Nouveau Parti Anticapitaliste


Nouveau Parti Anticapitaliste

Nouveau Parti anticapitaliste

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Nouveau Parti anticapitaliste
Logo NPA.png 
Porte-parole Olivier Besancenot
Fondation février 2009
Disparition {{{disparition}}}
Siège 2, rue Richard-Lenoir
93100 Montreuil
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Présidents du groupe
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au Parlement européen {{{ParlementEuropéen}}}
Représentation du parti
Députés
Sénateurs
Députés européens {{{Députéseuropéens}}}
Idéologie anticapitalisme, socialisme, internationalisme, écologisme, démocratisme, révolution[1]
Affiliation européenne Gauche anticapitaliste européenne
Affiliation internationale {{{internationale}}}
Couleurs rouge
Site Web www.npa2009.org
voir aussi

Constitution française
Politique de la France
Gouvernement français
Président français
Partis politiques français
Élections en France

Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) est un parti politique français d'extrême gauche, fondé en février 2009 à l'issue d'un processus de fondation initié par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) immédiatement après l'élection présidentielle de 2007[2].

À sa création, le parti revendique 9 123 adhérents[3], soit trois fois plus que la LCR[4].

Sommaire

Historique

Le processus de fondation

De mai à septembre 2007 : annonce et réunions publiques

À l'issue de l'élection présidentielle de 2007Olivier Besancenot a réuni sur son nom 1 498 581 voix, la LCR a annoncé la volonté de créer « un nouveau parti anticapitaliste » implanté dans la jeunesse, les entreprises, les services publics, les quartiers populaires. Elle propose ainsi à tous les « anticapitalistes » de se rassembler pour construire les mobilisations qui, pour elle, doivent préparer un changement radical, révolutionnaire, de la société.

La LCR estime que ce nouveau parti doit :

  • défendre un programme anticapitaliste dans les luttes sociales et aux élections ;
  • se situer dans une indépendance stricte vis-à-vis du Parti socialiste (PS) et refuser de gérer les institutions avec celui-ci, tout en centrant son activité sur la « lutte des classes », et la mobilisation sociale et politique ;
  • tisser des liens internationaux avec toutes les organisations défendant des perspectives similaires.

À partir de septembre 2007, des réunions publiques ont été organisées dans les villes, entreprises et universités de la France afin de discuter des modalités de ce nouveau parti avec tous ceux, individuels, équipes militantes, courants politiques, pouvant être intéressés.

Les échéances de la constitution de ce parti ont été fixées lors de la réunion de juin 2007 de la Direction nationale de la LCR. Ce projet se distingue sur la plupart des points de celui du « parti anticapitaliste stratégiquement non délimité » des années 1990. Le moteur principal de la construction de ce parti est la Ligue communiste révolutionnaire.

Janvier 2008 : congrès national de la LCR

Lors du congrès national de janvier 2008 de la LCR, trois plates-formes (A, B et C) se sont exprimées sur ce projet.

Celui-ci entérine avec 83 % des voix l'orientation de la plate-forme A, pour qui le nouveau parti anticapitaliste doit être lancé par un processus de réunions locales aboutissant à la création de « comités pour un nouveau parti », pour être centralisés au niveau national en juin, lors d'une rencontre nationale rassemblant les délégués de ces comités.

La rencontre nationale permettant de mettre en place un « comité d'animation » autonome par rapport à la LCR, pour animer le processus constituant jusqu'au congrès de fondation.

Les comités sont constitués de tout individu, équipe militante, courant politique, pouvant être intéressé par ce nouveau parti et ses trois délimitations fixées, notamment l’indépendance stricte vis-à-vis du social-libéralisme du Parti socialiste. Ils ont pour objectif de discuter du programme, du fonctionnement et de l’orientation du nouveau parti.

Pour les plates-formes B et C (respectivement 14 % et 3 %), le nouveau parti ne doit pas se définir comme anticapitaliste et révolutionnaire, et doit s'adresser à l'ensemble des courants antilibéraux — les révolutionnaires devraient se satisfaire de constituer un des courants dans le nouveau parti. Pour ces plates-formes, il faut donc plutôt chercher à négocier un accord « par le haut » avec les directions d'autres courants constitués de la gauche antilibérale par exemple des courants du PCF ou des courants minoritaires du PS comme PRS[5] pour la B, ou les collectifs antilibéraux pour la C. Cependant un certain nombre de ces courants antilibéraux ne posent pas comme une de leurs priorités la question d'indépendance vis-à-vis du Parti socialiste.

Au cours des mois suivants, des comités pour la construction du nouveau parti sont mis en place dans de nombreuses villes, conformément à l'orientation de la plate-forme A.

Juin 2008 : réunion nationale des comités

Lors de la réunion nationale des comités du 28 et 29 juin 2008, 300 comités, dont 50 « comités jeunes », ont été représentés par 900 à 1 000 délégués venus de tout le pays. Les comités regroupent à ce moment là environ 10 000 militants, dépassant largement les 3 500 revendiqués de la LCR et des JCR[6].

Lors de cette réunion, les délégués des comités rédigent un appel national[7] précisant les contours du nouveau parti, qu'ils souhaitent « anticapitaliste, internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révolté par toutes les discriminations ».

Ils désignent également un « Comité d'animation national » (CAN) d'environ 70 personnes, dont 20 issues de la LCR. Ce comité devant servir à piloter le passage au nouveau parti et permettre aux comités de prendre leur indépendance vis-à-vis de la direction de la LCR.

Le comité d'animation comprend également des représentants des deux autres groupes nationalement constitués participant au processus en tant qu'observateurs : la fraction l'Étincelle de Lutte ouvrière (LO) et la Gauche révolutionnaire.

Novembre 2008 : deuxième rencontre nationale des comités

Les 8 et 9 novembre 2008 a eu lieu la deuxième rencontre nationale des comités, regroupant des représentants des différents comités locaux afin de travailler sur les textes du congrès de fondation.

Elle est précédée par une réunion nationale des comités « Jeunes » les 18 et 19 octobre 2008.

Congrès de fondation

Le congrès de fondation du NPA prévu initialement au dernier week-end de janvier 2009 a été repoussé aux 6-8 février, en raison de l'appel intersyndical à manifester lancé pour le 29 janvier 2008[8].

Lors de ce congrès de fondation, le nom de « Nouveau Parti anticapitaliste » (NPA) a été définitivement adopté au second tour par 53 % des 595 délégués présents, qui l'ont préféré à « Parti anticapitaliste révolutionnaire » (PAR)[9]. Au premier tour, ils avaient écarté « Parti de la gauche anticapitaliste » (PGA), « Parti anticapitaliste » (PA) et Agir (Alliance ou Alternative de la gauche internationaliste et révolutionnaire). Malgré cela, l'option révolutionnaire reste d'actualité selon Olivier Besancenot : « Le NPA n’est pas trotskiste uniquement. Il reprend toutes les traditions révolutionnaires, marxistes mais aussi libertaires[10] ».

Composantes lors de la fondation du NPA

Les organisations nationales ayant fondé le NPA sont :


La fraction L'Étincelle, récemment exclue de Lutte ouvrière, dispose quant à elle d'un statut d'observateur au sein du conseil politique national[12].

Depuis la fondation

Soutien au LKP pendant la grève générale des Antilles

Dès le début de la grève générale des Antilles[15], le NPA a affirmé son soutien au LKP, le présentant comme « un exemple à suivre et à méditer », et préconisant l'émergence de collectifs autonomes locaux « partout en France[16] ». Dans une interview accordé au JDD, Olivier Besancenot qualifie Élie Domota, porte-parole du LKP, de « grande figure », qui « a fait un sans-faute ». « Au-delà de l'histoire coloniale, tout le monde a un point commun avec eux, c'est la spoliation, la profitation comme ils disent [...] Il faudrait faire des collectifs contre la profitation partout en France[16] ». Olivier Besancenot se rend en Guadeloupe au plus fort de la grève, sur invitation du LKP, et à nouveau lors de manifestations du 1er mai 2009[17].

Élections européennes de 2009

Lors de son congrès de fondation, le NPA se déclare « favorable à un accord durable de toutes les forces qui se réclament de l'anticapitalisme » autour de trois axes :

  • une unité sur un contenu « réel », un « projet anticapitaliste au contenu précis en rupture avec le système », couvrant « à la fois les questions sociales et écologiques, tout comme les questions démocratiques » ;
  • une unité se retrouvant « sur le terrain, dans les luttes sociales et écologiques », refusant une perspective purement électorale ;
  • une unité durable « dans l’indépendance vis-à-vis du PS » et « qui ne soit pas un cartel électoral sans lendemain »[18].

Les discussions sont entamées sur ces bases avec plusieurs organisations d'extrême gauche et de la gauche antilibérale, sans pour autant aboutir à des listes d'alliance.

Avec le PG et le PCF, elles achoppent sur la question de l'indépendance vis-à-vis du PS[19]. Le conseil politique national (CPN) du NPA décide alors par 183 voix contre 7 le choix de ne pas rejoindre le Front de gauche le 8 mars 2009[20]. Le même jour, Christian Picquet, animateur de l'association Unir qui a soutenu l'amendement minoritaire sur les européennes (16 %) puis le texte favorable à une participation au Front de gauche (3,7 %), annonce lors du premier meeting du Front de gauche qu'il fonde un nouveau mouvement, la Gauche unitaire, qui rejoint immédiatement le « front ». Après un vote de leurs militants, Les Alternatifs décident, quant à eux, de ne pas prendre part aux européennes par 55 % contre 41 % favorables à une alliance avec le NPA[21].

Le NPA présente ainsi ses propres listes dans chacune des sept circonscriptions de France métropolitaine. Parmi les têtes de listes présentées à ces élections, deux sont issues du bureau politique de l'ex-LCR (Christine Poupin dans le Nord-Ouest, et Myriam Martin dans le Sud-Ouest), deux autres sont issues de la LCR hors exécutif (Omar Slaouti en Île-de-France et Christian N'Guyen dans le Centre), et les trois autres têtes de listes ne sont pas issues de la LCR (Laurence Debouard dans l'Ouest, Yvan Zimmerman dans l'Est, et Raoul Marc Jennar dans le Sud-Est).

Selon le journal Le Monde, après ce premier conseil politique national (CPN), des membres du Collectif L'Appel et la pioche protestent contre des têtes de listes désignées majoritairement par l'ancienne direction de la LCR sans appel à candidatures[22]. La diffusion dans la presse de propos issus d'échanges internes est immédiatement dénoncée par Leila Chaibi, animatrice de L'Appel et la pioche estimant que ce genre d'échange est « entièrement normal » dans un parti en construction et que l'absence de débat serait au contraire une marque de « stalinisme[23] ».

Le NPA participe à une campagne commune avec la Gauche anticapitaliste européenne, et son porte-parole Olivier Besancenot participe à plusieurs meetings à l'étranger : au Portugal en soutien du Bloc de gauche, à Madrid et Barcelone en soutien d'Izquierda anticapitalista, ainsi qu'en Pologne en soutien du Parti polonais du travail. Le slogan développé lors de cette campagne est « Partout en Europe, pas question de payer leur crise » autour de l'objectif d'une « Europe sociale écologique démocratique anti-impérialiste et solidaire » et de mesures phares comme l'interdiction des licenciements, en réponse à la crise économique et sociale.

Les listes du NPA obtiennent finalement 840 713 voix, soit 4,88 % des suffrages exprimés (4,98 % en métropole[24]), et aucun élu. Interprétant ce score comme un « bon départ »[25], Olivier Besancenot prévient le soir de l'élection qu'il faudra maintenant « faire avec la gauche anticapitaliste dans ce pays »[26].

Selon le journal Le Monde, des militants sont déçus du résultat et quatre membres du conseil politique national choisissent de démissionner, alors que des membres de l'ancienne minorité de la LCR critiquent le fonctionnement du NPA, et dénoncent une baisse des effectifs[27].

Fondements idéologiques : le « socialisme du XXIe siècle »

Le NPA se veut un parti des luttes sociales et écologistes, refusant le réformisme.

Dès la rencontre de juin 2008, il déclare vouloir incarner une « gauche qui ne renonce pas, une gauche de combat, anticapitaliste, internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révoltée par toutes les discriminations » et viser une « transformation révolutionnaire de la société », afin d'élaborer « une nouvelle perspective socialiste démocratique pour le XXIe siècle » en mettant fin à l'économie de marché[7].

Il ne revendique pas une adhésion formelle à un des courants du marxismetrotskisme, guévarisme, etc. — même s'il y a dans ce parti des militants de ces courants, ainsi que des militants issus de l'anarchisme ou de l'altermondialisme.

Lors de son congrès de fondation, le NPA précise ses fondements idéologiques, expliquant en préambule que « la seule réponse à la crise globalisée du capitalisme, le combat dont dépend l’avenir de l’humanité, c’est le combat pour un socialisme du XXIe siècle, démocratique, écologique et féministe[28]. ».

Renversement révolutionnaire du capitalisme

Le NPA prône une orientation révolutionnaire visant le renversement de l'État, considérant qu'il « n’est pas possible de mettre l'État et les institutions actuelles au service d’une transformation politique et sociale » et que celles-ci « doivent être renversées pour fonder de nouvelles institutions au service et sous le contrôle des travailleurs et de la population ».

Il souhaite « en finir avec l'exploitation, donc avec la propriété privée des principaux moyens de production, d'échange et de communication », fondement du capitalisme, à laquelle il oppose « la démocratie des producteurs/trices associé-e-s décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins »[28].

Démocratie autogestionnaire et libertés individuelles

Il s'oppose aux régimes de l'ex-Bloc soviétique, qu'il qualifie de « dictatures bureaucratiques », et soutient que « les libertés démocratiques qui ont pu être conquises sous le régime capitaliste seront consolidées et développées ».

Le NPA défend ainsi la perspective de « l'auto-organisation et l'autogestion démocratiques de la société », impliquant « les plus larges libertés d'organisation et d'expression politiques, syndicales et associatives »[28].

Féminisme, internationalisme et défense des minorités

Le NPA s'oppose à toute hiérarchisation des populations, considérant que « le socialisme implique la fin de toutes les oppressions, de tout racisme et de toute discrimination ; le respect des cultures, des langues, des orientations sexuelles, des opinions philosophiques, religieuses, de la laïcité des administrations et pouvoirs publics ».

Il considère également que les femmes sont victimes d'une « oppression spécifique » et que « la lutte des femmes contre leur oppression est un aspect essentiel de la lutte contre la domination capitaliste », en conséquence de quoi « il n'y aura pas de socialisme sans libération complète des femmes ».

Enfin, il s'oppose à l'impérialisme et au néocolonialisme, soutenant le « droit à l'autodétermination des peuples » ainsi que « les luttes de libération nationale »[28]. Ses militants souhaitent en faire la préfiguration d'un grand parti anticapitaliste au niveau européen[29]. Le NPA n'est pas membre d'une Internationale, mais conserve des liens avec la IVe Internationale, dont la LCR était la section française.

Structure et fonctionnement

La structure de base du NPA est le comité, regroupement de militants sur des bases géographiques ou professionnelles, autour duquel s'organise l'activité militante.

Les orientations politiques du parti sont définis lors des différents congrès (locaux ou nationaux), le congrès étant « souverain en matière de programme, de fonctionnement et d’orientation nationale ». Le congrès sert également à élire les instances de direction, à parité hommes-femmes et à la proportionnelle « des orientations politiques contradictoires soumises au vote du congrès », et à en définir le mandat politique. Ces directions obéissent au principe de rotation des mandats et sont révocables[30].

Instances nationales

L'instance de direction à l'échelle nationale est le conseil politique national (CPN). Celui-ci a pour règle d'être « représentatif du parti, de sa réalité géographique comme de ses commissions nationales, et de ses sensibilités politiques » et comporte environ 150 membres[31]. Le CPN se réunit au moins quatre fois par an.

Celui-ci élit en son sein le comité exécutif (CE), responsable de l'activité nationale : « représentation du NPA, animation nationale des campagnes, réaction à l’actualité politique et sociale française et internationale, collectif de porte-parole... ».

Le CE se dote d'un secrétariat et de permanents, obéissant à des règles strictes : limitation des permanentats dans le temps (rotation), permanentats à temps partiels, révocabilité[30], etc.

Instances locales

Il existe une certaine autonomie locale permettant aux comités de se regrouper à l'échelon qu'ils jugent le plus efficace, généralement le département.

Le mode de fonctionnement de l'instance locale, soit par l'élection d'un exécutif local, soit par une coordination des comités, est choisi librement par les comités concernés[30].

Commissions

Le NPA est également organisé en commissions thématiques dont le rôle est d'élaborer des orientations et proposer des actions sur un thème spécifique[30].

Il existe notamment des commissions sur le féminisme, l'écologie, les quartiers populaires, l'interventions sur les lieux de travail (CILT), LGBTI, ou sur des domaines particulier : éducation, santé, agriculture, etc.

Secteur jeunes

Les jeunes militants NPA sont également organisés au sein d'un secteur jeunes autonome, dont le rôle est de coordonner les actions en direction de la jeunesse, dont il élabore lui-même l'orientation. Il dispose également de son propre journal : L'Étincelle anticapitaliste[32].

Une « conférence nationale jeunes » est organisée une fois par an. Celle-ci propose un « secrétariat jeunes » qui est ratifié par le CPN.

Les jeunes sont également représentés dans l'ensemble des instances de directions (locales, CPN, CE)[30].

Le secteur jeunes autonome du NPA regroupe à l'heure actuelle plus de 60 comités[33] en France couvrant une grande partie des universités, plusieurs dizaines de lycées et dispose également de comités regroupant des jeunes travailleurs.

Formation

Le NPA donne une importance particulière à la formation politique de ses membres, rendue nécessaire par les règles de rotation et de parité de ses instances de direction. Celle-ci s'organise au sein des comités, lors de stages « décentralisés » (régionaux), et lors de l'université d'été du NPA.

Elle est considérée comme une « conception pluraliste de l’accès aux savoirs critiques et aux outils de compréhension du monde que nous nous situons », afin que les militants puissent être « leurs propres experts ».

Une commission formation, élue par le CPN, est en charge de mettre en place le matériel, les publications, les conférences sur le site, un institut de formation et des équipes de militants chargés de la formation[30].

Système de presse et de communication

Le système de presse et de communication est sous la responsabilité d'une commission communication, élue par le CPN.

Celle-ci se compose de trois supports : un site web (accompagné d'une lettre électronique), un hebdomadaire de 12 pages intitulé Tout est à nous ! et un mensuel[30].

Le titre de l'hebdomadaire vient du slogan de manifestations : « Tout est à nous, rien n'est à eux / Tout ce qu'ils ont, ils l'ont volé[34] ».

Rôle des élus

En tant que parti révolutionnaire rejetant le réformisme, mais participant aux élections, le NPA fixe des règles très strictes sur le contrôle de ses élus :

  • les indemnités et avantages fiscaux reçus sont reversés au parti, « les fonctions électives ne devant pas être source d'enrichissement personnel » (en échange, les élus sont rémunérés par le parti comme tout autre salarié du parti),
  • le non-cumul des mandats « est un principe absolu »,
  • les élus ne peuvent faire plus de deux mandats consécutifs,
  • l'intervention des élus dans les institutions est coordonné et maîtrisé par les instances du parti[30].

Courants internes

  • la « tendance CLAIRE » (pour le communisme, la lutte auto-organisée, internationaliste et révolutionnaire) revendique s'être constituée le 14 février 2009, après le congrès fondateur du NPA où son texte a obtenu 2,8 % des suffrages militants, dans le but de faire face « aux importantes limites et faiblesses cristallisées par ce congrès ». Reprenant à son compte le programme fondateur de la IVe Internationale, son objectif est de « convaincre la majorité des militants du NPA d’adopter les orientations révolutionnaires qu’elle propose ». La tendance CLAIRE édite Au Clair de la lutte, et affirme qu'elle rassemble des militants de l'ex-Groupe CRI, de l'ex-LCR et des inorganisés[35].

Controverses

Adhésion de Jean-Marc Rouillan

Les 28 et 29 juin 2008, à l'occasion de la première réunion nationale des comités pour un Nouveau Parti anticapitaliste, les responsables de la Ligue communiste révolutionnaire ont confirmé avoir eu des contacts avec Jean-Marc Rouillan (ancien militant du groupe de lutte armée Action directe)[37]. Nathalie Ménigon, ancienne membre d'Action directe, aurait également « fait part de son intérêt pour le Nouveau Parti anticapitaliste[38] ».

Ces contacts ont été dénoncés par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, qui a jugé qu'Olivier Besancenot était « en train d'utiliser la même stratégie que Jean-Marie Le Pen à l'extrême droite il y a vingt ans, c'est-à-dire un système dans lequel, en réalité, on vient chercher très à gauche et ne reculant jamais devant aucune provocation ».

L'un des fondateurs de la LCR, Alain Krivine, rétorque que si Jean-Marc Rouillan « accepte le programme [du nouveau parti], il viendra, on ne demande pas aux gens leur passé ». Olivier Besancenot ajoute que la LCR appartient « à un courant politique qui désapprouvait et décriait les méthodes d’Action directe à l’époque » dénonçant par ailleurs leur traitement carcéral : « ils devaient faire 18 ans incompressibles, en l’occurrence aujourd’hui ils font du rab[39] ».

Cependant Clémentine Autain, ancienne maire-adjointe de Bertrand Delanoë et un temps intéressée par un ralliement au NPA, déclare : « Autant je me battrai contre la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, autant il est hors de question que je sois dans le même parti que quelqu'un qui ne semble pas contester la lutte armée comme méthode politique ! (...) Je me demande parfois si, aux yeux de certains au NPA, il n'est pas plus grave d'avoir participé à un exécutif avec le PS que d'avoir tué des gens... »[40].

Suite à la réincarcération de Jean-Marc Rouillan le 2 octobre 2008, pour une interview donnée à l'Express[41],[42], Alain Krivine dénonce une campagne de diabolisation du NPA en voulant l'assimiler aux actions passés d'Action directe et Olivier Besancenot réclame sa libération[43].

Olivier Besancenot souligne par ailleurs que Maurice Papon a fait beaucoup moins d'années de prison que Jean-Marc Rouillan[44] (qui n'a pourtant jamais participé de près ou de loin à un génocide) et que Maurice Papon n'a jamais émis de regrets publics pour sa participation à la déportation de centaines de juifs. La LCR estime qu'il y a deux poids, deux mesures dans cette affaire[45].

Les relations avec le PS

Selon le magazine Marianne, le Nouveau Parti anticapitaliste serait l'« allié objectif » du sarkozisme puisqu'il s'oppose au parti socialiste sur son programme pas assez à gauche selon le NPA et ses alliances fréquentes avec des partis centristes, au point de refuser toute alliance de gestion avec le PS, empêchant donc l'union de la gauche ce qui, selon le magazine, affaiblit électoralement le PS et la gauche. Selon le journal Le Monde, le président Nicolas Sarkozy aurait ainsi expliqué à François Hollande dans l'avion de retour de Beyrouth, le 7 juin 2008 : « La droite a mis vingt ans à régler le problème de l'extrême droite, aujourd'hui, c'est à votre tour[46] ! ».

Le NPA et Olivier Besancenot considèrent que la situation de la gauche en France est due au « social-libéralisme » du PS, et à son abdication face à la politique de Sarkozy dans les luttes. Ce qui explique, d'après Alain Krivine, que « Olivier Besancenot apparaît comme le meilleur dirigeant contre Sarkozy, alors que le PS est muet ou même complice du gouvernement, notamment sur la question “des retraites[47]” ».

Dans ce contexte, selon le NPA, les travailleurs doivent avoir entre leurs mains un nouvel outil qui permettra une « transformation révolutionnaire de la société ». Le NPA assure que ce projet est dirigé avant tout contre la droite et répond, par la constitution d'une nouvelle force, à une « gauche en état de sinistrose[47] » en proposant un projet alternatif en totale indépendance avec le social-libéralisme. Olivier Besancenot remarquant à cette occasion que « ceux qui à gauche aident le plus la droite c'est, a priori, ceux qui ne s'y opposent pas » alors que le PS a constitué un groupe de travail pour « étudier » son ascension[48].

Par le passé, la LCR a proposé au PS et au PCF des « fusions techniques » — partout refusées par le PS — au deuxième tour des municipales de 2008[49] et appelle généralement à voter contre la droite[50] ou, le cas échéant, contre l'extrême droite[51] au deuxième tour des élections.

Une orientation protestataire

Des personnalités ont reproché au NPA une orientation trop exclusivement protestataire. Le dirigeant de la CFDT François Chérèque a comparé sa politique aux « vautours[réf. nécessaire] » pour la propension du NPA à s'inviter aux entreprises en grève en raison de suppressions d'emplois. Ayant suivi avec intérêt sa fondation, le philosophe Michel Onfray lui reproche sa vocation protestataire symbolisé par son logo en forme de mégaphone, qui ne doit être « pas une fin en soi, mais un moyen pour plus et mieux que lui », et de « [r]envoye[r] la gauche antibérale dans les bras du PS et de lui reproche[r] cette union contre nature. Mais c'est la faute d'union du NPA avec le restant de la gauche antilibérale que cette dernière se trouvera dans l'obligation d'alliance avec le Parti socialiste[52] ».

Notes et références

  1. Selon la page « Qui sommes-nous ? » du site internet du NPA.
  2. La LCR, qui est à l'origine du processus constituant de ce parti, s'est, quant à elle, autodissoute le 5 février 2009.
  3. « L'introduction du congrès par Myriam Duboz (CAN sortant) », site officiel du NPA.
  4. « Le NPA élit son “parlement” », Le Nouvel Observateur, 8 février 2009.
  5. Courant de Jean-Luc Mélenchon, à l'origine de la création du Parti de gauche (PG) l'année suivante.
  6. « Besancenot et “l'acte fondateur” des anticapitalistes », Libération, 28 juin 2008.
  7. a  et b « Appel de la coordination nationale des comités d’initiatives pour un Nouveau Parti Anticapitaliste », Rouge, 29 juin 2008.
  8. « Le congrès du NPA repoussé du fait de la grève du 29 janvier », L'Express, 23 décembre 2008.
  9. « Naissance officielle du Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot », dépêche AFP, 7 février 2009.
  10. « Olivier Besancenot : “L’option révolutionnaire reste actuelle” », La Tribune de Genève, 6 février 2009.
  11. Malgré son opposition, l'ancien courant minoritaire de la LCR Unir fait également partie du NPA, tout en critiquant l'orientation politique choisie par celui-ci pour les européennes.
  12. a  et b « Le NPA se passerait bien d'un “front de gauche” avec Mélenchon et le PC », par Stéphane Alliès.
  13. « La Commune s’engage dans le NPA - Allons-y ! », 8 janvier 2009.
  14. « La crise mondiale, la voie guadeloupéenne de lutte pour une vie décente mais aussi pour une autre société, “l’ajournement” du décret Pécresse », 16 février 2009 : « C’est dans le contexte esquissé plus haut, et par rapport à tous ces problèmes et à tous ces développements que nous parlerons enfin du NPA, au congrès de fondation duquel nous avons été plusieurs à participer. »
  15. Déclaration d'Olivier Besancenot, le 26 janvier 2009, à quelques semaines du congrès de fondation du NPA : [1]
  16. a  et b « Besancenot: le LKP, “exemple à suivre” », Le Figaro, 14 mars 2009.
  17. « Guadeloupe : derrière la manifestation, des questions entières sur l'avenir », Le Monde, 2 mai 2009.
  18. Résolution élections européennes 2009 (adoptée au congrès de fondation du NPA)
  19. « Les Nouvelles du Front de Gauche, Comptes rendus réunions de la semaine du 2 au 6 mars », site du PG, 6 mars 2009vis-à-vis des futures échéances électorales.
  20. Européennes: "vote écrasant" du NPA contre le "front de gauche", 8 mars 2009, Agence France Presse. Consulté le 8 mars 2009.
  21. Position des Alternatifs pour les élections européennes, communiqué de presse du 28 mars 2009.
  22. « Des militants du parti de M. Besancenot dénoncent un “bug démocratique” », Le Monde, 27 mars 2009, page 11
  23. « NPA : “Il n'y aucune guerre entre nous” », L'Express, 26 mars 2009
  24. Le NPA refuse de se construire et de présenter des listes en Outre-mer, qu'il considère comme étant des colonies.
  25. Ce score étant environ le double de celui obtenu par les listes d'union LO-LCR de 2004, et additionné à celui de LO, le meilleur score jamais réalisé par l'extrême gauche française sur ce type d'élections
  26. Le Nouvel Obs, « Il faudra compter avec la gauche anticapitaliste, prévient Olivier Besancenot », 07/06/2009
  27. Sylvia Zappi, « Des cadres du NPA démissionnent au lendemain d'un scrutin européen qui n'a pas répondu à leurs espoirs », Le Monde, 27 juin 2009.
  28. a , b , c  et d Principes fondateurs du Nouveau Parti Anticapitaliste, adoptés par son congrès de fondation.
  29. « Besancenot : un nouveau parti pour une “contre-offensive globale” contre le gouvernement », dépêche AFP, 7 juin 2008.
  30. a , b , c , d , e , f , g  et h Statuts provisoires du Nouveau Parti Anticapitaliste, adoptés par le congrès de fondation du NPA
  31. En réalité, le premier CPN élu en février 2009 en comporte 191.
  32. « Un journal du NPA pour les jeunes... », site du NPA, 30 juin 2009.
  33. « Liste des comités en France »
  34. « NPA : le premier numéro de l'hebdomadaire “Tout est à nous” en vente jeudi », dépêche de l'AFP, sur le site du NPA, 20 mars 2009.
  35. « Qui sommes-nous ? », sur le site de la Tendance claire
  36. « “Convergences et alternative”, un courant pro-unité à gauche au sein du NPA », AFP, 18 mai 2009.
  37. Dépêche Associated Press - 29/06/2008
  38. Le Point, n°1868, 3 juillet 2008.
  39. « La LCR confirme avoir eu des contacts avec Jean-Marc Rouillan », Rouge, 28 juin 2008.
  40. « Besancenot: "Personne ne propose de prendre les armes" », le JDD, 5 octobre 2008
  41. « Jean-Marc Rouillan, l'ancien terroriste d'Action directe, parle et pourrait se voir privé de sa semi-liberté » : [2].
  42. « Rouillan retourne en prison, Besancenot appelle à la "mobilisation unitaire" », Le Point, 3 octobre 2008.
  43. « Affaire Rouillan : Besancenot contre-attaque », dépêche AFP, 3 octobre 2008 : « il y a une crise fantastique et le NPA et Olivier ont le vent en poupe. C'est le moment où l'on ressort l'affaire Rouillan », qui « ne représente que lui-même et n'est pas un courant politique » déclare Alain Krivine.
  44. Discours de Besancenot à Pessac
  45. « Rouillan : deux poids, deux mesures », Rouge, 8 octobre 2008.
  46. « Besancenot, un Le Pen de gauche ? », pour la version moins édulcorée : « Vous nous avez bien emmerdés avec Le Pen pendant des années, maintenant on va vous niquer avec Besancenot. ». Source : Le Canard enchaîné, 18 juin 2008.
  47. a  et b « Nouveau parti : Besancenot veut que la gauche radicale “change d’échelle” », Rouge, 28 juin 2008.
  48. « Besancenot veut “un prolongement politique aux résistances sociales” »
  49. « LCR : Besancenot n'appellera pas à voter pour les listes PS et PCF au 2e tour », 11 mars 2008.
  50. La LCR a appelé à voter contre Nicolas Sarkozy au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007, donc implicitement pour Ségolène Royal.
  51. La LCR a appelé à voter contre Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002, donc implicitement pour Jacques Chirac.
  52. Michel Onfray, « Le mégaphone comme idéal platonicien : les choix du NPA sont irresponsables », Le Monde, 6 juin 2009, page 18.

Voir aussi

Bibliographie

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