Herculaneum

Herculanum

Pour la commune italienne, voir Ercolano
Zones archéologiques de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata 1
Patrimoine mondial
Mosaïque de Neptune et Amphitrite.

Mosaïque de Neptune et Amphitrite.

Latitude
Longitude
40° 48′ 21″ Nord
       14° 20′ 51″ Est
/ 40.80583, 14.3475
Pays Italie Italie
Type Culturel
Critères III, IV, V
No  identification (ID) [1]
Région 2
Année d’inscription 1997 (21e session)

1 Descriptif officiel (UNESCO)
2 Classification UNESCO

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Documentation du modèle

Herculanum (en italien moderne, autrefois Resina, Ercolano depuis 1969) était une ville romaine antique située dans la région italienne de Campanie, détruite par l'éruption du Vésuve de l'an 79, conservée pendant des siècles dans une gangue volcanique et remise au jour à partir du XVIIIe siècle. Ses remarquables vestiges apportent une considérable connaissance de terrain sur la civilisation romaine au Ier siècle. Toutefois, sa notoriété est quelque peu éclipsée par celle de Pompéi. À l'occasion du trois centième anniversaire de la découverte du site, une importante exposition s'est tenue au musée archéologique de Naples de octobre 2008 à avril 2009, qui a fait sortir des réserves de magnifiques statues trouvées dans la villa des Papyri.

Sommaire

Origine et histoire

Comme le révèle clairement son nom, l’origine d’Herculanum est liée à la figure mythique du demi-dieu Hercule. D’après la légende rapportée par Denys d'Halicarnasse, c’est lui qui a fondé la ville lors de son passage en Italie de retour d'Espagne avec les bœufs de Géryon[1].

La région fit l'objet d'une active colonisation grecque, avec la prépondérance régionale de Cumes, fondée en 740 av. J.-C.. La poussée étrusque vers le sud, marquée par la fondation de Capoue en 524 av. J.-C., se heurte à la présence grecque. La défaite étrusque de -474 contre la coalition de Cumes et de Hiéron de Syracuse fait passer Herculanum et Pompéi sous l'influence grecque, pour quelques décennies seulement. Vers 420 av. J.-C. d'après Diodore de Sicile[2] et Tite-Live[3], des montagnards samnites prennent le nom de Campaniens, s'emparent de Cumes et des cités de la baie de Naples, dont Herculanum et Pompéi, s'y installent à la place des anciens habitants et y exercent une influence durable[4].

Avec l'expansion romaine vers la Campanie et les guerres samnites, Herculanum et Pompéi passent dans l'alliance romaine, qui se maintient lors des incursions en Italie de Pyrrhus et d'Hannibal. Mais malgré leur fidélité à Rome, les habitants d'Herculanum et de Pompéi se voient refuser le droit de cité romaine, ce qui les poussent à la révolte en 90 av. J.-C. lors de la guerre sociale. En juin 89 av. J.-C., T. Didius, légat de Sylla prend d'assaut Herculanum qui reçoit ensuite le peuplement de vétérans de Sylla[5].

Si en 80 avant J.-C., Pompéi devient une colonie de droit romain, Herculanum a dû attendre la fin des années 30 ap. J.-C. avant notre ère pour obtenir le statut de municipe.

Selon certains ouvrages[6], Herculanum se développe comme station balnéaire très appréciée par les riches Romains et comme ville résidentielle des grandes familles patriciennes, attirées par la splendide position panoramique du promontoire sur lequel elle est bâtie, par son climat et par les produits typiques de la campagne environnante. Cette interprétation doit être nuancée : toute la baie de Naples était un lieu de villégiature pour l'aristocratie romaine, et les auteurs antiques consacrent Baïes comme la station balnéaire réputée. Le site archéologique n'offre qu'une vue partielle d'Herculanum, un quartier où se côtoient des modestes habitations d'artisans et de pécheurs, des petites demeures bourgeoises et des riches maisons luxueusement décorées avec vue panoramique sur la mer[7], mais néanmoins moindres que les vastes villae hors les murs qu'aménagent les plus riches.

Herculanum et Pompéi connaissent une phase de remarquable développement urbain sous Auguste, et si à Rome le fonctionnement républicain s'est arrêté, Herculanum continue d'élire chaque année ses magistrats, les duumvirs. L'évergétisme de certains de ces magistrats se manifeste par les installations publiques dont ils dotent la ville à leurs frais, ainsi qu'en témoignent les statues honorifiques et les inscriptions trouvées sur le site : M. Spurius Rufus construit un marché (macellum, non découvert), rénové par L. Mammius Maximus[8], Annius Mammianus Rufus construit ou rénove le théâtre[9], M. Remmius Rufus équipe la ville d'une balance publique (pondera), d'une horloge et d'un lieu de réunion (schola)[10]. Les riches affranchis ne sont pas en reste, et les frères Lucii financent un petit sanctuaire (sacellum) en l'honneur d'Auguste. Les deux mille places du théâtre laissent estimer par extrapolation une population d'environ cinq mille habitants, moitié moindre que celle de Pompéi[7].

Statue équestre de M. Nonius Balbus

Comme Pompéi, Herculanum fut partiellement détruite lors du tremblement de terre du 5 février 62 après J.-C.[11]. On reconstruisit ou on répara avec des techniques nouvelles comme l' opus reticulatum, ou plus rapides, employant la brique (opus latericium) [12], c'est pourquoi ont retrouvera tant de colonnes en briques revêtues de stuc. De nouveau, les riches citoyens, tel M. Nonius Balbus, ancien préteur à pouvoir proconsulaire[13] contribuent aux réparations du domaine public. Balbus finance la remise en état les remparts et des portes de la ville, et de la Basilique[14]. En reconnaissance, le sénat d'Herculanum lui fait élever des statues, dont une statue équestre à l'entrée de la Basilique, un autel de marbre sur sa sépulture et décide de dédier les jeux gymniques en son nom[15]. L'empereur, accaparé par la reconstruction après le grand incendie de Rome, puis par les guerres civiles, n'intervient qu'en 76 : Vespasien contribue à la restauration du temple de la Grande Mère[16].

Inscription trouvée dans la Grande palestre, honorant la restauration du temple de la Grande Mère par Vespasien
L’éruption de 79.

Mais en 79 Herculanum est totalement détruite comme Pompéi, Stabies et Oplontis par l’éruption du Vésuve[17]. Herculanum fut ensevelie sous une couche de matériaux volcaniques de plus de quinze mètres d'épaisseur. Pendant longtemps, l'insuffisance des connaissances en vulcanologie fit qu'on se ramena à des interprétations classiques, une coulée de lave aurait englouti Herculanum[18]. Les progrès dans la compréhension des manifestations volcaniques ont donné lieu à deux théories : pour Maurice Krafft, Herculanum a été submergée par une coulée de boue brûlante et fluide (un lahar), engendrée par les pluies diluviennes qui ont entrainé des amas pyroclastiques instables sur le flanc du Vésuve. La fange brûlante noya les maisons, s'infiltra dans tous les interstices, brûla les arbres, les poutres, le mobilier. La couche d'une vingtaine de mètres recouvrit la cité, le rivage qui était à environ 200 mètres d'Herculanum est repoussé à plus de 500 mètres[19].

Selon une autre hypothèse, une nuée ardente a accompagné l'éruption principale. Une avalanche de roches et de cendres mêlées à un gaz à très haute température a dévalé la pente, et englouti Herculanum, avec les mêmes effets d'ensevelissement et de carbonisation que ceux décrits ci-dessus.

La dure croûte de tuf qui recouvrit l’antique Herculanum permit de construire la nouvelle ville de Résina au-dessus de l'ancienne cité. La violente éruption de 1631 ajouta une couche de lave sur Résina[20]. Toutefois, en 1969, cette ville reprit son nom antique, Ercolano en italien.

La redécouverte

Les premières explorations

En 1709, le prince autrichien Emmanuel-Maurice de Lorraine, comte d'Elbeuf fait forer un puits dans sa villa à Resina et tombe par hasard sur un mur et des vestiges antiques, qu'il identifie à tort comme un temple d'Hercule, en réalité le théâtre antique. Il profite de cette découverte en pillard, arrachant les marbres, remontant des colonnes et trois statues antiques, qu'il offre au prince de Savoie. Cette dispersion provoque les protestations de la papauté, qui mettent un terme aux extractions[21].

Des fouilles mieux organisées reprennent de 1738 à 1745 sous l'impulsion de Charles de Bourbon, nouveau roi des Deux-Siciles. Il en confie l'exclusivité à l'ingénieur arpenteur espagnol Rocco Gioacchino de Alcubierre, et soumet toute visite, dessin ou prise de notes à l'autorisation royale. Le théâtre est identifié par une inscription, on découvre des gradins, le secteur de la basilique est sondé, on exhume les restes d'un quadrige de bronze (dont un cheval est exposé au musée national de Naples), la statue équestre Nonius Balbus, une peinture représentant Thésée et le Minotaure. À l'époque, les méthodes archéologiques n'existaient pas, les chercheurs en inventent : ils creusent des galeries au hasard, percent les murs sans grande précaution pour continuer d'avancer, extraient laborieusement les plus belles œuvres, procèdent à des relevés rapides et parfois rebouchent un tunnel avec les déblais du suivant.

Plan établi par La Vega (XVIIIe siècle)

Mais les premières découvertes en 1748 sur le site de Civita (identifié comme Pompéi en 1763), tout aussi riche en vestiges et beaucoup plus facile à dégager, concurrencent les travaux sur Herculanum, où l'épaisse couche solidifiée rend les conditions de fouilles extrêmement difficiles. Herculanum n'est plus exploré qu'irrégulièrement, malgré la fondation de l'Académie d'Herculanum par Charles III en 1755. Néanmoins, quelques découvertes remarquables ont lieu comme la maison des Papyrus fouillée de 1750 à 1761, ou la Basilique.[21].La synthèse des explorations souterraines permet à l'ingénieur espagnol Francesco La Vega (mort en 1815) de dresser un relevé sommaire et partiel d'Herculanum, qui situe quelques temples et huit ilots construits (insulae) dans un quadrillage de cinq rues recoupées par deux autres[22].

En 1748, l'humaniste toscan Marcello Venuti publie la Descrizione delle prime scoperte della antica città d'Ercolano (Description des premières découvertes de l'antique cité d'Herculanum), que le français Charles de Brosses présente en 1749 à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris. Le Antichità di Ercolano (Les Antiquités d’Herculanum) de Francesco Valleta, publiées en 1757 sous le patronage de Charles III, exposent enfin aux amateurs impatients des copies des peintures, sous forme de gravures, que l'ambassadeur de France à Naples communique au directeur de l'Académie de France à Rome, puis à Paris. Les pensionnaires furent autorisés à aller à Naples, s'imprégner d'art antique et en rapporter l'inspiration pour leurs futures réalisations. D'autres amateurs passionnés comme l'allemand Winckelmann visitent aussi les fouilles et les collections du musée des Bourbons. Winckelmann par ses publications et son enthousiasme impulse le mouvement néoclassique. En France même, malgré un certain dédain des gens de lettres pour les "antiquaires", l'Encyclopédie produit en 1758[23] un article enthousiaste sur Herculanum. L'inspiration néoclassique se diffuse en Europe, et de façon plus limitée en France dans la mode à l'antique et l'art de la décoration. À la fin du XVIIIe siècle, les motifs propres à Herculanum font leur apparition sur l'ameublement, les tapisseries, les tables et les tasses à thé[21].

De 1828 à 1835 et de 1869 à 1875, les fouilles, conduites finalement à ciel ouvert et jusqu'au sol antique, donnent des résultats modestes. Elles mettent à jour un tronçon de rue, correspondant au Cardo III, et des portions de maisons dans le secteur des Insulae II et VII d'un côté du Cardo, et de l'autre le bord de l'insula III et la palestre des thermes de l'insula VI, mais la présence des immeubles de Resina restreint le périmètre dégagé. Plus grave, l'abandon du site sans protection pendant un demi siècle provoque des destructions irrémédiables parmi les vestiges, comme l'effondrement de galeries, l'effacement de la fresque d'Argus ou la destruction des charpentes carbonisées qui se contractent et se fragmentent au contact de l'air, entrainant l'effondrement d'étage sur les pièces dégagées.[22].

Les nouvelles fouilles (1927-1958)

Les fouilles d'Herculanum reprennent à partir de 1927, sous la direction d'Amedeo Maiuri et avec un esprit nouveau : à la quête exclusive des œuvres d'art du siècle précédent succède la volonté d'appréhender la vie antique dans chaque maison en la fouillant dans ses moindres recoins, qu'elle soit humble ou luxueuse[22]. Les méthodes mises au point sur Pompéi sont appliquées : dégagement complet à ciel ouvert jusqu'au niveau romain, comptes-rendus de fouilles précis, préservation sur place des peintures et des décorations, restauration de couvertures de protection. Maiuri étend la zone fouillée vers le sud-est en détruisant de vieux immeubles. Dès 1932, le dégagement de l'insula III est achevé, ainsi que celui de l'insula IV. Suivent les insulae V et VI, une partie de la Palestre occidentale et du decumanus. Grâce à une méthode de conservation efficace des bois carbonisés, un mobilier antique varié est pour la première fois récupéré : une grande cloison en bois, des lits, des commodes, un guéridon à trois pieds, un berceau à bascule[24].

Finalement, au sud-ouest on dégage au pied des remparts des édifices suburbains, dont des thermes, en tout une surface de quatre hectares et demi que l'on estime au tiers de la cité antique.

Le dégagement de l'ancien bord de mer (à partir de 1980)

Les abris entreposant les bateaux où de nombreux squelettes furent découverts
Squelettes de victimes

Les recherches antérieures n'avaient mis au jour qu'une dizaine de restes humains, justifiant l'hypothèse que la majeure partie de la population s'était mise en sécurité en quittant la cité. Les fouilles réalisées depuis 1980 par Giuseppe Maggi sur l'ancien littoral proche des remparts ont prouvé que la population d'Herculanum n'avait pas fui, comme on l'avait cru, mais s'était en partie regroupée dans des locaux proches de la plage, pensant probablement être ainsi protégés contre un tremblement de terre similaire à celui de l'année 62.

En dégageant l'ancienne plage, on découvrit une dizaine d'individus, le squelette d'un cheval et à proximité des thermes suburbains les restes d'une grande barque. Selon une première interprétation, on supposa que des réfugiés avaient été précipités à bas du rempart par la vague de boue qui submergea la cité[25]. En dégageant ensuite l'intérieur de la douzaine de voûtes (Fornici en italien) qui servaient d'abris à bateaux, on découvrit 270 squelettes humains, un nombre qui en fait une découverte exceptionnelle sur un site antique.

A partir de 1982 le support scientifique de la National Geographic Society fut décisif, particulièrement pour l'étude des squelettes, confiée à la paléopathologue Sara Bisel de la Smithsonian Institution. Le dégagement complet et l'examen de la position des ossements démontra que les victimes n'avaient pas été précipitées en vrac par la vague volcanique mais avaient trouvé la mort allongées, réfugiées à l'abri au fond des salles voutées ouvertes sur le rivage. De nombreux squelettes étaient dans leur posture d'origine, les os encore connectés les uns aux autres, sans marque de fractures ou de traumatisme. Certains portaient des bijoux et l'un deux avait une trousse d'instruments chirurgicaux dans son étui.

Les dernières excavations (1996-1998)

Après des siècles d'abandon du site de la villa des Papyrus, des fouilles sont menées dans les années 1996-1998, enfin à ciel ouvert. Le plan de la villa établi au milieu du XVIIIe siècle par Charles Weber permet d'orienter les recherches sur le corps principal de la villa. Elles dégagent l'atrium et les pièces qui l'entourent, entre le portique de façade et le bord du grand péristyle. Malheureusement, les restrictions de crédits et la nécessité de privilégier les actions de conservation sur l'ensemble du site d'Herculanum mettent un terme à ces travaux. Deux remarquables statues en marbre furent mises au jour, la Péplophore et l'Amazone, cette dernière sera la figure emblématique de l'exposition du tricentenaire de la découverte d'Herculanum, à Naples (2008-2009)[26].

Le site archéologique

Gestion du site

La Surintendance archéologique de Pompéi (Soprintendenza archeologica di Pompei) est un organisme public rattaché au Ministère italien des Biens et des Activités culturelles (Ministero per i Beni e le Attività Culturali) qui est responsable de la protection et la valorisation des quatre sites antiques de Pompéi, Herculanum, Stabies et Oplontis et du musée de Boscoreale. Elle employait en 1997 un millier de personnes dont une douzaine d'archéologues[27]. Elle jouit depuis 1998 de l'autonomie financière, administrative, organisationnelle et scientifique.

Outre les tâches administratives, les actions de préservation des sites représentent une part importante de son activité, face aux menaces que représentent l'érosion et la prolifération naturelle (le désherbage des lieux n'est pas un moindre problème), ainsi que la pollution voire le vandalisme induit par une fréquentation touristique massive. Plus spécifiquement, le site d'Herculanum, cuvette de 20 à 25 m de fond, a des contraintes de drainage compliquées par un niveau élevé de la nappe phréatique.

La Surintendance doit assurer l'ensemble de ses missions avec des budgets qui tendent à se réduire : 9 ,6 millions d'euros programmés pour 2008, et 8,6 millions programmés pour 2009[28]

Classement au patrimoine mondial

Les sites d'Herculanum et de Pompéi ont été évalués en 1997 par le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) qui a recommandé leur classement au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le périmètre classé inclut le théâtre et la villa des Papyrus, mais ne retient pas les zones encore recouvertes par l'habitat moderne. Dans ses conclusions, l'ICOMOS souligne que ces ruines « n'ont leur pareil nulle part au monde en termes d'intégralité et d'entendue. Elles offrent une illustration vivante et complète de la vie romaine de leur époque. Aucun site archéologique ne peut être comparé, fut-ce de loin, à ces deux cités antiques[27] ».

Ouverture au public

La fréquentation touristique à Herculanum est concurrencée par la notoriété de Pompéi : en 1997, Pompéi recevait annuellement environ deux millions de visiteurs, tandis qu'Herculanum en accueillait dix fois moins[27].

La zone archéologique ouverte au public, les Scavi Ercolano en italien, comprend les quartiers d'habitations. Les vestiges du théâtre, séparé par l'habitat moderne, peuvent être visités par une entrée distincte plus loin sur le corso Ercolano[7]. Enfin la villa des Papyri, somptueuse villa suburbaine au-delà du rempart antique, reste fermée au public. Néanmoins les nombreuses statues trouvées dans cette villa ont été présentées lors de l'exposition sur le tricentenaire des découvertes à Herculanum, tenue en 2008-2009 au Musée archéologique de Naples.

En complément du site, la commune d'Herculanum et la province de Naples ont financé un musée à Herculanum, qui présente avec les technologies audio-visuelles d'animation interactive un parcours en réalité virtuelle dans les rues et les maisons de la cité antique, en présence de Romains simulés. Ce musée, le MAV (Museo Archeologico Virtuale Ercolano) a été inauguré le 9 juillet 2008[29].

Aperçu d'ensemble

Panorama d'Herculanum et vue sur le port

Herculanum ne nous apparait aujourd'hui que pour une partie, celle voisine de la mer, tandis que restent encore ensevelis sous l'habitat moderne une partie du Forum, les temples, de nombreuses maisons et les nécropoles.

Les huit ilots d'habitation rectangulaires (insulae) repérés au XVIIIe siècle ont été numérotés en partant de I au coin nord-ouest et en continuant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. La partie orientale, interprétée lors de premières fouilles comme une grande villa et dégagée ultérieurement, suit une désignation particulière, insula orientalis I et II. Ce qui se visite représente les quatre insulae III, IV, V et VI, d'environ 40 m sur 90 m, complètement dégagées et délimités par des rues à peu près perpendiculaires, selon la norme du plan hippodamien grec. Chaque insula est divisée en parcelles rectangulaires, occupées chacune par une maison. Malgré l'absence de respect de l'orientation de la voirie selon les axes cardinaux, rituelle chez les Romains, ces axes ont été nommés par les archéologues selon la dénomination romaine : decumanus maximus, decumanus inferior, recoupés par les cardines numérotés de I à V, dont seuls sont dégagés les III, IV et V.

L'ensemble est limité au sud est par une palestre partiellement dégagée et au sud ouest par les remparts qui avaient à l'époque de l'éruption perdu toute fonction défensive, et diverses installations au pied de ces murs. Ce quartier est visible en vue panoramique lorsqu'on commence la visite du site. Le trajet d'entrée des visiteurs longe le site du côté de la palestre puis des remparts par un cheminement au niveau moderne, ce qui offre une spectaculaire vue panoramique et surplombante sur les vestiges. On regrette ensuite lors de la visite le nombre d'intérieurs de maison fermés à la visite.

Le centre ville

Conformément à l'organisation des cités antiques, le centre d'Herculanum est le lieu où se trouvent les bâtiments publics et les espaces de réunion : le forum et son annexe couverte, la basilique, le théâtre. En revanche, le temple qui mettait la cité sous la protection d'un dieu majeur fait défaut en l'état des fouilles. Le seul édifice cultuel découvert est une sorte de chapelle intégrée dans l'insula VI, le Sacellum des Augustales, fort différent du classique temple à colonnes isolé sur son aire sacrée.

Le decumanus et le Forum

Le Decumanus maximus est la principale voie transversale d'Herculanum, qui dessert le cœur de la cité et menait au théâtre. Le Forum, centre traditionnel de toute ville romaine, ne suit pas à Herculanum le schéma classique d'une place rectangulaire où trône un temple sur podium, comme à Pompéi. À la place, le decumanus s'élargit pour atteindre 12-14 mètres, et il est délimité comme l'espace piétonnier propre à un forum par des bornes en pierre sur le decumanus et des marches au raccordement avec les Cardines, qui interdisent l'accès des véhicules. La partie du forum dédiée aux activités civiques était séparée de la zone marchande par un grand arc tétrapyle revêtu de marbre et de stuc, et décoré de statues. Cette partie civique était bordée par le Sacellum des Augustales, et son autre extrémité qui n'est pas dégagée menait vers la Basilique et le théâtre. La partie occidentale du forum, réservée au secteur commercial se présente avec une architecture disparate : d'un côté, les entrées de maisons et les boutiques des insulae VI et V s'alignent sans régularité le long d'un trottoir, parfois abritées d'un auvent, de l'autre un portique à colonnes donne son unité à la série de boutiques qu'il abrite. Ces boutiques sont surmontées de deux étages avec des logements en location.

Le théâtre

Le théâtre fut le premier vestige d'Herculanum découvert par hasard en 1709 par le prince d'Elbeuf, qui l'exploita pendant des années comme une carrière de marbres précieux, et en extrait des statues dont deux statues féminines qui furent immédiatement vendues et prirent la direction de Dresde à la cour de Saxe, où elles suscitèrent plus tard l'enthousiasme de Winckelmann par leur «noble simplicité et sereine grandeur».

Les fouilles officielles menées de 1738 à 1777 permirent par de nombreuses galeries en tous sens de connaître l'architecture du théâtre et de récupérer une partie des nombreuses statues qui le décoraient. De nos jours, il n'est que très partiellement dégagé et l'on y accède encore par les tunnels creusés à l'époque des Bourbons. Il n'est pas raccordé au site principal, et comme il se situe dans l'axe du decumanus, on pense qu'il devait être relié au forum.

Les inscriptions que l'on découvrit permirent d'apprendre que l'édifice a été construit ou restauré à l'époque d'Auguste par L. Annius Mammianus Rufus selon les plans de l'architecte P. Numisius[8]. D'un diamètre de 53 mètres, il est structuré en trois séries de gradins en tuf, 4 gradins pour la partie proche de l'orchestre, 16 gradins en 6 secteurs pour la partie médiane, et 3 gradins en haut. Sa capacité est évaluée à deux mille places (2500 selon Maiuri) [22].

Le mur qui fermait la scène était richement décoré de placages de marbre, tous pillés, et sur deux niveaux, de 9 et 6 niches contenant des statues toutes brisées, dont on n'a récupéré qu'un torse d'Hercule. À chaque extrémités de la scène, un piédestal présentait les statues de deux personnalités marquantes d'Herculanum, identifiées par les dédicaces[30] : Nonius Balbus et Appius Claudius Pulcher, peut-être un des consuls de 38 av. J.-C.. Ces deux statues ont été perdues à cause de l'inorganisation des premières fouilles.

Le pourtour arrondi du mur extérieur du théâtre était également orné de statues en bronze plus grandes que nature comme celles de deux notables en toge, M. Calatorius Quartius et L. Mammius Maximus. S'y ajoutaient les statues impériales d'Agrippine la jeune, de Tibère, de Livie. Toutes ces œuvres furent regroupées au musée royal de Portici, puis à Naples.

Statues décorant le théâtre, transférées au Musée de Naples

La Basilique

Statue de la sœur de Nonius Balbus, trouvée dans la basilique
Plan de la basilique dressé au XVIIIe siècle

La Basilique occupe l'angle nord est de l'insula VII non dégagée, desservi par le Cardo III. Quoiqu'elle soit encore ensevelie, elle a été intensivement explorée par des tunnels sous les Bourbons, de 1739 à 1761, ainsi que par quelques petites excavations au début des années 1960.

Un plan a été tracé au XVIIIe siècle à partir des observations de ces explorations souterraines. Le centre du bâtiment reste toutefois inconnu, car non exploré en raison des risques d'effondrement du terrain. Ce qui est repéré est un grand espace rectangulaire long de 40 mètres environ, ouvert sur la rue par cinq portes surmontées d'un portique. L'espace intérieur est divisé par trois alignements de colonnes. Les murs latéraux étaient rythmés par des demi-colonnes, encadrant des niches exposant des statues, dont un certain nombre ont été retrouvées intactes et ont été identifiées par les inscriptions sur leur piédestal. Elles représentaient Marcus Nonius Balbus et les membres de sa famille de son père, de sa mère et de ses filles et quelques statues impériales, Néron et Germanicus. Sous le portique de l'entrée, on récupéra deux autres statues de Nonius Balbus et de son fils.

Le mur du fond avait une exèdre encadrée de deux niches plus petites, où étaient représentés "Thésée et le Minotaure", "Hercule et Télèphe", "le centaure Chiron et Achille". Toutes les parois, du reste, étaient décorées d'une série de peintures. Quelques unes, dont celles précitées, ont été détachées et se trouvent au Musée archéologique de Naples, tandis que les autres se sont irrémédiablement perdues au fil du temps.

L'identification de cet monument a été débattue : on pouvait y voir une palestre, espace ouvert dédié à l'exercice entouré d'une colonnade, ou au contraire une basilique à trois nefs, lieu de réunion couvert, voir un temple du culte impérial. Une inscription dans un autre endroit de la ville honorait Balbus pour avoir restauré la basilique d'Herculanum à ses frais. On en déduisit que la basilique était ce monument que décorait autant de statues de Balbus et de sa famille[22].

L'insula VIl, la maison de Galba

Située le long du Cardo III, l'InsulaVII reste dans sa majeure partie ensevelie sous l'habitat moderne. La maison de Galba est un des deux seuls bâtiments dégagés. Son vestibule, son atrium et les pièces attenantes ne sont pas dégagés. Une entrée secondaire sur le Cardo à côté d'une taverne donne sur un couloir qui dessert à sa gauche une cuisine et sa latrine, puis plusieurs pièces, et accède dans l'angle d'un remarquable péristyle carré. Au milieu de cet espace ouvert se trouve un bassin ornemental en forme de croix grecque. Un grand salon ou exèdre s'ouvre largement face à ce péristyle. Le péristyle est considéré comme une construction préromaine, car il fut construit à l'origine en tuf. Ses colonnes doriques en tuf furent par la suite stuquées, tandis que les espaces entre les colonnes étaient fermés par un podium.

L'insula VI

plan de l'ancienne Herculanum

Le tiers de la superficie de cette insula est occupée par des thermes, le reste se répartit entre plusieurs grandes habitations, la maison à la colonnade toscane, la maison aux deux atria et la maison au salon noir, quelques boutiques dont un thermopolium qui donnent sur le decumanus maximus et le sanctuaire des Augustales, dernière partie de l'insula dégagée dans les années 1970.

Thermes urbains

Repérés par les tunnels des premières explorations qui laissèrent penser à un vaste établissement, ils furent partiellement dégagés dans la période 1869 à 1875, durant laquelle on excava la palestre, flanquée le long du Cardo III d'un bâtiment de plusieurs pièces à la destination indéterminé. Le dégagement complet de l'insula par Amedeo Maiuri amena à constater que ces thermes étaient plus petits que ce que l'on avait supposé. Ils comportent deux sections[22].

Section masculine

Sur le Cardo III, l'entrée s'ouvre dans la façade en opus reticulatum et donne sur un couloir flanqué de latrines publiques, prévues selon la coutume romaine pour un usage collectif. Sur le conduit de vidange, que l’on peut encore voir, était placée une file de sièges en marbre troués, emportée lors des premières fouilles (XVIIIe siècle). Le couloir conduit à la cour intérieure de la palestre, bordée d'un portique sur trois cotés. Au fond, on pénètre dans l’apodyterium ou vestiaire, avec des étagères pour poser les vêtements et une niche destinée à abriter une petite fontaine. La succession régulière des salles thermales est en partie modifiée : le frigidarium est isolé, à gauche du vestiaire. Il est rond, vivement coloré de bleu au niveau de la vasque et de la voûte, décorée d’animaux marins, et de rouge sur les murs où quatre niches sont décorées de jaune aux angles.
À droite du vestiaire, on trouve le tepidarium, avec le sol à double épaisseur assez vallonné, orné d’une mosaïque blanche et noire analogue à celle des thermes féminins, représentant Triton entouré de dauphins, d'un poulpe, d'une seiche et d'un petit amour muni d'un fouet. Suit le caldarium avec son grand bassin d'eau chaude.

Section féminine
Bassin du caldarium

Comme d’habitude la partie des thermes destinée aux femmes est de moindre dimension et moins soignée que la section masculine, même si elle présente à nos yeux l’incomparable avantage d’un meilleur état de conservation. L’entrée actuelle n’est pas celle de l’époque, elle se faisait depuis le Cardo IV, à l'opposé de l'entrée des hommes. Elle ne donnait pas accès à la palestre, car l'exercice physique était une activité uniquement masculine. On pénétrait directement dans les vestiaires ou apodyterium, bien conservés, possèdent une voûte en berceau avec des strigiles (rainures ondulées parallèles) en stuc, un sol en mosaïque blanche et noire représentant Triton avec des dauphins, et de grandes étagères pour y déposer les vêtements.

Le tepidarium présente des caractères analogues ; son sol est décoré d’une bande à motifs géométriques, tandis que le caldarium est reconnaissable à son sol à double épaisseur (suspensura), visible grâce à une ouverture protégée par une grille, à l’intérieur duquel circulait l’air chaud. En plus du grand bassin pour les immersions, la pièce est munie d’un soubassement circulaire destiné à soutenir le labrum pour les ablutions et deux beaux sièges en marbre, l’un en marbre blanc, l’autre en marbre rouge antique.

Sacellum des Augustales

Mur gauche du Sacellum, Tableau d'Hercule, Minerve et Junon
Mur droit du Sacellum, Hercule et Achéloos

C'est le sanctuaire des prêtres du culte impérial, des affranchis regroupés dans le collège des seviri augustales, et le seul édifice dédié à un culte public que l'on connaisse de nos jours à Herculanum. Il possède de magnifiques peintures. Cet édifice est remarquable par l'inscription en marbre où figurent les noms des deux frères, A. Lucius Proculus et A. Lucius Iulianus, ayant financé la construction du lieu et offert le repas le jour de l'ouverture de la salle :

« AVGVSTO SACR(um) A. A. LVCII A. FILII MEN(enia) PROCVLVS ET IULIANVS (de) P(ecunia) S(ua)
DEDICATIONE DECVRIONIBVS ET AVGVSTALIBVS CENAM DEDERVNT »
« A Auguste, A. Proculus et A. Iulianus, fils de A. Lucius, de la tribu Menenia, firent ce lieu sacré de leurs finances
Lors de la dédicace, ils offrirent un repas aux décurions et aux augustales »

Sur le mur extérieur en opus reticulatum et en brique, se trouve l’entrée latérale de ce singulier édifice d’un intérêt particulier puisqu’il s’agit d’un des rares bâtiments d’Herculanum pouvant être qualifié de public et auquel un graffiti à l’intérieur donne le nom de Curia augustana. Ce caractère officiel semble souligné par l’emplacement, sur deux socles encore visibles à côté des colonnes qui bordent l’entrée, des statues de César et d’Auguste, aujourd’hui perdues.

L’intérieur se présente comme une grande salle rectangulaire, au centre de laquelle se dressent quatre colonnes, situées aux angles d’une ouverture quadrangulaire soutenue par un entablement constitué de grandes travées en bois, évidemment carbonisées. Les deux colonnes postérieures ont été englobées dans deux cloisons qui, s’appuyant sur le fond de la salle, ont constitué une petite pièce carrée formant une sorte de chapelle ; au fond de cette pièce, une base était destinée à accueillir la statue d’Auguste, comme l’indique clairement la colonne de laurier peinte sur le mur, ornement typiquement impérial.

Le sol est richement revêtu d'une marqueterie en marbre coloré (Opus sectile). Les murs latéraux sont décorés de fresques du IVe style, avec deux scènes centrales dédiées au héros mythologique qui donna son nom à la ville d'Herculanum et représentant respectivement Hercule dans l'Olympe en compagnie de Minerve et de Junon, et l'affrontement entre Hercule et le dieu fleuve Achéloos pour la main de Déjanire.

La maison à la colonnade toscane

Cette maison (Casa del Colonnato Tuscanico) est antique et aristocratique : elle fut érigée à l'époque samnite en grands blocs de tuf (opus quadratum), et restaurée par la suite. Après le tremblement de terre de 62, elle dut néanmoins perdre un peu de son caractère aristocratique, car deux pièces contigües à la rue furent transformées en boutiques. La maison se distingue par la colonnade toscane de son splendide péristyle, sur laquelle s'ouvrent le triclinium, quelques pièces de réception et les appartements. La décoration des pièces date de deux périodes différentes, du IIIe et du IVe style. On a trouvé dans cette maison une grosse somme en monnaie d'or (environ 1 400 sesterces) caché par le propriétaire, vraisemblablement peu avant d'évacuer la maison.

La maison aux deux atria

Après les thermes sur le Cardo III, on rejoint la maison aux deux atria (Casa a due atri) au plan original, probablement choisi pour tirer le meilleur parti d'un espace disponible rectangulaire mais pas très vaste. La façade de la maison, assez simple, présente une porte avec une architrave en tuf et une corniche en tuiles qui marque extérieurement la séparation en deux étages. Cette porte est ornée par un masque en terre cuite à fonction apotropaïque figurant la Gorgone. Le premier atrium au toit soutenu par quatre colonnes est suivi du tablinium, puis un d'autre atrium et enfin d'une vaste salle, les logements sont disposés le long du côté gauche.

La maison au salon noir

Le salon noir
Péristyle de la maison au salon noir

De l'autre coté du decumanus maximus, entre des boutiques et des ateliers, on pénètre dans une des plus luxueuses demeures d'Herculanum, la maison au salon noir (Casa del Salone Nero) qui conserve encore un des battants en bois de sa porte. Elle doit son nom à une grande pièce décorée de pilastres et de candélabres peints en rouge sur fond noir et qui s'ouvre sur le péristyle.

Son laraire, bien conservé, est en forme de temple miniature, avec des colonnettes surmontées de petits chapiteaux en marbre.

L'insula V

L'insula V est divisée en parcelles plus régulières et plus homogènes que les insulae voisines, dans un découpage qui rassemble les statuts sociaux les plus divers : l'opulente maison du Bicentenaire, ouverte sur le forum, voisine avec des habitations modestes et des boutiques, le raffinement de la luxueuse maison de Neptune et d’Amphitrite et de la maison Samnite contraste avec la modestie de la maison du métier à tisser qu'elles encadrent. Un peu partout, on constate le développement d'un habitat populaire, par l'ajout aux demeures bourgeoises de pièces et d'étages en location.

La maison du Bicentenaire

Maison du Bicentenaire : le plan d'une riche domus
Sol en opus sectile

Découverte en 1938, soit deux siècles après le début des fouilles archéologiques à Herculanum, cette maison (Casa del Bicentenario) est l'une des plus somptueuses et des plus grandes maisons du quartier. Elle s'ouvre sur le decumanus maximus entre plusieurs boutiques et, longue d'une quarantaine de mètres, elle s'enfonce au cœur de l'insula entre des maisons très modestes, comme la maison de la Belle Cour.

Son plan suit le modèle de la domus classique : le couloir d'entrée matérialise l'axe central, l'atrium est vaste et carré avec son toit en compluvium et un impluvium de marbre entouré d'un sol en mosaïque noire et blanche ; les pièces (cubiculae) et les ailes (alae) sont réparties à gauche et à droite de l'atrium ; au fond le tablinium est richement décoré avec un sol en mosaïque blanche et noire entourant un rectangle central en opus sectile et des peintures du IVe style. Au-dessus d'une plinthe noire aux motifs végétaux, la paroi à fond rouge montre des tableaux de Dédale et Pasiphaé d'une part, Vénus et Mars de l'autre, et des médaillons de Satyres, de Bacchantes et de Silènes ; la frise supérieure combine des Amours chasseurs sur fond noir et des éléments d'architecture en trompe-l'œil. Au fond de l'atrium, un couloir mène à des salons (œcus) et à un petit jardin intérieur entouré d'une colonnade sur deux cotés et un escalier dessert un étage supérieur plus modeste, divisé en plusieurs appartements devant servir à la location. L'un d'eux est visible depuis la rue, suite à la disparition de sa façade[17].

Dans une des pièces de l'étage a été retrouvée une marque particulière sur un mur, empreinte d'un objet disparu : dans le centre d'un rectangle plus clair de l'enduit du mur, on distingue la gravure d'un tracé cruciforme de plusieurs centimètres de large, entouré de marques de trous de fixation sensiblement alignés en deux colonnes verticales. Une petite armoire en bois a été trouvée dans la même pièce. Leur interprétation comme support d'une croix chrétienne de bois incrustée dans le mur, dissimulable par deux volets latéraux, et comme petit autel ou prie-Dieu, indices les plus précoces de présence du christianisme en Campanie, est l'objet de nombreuses polémiques[7].

La maison de la Belle cour

La cour, l'escalier et la galerie

La maison de la Belle cour (Casa del Bel Cortile), articulée sur deux niveaux et avec une disposition des pièces insolite : on entre par une grande pièce basse de plafond qui joue le rôle de vestibule. À sa droite, trois petites pièces rustiques, tandis qu'au fond on accède à la cour intérieure qui remplace l'atrium et éclaire les pièces du rez-de-chaussée et de l'étage. Là un escalier extérieur en maçonnerie avec un garde-corps et une galerie, qui rappelle l'architecture italienne du Moyen Âge, mène à l'étage supérieur et aux logements, mis en communication l'un avec l'autre par la galerie et un balcon de bois en saillie sur la façade. Cette disposition qui rompt avec le plan de la domus classique permettait de loger plusieurs familles.

La maison de Neptune et d’Amphitrite et sa boutique

Vestiges des étagères en bois carbonisé de la taverne

La maison de Neptune et d’Amphitrite ( casa di Nettuno e Anfitrite ) communique avec une vaste boutique de denrées alimentaires qui s'ouvre sur le Cardo, et qui se situe sur la même parcelle de terrain. On suppose donc que le propriétaire de la maison était un commerçant qui possédait aussi cette taverne. Cet établissement n'est pas le seul de ce type que l'on ait découvert à Herculanum, mais c'est le plus spectaculaire : le comptoir et le mobilier en bois sont exceptionnellement bien conservés, avec des amphores alignées sur leurs étagères (elles ne proviennent toutefois pas de cet espace commercial). Cette boutique exerçait comme traiteur vendant des plats cuisinés et comme restaurant où l'on mangeait sur le pouce des mets préparés sur l'une des deux tables de cuisson.

La répartition des pièces de la maison proprement dite est simple. De l'atrium central on accède au tablinium, et par un couloir qui longe le tablinium, au triclinium d'été. Au-dessus du laraire situé dans l’angle de l’atrium furent retrouvés deux tableaux monochromes sur marbre, exposés au musée archéologique de Naples. Une statuette de Jupiter également trouvée dans l'atrium confirme l'intérêt artistique du propriétaire.

Triclinium d'été décoré d'un nymphée et de mosaïques

La pièce la plus remarquable est le triclinium d'été, installé dans une petite cour au fond de la maison. La banquette destinée aux convives est en maçonnerie en forme de U, revêtue de marbre, et s'appuie sur deux murs dotés de magnifiques mosaïques murales, décoration mise à la mode sous les Julio-Claudiens et plus particulièrement Néron, et dont nous avons ici un très bel exemple. Au fond du triclinium se trouve un nymphée (fontaine décorative), avec une grande niche centrale en abside, encadrée de deux niches rectangulaires plus petites, toutes revêtues de mosaïques en pâte de verre coloré et encadrées de coquilles et de mousse de lave. Des rinceaux de vigne issus de vases ronds dessinent leurs volutes sur les panneaux bleus qui entourent les niches. Au-dessus des petites niches, deux scènes de chasses sur fond bleu outremer montrent des chiens qui poursuivent des cerfs. Festons, fruits et guirlandes de feuillage surmontent ces tableaux. L'architrave qui couronne l'ensemble a perdu sa mosaïque, mais est encore couronné de trois masques de théâtre. Le mur perpendiculaire au nymphée est décoré d’un beau panneau en mosaïque, représentant les noces de Neptune et d'Amphitrite, qui a donné son nom à la maison. Ce panneau est entouré d'une décoration foisonnante et colorée, figurant une voûte en trompe-l'œil et des pilastres soutenant une frise.

Les chambres de l'étage supérieur dont l'intérieur est visible de la rue par suite de l'écroulement partiel de la façade, conservent une partie de leurs peintures murales et de leur mobilier.

La maison du mobilier carbonisé

Cette demeure élégante quoique de dimension modeste, dite Casa del Mobilio Carbonizzato fut bâtie à l'époque pré-romaine, comme en témoigne un atrium haut et ouvert d'un coté par une galerie en dessous du toit comme dans la maison samnite un peu plus loin. Elle fut entièrement décorée de peintures du IIIe et IVe style à l'époque de Claude. L'imposante entrée introduit à un couloir et sur sa droite au triclinium, dont tous les murs sont peints en IVe style : de fines architectures où s'insèrent des tableaux réalistes d'un coq et d'une nature morte. Au fond de l'atrium s'ouvrent deux pièces : le tablinium et une chambre dont la fenêtre donne sur la cour. De cette cour centrale une petite salle prend la lumière par trois fenêtres ; on peut y voir un mobilier que la gangue volcanique a carbonisé mais aussi conservé : un canapé ou un lit de triclinium et un guéridon en bois à trois pieds galbés, ainsi que de la vaisselle en terre cuite et en verre. La cour qui pouvait aussi faire fonction de petit jardin, avec une plate-bande centrale et quelques plantes, servait à recueillir les eaux de pluie, conservée dans une citerne. Au fond un laraire orné de stuc et de peintures, en forme de temple avec un gracieux tympan entre deux petites colonnes.

La maison du métier à tisser

Également dénommée la maison du tailleur (Casa del Telaio), la maison suivante sur le Cardo IV est une demeure modeste d'artisans qui y vivaient et y travaillaient : on a retrouvé dans une des pièces un métier à tisser. Sur la façade, une avancée de toit surplombe le trottoir et protégeait les passants des intempéries. À l'intérieur, les pièces sont rustiques, l'atrium, sombre pièce de réception des maisons patriciennes, est remplacé par une cour intérieure entourée d'un portique aux colonnes de briques, forme plus ouverte qui offre une lumière propice au travail.

La maison Samnite

La maison samnite fait l'angle de l'insula V. Elle évoque l'architecture pré-romaine de la ville. La dénomination de Samnite vient de son mode de construction en gros blocs rectangulaires de tuf (opus quadratum), appareil d'usage antérieur à la colonisation romaine et correspondant à la période de présence samnite. Celui-ci est notamment visible dans les blocs constituant l'encadrement de l'entrée de la maison sur le Cardo IV[31]. Le couloir d'entrée témoigne également de l'ancienneté de la maison : c'est un des derniers exemples de décoration du Ier style, avec ses imitations de plaques de marbre en stuc peint. L'atrium, très haut, montre des formes remarquables : son impluvium revêtu de marbre clair, son sol revêtu de noir moucheté de blanc, ses murs peints en noir, et, dans la partie au niveau de l'étage, une galerie aux colonnes ioniques reliées par des balustrades en croisillon. Un coté de cette galerie est entièrement ouvert sur l'extérieur et procure une large source de lumière indirecte pour l'intérieur. La fine décoration des pièces du rez-de-chaussée témoigne du caractère aisé de la maison, comme une petite salle décorée d'un petit tableau de l'Enlèvement de Proserpine sur une paroi au fond vert.

Comme d'autres maisons de l'insula, la maison samnite subit des transformations qui réduisirent l'espace autrefois réservé à une seule famille : le jardin fut rattaché à la maison voisine, dite maison du Grand portail. L'étage supérieur qui est en surplomb sur la rue fut transformé en petits logements indépendants accessibles depuis la rue par un raide escalier de bois[17].

La maison du Grand Portail

Le grand portail

Depuis le decumanus minor, on pénètre dans la maison du Grand Portail (Casa del Gran Portale) par son élégante entrée flanquée de deux colonnes de briques autrefois stuquées et peintes en rouge, surmontée de chapiteaux corinthiens en pierre, avec des figures de Victoires ailées. Au-dessus des chapiteaux, l'architrave en briques est surmontée d'une corniche dentelée. À l'intérieur, la disposition des pièces est inhabituelle : l'atrium manque, et les diverses chambres s'ouvrent sur un vestibule étiré en longueur, et communiquent avec une courette dont elles tirent leur éclairage. Les murs des chambres sont couverts de peintures du Ive style, parmi lesquels un tableau dionysiaque sur la paroi au fond du triclinium. Au fond du vestibule on remarque une paroi aux élégantes architectures peintes sur fond noir, encadrant un tableautin gracieux avec des papillons et des oiseaux qui picorent des cerises. Dans le même édifice, une boutique ouverte sur le decumanus minor, entièrement indépendante du reste de la maison était probablement concédée en location.

La maison de l'édicule de bois

Sur le Cardo V, la maison de l'édicule de bois (Casa del Sacello di legno), est une demeure ancienne et bourgeoise, malgré ses dimensions réduites. Elle conserve des fragments de décorations du Ier et du IIIe style, et doit son nom à un autel domestique (sacellum) en bois en forme de temple miniature in antis sous une armoire, trouvé dans une pièce à droite de l'entrée.

La maison de l'atrium corinthien

L'atrium corinthien et son bassin

La maison de l'atrium corinthien (Casa dell'Atrio Corinzio), de petite dimension mais bourgeoise, offre des aspects originaux : sa façade sur la rue est agrémentée d'un portique, ainsi que les maisons voisines. Son atrium à la romaine est remplacé par une cour-jardin à péristyle plus typique des maisons grecques : l'ouverture du toit est rectangulaire, beaucoup plus ample que celles des atriums des autres maisons, et repose sur six colonnes revêtues de stuc. L'impluvium destiné habituellement à recueillir les eaux de pluie est remplacé par un bassin d'agrément, long et étroit, élargi en son milieu par un carré où se dressait une fontaine. Les pièces sont décorées de fresques murales et dallées de mosaïques.

L'insula orientalis II – La Grande Palestre

Meules de la boulangerie
Portique de la Palestre et en-dessus et au fond, la galerie accessible depuis le decumanus

Depuis le Decumanus Maximus et le long du Cardo V' se trouve l'Insula Orientalis II, remarquable témoin de l'innovation architecturale entamée au Ier siècle à Herculanum, que l'on retrouvera plus tard à Ostie, et qui marque l'abandon de la forme traditionnelle de la maison à atrium. Toute l'insula est constituée par un corps de bâtiment unique de plus de 80 mètres de long édifié à la même période en opus reticulatum, avec des boutiques et des maisons de rapport à plusieurs étages, qui s'ouvrent sur le Cardo V. La plus remarquable est une boulangerie (Pistrinum) avec son four et dans une courette deux meules en pierre, qui étaient actionnés par un âne dont on a retrouvé les ossements. À la série de boutiques s'ajoutent une étable, deux latrines et au-dessus des logements élégamment décorés.

À l'étage de la boutique 5, on a retrouvé en 1936 la trace d'une dévotion populaire à la déesse égyptienne Isis : une statuette de 29 cm de haut en terre cuite rouge figurant Isis allaitant Harpocrate. D'après son style, elle est datée de la fin du Ier siècle av. J.-C., ou du début du Ier siècle. Elle est exposée à l'Antiquarium d'Herculanum sous le numéro d'inventaire 1446[32].

Toute la partie orientale de l'insula est occupée par une grande Palestre, partiellement dégagée. Elle avait une entrée monumentale dans l'axe du decumanus inférieur dont elle interrompt le tracé, reporté plus bas par une ruelle. En son centre un grand espace ouvert, doté d'une piscine cruciforme de 35 mètres de long avec des bras plus courts, alimentée par une magnifique fontaine en bronze en forme d'un tronc d'arbre entouré de serpent à 5 têtes. L'espace découvert est entouré sur trois cotés par un portique à colonnes où s'ouvrent diverses pièces d'usage indéterminé dont une grande salle en abside. Sur le dernier coté, un cryptoportique supporte une galerie couverte accessible depuis le decumanus maximus. Cette galerie pouvait donc accueillir des spectateurs lors des exercices ou des jeux qui se déroulaient sur la Palestre en contrebas[7].

Insula II

Thermopolium de l'Insula II, face au decumanus

Cette insula n'est qu'en partie dégagée, jusqu'à la limite de la moderne via Mare qui la surplombe. Bornée par le decumanus mineur et le Cardo III, et proche de l'ancien rivage, elle comporte plusieurs belles demeures. La plus proche du rivage est la maison d'Aristide, bâtie sur la crête du promontoire antique. En remontant le Cardo III, on trouve ensuite la maison d'Argus, puis la maison du Génie, et enfin un thermopolium au carrefour, avec un comptoir en forme de U.

La maison d'Argus

Maison d'Argus, le jardin et son péristyle

La maison d'Argus (Casa d'Argo) doit son nom à un tableau mythologique, Io gardée par Argus, peint sur un des murs de la grande salle qui s'ovre sur le péristyle, mais totalement effacée de nos jours. Ce devait être une belle et riche demeure, qui abandonne le plan traditionnel (elle n'a pas d'atrium), pour privilégier un grand jardin entouré sur trois cotés d'un péristyle à colonnes et à pilastres[7].

La maison du Génie

La maison du Génie (Casa del Genio) reste en partie enfouie, mais la partie visible limitée à une entrée secondaire sur le Cardo III, quelques pièces et une partie du péristyle témoigne de sa richesse. L'appellation de la maison vient d'une statuette en marbre d'un Amour ou d'un Génie, qui décorait un candélabre[7]. Au centre d'un jardin soigné on voit encore la vasque d'une fontaine, en forme de rectangle allongé avec deux absides sur les petits cotés.

Insula III

L'insula III fut dégagée en deux temps : les travaux de la période 1828-1835 dégagèrent le Cardo III et partiellement les bâtiments adjacents sur une profondeur de six à huit mètres. Suivit une longue période d'abandon du site et il fallut attendre la reprise des travaux archéologiques en 1927 pour que l'insula soit mise à jour dans son intégralité.

La maison du squelette

Maison du Squelette

Sur le Cardo III, cette habitation où les premiers chercheurs de 1831 trouvèrent à l'étage des restes humains reçut de ce fait le nom de maison du squelette (Casa dello Scheletro). Cette maison présentait un atrium à la forme très particulière dit en tortue (atrium testudinatum) au toit entièrement fermé et dépourvu de bassin d'impluvium au sol, tandis que des fenêtres murales en-dessous du toit procuraient lumière et aération. Malheureusement, les fouilleurs du XVIII siècle ne prirent aucune mesure de consolidation, laissant s'écrouler cet atrium unique : il ne reste de cette construction à l'origine à deux étages que le rez-de-chaussée[22].

La maison est exigüe, dépourvue de jardin ou de péristyle, mais décorée avec soin et luxe. Son triclinium est pourvu d'un élégant nymphée. Dans une courette qui donne air et lumière à une grande pièce avec abside se trouve un autre nymphée avec un sacellum finement décoré de mosaïques en perles de verre.

La maison à la cloison de bois

L'impluvium de la maison à la cloison de bois

La maison à la cloison de bois (Casa del tramezzo di legno), remonte à l'époque samnite, mais a été quelque peu transformée à l'époque d'Auguste. La façade blanche est particulièrement intéressante, elle présente deux étages dans un excellent état de conservation, et un grand portail entouré de blocs de tuf, entre des petites fenêtres qui nous rappellent que dans les maisons romaines, lumière et air provenaient surtout des cours intérieures. Cette maison était à l'origine et selon A. Mauri une élégante demeure aristocratique, qui occupait toute la largeur de l'insula, d'un cardo à l'autre. Elle fut divisée au milieu du Ier siècle en appartements de location pour plusieurs familles, qui pouvaient aussi profiter des espaces communs. Pour réaliser cette transformation, il fallut construire un étage au-dessus de l'atrium, tandis que les chambres contigües au Cardo III et au decumanus minor furent transformées en boutiques. Dans l'un de ces boutiques, on récupéra et on restaura une presse en bois, carbonisée mais complète avec ses hauts montants et sa vis de serrage. On suppose qu'un artisan l'employait pour le pressage des étoffes[22].

L'atrium toscan, très spacieux, garde en son centre le traditionnel impluvium destiné à recueillir les eaux de pluie. On conserve dans l'atrium une table de trouvée à l'étage, formée d'une mince tablette de marbre clair supportée par un pied en colonne décoré d'une statuette de la divinité phrygienne Attis. Dans les vitrines disposées dans l'atrium sont exposés les objets trouvés dans la maison, dont des légumes secs. Autour de l'atrium sont distribuées plusieurs chambres à coucher (cubicula). Dans l’une d’elles a été retrouvé un lit en bois carbonisé. Une chambre située à droite du couloir garde un pavement en mosaïque géométrique noire et blanche.

La cloison de bois, vue depuis l'atrium

La maison doit son nom à la grande cloison de bois ornée de clous en bronze qui sépare l'atrium du tablinium ; quoique carbonisée, elle a conservé sa forme aux deux tiers : il ne manque qu'une des trois portes à deux battants. Ce devait être un élément de mobilier relativement courant dans les maisons romaines, mais la facilité avec laquelle ce meuble pouvait finir comme bois d'œuvre ou de chauffage rend exceptionnelle cette découverte.

Le tablinum, décoré de belles fresques sur fond rouge, servait de pièce de passage menant au jardin, entouré sur trois côtés d’un péristyle avec piliers et demi-colonnes, tandis que le quatrième côté était fermé par un mur orné de fresques de vues de jardin, surmonté d’une galerie très suggestive. Plusieurs pièces donnent sur le jardin : à droite une salle de passage conduit à la zone de service où nous trouvons, l’une à côté des autres, la cuisine et les latrines. Cette salle communique aussi avec la boutique donnant sur le Cardo III où sont visibles deux dolia destinées à la conservation des denrées.

La maison en opus craticium

Façade de la maison en opus graticium

La maison en opus craticium (Casa a Graticcio) est un édifice de type populaire remarquable par sa technique construction, l' opus craticium, dont c'est l'exemple le mieux conservé qui nous soit parvenu depuis l'Antiquité : Entre des piliers formés de lits de pierre et de briques alternés qui montent sur les deux niveaux de la maison, la trame des murs est constituée d'un colombage en bois, rempli par un treillis de bois et de roseaux noyé dans la maçonnerie en opus incertum. Ces parois sont ensuite enduites et peintes. Cette méthode économique et rapide à réaliser semble attestée pour la construction de boutiques mais devait être assez répandue pour les maisons des couches plus populaires. On en trouve un autre exemple à l'étage de la maison qui fait l'angle du Cardo V et du Decumanus maximus.

La façade sur le Cardo IV est précédée d'un portique qui soutient une loggia. La disposition des locaux laisse supposer que plusieurs familles cohabitaient ici. En effet, le rez-de-chaussée et la petite boutique attenante et l'étage supérieur constituent deux appartements indépendants[33]. Le couloir d'entrée mène, non à un atrium, mais à une petite cour à ciel ouvert qui donne sa lumière aux appartements des deux niveaux. Cette cour contient aussi un puits commun. Les chambres du premier appartement qui sont à l'étage supérieur sont intéressantes par le modeste mobilier encore en place : le châssis de bois des lits, une armoire avec de la vaisselle et quelques autres objets, les statuettes des Lares, qui nous rendent proches les personnes qui habitèrent ici. La maison comprenait un autre appartement indépendant, accessible par un escalier dans la cour et chichement éclairé, à l'exception de la chambre en façade, où se trouvaient un lit à deux place (biclinium) et un petit laraire domestique.

l'Hermès de bronze

La maison de l'hermès de bronze

Donnant sur le Cardo IV, la maison de l'hermès de bronze (Casa dell'erma di bronzo) peut être considérée comme un exemple de maison samnite, par l'emploi de gros blocs de tuf dans les montants de portes et le bassin de l'impluvium. Dans le tablinium était exposé un hermès, c'est-à-dire une statue en buste, aux traits vigoureux mais de facture un peu grossière, qui pourrait être un portrait du propriétaire[7]. À droite du tablinium un escalier conduisait aux chambres à l'étage supérieur.

La maison de l'auberge

Maison de l'auberge, péristyle entourant le jardin

La maison de l'Auberge (Casa dell'Albergo), est ainsi nommée pour sa proximité d'une entrée de la ville et sa dimension considérable, puisqu'elle s'étendait sur plus de la moitié de la surface de l'Insula III, entre les Cardo III et IV et sur le promontoire qui dominait le rivage. En réalité, c'était une riche et élégante demeure privée. Malheureusement, elle nous est parvenue dans un mauvais état de conservation, causé par le torrent de boue volcanique qui l'a balayée et par les tunnels creusés par les premiers fouilleurs.

Édifiée au premier siècle et remaniée par la suite, la maison montre un niveau de luxe inégalé dans Herculanum : elle comprend de nombreuses pièces autour de son atrium ; elle dispose d'un bain privé, cas unique à Herculanum, décoré de fresques du IIe style ; elle enclot dans un péristyle un grand jardin, situé à un niveau inférieur à celui du portique. Les restes d'un arbre carbonisé ont été identifiés comme un poirier, ce jardin intérieur devait donc être un verger, qui est reconstitué de nos jours. Enfin sur l'avancée du promontoire, un vaste belvédère entourée de colonnes offrait un panorama splendide sur la mer. Pour aménager une terrasse pour ce belvédère, les constructeurs compensèrent la pente du promontoire en aménageant sous la terrasse des locaux en partie enterrés.

D'après certaines transformations en cours dans la maison, il semblerait que, endommagée par le tremblement de terre de 62, elle ait été vendue à un nouveau propriétaire, qui la transformait en immeuble commercial avec des boutiques et des ateliers[7].

Insula IV

Cette insula borde la terrasse des remparts, ce qui offre une vue sur la mer pour les deux vastes demeures, maison des Cerfs et maison de l'atrium en mosaïque qui occupent plus de la moitié de l'ilot. Une demi-douzaine de maisons plus modestes se partagent le reste de l'ilot, telles la Maison de l'alcôve, la maison de l'Étoffe et la Maison du Foulon. Aux angles de l'insula, chaque carrefour avec un Cardo et le decumanus minor possède son thermopolium, reconnaissable par son comptoir de maçonnerie en forme de L.

Sur le Cardo V, la maison de l'Étoffe (Casa della Stoffa), était l'atelier et la demeure d'une famille d'artisans et de marchands de tissus, comme en témoigne les nombreuses pièces de tissus trouvés dans une petite pièce du rez-de-chaussée.

La maison du Foulon (Casa della Fullonica) est ainsi identifiée grâce aux cuves de trempage qui s'y trouvent, elle servait d'atelier et de demeure à une famille de foulons, artisans spécialisés dans la finition des tissus. Le travail du foulon est connu par les fresques dans un atelier similaire de Pompéi, la Fullonica di Stephano, et consistait à faire tremper et à piétiner les étoffes (foulage) dans les cuves, pour les rétrécir et les feutrer, ce qui avait pour effet de resserrer la trame et de donner moelleux et imperméabilité aux tissus. La teinture et le nettoyage des vêtements faisaient aussi partie de l'activité des foulons.

La maison de l'alcôve (Casa dell'Alcova) est contiguë de la maison du Foulon. Elle est formée par la réunion de deux habitations, la première comportant des pièces modestes, tandis que l'autre était une demeure aisée, richement décorée. L'atrium est couvert et conserve son pavement en opus tessellatum et en opus sectile. Il s'ouvre sur un biclinium aux peintures du IVe style et sur un grand triclinium dallé de marbre à l'origine. Un couloir mène aux autres pièces, dont une alcôve en abside, qui reçoivent la lumière du jour par une petite cour.

La maison de l'atrium en mosaïque

La terrasse en front de mer, avec au fond les deux belvédères et le grand salon de la maison de l'atrium de mosaïque

La maison de l'atrium en mosaïque (Casa dell'atrio a mosaico) est une maison patricienne, voisine de la précédente. On y pénètre par le Cardo IV, et l'on débouche sur un vaste atrium au pavement en mosaïque très bien conservé, malgré l'ondulation de sa surface causée par le poids de la boue volcanique. Le visiteur se trouve alors face à un tablinium plus vaste que la tradition car divisé en trois nefs par deux colonnades, pièce où le maître de maison recevait ses clients et traitait ses affaires. Ces pièces de réception et de travail, atrium et tablinium, occupent à eux seuls une surface de terrain qui correspond à la parcelle d'une habitation courante. Il est probable que des réaménagements ont agrandi l'atrium et le tablinium d'origine, et que les appartements privés furent reportés lors d'une extension de cette propriété sur la ou les parcelles voisines.

À droite de l'atrium, une porte et quelques marches permettent de descendre dans un péristyle dit à fenêtres, car ses entrecolonnements sont fermés par un mur avec des baies dont certaines boiseries carbonisées ont subsisté. Ce péristyle entoure un jardin intérieur et dessert deux blocs de bâtiments : sur un grand coté quatre chambres se répartissent symétriquement de part et d'autre d'une exèdre, décorée de fresques dont les motifs architecturaux encadrent de petits tableaux à thème mythologique teinté d'érotisme : Diane au bain, et le Supplice de Dirce, trainée par un taureau furieux. Le second ensemble de bâtiments forme le fond du péristyle ; il groupe plusieurs chambres autour d'une grande salle centrale de réception, ouverte d'un coté sur le péristyle et de l'autre sur une terrasse qui domine les anciens remparts, face à la mer. Deux petits belvédères sur la terrasse complètent un aménagement conçu pour jouir du panorama sur la baie.

La maison des Cerfs

Vue sur le triclinium depuis le jardin. Sculptures : au premier plan, les Cerfs assaillis par les chiens; au centre guéridon ; au fond à gauche, Satyre portant une outre, à droite, Hercule ivre et pissant
Maison des Cerfs, masque tragique

La maison des Cerfs ( Casa dei Cervi ) fait partie du groupe des maisons dites « panoramiques », construites de façon à profiter au maximum du splendide panorama du golfe. Construite à l'époque de Claude et Néron, elle suit un plan qui rompt avec l'architecture fermée et centrée autour de l'atrium de la maison traditionnelle : elle s'ordonne autour d'un jardin, en deux zones : celle de l'entrée avec l'atrium et un triclinium, et celle du triclinium d'été et de la terrasse panoramique, mises en relation par un grand portique autour du jardin. Le positionnement des triclinia dans l'axe du jardin matérialise la symétrie recherchée par l'architecture romaine. On entre par le Cardo V. Le couloir d'entrée mène dans un atrium de modeste dimension et dépourvu d'ouverture de toit (compluvium) et du bassin de recueil des eaux (impluvium). Il est suivi d'un grand triclinium aux parois décorées de grands panneaux noirs encadrés de fines architectures rouges du IIIe style et pavé d'un dallage de différentes sortes de marbre. Toujours dans cette partie de bâtiment se trouvent deux petites salles, dont une est finement décorée de peinture du IVe style sur fond rouge. Une antichambre mène à la cuisine et à une latrine.

Le vaste portique n'a pas de colonnes mais est constitué de quatre sections d'un corridor couvert et fenêtré, entourant en son centre le jardin, un grand triclinium et deux salons. Le quadriportique était décoré de façon varié avec de plus de soixante tableaux de paysages et d'amours, dont un grand nombre ont été détachés au XVIIIe siècle et se trouvent au musée national de Naples. Le jardin était agrémenté de sculptures et de tables en marbre, qui ont été à l'époque moderne exposées dans diverses pièces, puis remises dans le jardin. Là on peut admirer les deux célèbres groupes en marbre figurant des Cerfs assaillis par des chiens, une statue en marbre d'un satyre portant une outre sur l'épaule, et enfin une statue d'Hercule ivre, selon l'anecdote de sa rencontre avec Bacchus.

Le vaste portail qui menait du portique au jardin était décoré de mosaïques : au centre du fronton on voit encore la figuration de l'Océan, symbolisé par une grande tête barbue ; sur l'architrave se déroule une frise d'amours chevauchant des hippocampes. Le grand triclinium d'été s'ouvre sur le jardin, il conserve une petite partie de sa décoration somptueuse, et est flanqué de deux salles de repos spacieuses. La magnifique loggia panoramique comprenait au centre une pergola dont le toit repose sur quatre piliers et deux chambres sur les cotés. Devant, une grande terrasse découverte sert de solarium au-dessus des anciens remparts.

Insula orientalis I

Borné par le Cardo V qui descend vers la porte Marine, par une ruelle perpendiculaire au Cardo d'un coté et par le tracé des remparts de l'autre, placé sur une surface en déclivité, cet ilot est le plus ramassé et le moins régulier de ceux que l'on connait. Comme dans les autres parcelles qui dominaient la mer, une somptueuse demeure occupe la majeure partie de l'emplacement, savamment agencée pour profiter de la vue sur la baie.

Maison du relief de Télèphe

Atrium, oscilla pendus entre les colonnes
Le bas-relief de Thélèphe

La maison du relief de Télèphe (Casa del Rilievo di Telefo) est une de plus belles habitations de la partie méridionale de la cité, malgré les nombreuses irrégularités de son plan, dues à la nature du terrain sur laquelle elle est édifiée. Le décor peint de cette maison date de la période flavienne. En traversant un ample vestibule, on entre dans l'atrium, de forme assez originale, voisine du modèle typique de l'architecture privée du monde grec : il est divisé en trois nefs par deux séries de colonnes, et dans les entrecolonnements sont pendus des oscilla de marbre représentant des masques de théâtre et des figures de satyres. L'atmosphère suggestive de l'habitation est accrue par la couleur rouge vif des colonnes et des murs. Au fond de l'atrium s'ouvre le tablinium ; sur la gauche, tandis que deux petites portes conduisent au quartier domestique, doté d'une étable (stabulum) au plafond bas. La partie restante de la maison suit une orientation différente et se trouve sur un niveau plus bas. On la rejoint par un couloir en descente raide situé sur le coté du tablinium. Un grand péristyle avec des colonnes en briques entoure un jardin spacieux, qui conserve encore en son centre une vasque rectangulaire et sur lequel s'ouvrent trois pièces de réception, richement décorées de marbre. Par un autre couloir on rejoint une terrasse panoramique, sur laquelle s'ouvrent d'autres pièces, dont une luxueusement décorée de marbre polychrome. Dans une petite pièce voisine, on trouva le bas-relief néo attique du mythe de Télèphe, un fils d'Hercule, qui a donné son nom à la maison[34].

Maison de la gemme

La maison de la gemme (Casa della Gemma) doit son nom au joyau d'époque claudienne qu'on y découvrit. L'atrium de type toscan a des murs peints en noir et en rouge et est séparé du tablinium par des colonnes médiantes; du tablinium on accède à une chambre à coucher et à un grand balcon autrefois fermé de fenêtres. Depuis le fond de l'atrium, on rejoint par un vestibule et un couloir les pièces ouvertes sur la terrasse panoramique : la grande salle servant de triclinium conserve encore au sol sa fine décoration au dessin géométrique. Par un couloir étroit à la droite de l'entrée on atteint la cuisine et une latrine. On y a trouvé un graffiti qui rappelle avec effronterie le passage du médecin de l'empereur Titus : Apollinaris medicus Titi imp(eratoris) hic cacavit bene[35].

Les constructions extra-muros

La porte marine et l'Aire sacrée

L'aire sacrée, entre les remparts et l'ancien front de mer
La statue de Nonius Balbus (copie)

Le Cardo V descend vers le rempart, et débouche sur la Porte Marine. Accolée au rempart, une rampe mène à une terrasse aménagée sur les hangars qui bordaient le rivage. Là sur une esplanade en marbre se dresse la statue d'un des plus influents citoyens d'Herculanum, Nonius Balbus, érigée par ses concitoyens après sa mort. De là, partait chaque année une procession en son honneur[15]. L'emplacement fut identifié en 1939 par la base de la statue avec son inscription honoraire. La tête a été retrouvée en 1942 par Amedeo Maiuri, et une partie du corps en cuirasse d'apparat en 1981. Le reste du corps est probablement encore pris dans les sédiments volcaniques. Après un long travail préparatoire sur les moulages en résine des fragments, ceux-ci ont été réassemblés. La statue ainsi rénovée a rejoint les collections du musée tandis qu'une copie est exposée à sa place originelle.[36]

L'esplanade de Nonius est encadrée d'un coté par les Thermes suburbains, de l'autre par une seconde terrasse, dite l'Aire sacrée (Area Sacra). Cette aire comporte plusieurs bâtiments, l'un d'eux est une petite chapelle (sacellum) où l'on a trouvé des autels dédiés à quatre divinités.

Thermes suburbains

Les thermes suburbains n'avaient pas, comme c'était l'usage, une section pour les hommes et une pour les femmes. L'espace réduit entre les remparts et le rivage ne permettait pas un tel développement, pas plus que la présence d'une palestre. Ces thermes étaient probablement réservés aux hommes ou servait alternativement aux deux sexes.

Sur l'esplanade de Nonius s'ouvre l'entrée principale des Terme Suburbane, constituée d'un portail dont les colonnes soutiennent un tympan triangulaire. Quelques marches mènent dans un vestibule éclairé comme un puits par une lucarne au-dessus d'une structure de quatre colonnes à fût lisse sur lesquelles reposent des petits arcs en plein cintre. Dans ce vestibule, on peut admirer le beau et mélancolique buste en marbre d'Apollon, soutenu par un pilastre d'où jaillissait l'eau que recueillait une vasque ronde placé sur un pilier. De ce vestibule on accède aux diverses parties, toutes parfaitement conservées. Une salle unique, en grande partie occupée par la piscine, faisait fonction soit d'apodyterium (vestiaire) soit de frigidarium. Entre le tepidarium et le frigidarium se trouve une pièce élégamment décorée de stucs et de marbres et dotée de sièges de marbre disposés le long des murs : ce pouvait être une sorte de salle d'attente.

La villa des Papyrus

Article détaillé : Villa des Papyri.
Plan de la villa des Papyrus, dressé au XVIIIe siècle par Charles Weber

Cette grande villa suburbaine fut découverte de façon fortuite en 1750 lors du creusement d'un puits. Elle se situait à quelque distance de l'Herculanum antique, dont elle était séparée par le lit d'un ancien ruisseau. Explorée laborieusement par des galeries souterraines, elle révèle rapidement des trésors artistiques : des séries de statues et de bustes magnifiques en bronze et en marbre en sont extraites, et en 1753 on découvre une bibliothèque contenant quelques 1 800 rouleaux de papyrus carbonisés.

Malgré le grand intérêt du site, les explorations furent abandonnées en 1761 en raison de l'accumulation dangereuse dans les galeries de gaz carbonique d'origine volcanique[22]. La reprise de fouilles, à ciel ouvert cette fois, a été organisée dans les années 1996-1998.

Cette villa a été reconnue comme étant la résidence secondaire au bord de mer de Lucius Calpurnius Piso Caesoninus, beau-père de Jules César. Piso, érudit qui a patronné des poètes et des philosophes, y constitua une bibliothèque, la seule à être restée intacte depuis l’Antiquité. Les rouleaux de papyrus sont conservés à la Bibliothèque nationale de Naples. Les rouleaux carbonisés sont particulièrement fragiles, mais certains ont pu être déroulés, avec des degrés variables de succès et des destructions. Ce qui a été déchiffré sont des traités philosophiques d'un auteur épicurien, Philodème. Une lecture assistée par ordinateur dans la gamme des infrarouges, fournit un contraste qui permet de rendre l’encre lisible[26].

Un projet actuel permettrait de lire les rouleaux non-déroulés à l’aide de rayons X. Ces mêmes techniques pourraient être appliquées aux rouleaux qui n’ont pas été encore excavés, permettant de les lire en diminuant les risques liés à l’excavation et au transport.

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Voir aussi

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Sources

Notes et références

  1. Denys d'Halicarnasse, Les Origines de Rome, livre I, 44, 1990, Les Belles Lettres, (ISBN 2251339019)
  2. Diodore de Sicile, Histoire universelle, livre XII, 31 et 76
  3. Tite-Live, Histoire romaine, livre IV, 37
  4. Robert Étienne, La Vie quotidienne à Pompéi, 1989, (ISBN 2010153375), p. 84-94
  5. Robert Étienne, ouvrage précité, pp105-106
  6. Par exemple, Le Pompéi, guide à la ville archéologique, Marius Edizioni, 2002, (ISBN 88-88419-10-1)
  7. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Guide bleu Italie du sud, Sicile, Sardaigne, 1986, Hachette, (ISBN 2010119371), pp 286-293
  8. a  et b CIL ou Corpus inscriptionum latinarum, X, 1450
  9. CIL X, 1443, 1444, 1445
  10. CIL X 1453
  11. Sénèque, Questions Naturelles, Livre VI, 1
  12. Robert Étienne, La Vie quotidienne à Pompéi, p 19
  13. Corpus Corpus inscriptionum latinarum, X, 1426
  14. Corpus Corpus inscriptionum latinarum, X, 1425
  15. a  et b L'Année épigraphique, 1976, 0144
  16. Selon l'inscription du Corpus inscriptionum latinarum, X, 1406
  17. a , b  et c Pompéi, Herculanum et Stabies, les villes ensevelies, 1978, Edizioni Storti, Venise
  18. par exemple de ces interprétations anciennes, le dictionnaire Mourre, édition 1978, Bordas, (ISBN 2040065148)
  19. Maurice Krafft, Guide des volcans d'Europe et des Canaries, 1991, (ISBN 2603008137), p 299
  20. Maurice Krafft, Guide des volcans d'Europe et des Canaries, p 287
  21. a , b  et c Robert Étienne, ouvrage précité, pp. 47-60.
  22. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Amedeo Maiuri, Herculanum, édition Alpina, 1932
  23. L'Encyclopédie, tome VIII, pp. 150-154.
  24. (it) The wooden objects
  25. Guide bleu, Italie du sud, Sicile, Sardaigne, 1986, Hachette, (ISBN 2010119371), p 286
  26. a  et b Julie Walker, Herculanum, une bibliothèque sous les cendres, film documentaire de 55mn, USA, 2003
  27. a , b  et c Rapport d'évaluation de l'ICOMOS, septembre 1997, (en), (fr). pour UNESCO
  28. (it) Site officiel sur Pompéi, onglet Soprintendenza
  29. (it) MAV Museo Archeologico Virtuale Ercolano
  30. CIL, X, 1423
  31. Guide bleu Italie du sud, Sicile, Sardaigne, 1986, Hachette, (ISBN 2010119371), p289-290
  32. Tran Tam Tinh, Isis lactans, Corpus des monuments gréco-romains d'Isis allaitant Harpocrate, 1973, (ISBN 9004037462), p. 73.
  33. Luciano Penino, Les Villes ensevelies par le Vésuve, éditions Matonti-Salerne, 1989, p. 89
  34. Luciano Penino, Les Villes ensevelies par le Vésuve, éditions Matonti-Salerne, 1989, p. 103
  35. Corpus inscriptionum latinarum, IV 10619
  36. Voir le site (it) La terrasse de Nonius Balbus

Bibliographie

  • Jérôme Charles Bellicard, Observations sur les antiquités de la ville d'Herculanum, , avec quelques réflexions sur la peinture et la sculpture des anciens, et une courte description de quelques antiquités des environs de Naples, première édition en 1754, réédition par les Presses Universitaires de Saint-Étienne, 1997, (ISBN 2862720941)112 pages
  • Nicolò Pagano, Description des fouilles d'Herculanum, 1871, 32 pages
  • Amedeo Maiuri
    • Herculanum, avec 6 aquarelles originales d'Ermilio Lazzaro, Éditions Alpina, 1932, 108 pages
    • (it) Ercolano. I nuovi scavi (1927–1958), Libreria dello Stato, Italie, 1958
  • Alix Barbet, Les cités enfouies du Vésuve : Pompéi, Herculanum, Stabies et autres lieux, 232 pages, Fayard, France, 2001 (ISBN 2213609896)
  • Gina Carla Ascione, (it) L' Antiquarium di Ercolano, (en), The Antiquarium of Herculaneum, catalogue de 134 pages publié en 2000 par Electa Napoli, Soprintendenza archeologica di Pompei, (ISBN 8843586750)
  • Nicolas Monteix, Goffredo Peris Bulighin, Contributi di archeologia vesuviana. I, Les boutiques et les ateliers de l'insula VI à Herculanum, 2006, Roma : "L'Erma" di Bretschneider, (ISBN 8882653773), 146 pages


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