Jean-Christophe Cambadelis


Jean-Christophe Cambadelis

Jean-Christophe Cambadélis

Jean-Christophe Cambadélis
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Parlementaire français
Naissance 14 août 1951
Décès
Mandat Député
Début du mandat juin 1988
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Circonscription vingtième circonscription de Paris
Groupe parlementaire Socialiste, radical et citoyen
Ve République

Jean-Christophe Cambadélis, homme politique français, né le 14 août 1951 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), qui fut président du syndicat étudiant Unef-ID dans les années 70 et 80, puis député socialiste de Paris, de 1988 à 1993 puis de 1997 à aujourd'hui.

Son parcours de militant d'extrême-gauche entrant au PS en 1986, puis devenant le bras-droit de Dominique Strauss-Kahn, après deux condamnations en justice et une lutte intense contre le Front national, est emblématique de la volonté du PS d'occuper le terrain à gauche sur fond de bilan social contesté des septennats de François Mitterrand.

Sommaire

Vie politique

Jeunesse étudiante et révolutionnaire

Jean-Christophe Cambadélis adhère vers 1971 à l'Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS), la structure jeune de l'Organisation communiste internationaliste (OCI) (puis Parti communiste internationaliste (PCI)) sous le pseudonyme de Kostas, en référence au philosophe marxiste grec Kostas Axelos. Il est rapidement apparu comme le principal animateur du travail de cette organisation en direction de la jeunesse étudiante. Il participe au congrès de scission de l'UNEF en 1971 et il est un des principaux animateurs du mouvement étudiant contre la réforme Saunier-Séïté de 1976 avec d'autres futurs dirigeants socialistes comme Julien Dray, Jean-Marie Le Guen ou encore Benjamin Stora.

Étudiant à Nanterre, puis à Jussieu, il présente une thèse de doctorat en sciences humaines consacrée à l'étude des "Mouvements sociaux sous la Ve République". Comme beaucoup d'étudiants de sa génération, il côtoie des figures intellectuelles du mouvement trotskiste telles que Claude Chisserey ou Pierre Broué. Le mouvement de 1976 est le point de départ de la démarche qui aboutit à la réunification de l'UNEF avec les organisations étudiantes non communistes. Fondateur et dirigeant de l'UNEF-ID en 1980, il prend la parole au nom de cette organisation le 10 mai 1981, place de la Bastille au soir de la victoire de François Mitterrand. Il quitte la présidence de l'UNEF-ID en 1984. Bientôt, un désaccord l'oppose à Pierre Lambert sur l'évolution du PCI. Il reproche au dirigeant de sous-estimer la montée du Front national et de refuser la transformation et la démocratisation du PCI - qui s'enferme dans des procès en exclusion dignes des méthodes staliniennes que les lambertistes combattent pourtant (affaires Varga, Mélusine, Berg ou Just). Il rompt avec le PCI en avril 1986 en emmenant avec lui près de 450 autres militants, l'essentiel du secteur jeune pour rejoindre le Parti Socialiste. Ce départ de Cambadélis ruine l'activité du PCI en direction de la jeunesse étudiante. Bien qu'elle fut finalement très classique au regard de la génération politique des années soixante aux années quatre-vingts, cette jeunesse à l'extrême gauche pèse durablement sur le jugement de ses détracteurs.

Au Parti socialiste

Principal lieutenant de Dominique Strauss-Kahn, il a soutenu activement Martine Aubry dans sa course au poste de premier secrétaire du parti socialiste c'est lui qui a appris à Mme Aubry dès 1H15 du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, que la direction du PS reconnaissait officiellement sa victoire, même si le scrutin n'était pas terminé aux Antilles. "Stéphane Le Foll vient de reconnaître ta victoire, Martine", aurait-il dit alors en brandissant son téléphone portable, selon le quotidien Le Parisien.[1].

Ce rôle déterminant au PS est d'autant plus spectaculaire que Jean-Christophe Cambadélis était jusqu'en 1986 un militant d'un parti d'extrême-gauche, le PCI.

La "sortie du PCI" s'organise avec la constitution du Cercle d'études contemporaine avec Benjamin Stora et Pierre Dardot qui théorisent la démarche, puis de Convergences socialistes qui se dissout au moment de l'entrée au PS. Il s'agit de « renforcer la gauche au Parti socialiste », sans pour autant constituer de courant. Certains comme Philippe Darriulat ou Liem Hoang Ngoc rejoignent Henri Emmanuelli, d'autres abandonnent la politique. Cambadélis et Julien Dray, fondateur de SOS-Racisme, venu, lui, de la LCR, aident chacun avec ses réseaux, le Parti socialiste à maintenir le lien avec les organisations étudiantes lors du mouvement contre la loi Devaquet.

En 1988, il devient député PS de Paris, dans le 19e arrondissement, en éliminant, avec l'appui décisif de l'Élysée, le député socialiste élu en 1981, Alain Billon. Au PS, il est proche de Lionel Jospin. Il est battu aux législatives de 1993, dans la circonscription pourtant la plus à gauche de la capitale.

Le Manifeste contre le Front national

En juin 1990, un appel lance la création du Manifeste contre le Front national. Apparu en même temps que Ras l'Front et l'Appel des 250, le Manifeste contre le FN fut une organisation militante pour qui la lutte contre le front national devait être adossée à un combat pour le rassemblement de la gauche en vue de constituer un "grand parti de toute la gauche". Le Manifeste contre le FN se différenciait de Ras l'Front en ceci qu'il ne considérait pas qu'il s'agissait d'un combat antifasciste comparable à ceux des années 70 car le Front national n'était pas réductible à une formation fascisante. Le Manifeste se différenciait également de SOS racisme par sa volonté de politiser le débat anti-lepéniste, là ou SOS racisme restait sur un registre purement moral.

Le Manifeste contre le FN partageait les analyses de Pierre-André Taguieff, de Pascal Perrineau, de Nonna Mayer ou de Jean-Yves Camus sur la nature national-populiste du lepénisme et sur la nécessité d'analyser le discours frontiste. Il a porté une attention particulière au mégrétisme qui, venu de la Nouvelle droite, avait souhaité s'inspirer de la stratégie de Gianfranco Fini en Italie en 1994 où celui-ci était parvenu à sortir l'ancienne MSI de l'extrême-droite italienne pour la transformer en un grand parti conservateur, l'Alliance nationale, membre d'une coalition appelée Maison des Libertés qui porta au pouvoir en 1994 le premier gouvernement de Silvio Berlusconi.

En termes de combat, Jean-Christophe Cambadélis avait développé la stratégie du « harcèlement démocratique » : pas un événement du FN sans mobilisation de masse de toute la gauche. Le point culminant fut la manifestation du 29 mars 1997, à l'initiative du groupe local du Manifeste à Strasbourg contre la tenue du congrès du parti lepéniste. Le résultat de ces mobilisations fut une victimisation du Front national dans l'opinion, qui permet à ce parti de se maintenir au deuxième tour dans un grand nombre de circonscriptions aux législatives de 1997 et à la gauche de remporter une majorité des sièges sans la majorité des voix, dont celui que Jean-Christophe Cambadélis avait perdu en 1993.

Ces mobilisations ont peut-être aussi contribué à la scission du Front National à la fin des années 90, divisé entre stratégies d'alliance avec une partie de la droite, et un repli sur soi jugé "fascisant" pas ses détracteurs, mais qui n'a pas empêché Jean-Marie Le Pen de se retrouver au deuxième tour à la présidentielle de 2002.

Les Assises de la transformation sociale

A partir de 1994, il organise les Assises de la transformation sociale, de grands forums où la gauche politique, associative ou syndicale se parle. Cambadélis active ou réactive les réseaux de militants qui évoluent chez les écologistes, les communistes, les socialistes ou les alternatifs. Les syndicalistes ou les associatifs. Seul les amis de Jean-Pierre Chevènement refusèrent d'y participer. Ces rencontres se font avec la collaboration de Gilbert Wasserman, Yves Cochet, Philippe Herzog ou Patrick Braouezec.

Les Assises de la transformation sociale furent l'occasion d'un appel signé par plus d'un millier de militants de toute la gauche lancé dans les colonnes du Monde le 9 janvier 1994. Le comité d'organisation des Assises rassemble divers clubs de gauche comme les clubs Convaincre, de sensibilité rocardienne. Cinq débats eurent lieu. En février à Paris sur le thème "Pourquoi transformer la société ?", en avril à Rennes sur "Quelle économie pour l'emploi ?", en septembre à Vaulx-en-Velin sur "Vivre ensemble", en octobre à Toulouse sur "Pratique du pouvoir, citoyenneté et démocratie" et en décembreà Lille sur "Repenser le monde". C'est le prélude à ce qui va devenir la gauche plurielle.

Traversée du désert et affaires

  • Poursuivi pour recel d'abus de biens sociaux dans l'affaire Agos, car il avait bénéficié d'un emploi fictif entre 1993 et septembre 1995 qui lui a rapporté plus de 442 000 francs (67 382,466 €), Jean-Christophe Cambadélis fut condamné en janvier 2000 à 5 mois de prison avec sursis et 100 000 francs (15 244,902 €) d'amende par le tribunal correctionnel de Paris.
  • Mis en examen le 7 juin 2000 pour abus de confiance dans l'affaire de la MNEF, car soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif au sein de la mutuelle étudiante MNEF entre 1991 et 1995, pour lequel il aurait touché 620 500 francs (94 580 euros) d'une filiale de la MNEF, au titre d'une activité permanente de conseil. Le 2 juin 2006, reconnu « coupable de recel d'abus de confiance », il est condamné, à six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende, dans l'affaire des emplois fictifs de la MNEF, par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Cette peine n'est assortie d'aucune interdiction d'exercer un mandat politique.

Concerné par deux affaires judiciaires, dont celle de la MNEF, Jean-Christophe Cambadélis s'est exprimé dans un communiqué de presse :

Je ne peux pas dire que j’aborde cette épreuve avec soulagement, mais il s’agit quand même pour moi d’un dénouement bien venu. Car cette épée de Damoclès m’a été opposée à chaque fois qu’une responsabilité politique de premier plan me fut proposée. J’ai été stoïque, mais si j’étais coupable, j’aurais déjà "payé dix fois" par les handicaps, les refus, voir l’opprobre que cette "affaire" m’a causée. Mais tout cela a fini avec le temps -dix ans- par se dégonfler.

Alors je suis serein. L’essentiel des accusations contre moi a été levé. Souvenons-nous des allégations de l’époque: financements occultes, trafic d’influences, vente à vil prix d’une imprimerie, mise en place d’un système d’enrichissement, que sais-je encore… De tout cela l’instruction n’a retenue qu’une mise en cause résiduelle et vraisemblablement prescrite (le parquet l’avait demandé), dans un dossier annexe de "l’affaire MNEF".

Pendant cette période au terme de la quelle il fut condamné, il s'est mis en congé du Parti socialiste.

Avec Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn

Jean-Christophe Cambadélis fut un des proches de Lionel Jospin dès son arrivée au PS. En 1995, il fut un des porte-parole de la campagne présidentielle et en 1997, il devient Numéro 2 du PS, chargé des relations extérieures. Lors de la campagne présidentielle de 2002, il fut chargé des relations avec le monde associatif et syndical. Il participe avec des jospinistes et des rocardiens au lancement du courant Socialisme et démocratie en 2000 qui se propose d'être le courant de pensée qui anticipe ou qui prolonge le réformisme que Jospin applique au gouvernement. L'échec de 2002 pose la question du leadership, mais bientôt, il apparaît que Dominique Strauss-Kahn est celui qui incarne le mieux la synthèse jospino-rocardienne dont le débouché doit être la mutation vers la social-démocratie. Il anime aussi le courant Socialisme et démocratie. Il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 20e circonscription de Paris (19e arrondissement).

Jean-Christophe Cambadélis a soutenu la motion 1 du premier secrétaire François Hollande, présentée lors du congrès du Mans en 2005.

Il est investi pour représenter le Parti Socialiste aux élections législatives de juin 2007 dans la 20e circonscription de Paris, qui correspond à la plus grande partie du 19e arrondissement. Il y milite depuis longtemps pour la couverture du périphérique et pour la création de centres d'animation par quartiers. Il est réélu avec 59,1 % des suffrages.

Mandats

Bibliographie

  • Pour une nouvelle stratégie démocratique éd. L'Harmattan, 1986.
  • Pour une nouvelle gauche éd. Stock, 1996.
  • La France blafarde éd. Plon, 1998.
  • Le Chuchotement de la vérité éd. Plon, 1998.
  • L'Avenir de la gauche plurielle éd. Plon, 1999.
  • L'étrange échec éd. Plon - Notes de la Fondation Jean Jaurès, 2002.
  • 1905-2005 : L'éternel commencement : Que faire au Parti socialiste ? éd. Bruno Leprince, encyclopédie du socialisme 2005.
  • Parti pris : chroniques de la présidentielle chez les socialistes éd. Plon, 2007.

Références

Liens externes


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