Baalbeck

Baalbek

Baalbek
(ar) بعلبك — Ba'labakk
Le temple de Bacchus
Le temple de Bacchus
Administration
Pays Liban Liban
Gouvernorat Bekaa
District Baalbek
Géographie
Latitude 34° 00′ 25″ Nord
       36° 12′ 14″ Est
/ 34.006944, 36.203889
Longitude
Démographie
Population 81 052 hab. (est. 2008)
Localisation
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Baalbek
Le temple de Bacchus

Baalbek (appelé aussi Baalbeck ou Baalback ou Balbeck ou Balback, appelé en arabe بعلبك) est l’ancienne Héliopolis des Romains, c'est-à-dire la Ville du Soleil. Aujourd’hui, la ville moderne compte environ 80 000 habitants, capitale du Gouvernorat de la Bekaa et chef-lieu du District de Baalbek.

La ville antique, située au Liban, dans le nord de la plaine de la Békaa, est composée de ruines de l’époque gréco-romaine avec des traces plus anciennes de l’époque sémitique. Le visiteur du pays du Cèdre ne doit pas rater ce site figurant sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Le complexe de trois temples géants laissé par les Romains comprend :

  • le temple de Bacchus, un des temples les mieux conservés du monde gréco-romain
  • le temple de Jupiter dont il reste six colonnes de granite
  • le temple de Vénus

Sommaire

Histoire

La ville phénicienne

L’histoire de Baalbek remonte au moins à la fin du IIIe millénaire av. J.-C. Baalbek était une ville phénicienne florissante où était célébré le culte de Baal, le dieu du Soleil chez les Syro-Phéniciens, ensuite identifié au dieu cananéen Hadad. À cette époque, le culte s’adressait donc à trois divinités orientales : Hadad, dieu de la foudre qui donnait aussi les pluies bienfaisantes, Atargatis, qui assurait l’humidité du sol et la fécondité des hommes et des bêtes, et Adonis, jeune dieu de la végétation en qui s’incarnaient le renouveau et la force vitale des plantes et des troupeaux.

La ville hellénistique et romaine

La ville fut ensuite appelée Héliopolis, « Ville du Soleil ». Selon certaines hypothèses, ce nom fut donné au Baalbek de l’époque hellénistique, car les Grecs identifiaient Hélios, dieu du Soleil, à Hadad. D’autres affirment que la ville antique reçut ce nom à l’époque romaine, lorsque Marc-Antoine la concéda à Cléopâtre. Les vestiges visibles remontent surtout à l’époque romaine.

Temple de Jupiter

La ville fut conçue sur un plan classique. Les rues s’y organisèrent en damier sur la base de deux grandes artères, le decumanus et le cardo. Le site comporte trois sanctuaires principaux : ceux de Jupiter, de Bacchus et de Vénus, bâtis par les empereurs Néron, Trajan, Hadrien et Antonin le Pieux.

C’est pour montrer la toute puissance de l’Empire romain qu’Auguste décida la construction d’un grand sanctuaire à Héliopolis. Les travaux commencés sous son règne, vers 14 av. J.-C., se prolongèrent pourtant jusqu’à la fin du IIe siècle. Le sanctuaire fut bâti en conformité avec les principes caractérisant l’architecture religieuse romaine, et les éléments du décor furent empruntés au répertoire ornemental gréco-romain, mais l’organisation tint compte des usages religieux de l’Orient. À titre d’exemple, les autels de Baalbek étaient beaucoup plus importants que ceux des sanctuaires romains. De même, les temples comportent des escaliers, à côté de leur entrée principale, qui permettent d’accéder au toit. Ceci servait sans doute à des activités culturelles orientales. Or, ce genre d’escaliers n’existe pas dans les temples romains.

À l’époque romaine donc, les cultes orientaux originaux se transformèrent en cultes mystiques destinés à consacrer la renaissance après la mort. Dans ce contexte, le sanctuaire de Bacchus commença à connaître un grand succès, notamment dans les cités de la côte phénicienne. Puis, les mystères de Bacchus conquirent Rome. Cette évolution fit donc qu’Adonis fut assimilé à Bacchus, et non à Hermès, et amena à lui dédier un grand temple dont la décoration intérieure comporte maintes allusions à sa personnalité divine.


La ville depuis le Moyen Âge

Plusieurs tremblements de terre, destructions et autres constructions médiévales firent perdre à Baalbek une partie de sa splendeur ancienne. Le dernier grand tremblement de terre date de 1759, et fit s’effondrer trois des neuf colonnes du temple de Jupiter. Le festival d’été de Baalbek, qui a commencé en 1955, a pourtant fait revivre la Ville du Soleil.

Le site archéologique fut transformé en citadelle arabe. Une mosquée fut construite sur le site à l’aide de pierres trouvées sur place; les murs du temple de Jupiter furent déplacés de quelques mètres pour en faire une formidable muraille.

En déambulant dans la cité

Plan extrait de l'Encyclopædia Britannica, 1911

Le sanctuaire de Bacchus

Le sanctuaire de Bacchus, construit au IIe siècle, est le mieux conservé. On y pénètre par un escalier à trois volées, comme dans le temple de Jupiter. Le temple lui-même est périptère. Bien que de dimensions inférieures à celles du temple de Jupiter (69 mètres de long sur 36 de large avec des colonnes hautes de 22 mètres), il figure, lui aussi, parmi les plus grands temples du monde romain. Il se composait d’un pronaos précédé de huit colonnes et d’une cella, entourée de demi-colonnes, comportant au fond un escalier menant à un adyton où trônait la statue du dieu. Ses 42 colonnes hautes de 8 mètres supportent un entablement relié au mur de la cella par d’énormes dalles. Sur l’un d’entre eux qui est à terre, on voit un serpent mordre Cléopâtre. Ce portail très fin est classé parmi les plus beaux du monde romain. À l’angle sud-est du temple, se dresse une tour mamelouke datant du XVe siècle. Elle servait de résidence au gouverneur de la citadelle. Derrière le mur fortifié et le temple, se trouve encore une mosquée remontant au temps des Ayyoubides.

La grande cour

La grande cour ou la cour des sacrifices, aux dimensions remarquables (134 et 112 mètres), était entourée d’un élégant portique dans lequel s’ouvraient quatre exèdres semi-circulaires et huit rectangulaires. Au centre de ce vaste espace, s’élevaient un autel pour les sacrifices et une tour flanquée de deux colonnes de granit rouge et gris dont il ne reste que de rares vestiges. La tour servait probablement de lieu utilisé par les pèlerins pour suivre les cérémonies. Elle fut détruite vers la fin du IVe siècle pour donner place à une basilique chrétienne qui fut, elle aussi, détruite à une époque ultérieure. Il ne reste de la basilique que quelques parcelles de l’autel, notamment des parties en bois qui abritaient les fidèles ainsi que de grandes parties du portique et de ses éléments décoratifs.

La cour hexagonale

À partir de la cour des sacrifices, on peut passer à la cour hexagonale construite dans la première moitié du IIIe siècle. Cette cour à ciel ouvert, de 50 mètres de long, était entourée à l’origine d'un portique de 30 colonnes et de quatre exèdres rectangulaires richement décorés.

Cette cour fut également transformée en église dédiée à la Sainte Vierge entre la fin du IVe et le début du Ve siècle. La ville est un ancien évêché.

Le temple de Jupiter

Le temple de Jupiter, le plus ancien, fut construit en plusieurs étapes. Le temple était déjà bien avancé sous Néron, mais l’ensemble ne fut achevé et inauguré qu’au IIIe siècle. On y accède par un propylée : un escalier monumental conduit à un portique à douze colonnes encadré de deux tours. Selon une inscription latine, un légionnaire aurait fait recouvrir d’or l’un des deux chapiteaux des colonnes. Par un escalier monumental à trois volées, les prêtres atteignaient le temple de Jupiter dont ne subsistent que 6 colonnes, hautes de vingt-deux mètres, avec une base de 2 mètres 20 de diamètre. Ce temple est le plus grand (88 mètres sur 48) de tout le monde romain. Il était probablement périptère, avec dix colonnes en façade et dix-neuf sur les longs côtés. Si son plan intérieur était similaire à celui du temple de Bacchus, il comportait un pronaos précédé de huit colonnes et d’une cella.

Le temple de Vénus

Le temple de Vénus se caractérise par l’originalité de son plan circulaire ainsi que par l’harmonie de ses formes, dans une cité dont les autres sanctuaires sont marqués par le gigantisme. Dans une carrière située près de la cité, on peut d’ailleurs découvrir la plus grande pierre taillée au monde : 21 m de long, 4,5 m en hauteur et largeur pour une masse d’environ 1 200 tonnes.

La ville aujourd’hui

La zone verte de Baalbek est connue sous le nom de Ras El Ayn (رأس العين); il s’agit d’une grande zone verte formée d’un boulevard oval.

Le Festival international de Baalbek

Le Festival international de Baalbek, organisé en été, est l’événement culturel le plus ancien et le plus prestigieux du Proche-Orient, qui rompt le silence des grands temples de la ville.

Dès 1955, des activités culturelles sont organisées au sein des ruines romaines. En 1956, gérée par des bénévoles, l’association prend le nom officiel de « Festival international de Baalbek ». Cette institution, soutenue par le président de la République de l’époque, Camille Chamoun, devient alors une des institutions officielles du gouvernement dont la mission est de promouvoir la vie culturelle et touristique du pays. En 1966, le festival fonde une école d’art dramatique dans le but de promouvoir le théâtre libanais.

En vingt ans, le Festival international de Baalbek a acquis une renommée internationale et les artistes du monde entier viennent se produire sur ses planches.

Les activités du Festival international de Baalbek sont interrompues en 1975, durant la guerre civile. En 1997, le festival retrouve sa gloire.

Désormais, chaque été, il accueille de grands artistes du monde (Sting, Johnny Hallyday, etc.), attirant plus de 40 000 spectateurs. Le festival se déroule chaque année durant les mois de juillet et août. En 2005, il s’est tenu du 7 juillet au 6 août. En 2006, ce festival fut interrompu le 12 juillet à la suite de l’attaque israélienne. Il a été repris, entre autres avec un récital de la soprano arménienne Hasmik Papian, en 2008; il faut apprendre que « la musique va toujours décorer Baalbek, peu importe ce qui se passe ».

Galerie

Références

  • (en) Lina Murr Nehme, Baalbek la Phenicienne, Aleph Et Taw, François-Xavier de Guibert, 2001 

Voir aussi

Liens externes

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