Parthenon

Parthénon

Acropole d'Athènes 1
Patrimoine mondial de l’UNESCO
Façade ouest du Parthénon

Façade ouest du Parthénon

Latitude
Longitude
37° 58′ 15.132″ Nord
       23° 43′ 34.248″ Est
/ 37.97087, 23.72618
Pays Grèce Grèce
Type Culturel
Critères i, ii, iii, iv, vi
No  identification (ID) 404
Région 2 Europe/Amérique du Nord
Année d’inscription 1987 (11e session)

1 Descriptif officiel (UNESCO)
2 Classification UNESCO

World Heritage Emblem.svg
Documentation du modèle

Le Parthénon — en grec ancien Παρθενών / Parthenṓn, littéralement l'appartement des jeunes filles, c'est-à-dire ici : « la demeure d'Athéna, la déesse vierge » (de παρθένος, nom féminin, jeune fille) — est un édifice situé sur l'Acropole d'Athènes.

Le Parthénon est probablement le plus connu des monuments grecs classiques. Il est aussi considéré depuis l'Antiquité comme le modèle le plus achevé du temple dorique, le seul octostyle (à huit colonnes en façade), construit de -447 à -432 par l'architecte Ictinos et décoré par le sculpteur Phidias, à l'initiative de Périclès.

Ce monument n'est peut-être pas, à proprement parler, un temple, puisque aucun autel n'y est associé, mais plutôt un « trésor », dont la vocation était de mettre en sûreté l'argent de la ligue de Délos.

Sommaire

Édification du bâtiment

Le Parthénon, commandité par Périclès, a été bâti en quinze ans, de -447 à -432[1], sur l'emplacement d'un édifice détruit lors du sac de l'Acropole en -480, pendant les guerres médiques. Phidias en a conçu les plans et sculpté la décoration, l'architecte était Ictinos et l'entrepreneur Callicratès. Sa construction a nécessité le travail de centaines d'artisans-artistes (les deux notions n'étaient pas clairement séparées chez les Grecs de l'Antiquité — cf. art de la Grèce antique). Agatharcos a participé au Parthénon au niveau des perspectives : il y a concrétisé ses recherches.

On possède encore quelques-uns des comptes financiers du chantier. Le Parthénon avec la statue d'Athéna et les Propylées aurait coûté 2 000 talents, somme colossale qui provenait en partie du trésor de la ligue de Délos. Plutarque rapporte dans sa Vie de Périclès (14, 1-2) que celui-ci proposa de prendre à sa charge les dépenses, pourvu qu'on inscrivît son nom sur le monument. L'anecdote est douteuse, mais témoigne des résistances rencontrées à l'époque face à ce projet pharaonique, y compris parmi les alliés d'Athènes.

Son raffinement architectural, la perfection de ses proportions et la qualité de sa décoration étaient réputés dès l'antiquité.

Données architecturales

Plan du Parthénon.

Le Parthénon est un temple dorique périptère octostyle, construit sur un stylobate à trois degrés. Il mesure 69,5 mètres sur 30,88 mètres, dimensions qui ne peuvent être comparées qu'à celles de grands temples ioniques, comme l’Héraion de Samos, les temples romains de Baalbeck ou l'Artémision d'Éphèse, qui dépassent la centaine de mètres.

La façade principale ouvre à l'est, ce qui n'est pas habituel dans les temples doriques[2].

La colonnade extérieure (péristasis) est octostyle et non hexastyle, comme c'est l'usage à l'époque. Elle est dessinée selon un plan rigoureusement dorique et compte 8 × 17 colonnes, soit un total de 46 colonnes, chacune composée de 10 à 12 tambours à 20 cannelures. Le conflit d'angle propre aux édifices d'ordre dorique est ici résolu par la réduction du dernier entrecolonnement.

Le sècos (partie fermée de l'édifice), est surélevé de deux degrés. Il est amphiprostyle, c'est-à-dire que sa colonnade est limitée aux petits côtés, et hexastyle (6 colonnes). Le naos, large de 9,815 m, est entouré d'une colonnade faisant un retour derrière la statue.

L'édifice est aménagé de manière à mettre en valeur la statue de Phidias : la péristasis (espace de la colonnade extérieur), le pronaos (vestibule d'entrée dans le naos) et l'opisthodome (symétrique, à l'arrière du pronaos) sont fortement réduits pour ménager de la place. L'opisthodome ouvre sur une quatrième pièce assez rare dans les monuments grecs de l'époque classique : le parthénos (qui donne son nom à l'édifice).

Le Parthénon est construit en marbre du Pentélique. Son toit était couvert de tuiles de marbre, agrémentées d'antéfixes en palmettes polycromes, et figurant des têtes de lions aux angles, faisant office de gargouilles.

Corrections optiques

Façade Sud.

Un système de correction optique très précis permet de donner l'illusion d'une verticalité et d'une horizontalité parfaite alors que les stylobates et les architraves sont incurvés. De plus, les colonnes ne sont pas parallèles mais sont inclinées vers un point de fuite situé en hauteur (ce qui se voit d'autant plus que la colonne est loin du centre du temple). Enfin, les colonnes elles-mêmes sont modifiées pour ces raisons optiques : les colonnes d'angles sont plus épaisses (car, se détachant sur le vide, elles sembleraient sinon trop minces) et elles sont, ce qui est très courant, légèrement renflées au ⅓ de la hauteur (l'œil ayant tendance à voir à cet endroit un étranglement).

Ces corrections ont, outre l'aspect esthétique, des avantages techniques : elles facilitent l'écoulement des eaux par la courbure du sol et renforcent la structure de l'ensemble par l'élargissement des colonnes d'angle. Cependant, elles rendent aussi plus délicate la taille de chaque bloc de pierre, ainsi que le travail de jointoiement.

Décoration

Phidias montre à ses amis la frise ionique du Parthénon, par Lawrence Alma-Tadema (1868). Socrate et Alcibiade sont à gauche du tableau.

À l'origine, le Parthénon avait une riche décoration de marbre peint, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du bâtiment.

Le Parthénon est un temple dorique périptère octostyle, avec des traits architecturaux ioniques. Il abritait la statue chryséléphantine d'Athéna Parthénos sculptée par Phidias et consacrée en -439/-438.

Le temple a été consacré à Athéna à cette date, même si sa construction s'est poursuivie jusqu'en -432, presque au début de la guerre du Péloponnèse. La décoration sculptée des métopes doriques de la frise surmontant le péristyle extérieur et de la frise ionique située à la partie supérieure des murs de la cella a été achevée en -438.

La richesse de la décoration sculptée de la frise et des métopes du Parthénon est en accord avec sa fonction de trésor. Dans l'opisthodome (salle située à l'arrière de la cella) étaient gardées les contributions financières de la Ligue de Délos, dirigée par Athènes. La décoration en pierre était, à l'origine, très colorée.

Frontons

Fronton est du Parthénon.
Fronton est : naissance d'Athéna et métopes de la Centauromachie, British Museum, salle 18.

Le voyageur Pausanias[3], lors de sa visite à l'Acropole, à la fin du IIe siècle de notre ère, évoque brièvement les sculptures des frontons du temple, réservant l'essentiel de sa description à la statue d'or et d'ivoire de la déesse. Les deux frontons sont actuellement très mutilés.

Fronton est

Le fronton est montre Athéna naissant de la tête de Zeus, son père. Selon la mythologie grecque, Zeus donne naissance à Athéna après un terrible mal de tête pour lequel il sollicite l'aide d'Héphaïstos, dieu du feu et de la forge. Pour soulager sa douleur, Zeus ordonna à Héphaïstos de le frapper de son marteau de forgeron. Ainsi fut fait, et la tête de Zeus s'ouvrit, faisant surgir la déesse Athéna tout armée. La scène sculpturale représente le moment de la naissance d'Athéna.

Malheureusement, les pièces du centre du fronton ont été détruites avant même que Jacques Carrey eût exécuté ses précieux dessins de 1674, de sorte que toutes les reconstructions ne sont que conjectures. Les principaux dieux olympiens se tenaient, selon toute vraisemblance, auprès de Zeus et Athéna pour assister au merveilleux événement, avec Héphaïstos et Héra probablement à leurs côtés. Les dessins de Carrey sont déterminants pour la reconstitution des côtés de la scène [4].

Fronton ouest

Reconstitution du fronton et des métopes ouest.

Le fronton ouest, face aux Propylées, dépeint la querelle entre Athéna et Poséidon pour l'honneur de l'attribution de la ville (voir aussi : Athènes). Athéna et Poséidon figurent au centre de la composition, opposés en diagonale, la déesse tenant l'olivier et le dieu de la mer brandissant son trident pour fendre la terre. À leurs côtés se tiennent deux groupes de chevaux attelés à des chars et toute une foule de personnages légendaires de la mythologie athénienne qui emplit l'espace jusqu'aux extrémités du fronton.

Les travaux sur les frontons se sont échelonnés de -438 à -432, et les sculptures des frontons du Parthénon figurent parmi les plus beaux exemples de l'art grec classique. Les figures sont sculptées dans un mouvement naturel, avec des corps pleins d'énergie qui jaillissent des minces vêtements. La distinction entre les dieux et les humains est floue dans cette composition où se mêlent idéalisme et naturalisme[4].

Frises

Frise dorique : métopes et triglyphes

La frise dorique extérieure est faite de triglyphes (trois bandes verticales) alternant avec des métopes (parties plates) sur lesquelles sont sculptées des scènes traditionnelles :

  • est : Gigantomachie 14 métopes
  • sud : Centauromachie 32 métopes
  • ouest : Amazonomachie 14 métopes
  • nord : Ilioupersis : scène du sac de Troie 32 métopes, dont trois seulement sont conservées
Combat des Lapithes et des Centaures, musée du Louvre.

Les quatre-vingt-douze métopes du Parthénon ont été sculptées en haut-relief, une pratique jusqu'alors réservée aux trésors (bâtiments utilisés pour conserver les offrandes aux dieux). Selon les archives de la construction du Parthénon, les sculptures des métopes datent des années -446 à -440. Leur conception est attribuée au sculpteur Calamis. Chacune des faces est conçue autour d'un thème.

Les métopes conservent des traits du style sévère dans les visages et dans la limitation aux contours des détails corporels, sans indication des muscles, mais avec des veines saillantes bien visibles sur les personnages de la Centauromachie. Quelques-unes de ces métopes sont encore en place sur le bâtiment, mais elles sont gravement endommagées. Certaines d'entre elles sont conservées au musée de l'Acropole, d'autres sont au British Museum et l'une d'entre elles peut être vue au musée du Louvre[5].

Métopes sous le fronton est

Les métopes du côté est du Parthénon, au-dessus de l'entrée principale, décrivent une Gigantomachie (bataille mythique entre les dieux de l'Olympe et les Géants). Zeus (n° 8) figure au centre, suivi de son frère Poséidon (n° 6) jetant l'île de Nisyros sur un géant vaincu. La victoire des dieux est célébrée par le Soleil qui émerge de la nuit avec son char (n° 14), inaugurant une nouvelle ère. Ces métopes du côté est sont en très mauvais état et l'interprétation des leurs figures demeure très conjecturale.

Métopes du côté sud
Centaure combattant un Lapithe, métope sud n° 30, British Museum.

Les métopes du côté sud (1-12 et 21-37), à l'exception de la problématique métope 13-20 aujourd'hui perdue, montrent la Centauromachie ou combat des Lapithes et des Centaures (combat mythique des Lapithes aidés par Thésée contre les Centaures, mi-hommes, mi-chevaux, en Thessalie). Les Centaures sont figurés avec des traits rappelant ceux des masques de théâtre ; ils sont vêtus de peaux d'animaux et sont armés de branches d'arbres. Les Lapithes sont figurés nus ou vêtus de la chlamyde ; ils portent des épées et des boucliers, avec des éléments métalliques véritables qui se trouvaient insérés dans la pierre. On distingue aussi des hydries, qui semblent indiquer une bataille se déroulant à l'intérieur de bâtiments. Contrairement à ce qu'on attendrait d'un point de vue moral, ce sont les Centaures qui semblent l'emporter sur les Lapithes, du moins à cette phase de la bataille.

Le bombardement vénitien de 1687 a gravement endommagé nombre de métopes du côté sud, surtout au centre du mur. Les métopes détruites ne nous sont connues que par les dessins de Jacques Carrey (1674) et par quelques fragments parvenus jusqu'à nous. On ne peut déterminer avec certitudes ce qu'elles représentaient, probablement des scènes de mythes attiques, à mettre en rapport avec la Centauromachie déjà mentionnée.

Métopes et triglyphes, angle nord-ouest.
Métopes sous le fronton ouest

Les métopes de l'ouest montrent le combat contre les Amazones (combat consécutif à l'invasion légendaire d'Athènes par les Amazones en habits perses, en référence aux guerres médiques).

Métopes du côté nord

Du côté nord du Parthénon, les métopes sont mal conservées, mais elles semblent avoir pour thème le sac de Troie.

La frise ionique

Article détaillé : Frise du Parthénon.

Le naos (ou cella) est décoré, de façon inattendue, au-dessus de l'architrave dorique, d'une frise ionique en continu, que l'on nomme généralement « frise du Parthénon » ou « frise des Panathénées », car elle semble représenter la grande procession qui se déroulait au cours de cette fête.

La procession des Panathénées
Frise ionique, British Museum.

De structure complexe, mesurant 160 m de long, comprenant 360 personnages, elle représente une procession comprenant hommes, héros éponymes des tribus grecques, dieux, chevaux d'une cavalcade et divers objets cultuels. De nombreux chars pour les apobatai (pluriel d'ἀποϐάτης / apobátês) sont aussi présents. Ce sont des guerriers en armes sautant en marche des chars pour y remonter après avoir couru à côté ; ces athlètes participaient à un concours et le meilleur d'entre eux recevait comme prix une amphore d'huile tirée des oliviers sacrés. Il est possible que cet exercice d'essence religieuse provienne du fait qu'Érichthonios passait pour l'inventeur du char.

Plaque des Ergastines, musée du Louvre.

Parmi les mortels se trouvent peut-être — les exégètes ne s'accordent pas — les ergastinai / ἐργαστῖναι, femmes chargées de tisser le péplos dont on habillait une statue de bois d'olivier d'Athéna Polias (Πολιάς, « protectrice de la cité », gardée dans l'Érechthéion) pendant les Panathénées. Il est notable que des mortelles soient représentées : en effet c'est une des rares cérémonies auxquelles elles étaient conviées.

Interprétation de J.B. Connelly

L'archéologue américaine Joan Breton Connelly a proposé une interprétation[6], qui, en général, n'est pas acceptée, du sujet de cette frise.

Elle évoque une légende connue grâce aux bribes d'une pièce d'Euripide retrouvées sur un morceau de papyrus. Il s'agit de l'histoire d'Érechthée, l'un des premiers rois d'Athènes, qui dut repousser l'armée d'un rival, Eumolpe. Il consulte l'oracle de Delphes qui lui dit qu'il doit sacrifier l'une de ses filles, vierge, pour sauver la cité. Il va le faire et ainsi sauver son peuple.

Si l'on suppose que la frise représente cette légende :

  • Le cortège des cavaliers devient alors l'armée d'Érechthée qui se rassemble pour célébrer la victoire.
  • Dans la scène centrale, l'homme portant une robe de prêtre serait Érechthée. Le vêtement plié serait le vêtement funéraire que la jeune fille devra porter lors du sacrifice.
  • Enfin, la femme se tenant à côté d'Érechthée serait son épouse, Praxithée, première prêtresse d'Athéna. Elle se tourne vers une autre de ses deux autres filles qui approche avec un linge ou un couteau de cérémonie sur le coussin qu'elle porte sur la tête.

Selon J.B. Connelly, cette proposition permet également d'expliquer la présence des dieux olympiens et la juxtaposition des éléments du sacrifice. Elle relève que de nombreux arguments alimentent cette interprétation, en particulier, le fait qu'Érechthée devait avoir son temple sur l'Acropole.

La frise n'a, comme les autres formes d'art religieux pour les Grecs, aucune valeur esthétique en soi : c'est une représentation. De plus, elle était trop haut placée pour être admirée. C'est cependant, pour un public moderne, l'une des frises grecques les plus achevées. De plus, bien que d'interprétation délicate, elle donne des informations sur la vie quotidienne et dépeint des scènes de procession avec un luxe de détails.

Copie de la statue chryséléphantine d'Athéna.

Statue chryséléphantine d’Athéna

Les descriptions parlent d'une statue chryséléphantine (d'or et d'ivoire), réalisée par Phidias à l'intérieur du Parthénon, de 12 m de hauteur, composée d'une structure de bois sur laquelle étaient fixées des plaques d'ivoire. Ce matériau fragile et sujet à dessiccation était entretenu à l'aide d'une eau huilée qu'on laissait à disposition dans un bassin, au pied de la statue. La couche d'huile laissait une pellicule protectrice empêchant l'évaporation et donnant un lustre à l'ivoire.

Il existe plusieurs copies en marbre de cette statue : Athéna est figurée en armes, portant un casque et un bouclier orné d'une scène de combat contre les Amazones. Périclès et Phidias y auraient été inclus en tant que personnages, ce qui, pour l'époque, a pu passer pour scandaleux, l'art religieux devant rester anonyme et ne pas glorifier ses auteurs[réf. souhaitée].

La fonction du Parthénon

Contrairement à l'idée généralement répandue, le Parthénon ne serait pas un temple mais un trésor. Ce ne serait pas un édifice de culte mais un monument destiné à abriter l'ex-voto colossal qu'est la statue d'Athéna Parthénos, œuvre de Phidias. Il fut conçu par ce dernier tout entier dans cette perspective. Sa fonction secondaire, comme trésor, fut d'accueillir les réserves de métal monnayé d'Athènes et le trésor de la Ligue de Délos.

L'argumentation selon laquelle le Parthénon n'est pas un temple s'appuie sur les observations suivantes :

  • La statue d'Athéna Parthénos qui occupe la salle principale à l'est n'est pas une statue de culte mais une offrande : elle n'a fait l'objet d'aucun rite connu, aucune prêtresse n'y était attachée.
  • Si le Parthénon était le temple d'Athéna Parthénos, il devrait plutôt s'appeler Parthénion (de la même façon que l'Artémision est le temple d'Artémis, l'Héraion le temple d'Héra, etc.)
  • L'Athéna qui fait l'objet du culte principal sur l'Acropole, notamment lors de la célébration des Panathénées, est Athéna Polias, dont la statue cultuelle, le xoanon (en bois), est conservée à l'Érechthéion, qui était le véritable temple de l'Acropole.
  • À l'origine, le terme de Parthénon ne désigne que la salle Ouest du bâtiment, qui contient les offrandes et les réserves de métal monnayé, auparavant conservées dans le Vieux Temple d'Athéna Polias. Il n'y a pas pour l'instant d'explication convaincante pour cette appellation.

Le Parthénon est donc du point de vue de sa fonction comparable aux bâtiments votifs de Delphes (le Trésor des Athéniens par exemple), d'Olympie ou de Délos : c'est un trésor, à la fois parce qu'il est construit autour de la statue d'Athéna Parthénos et parce qu'il comporte une chambre-forte.

De l'Antiquité à nos jours

Histoire du Parthénon jusqu'au XIXe siècle

L'Acropole en 1821 : le Parthénon apparaît très endommagé.

Le Parthénon est demeuré quasiment intact pendant plusieurs siècles. Il l'était probablement au IVe siècle, alors qu'Athènes n'était plus qu'une bourgade provinciale de l'Empire romain. Vers le Ve siècle, la statue d'Athéna aurait été emmenée à Constantinople par un empereur romain. On perd ensuite sa trace : elle fut peut-être détruite pendant le pillage de Constantinople lors de la quatrième croisade, en 1204.

Au VIe siècle, le Parthénon est transformé en église consacrée à la Vierge Marie. La reconversion en église a conduit à la destruction des colonnes intérieures et l'ouverture de plusieurs portes. Certaines statues de dieux païens ont probablement été retirées et détruites délibérément à cette époque.

En 1456, Athènes est conquise par les Ottomans qui transforment le Parthénon-église en mosquée. Hormis un minaret qui lui est ajouté, il est peu modifié à cette époque. De nombreux visiteurs du XVIIe siècle ont témoigné du bon état de conservation du bâtiment. Contrairement à la réputation que leur firent les Européens plus tard, les Ottomans étaient généralement respectueux des monuments anciens qui se trouvaient sur leur territoire.

Le Parthénon, photo du XIXe siècle

En 1674, l'édifice est minutieusement dessiné par un artiste anonyme, accompagnateur du marquis de Nointel, ambassadeur de Louis XIV de France auprès de la Sublime Porte. Ces relevés, dits à tort « de Carrey », sont aujourd'hui très précieux pour identifier les nombreux fragments des décors du Parthénon.

En 1687, le Parthénon subit l'une de ses plus terribles blessures. Les Vénitiens attaquent Athènes et les Ottomans se fortifient sur l'Acropole, en utilisant la cella du Parthénon comme poudrière[7]. Le 26 septembre, un boulet vénitien touche le bâtiment, qui explose sur le coup[8]. Les murs de la cella s'effondrent et ce qui restait du toit est détruit, tout comme vingt et une colonnes[8]. De nombreuses sculptures sont gravement endommagées. De nombreux débris de décor jonchent le sol et sont réemployés ou emportés.

Les « marbres d'Elgin »

Article détaillé : Marbres d'Elgin.

En 1801-1802, Lord Elgin, ambassadeur britannique à Constantinople, envoie à Londres l'essentiel des sculptures en marbre de la frise du Parthénon, des frontons et des métopes. Ils sont aujourd'hui encore exposés au British Museum qui les a acquis en 1816[9]. La Grèce en réclame depuis longtemps la restitution.

Restauration du bâtiment

Un important programme de restauration du Parthénon a été entrepris après un tremblement de terre en 1893. De 1894 et 1933 l'architecte N. Balanos a conduit ce chantier[10].

Une seconde campagne de restaurations, depuis les années 1980, tente de corriger les erreurs commises antérieurement, et surtout, comme dans les autres monuments de l'Acropole, de remplacer les crampons de fer par des éléments en titane[11]. Ce travail s'appuie sur les recherches de l'architecte Manolis Korrès.

Notes et références

  1. (en) The Parthenon, consulté le 4 septembre 2008 à 00:29
  2. Émile Burnouf, Monuments de la Grèce : le Parthénon, La Revue des Deux Mondes, tome 20, 1847.
  3. Pausanias I, 24, 5–7
  4. a  et b Thomas Sakoulas, Ancient Greece.org
  5. American Journal of Archaeology: Vol. 86, No. 2 (April, 1982), pp. 227–229, jstor.org
  6. J. B. Connelly, American Journal of Archaeology, 100, 1996, p. 58-80
  7. François Queyrel 2008, p. 147
  8. a  et b François Queyrel 2008, p. 148
  9. François Queyrel 2008, p. 180
  10. François Queyrel 2008, p. 189
  11. François Queyrel 2008, p. 190

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • (en) Acropolis Restoration. The CCAM Interventions, éd. R. Economakis, Londres, 1994.
  • (de) Parthenon-Kongress Basel, éd. E. Berger, Mayence, 1984.
  • (fr) J. Baelen, Chronique du Parthénon. Guide historique de l'Acropole, Belles Lettres, 1956 (ISBN 2251332006).
  • (de) E. Berger, The Parthenon in Basel: Dokumentation zu den Metopen, Mayence, 1986.
  • (en) F. Brommer, The Sculptures of the Parthenon, Thames & Hudson, Londres, 1979.
  • (fr) B. Holtzmann, L'Acropole d'Athènes, Monuments, cultes et histoire du sanctuaire d'Athèna Polias, Picard, Paris, 2003 (ISBN 2708406876).
  • (fr) Laurent Saget, « La Parthénos de Phidias en lumière », dans Chronozones no 11 (2005), UNIL/IASA, Lausanne (ISSN 1422-5247).
  • (fr) François Queyrel, Le Parthénon, Un monument dans l'Histoire, Bartillat, Paris, 2008 (ISBN 978284100-435-5) 

Liens externes

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