Compagnie des tramways de l'Est parisien
Action de la Cie-des-tramways-de-l'Est-Parisien
Tramways à Noisy-le-Sec

La Compagnie des tramways de l'Est parisien (EP) exploitait entre 1900 et 1921 un réseau de tramways électriques à l'Est de Paris.

Sommaire

Histoire

La compagnie EP émane de la fusion[1] le 3 mars 1900[2] de la Compagnie des Tramways de Saint-Maur-des-Fossés et extensions qui exploitait deux lignes (Saint Maur - Vincennes et Joinville - Champigny), de la Compagnie du Tramway de Romainville et ultérieurement du Tramway du Raincy à Montfermeil. Le siège de la compagnie est fixé au 12 rue Halévy à Paris.

La compagnie EP hérite de la concession des lignes suivantes :

Elle développe un réseau dans l'Est Parisien et sera absorbée en 1921 par la Société des transports en commun de la région parisienne. Les lignes portent les numéros 95 à 112.

Infrastructure

Billets de l'Est Parisien

La voie

L'est-parisien avait des voies à écartement normal, électrifiées par courant continu avec deux systèmes d'alimentation :

  • ligne électrique aérienne, avec captage par perche trolley ;
  • alimentation par plots superficiel, avec captage par frotteur système Diatto[3].

En effet, la compagnie EP, n'ayant pas reçu l'autorisation d'électrifier par fil aérien les voies situées dans Paris, utilisa ce système d'alimentation par plots superficiels conçu par l'ingénieur italien Alfredo Diatto.

Les lignes

Motrices de la compagnie EP place de la République, un type C à droite et un type « été » ouvert sur la gauche
Tramway de la ligne 1 ou de la ligne 2 à Romainville
1 bis : Opéra – Montreuil (La Boissière)
  • 2 : Opéra – Montreuil (Solidarité)
2 bis : Opéra – Bagnolet
  • 4 : Les Halles – Pantin – Bobigny
  • 5 : Les Halles – Bagnolet
  • 6 bis : Bastille – Romainville
  • 7 : Pont de la Concorde – Bonneuil
7 bis : Pont de la Concorde – Alfortville
7 ter : Pont de la Concorde – Vitry-sur-Seine
  • 8 : Porte de Vincennes – Montreuil – Pantin
  • 10 : Porte de Vincennes – Champigny (gare)
  • 11 : Porte de Vincennes – Champigny (ville)
  • 12 : Porte de Vincennes – La Varenne
  • 13 : Créteil – Gare de Saint-Maur-des-Fossés – Charenton
  • 14 : Le Raincy – Montfermeil

Le 1er janvier 1921, les lignes sont absorbées par la STCRP et deviennent :

  • 95 (ex-1), 96 (ex-1 bis), 97 (ex-2), 98 (ex-2 bis), 99 (ex-4), 100 (ex-5), 101 (ex-6 bis), 103 (ex-7), 104 (ex-7 bis), 105 (ex-7 ter), 107 (ex-8), 108 (ex-10), 109 (ex-11), 110a et 110b (ex-12), 111 (ex-13), 112 (ex-14).

Alimentation électrique

La salle des dynamos de l'usine de production d'électricité de la compagnie

Les tramways nécessitaient d'importantes quantités d'énergie. En 1917, la compagnie consommait 12 100 000 kWh[4].

À cette époque, il n'existait pas de réseau national de distribution de l'énergie, et les entreprises de tramway devaient souvent s'équiper de centrales électriques. Celle de l'EP fut construite à Vitry-sur-Seine, en bordure de Seine, et produisait du courant triphasé sous 5 000 volts, qu'elle transmettait à huit sous-stations, situées Quai de la Tournelle, Avenue de la République, aux dépôts des Lilas et de Saint-Maur, au Raincy, à Vincennes, à Vitry-sur-Seine et au Kremlin-Bicêtre[5].

Vue générale du dépôt de Floréal.
Deux motrices de service, construites sur des chassis provenant des Tws de Romainville et affectées à la traction des trains de ballast ballast devant l'entrée du dépôt de Floréal.

L'usine était édifiée sur un vaste terrain de trente hectares et était organisée en deux bâtiments d'une longueur de 90,50 m. L'un d'eux avait 23 m de largeur et l'autre 15 m. Les 21 chaudières de 225 m² de surface de chauffe, de type tubulaire à 2 bouilleurs et 3 parcours de flamme, timbrées à 12 kg/cm², étaient installées dans le bâtiment le plus proche de la Seine.

L'autre bâtiment abritait sept machines à vapeur de 1500 CV, entraînant autant d'alternateurs à courant triphasé sous 5 000 volts et d'une puissance de 800 kWh[6].

Cette usine, mise en service en janvier 1901, permit la suppression de l'usine des lilas et de celle du tramway du Raincy à Montfermeil, situé au dépôt de la ligne, à Montfermeil[5].

La compagnie EP, n'ayant pas reçu l'autorisation d'électrifier par fil aérien les voies situées dans Paris, utilisa le système d'alimentation par plots superficiels Diatto.

Les dépôts

L'EP avait trois dépôts :

  • à Saint-Maur-des-Fossés, rue Saint-Honoré, provenant des Tramways de Saint-Maur ;
  • aux Lilas, rue Floréal, qui fut le dépôt le plus important de la région parisienne, avec 52 voies pouvant accueillir 260 voitures, et comprenait également un atelier d'entretien ;
  • au Raincy, 26-44 avenue Thiers[7].

Exploitation

Motrice type C, n°120, aux Lilas
Tramway à Vitry-sur-Seine Motrice type C, n°68,
Tramways à Gargan Motrice type C, n°5 et 6,

Matériel roulant

Motrice 315 ex-Tramway de Romainville (caisse modifiée) à la gare du Raincy.
Motrice C 222 de l'EP à Noisy le Sec

Il comprend :

  • matériel livré neuf :
    • matériel moteur :
      • 221 motrices « type C », livrées à partir de 1900, d'une longueur hors-tout de 11,495 m. et plates-formes surbaissées centrales séparées pour chacune des deux classes, montées sur bogies type « maximum traction » à essieux dissymétriques, dotés chacun d'un moteur électrique de 35 cv[3], [8], nos 1 à 225,
      • 4 motrices « type B », livrées à partir de 1900, plus longues et luxueuses, nos 21 à 24,
      • 12 motrices « type 500 été », sans vitrages, avec des parois latérales ouvertes, nos 500 à 511,
    • matériel remorqué :
      • 52 attelages ouverts , « type été »[3], à essieux rayonnants, système « De Rechter »,
      • 39 attelages fermés, « type hiver », à essieux rayonnants , système  De Rechter  ;
  • matériel transformé :
    • 59 motrices E et E', construites à partir de caisses et chassis des motrices C, mais rallongées par le report des loges de conduite en bout de chassis, en porte à faux, nos dans la série 1 à 225 (les véhicules ayant conservé leurs numéros d'origine),
    • 23 motrices type 512 été, à bogies, construites à partir de caisses et chassis d'attelage ouverts, motorisés et équipés de bogies « Maximum traction » ,
    • 22 motrices type 512 été, à bogies, construites à partir de caisses et chassis d'attelages ouverts, motorisés et équipés de bogies « Maximum traction » , nos 512 à 556,
    • 16 motrices à 2 essieux, construites à partir de caisses[9] et chassis de motrices ex-Tramway de Romainville, nos 300 à 315, et utilisées notamment sur le tramway du Raincy à Montfermeil‎‎.

Tous ces véhicules sont en livrée blanc crème. À l'origine, les véhicules du groupe de la rive gauche de la Seine étaient rouge foncé.

Notes et références

  1. Bulletin des lois de la République française, premier semestre de 1901, p. 1011, sur gallica.bnf.fr, consulté le 12 novembre 2011.
  2. « Décret du 2 octobre 1903 qui approuve la convention passée entre le ministre des travaux publics et la Compagnie des tramways de l'Est-Parisien », dans Bulletin des Lois de la République française, vol. 68, no 2507, 28 avril 1904, p. 812-814 [texte intégral (page consultée le 8 mai 2011)] 
  3. a, b et c P. S., « Notes et Documents. — Voiture automotrice et voiture de remorque pour tramways électriques, construites par la Compagnie française de matériel de chemins de fer, à Ivry (Seine) », dans Portefeuille économique des machines, vol. X, no 552, décembre 1901, p. 177-182 et planches 48 à 51 [texte intégral (page consultée le 19 juin 2011)] 
  4. Jean Robert, op. cit. en bibliographie, page 283
  5. a et b Jean Robert, op. cit. en bibliographie, page 281
  6. Centrales électriques, Société d'histoire de Vitry-sur-Seine. Consulté le 8 mai 2011
  7. Jean Robert, op. cit. en bibliographie, pages 306-309
  8. Ministère du commerce, de l'industrie, des postes et des télégraphe, Exposition universelle internationale de 1900 à Paris. Rapports du jury international : Groupe VI. - Génie civil. - Moyens de transport. Troisième partie. Classes 32 (Tome II). Classes 33 et 34, Paris, Imprimerie nationale, 1902, 622 p. [lire en ligne (page consultée le 19 juin 2011)], « Voiture automotrice électrique de 1re et 2de classe, construite et exposée par la Compagnie française de matériel de chemin de fer à Ivry et destinée à la Compagnie des tramways de l'Est parisien, ligne de Noisy-le-Sec à Opéra », p. 300-302 
  9. L'impériale de ces motrices avait été supprimé

Voir aussi

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article

Articles connexes

Bibliographie

  • Jean Robert, Les tramways parisiens, Jean Robert (réimpr. 3e édition 1992) 
  • Henri Zuber, Sheila Hallsted-Baumert et Claude Berton, Guide des sources de l'histoire des transports publics urbains à Paris et en Île-de-France, Publications de la Sorbonne, 1998 (ISBN 2-85944-321-5) [lire en ligne (page consultée le 8 mai 2011)] 




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