Tchetchenie

Tchétchénie

République tchétchène
Чеченская республика (russe) Нохчийн Республика (tchétchène)
Armoiries de la Tchétchénie Drapeau de la Tchétchénie
République tchétchène
Pays Flag of Russia.svg Russie
Région économique Nord-Caucase
District fédéral Sud
Statut politique République
Capitale Grozny
Président Ramzan Kadyrov (par interim, depuis février 2007)
Premier ministre Ramzan Kadyrov (depuis 2006)
Population 1 103 686 hab. (2002)
Superficie 15 500 km2
Densité 71,21 hab./km2
Langue(s) officielle(s) Russe, tchétchène
Fuseau horaire UTC+3
Code OKATO 96
Code ISO 3166 RU-CE
Hymne (45 sec, MIDI)
Site officiel chechnya.gov.ru
Carte topographique de la Ciscaucasie. La République tchétchène se situe vers le centre de la carte.

La République tchétchène (en russe : Чеченская Республика, Tchetchenskaïa Respoublika ; en tchétchène : Нохчийн Республика, Noxçiyn Respublika) ou Tchétchénie (russe : Чечня́, Tchetchnia ; tchétchène : Нохчийчоь, Noxçiyçö), également nommée Itchkérie par les indépendantistes, est une république constitutive de la Fédération de Russie. Située sur le versant nord des montagnes du Caucase et la vallée de Tchétchénie, dans le District fédéral du Sud, sur les marches de l'ancienne Union soviétique et de l'ancien Empire tsariste, elle est limitrophe du krai de Stavropol au Nord-Ouest, de la république du Daguestan au Nord-Est et à l'Est, et des républiques d'Ingouchie et d'Ossétie du Nord à l'Ouest, toutes trois des républiques de la Fédération de Russie. Elle a également, le long de la ligne de crête du Caucase, une frontière internationale avec la Géorgie, au Sud.

La région autonome de Tchétchénie a été fondée le 30 novembre 1922. Elle se transforma le 15 janvier 1934 en Région autonome de Tchétchénie-Ingouchie, devenue République autonome le 5 décembre 1936 (selon la nomenclature des entités territoriales soviétiques faisant référence aux différents degrés d'autonomie). Staline démantela la République en 1944, mais elle fut restaurée par Khrouchtchev en 1957. En novembre 1991, juste un mois avant la dislocation de l'Union soviétique, se forma la République de Tchétchénie, séparée de l'Ingouchie.

Peu de temps après, les autorités tchétchènes déclarent l'indépendance de la République tchétchène d'Itchkérie. Cette indépendance n'était reconnue par aucun État sauf l'Afghanistan des talibans avec lequel l'Itchkérie échangea des ambassades. Deux conflits majeurs armés éclatent entre le gouvernement fédéral (qui utilise l'armée russe, les forces spéciales du ministère de l'intérieur et le service d'espionnage du FSB) et les groupes armés tchétchènes en 1994-1995 et en 1999-2000. Selon les données de différentes ONG, ces conflits auraient causé la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes et le déplacement de quelques 350 000 réfugiés (la majorité étant revenue après la fin du conflit). Ces données ne sont pas confirmées par l'organisation américaine Human Rights Watch et d'autres sources indépendantes.

Malgré la fin des hostilités, les forces armées fédérales russes et les forces locales tchétchènes subissent sporadiquement des actions de guérilla et de terrorisme de la part des groupuscules de combattants séparatistes liés aux réseaux islamistes, retranchés dans la forêt et les montagnes.

Dès la fin du conflit, et surtout en 2006, les nouvelles autorités ont entrepris un vaste programme de reconstruction de la République. Une série d'élections a eu lieu avec pour but proclamé la restauration de l'ordre constitutionnel en Tchétchénie, en s'appuyant sur un « teip » (lignée ou alliance de type clanique) fidèle au Kremlin, le clan dirigé par Akhmad Kadyrov, puis par son fils Ramzan Kadyrov. La majorité des forces fédérales ont été remplacées par les organes de maintien de l'ordre locaux, et un partage de compétences a eu lieu entre la République et Moscou. Le peuple tchétchène a par ailleurs adopté, à une large majorité, la Constitution fédérale russe, faisant de toute action de guérilla une atteinte « anticonstitutionnelle ».

Sommaire

Division territoriale

Les raions (chiffres en noir) :

  1. Naourski
  2. Chelkovskoï
  3. Nadtéretchny)
  4. Groznenski
  5. Goudermesski
  6. Sounjenski
  7. Atchkhoï-Martanovski
  8. Ourouss-Martanovski
  9. Chalinski
  10. Kourtchaloevski
  11. Itoum-Kalinski
  12. Chatoïski
  13. Védenski
  14. Nojaï-Iourtovski
  15. Charoïski


ChechenRepublic(RussianFederation)DivisionMap.png

Les chefs-lieu des raions (chiffres en rouge) :

  1. Znamenskoïé
  2. Naourskaïa
  3. Atchkhoï-Martan
  4. Ourous-Martan (43 300 hab[1])
  5. Grozny (capitale) (215 700 hab.)
  6. Chali (42 100 hab.)
  7. Goudermes (36 400 hab.)
  8. Chelkovskaïa
  9. Itoum-Kalé
  10. Chatoï
  11. Védéno
  12. Nojaï-Iourt

Géographie et climat

Carte topographique de la Tchétchénie

La Tchétchénie est située dans la partie centrale-nord de la chaîne montagneuse du Grand Caucase (avec le pic le plus haut de Teboulosamt culminant à 4 493 m), dans la Vallée tchétchène et celle de Terek-Koum. Le climat est continental, avec des hivers tempérés dans la vallée, froids dans les montagnes.

Les rivières principales (en bleu sur la carte de la section précédente) :

  1. Terek
  2. Sounja
  3. Argoun

Population

Composition ethnique:

  • Tchétchènes 1 031 647 (93 %) (57,8 % avant la guerre selon le recensement de 1989)
  • Russes 40 645 (3,7 %) (23,1 % avant la guerre selon le recensement de 1989).
  • Ingouches 2 914
  • Coumykes 8 883

Selon les ONG, entre 100 000 à 300 000 civils ont péri lors des conflits entre 1994 et 2000[2]. Cependant, d'après les recensements officiels russes de 1989 et de 2002, malgré les ravages de la guerre, la population tchétchène est actuellement plus nombreuse qu'avant le début des hostilités. Le nombre total des citoyens de nationalité tchétchène en Fédération de Russie en 2002 était de :
1 360 253 personnes dont 1 031 647 résident en Tchétchénie même
contre 899 000 en 1989 dans toute la Russie dont 734 000 en Tchétchénie.

Les Tchétchènes sont le peuple du Caucase du Nord le plus nombreux[3].

Histoire

Histoire ancienne

Le territoire de la Tchétchénie actuelle fut peuplé dans l'Antiquité par les Scythes puis par les Sarmates ayant envahi le Caucase vers le IIIe siècle av. J.-C. sans pour autant exterminer ou assimiler les populations locales. Les ancêtres des Tchétchènes et des Ingouches, les Dzourdzouks (ou Dourdzouks), liés aux Géorgiens, ont combattu les Sarmates mais ont fini par céder. Ils ont été ensuite partiellement assimilés par les Géorgiens. Le peuple des Gargares, sur lesquels Pompée ne parvint pas à imposer sa domination en 66 av. J.-C.., pourraient être les autres ancêtres des Tchétchènes actuels.

L'histoire ancienne du peuple tchétchène est étroitement liée à celle des Ingouches avec lesquels ils formaient depuis le VIIe siècle une peuplade unique de « Vaïnakh » (ce qui veut dire « notre peuple »). Les ancêtres des Vaïnakhs sont des Khourites antiques, eux-mêmes descendants des Choumères. Le mot « nakh » (« peuple ») est probablement à l'origine du nom Nokhtchiin (Noxçiin) ou Nokhtcho, qui veut dire « Tchétchène » en tchétchène.

Aux Ve siècle et VIe siècles, les montagnards du Caucase du Nord ont pris part aux guerres que menait la Perse contre l'Empire romain oriental. À cette époque, l'empereur Justinien tenta de les christianiser, sans succès. Les Arabes introduirent à leur tour l'islam dès le VIIe siècle, mais l'islamisation de la région ne sera réellement achevée qu'au XIIIe siècle - un islam sunnite influencé par le soufisme.

Au début du Moyen Âge, sur le territoire de la Tchétchénie actuelle, se forma une union multilingue des peuples nomades et sédentaires (dont les Alains), l’Alanie. La peuplade des Nakhs prit rapidement de l’importance au sein de l’Alanie jusqu’à l’invasion des Tatars-Mongols au XIIIe siècle (tout particulièrement les troupes nomades des commandants Djebé et Subötai (Soubdé) de Gengis Khan en 1238) qui ravagèrent ce royaume. Quelques décennies plus tard, les troupes du khan Batyi achevèrent la destruction des restes des entités territoriales de cette partie du Caucase. Le développement économique, politique et social des Tchétchènes en fut sensiblement ralenti durant plusieurs siècles.

Sur les décombres de l’Alanie s’érigea progressivement l'État musulman de Simsim, à son tour anéanti en 1395 par le grand conquérant venu d’Asie centrale, Tamerlan (Timour).

Domination impériale russe

Les montagnards quitant l'aoul, par Piotr Grouzinski

Les Cosaques (colons libres russes) s'installèrent sur la plaine tchétchène au bord des rivières Terek et Sounja (au nord du pays) à partir du XVIe siècle. Les Cosaques du Terek, originellement des migrants de la Russie centrale, établis militairement en 1577 dans le Caucase, se mélangèrent petit à petit avec les groupes caucasiens. En 1801, la Géorgie, harcelée par les intrusions dévastatrices des Montagnards, des Turcs et des Perses, fut annexée par la Russie (après que le roi géorgien mourant Georges XII eut signé le Manifeste d'unification, document qui prévoyait un protectorat russe en échange d'une assistance militaire en cas d'invasion musulmane). Les Russes, décidés à accélérer leur expansion territoriale vers le Sud-est, et d'assurer les liaisons avec la Géorgie, décidèrent que le Caucase du Nord entrerait dorénavant dans leur zone d'influence. En 1818, le général Iermolov (en), pour assurer l'assise militaire de l'Empire russe dans le Caucase du Nord, y édifia quelques forteresses, dont Grozny (« Terrible » en russe).

Dès le début de l’occupation russe, le peuple tchétchène, réputé pour son caractère montagnard rejetant toute domination externe et notamment chrétienne, mena une résistance féroce contre les forces russes. Les chefs de la lutte de libération nationale, Ouchourma, plus connu sous le nom de Cheïkh Mansour (à la tête des insurrections en 1785-1791), Beïboulat Taïmiev (1819-1830) et surtout le grand chef de guerre Chamil (1834-1859), devinrent vite des figures emblématiques de cette lutte armée qui se solda par un échec sanglant. Paradoxalement, l'opinion progressiste russe de l'époque, cherchant une inspiration volontariste contre l'ostracisme tsariste qui avait suivi la répression des décembristes, fut plutôt impressionnée par la force de caractère des combattants caucasiens, qu'ils comparaient aux paysages majestueux de ces contrées. Les œuvres du poète romantique Mikhaïl Lermontov témoignent de cette fascination.

La gorge de Thcétchénie. Photo de Sergueï Prokoudine-Gorski (1909-1915)

La farouche résistance des tribus montagnardes ne prit fin qu'avec la reddition, en 1859, du chef musulman Chamil. La Tchétchénie, comme toute région conquise, subit une russification accélérée, les colons russes étant attirés par des terres fertiles des vallées du Caucase du Nord. Les politiques expansionnistes des empires ottoman, britannique et perse sur le Caucase du Nord se heurtèrent au contrôle que la Russie exerçait dorénavant sur toute l'étendue du Caucase, du Nord au Sud.

Articles connexes : Caucase et Guerre du Caucase.

Époque soviétique

L’avènement du régime bolchévique en Russie en 1917 arrêta momentanément l’expansion russe dans cette région. La frontière entre l'empire ottoman agonisant (puis la nouvelle république de Turquie créée en 1923) et la jeune Union soviétique se fit sur le Caucase, incluant la petite république soviétique d'Arménie. Tout comme les petits peuples de la région encore présents, la société tchétchène avait encore sa structure féodale, une société sans classes où tout le monde était noble. À la veille de la disparition de l'Empire des Tsars, le pays tchétchène, avec le reste du Caucase du Nord, était « pacifié » et partiellement colonisé par les Russes et les Ukrainiens attirés par le gisement pétrolier de Grozny, et faisait donc partie du Caucase soviétique. Dans le même temps, de nombreux Cosaques, qui avaient massivement collaboré avec les troupes de l'Armée blanche de l'ancien régime, furent expulsés de leurs terres caucasiennes, ce qui entraîna une augmentation la proportion de la population autochtone.

En 1922, les Tchétchènes constituèrent pour la première fois une structure administrative distincte, la Région autonome de Tchétchénie, avec un certain degré d’auto-gouvernance. En 1936, la région fut incorporée dans la République socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie (RSSA de Tchétchénie-Ingouchie).

Sous Staline, les Tchétchènes résistèrent à la collectivisation forcée des terres. En 1944, suite à l'insurrection dirigée par Magomed Chéripov, environ 387 229 Tchétchènes et 91 250 Ingouches (selon les rapports du chef du NKVD Lavrenti Beria) furent déportés au Kazakhstan, accusés collectivement d'avoir collaboré avec les Nazis.

En 1957, à l'initiative de Khrouchtchev qui œuvrait à la déstalinisation de l'URSS, les Tchétchènes et les Ingouches furent autorisés à revenir sur leurs terres, et la « République socialiste soviétique autonome (RSSA) des Tchétchènes-Ingouches » fut rétablie. En Tchétchénie, la population comptait au début des années 1990 environ 30 % de Russes, répartis surtout dans la région pétrolifère de la plaine autour de Grozny.

Peu de temps avant la dislocation de l'Union soviétique en 1991, un mouvement d'indépendance se forma en Tchétchénie, alors que la Russie s'opposait à toute sécession.

Les deux guerres tchétchènes

Article détaillé : Guerre en Tchétchénie.

Genèse des conflits

Le général Djokhar Doudaïev, ancien pilote de bombardement stratégique de l’Armée soviétique et titulaire de la médaille suprême de l'Héros de l'Union soviétique, prit le pouvoir suite à un coup d'État mené le 5 septembre 1991 par un « Comité exécutif du Congrès national tchétchène ». Quelques semaines auparavant, cette organisation avait soutenu Eltsine dans sa confrontation avec des putschistes communistes, ce qui lui avait assuré un soutien mesuré de la part de Moscou pendant un certain temps. Le discours démocratique, nationaliste et social de Doudaev devint assez rapidement un éloge de la libération nationale et religieuse doté d'une référence historique forte, ce qui enflamma les masses. L'indépendance fut déclarée le 2 novembre 1991, et Doudaev légitimé président de la République par le nouveau Parlement. Il devint vite le symbole de la lutte pour l’émancipation visée par les insurrections de Chamil au XIXe siècle. L'Ingouchie se sépara de la Tchétchénie rebelle le 4 juin 1992 en affirmant son attachement au Centre fédéral. Le 10 juin 1992, les autorités tchétchènes démantelèrent les structures du ministère de la défense russe sur son territoire et prirent possession de leur arsenal militaire. Certains analystes parlent même d'une complicité pécuniaire des hauts fonctionnaires et généraux russes, sans l'aval desquels une telle quantité d'armes, y compris lourdes, ne se serait jamais retrouvée dans les mains du régime de Doudaev.

Entre 1991-1994. les nationalistes tchétchènes chassent 250 000 Russes, Juifs, Arméniens et autres nationalités non-Vaïnakh de Tchétchénie. Plusieurs milliers d'entre eux sont assassinés ou pris en otage, notamment à Grozny où les deux tiers de la population était russophone[4].

Pendant trois années de laxisme de la part du gouvernement central de Eltsine, marquées par des détournements massifs de fonds fédéraux (commencés par la fameuse affaire des faux avis de transfert de fonds opérés via la filiale tchétchène de la Banque Centrale russe encore avant le début de confrontation), estimés à 5 milliards de dollars, la Tchétchénie profita de son statut d'indépendance de facto pour former ses propres infrastructures civiles et militaires. Les milices tchétchènes établirent des liens plus ou moins étroits avec des mouvements islamistes de Jordanie, d'Arabie saoudite, d'Afghanistan et d'autres pays. C'est alors que le ton monta entre Moscou et Grozny.

Moscou comprit que les groupements tchétchènes rebelles et extrémistes, échappant à tout contrôle, mettant en pratique la charia (proclamée loi officielle en janvier 1999), des enlèvements d'hommes et le détournement du pétrole, représentaient un danger important pour l'intégrité du territoire russe et pour ses régions limitrophes. Paradoxalement, malgré sa rhétorique de force, la Russie essaya d'acheter la loyauté tchétchène en continuant à verser d'importantes sommes d'argent à la république, entre autres pour payer les retraites, et à expédier du pétrole aux raffineries tchétchènes, et ce jusqu'en automne 1994. Beaucoup de fonds monétaires et pétroliers fédéraux furent ainsi détournés dans le but de financer la lutte armée (achat d'armes, formation de groupements paramilitaires, etc.) et pour l'enrichissement personnel des oligarques russes et des hommes d'affaire tchétchènes résidant à Moscou. Un grand nombre de sociétés intermédiaires en Russie engrangèrent ainsi plusieurs millions de pétrodollars dans les eaux troubles entourant ce conflit[5].

Revue de deux guerres et de la guérilla

Un soldat russe.
Photo prise par Mikhail Evstafiev.

Suite à différents prétextes, deux guerres sanglantes et destructrices avec le « Centre fédéral » (Russie) éclatèrent en 1994-1995 et en 1999-2000. L’attaque surprise de l’armée russe en 1994 sous le commandement de Boris Eltsine, le premier président de la Russie post-soviétique, devint, avec plus de 20 000 soldats engagés, la plus grande opération militaire organisée par Moscou depuis son intervention en Afghanistan en 1979.

Eltsine avait besoin d'une guerre fulgurante et victorieuse pour prouver à son peuple que la Russie était encore une superpuissance et asseoir ainsi son autorité à la veille des élections présidentielles. Mais au lieu d’un blitzkrieg spectaculaire, la guerre s'avéra un échec militaire et humanitaire pour la Russie qui rencontra une résistance féroce de combattants de nationalités différentes, utilisant des armes lourdes très modernes. Malgré la prise de Grozny, la guerre se transforma en un véritable bourbier avec d’énormes pertes humaines et matérielles des deux côtés. N'étant plus capable de poursuivre des opérations militaires d'une telle envergure, la Russie accepta de signer en août 1996 à Khassaviourt (Daghestan) un accord de paix conduisant à un statu quo laissant à la Tchétchénie une auto-gouvernance de facto en échange d'une promesse du report des pourparlers sur l'indépendance (les négociations furent repoussées jusqu'en 2001) et l’arrêt des opérations d'enlèvements d'hommes. Par ailleurs, les cas de nombreuses victimes civiles et les exactions isolées commises par des militaires ont indisposé l'opinion publique étrangère contre la Russie, ce qui a aggravé la crise de l'autorité présidentielle et de la société russe en général.

En août 1996 le représentant tchétchène Aslan Maskhadov et le secrétaire du Conseil de la sécurité de la Russie Alexandre Lebed ont signé à Khassaviourt (Daguestan) un Accord de paix mettant fin aux hostilités de la Première guerre de Tchétchénie (Accords de Khassaviourt). Cet accord a ouvert la voie au retrait des forces fédérales russes de la Tchétchénie et à l'indépendance de facto de la république (les négociations sur le statut de la Tchétchénie ont été repoussées à l'an 2000).

En 1997 Aslan Maskhadov, un leader tchétchène considéré comme modéré, ayant établi des contacts constructifs avec Moscou, fut élu président (avec 53 % des voix), opposé à Chamil Bassaïev.

De 1998 à 1999, la République tchétchène d'Itchkérie, de facto indépendante, portait également officieusement le nom de la République Islamique d'Itchkérie (tout en gardant le nom original dans ses relations extérieures).

Forts de leurs victoires, plusieurs chefs de guerre tchétchènes réclamèrent l’instauration d'un Caucase Islamique destiné à regrouper toutes les républiques voisines. Ils organisèrent des intrusions armées souvent sous forme d'attaques et d'attentats contre les forces russes dispersées autour de la Tchétchénie. Les éléments les plus radicaux (dirigés par les chefs de guerre Chamil Bassaïev[6] et Salmon Radouyev) commirent alors des attentats terroristes non seulement sur les populations civiles des républiques autonomes et des régions russes limitrophes, mais aussi à Moscou et à Volgodonsk, tuant plus de 240 personnes.

La vague d'attentats en Russie en 1999, les exécutions sommaires par décapitation de plusieurs otages, y compris occidentaux, et les intrusions massives des forces tchétchènes au Daghestan voisin en vue d'y provoquer un coup d'État islamiste, déclenchèrent la deuxième guerre en septembre 1999, sous le commandement de Vladimir Poutine, alors Premier ministre russe. L'opération se solda par un rapide succès et la prise de Grozny par les forces fédérales russes en janvier 2000. Poutine instaura la gouvernance directe de Moscou dans la République.

Un rebelle tchétchène près du palais présidentiel à Grozny (1995).
Photo prise par Mikhail Evstafiev.

Dès la fin des hostilités, la plupart des combattants indépendantistes, profitant de l'amnistie accordée par Poutine, déposèrent leurs armes. Parmi eux, nombreux furent ceux qui rejoignirent les rangs de la milice du nouveau régime pro-fédéral. Les plus entraînés s'enrôlèrent dans le commando du Premier ministre actuel, Ramzan Kadyrov. Cependant, plusieurs dizaines de milliers de combattants rebelles se réfugièrent dans les montagnes et les forêts, d'où ils continuent à mener des opérations de guérilla contre les troupes russes et tchétchènes pro-fédérales. Les réseaux islamistes extrémistes étrangers financent toujours certaines opérations des rebelles, leur permettant de survivre 5 ans après la chute du régime.

Le 8 mars 2005, le président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov fut abattu à Tolstoï-Iourt suite à une « opération spéciale » menée par les forces russes. La mort de Maskhadov, ainsi que celle de Bassaïev en juillet 2006, a porté un coup dur à la cohésion et à la logistique des rebelles. Les attaques contre les forces fédérales prennent de plus en plus un caractère sporadique et moins coordonné. Moins nombreux, les maquis sont aussi visiblement moins entraînés.

Le contexte historique des conflits

Les peuples qui vivaient jusqu'au XIXe siècle, dans le Caucase, dont la superficie est inférieure de 20 % à celle de la France, parlent encore une bonne centaine de langues et dialectes différents appartenant surtout à la très ancienne famille linguistique des langues caucasiennes (60 à 70 langues), mais aussi aux familles indo-européenne, turco-mongole et sémitique, ils sont majoritairement de religion musulmane.

Dans le Caucase du Nord, où se trouve la République de Tchétchénie, ces peuples ont été récemment (du XVIe siècle, au XVIIIe siècle, convertis à l'islam (mis à part les Ossètes, partiellement convertis au christianisme). Mais ils s'étaient très violemment rebellés contre l'avancée militaire et coloniale russe dans la région, entamée au XVIe siècle, au détriment des Turcs ottomans, des Perses et des Mongols et achevée au cours du XIXe siècle, alors que l'Angleterre avait des visées sur les ressources naturelles (pétrole, fer, etc.) de la région. En contrepartie, une grande partie de ces peuples ont été militairement occupés, massacrés ou ont fui massivement par centaines de milliers dans l'Empire ottoman (Anatolie et Moyen-Orient).

La nouvelle Hadji Mourad, de Tolstoï, relate ainsi l'épopée du chef rebelle tchétchène Chamil en guerre contre l'envahisseur russe dans la région au milieu du XIXe siècle. Dans la première partie du XIXe siècle, le pays tchétchène fut en effet déjà le bastion de la guerre pour l'indépendance du Caucase, l'imam nakshbandi Chamil conduisant une « guerre sainte » contre les Russes entre 1834 et 1859.

Article connexe : Caucase.

Les enjeux économiques et géopolitiques

La petite république de Tchétchénie est relativement riche en pétrole et gaz naturel. Mais l'importance de ses gisements est souvent surestimée - durant toute la période soviétique, la Tchétchénie importait massivement du pétrole d'Azerbaïdjan et de Sibérie pour approvisionner son industrie pétrochimique (13,5 des 18 millions de tonnes raffinées en 1991), et était subventionnée par Moscou. D'autres industries étant quasi-absentes, la République fut essentiellement rurale et sous-développée, ce qui a sûrement alimenté le mécontentement populaire, l'exode vers le Grand Nord et une animosité envers Moscou.

Carte des républiques et des kraïs du Caucase du Nord russe

Une des raisons des conflits d'intérêts russes et américains dans le Caucase n'est pas tant le contrôle des ressources naturelles de ces territoires (le Caucase du Nord russe produit à peine 1,5 % des 459 millions de tonnes de pétrole que la Russie extrait annuellement) que le contrôle de l'acheminement de l'or noir depuis la mer Caspienne hors-Russie (Azerbaïdjan, Kazakhstan) dont les pipelines passent par cette région (Géorgie, Arménie, Caucase du Nord russe - dont la Tchétchénie) jusqu'aux ports de la Méditerranée, particulièrement le port de Ceyhan en Turquie[7]. Profitant de l'instabilité dans la Tchétchénie, les États-Unis ont fait pression pour qu'un pipeline alternatif soit construit à travers l'Azerbaïdjan et la Géorgie vers la Turquie sans passer par la Tchétchénie ; financé par les compagnies américaines, il fut achevé en 2005[8].

Les richesses en hydrocarbures ne constituent pas le seul enjeu du nouveau « Grand jeu » entre puissances pour le contrôle des marges méridionales de l'ancienne URSS. Tout comme à l'époque des premières conquêtes, depuis 1994, la Russie mena les guerres en Tchétchénie pour, entre autres, conserver son influence dans l'ensemble du Caucase. Elle continue son ingérence par d'autres moyens dans les conflits séparatistes de certaines républiques autonomes de Géorgie (Abkhazie, Adjarie, Ossétie du Sud) et d'Azerbaïdjan (Haut-Karabagh).

Le conflit tchétchène comporta aussi un facteur géopolitique d'un autre genre. D'après plusieurs analystes, y compris occidentaux, l'effondrement de l'URSS ne fut pas un objectif ultime de la guerre « froide ». Ses idéologues n'ont jamais caché leur intérêt de continuer un affaiblissement politique de la Russie, y compris par son démantèlement. La crise tchétchène fut une excellente occasion pour ces stratèges, qu’ils soient islamistes ou occidentaux, de raviver les vieilles tensions latentes dans le Caucase du Nord en accordant un appui politique, financier et médiatique aux indépendantistes tchétchènes[9].

Les opposants du président russe affirmaient que Poutine avait besoin de la guerre en Tchétchénie pour justifier un pouvoir autoritaire, et dénonçaient parfois le rôle trouble du FSB (ex-KGB) dans le conflit, dont Poutine avait fait partie. La réforme actuelle des régions russes a eu pour conséquence que les gouverneurs ne sont plus élus mais désignés par le président, à l'instar des préfets en France. Selon ces opposants, Vladimir Poutine utilise la menace terroriste tchétchène comme prétexte au renforcement des dispositions de sécurité nationale, souvent au détriment des libertés individuelles, telles que la liberté d'expression.

Article connexe : Géostratégie de la Russie.

Atteintes aux droits de l'homme

Selon les organisations de défense des droits de l'homme, 5000 disparitions forcées auraient eu lieu en Tchétchénie de 1999 à 2006, dont environs 200 ont été portés devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CHDH) comme celles qui auraient été commises par l'armée russe. Un cas d'une telle disparition a été condamné par la CEDH[10].

Par l'armée russe

Le « Comité américain pour la paix en Tchétchénie » (ACPC), très proche de l'aile conservatrice du parti républicain américain, fut l'un des plus virulents critiques des actions militaires russes en Tchétchénie. Certains médias internationaux et plusieurs autres associations (dont Amnesty International et le Comité Tchétchénie) réclamaient au début des années 2000 la fin à de supposées violations des droits de l'homme imputables aux militaires de l'armée fédérale et des milices tchétchènes pro-fédérales, et déplorent une absence de recours judiciaires réels. Ils exigeaient également la médiation internationale afin que s'établissent des négociations entre les autorités tchétchènes actuelles et les séparatistes. Poutine justifia son refus de négocier avec les rebelles par un principe universel que l'« on ne négocie pas avec les terroristes et les criminels ». Il appela les occidentaux à ne pas faire preuve de « double morale ».

Avec la fin d'opérations militaires majeures en 2001-2002, qui furent propices aux abus et induisirent des pertes civiles, et l'instauration d'un État civil démocratique en Tchétchénie entre 2004 et 2005, les revendications de négociation avec les rebelles ont sensiblement diminué.

Amnesty international dénonce dans son rapport de 2001 à la Commission des droits de l'homme des Nations unies les bombardement aveugles effectués par l'armée russe sur des zones civiles tchétchènes, les exécutions sommaires, les emprisonnement arbitraires, la torture ainsi que des pillages, viols et demandes de rançon menée par celle ci[11].

Par les indépendantistes

Les autorités russes affirment disposer de preuves de liens des groupes djihadistes tchétchènes (surtout de ceux de l'émir Al-Khattab ou de Chamil Bassaïev) avec des réseaux terroristes étrangers, notamment Al-Qaïda. Le juge Jean-Louis Bruguière, patron du pôle antiterroriste français, confirme également l'existence de ces liens[12]. En même temps, le Rapport d'information de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française sur la coopération internationale pour lutter contre le terrorisme affirme, entre autres, qu'« en termes de formation des terroristes, à l’abri du sanctuaire afghan, s’est développée une nébuleuse (Al-Qaïda) avec des relais dans le monde entier (Algérie, Tchétchénie, Balkans… Vers ce sanctuaire ont convergé des centaines de djihadistes. Ainsi, pendant cinq à sept ans, des centaines de combattants ont été formés dans les camps afghans, avant de retourner en Europe, aux États-Unis ou dans leurs pays d’origine où ils avaient à la fois la légitimité et la compétence pour diriger des cellules terroristes, n’ayant d’ailleurs plus nécessairement de liens directs avec Al-Qaida.[13]. »

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe affirme que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, devenue une importante priorité internationale, on constate une concordance de vues entre les États-Unis d’une part, et la Russie et la Géorgie d’autre part, sur la lutte contre les combattants tchétchènes et leurs alliés mercenaires, dits « les arabes du Pankissi », cachés de l'autre côté de la frontière russe et soupçonnés d’être liés au réseau Al-Qaïda[14]. En octobre 2002, le parquet de Paris ouvrit une instruction sur la préparation d'un attentat contre l'ambassade russe dans la capitale française. Cette enquête a été présentée par les médias sous le nom générique de l'« affaire des filières tchétchènes ». En effet, le dénominateur commun des terroristes consistait dans le fait qu'ils étaient tous passés par la Tchétchénie, en 1999-2000 et étaient liés à l’imam Benchelali, lui-même proche des combattants d'Al Qaïda[15].

Selon le Centre canadien de la recherche sur la Mondialisation, « Les principaux leaders rebelles en Tchétchénie, Chamil Bassaïev et Al Khattab, ont reçu leur formation militaire et idéologique dans des camps d'entraînement financés par la CIA en Afghanistan et au Pakistan ». Selon Yossef Bodansky, directeur du US Congress's Task Force on Terrorism and Unconventional Warfare, « la guerre tchétchène fut planifiée durant un réunion secrète de Hizb Allah, tenue en 1996 à Mogadishu, en Somalie. De nombreux cadres supérieurs des Services de renseignement iraniens et pakistanais, auraient participé à cette réunion, à laquelle Oussama Ben Laden était également présent »[16].

Selon la déclaration du chef du FSB russe, M. Nikolaï Patrouchev, en novembre 2005 fut « liquidé » en Tchétchénie le représentant d'Al-Qaïda pour le Caucase du Nord, le Cheïkh Abou Omar as-Seif, le grand trésorier des combattants indépendantistes. Selon les documents saisis par les forces spéciales russes, il aurait été désigné pour développer les stratégies d'implantation de l'« Internationale Verte » fondamentaliste dans le Caucase par Ben Laden en personne, 10 ans auparavant.

Entraînés dans les camps existants en Tchétchénie et en Afghanistan dans les années 1990, et financés par les capitaux terroristes internationaux, de nombreux groupes terroristes djihadistes tchétchènes ont régulièrement recours aux actes de terreur dans le cadre de leur lutte armée contre le pouvoir central russe :

  • 26 mai 1994 prise d'otages d’écoliers à Mineralnye Vody.
  • 29 juillet 1994 prise d'otage de voyageurs à Mineralnye Vody.
  • Juin 1995, un commando du terroriste Bassaïev s'empare de l'hôpital et de la maternité à Boudionnovsk, 150 morts.
  • 16 novembre 1996, explosion de bombes dans une maison à Kaspijsk, 69 morts
  • 19 mars 1999, explosion de bombes dans un marché central de Vladikavkaz, 64 morts
  • 4 septembre 1999, explosion de bombes dans une maison à Bujnaksk, 62 morts
  • 16 septembre 1999, explosion de bombes dans une maison à Volgodonsk, 18 morts
  • 5 décembre 2003 explosion de bombes dans le train à Kislovodsk, 42 morts
  • Série d'attentats attribués aux Tchétchènes, à Moscou (septembre 1999). Bilan : plus de 200 morts.
  • Prise d'otage par un commando tchétchène au Théâtre de Moscou (octobre 2002). Ces terroristes portaient des ceintures d'explosifs. Les services spéciaux russes ont usé d'un gaz dangereux. Le commando a été totalement éliminé, peut-être parce qu'il était infiltré, selon un « informateur anonyme du FSB »[17]. Bilan : 128 morts parmi les otages, 41 parmi les terroristes[18].
  • Attentat du métro de Moscou, attribué aux Tchétchènes (février 2004). Bilan : 40 morts.
  • Attentats simultanés sur deux avions de lignes russes, 89 morts (août 2004)[19]
  • Prise d'otages de Beslan, en Ossétie du Nord-Alanie (septembre 2004). De nombreux enfants assassinés par le commando terroriste tchétchène.
  • Opération contre des bâtiments des forces de l'ordre à Naltchik (Kabardino-Balkarie), revendiquée par Chamil Bassaïev (13 octobre 2005). Bilan : 137 morts dont 92 assaillants.

De plus, les enlèvements d'hommes demeurent l’un des problèmes les plus sensibles de la Tchétchénie. 2 780 personnes ont été enlevées depuis 2000 en Tchétchénie, selon les données présentées par le président tchétchène, Alou Alkhanov. Le « kidnapping business » a été lancé, selon Ramzan Kadyrov, par l’ancien oligarque russe Boris Berezovski, lui aussi en exil en Angleterre, qui occupait au milieu des années 1990 le poste de sous-secrétaire du Conseil de sécurité russe. « Berezovski disait aux chefs terroristes qu’il ne pouvait leur verser d’argent directement, et il leur proposait d’enlever des civils et des militaires en Tchétchénie pour leur payer des millions de dollars sous forme de rançon », a-t-il expliqué, ajoutant que les ravisseurs avaient ainsi décroché 30 millions de dollars.

Le « kidnapping business » est né au milieu des années 1990 quand les autres sources d’enrichissement illégales furent épuisées. « La guerre contre la Russie est alors devenue lucrative », raconte le conseiller du Kremlin, Aslambek Aslakhanov. « Déjà avant le début de la première campagne militaire, en 1994, la République tchétchène a dégénéré en un trou noir criminel permettant de blanchir des milliards de dollars », affirme-t-il. « En 1993, la République tchétchène est devenue une des plaques tournantes mondiales du trafic d’armes. Parfois, jusqu’à 30 avions, chargés d’armes, décollaient en un jour de l’aéroport de Grozny à destination des pays du Proche-Orient et d’Afrique, et ils ramenaient en Tchétchénie drogue et ses matières premières. Dans le district de Chali fonctionnait une importante filière de production d’héroïne hautement raffinée », ajoute-t-il.

Le nombre de disparitions est passé de 228 en 2004 à 117 en 2005, selon l'agence Itar-Tass[20].

Le 15 juillet 2006, le chef du FSB russe, Nikolaï Patrouchev, faisant suite à la mort du «terroriste No 1» Bassaïev, a proposé aux restes de rebelles de déposer les armes contre clémence. Depuis, plus de 178 combattants ont déposé leurs armes. D'après le vice-Premier ministre Adam Delimkhanov, il n'en resterait pas plus de 90 encore dans la résistance, dont 30 mercenaires arabes[21].

L'après-guerre

Immédiatement après la fin des opérations militaire majeures, le président russe Vladimir Poutine réaffirma les bases de la nouvelle politique du Centre en Tchétchénie : transfert du maintien de l’ordre à la milice locale, élection d’un président et d’un Parlement au suffrage universel, traité de délimitation des pouvoirs entre la Fédération de Russie et la République de Tchétchénie et reconstruction. Plusieurs milliers de combattants ont été amnistiés. Mais malgré les assurances de normalisation de la part du Kremlin, quelques groupes de combattants séparatistes armés continuent toujours, de façon sporadique, à mener les actes terroristes, surtout dans les républiques voisines, moins militarisées.

Des 100 000 militaires des forces armées fédérales, qui étaient déployés en Tchétchénie pendant les deux guerres pour lutter contre les rebelles réfugiés dans les montagnes (soit plus d'un soldat pour dix habitants), il n'en restait plus que 24 000 en 2005 (la 42e Division motorisée d'infanterie) pour appuyer les forces tchétchènes du ministère de l'Intérieur qui ont remplacé le gros des unités militaires et des forces spéciales. Les soldats reçoivent une prime s'ils capturent des résistants séparatistes.

En 2005, plus de 200 combattants indépendantistes ont été désarmés, selon le chef du FSB, Nikolaï Patrouchev. Selon la déclaration du président tchétchène Alou Alkhanov faite le 25 décembre 2005, la diminution sensible des activités des combattants atteinte en 2005, grâce, notamment, à la neutralisation de leurs chefs, permettrait maintenant de réduire encore les effectifs des forces fédérales dans la République, les organes de l'ordre locaux étant dorénavant aptes à garder la situation en Tchétchénie sous leur contrôle.

Les analystes considèrent que le Kremlin a voulu ainsi « tchétchéniser » le conflit avec les séparatistes, à savoir, donner aux Tchétchènes les rênes du pouvoir dans la république, y compris le contrôle total des forces de l'ordre, tout en gardant un œil vigilant sur eux. Ainsi, la totalité des opérations militaires se font dorénavant par les forces tchétchènes pro-fédérales (surtout le régiment de la garde rapprochée de Kadyrov, les « Kadyrovtsy ») ou les bataillons « Zapad » et « Vostok » du ministère de l'Intérieur, complétés en totalité par les Tchétchènes ethniques. La montée en puissance de Ramzan Kadyrov, un homme déterminé qui ne mâche pas les mots, en témoigne encore plus. Avec sa nomination au poste du Premier ministre en mars 2006 à la place d'un jeune apparatchik de Moscou, Sergueï Abramov, ce ne sont pas seulement des leviers militaires et policiers qui se retrouvent dans ses mains, mais aussi ceux politico-économiques, y compris les flux financiers.

Il existerait une lutte d'influence qui vire sporadiquement à la confrontation ouverte entre les « Kadyrovtsy » et le bataillon « Vostok » du ministère de l'Intérieur fédéral russe, dirigé par le Tchétchène de souche Soulim Iamadaïev. Ramzan Kadyrov accuse souvent le bataillon « Vostok » de commettre des enlèvements, voire des assasinats[22]. Certains analystes parlent de la guerre des clans entre celui de Kadyrov et celui des frères Iamadaïev.

En 2007, 164 boévikis dont 28 chefs de groupe, ont été « neutralisés ». Selon le vice-ministre de l'Intérieur, Arkadi Edelev, fin janvier 2008, il restait environ 440 « individus qui courent encore dans les montagnes, l'arme à la main ». Pour les autorités, la deuxième guerre est terminée depuis longtemps mais la Tchétchénie reste officiellement une « zone d'opération antiterroriste ». Selon des organisations humanitaires, régulièrement, des jeunes hommes « rejoignent la montagne » non pas par idéologie ou fanatisme religieux mais pour venger des proches victimes de persécutions d'autant plus que le chômage touche 70 % de la population active.

Le 20 mars 2008, une fusillade entre policiers et une quarantaine de rebelles boévikis près du village d'Alkhazourovo aurait fait entre neuf et quinze morts, dont cinq policiers, selon les sources.

Le 16 avril 2009, le régime d'opération antiterroriste en vigueur en Tchétchénie depuis 1999 est levé[23].

Économie et reconstruction

La compagnie publique pétrolière « Grozneftegaz » a extrait en 2005 2,2 millions de tonnes du pétrole et 500 000 m² de gaz naturel (700 mille tonnes de pétrole en 2001, 1,5 million en 2002, 1,8 million en 2003 et 2 millions en 2004). Les analystes estiment que les gisements tchétchènes devraient diminuer et s'attendent à ce que le volume d'extraction s'établisse à 1,8 million de tonnes vers 2008 et qu'il continue à descendre par la suite.

En Tchétchénie se poursuit activement le programme de reconstruction résidentielle et industrielle, dont le but principal est de donner des logements convenables à la population, d'augmenter le PIB et de diminuer le chômage. À titre d'exemple, le combinat géant « Krasny Molot » — la plus grande entreprise de la république fondée en 1886, qui livrait de l'équipement pétrochimique dans 56 pays avant la guerre, a été entièrement détruit dans les années 1990. Sa reconstruction est terminée et le combinat est à nouveau opérationnel depuis le début 2006. L'aéroport de Grozny, le plus grand dans le Caucase du Nord, a rouvert en octobre 2006, entièrement renové, avec une autoroute qui y mène depuis la capitale.

Depuis le début 2006, la reconstruction civile et résidentielle, effectuée sous la tutelle directe de Ramzan Kadyrov et financé en grande partie par sa fondation dont le financement provient des prélèvements obligatoires auprès des hommes d'affaire tchétchènes, a pris une accélération fulgurante. Kadyrov, qui se rend régulièrement aux chantiers, exigea en septembre 2006 que le centre-ville de Grozny soit entièrement dépourvu des traces de guerre. Fin 2007, il ne reste presque plus en ville de traces des deux guerres dévastatrices.

Parmi les problèmes importants qu'affronte l'économie tchétchène, il faut noter le niveau record de chômage (impossible à déterminer en raison de la prépondérance du travail non déclaré), le nombre de chômeurs officiels étant de 340 000 personnes en 2006. Le chômage de masse induit un important niveau de pauvreté. Selon l'ONU, environ 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Politique actuelle en Tchétchénie

Système politique

La Tchétchénie est une république présidentielle qui a, pour des raisons personnelles, un pouvoir exécutif fort en personne du président Ramzan Kadyrov.

  • Le gouvernement est constitué de 8 membres et 14 ministres sectoriels. Le Président dispose du Cabinet (Apparat) composé de plusieurs départements spécialisés ou sectoriels.
  • Le parlement de 58 sièges est bicaméral et composé du Conseil républicain (chambre haute) et de l'Assemblée populaire (chambre basse). Le Parti de la Russie unie pro-Kremlin a réuni 61 % des voix lors du dernier scrutin de 2005.
  • Le Conseil d'État (Gossoviet), composé de 34 membres, est un organe représentatif des raions administratifs de la république. Il joue un rôle consultatif auprès du Parlement.

Après des années de conflit, le Kremlin a mis l’accent sur la mise en place d'organes législatifs et exécutifs démocratiques tchétchènes qui devront fonctionner selon la Constitution de la Fédération de Russie. La restauration d’un État de droit est avancée par Poutine comme gage ultime de normalisation et de non-retour au régime de la junte militaire.

Suite à l’adoption, à une grande majorité et au suffrage universel, d'une Constitution pro-fédérale en mars 2003 et après les deux élections présidentielles d'octobre 2003 et d'août 2004, la république a élu son parlement, le 27 novembre 2005. Ainsi, avec ces dernières élections, le processus de mise en place d'un nouveau pouvoir en Tchétchénie a été achevé. « Les élections ont officiellement clos le rétablissement du système constitutionnel de la république », a déclaré M. Poutine cité par l'agence de presse Interfax.

Le phénomène Kadyrov-fils

Ramzan Kadyrov, fils du défunt président tchétchène et ancien grand mufti Akhmad Kadyrov, assassiné le 9 mai 2004, lors d'un attentat pendant la célébration de l'anniversaire de la victoire contre les nazis, occupe actuellement le poste de Président de la République tchétchène (depuis le 15 février 2007), après avoir occupé celui du Premier ministre (depuis le 2 mars 2006). Avant ces nominations, Kadyrov-fils se trouvait à la tête des Services de Sécurité et de la Garde présidentielle constituée sous son père. Il contrôla alors entre 12 000 et 34 000 hommes armés et entraînés, souvent d'anciens combattants anti-russes chevronnés.

Aujourd’hui, soutenu par admiration ou par peur par la majorité de la population, surtout pour ses succès dans l'écrasement de la rébellion et dans la réconstruction accélérée du pays, Ramzan se constitue en véritable maître de la Tchétchénie, aux côtés du nouveau parlement. Publiquement pro-fédéral et ostensiblement anti-wahhabite, il prône, d'un autre côté, une islamisation des mœurs et des coutumes tchétchènes et agit souvent en nationaliste radical. Maintes fois accusé d'être violent et antidémocratique, il aurait été impliqué, selon les rumeurs, dans de nombreux cas de torture, voire de meurtres. Le haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Louise Arbour, a exprimé le 23 février 2006 à Grozny son inquiétude devant les témoignages d'enlèvements et de tortures exercées par les commandos de Ramzan Kadyrov en Tchétchénie. Human Rights Watch dénonce un usage systématique de la torture par les forces de sécurité[24].

Ouvertement soutenu par le président, puis le premier-ministre russe Vladimir Poutine, qui veut à travers lui exercer un contrôle du véritable pouvoir en Tchétchénie, celui des clans (teips), Kadyrov-fils n'hésite pas à multiplier les initiatives volontaristes, en édictant des oukazs non-écrits que tout le monde doit suivre. Ainsi, en 2005, il interdit dans la république les jeux de hasard, ou en février 2006, l'entrée des citoyens danois sur le sol tchétchène, en réponse à la publication des caricatures de Mahomet. Comme c'était attendu par les analystes, passé l'âge de 30 ans en octobre 2006, limite légale pour toute candidature présidentielle, Kadyrov-fils a pu approcher ce mandat suprême. Le 15 février 2007, il est nommé par le président russe Vladimir Poutine, président par intérim après la démission surprise d'Alou Alkhanov. De plus, les titulaires de ce poste pourraient être désignés par la présidence russe et non plus par une élection locale, et ce pour tout sujet fédéral de Russie, y compris les républiques ; une telle idée commence à être avancée par le Kremlin dans le but de rétablir le contrôle du pouvoir central sur les régions.

Actions politiques des séparatistes tchétchènes

Certains représentants tchétchènes indépendantistes se trouvent toujours en activité à l'étranger où ils reçoivent un soutien politique et financier ou un couverture médiatique, grâce, notamment, au travail de relations publiques qu'ils mènent. L'exemple le plus flagrant est celui d'Akhmed Zakaïev, représentant du gouvernement déchu d'Aslan Maskhadov, réfugié à Londres. La Russie tente d'obtenir son extradition des pays européens où il fait sporadiquement des apparitions, en l'accusant de liens avec le terroriste Chamil Bassaïev, chef de guerre et organisateur avoué de plusieurs attentats meurtriers dont celui de Beslan en 2004[25].

Des sympathisants des séparatistes tchétchènes, dont l'ancien oligarque russe Boris Berezovski et ancien sous-secrétaire du Conseil de sécurité russe dans les années 1990, mènent des actions politiques critiques à l'égard de l'administration Poutine et de sa gestion du dossier tchétchène. De son côté, Moscou a souvent accusé Berezovski d’avoir financé les rebelles tchétchènes via le mécanisme de paiement de rançons suite aux enlèvements d'hommes. Les autorités russes ont émis un mandat d'arrêt à l'encontre de Bérézovski, qui s’est vu octroyer l’asile politique à Londres pour fraude fiscale.

La société traditionnelle tchétchène

Tout au long de leur histoire, et plus particulièrement durant l'ère russe, une partie des Tchétchènes s'est battue contre ce qu'ils considèrent comme une occupation étrangère. L'accent mis sur les valeurs guerrières a donc pour corollaire l'exaltation de la résistance contre le pouvoir central moscovite. La résistance, dans sa dimension historique et mythique, se présente en élément central de la consolidation d'une identité tchétchène. Le discours identitaire se focalise sur les facteurs sociaux qui favorisent cette résistance, qu'il s'agisse de la structure sociale (le système des teips) ou religieuse (l'islam sunnite d'obédience soufie).

Une identité construite sur la résistance

La résistance est perçue à la fois comme une valeur, mais aussi comme une nécessité face à un monde extérieur hostile. La vision tchétchène de l'histoire en termes de lutte perpétuelle implique cette nécessité de défendre en permanence, et parfois jusqu'au fanatisme sanglant, l'identité tchétchène contre les tentatives d'assimilation (qu'elles soient tsaristes, soviétiques ou russes). En ce sens, l'hymne national tchétchène exalte courage, fierté et dignité qui s'incarnent dans la figure du loup :

Chechen.jpg
« La nuit où les loups sont nés,

À l'approche de l'aube, les lions rugissaient.
Nous sommes alors arrivés,
Du fond des âges, dans ce monde hostile.
Depuis, nous ne plaisons à personne,
Mais nous avons conservé notre dignité.
Des siècles durant, nous nous sommes assurés
Par la lutte, la liberté ou la mort.
Et même si les montagnes de pierre
Brûlent dans le feu des batailles
Aucune horde au monde

Ne nous mettra à genoux. »
Armoiries de l'Itchkérie

Symbole tchétchène, le loup est investi de connotations liées à la force. Animal qui s'attaque à plus fort que lui, représenté sur les armoiries de la république tchétchène d'Itchkérie, ainsi que sur l'iconographie indépendantiste, il personnifie l'endurance et le courage.

Le système des teïps

Malgré une russification accrue, la société tchétchène a préservé un élément traditionnel archaïque dans son organisation sociale : le teïp (le clan). Celui-ci constitue un facteur de régulation sociale et il tenait jadis un rôle important dans l'administration judiciaire. D'une manière générale, le teïp est une organisation clanique fondée sur un groupe familial élargi dont les membres sont reliés non seulement par des liens économiques mais également par le sang suivant une lignée patrilinéaire.

Les teïps, dont le nombre est évalué à plus d'une centaine, sont de tailles différentes. Certains proviennent des régions montagneuses, alors que d'autres sont le fruit de mélanges interethniques avec des groupes voisins. Ils sont répartis selon neuf grands ensembles appelés toukhoum, qui représentent les neufs tribus de la Tchétchénie d'origine (représentées par les neufs étoiles du drapeau indépendantiste).

Le teïp est caractérisé par un ensemble de droits, de privilèges et d'obligations qui sont les mêmes pour l'ensemble des membres du teïp. Une loi locale, plus connue sous le nom d’adat régule tous les aspects de la vie quotidienne. C'est une sorte de code commercial, pénal et civil. Ce droit coutumier est construit sur l'honneur des clans et structure les relations inter claniques.

Cette organisation suscite parfois des divisions au sein de la société tchétchène. Les teïps et les individus sont socialement poussés à rivaliser pour le prestige, cette compétition reflète la plupart du temps des tensions générationnelles. Un bon exemple est le compromis que Maskhadov tenta d'atteindre entre les différents teïps. En effet, sous la présidence de Maskhadov, le ministre de la santé Oumar, le ministre de la défense Magomed Khanbiev ainsi que l'ancien mufti Akhmad Kadyrov provenaient du même teïp, Benoï, alors que Maskhadov appartenait au teïp Aleroï. Ce recrutement de membres d'autres teïps visait principalement à diversifier la représentation au sein du gouvernement afin d'éviter les erreurs politiques stratégiques commises par Djohar Doudaev, qui n'avait favorisé que les membres de son propre teïp. Aslan Maskhadov joua la carte du consensus entre les différents teïps tchétchènes mais ne réussit pas à concilier les intérêts particuliers de chaque teïp.

Le facteur religieux ou l'islam sunnite d'obédience soufie

L'importance du facteur religieux a été rappelée lors de la prise d'otages du théâtre de la Doubrovka à Moscou, notamment à cause du port du voile par la plupart des femmes tchétchènes parmi les ravisseurs. Même si plus d'une personne y vit une collusion entre les Tchétchènes et le terrorisme islamiste wahhabite, une majorité de Tchétchènes condamnèrent ce passage à l'acte et soulignèrent le caractère marginal du fondamentalisme islamique dans un pays de tradition essentiellement soufie.

Le soufisme, un courant de l'islam sunnite qui s'est implanté dans le Caucase du Nord-Est au début du XIXe siècle, prône un rapport mystique du fidèle à Dieu, sans intermédiaire, et s'accommode des coutumes locales. Contrairement au wahhabisme, il préconise le rattachement de chaque fidèle à une vird (branche interne d'une confrérie), portant le nom d'un cheikh (maître spirituel). En Tchétchénie, l'allégeance religieuse se situe au niveau de deux confréries soufies : la Naqchabandiyya et la Qadiriyya. Ces deux confréries sont formées selon une structure hiérarchique, les adeptes étant rattachés à un maître spirituel. Alors que la Qadiriyya recommande le dhikr sous la forme de hadra ou de ‘imara (célébration chantée et dansée au cours de laquelle les fidèles entrent parfois en transe), la Naqchbandiyya pratique un dhikr intérieur (répétition silencieuse d'un mot ou d'une formule, pouvant amener à une transe intérieure). En général, les adeptes de la Naqchbandiyya sont pour la plupart des intellectuels alors que ceux de la Qadiriyya appartiennent à la classe paysanne.

Du fait de sa contradiction avec le wahhabisme, le soufisme, tel qu'on le pratique en Tchétchénie, relativise donc la menace wahhabite et son effet domino sur le Caucase tant décrié et craint par Moscou. D'ailleurs, beaucoup de chefs terroristes wahhabites opérant en Tchétchénie et dans ses environs immédiats ne sont pas tchétchènes, mais arabes, principalement saoudiens ou jordaniens.

Liste des présidents de la République

  • Djokhar Doudaïev, 1991-1996 (indépendantiste) : assassiné par un missile téléguidé russe le 24 avril 1996 ; aurait été repéré par la localisation de son téléphone satellitaire, qu'il utilisait juste avant sa mort.
  • Aslan Maskhadov, 1997- 2000 (indépendantiste) : élu lors d'une élection présidentielle en 1997 puis ayant soutenu les forces rebelles lors de la deuxième guerre, il s'était réfugié dans la clandestinité d'où il continua à revendiquer sa légitimité; tué par les forces fédérales le 8 mars 2005, dans des circonstances qui restent encore incertaines.
  • Akhmad Kadyrov, 2003-2004 (pro-fédéral) : ancien mufti suprême, assassiné par un attentat terroriste lors du défilé en l'honneur de l'anniversaire de la victoire sur les Nazis.
  • Alou Alkhanov (pro-fédéral), élu le 29 août 2004 suite à des élections au suffrage universel et démissionné le 15 février 2007.
  • Ramzan Kadyrov, désigné par Vladimir Poutine et entériné dans cette fonction par le parlement tchétchène le 2 mars 2007 ; jusqu'alors chef du gouvernement.

Voir aussi

Articles connexes

Éclairage supplémentaire sur les dernières guerres

Notes et références

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  1. Données du 1 jan. 2005. Source : Wikipédia russe
  2. [LDH-Toulon] Tchétchénie, briser le silence
  3. Sources : http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_03.xls, http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_01.xls et http://www.perepis2002.ru/ct/html/TOM_14_24.htm (Recensements russes de 1989 et 2002)
  4. Source : (ru) http://www.izvestia.ru/russia/article1092129 Izvestia du 31-I-2005
  5. Sources : http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_03.xls, http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_01.xls et http://www.perepis2002.ru/ct/html/TOM_14_24.htm (Recensements russes de 1989 et 2002).
  6. http://www.fr.rian.ru/analysis/20060711/51186989.html Biographie de Bassaïev sur le site de RIA Novosti
  7. Lire aussi : La guerre de l'or noir
  8. Article : L’oléoduc BTC entre l’Azerbaïdjan et la Turquie évite la Russie
  9. À lire aussi : http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Forum/For0081-BeslanConnexionInternationale.html et http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=CMBA&langue=1&id=23045
  10. (en) Russia censured over Chechen man, BBC, 27/07/2006.
  11. Session 2001 de la Commission des droits de l'homme des Nations unies: Combler le fossé entre droit et réalité, Amnesty international, P13
  12. Source : (fr) http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=societe/20051005.OBS1124.html&datebase=20051005
  13. Source : (fr) http://assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-info/i1716.pdf
  14. A ce sujet, voir (en) http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/doc02/FDOC9621ADI.htm#_ftn3
  15. À ce sujet, voir (fr) http://www.politiqueinternationale.com/PI_PSO/fram_revpde_ar_01104.htm
  16. Étude
  17. Source : Le Monde du 16-XI-2002
  18. Source : Monde diplomatique, XII-2002
  19. [1]
  20. Source : (fr) http://www.armees.com/+Comment-mettre-fin-aux-enlevements-en-Tchetchenie,3984+.html
  21. Source (ru) (le 29 août 2006) : http://www.newsru.com/russia/29aug2006/boev.html#2
  22. (fr) [2]
  23. (fr) URGENT Tchétchénie: levée du régime d'opération antiterroriste, RIA Novosti, 16 avril 2009.
  24. Yahoo News
  25. Sur la prise d'otages de Beslan, voir aussi (en) http://edition.cnn.com/2004/WORLD/europe/09/17/russia.beslan/
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