Abbaye de Saint-Germain-des-Prés
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Abbaye de Saint-Germain-des-Prés
L'église abbatiale depuis la place Saint-Germain-des-Prés
L'église abbatiale depuis la place Saint-Germain-des-Prés

Ordre Saint Benoît
Congrégation de Saint-Maur
Abbaye mère Saint-Germain des prés
Fondation 558
Fermeture 1792
Diocèse Paris
Fondateur Childebert Ier
Personnes liées  Inscrit MH (1953)
Site web église-sgp.org
Localisation
Pays
Coordonnées 48° 51′ 14″ N 2° 20′ 04″ E / 48.85389, 2.3344448° 51′ 14″ Nord
       2° 20′ 04″ Est
/ 48.85389, 2.33444
  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Abbaye de Saint-Germain-des-Prés

L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés est une ancienne abbaye de Paris, située dans l'actuel 6e arrondissement, fondée au VIème siècle sous le règne de Childebert Ier.

Fermée pendant la Révolution, elle n'a pas été rétablie par la suite. Depuis le Concordat de 1801, son abbatiale, la plus ancienne des grandes églises de Paris, sert d'église paroissiale (église Saint-Germain-des-Prés).

Sommaire

Histoire de l'abbaye

Le roi Childebert Ier, fondateur de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Représentation rétrospective du XIIIe siècle, pierre calcaire, restes de polychromie. Provient du trumeau de la porte du réfectoire de l'abbaye. (Musée du Louvre).

Époque romaine

Avant la fondation de l'abbaye, il existait déjà à l'époque romaine, un temple probablement dédié à Isis, alors appelé Locotice, qui assurait l'immortalité aux initiés. Ce lieu de culte profitait d'une position légèrement plus haute qu'aux alentours (un "mamelon" aujourd'hui invisible car en partie arasé) à l'abri des crues annuelles, car ce temple se trouvait alors le long d'une route allant vers l'ouest qui longeait la Seine à bonne distance (grosso modo à la hauteur du boulevard Saint-Germain), hors des zones humides connues au Xe siècle sous le nom de « Clos de Laas ». Cette voie rejoignait ensuite le passage du fleuve par ce qui est aujourd'hui la rue Saint André des Arts[1].

Haut Moyen Âge (500-987)

L'époque mérovingienne (481-751) : la fondation

Afin de glorifier la tunique de saint Vincent et une croix d'or de Tolède, reliques ramenées de Saragosse à la suite d'une expédition en 542 contre Amalaric roi des Wisigoths qui persécutait son épouse chrétienne Clothilde, Childebert Ier, fils de Clovis et roi mérovingien, fit construire une basilique qui fut placée sous le double vocable de saint Vincent et de la sainte Croix. Il fera également un donation des terres du « clos de Laas » à cette dernière en 553. Elle fut consacrée vers 558 par l'évêque de Paris, Germain, ancien moine de l'abbaye Saint-Symphorien de Saint-Pantaléon (Saône-et-Loire) dont-il fait venir les moines[2] en 543.

Childebert Ier y fut inhumé le 23 décembre 558 entre les 2e et 3e piliers sud[3], puis, à sa suite, plusieurs membres de la famille royale des Mérovingiens de Paris : Chilpéric Ier en 584, Frédégonde en 598, Clotaire II en 628, Childéric II en 673 et son épouse Bilichilde, morte en 679[4]. Les corps, entourés d'un suaire ou vêtus, furent déposés dans des tombeaux placés dans le chœur des moines ; ainsi, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés fut, avant l'abbaye de Saint-Denis, et après celle de Sainte-Geneviève, nécropole royale. L'évêque Germain, lui, avait été enterré dans la chapelle Saint-Symphorien, à côté de l'église le 28 mai 576 alors qu'il avait fait don de son alleu de Bitry[5].

Dès le VIe siècle un monastère s'installa à côté de l'église. À partir du VIIe siècle le nom de Saint-Germain fut associé à celui de Saint-Vincent.

L'époque carolingienne (751-987)

En 756, en présence de Pépin le Bref et de son fils Charles, futur Charlemagne, le corps de saint Germain est transféré de la chapelle Saint-Symphorien dans l'église même, derrière l'autel principal, suite à l'affluence des pèlerins qui venaient lui rendre hommage. L'importance du cimetière, mis à jour à côté de l'église en 1876, s'explique aussi par ce désir de rapprochement de la sépulture de Saint-Germain[4]. L'église est désormais uniquement connue comme Saint-Germain-des-Prés.

L'abbaye, largement et richement dotée de terres à cette période (le polyptyque d'Irminon, rédigé autour de 823-828, en donne une idée), est assaillie à plusieurs reprises par les Normands dès 845, puis en 856 et n'est sauvée du saccage que contre le paiement d'une importante rançon[4]. Mais en 861, un incendie détruit l'abbatiale. Restaurée en 869, elle est à nouveau occupée par ceux-ci lors du siège de Paris (885-886), dont le déroulement nous est connu par le récit qu'en fit un moine de l'abbaye, Abbon de Saint-Germain-des-Prés. Les bâtiments sont pillés, saccagés, puis brûlés, marquant la destruction de l’œuvre de Childebert[4]. Les reliques de Saint-Germain, mises plusieurs fois à l'abri des murailles de Paris, retrouvent leur place en 888.

Bas Moyen Âge (987-1500)

L'époque des Capétiens directs (987-1328)

L'abbé Morard rebâtit l'église et sa tour vers l'an mil : cette dernière était expressément mentionnée dans son épitaphe, conservée dans l'église actuelle, mais la date de la nef est contestée. En même temps que le clocher-porche, deux tours encadrent le chevet : elles sont quasiment détruites au XIXe siècle.

La règle bénédictine de Cluny est introduite en 1024[6].

En 1124 un concile réuni par Suger se tient en l'abbaye pour trancher la revendication de l'Abbaye Notre-Dame d'Argenteuil.

Au XIIe siècle, le chœur de l'abbatiale est démoli et remplacé par un sanctuaire gothique à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Il est dédicacé le 21 avril 1163 en présence du pape Alexandre III et de nombreuses personnalités (Jean II (archevêques) de Tolède[7], Humbauld évêque d'Ostie), événement rapporté par l'abbé Hugues de Monceaux; la porte (occidentale) qui vit l'entrée du pape portera alors le nom de porte papale.

De 1227 à 1273, quatre abbés rebâtissent de nouveaux bâtiments, de style gothique : cloître, réfectoire, salle du chapitre et dortoirs, ainsi que la chapelle de la Vierge, que l'on doit à l'architecte Pierre de Montreuil, élevée entre 1245 et 1255[4] qui y fut inhumé.

De nombreux conflits opposèrent l'abbaye et l'Université au sujet de l'appartenance du Pré-aux-Clercs, en 1179 puis Philippe III de France ordonnera l'arasement de deux tours qui en fermaient l'entrée[8] en 1278 au sujet du Pré-aux-Clercs. Les abbés se basant sur une Bulle pontificale de 1107 donnant le droit d'interdire l'entrée du monastère et la reconnaissance par Alexandre III (pape) lors du Troisième concile du Latran les privilèges comme le port de la mitre et des ornements pontificaux. L'abbaye a des droits de justice avec son pilori, sa prison et son gibet qui sont attestés par la pendaison de faux monnayeurs qui furent pris et pendu sur ses terres en 1256.

L'époque des Valois directs (1328-1500)

L'abbé Richard de Laître fait réparer l'église[9] et fortifier le monastère. En 1368, le roi Charles V fait rénover les fortifications de Paris (la partie droite de la rive dite : enceinte de Charles V) par un fossé, il demande que l'abbaye fasse de même.
Le creusement de douves nécessita d'ailleurs à l'époque l'achat par les religieux d'une partie du Pré-aux-Clerc à l'Université qui reçu en échange le terrain mitoyen situé au nord l'abbaye que l'on appela « Petit Pré-aux-Clerc » (la partie principale étant alors désignée sous le nom de « Grand Pré-aux-Clerc »).
Les douves de l'abbaye fut alimentées en eau par un canal de 27 m de largeur que l'on appela la « Petite Seine » (qui coulait lui-même en lieu et place d'une ancienne rivière appelé la « Noue ») et dont le tracé suit l'actuelle rue Bonaparte.

Entre 1408-1410, Guillaume III L'Évêque fait renouveler le lutrin et le mobilier du cœur[10], mais aussi une châsse en vermeil pour Saint Gremain par les orfèvres Jean de Clichy, Gautier Dufour et Guillaume Boey[11].

En 1418 la porte de Bucy est livrée au parti des Bourguignons.

Le roi Louis XI octroie le développement d'une foire de St-Germain ayant autant d'importance que celle de St-Denis en 1482.

Epoque moderne (XVIème-XVIIIème siècles)

Abbaye de Saint-Germain-des-Prés en 1687.

Une nouvelle dissension avec les écolâtres en 1533 fut durement réprimée, le 20 mars 1557 sur le Pré-aux-Clercs, l'un d'eux fut brûlé en cette même année, le maître autel fut remplacé par un sculpté par Antoine d'Artois[12], les deux cloches fêlées sont descendues.

La peste sévit en ville en 1561, le roi Charles IX, sa mère Catherine de Médicis et la cour trouvèrent refuge en l'abbaye.

En 1586, le cardinal abbé Charles de Bourbon fait bâtir par Guillaume Marchant, le palais abbatial en brique et pierre (5-7 rue de l'Abbaye).

Henri IV s'empara à deux reprise de l'abbaye pour en faire son observatoire sur Paris en 1590, l'abbé fit partie de ceux qui aidèrent à la conversion du futur roi.

À partir de 1631, l'abbaye devient l'un des principaux centres intellectuels de France : c'est la date à laquelle la congrégation de Saint-Maur fait de Saint-Germain-des-Prés son abbaye-mère. Les mauristes rénovent la science historique en lui imposant plus de rigueur dans la lecture des sources : dom Jean Mabillon, dom Bernard de Montfaucon comptent parmi les plus grands historiens de leur temps. Ils rassemblent à l'abbaye une très riche bibliothèque, tant d'imprimés que de manuscrits.

Le XVIIIe siècle est marqué par le "règne" de Louis de Bourbon-Condé (1709-1771), comte de Clermont, prince du sang, cousin germain et filleul de Louis XV. À la mort en 1737 d'Henri III de Thiard, cardinal de Bissy, évêque de Meaux et abbé depuis 1715, l'abbaye et tous les biens en dépendant se trouvaient dans un bien triste état. À sa prise de possession en septembre, le comte de Clermont fait procéder à un état des biens de la manse abbatiale - à ne pas confondre avec la manse conventuelle relevant des religieux. Les réparations sont estimées à la coquette somme de 132 669 livres !

Le comte confie les réparations à son architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778), petit-fils de Jules Hardouin-Mansart. On se porte en priorité sur les restaurations et remaniements intérieurs du palais abbatial. Il semble que le bâtiment n'avait pas connu de tels travaux depuis ceux du cardinal de Furstemberg en 1690 ! Mansart de Sagonne réhaussa l'ensemble des pièces, entrainant la disparition des poutres et solives du XVIe siècle, remplaça les sols de pierre par des parquets, orna les salons de boiseries, cheminées et corniches rocailles, disposa en partie des croisées à petits carreaux au lieu et place des anciennes croisées à meneaux. Il modifia enfin la totalité de la distribution des 2e et 3e étages, rebâtit entièrement le logis en retour, à droite, sur la cour principale et ravala la totalité des façades et cheminées. Une partie des décors intérieurs étaient encore visibles au XIXe siècle. Le palais connaitra une nouvelle restauration radicale en 1978 par l'architecte Raymond Simounet.
Les restaurations se portèrent également sur les grilles de la rue du Colombier, de l'avant-cour (actuelle place de Furstemberg) et de la cour principale sur la rue de Bourbon-le-Château. Mansart de Sagonne ravala en outre les façades des remises et écuries de l'avant-cour et rebâtit entièrement le logis de la basse-cour (musée Delacroix). Dans l'abbaye, il établit, dans la chapelle Saint-Nicolas, à gauche du chœur, une tribune pour le comte de Clermont, lui permettant d'assister aux offices depuis son palais.

Mansart de Sagonne fut également chargé de la restaurations des autres biens de la manse dont les bâtiments de la foire et du marché saint-Germain, et surtout des château et jardins de Berny (Hauts-de-Seine ; détruit), résidence d'été des abbés depuis la fin du XVIIe, réalisation de son arrière-arrière-grand-oncle François Mansart (1598-1666). Commencés en 1737, les travaux sur la manse abbatiale furent achevés en 1741. C'est vers cette date que l'architecte quitta le service du comte de Clermont pour celui du roi avec la cathédrale Saint-Louis de Versailles.

À la mort du comte de Clermont en 1771, Louis XV, suivant son droit de régale, décida de ne pas nommer de nouvel abbé. Il se réserva les revenus de l'abbaye et confia la gestion de ses biens à son administration des Économats. La situation demeurera ainsi jusqu'en 1774, date de l'arrivée de Louis XVI sur le trône et de la nomination de Charles-Antoine de La Roche-Aymar,qui sera le dernier abbé de Saint-Germain-des-Prés. À sa mort en 1777, l'abbaye retombe entre les mains des Économats. La situation perdurera jusqu'à la Révolution, la monarchie souhaitant profiter de ses revenus en cette période de difficultés budgétaires.

La Révolution

À la suite de la suppression des communautés monastiques, l'église est fermée le 13 février 1792 et les bâtiments monastiques sont vendus comme Bien national par adjudication à M.Ldoux pour la somme de 8 120 Livres. La plupart des tombeaux mérovingiens sont détruits, ainsi que le baldaquin du maître-autel (conçu par Oppenordt en 1704), et la grande châsse-reliquaire en vermeil de saint Germain de 1408 est fondue. Une raffinerie de salpêtre fonctionne dans l'église de 1794 à 1802, l'armée installe une réserve de charbon et une fonderie de canons de fusils.
Le 19 août 1794, douze tonnes de poudres entreposées en l'abbaye explosent et y boutent le feu, l'œuvre de Pierre de Montereau est détruite ainsi que le cabinet des antiquités et la bibliothèque mais les livres sont sauvés.
La chapelle de la Vierge est rendue au culte par un décret du 31 mai 1795 mais l'église ne l'est qu'en 1803 de part la destruction de la chapelle en 1802.
Des rues sont percées au travers de l'abbaye : rue de la Paix (devenue rue de l'abbaye) au travers du cloitre en 1802, rue des Petits Augustins (devenue rue Bonaparte) au travers des jardins en 1804.

Epoque contemporaine (XIXe et XXe siècles)

En 1824, l'architecte Étienne-Hippolyte Godde restaure l'autel avec les marbres du tombeau du connétable Anne de Montmorency[13].

De chaque côté du chœur, on peut voir deux masses carrées, s'arrêtant à la naissance de la voûte : c'est la base des deux tours, construites au XIe siècle; elles ont été détruites en 1822 par Étienne-Hippolyte Godde, sous Louis XVIII, « par économie », afin d'épargner les frais de leur restauration; et si on les a laissées subsister dans leur partie inférieure, c'est qu'elles ont paru nécessaires comme appui de l'église.
Les vestiges de l'abbaye ont fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 26 octobre 1953[14].

La chaire de marbre dessinée par Quatremère de Quincy est réalisée par Godde en 1827, l'année suivante François-Joseph Heim peint la nouvelle chapelle de la Vierge. Hippolyte Flandrin participe plutôt dans le chœur puis dans la nef et des cartons pour les vitraux de 1856 à 1861.

Victor Baltard participe à la rénovation en faisant sculpter des chapiteaux pour la nef, ouvrir des baies et restaurer le clocher-porche, ceci entre 1848 et 1853.

Eugène Lefèvre-Pontalis mène une étude sur l'église en 1919 à l'occasion du LXXX IIe Congrès d'Archéologie, Paris, tenu par la Société française d'archéologie.

Les bâtiments du monastère

Il subsiste aujourd'hui principalement l'église et le palais abbatial. La construction de l'abbatiale, tour et nef, remonte à l'époque romane (XIe ‑ XIIe siècles) ; elle est considérée par les historiens comme un des plus ancien édifice religieux de Paris[15].

L'église Saint-Germain-des-Prés

L'église des XIe et XIIe siècles

  • Le clocher-porche, rénové par l'abbé Morard vers l'an mil après que la basilique de la Sainte-Croix fut incendié à trois reprise par les normands entre 845 et 886[16]. Après la réaffectation des bâtiments sous la Révolution, le salpêtre entreposé a énormément endommagé la structure, les baies ont été rebouchées par Godde pour en maintenir la structure. Lors de la rénovation du milieu du XIXe, Baltard fait rouvrir les baies en arc outrepassé par Robert Vassas et des travaux de consolidation entre 1975/1978 permettent de dater ce quatrième étage de la deuxième moitié du XIe siècle.
  • Le portail roman : il est daté du milieu du XIIe siècle, et fut mutilé en 1607-1608 lorsqu'un porche fut ajouté à l'Ouest de la tour d'entrée. Les statues-colonnes qui l'ornaient, quant à elles, furent détruites en 1793 surement à cause de la croyance qui voulait qu'elle représentassent les rois de France; mais le linteau représentant la Cène est encore visible. L'abbé Lebeuf en fit une des premières études[17].
  • La nef, elle remonterait à l'abbé Ingon, mort en 1025[18]
  • Le chœur
  • Le déambulatoire
  • la chapelle Saint-Symphorien, à droite en entrant, a été construite en même temps que la tour porche et remonte à l'époque mérovingienne, François de Sales la consacra après sa rénovation le 28 avril 1619.
le portail tel qu'en 1745, destruction sous la Révolution.
  • Les chapelles rayonnantes
  • La chapelle d'axe : elle fut reconstruite en 1819.
  • le portail.

Les remaniements ultérieurs

Les amitiés entre Étienne-Hippolyte Godde chargé de la restauration de l'abbaye, Victor Baltard amenèrent à donner la totalité du programme de peinture à Hippolyte Flandrin. De 1842 à 1846 un premier programme de deux grand tableaux l'Entrée à Jérusalem et La Montée au Calvaire qui se font face dans le sanctuaire et sont de style romain. Entre 1846 et 1848, dans la Chapelle des Apôtres, dans un style byzantin du XIIe siècle avec deux collèges d'Apôtres menant à l'étimasie. Pour la bef le travail c'est étagé entre 1856 et 1863 et est coupé en vingt grands tableaux groupés par deux dans l'espace coupé par chaque travée; sur la partie gauche de la nef se trouve le Nouveau Testament alors que sur la droite se trouve l'Ancien Testament.
La mort de l'artiste ne lui permit pas de finir par un quatrième programme qui devait couvrir les transepts, selon ses carnets « Dans les transepts on mettrait selon leur place, du côté nord, tout ce qui se rapporter au Christ juge, et au midi ce qui le montrerait triomphant »
Sébastien Cornu a exécuté après sa mort le transept nord.

L'orgue

L'orgue, construit par la manufacture Haerpfer-Ermann en 1973, compte 56 jeux répartis sur 4 claviers et pédalier.

Les statues

Le palais abbatial

Le palais abbatial est toujours visible au 3, rue de l'Abbaye.
Restauré dans les années 1970 il abrite désormais la Faculté d'Éducation de l'Institut Catholique de Paris et différents centres de formation de l'enseignement catholique.

le palais et l'église en 1698

L'intérieur du palais est fonctionnel (salles de cours, bureaux) il ne reste plus grand chose de son passé : son importance, son architecture et de sa fonction primitive. La dernière grande modification a été faite par le cardinal Guillaume-Egon de Furstenberg, après l'autorisation du Grand Conseil le 21 août 1698 qui créa ainsi la rue de Furstenberg, la rue Cardinale, une cour d'honneur et une des écuries avec un portique triangulaire de Guillaume Marchand. C'est l'état actuel du rez-de-chaussée du 5 rue de l'abbaye, les fenêtres des étages suppérieurs étant plus proche des modifications de Louis II César de Bourbon comte de Vexin.

Bâtiments disparus

Vitrail de la chapelle de la Vierge (aujourd'hui disparue), placé actuellement dans la chapelle Sainte-Geneviève de l'église Saint-Germain-des-Près.
  • Le cloître : rénové en 1227.
  • La chapelle de la Vierge : édifiée avec le réfectoire par l'architecte Pierre de Montreuil entre 1245 et 1255, elle était constituée d'une nef de 32,50 mètres sur 9, avec 15 fenêtres équipées de vitraux. Elle est détruite au début du XIXe siècle. On peut voir aujourd'hui le portail, qui a été remonté, au Musée de Cluny, ainsi que des vitraux à Baltimore[19] et New-York [20]; deux verrières ont été reconstituées dans une chapelle absidiale[4] (chapelle Sainte-Geneviève) de l'église à partir de fragments de vitraux de la chapelle de la Vierge et du réfectoire[21] (voir photo ci-contre).
  • Le dortoir : rebâti vers 1273.


Personnalités liées à l'abbaye

Liste des abbés

Liste des abbés[22] :

Abbatiat[23] Abbé Commentaire

1504 (10 février) - 1507 (16 novembre)

Guillaume IV Briçonnet

Cardinal en 1495, archevêque de Reims.

1507 (16 novembre) -1534 (24 janvier)

Guillaume V Briçonnet

Fils du précédent, évêque de Lodève puis de Meaux.

1534 (24 janvier) - 1562 (22 avril)

François I de Tournon

Cardinal en 1530, archevêque de Bourges, puis d'Auch et enfin de Lyon.

1562 (11 mai) - 1590 (9 mai)

Charles I de Bourbon

Prince du sang, cardinal en 1547, archevêque de Rouen.

1590 (9 mai) - 1594 (30 juillet)

Charles II de Bourbon

Prince du sang, neveu du précédent, cardinal en 1582, archevêque de Rouen.

1594 - ?

Jean VI Percheron

Abbé fiduciaire ; les revenus de l'abbaye sont perçus par François de Bourbon-Conti, frère du précédent abbé.

? - 1617

Louis I Buisson

Abbé fiduciaire ; les revenus de l'abbaye sont perçus par la veuve de François de Bourbon-Conti, Louise Marguerite de Lorraine jusqu'en 1623.

1623 - 1668 (12 octobre)

Henri II de Bourbon-Verneuil

Bâtard de France, duc de Verneuil, évêque de Metz.

1668 - 1672 (16 décembre)

Jean II Casimir Vasa

Ancien roi de Pologne.

1672 - 1683

Louis II César de Bourbon

Bâtard de France, comte de Vexin

1697 (janvier) - 1704 (10 avril)

Guillaume VI Egon de Furstenberg

Cardinal en 1685, évêque de Strasbourg.

1704 (10 avril) - 1714 (18 décembre)

César d'Estrées

Cardinal en 1671, évêque d'Albano.

1715 (1er janvier) - 1737 (26 juillet)

Henri III Pons de Thiard de Bissy

Cardinal en 1715, évêque de Meaux.

1737 (15 août) - 1771 (16 juin)

Louis III de Bourbon-Condé

Prince du sang, comte de Clermont-en-Argonne.

1774 (22 janvier)[24] - 1777 (21 octobre)

Charles III Antoine de La Roche-Aymon

Cardinal en 1771, archevêque de Reims.

Charles-Antoine de La Roche-Aymon fut le dernier abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés. De sa mort à la suppression des ordres religieux (1791), l'abbaye fut mise aux économats.

Source : Calendrier historique et chronologique de l'Eglise de Paris, par A.M. Le Fèvre prêtre de Paris et bachelier en théologie, 1747

Autres religieux célèbres de Saint-Germain-des-Prés

Buste de Jean Mabillon

Autres personnalités liées à l'abbaye ou à l'église

Personnalités ayant reposé ou reposant dans l'église

Triple plaque funéraire de Mabillon, Descartes et Bernard de Montfaucon
  • Childebert Ier (vers 497-558), fondateur de la basilique, roi mérovingien.
  • son épouse Ultrogothe avec leur deux enfants.
  • Saint Germain de Paris (vers 496-576), évêque.
  • Chilpéric Ier (vers 539-584), roi mérovingien.
  • les princes Clovis (~557-580) et Mérovée fils de Chilpéric.
  • Frédégonde (vers 545-597), reine mérovingienne. La dalle funéraire recouvrant la tombe de la reine a été transportée à Saint-Denis.
  • Clotaire II (vers 584-629), roi mérovingien.
  • la reine Bertrude.
  • Chilpéric II (roi des Francs).
  • la reine Bilichilde (épouse de Théodebert II)[26].
  • Jean II Casimir Vasa (1609-1672), abbé, ancien roi de Pologne.
  • Guillaume Douglas (1552-1611) (en), dixième comte d'Angus, noble écossais exilé en France.
  • Guillaume Douglas (1589-1660) (en), onzième comte d'Angus, premier marquis de Douglas, fils du précédent.
  • Jacques Douglas (en) (1617-1645), fils du précédent, colonel du régiment de Douglas sous Louis XIV.
  • George Douglas (1635-1692), premier comte de Dumbarton, frère du précédent, colonel du régiment de Douglas sous Louis XIV.
  • Charles Antoine de La Roche-Aymon (1697-1777), abbé, cardinal et archevêque de Reims.
  • Jacques Barbeu du Bourg (1709-1799), botaniste français.
  • la dalle funéraire de René Descartes (1596-1650) se trouve dans la chapelle Saint-Benoît. Ses restes reposent là depuis février 1819.
  • le corps de Nicolas Boileau (1636-1711) a de même été déposé dans l'église en juillet 1819.

Bibliographie

  • Dom Jacques Bouillart, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1724.
  • Honoré Fisquet, La France pontificale (Gallia christiana), archidiocèse de Paris, vol. 2, Paris, E. Repos, 1864-1873 .
  • Anne Prache, Île-de-France romane, Abbaye Sainte-Marie de La Pierre-Qui-Vire, Zodiaque, coll. « La Nuit des Temps », 1983 .
  • Philippe Cachau : Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier des Mansart (1711-1778), thèse de doctorat d'histoire de l'art, Paris-I, 2004, t. I, p. 406-414 et t. II, p. 1201-1220, cf. http://philippecachau.e-monsite.com

Voir aussi

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Articles connexes

Lien externe

Notes et références

  1. Histoire du Pré-aux-Clercs dans « ruevisconti.com »
  2. Gilles Corozet in 'Fleur des Antiquitez', 1532
  3. Martyrologe d'Usuard, Patrologie latine, Migne p830
  4. a, b, c, d, e et f Andrée Jacob, Jean-Marc Léri, Paris - Vie et histoire du VIe arrondissement, Paris, Hervas, 1986 (rééd. 1990) (ISBN 2-903118-20-5) .
  5. Polyptyque d'Irminon, édition Longnon, tIII, p 156
  6. Jacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris, Paris, Rivages, 1953 (rééd. 1993) (ISBN 2-86930-648-2) , tome II, p.205.
  7. Cartulaire général de Paris, De Lasteyrie, p 375
  8. Abbatiale de St-Germain-des-Prés, Yves Boiret, 1983, dossiers techniques n°2, Monuments Historiques éditeurs, pp 64-65.
  9. dans son épitaphe relevée par Dom Bouillart, page 164books.google.fr
  10. histoire de l'abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, Dom Bouillart, 1724, Paris, p 166 et in books.google.fr
  11. Histoire de l'orfèvrerie-joaillerie et des anciennes communautés, Paul Lacroix et Ferdinand Seré
  12. Dom Bouillart page 189
  13. Procès-verbal de séance du Conseil des Bâtiments Civils du 19 mars 1823, dossier n°2
  14. Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00088489 » sur www.culture.gouv.fr.
  15. Voir aussi les églises Saint-Julien-le-Pauvre Saint-Pierre-de-Montmartre et Saint-Germain-de-Charonne
  16. chronique d'Aimoin, lat 12 711 de la Bibliothèque Nationale
  17. in :Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Féchoz et Letouzey, 1883, tome I pages 264-270catalogue.bnf.fr
  18. Eugène Lefèvre-Pontalis, Congrès archéologique de Paris, 119, page 302.
  19. Voir le vitrail la vie de Saint-Vincent au Walters Art Museum de Baltimore
  20. Voir le vitrail représentant des scènes de la vie de Saint-Vincent au Metropolitan Museum de New-York
  21. Dépliant disponible à l'entrée de l'église (août 2010).
  22. par Dom Bouillart
  23. Honoré Fisquet, La France pontificale (Gallia christiana), archidiocèse de Paris, vol. 2, Paris, E. Repos, 1864-1873 , pp.267-309.
  24. Dom Claude Devic, dom Joseph Vaissète, Histoire générale de Languedoc, vol. IV, Toulouse, Privat, 1876 (réimp. 2003) (ISBN 2-84575-165-6) , p.260, donne la date de 1772.
  25. Notice historique et critique sur dom Jacques du Breul, prieur de Saint-Germain-des-Prés
  26. Eugène Lefèvre-Pontalis, 1919, LXXX IIe Congrès d'Archéologie, Paris, page 303

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