décembre 2009. La participation de l' Orphéon des Bigophones au défilé de la Saint Nicolas à Metz le 4 décembre 2011 lui a valu le 29 septembre 2011 le vote d'une subvention municipale de 1600 euros par la ville de Metz. Le Républicain Lorrain parle fréquemment des activités de l' Orphéon, par exemple : Rurange-lès-Thionville, Les bénévoles des bigophones sont choyés, 25 janvier 2011 ; Rurange-lès-Thionville, Médaille princière après le carnaval, 11 juillet 2011, etc.
  37. a et b On trouve les coordonnées de la société bigophonique « Les Barbaillans » dans la liste des associations lucoises figurant sur le site Internet du Luc. Barbaillan est le nom en provençal d'une variété de grosses abeilles très bourdonnantes.
  38. a et b Lettres, Sciences et Arts, Supplément illustré du dictionnaire des dictionnaires, encyclopédie universelle publiée sous la direction de Paul Guérin, Librairies-imprimeries réunies éditeurs, Paris 1895, page 172.
  39. a et b Article La muse des bigophones, Le Petit Parisien, 23 janvier 1928, page 3, 4e colonne.
  40. Lemercier de Neuville, Les Petits abandonnés, pièce en 2 actes, 12 personnages et figuration, acte 1, scène 3, Le Chercheur : petit moniteur des fêtes en usage dans les maisons d'éducation..., octobre 1903, page 171.
  41. a et b Convocations, rubrique du journal L'Humanité, 10 août 1935, page 6, 4e colonne.
  42. a et b La participation de la fanfare montmartroise Les Bigophoneux à la fête de la Commune libre du Cayon de bois à Jaunay-Clan est rapportée dans l'article Jaunay-Clan, Le Cayon de bois ou l'histoire éphémère d'un quartier dissident, paru le 14 août 2011 sur le site de la Nouvelle République.fr.
  43. Une carte-postale vers 1930 montre les Bigotphoneux de Montierneuf, quartier de Poitiers. Gérard Simmat, dans La Vienne, 1900-1930, parle page 164 de « trois sociétés de bigophones (Les Joyeux Pierrots de la Cueille, les Bigotphoneux de Montierneuf et les Bigotphoneux du Pont-Neuf). » Déclaration au Journal officiel de la République française, 1953, page 10012 : « 28 octobre 1953. Déclaration à la Préfecture de la Vienne. Les Pierrots bigophoneux de la Cueille. But : venir en aide aux œuvres scolaires et aux vieux du quartier. Siège social: 3, faubourg de la Cueille, Poitiers. »
  44. a et b Monsieur Le Guet, De notre temps, Quémandeurs illogiques, 25 mars 1933, page 1, 6e colonne.
  45. Source : La Première Guerre Mondiale
  46. Glossaire de l'Armée de l'air vers 1935
  47. Jean Damien Lesay, Les personnages devenus mots, édition Belin, Paris 2004.
  48. Le Petit Journal, 19 mars 1906.
  49. Extrait de la série « Les Beaux jours de la vie ». Gravure intitulée « Le retour de la foire de Saint-Cloud », éditée avant le 25 octobre 1845, légende : « Au diable les mirlitons et mirlitonneurs... Comment peut-on permettre un pareil instrument dans un pays où l'on tolère déjà la Clarinette !... »
  50. Seine-et-Oise, Les fêtes de Montfermeil avec le concours du Matin (23 juin-14 juillet), Le Matin, page 10, 4e colonne.
  51. Extrait de Syndicats et sociétés, rubrique du journal L'Ouest-Éclair, édition de Rennes, 21 décembre 1913, page 3, 5e colonne.
  52. Le nom de cet instrument géant est formé de Mammouth, Zobo et Phunnygraph : jeu de mots avec à la base Funny, joyeux et Phonograph, la caisse affectant la forme d'un phonographe avec son pavillon amplificateur. Sur une autre illustration du Mammoth Zobo Phunnygraph figure même la manivelle sur le côté.
  53. Voir la carte-postale dont est extrait le Secours aux énervés. Cette inscription parodie la célèbre formule utilisée alors couramment : Secours aux blessés.
  54. a et b Extrait d'une annonce parue dans les Petites annonces classées, Musique, Le Parisien, 11 mai 1925, page 6, 7e colonne. Voir l'annonce en entier.
  55. L'Ouest-Éclair, 26 août 1935, page 6.
  56. Image extraite du catalogue 1901 de Rudolph Wurlitzer & Co, Cincinnati.
  57. La foire de Saint-Cloud était une fête foraine, dont les célèbres mirlitons ont été immortalisé par Daumier. Pour avoir une idée de cette foire, on peut voir sur Internet la peinture de Jean Veber La foire de Saint-Cloud.
  58. L'Ouest-Éclair, 4 février 1923, page 11, 5e colonne.
  59. La création de ces deux sociétés bigophoniques est annoncée dans la rubrique Les Échos, Le Gaulois, 17 février 1922, page 1, 4e colonne, qui cite le Journal officiel.
  60. a et b Bigotphone, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, XXXVIIIe volume, n°814, 10 novembre 1898, 694, B. Duprat éditeur, Paris.
  61. L'adresse de la maison R. Bigot était précisément 74 rue Vieille-du-Temple.
  62. a et b Extrait de l'article Le mardi gras, le Journal des débats, 25 février 1903, page 4, 4e colonne. Voir l'article en entier. L'objet carnavalesque nommé ici le « petit balai » dont il est signalé la complète disparition est un petit balai chatouilleur en papier. Il formait, avec les plumes de paon, un accessoire pour chatouiller les passants qui connaissait une grande vogue au Carnaval de Paris et fut interdit par la Préfecture de police. On peut le voir dans les instructions pour le Carnaval de Paris 1896, adressées à la Police municipale de Paris, à l'occasion de la Cavalcade du Bœuf Gras, le 12 février 1896 : « la vente et l'usage des plumes de paon et des petits balais sont interdits ».
  63. Cité par Joël Loehr, La musique et les lettres, chapitre de : André Malraux et le rayonnement culturel de la France, ouvrage publié sous la direction de Louis-Charles Foulon, éditions Complexe, 2004, page 135.
  64. Au jour le jour, Villégiatures, Le Temps, 7 août 1909, page 2, 6e colonne.
  65. L'Avenir Bigotphonique, Organe officiel de l'Union Bigotphonique de France, 1re année, n°2, 15 avril 1900, page 3.
  66. Maurice Artus L'Élysée Montmartre 1807-1900, page 304. La revue Le Courrier Français, organisatrice de ces bals, était dirigée par Jules Rocques.
  67. Il s'agit de deux chansons très célèbres à l'époque : En revenant de la revue, créée par Paulus à la Scala en 1886, est un grand succès des années 1880 et n'a pas été oubliée jusqu'à aujourd'hui, paroles de Lucien Delormel et Léon Garnier, musique de Louis-César Désormes. Pioupious d'Auvergne est une autre chanson à la mode, aujourd'hui oubliée du grand public, créée en 1887. Sa musique, écrite par Antonin Louis, a été reprise pour une scie célèbre : Les pompiers de Nanterre.
  68. a et b A travers Paris, Le Figaro, 16 août 1898, 1re page, 5e colonne.
  69. Rubrique La journée, Samedi 27 août 1898, Le Figaro, 27 août 1898, page 2, 2e colonne.
  70. Bulletin général de la papeterie, février 1899, page 31, 2e colonne.
  71. a et b L'annonce du 13e banquet annuel de la société bigophonique parisienne les Fin-de-Siècle des Batignolles est parue dans la rubrique Courrier orphéonique, Le Petit Parisien, 30 janvier 1904, page 5, 3e colonne.
  72. De nos lecteurs, Mutuelles, clubs, associations, ligues, etc., Le Pêle-mêle, 17 novembre 1907, page 13.
  73. Jean Frollo, Paris qui chante, Le Petit Parisien, 18 janvier 1898, page 1, 3e colonne. L'article est intégralement reproduit sur la base Wikisource : Paris qui chante.
  74. a et b En 1931, est fêtée le cinquantenaire du bigophone, qui est donc inventé en 1881. 1883 correspond peut-être à autre chose dans l'histoire de cet instrument, par exemple le début de sa fabrication et diffusion à grande échelle.
  75. Allusion à l'alors célèbre bagne de Cayenne.
  76. Extrait de la rubrique Nouvelles diverses, Journal des débats politiques et littéraires, 29 août 1898, page 3, 4e et 5e colonnes.
  77. La date précise, donnée par Le Borgne dans le numéro 1 du Bulletin officiel de l'Union bigophonique de France est le 16 octobre 1884.
  78. Alfred, Marseille, chronique parue dans L'Art lyrique et le music-hall. Journal indépendant des cafés-concerts, concerts et théâtres, 9 février 1896, page 7.
  79. Une noce de bigophones sur le catalogue de la BNF : 1 ; 2 ; 3 ; 4. La version en ch'ti s'intitule el' noce a bigophone.
  80. L'Orchestre, 1er décembre 1898, 5e colonne. On trouve la même annonce dans L'Orchestre, 1er février 1899, 4e colonne.
  81. Barbara L. Kelly, French music, culture, and national identity, 1870-1939, University Rochester Press, 2008, page 237.
  82. La Bohème, Journal des Étudiants, Montpellier, 28 janvier 1910, page 10.
  83. Jean-Claude, Règlement et Système D, Les Compagnies de Chemins de fer ignorent les combattants, En avant, la musique !, La Voix du Combattant, 30 avril 1922, page 1, 1re colonne.
  84. Jacques Valdour, La vie ouvrière., Ateliers et taudis de la banlieue de Paris, observations vécues, Édition Spes, Paris 1919, pages 138-139.
  85. Belleville, visages d'une planète, ouvrage publié sous la direction de Françoise Morier, CREAPHIS éditions, page 43.
  86. Le quotidien L'Ouest-Éclair parle souvent de la Gaieté Bigophonique Rennaise. Par exemple dans l'article LA MI-CARÊME DES ÉTUDIANTS, LE PITTORESQUE CORTÈGE S'EST DÉROULÉ DANS LES RUES DE RENNES AU MILIEU DUNE FOULE IMMENSE, L'Ouest-Éclair, 27 mars 1933, page 5, 3e colonne. Ce journal nomme toujours cet ensemble bigophonique la Gaieté Bigophonique Rennaise excepté dans cet article, où il l'appelle simplement la Gaieté Bigophonique.
  87. Pornichet, A la Société des Fêtes, L'Ouest-Éclair, 12 septembre 1932, page 8, bas de la 1re colonne.
  88. Le coin du Turco, Une perte n'est pas irréparable, Annales africaines et le Turco, Revue politique et littéraire de l'Afrique du Nord, 20 avril 1928, page 161.
  89. Photo de la Vocophone Band de Verndale, Minnesota.
  90. Photo du Metlakahtla girls' Zobo Band.
  91. Extrait d'un catalogue de bigophones.
  92. a et b Paris le soir, L'Écho des jeunes, 15 novembre 1896, page 219, 1re colonne. Par la suite cette société se fait appeler simplement le Hanneton.
  93. a et b Extrait de l'article La Mi-Carême, Le Petit Parisien, 12 mars 1926, page 2, 1re colonne. Voir aussi une photo de la musique belge du Soutien de Saint Gilles à la Mi-Carême 1926.
  94. a et b Témoignage de Claude Weber, Le Manifeste, janvier 2004, n°3, page 17.
  95. Extrait de la rubrique Fêtes des environs de Paris, du dimanche 13 novembre 1910, Le Petit Parisien, 12 novembre 1910 page 4, 6e colonne.
  96. On trouve utilisé le concept de Bal des bigophones par exemple dans :
    Annonce d'un bal à Sées le 4 novembre 1933, extraite de la rubrique Sées, L'Ouest-Éclair, 28 octobre 1933, page 8, 2e colonne.
    Annonce d'un bal à Saint-Malo le 19 décembre 1937, extraite de la rubrique Saint-Malo, L'Ouest-Éclair, 19 décembre 1937, page 10, 4e colonne.
  97. a et b Extrait du Courrier Orphéonique, rubrique du journal Le Petit Parisien, 21 juin 1892, page 3, 3e colonne.
  98. La partition de la Valse burlesque opus 95 d'Émile Pessard, imprimée à compte d'auteur vers 1900, ne figure pas sur le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale de France.
  99. a, b, c et d Le Petit Parisien, 4 juillet 1898, page 3, 3e colonne.
  100. Rubrique Fêtes de Paris et des environs, Le Matin, 8 juin 1912, page 6, 5e colonne.
  101. Un concours de bigophones, Le Petit Parisien, 8 juin 1931, page 3, 4e colonne.
  102. Le Réveil républicain, 14 juin 1896, page 2, 2e et 3e colonnes.
  103. Signé « Pour la Commission des fêtes, l'Adjoint au Maire, Président, ADAM. » Imp. générale. Noir et blanc. 65 x 94,5 cm. Cote : 20 Fi 1803 (ancienne cote CT 418). Voir l'affiche.
  104. Rasumny, médaille du concours de bigophones de Milly-La-Forêt en juillet 1906.
  105. Carte-postale montrant la fanfare de bigophones châtelleraudaise dite fanfare de bigophones de Trifouilles-les-Nénés qui pose devant l'Hôtel de ville de Châtellerault avant de partir participer au concours de Chauvigny les 15 et 16 août 1908.
  106. Extrait de la rubrique Fêtes des environs de Paris, du dimanche 11 septembre 1904, Le Petit Parisien, 12 novembre 1910 page 6, 5e colonne.
  107. Autour de Paris, Le Petit Parisien, 27 juin 1908, page 4, 3e colonne.
  108. Rubrique Fêtes et réunions, Le Petit Parisien, 11 janvier 1926.
  109. Le Matin, citant Le Journal, 18 décembre 1901, page 3, 5e colonne.
  110. Le Temps, 14 juin 1887, page 3, 1re et 2e colonnes.
  111. La Pie et le Parc Saint-Maur sont aujourd'hui deux quartiers de Saint-Maur-des-Fossés, près de Paris.
  112. L’Autonomie Individuelle, Revue mensuelle des idées anarchistes numéro 6, novembre 1887. Ce texte a été reproduit sur le site Internet de La Presse Anarchiste.
  113. Extrait du Programme Officiel pour les Fêtes du BŒUF GRAS en 1897, supplément du journal Le Figaro, 28 février 1897, page 3, 2e colonne.
  114. a et b Le Petit Parisien, 13 février 1930, page 5, 4e colonne.
  115. L'Ouest-Éclair, édition de Rennes, 12 septembre 1932, page 8, 1re colonne.
  116. L'Ouest-Éclair, édition de Rennes, 29 mai 1939, page 8, 1re colonne.
  117. Détail d'une carte-postale figurant la rue Saint-Honoré et la station des Tramways de Saint-Maur-des-Fossés. Voir la carte-postale en entier.
  118. Courrier des théâtres, Le Petit Parisien, 22 mars 1900, page 3, 4e colonne
  119. La Mi-Carême, Le Matin, 22 mars 1906, page 2, 1re colonne.
  120. La cavalcade du Bœuf Gras, Le Petit Parisien, 2 avril 1906, page 2, 4e colonne.
  121. SAINT-MALO, La Cavalcade de la Mi-Carême 1936 a connu un beau succès, L'Ouest-Éclair, 16 mars 1936, page 7, 5e colonne.
  122. Le Matin, 7 août 1937, page 6, 4e colonne.
  123. Cet événement est mentionné sur le site Internet Arguscarréplus, avec la référence d'une carte-postale publiée en 1903 :
    FÊTE VOTIVE DE MENDE. - Couronnement de La Rosière d'Ici-les-Canards avec le concours de la Société des Bigotphones.
  124. a et b Andrée Dupont et Yvette Manchia, description des Gais lurons, société de bigophones de Meurchin.
  125. Léo Claretie, L'industrie du jouet en France, La Revue de Paris, livraison du 15 décembre 1900, page 895.
  126. Le Matin, 28 août 1898, page 2, 1re colonne.
  127. Lozé est à l'époque le préfet de police de Paris.
  128. Rubrique Nouvelles diverses, Le carnaval à Paris, 15 février 1888, page 2, 1re colonne.
  129. Le 14 juillet, Le Petit Parisien, 14 juillet 1898, page 1, 4e colonne.
  130. Photo de presse de l'orchestre de bigophones les Gais Lurons jouant dans l'île Saint-Louis le 14 juillet 1938.
  131. Les Annales politiques et littéraires, revue populaire paraissant le dimanche, 18 octobre 1896, page 246, 1re colonne.
  132. Coins de Paris, Guignol, Le Temps, 7 septembre 1893, page 2, 5e colonne.
  133. Les provinces à Paris, Le Temps, 18 février 1937, page 5, 2e colonne.
  134. a et b Voir une carte postale figurant la société bigophonique des Bitons de Chant'grole à Rouillac. En patois saintongeais, un « Biton » est un beau gaillard costaud et « chant’grole » c’est : chante corbeau. Il existe un féminin de Biton : Bitoune.
  135. Une carte postale figurant les Bitons de Jharnat est passée dans le commerce en ligne en octobre 2011. « Jharnat » signifie Jarnac en patois saintongeais.
  136. L'après-midi enthousiaste et joyeux, L'Humanité, 2 septembre 1935, page 2, 5e et 6e colonnes.
  137. Dans ce film intitulé Fête de l'Humanité, Vincennes, 2 septembre 1945., on voit l'arrivée d'une fanfare que le commentaire présente comme « la société de bigophones ».
  138. Article Quinze mille Travailleurs participent à la Fête populaire d'Ivry-sur-Seine, L'Humanité, 29 juin 1925, page 2, 3e colonne.
  139. Le Matin, 29 juin 1924, page 3, 5e colonne.
  140. La manifestation de 25.000 chauffeurs de taxis, L'Humanité, 25 février 1934, page 2, 5e colonne.
  141. Allusion à la Fête de l'Humanité qui avait lieu à l'époque dans les bois de Garches, près de Paris.
  142. Agen. - Banquet du V. C. agenais., Le Véloce-sport, organe de la vélocipédie française, Bordeaux, 19 mars 1891, page 232, 1re colonne.
  143. Le banquet du « Rayon » de la Sinière, L'Ouest-Éclair », 14 août 1926, page 5, 2e colonne.
  144. « Pointes courtes », Match, l'intran, le plus grand hebdomadaire sportif, 24 janvier 1928, page 4, 1re colonne.
  145. Concours de gymnastique, Le Petit Parisien, 9 juillet 1900, page 3, 4e colonne.
  146. Jean Ajalbert, Figures d'aviateurs, La Revue de Paris, novembre-décembre 1915, page 625.
  147. Source : site Internet de Captain Kazoo.
  148. Journal des mutilés & réformés, des anciens combattants et des veuves de guerre, 2 octobre 1920, page 3, 4e colonne.
  149. Danielle Tartakowsky, Les manifestations de rue en France, 1918-1968, page 386 :
    AN F7 13012, 11 novembre 1923, cérémonie à Montigny-en-Gohelle. La société communiste des bigophones d'Harnes doit aux circonstances d'exécuter La Marseillaise mais la fait suivre de L'Internationale, au cimetière.
  150. Maurice Dreyfous, Ce qu'il me reste à dire, un demi-siècle de choses vues et entendues (1848-1900), P. Ollendorff éditeur, Paris 1913, page 260.
  151. Début de l'article Une noce normande a défilé hier à travers Clichy, Le Petit Parisien, 19 mars 1934, page 3, 4e colonne.
  152. Mariages d'autrefois, La Femme de France n°1119, 18 octobre 1936, page 8, 3e colonne.
  153. 1911, Paris Hachette, Annuaire complet, Commercial, Administratif & Mondain, deuxième édition, page 58, 1re colonne.
  154. Les fêtes de la commune libre de Montmartre, Le Petit Parisien, 31 juillet 1922, page 5, 2e colonne.
  155. Histoire et actualité de Milly-la-Forêt, La « Commune Libre de Milly » à la Mi-Carême 1925.
  156. Une carte-postale figurant la Commune libre de Porchefontaine et fanfare bigophonique.
  157. Cette société est mentionnée sur la page Internet de l' Association des cartophiles : Viroflay au fil du temps par l'image
  158. Lorsque Joséphine était des nôtres, page Internet faisant le récit d'une fête au Vésinet le 28 juin 1931.
  159. Rubrique Fougères, L'Ouest-Éclair, 29 août 1930, page 5, 5e colonne. Voir sur Commons l'article annonçant la naissance de la Commune Libre et Fanfare de Bigotphones de Saint-François.
  160. Extraits du COURRIER DES AMATEURS DE T.S.F. 27 octobre., Le Petit Parisien, 27 octobre 1924, page 5, 1re colonne. La Commune libre de l'Ile Saint-Louis paraît avoir duré plusieurs années. On trouve une délégation de « la République de l'ile Saint-Louis » dans la description du cortège de la Mi-Carême 1926 à Paris.
  161. Source : La République des Maurins, sur le site Internet Le Transbordeur de Marseille, Le site de l'Association des Marseillais du Monde.
  162. Rubrique Saint-Nazaire : Les peintres indépendants, L'Ouest-Éclair, 28 juillet 1930, page 6, 6e colonne.
  163. a et b Alexis Lemaistre « L'École des Beaux-Arts dessinée et racontée », Firmin Didot éditeur, Paris 1889, extrait du chapitre XII, « Le pavois. »
  164. Photo extraite de l'article La Mi-Carême, Le Petit Parisien, 12 mars 1926, page 1.
  165. Enregistrement de la chanson « Sur la route de Dijon », appelée également « Passant par Dijon », fait par les Quatre Barbus et Lucienne Vernay en 1958.
  166. Music Trade Review, 7 novembre 1896.
  167. « Call Me Lucky », page 77.
  168. Lire le texte complet de la chanson Sous le Kiosque à Musique, paroles de Charles Charlys et Maurice Vandair, musique de Marc Lanjean.
  169. Photo de la musique belge du Soutien de Saint Gilles à la Mi-Carême 1927, autre photo,autre photo.
  170. Début de l'article La guerre au Transvaal, Le Petit Parisien, 20 mai 1900, page 2, 2e colonne.
  171. Photo du Bigotphone Band de Seaton Delaval vers 1910 dans : Alan Metcalfe, Leisure and recreation in a Victorian mining community, the social economy of Leisure in North-East England, 1820-1914, Routledge 2006, au bas de la page 49.
  172. L'agitation syndicaliste en Angleterre, Le Temps, 6 février 1911, page 2, 3e colonne.
  173. Le Monde et la Ville, Le Figaro, 13 octobre 1909, page 2, 1re colonne.
  174. Texte original anglais :
    SELF PLAYING CORNETTO
    Zobo Band
    Church Band Paterson N.J.
    You can become a talented Cornet performer in five minutes. No knowledge of music required. Wonderful as the phonograph – Ingenious as the self-playing piano. Already hundreds of Bands have equipped themselves with the self-playing Brass Band Instruments. Churches are organizing Bands and raising money to pay off their debts. Wm. F. Miller, leader of the above hand says: "Instruments first-class. Just what we needed. Have 14-piece Band. Intend to enlarge it. Have hat one concert. Was a great success."
    SPECIAL OFFER 25 c.
    To universalize this Wonderful Invention we will send a sample of our Self-Playing Cornetto for 25c. With our illustrated catalogue. Trade-mark "Zobo" on every instrument.
    STRAUSS MFG. CO.
    142-146 W.14th St., Dept. 14, New York
  175. a et b Le Petit Parisien, 4 septembre 1927, page 3, 5e colonne.
  176. a et b Extrait de la rubrique Faits divers, Le Petit Parisien, 7 septembre 1927, page 4, 2e colonne.
  177. Autour de Paris, Le Petit Parisien, 16 juillet 1904, page 4, 4e colonne.
  178. Patrimoine en Val de France, n°8, septembre 2010, supplément à Vivre en Val-d'Oise n°122, page 9.
  179. L'appel pour les dons de chapeaux paraît dans l'article La Gaieté Bigophonique du Clos-Cadot, L'Ouest-Éclair, 30 juillet 1932, page 7, 2e colonne. En 1935, la société prospère, comme le rapporte l'article sur son banquet de la Sainte-Cécile : La Sainte-Cécile des Bigophones, L'Ouest-Éclair, 9 décembre 1935, page 7, 4e colonne.
  180. Une carte-postale montrant les Sans-Souci de L'Île-Bouchard.
  181. Une carte-postale figurant les Joyeux Bigophonistes de Neuvy Grandchamp.
  182. Agglomération de Valenciennes, La Saint Fiacre, fête des maraîchers, est célébrée le 30 août, La Voix du Nord, 16 août 2009.
  183. Christophe Berger, Amiens, L'histoire d'un « tchot » coin oublié, Courrier picard, 30 Août 2009.
  184. Programmes et chansons des fêtes de Vendôme et Savigny-sur-Braye années 1926-1927 et 1931-1934, incluant les paroles des chansons « En écoutant les Gueurnaziaux » (amicale bigophonique de Vendôme) et « Légende d'un pêcheur » (Société des Bigophones de la Perche Vendômoise).
  185. Les Bigophones de Tournon, chanson de la Société Bigophonique des Bords de la Creuse « La Pépie », à chanter sur l'air de : « Sur la route de Dijon ».
  186. Extrait de la rubrique Petites informations, Le Petit Parisien, 17 décembre 1910, page 4, 4e colonne : « Les Fin-de-Siècle des Batignolles (société bigotphonique). Banquet annuel, concert et bal de nuit, salons Coquet, 80, boulevard de Clichy. » Une fête identique de cette société est annoncée dans la rubrique Petites informations, Le Petit Parisien, 25 décembre 1909, page 4, 6e colonne.
  187. La société bigophonique « Les Coupe-Eau » est mentionnée dans l'article Dimanche prochain, à Bruz, aura lieu le concours de pêche de l'Union des Pêcheurs à la ligne, L'Ouest-Éclair, édition de Rennes, 28 août 1934, page 7, 2e colonne. Le 18 décembre 1934, dans la rubrique La journée du même journal, page 6, 6e colonne, on lit : « 21 heures — Café Rabin : réunion des Coupe-Eau bigophoniques. »
  188. Catalogue de la fabrique Eilers und Mey, à Manebach en Thuringe.
  189. Sears Roebuck catalog, section des instruments jouets, page 640, 1900.
  190. Extrait de la rubrique Figaro-Théâtre, Spectacles & concerts, Le Figaro, vendredi 21 mai 1921, page 5, 4e colonne. Veglione substantif augmentatif de l'italien veglia, littéralement « grande veillée », désigne une fête masquée de nuit. Le mot était jadis couramment utilisé en France. Il arrivait, par exemple, fin XIXe siècle, qu'on appelle le célèbre bal de l'Opéra : « grand veglione de l'Opéra ».
  191. Extrait du Le Petit Parisien, 4 février 1931, page 4, 2e colonne.
  192. Notice BNF sur l'Union amicale des sociétés bigotphoniques de France
  193. Notice BNF sur l'Union bigotphonique de France
  194. Notice BNF : Bulletin officiel de l'Union bigotphonique de France, Publication : Paris, 8, rue du Parc-Royal, 1899. In-4°. Autre(s) auteur(s) : Le Borgne, P.. Directeur de publication.
  195. Notice BNF : L'Avenir bigotphonique. Organe officiel de l'Union bigotphonique de France, 15 mars 1900, (I, n° 1), Paris, In-4.
  196. Notice BNF : La Revue bigotphonique. Organe officiel de l'Union amicale des sociétés bigotphoniques de France, décembre 1923 (nouvelle série n° 1) – mars/avril 1925 (nouvelle série n° 1), Paris, In-fol.
  197. Rubrique Sydicats et sociétés, L'Ouest-Éclair, 12 octobre 1926, page 4, 5e colonne.
  198. « Réunions : Fédération bigotphonique de France, 9 h., 31, boul. du Temple. » Nos Échos, Aujourd'hui, Le Petit Parisien, 22 janvier 1928, page 2, 4e colonne
  199. Rubrique Dans la région parisienne, Seine, Le Petit Parisien, 14 septembre 1928, page 3, 5e colonne.
  200. Rubrique Faits divers, Un concours de bigophones à Saint-Ouen, Le Petit Parisien, 4 mai 1930, page 5, 1re colonne.
  201. « Concert et bal 19, rue Blanche, 20 h. 30 Fédération bigotphonique de France. » Aujourd'hui, Le Matin, 26 septembre 1931, page 2, 5e colonne. « Concerts et bals : 19 rue Blanche à 20 h. 30 Fédération bigotphonique de France. » Aujourd'hui, Le Matin, 22 octobre 1932, page 2, 4e colonne
  202. Le Petit Parisien, 4 février 1931, page 4, 2e colonne
  203. V. G. Remain, Jazzant du bigophone. Contes en vers et contre tout, Albert Messein éditeur, Paris 1932, 87 pages.
  204. Le Petit Parisien en rend compte à chaque fois :
    • Rubrique Nos Échos, Aujourd'hui, Le Petit Parisien, 7 février 1932, page 2, 5e colonne : « Fédération bigotphonique, 9 h. 30, banquet 13 h. avec élection de la reine, 31, boulevard du Temple. »
    • Rubrique Nos Échos, Aujourd'hui, Le Petit Parisien, 5 février 1933, page 2, 5e colonne : « Réunions : Fédération bigotphonique de France, 9 h., banquet à 13 h. (avec élection de la muse), 31. boulevard du Temple. » Rubrique Fêtes et réunions, Le Petit Parisien, 6 février 1933, page 5, 1re colonne : « La Fédération bigotphonique de France a tenu une réunion suivie d'un déjeuner, au cours duquel on élit la muse des bigotphones, Mlle Thérèse Eorre, vendeuse, à Domont. et ses demoiselles d'honneur, Mlles Gilberte Collin, bobineuse, à Gennevilliers, et Suzanne Thiébault, couturière, à Sarcelles. »
  205. Aujourd'hui, Le Matin, 5 février 1933, page 2, 5e colonne : « Congrès : 31, boulevard du Temple, 9 heures : Fédération bigotphonique de France (à midi banquet). » Aujourd'hui, Le Matin, 7 février 1933, page 2, 6e colonne : « Banquets : 31, boulevard du Temple, 13 h.. Fédération Bigotphonique de France. »
  206. Article signé R. K., Sombre jeudi, Le Temps, 20 mars 1936, page 1, 4e colonne.
  207. Un char de carnaval qui défile dans le cortège du Bœuf Gras, le 19 mars 1936, porte le nom des Frères de la Côte. L'article du journal Le Temps nous apprend ici que l'animation de ce char est assurée par des accordéonistes. D'autres groupes du cortège déclinent l'expression bovine côte sur le thème comique : côte d'Adam, côte de la Bourse, etc.
  208. L'auteur fait ici référence à la montagne Sainte-Geneviève, haut lieu de la vie étudiante et festive du quartier latin.
  209. Fêtes et conférences, rubrique du journal L'Humanité, 3 janvier 1923, page 4, 4e colonne.
  210. Fêtes, meetings et conférences, rubrique du journal L'Humanité, 18 septembre 1926, page 2, 7e colonne.
  211. Rubrique Divers, rubrique du journal L'Humanité, 13 mai 1936, page 6, 6e colonne.
  212. Rubrique Lannion, L'Ouest-Éclair, 2 août 1939, page 8, 5e colonne.
  213. Publicité parue dans The Spirit Lamp, An Oxford Magazine without News., No III, 20 mai 1892.
  214. Communications, L'Humanité, 24 avril 1909, page 4, 5e colonne
  215. Journal officiel de l'État Français du 25 février 1941, rubrique SÉQUESTRES, pages 913-915 :
    Par jugement en date du 26 décembre 1940, M. Moulin a été dessaisi des fonctions d'administrateur séquestre de tous les biens détenus par le Parti communiste et par toutes les associations ou groupements agissant aux mêmes fins et situés tant dans le département de la Seine que sur tout le territoire français : (début de la liste d'associations ou groupements)
    Et M. Charles Gervais a été dessaisi des fonctions d'administrateur séquestre et de liquidateur judiciaire : (fin de la liste d'associations ou groupements)
    Les noms du Club d'humour et de gaîté et de la société bigophonique Les Gais Souffleurs, d'Épinay-sur-Seine, figurent dans la liste, page 914, 3e colonne.
  216. La fête de Marville, L'Ouest-Éclair, 9 septembre 1941, page 4, 1re colonne.
  217. Voir un article annonçant l'événement, extrait de la rubrique Lanvellec, L'Ouest-Éclair, 5 novembre 1941, page 4, 3e colonne.
  218. L'événement est annoncé dans la rubrique Lannion, Théâtre, L'Ouest-Éclair, édition de Lannion, 11 juin 1942, page 3, 5e colonne.
  219. En 1944, la chanson Le rire de Guinette, One step, paroles de Valiere et Mallet, musique de Paul Mallet, est créée par l'Orchestre du Dancing d’Étampes, elle est dédiée « A mes amis de CHANTECLER, société bigophonique d'Etampes ».
  220. Les Pandores carcassonnais, Commentaires. La chanson Les Crocodiles : interprétée au kazoo, chantée par Les Quatre Barbus.
  221. Déclaration au Journal officiel de la République française, 1953, page 10012 :
    28 octobre 1953. Déclaration à la Préfecture de la Vienne. Les Pierrots bigophoneux de la Cueille. But : venir en aide aux œuvres scolaires et aux vieux du quartier. Siège social: 3, faubourg de la Cueille, Poitiers.
  222. Déclaration au Journal officiel de la République française, 1954, page 4320 :
    23 janvier 1954. Déclaration à la sous-préfecture de Béthune. L'Association de bigophones Les Joyeux de Billy transfère son siège social de chez M. Dubois-Peucelle, Grande-Rue, à Billy-Berclau, chez M. Lemire-Benoit Mannessier, Grande-Rue, Billy-Berclau.
  223. En 1955, la revue Arts et traditions populaires écrit, parlant de la pignata, un instrument de musique utilisé dans le midi de la France : « Cet instrument est toujours employé dans les phalanges de bigophones des villes de la Côte. » Arts et traditions populaires, revue de la Société d'éthnographie française, volumes 3 à 4, Presses universitaires de France, Paris 1955, page 26.
  224. Les Joyeux Bigophones Fertois se transforme vers 1965 en une fanfare classique : la Fanfare Réveil Fertois, qui conserve ce nom jusqu'en 1986, puis devient Fanfare municipale. Elle disparaît en 1994. Source : site lafertegaucher.com, chapitre « Les bigophones ».
  225. Bernard Hugo, maire honoraire de Trappes parle de cette société dans une page Internet : 42 ans de mandat municipal, Aperçu historique à partir de réflexions inspirées par la TABLE RONDE TV-Fil du 23 février 2004 sur l’image de Trappes : « 2, Principales réalisations, culturel ... aide aux «  Bigophones gaulois »(association créée par l’amicale du personnel ONM qui participera à toutes les fêtes de Trappes et à de nombreux carnavals en France et à l’étranger) » L'ONM est le sigle de l'Office national de météorologie, ancêtre de Météo-France.
  226. Société bigophonique fondée en 1974 par Yvette et Michel Sismondini. En 1987, elle se transforme en troupe de théâtre et deux ans plus tard change de nom pour devenir Les Baladins de Solliès-Toucas. Source : Les Baladins de Solliès-Toucas : 20 ans sur les planches
  227. Page Internet consacrée au Carnaval de Creney, plan du cortège 1985.
  228. Dudley Laufman avec le Canterbury Orchestra : Swinging on a Gate, 1974 Front Hall Records FHR-03. Musiciens : Dudley Laufman : accordéon, harmonica, tambour, bigotphone, tambourin, cloches morris, Bob McQuillen : piano, accordéon, April Limber : violon, Deanna Stiles : flûte, piccolo, Peter Colby : banjo, autoharpe, Art Bryan : guitare. Titres des morceaux : Symondsbury Mummers March, Lassies Fancy, Dover pier, Johnny’s Gone to France, Rosebud Reel, The False Bride Kitty McGee, Spanish jig, Bobby Shafto, Dusty bob Jig, Mouse in the Cupboard, Still They Say She’s Kind of Pretty, All Around My Hat, Fieldtown Processional, Ring o’Bells, Swinging on a Gate, Zepher & Flora.
  229. bigophone, Dictionnaire de la Musique, éditions Larousse, Paris 2005, page 111.
  230. Photo de bigophonistes au Carnaval de Paris 2007. Autre photo.
  231. Michel Brenet, Dictionnaire pratique et historique de la musique, Armand Colin éditeur, Paris 1926, page 38.
  232. Une fête à Montmartre, Journal des débats, 23 septembre 1924, page 3, 1re colonne, compte-rendu de la fête donnée la veille pour le cinquième anniversaire de la Commune libre de Montmartre.
  233. Les Gais lurons de Villaine était une société bigophonique de Villaine, qui est aujourd'hui un quartier de Massy. Sur Internet figure la photo d'un bigophone fabriqué par les Gais lurons de Villaine.
  234. Expo cuivres à Montgeron.
  235. Cette association s'est dissoute le 5 décembre 2003.
  236. Localisation de la résidence Les Bigophones à Bauvin.
  237. Illustrirter Haupt-Catalog, Paul Stark verlag, Markneukirchen, Sachsen, 1893.
  238. On lit dans l'article Le Concours international de pêche à la ligne de Guingamp, L'Ouest-Éclair, 24 juillet 1935, page 5, 5e colonne :
    Dimanche prochain, à 8 heures, un grand défilé composé des Trompettes Rennaises, de la musique bigophonique de Noisy-le-Sec et de la musique du 48e R. I. de Guingamp partira de la gare et traversera aux sons d'airs entrainants les principales artères de la ville.
    Tous à Guingamp samedi 27 et dimanche 28 juillet !
  239. Passage extrait d'une citation de L'Illustration faite dans la rubrique A travers les revues, Journal des Instituteurs et des Institutrices, nouvelle série, numéro 18, 23 janvier 1926, page 266, 1re colonne.
  240. Extrait de : Louis-Ferdinand Céline, Lettres, Choix de lettres de Céline et de quelques correspondants (1907-1961)., publiées par Henri Godard et Jean Paul Louis, préface d'Henri Godard, collection Bibliothèque de la Pléiade (N°558), éditions Gallimard, Paris 2009.
  241. Société bigophonique mentionnée dans le Bulletin officiel de l'union bigophonique de France, n°1.
  242. Il s'agit de la fanfare bigophonique de la Commune libre du Chapus à Bourcefranc-le-Chapus. Voir à son sujet Les fêtes du Chapus, Le P'tit Chapusais, n°30 (trimestriel), mai 2008, page 6, avec deux photos où on aperçoit les Écervelés Bigophones.
  243. Cette société, mentionnée dans la presse comme les Joyeux Bigotphones d'Alfortville, voit son nom complet : « Les Joyeux Bigotphones d'Alfortville - Société Tirbouchonnatoire et Anti-Neurasthénique », inscrit sur une carte-postale référencée sur le site arguscarréplus.com, rubrique Alfortville 94140
  244. Voir une description des bigophones de la Trivalle, quartier de Carcassonne, dans : Raymond Gougaud, Gualdo, le Troubadour de la Trivalle, Édition Pontilh, Carcassonne 1991, page 12.
  245. Fête aérostatique, rubrique La Roche-sur-Yon, L'Ouest-Éclair, 15 mai 1926, page 4, 5e colonne.
  246. Les congrès, Fédération Bigotphonique, Le Petit Parisien, 3 février 1930, page 3, 7e colonne.
  247. La vie orphéonique, Le Matin, 8 octobre 1932, page 7, 1re colonne
  248. T.S.F., Musique symphonique, L'Européen. Hebdomadaire, économique, artistique et littéraire, 10 mai 1935, page III, 1re colonne.
  249. François Michel, Encyclopédie de la musique, Fasquelle éditeur, Paris 1958, page 411.
  250. Les Premiers banlieusards, aux origines des banlieues de Paris, 1860-1940, ouvrage publié sous la direction d'Alain Faure, Creaphis éditions, Grâne 1991, page 213.
  251. Voir cette page Internet
  252. Au moment de la rentrée scolaire de septembre 2011, dans un article intitulé Vive la mort de la flûte à bec !, Le Nouvel Observateur approuve la disparition de la flûte à bec des écoles françaises : ... « Depuis 2008, très discrètement la flûte a disparu des programmes de l'Éducation nationale. A la rentrée 2011, les derniers pipeaux devraient enfin être rangés à la cave, car la directive est désormais appliquée dans tous les collèges. Les enseignants remplaceront la flûte par le chant choral. Ouf ! » Le Nouvel Observateur, semaine du 15 au 21 septembre 2011, page 30, 3e colonne.
  253. Mirliton, sur le site Internet de l' Encyclopædia Britannica.
  254. Zalai Közlöny, 25 février 1905, page 8. On lit notamment dans cette publicité en hongrois : « komikus hangszerek (bigotphones) » : instruments de musique comique (bigotphones).
  255. Von Reinhard Lüdecke, Velbert: Karneval als Kulturaustausch, article en allemand paru dans le Westdeutsche Zeitung le 15 février 2010.
  256. « Le Ravanet » : Le radis, en provençal. C'est également le nom d'un instrument de musique à friction utilisé à Menton, formé d'une marmite en terre recouverte d'une membrane tendue en peau d'âne et perforée par une tige en roseau.
  257. Déclaration au Journal Officiel le 1er juillet 2000 des cougourdons sospellois. Cette association est toujours active en 2011, voir son nom dans la liste des associations de la commune sur le site Internet officiel de Sospel.
  258. Site de la section de Thionville-Metz de l'OGBL, Confédération syndicale indépendante du Luxembourg, compte-rendu avec photos de la manifestation régionale contre la réforme des retraites, organisée à Thionville le 28 octobre 2010.
  259. Les Rigolados au Carnaval de Châtellerault 2011. Une fanfare d'ados, les Rigolados.
  260. Extrait du tract d'annonce de la création de la fanfare, imprimé sur papier vert en référence au crocodile : « Le 9 octobre 2011, Alexandra Bristiel dite Bamada Reine du Carnaval de Paris et des bigophones et son compagnon Basile Pachkoff dit le Cocodrill Prince qu'on sort ont fondé à Paris la Fanfare bigophonique C'est Caïman trop Marrant ! »

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