Getulio Vargas


Getulio Vargas

Getúlio Vargas

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Getúlio Dorneles Vargas
14e et 17e Président de la République des États unis du Brésil
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Actuellement en fonction
Mandats
3 novembre 1930 - 29 octobre 1945
Depuis le 3 novembre 1930
31 janvier 1951 - 24 août 1954
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Élu(e) le
Parti politique Parti Republicain Rio-grandense et Parti travailliste brésilien
Prédécesseur Augusto Fragoso
Eurisco Gaspar Dutra
Successeur José Linhares
João Fernandes Campos Café Filho
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Autres fonctions
Gouverneur du Rio Grande do Sul
Mandat
25 janvier 1928 - 9 octobre 1930
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Biographie
Nom de naissance {{{nom naissance}}}
Naissance 19 avril 1882
São Borja, Rio Grande do Sul, Brésil
Décès 24 août 1954 (à 72 ans)
Rio de Janeiro
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Nationalité Brésil
Conjoint(s) Darcy Vargas
Enfant(s) {{{enfants}}}
Diplômé {{{université}}}
Profession Avocat
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Résidence(s) {{{résidence}}}
Religion {{{religion}}}
Signature {{{signature}}}

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Présidents du Brésil
Gouverneurs des États du Brésil

Getúlio Dorneles Vargas[N 1] (São Borja19 avril 1882Rio de Janeiro24 août 1954) était un homme politique brésilien, chef civil de la révolution de 1930 qui mit fin à la vieille république en renversant par un coup d'état son 13e et dernier président Washington Luís.

Getúlio Vargas fut par deux fois Président du Brésil. La première fois, de 1930 à 1945 il gouverna le Brésil en trois phases distinctes : de 1930 à 1934 dans le gouvernement provisoire ; de 1934 à 1937 dans le gouvernement constitutionnel, élu par le Congrès national du Brésil ; de 1937 à 1945 dans l'État nouveau du Brésil. La seconde fois, de 1951 à 1954 il gouverna le Brésil comme président élu par vote direct.

Getúlio était appelé, "père des pauvres" (titre tiré du Livre de Job 29,16) par ses sympathisants et "Docteur Getúlio" par ses proches. Sa doctrine et son style politique furent appelés getulisme ou varguisme. Ses partisans, existant encore aujourd'hui, sont appelés getulistes.

Il s'est suicidé en 1954 en se tirant une balle dans le cœur dans sa chambre du Palais du Catete à Rio de Janeiro (capitale du pays à ce moment là). Getúlio Vargas fut l'homme politique brésilien le plus controversé du XXe siècle. Son influence s'étend jusqu'à aujourd'hui. Son héritage politique est invoqué par au moins deux partis politiques actuels : le Parti démocratique travailliste (PDT) et le Parti travailliste brésilien (PTB).

Sommaire

Vie avant la présidence

Origine

Il est né le 19 avril 1882 dans le Rio Grande do Sul à São Borja, vers la frontière avec l'Argentine. Il était fils de Manuel do Nascimento Vargas et de Cândida Dorneles Vargas. Dans sa jeunesse il falsifia quelques documents pour changer son année de naissance en 1883. Ce fait n'a été découvert que pour les commémorations du centenaire de sa naissance quand, en vérifiant les livres de registre de baptême de la paroisse de São Francisco de Borja, il fut découvert qu'il était né en 1882.

Getúlio Vargas provient d'une famille traditionnelle de gaúchos de la pampa. Sa famille paternelle est originaire des Açores. Il étudia dans sa région natale puis ensuite à Ouro Preto. Alors qu'il étudiait à Ouro Preto, ses frères s'engagèrent dans une lutte qui se termina par la mort de l'étudiant pauliste Carlos de Almeida Prado Júnior le 7 juin 1897. Cet événement précipita le retour de Getúlio et de ses frères au Rio Grande do Sul[1].

De retour au Rio Grande do Sul, il tenta pour commencer une carrière militaire et devint en 1898 soldat de la garnison de sa ville natale. En 1900 il s'inscrivit à l'École préparatoire et de tactique de Rio Pardo, où il ne resta pas longtemps car il sera transféré à Porto Alegre afin de terminer son service militaire. Il y rencontra les cadets de l'école militaire Eurico Gaspar Dutra et Pedro Aurélio de Góis Monteiro. Avec le grade de sergent, Getúlio participa à la colonne expéditionnaire du sud qui se déplaça à Corumbá en 1902 pendant le conflit entre la Bolivie et le Brésil pour la possession de l'Acre.

Son passage par l'armée de terre et son origine militaire (son père luta dans la guerre du Paraguay) ont été décisives dans la naissance de sa compréhension des problèmes des forces armées ainsi que dans son engagement à les moderniser, les ré-équiper, entretenir leurs disciplines et les éloigner de la politique à son arrivée à la présidence de la république.

Il s'inscrit en 1904 à la faculté de droit de l'Université fédérale du Rio Grande do Sul à Porto Alegre. Il obtient son diplôme de droit en 1907. Il travailla initialement comme procureur au Forum de Porto Alegre, mais il décida de retourner à sa ville natale pour exercer le métier d'avocat. L'orientation philosophique, à l'image de celle de beaucoup de ceux de son état et de son époque, était le positivisme et le castillanisme, la doctrine et le style politique de Júlio de Castilhos.

Il incomba à Getúlio, qui s'est fait connaître comme orateur, de faire le discours en 1903 aux funérailles de Júlio de Castilhos. Dans les jeunesses castillanistes, il s'est fait des amitiés avec des jeunes qui se sont fait connaître durant la révolution de 1930 dont João Neves da Fontoura et Joaquim Maurício Cardoso. En tant que castillaniste, Getúlio voyait la vie publique comme une mission, et il synthétisait ainsi son gouvernement en 1950 :

« La mission sociale et politique de mon gouvernement n'était pas idéalisée par l'arbitraire d'un homme, ni par les intérêts d'un groupe ; elle m'a été imposée, à moi et à ceux qui ont avec moi collaboré, par les intérêts de la vie nationale, et par les aspirations de la conscience collective elle-même ! »

— Getúlio Vargas[2]

Il se maria en 1911 avec Darcy Lima Sarmanho, avec qui il a eu cinq enfants : Lutero Vargas, Getulinho (qui mouru jeune), Alzira Vargas, Jandira et Manuel Sarmanho Vargas (le Maneco). Ce mariage fut un acte de conciliation car les familles des mariés étaient des soutiens de partis politiques rivaux de la Révolution fédéraliste de 1893. La famille de Darcy Sarmanho était maragate et celle de Getúlio chimangue.

Carrière politique - premiers pas

Carte d'électeur de Getúlio Vargas

En 1909 il se fait élire député de son état par le Parti Républicain Riograndais, puis il est réélu en 1913. Il a renoncé au 2e mandat de député, peu de temps après son investiture, pour protester contre les attitudes prises par le président d'alors (charge appelée aujourd'hui gouverneur) du Rio Grande do Sul, Borges de Medeiros (le vieux Borges), pendant les élections à Cachoeira do Sul. Il retourna à l'assemblée législative de l'État (appelée alors assemblée des représentants) en 1917 où il sera de nouveau élu en 1919 et 1921.

Alors qu'il se préparait à se battre en faveur du gouvernement de l'état du Rio Grande do Sul pendant la révolution de 1923 à l'intérieur de l'état, il fut appelé à postuler à un siège de député fédéral par le Parti Républicain Riograndais (PRR) après le décès du député fédéral gaúcho Rafael Cabeda[3]. Élu, il devient chef du groupement gaúcho à la chambre des députés du Brésil à Rio de Janeiro.

En 1924 il appuya l'envoi de troupes de gaúchos pour aider le gouvernement de Artur da Silva Bernardes contre la Révolte Paulista de 1924 et, dans un discours à la chambre des députés, il critiqua les révoltés, disant que:

« L'époque des émeutes de quartiers et des  empreitadas caudilhescas  ⇔  chantiers ?? est passée,
venant d'où elles viennent ! »

— Getúlio Vargas[4]

Cependant il incomba à Getúlio en 1930 d'amnistier les révolté des Années 1920.

Il obtint le poste de ministre des finances du Brésil le 15 novembre 1926 et le conserva jusqu'au 17 décembre 1927, durant le gouvernement de Washington Luís, débutant durant cette période la réforme monétaire et fiscale du président à travers le décret numéro 5.108 du 18 décembre 1926.

C'est aussi en décembre 1926 que fut créé l'Institut de Prévoyance des Fonctionnaires Publics de l'Union. Il abandonna sa charge de ministre pour se porter candidat aux élections à la présidence du Rio Grande do Sul où il est élu en décembre 1927 pour un mandat allant du 25 janvier 1928 au 25 janvier 1933, ayant pour vice-président João Neves da Fontoura.

Quand Getúlio quitta le ministère, le président Washington Luís proféra un long discours, rendant hommage à la compétence et au dévouement au travail de Getúlio Vargas, duquel il disait :

« L'honnêteté de vos propositions, la probité de votre conduite, la franchise de vos desseins, font espérer que, de votre part et de votre gouvernement, le Rio Grande do Sul continuera à prospérer, moralement, intellectuellement et matériellement ! »

— Washington Luís[5]

Son élection en tant que président du Rio Grande do Sul mit fin aux trente longues années de gouvernement de Borges de Medeiros au Rio Grande do Sul. Ayant pris la tête du gouvernement gaúcho le 25 janvier 1928, il n'exerce le mandat que jusqu'au 9 octobre 1930. Durant ce mandat, alors qu'il était candidat à la présidence de la république, Getúlio créa un fort mouvement d'opposition au gouvernement fédéral, exigeant la fin de la corruption électorale et l'adoption du vote à bulletin secret et du vote des femmes.

Getúlio maintint cependant de bonnes relations avec le président Washington Luís, obtenant des fonds fédéraux pour le Rio Grande do Sul et l'autorisation pour l'amélioration du port de Pelotas. Il créa la Banque de l'État du Rio Grande do Sul et appuya la création de la Varig. Il a également respecté la victoire de l'opposition gaúcho, le Parti Libérateur, dans plusieurs villes de l'État.

Assis Chateaubriand, le principal journaliste de l'époque de la revue O cruzeiro, fit l'éloge de son gouvernement au Rio Grande do Sul. Il affirmait que son gouvernement était un gouvernement d'homme d'État, éveillant l'attention du pays. En tant que président de l'état il commença à être reconnu comme conciliateur en obtenant l'union de deux partis politiques du Rio Grande do Sul, le PRR et le Parti libérateur, avant fortement divisés.

La Révolution de 1930

Article principal : Révolution de 1930.

La succession du Président Washington Luís

Pendant la Vieille République (1889 – 1930), les élections pour le président de la république avaient lieu de premier mars et le président entrait en fonction le 15 novembre pour une période de quatre ans. Comme il n'existait pas de partis politiques organisés au niveau national dans la Vieille République, le président de la république devait préparer sa succession en conciliant les intérêts des partis politiques de chaque état.

L'élection pour le choix du successeur du président Washigton Luís, qui gouvernait depuis 1926, était prévue pour le premier mars 1930. Son successeur devait alors entrer en fonction le 15 novembre 1930.

La "politique du café au lait" était de vigueur dans la Vieille république, où les présidents des états (appellation des gouverneurs d'état actuels) de São Paulo et de Minas Gerais alternaient dans la présidence de la république.

Ainsi, en accord avec cette politique du "café au lait", Washington Luís devait indiquer comme successeur le président de Minas Gerais, Antônio Carlos Ribeiro de Andrada, ou le vice-président de la république qui était aussi de Minas Gerais, Fernando de Melo Viana, qui avait déjà été président de cet état, ou un autre homme politique de l'état de Minas Gerais. Le nom de l'ex-président Artur Bernardes a été évoqué, mais il n'était pas accepté par beaucoup, spécialement par Antônio Carlos. Artur Bernardes et Antônio Carlos ont mis leur veto sur le nom de Melo Viana.

Cependant, au début de l'année 1929, le président de la république, Washington Luís, de l'État de Rio de Janeiro, de la ville de Macaé, enraciné à São Paulo depuis sa jeunesse, souhaitait appuyer le président de São Paulo, Júlio Prestes, qui appartenait au Parti Républicain Pauliste auquel appartenait aussi Washington Luís.

Le 29 mars 1929, le journal nord-américain The New York Times informe que les cultivateurs de café de São Paulo donneront un banquet en l'honneur de Júlio Prestes à Ribeirão Preto et le soutiendront pour la présidence, et espéraient l'appui du grand nombre d'états producteurs de café. Le journal informait encore que le Minas Gerais était politiquement divisé[6].

Le président de Minais Gerais Antônio Carlos Ribeiro de Andrada, brisant l'accord avec Washington Luís disant de ne traiter de la question de la succession qu'à partir de septembre 1929, envoya une lettre datée du 20 juillet 1929 à Washington Luís, dans laquelle il indiquait Getúlio Vargas comme le préféré pour la candidature à la présidence de la république pour le mandat de 1930 à 1934. Antônio Carlos écrivait ainsi dans sa lettre :

« Avec l'objectif sincère de collaborer à une solution conciliatrice et de justice, j'ai jugé meilleur de m'orienter vers la direction du nom du Docteur Getúlio Vargas, du fait que c'est celui d'un politique qui s'est fait connaître par son appui ferme et par sa complète solidarité à la politique et à l'administration de V. Ex. »

— Antônio Carlos[7]

Le terme "solution conciliatrice" signifiait un candidat non pauliste et nao mineiro, comme cela avait été le cas en 1918 avec le choix du paraibanais Epitácio Pessoa comme candidat à la présidence de la République. Washington Luís, alors, consulta les présidents des états (à cette époque ils étaient 20 au Brésil) et indiqua le nom du président de l'état de São Paulo, Júlio Prestes, pauliste, comme successeur, qui fut appuyé par les présidents de dix-sept états. Les trois états qui refusèrent de donner leur appui à Júlio Prestes étaient : Minas Gerais, Rio Grande do Sul et Paraíba.

Encore aujourd'hui on peut lire sur le drapeau de Paraíba le mot NEGO[N 2]. Le télégramme du président de Paraíba, João Pessoa Cavalcanti de Albuquerque, connu sous le nom de "télégramme du reniement", est daté du 29 juillet 1929, neuf jours après que Antônio Carlos lance Getúlio Vargas comme candidat à la présidence de la république. Dans le télégramme, João Pessoa, parlant de la décision prise par le Parti Républicain Paraibain, disait :

« La direction du parti réunie, sous ma présidence politique, a décidé unanimement de ne pas appuyer la candidature de l'éminent Dr. Júlio Prestes à la succession de la présidence de la République. »

— João Pessoa[8]

Les négociations politiques appelées démarches (terme français) étaient communes à cette époque et se faisaient spécialement au travers de longues lettres. Washington Luís divulga par la presse plusieurs lettres qu'il reçut de Getúlio Vargas et de Antônio Carlos de Andrada pour prouver qu'il n'imposerait pas le nom de Júlio Prestes comme candidat à sa succession[9].

Antônio Carlos parvint à être considéré pré-candidat à la présidence de la république, comme le montre une  marchinha  ⇔  chanson de l'époque, écrite par Freire Júnior, chantée par Francisco de Morais Alves, qui devint une prophétie :

« Si le mineiro là haut se néglige,
Son petit Júlio vient, vient mais coûte,
Beaucoup de gens auront de quoi pleurer ! »

— Freire Júnior

Les hommes politiques de Minas Gerais appuyant la politique carliste restèrent insatisfaits de la nomination de Júlio Prestes car ils espéraient que Antônio Carlos, président de l'état, soit indiqué par Washington Luís selon la tradition ou au moins que le président indiquât un troisième nom, dans ce cas Getúlio Vargas. Les carlistes avancèrent alors Getúlio comme candidat de l'opposition à la candidature de Júlio Prestes. Antônio Carlos resta connu comme l'architecte de la révolution de 1930[10]. Minas Gerais, alors, se divisa : les hommes politiques liésau vice-président de la république Melo Viana ry au ministre de la justice Augusto Viana do Castelo, appartenant à la "concentration conservatrice", conservaient leur appui à Júlio Prestes et faisaient opposition à la politique carliste et au Parti Républicain Mineiro.

Avec l'officialisation de Júlio Prestes comme candidat à la présidence de la république et l'appui conséquent du PRM à la candidature de Getúlio Vargas la politique du café au lait, vigoureuse en vieille république, se termina, brisant l'équilibre politique national créé par Campos Sales avec sa politique des états connue populairement comme la politique des gouverneurs, et plaçant le Brésil dans une instabilité politique qui dure jusqu'à aujourd'hui.

Le danger de l'instabilité politique attirait déjà en 1929 l'attention de Monteiro Lobato, à l'époque représentant commercial du Brésil aux États-Unis. Le 28 août 1929, dans une lettre au Dr. Júlio Prestes, Monteiro Lobato lui transmettait les votes pour la "victoire dans la campagne en perspective", affirmant que :

« Votre politique présidentielle signifiera ce dont le Brésil a la plus besoin : la continuité administrative »

— Monteiro Lobato[11]

Les trois états dissidents commencèrent à mener un front large d'opposition appelé Alliance Libérale qui avait pour objectif de s'opposer à l'intention du président de la république et des dix-sept états d'élire Júlio Prestes. Washington Luís était par nature un conciliateur (par exemple, c'est ainsi que lors de sa présidence il libéra tous les prisonniers politiques, civils et militaires). Cependant, en octobre 1929, trois mois après que Júlio Prestes ait été nominé, eut lieu la chute des prix du café, en conséquence de la crise de 1929. Cela fit que Washington Luís maintint la candidature d'un pauliste, Júlio Prestes, officialisée le 12 octobre, comme le souhaitaient les producteurs de café de São Paulo, malgré les pressions de Minas Gerais, Paraíba e du Rio Grande do Sul.

Júlio Prestes a fait beaucoup au gouvernement de São Paulo pour la défense du café. Parmi les moyens pris il réforma la banque de l'État de São Paulo pour qu'elle devienne une banque d'hypothèques des stocks de café, harmonisant les intérêts des producteurs avec ceux des exportateurs de Santos. Le café représentait 70% des exportations brésiliennes. De plus il y avait une surproduction de café dans les fazendas et un grand stock conservé par le gouvernement pauliste. En toute logique Minas Gerais, en tant que second producteur de café du Brésil, aurait dû appuyer São Paulo, mais il fini par appuyer le Rio Grande do Sul.

L'Alliance Libérale et le lieutenantisme

L'Alliance Libérale fut créée en août 1929 pour faire opposition à la candidature de Júlio Prestes à la présidence de la république. Elle était formée par Minas Gerais, Rio Grande do Sul, Paraíba et des partis politiques d'opposition de divers états dont le Parti Démocratique de São Paulo.

Le Parti Démocratique est né en 1926 d'une dissidence du PRP, le parti de Júlio Prestes et Washington Luís. Un des dirigeants du Parti Démocratique, Paulo Nogueira Filho, participa au "Congrès Libérateur" à Bagé en 1928. De l'autre côté, à Minas Gerais, l'alliance politique appelée Concentration conservatrice appuyait Júlio Prestes.

Le 5 août, les dirigeants des groupes mineiros et gaúchos à la chambre des députés déclarèrent qu'ils ne faisaient plus partie de la majorité parlementaire gouvernementale.

La formalisation de l'Alliance Libérale fut faite le 20 septembre 1929 lors d'une convention des états et partis d'opposition à Rio de Janeiro présidée par Antônio Carlos de Andrada, en lançant les candidats de l'Alliance Libérale aux élections présidentielles : Getúlio Dorneles Vargas pour la présidence de la République et João Pessoa Cavalcanti de Albuquerque, président de Paraíba, pour la vice-présidence de la République.

Washington Luís tenta de convaincre les présidents gaúchos et mineiros de revenir sur leur décision. Dans une lettre envoyé à Andrada, il argumentait que dix-sept états appuyaient la candidature officielle. Mais il n'obtint pas de succès.

Le 12 octobre 1929 se tint à Rio de Janeiro une convention des 17 états qui appuyèrent Júlio Prestes de Albuquerque comme candidat à la présidence de la République et le président de Bahia, Vital Soares, du Parti Républicain Bahianais, comme vice-président.

Getúlio Vargas envoya le sénateur Firmino Paim Filho dialoguer en son nom avec Washington Luís et Júlio Prestes.

En décembre 1929, un accord fut trouvé, dans lequel Getúlio Vargas devait accepter les résultats des élections et, en cas de déroute de l'Alliance Libérale, devait soutenir Júlio Prestes. En échange, Washington Luís devait ne pas aider l'opposition gaúcho à Getúlio, laquelle n'existait pratiquement pas puisque Getúlio unifiait le Rio Grande do Sul.

Le 2 janvier 1930, Getúlio Vargas lit, à l'Esplanade du Château, à Rio de Janeiro, la Plateforme de l'Alliance Libérale, traitant des principaux problèmes brésiliens.

L'Alliance Libérale avait l'appui d'intellectuels tels que José Américo de Almeida, João Neves da Fontoura, Lindolfo Collor, Virgílio Alvim de Melo Franco, Afrânio de Melo Franco, Júlio de Mesquita Filho, Plínio Barreto et Pedro Ernesto Baptista, et de membres des classes urbaines moyennes appelées à l'époque classes libérales qui s'opposaient aux classes conservatrices formées par les associations commerciales et cultivatrices. Au Rio Grande do Sul, le grand organisateur de l'Alliance libérale était Osvaldo Aranha.

L'alliance Libérale contait également comme appui le courant militaire appelé "lieutenantisme".

Les plus célèbres des lieutenants étaient Cordeiro de Farias, Newton de Andrade Cavalcanti, Eduardo Gomes, Antônio de Siqueira Campos, João Alberto Lins de Barros, Juarez Távora, Luís Carlos Prestes, João Cabanas, Newton Estillac Leal, Filinto Müller ainsi que les trois lieutenants connus sous le nom de "lieutenants de Juarez" : Juracy Magalhães, Agildo Barata et Jurandir Bizarria Mamede.

Également dans la marine brésilienne : Ernani do Amaral Peixoto, Ari Parreiras, Augusto do Amaral Peixoto, Protógenes Pereira Guimarães. Ainsi que le général réformé Isidoro Dias Lopes, le général honoraire de l'armée de terre brésilienne José Antônio Flores da Cunha et le major de la police militaire de São Paulo Miguel Costa.

Le lieutenant Cordeiro de Farias, qui devint maréchal, affirmait dans ses mémoires que les lieutenants étaient une minorité dans l'armée de terre brésilienne en 1930, mais que malgré cela ils firent la révolution de 1930[12].

Le président de Minais Gerais, Antônio Carlos, affirmait encore en 1929 dans un discours interprété comme un présage et une démonstration d'instinct de survie d'un politicien expérimenté, en mettant en place à Belo Horizonte pour la première fois au Brésil le vote à bulletin secret :

« Faisons sereinement la révolution, avant que le peuple ne la fasse par la violence ! »

— Antônio Carlos de Andrada[13]

L'élection du 1er mars 1930

L'Alliance Libérale entra dans le débat électoral sachant par avance que la victoire serait très difficile, n'ayant l'appui que de trois états. Une chanson de l'époque montrait la certitude de la victoire pour ceux qui soutenaient Júlio Prestes :

« Paraibain avec gaúcho et avec mineiro,
Dit le petit Júlio,
C'est de la soupe, de la soupe, de la soupe ! »

— Eduardo Souto

La campagne électorale, cependant, fut relativement calme, selon les critères de violence de la Vieille République.

L'épisode le plus grave de la campagne électoral fut "l'attentat de Montes Claros" quand, peu de temps avant l'élection du 1er mars, le 6 février, une manifestation d'adeptes de Júlio Prestes (appelés prestistes) fut arrêtée à coups de Revolver et de carabine par des alliancistes de la ville. Les tirs provenaient de la résidence du dirigeant allianciste João Alves et eurent lieu alors que les prestistes passaient devant sa résidence.

Le ministre de la justice Viana do Castelo reporta cinq morts et quatorze blessés. Certains des blessés moururent quelques jours plus tard. Parmi les blessés, le vice-président de la république, Fernando de Melo Viana, qui reçut trois balles à la gorge. Son secrétaire particulier mourut sur place[14].

Pourtant, le président Antônio Carlos, dans son message gouvernemental de 1930 au congrès d'état de Minas Gerais, dans lequel il classait l'attentat de Montes Claros comme ayant été un "abattage", il donna une autre version de ce qui s'était passé, affirmant que les prestistes et les carlistes s'étaient rencontrés face à face dans une rue de Montes Claros où commencèrent alors les tirs.

Il y eut également deux cas graves de violence entre alliancistes et partisans de Júlio Prestes :

Le premier eu lieu le 26 décembre 1929 à la chambre des députés. Après une course dans les escaliers du Palais Tiradentes, le député fédéral prestiste Manuel Francisco de Sousa Filho, de Pernambouc, fut assassiné à coups de révolver dans la chambre des députés par le député allianciste Ildefonso Simões Lopes du Rio Grande Do Sul. Dans la version des alliancistes, le député Simões Lopes aurait agit en légitime défense.

Le second eu lieu le 20 février à Chapecó, à la frontière entre Santa Catarina, prestiste, et le Rio Grande do Sul, où il y eut des échanges de tirs entre la police des deux états[15]. Le jour suivant, il y eut des tirs sur des maisons de prestistes à Riacho dos Machados[16].

Le 23 février 1930, lors d'une manifestation du Parti Démocratique à Vila Guilherme dans l'état de São Paulo, un délégué de la police est mort d'un tir de revolver[17].

L'élection pour la présidence de la république eut lieu le 1er mars 1930, un samedi de carnaval et fut remportée par Júlio Prestes (appelé par la presse Candidat national) avec 1 091 709 voix contre 742 797 pour Getúlio (le Candidat Libéral).

Getúlio avait obtenu 100% des votes du Rio Grande do Sul et un total de 610 000 votes des trois états alliancistes. Le vote en faveur de Getúlio dans les dix-sept états prestistes était inexpressif. Dans l'ancien district fédéral, Rio de Janeiro, il y eut égalité. Le Rio Grande do Sul finit par être l'unique état allianciste qui arriva uni aux élections du 1er mars. Júlio Prestes était élu pour gouverner de 1930 à 1934.

Le dépouillement et le comptage des voix du vote a été un moment long et tendu, s'étendant jusqu'à mai :

Le 19 mars l'unité de l'Alliance Libérale est brisée car, dans une surprenante déclaration dans les journaux, le dirigeant gaúcho Borges de Medeiros reconnait la victoire de Júlio Prestes, disant qu'il y avait une des fraudes des deux côtés :

« De la fraude il y en a eu du nord au sud, y compris ici même ! »

— Borges de Medeiros[18]

Le terme "ici même" se réfère au Rio Grande do Sul. Les dirigeants libéraux se pressèrent de rejeter Borges de Medeiros.

Le cas le plus grave, durant le dépouillement des votes, s'est déroulé à Belo Horizonte :

Le 2 avril, au centre de la ville, des partisans de Antônio Carlos furent dispersés par des tirs prestistes et il y eut plusieurs blessés. L'épisode est resté connu comme l'attentat de la rue Espírito Santo. Les tirs venaient de la résidence du dirigeant prestiste Carvalho Brito qui avait été une des victimes de l'attentat de Montes Claros. Cependant dans sa version présentée au gouvernement fédéral, Carvalho de Brito garantissait que c'était sa maison qui avait été visée par les carlistes, ce qui a été démenti par Antônio Carlos dans son message au gouvernement de 1930.

Durant plusieurs semaines le climat resta tendu à Belo Horizonte, dans l'attente d'une contre-attaque carliste. Des troupes fédérales stationnées à Ouro Preto se déplacèrent à Belo Horizonte pour garantir l'ordre public[19].

Le 22 mai 1930, le congrès national proclamait élus à la présidence et à la vice-présidence de la république Júlio Prestes et Vital Soares.

À la suite de la proclamation des résultats définitifs, le président élu Júlio Prestes voyagea aux États-Unis où il fut reçu en tant que président élu par le président des États-Unis, Herbert Hoover. À Washington il déclara que le Brésil ne serait jamais une dictature et il devint le premier brésilien à se trouver en couverture de la du magazine Time. Júlio Prestes ne retourna à São Paulo que le 6 août où il fut reçu par un grand nombre de partisans dans l'actuelle Gare de la Luz

Il y eut des accusations de fraude électorale des deux parties, comme il y en eut dans toutes les élections brésiliennes depuis l'Empire du Brésil. L'Alliance Libérale refusa d'accepter le résultat des urnes.

Elle dénonça le fait que les députés et sénateurs, élus le 1er mars 1930, n'avaient pas obtenu la reconnaissance de leurs mandats à la commission de vérifications des pouvoirs du Congrès National.

Les partisans de Washington Luís et Júlio Prestes se défendirent en disant qu'il n'y avait eu qu'une seul cas : à Paraíba, où il y avait eu des duplications d'actes électoraux, ce qui arrivait fréquemment dans la Vieille République. À Minas Gerais il n'y eu pas d'acte rendant officielle l'élection des candidats. Les prestistes ont également douté du grand nombre d'électeurs des listes du Rio Grande do Sul. Il a été soupçonné que des citadins uruguayens aient été placés sur les listes pour voter au Rio Grande do Sul.

Le Paraíba en crise - La République de Princesa

L'Alliance Libérale accusait également Washington Luís d'être derrière un révolution, menée par un colonel du Sertão, José Pereira Lima, désavoué par João Pessoa. Lé révolution est de caractère étatique, a lieu dans la ville de São José de Princesa au Paraíba et commence le 15 mars. Elle visait à renverser le président du Paraíba João Pessoa[20].

Le gouvernement féréral refusa l'intervention fédérale au Paraíba. L'épisode resta connu sous le nom de République de Princesa, qui ne fut dominée par le gouvernement de Paraíba que fin juin 1930. Le combat pendant cette révolution fut mené par José Américo de Almeida[21]. La République de Princesa a été la dernière révolution de niveau étatique de la Vieille République[22].

La conspiration

À la suite du refus de la majorité des hommes politiques et lieutenants de l'Alliance Libérale d'accepter le résultat des urnes, une conspiration débuta ayant pour base le Rio Grande do Sul et Minas Gerais, avec comme intention d'empêcher que Júlio Prestes assume la présidence, ce qui devait arriver le 15 novembre. Au Nordeste, le lieutenant Juarez Távora, qui avait fuit de prison en janvier 1930 organisa dans la clandestinité la révolution.

Cette conspiration subit un revers le 10 mai à la mort lors d'une catastrophe aérienne du lieutenant Antônio Siqueira Campos. C'était un bon intermédiaire politique qui avait des contacts militaires à São Paulo. Avec sa mort cessa presque entièrement les volontés révolutionnaires parmi les militaires situés à São Paulo.

Le 29 mai 1930, la conspiration subit un autre revers avec l'appel communiste de Luís Carlos Prestes qui devait être commandant de la révolution de 1930 mais abandonna le commandement pour soutenir le communisme[23].

C'est alors Pedro Aurélio de Góis Monteiro, alors Lieutenant-colonel qui devint le commandant militaire secret de la révolution.

Le 1er juin, Getúlio publia un manifeste condamnant des irrégularités dans les élections du 1er mars, cependant il n'appelait pas à la révolution.

Le 18 juillet, le journal prestiste du mouvement conservateur Folha da Noite fut détruit à Belo Horizonte par un groupe alliantistes qui traitaient le président de Minas Gerais Antônio Carlos de couard et demandaient ouvertement la révolution[24].

La peur d'Antônio Carlos qu'une révolution violente qui soit hors du contrôle des hommes politiques de l'Alliance Libérale commença alors à se concrétiser.

L'assassinat de João Pessoa

Getúlio Vargas et João Pessoa

Le 26 juin 1930, João Pessoa, alors président de Paraíba, fut assassiné par João Duarte Dantas[25], à Recife, pour des questions d'ordre personnel. João Duarte Dantas, dont la famille était ennemie politique de João Pessoa, avait eu son cabinet d'avocat saccagé.

Le coffre du cabinet de João Dantas fut ouvert par effraction. Là se trouvaient des lettres et des poèmes d'amour de l'écrivain Anayde Beiriz, qui furent divulgués et considérés scabreux.

Certains livres d'histoire affirment que la correspondance fut publiée dans le journal officiel du gouvernement d'état, A União. D'autres disent que les lettres circulèrent simplement de main en main. De toute manière elles devinrent publiques et ce fut un scandale.

Le 26 juin, quand João Pessoa était avec des amis à la confiserie Glória, à Recife, João Dantas s'est vengé : accompagné d'un beau-frère, il tira trois coups au corps du président de Paraíba en disant :

« Je suis João Dantas, que tu as tant humilié et maltraité ! »

— João Dantas

João Duarte Dantas fut arrêté et emmené à la maison de détention de Paraíba, où il fut battu et tué. João Dantas avait dit qu'il avait tué João Pessoa pour défendre son honneur. Officiellement il s'est suicidé. Anayde fut trouvée morte le 22 octobre par empoisonnement à Recife. Le suicide a aussi été supposé.

Bien que cela n'ait eu aucun rapport avec l'élection de Júlio Prestes, l'épisode de l'assassinat de João Pessoa a été l'étincelle qui a enflammé la mobilisation armée des partisans de Getúlio et de l'Alliance Libérale.

Ainsi, le corps de João Pessoa a été placé dans un navire à Recife le 31 juillet 1930 afin qu'il soit enterré le 18 août à Rio de Janeiro. Tant à Recife qu'à Rio de Janeiro il y eu des messes solennelles et des discours enflammés, renvoyant la faute au gouvernement de Washington Luís pour la mort de João Pessoa. À Recife eut lieu une grosse fusillade. La place de São Francisco de Paula à São Paulo, le 17 août, fut le lieu d'un conflit d'étudiants lors d'un hommage à João Pessoa, où il y eu des tirs, avec un mort et vingt blessés. La police et l'armée de terre sont intervenues[26].

Le président de la République ne s'est pas défendu contre les accusations. Washington Luís fut averti à plusieurs reprises par ses conseillés qu'il y avait un mouvement subversif en marche visant à lui ravir le pouvoir. Washington Luís ne prit cependant aucune mesure préventive pour empêcher la révolution.

La révolution du 3 octobre 1930

Le 7 septembre 1930 le mouvement révolutionnaire a un nouveau sursaut. Ce jour, Antônio Carlos cède le gouvernement de Minas Gerais à Olegário Maciel, qui était beaucoup plus décidé à faire une révolution que Antônio Carlos. le Président Olegário a été l'unique président d'état à conserver sa charge après la révolution de 1930[27].

Le 25 fut décidé par le commando révolutionnaire que la révolution commencerait le 3 octobre à 17:00 heures. Le début de la révolution avait déjà été ajourné plusieurs fois à cause d'hésitations et des indécisions des révolutionnaires.

Cette fois il n'y eut pas d'ajournement. Le 3 octobre 1930, dans l'après-midi, à Porto Alegre, la révolution de 1930 commença par la prise du quartier général de la 3e Région Militaire. L'attaque était commandée par Osvaldo Aranha et Flores da Cunha. C'est pendant cette attaque qu'il y eut les premiers morts de la révolution de 1930.

Un fait démontre l'importance que Getúlio Vargas donnait à la révolution : ce 3 octobre précisément il commença à écrire un journal intime qu'il arrêtera en 1942. Au début du journal, Getúlio écrit que le commandant la 3e Région Militaire, le Général Gil Dias de Almeida, peu avant l'attaque de son quartier général, disait à Getúlio qu'il brûlerait sa bibliothèque si Minas Gerais entrait en révolution. Washington Luis lui non plus n'avait jamais cru que Minas Gerais ferait une révolution.

Au Nordeste, à cause d'une erreur d'interprétation des ordres donnés par le commando révolutionnaire, la révolution commença à l'aube du 4 octobre.

La révolution se répandit dans tout le pays. Le 6 octobre, le New York Times informait que 80 000 hommes étaient entrés en lutte. À Minas Gerais, de manière inattendue, il y eut de la résistance, car le 12e Régiment d'infanterie de Belo Horizonte n'accepta pas le coup d'état.

Huit gouvernements d'état du Nordeste, à l'époque appelé Nord, furent renversés par les lieutenants, bien qu'ils rencontrèrent à Bahia et à Pernambouc (État) une résistance notable. Les révolutionnaires déroutèrent le gouvernement de Pernambouc le 8 octobre après un combat qui fit 150 morts[28].

Le 10, Getúlio Vargas est parti en train pour Rio de Janeiro, capitale fédérale de l'époque, laissant le gouvernement du Rio Grande do Sul à Osvaldo Aranha et non au vice-président gaúcho João Neves da Fontoura du fait que ce dernier renonça à sa charge de vice-président gaúcho.

Vers la mi-octobre la révolution dominait à peine une partie du Nordeste et une partie du sud du Brésil. Restèrent fidèles au gouvernement fédéral les états de Santa Catarina, Bahia, São Paulo, Rio de Janeiro, toute la région nord : Amazonas, Pará et le territoire de Acre, ainsi que tout la région Centre-Ouest : Goiás et Mato Grosso. Le gouvernement de Santa Catarina fut renversé le 16 octobre et un grand nombre de villes seulement à la fin de la révolution.

Au Nordeste, les révolutionnaires marchèrent en direction de Bahia. Au sud, les révolutionnaires venant du Rio Grande do Sul étaient stationnés dans la région de la ville d'Itararé, à la frontière entre le Paraná et São Paulo, où les forces du gouvernement fédéral et les troupes paulistes étaient positionnées pour contenir l'avancée des troupes révolutionnaires. On attendait qu'ait lieu une grande bataille à Itararé. Getúlio attendait l'événement en s'installant à Curitiba.

La bataille attendue d'Itararé n'eut pas lieu car le 24 octobre, avant qu'elle n'aie lieu, les généraux Tasso Fragoso et Menna Barreto et l'amirale Isaías de Noronha destituèrent Washington Luís par un coup d'État militaire et formèrent une junte militaire provisoire. Le même jour, Osvaldo Aranha était envoyé à Rio de Janeiro pour négocier l'entrée au pouvoir de Getúlio Vargas. La junte militaire gouverna le Brésil jusqu'au 3 novembre 1930 où elle passa le pouvoir à Getúlio.

Washington Luís a été destitué seulement 22 jours avant la fin de son mandat présidentiel, qui aurait dû être le 15 novembre 1930.

Les journaux qui appuyaient le gouvernement déchu furent détruits. Parmi eux quelques journaux influents comme O Paiz, A Noite, le Correio Paulistano, organe officiel du Parti Républicain Pauliste, A Platéia, la Gazeta de Notícias, A Crítica e la Folha da Manhã, actuelle Folha de S. Paulo. Le siège social du journal O Paiz fut totalement brulé.

Les polices de Rio de Janeiro, alors capitale fédérale, et de São Paulo se sont exclues du conflit et ne firent rien pour empêcher les actes de vandalisme. Dans la ville de São Paulo, les banques du Jogo do bicho furent attaquées car elle étaient suspectées de financer le PRP et le gouvernement pauliste destitué[29].

Washington Luís, Júlio Prestes et plusieurs autres personnalités politiques de la Vieille République telles que Carvalho de Brito, José Maria Belo, Átila Neves, Irineu Machado, Otávio Mangabeira, Melo Viana, Antônio Prado Júnior, entre autres, furent poussés à l'exil. Washington Luís ne retourna au Brésil qu'en 1947, après que Getúlio Vargas quitte le pouvoir en 1945.

Getúlio, après un passage par São Paulo, où il occupa le Palais des champs Élysées (Palácio dos Campos Elísios), siège du gouvernement pauliste déchu, se dirigea vers Rio De Janeiro. Ce fut une scène que les pualistes n'oublièrent pas : les soldats mineiros et gaúchos, fusil à l'épaule, montaient la garde pour Getúlio au siège du gouvernement pauliste.

Getúlio arriva à Rio de Janeiro en train le 31 octobre 1930. Il s'imprégna de la situation politique à Rio de Janeiro avant de gouverner.

Le Gouvernement Provisoire (1930 – 1934)

Une république nouvelle

À 3 heures de l'après-midi le 3 novembre 1930, la junte militaire provisoire passa la pouvoir, au Palais du Catete, à Getúlio Vargas (qui était vêtu d'un uniforme militaire pour la dernière fois de sa vie), ce qui mit fin à la Vieille République. Dans son discours de passation, Getúlio établit 17 mesures que le Gouvernement Provisoire devrait prendre.

À la même heure, au centre de la ville de Rio de Janeiro, les soldats gaúchos tinrent la promesse d'attacher les chevaux à l'obélisque de l'avenue centrale, actuelle Avenida Rio Branco, marquant symboliquement le triomphe de la révolution de 1930. Ce geste des gaúchos fut chanté par Almirante, sur une chanson de Lamartine Babo appelée O barbado foi-se (le barbu s'en est allé).

« Le Rio Grande sans courir le moindre risque a attaché, par télégramme, les chevaux à l'obélisque »

— Lamartine Babo

Getúlio devint Chef du Gouvernement Provisoire avec de larges pouvoirs. Les révolutionnaires n'acceptaient pas le titre de Président de la République. Son gouvernement provisoire était le second de la république. Le premier était celui de Deodoro da Fonseca.

Getúlio gouvernait à travers des décrets qui avaient force de loi. Ces décrets commençaient toujours ainsi :

«  Le Chef du Gouvernement Provisoire de la République des États Unis du Brésil, Considérant que : »

Le 11 novembre 1930, le décret numéro 19.398 qui instituait et réglementait le fonctionnement du Gouvernement Provisoire :

  • Suspendait les garanties constitutionnelles de la Constitution brésilienne de 1891, sauf l'Habeas corpus pour les crimes communs ;
  • Confirmait la dissolution du Congrès National, des congrès d'état et des chambres municipales. Les députés, sénateurs et présidents d'état, élus en 1930, ne prendraient pas possession de leurs mandats ;
  • Confirmait également tous les actes de la Junte Militaire Provisoire ;
  • Autorisait Getúlio à nommer et disculper, à discrétion, des intervenants pour les gouvernements d'état, en majorité des lieutenants qui participèrent à la Révolution de 1930 ;
  • Excluait de critique judiciaire les actes du Gouvernement Provisoire et les actes des intervenants fédéraux dans les états. Ainsi, aucun acte ou décret du Gouvernement Provisoire et des intervenants pouvait être contestés par la justice brésilienne.

Les officiers des forces armées qui restèrent fidèles au gouvernement déchu eurent leur carrière écourtée, un décret les ayant placé dans la réserve militaire.

Au Suprême Tribunal Fédéral, en février 1931, 6 ministres qui soutenaient le gouvernement déchu furent placés en retraite obligatoire, le le nombre de ministres fut réduit de 15 à 11.

Même dans la marine brésilienne, qui n'avait pas combattu les révolutionnaires en 1930, il y eu par ordre de Getúlio des retraites forcées, ce qui mena le ministre de la marine, José Isaías de Noronha, à demander la démission de son poste.

Il y eut une recherche minutieuse parmi les administration et les hommes politiques de la Vieille République, au travers d'une Justice Révolutionnaire et d'un Tribunal Spécial, créés en 1930 par le décret qui instituait le Gouvernement Provisoire et l'organisation par le décret 19.440 du 28 novembre 1930 avec comme objectif de « poursuivre et de juger des crimes politiques, fonctionnels et autres qui seront discriminés dans la loi de son organisation ».

Dans ce même temps, comme Getúlio le confirmait lui-même dans son journal le 4 décembre 1932, aucune irrégularité ou corruption n'a été trouvée pendant ce régime après 1930, ce qui fait que plus tard sortira l'expression "Les honorifiques hommes politiques de la Vieille République". Le Tribunal Spécial fut dissolu en 1932 sans avoir condamné qui que ce soit.

Il y a eu, au début du Gouvernement Provisoire une espère de commandement révolutionnaire, appelé officiellement Conseil National Consultatif, créé par le décret qui réglementaire le Gouvernement Provisoire, qui a reçu le nom de "Bureau Noir", dont faisait partie Getúlio Vargas, Pedro Ernesto, le général José Fernandes Leite de Castro, Ari Parreiras, Osvaldo Aranha, Góis Monteiro, Juarez Távora et le lieutenant João Alberto Lins de Barros (quand, alors qu'il était intervenant fédéral à São Paulo, il est allé à Rio de Janeiro) entre autres.

Le Bureau Noir était supérieur au cabinet ministériel, prenait des décisions et définissait la direction de la révolution.

Juarez Távora, en plus d'être ministre des transports puis de l'agriculture, était, au travers d'un décret secret, placé au secrétariat du ministère de la guerre, l'actuelle armée de terre brésilienne, et nommé chef d'une Délégation du Nord, ce qui lui permettait le contrôle de toutes les interventions du Nordeste et lui valu le surnom de Vice-roi du nord.

La radicalisation politique des lieutenants représentait le plus grand danger pour Getúlio le 25 février 1932 quand fut détruit, dans la ville de Rio de Janeiro, le journal d'opposition au Gouvernement Provisoire, le Diário Carioca.

Le refus de Getúlio de punir les lieutenants liés à l'affaire fit que le ministre du travail Lindolfo Collor, le ministre de la justice Joaquim Maurício Cardoso et le chef de la police de Rio de Janeiro, João Batista Luzardo, demandèrent leur démission. João Neves da Fontoura rompa également ses liens avec Getúlio. Batista Luzardo dénonça dans une lettre la participation du Gouvernement Provisoire à l'attentat du Diário Carioca. Les journaux de Rio de Janeiro restèrent deux jours sans publier en solidarité avec le Diário Carioca.

Les lieutenants se rencontrèrent et s'organisèrent dans les clubs "3 octobre", et ne revinrent finalement à leurs quartier qu'après la promulgation de la constitution de 1934.

Cependant, au milieu de l'année 1932, Getúlio Vargas avait déjà réussi à se libérer de l'influence des lieutenants sur le commandement de la Révolution et à gouverner seulement avec le ministère, s'abstenant du Bureau Noir, bien que les gouvernements étatiques, dans leur grande majorité, restaient dans les mains des lieutenants.

Ce ministère, composé de seulement neuf personnes (sept civils et deux militaires), a été choisi avec attention pour récompenser et contenter les trois états, les partis politiques ("Partis libérateurs") PRR, PRM, Parti Républicain Paraibain, et Parti Démocratique de 1930, les lieutenants et la Junte Militaire Provisoire qui firent ensemble la Révolution de 1930.

Le conflit avec la gauche révolutionnaire, dont faisait parti beaucoup de militaires, et qui s'est intensifiée par la suite, commença dès la mise en place du Gouvernement Provisoire : le 22 janvier 1931 un plan subversif a été découvert dans les syndicats à Santos et à Rio de Janeiro. Parmi les prisonniers faits il y avait le jeune Carlos Lacerda. À cause de cette affaire le défilé de la fête du Travail de 1931 a été suspendu[30].

La consolidation de Getúlio Vargas en tant que chef de la Révolution de 1930

Parmi les principaux lieutenants et chefs révolutionnaires de 1930 avec qui Getúlio Vargas a eu le plus de difficultés à s'accorder afin de consolider son pouvoir furent : la général José Antônio Flores da Cunha, intervenant puis gouverneur du Rio Grande do Sul et l'ex-président de Minais Gerais Antônio Carlos Ribeiro de Andrada.

Flores da Cunha disposait d'une police militaire importante et d'un corps de provisoires, une milice très bien armée qui avait été organisée pour combattre São Paulo pendant la révolution constitutionnelle de 1932. Flores da Cunha est intervenu vigoureusement dans la politique d'autres états et dans la politique nationale et c'est seulement à l'approche du nouveau coup d'État en 1937 qu'il abandonna la charge de gouverneur gaúcho et qu'il s'exila en Uruguay.

Antônio Carlos, appelé par Getúlio dans son journal "la vieille renarde" (a velha raposa), présida l'assemblée nationale constituante de 1933 à 1934 et présida la chambre des députés de 1934 à 1937. Cette année là Antônio Carlos ne réussit pas à se faire réélire président de la chambre des députés, ayant été battu par le candidat soutenu par Getúlio, Pedro Aleixo. Peu de temps après, avec l'avènement de l'État Nouveau, Antônio Carlos abandonne la vie publique.

Le major Miguel Costa a été révoqué après soulèvement communiste ; Juarez Távora ne garda essentiellement que des charges bureaucratiques ; Juraci Magalhães était au début fidel à Getúlio mais il n'accepta pas le coup d'État de 1937 et il abandonna le gouvernement de Bahia pour revenir à ses quartiers.

Les plus influents et fidèles militaires durant les 15 années de pouvoir de Getúlio furent le général Pedro Aurélio de Góis Monteiro et ensuite le général Eurico Dutra, ministre de la Guerre de 1936 à 1945, le capitaine Filinto Müller qui fut pendant plusieurs années chef de la police de Rio de Janeiro (1933 – 1942) et le colonel João Alberto Lins de Barros.

Les luttes pour le pouvoir dans les états

Durant le Gouvernement Provisoire, les luttes politiques autour des intervenants dans les états étaient assez intenses entre les lieutenants et les hommes politiques victorieux de 1930. Un nouveau "Bureau Noir" fut formé en mai 1932 pour régler exclusivement ces luttes dans les états afin de laisser plus de temps à Getúlio pour administrer. Dans ce nouveau Bureau Noir on sait avec certitude, à la lecture du journal de Getúlio, que participèrent le général Góis Monteiro et le colonel João Alberto Lins de Barros.

Le cas le plus grave fut celui de São Paulo, qui mena les paulistes à une révolution contre le Gouvernement Provisoire en 1932. Un autre cas important de lutte dans les états a eu lieu à Minas Gerais. Il commença le 5 septembre 1933 et a été appelé "l'affaire mineira". Il y eut une lutte politique féroce pendant 97 jours de crise politique pour savoir qui serait le successeur de Olegário Maciel qui était mort durant son mandat de gouverneur de Minas Gerais. Le vice-président de Minas Gerais Pedro Marques de Almeida avait renoncé en 1931 à être maire de Juiz de Fora.

Ce climat tendu mena Getúlio à choisir, le 12 décembre 1933, un député fédéral encore inconnu à l'époque pour être intervenant fédéral à Minas Gerais : Benedito Valadares, afin de ne déplaire à aucun des courants se disputant le poste de gouverneur de Minas Gerais. Dans cette lutte, au delà des hommes politiques mineiros, entrèrent des ministes, le colonel João Alberto et l'intervenant gaúcho Flores da Cunha.

Une fois résolu le problème de succession de Olegário Maciel, Minas Gerais a retrouvé une stabilité politique, Benedito Valadares gouvernant jusqu'en 1945. Minas Gerais, Goiás et le Paraná furent les états qui eurent la plus grande stabilité pendant les 15 années de pouvoir de Getúlio. Goiás était gouverné, de 1930 à 1945, par le médecin Pedro Ludovico Teixeira qui, en 1933 construisit la nouvelle capitale, Goiânia. Le Paraná, après une série de crises avec les lieutenants de cet état, réussit à se stabiliser politiquement avec la nomination par Getúlio de Manuel Ribas comme intervenant fédéral. Manuel Ribas gouverna de 1932 à 1945.

La réalisation des promesses de l'Alliance Libérale et de la Révolution de 1930

Getúlio Vargas a rempli les principales promesses de la Révolution de 1930 :

  • Il a amnistié, par le décret 19.395 du 8 novembre 1930, « tous les civils et militaires ayant pris part aux mouvements révolutionnaires ayant eu lieu dans le pays », ce qui incluait tous les révolutionnaires des années 1920 : la révolte des 18 du fort de Copacabana en 1922, la Révolte Paulista de 1924 et la Colonne Prestes ;
  • Il créa le Ministère du Travail, de l'Industrie et du Commerce en 1930 (ensuite séparé en Ministère du Travail, et Ministère de l'Industrie et du Commerce), le Ministère de l'Éducation et de la Santé Publique également en 1930 (ensuite séparé en Ministère de la Santé et Ministère de l'Éducation et de la Culture – abrégé en MEC ) ;
  • Il créa le 24 février 1932 le premier code électoral du Brésil par le décret 21.076 qui établissait : le vote obligatoire, le vote secret, le vote des femmes et la Justice Électorale, et nécessitait un nouvel engagement électoral. Ce code électoral a beaucoup fait diminuer la Fraude électorale. Cependant le vote resta interdit aux mendiants, aux analphabètes aux mineurs de moins de 21 ans et aux  praças  ⇔  ?? des forces armées ;
  • Le 14 mai 1932, par le décret 21.402, furent prévues les élections directes à bulletin secret pour le 3 mai 1933 avec pour objectif d'élire les membres d'une Assemblée Nationale Constituante.
  • Il améliora les droits des travailleurs, avec la Consolidation des Lois du Travail instituée plus tard, en 1943
  • Il y eut une tentative énergique de réduction des dépenses publiques pour éliminer le déficit public du Budget fédéral. La tentative fut grandement handicapée par de grandes dépenses comme l'achat de stocks de café ordonné par le décret 19.688 du 11 février 1931, la guerre contre les paulistes en 1932 et la grande Sécheresse du Nordeste qui a eu lieu également en 1932.

Les réalisations du Gouvernement Provisoire

Durant le Gouvernement Provisoire, Getúlio Vargas commença la modernisation de l'État brésilien. Il créa :

  • le 18 novembre 1930, par le décret 19.408, l'ordre des avocats du Brésil (OAB) ;
  • le 15 décembre 1930 le décret 19.488, qui réduisit le nombre de jours fériés nationaux de 12 à 6 ;
  • en 1931, l'Aviation Postale Militaire, devenue ensuite Courrier Aérien National, et le Département de l'Aviation Civile ;
  • le 11 avril 1931, le décret 19.851 qui discipline l'enseignement supérieur au Brésil, donnant la préférence à celui dispensé dans les universités ;
  • le 1er octobre 1931, le décret 20.466 qui établit pour la première fois l'heure d'été au Brésil ;
  • le 21 mars 1932, par le décret 21.175, la Carte de travail, ou carte professionnelle ;
  • le 1er juin 1933, par le décret 22.789, l'Institut du Sucre et de l'Alcool ;
  • le 23 janvier 1934, par le décret 23.793, le Code forestier (en vigueur jusqu'en 1965) ;
  • le 6 juillet 1934, par le décret 24.609, l'Institut National de Statistiques, actuel IBGE ;
  • le 10 juillet 1934, par le décret 24.643, le Code des Eaux qui, avec des modifications, est encore en vigueur selon la Maison Civile de la Présidence de la République du Brésil. Ce code a été très critiqué par Monteiro Lobato qui le considérait restrictif sur l'extraction du pétrole[31] ;
  • le 12 décembre 1930, le décret 19.482 qui restreint fortement l'entrée d'immigrants au Brésil, une mesure qui resta en vigueur jusqu'en 1933, pour éviter l'augmentation du nombre de sans emplois (appelés alors sans-travail) ;
  • le 19 mars 1931, le décret 19.770 qui règlemente la syndicalisation des classes patronales et ouvrières, rendant obligatoire l'approbation des statuts des syndicats travaillistes et patronaux par le Ministère du Travail ;

Getúlio réussit à rétablir des relations cordiales entre l'état brésilien et l'Église Catholique, très influente à cette époque, rompues avec le gouvernement brésilien depuis l'avènement de la République et du mariage civil. Le rétablissement de l'enseignement religieux dans les écoles publiques, le 30 avril 1931, par le décret 19.941, facilita cette réconciliation avec l'Église Catholique.

En août 1931 un défaut de paiement est déclaré et la dette extérieure brésilienne est renégociée avec un "pt:funding loan" de 3 ans, comptant à partir d'octobre 1931, autorisé le 2 mars 1932 par le décret 21.113.

Le 12 octobre 1931 la statue du Christ Rédempteur est inaugurée.

Par le décret 21.111 du 1er mars 1932 la publicité commerciale est autorisée et règlementée dans les émissions de radio. Avant que la publicité ne soit autorisée, les radios étaient financées par des clubs d'auditeurs.

C'est par ce même décret que furent réglementées les concessions des stations de radio du Brésil jusqu'à ce qu'en 1962 fut édité le Code Brésilien de Télécommunications.

Le décret 21.366 du 5 mai 1932 déclare que le second dimanche de mai est consacré aux mères.

Furent abolis et interdits, le 17 mai 1932, par le décret 21.418, les anciens impôts sur le commerce inter-état et sur le commerce inter-municipal, ce qui mit fin aux barrières aux frontières inter-états.

Le même jour, par le décret 21.417-A, les conditions de travail des femmes furent réglementées pour les établissements industriels et commerciaux, ordonnant des salaires égaux à ceux des hommes et interdisant le travail des femmes enceintes un mois avant et après l'accouchement.

Furent interdits, le 7 avril 1933, à travers le décret 22.626 (connu sous le nom de loi de l'usure) les intérêts bancaires abusifs, la loi étant toujours en vigueur actuellement.

Le décret 23.746 du 15 janvier 1934 annule le décret 4.743 de 1923, qui était une loi sur les crimes de la presse. Sont alors amnistiés tous les condamnés par ce décret.

En 1934 débute la construction de l'Aéroport Santos Dumont à Rio de Janeiro, qui se terminera en 1936.

Le 10 juillet 1934, le décret 24.645 établit les moyens de protection des animaux et reste connu comme la "loi de protection des animaux", et est encore en vigueur.

Fut détruit et brulé du café, de 1931 à 1943, en une quantité estimée de 50 à 70 millions de sacs, à Santos et dans d'autres ports, pour la valorisation du prix du café, lequel avait beaucoup chuté durant la Grande Dépression de 1929. Le total de sacs de café brulés équivalait à quatre ans de production nationale.

La Contre-révolution de 1932 ou Révolution Constitutionnelle et l'élection de 1933

Paulistes contre Getúlio

Le 9 juillet 1932, éclot la Révolution constitutionnelle de 1932 à São Paulo. Actuellement, le 9 juillet est un jour férié de l'État de São Paulo.

Le Parti Républicain pauliste et le Parti Démocratique São Paulo, qui avant appuyaient la Révolution de 1930, s'unirent dans un Front Commun, appelé "Front unique pour São Paulo Uni", le 16 février 1932, pour exiger la fin de la dictature du Gouvernement Provisoire, la nomination d'un homme politique "civil et pauliste" comme intervenant fédéral à São Paulo, et exiger aussi la promulgation d'une nouvelle constitution.

Getúlio Vargas avait révoqué, en 1930, les garanties constitutionnelles de la Constitution de 1891, et gouvernait à travers des décrets. L'épisode du Front Unique pour São Paulo Uni fut la dernière fois dans l'histoire de São Paulo que les forces politiques paulistes furent unies.

Les paulistes considéraient que São Paulo devenait comme une sorte de terre conquise et avaient le sentiment que la révolution de 1930 avait été faite contre São Paulo[32]. Júlio Prestes avait obtenu, en 1930, 90% des votes à São Paulo contre 10% à Getúlio donnés par le Parti Démocratique.

Après le Révolution de 1930, São Paulo était gouvernée par des lieutenants d'autres états. Le lieutenant-intervenant que les paulistes détestaient le plus était João Alberto Lins de Barros, appelé péjorativement par les paulistes le pernamboucain. L'autre intervenant militaire était le général Manuel Rabelo, qui était très lié à João Alberto, qui continuait à interférer à São Paulo.

Les autres nominations de militaires par le Gouvernement Provisoire qui irritèrent beaucoup les paulistes furent : le général retaité Isidoro Dias Lopes en tant que commandant de la Seconde Régio Militaire, et la nomination du major iguel Costa en tant que commandant des la Force Publique de São Paulo, actuelle Police Militaire de l'État de São Paulo, puis en tant que secrétaire de la sécurité publique, car les deux, Isidoro Lopes et Miguel Costa, avaient tenté de renverser le gouvernement pauliste pendant la révolution de 1924. Isidoro Dias Lopes, Cependant, finit par rompre avec le Gouvernement Provisoire et appuya la révolution de 1932.

Même quand furent nommé des civils en tant qu'intervenants à São Paulo, Laudo Ferreira de Camargo e Pedro Manuel de Toledo, les lieutenants continuèrent à interférer, ne laissant par les intervenant former librement le gouvernement. Quand Laudo de Camargo abandonna en novembre 1931, le ministre des finances José Maria Whitaker demanda la démission en solidarité avec Laudo de Camargo. Osvaldo Aranha le remplaça au ministère de l'économie.

Selon beaucoup d'analystes, cela fut la plus grande erreur politique de Getúlio en presque cinquante ans de carrière politique : Livrer São Paulo aux lieutenants.

Les lieutenants du Club 3 octobre étaient totalement contre le fait de faire une nouvelle constitution, ce qu'ils transmirent à Getúlio Vargas le 3 mars 1932 à Petrópolis dans une document dans lequel ils donnaient leur total appui à la dictature et dans lequel ils se disaient contre une nouvelle constitution.

L'étincelle de la révolte pauliste fut la mort de cinq étudiants paulistes, assassinés au centre de São Paulo par des partisans de Getúlio Vargas le 23 mai 1932. Ce jour la population sortit des rues pour protester contre la présence du ministre Osvaldo Aranha à São Paulo et Pedro de Toledo monta un nouveau gouvernement (appelé le gouvernement du 23 mai) sans l'intervention des lieutenants et d'Osvaldo Aranha.

Surgit alors un mouvement d'opposition qui resta connu comme le M.M.D.C., initiales des noms des étudiants morts ce jour du 23 mai : Martins, Miragaia, Dráusio et Camargo. Orlando de Oliveira Alvarenga, blessé également le 23 mai, mourut le 12 août 1932. Le 23 mai est fêté à São Paulo sous le nom de "jour du soldat constitutionnel".

Ce mouvement initia la révolution de 1932. Le 9 juillet, le mouvement constitutionnel commence. Il fut réuni un grand contingent de volontaires civils et militaires qui s'engagèrent dans une lutte armée contre le Gouvernement Provisoire, appelé par les paulistes la dictature.

Le mouvement constitutionnel avait l'appui d'hommes politiques d'autres états comme Borges de Medeiros, Raul Pilla, Batista Luzardo, Artur Bernardes et João Neves da Fontoura, qui furent emprisonnés puis exilés. Ces hommes politiques avaient appuyé la révolution de 1930, mais se séparèrent plus tard de Getúlio.

Dans l'actuel état du Mato Grosso do Sul fut créé l'État de Maracaju, lequel soutenait São Paulo.

Le 24 juillet, ébranlé par la guerre, l'aviateur Alberto Santos-Dumont se suicida.

Les troupes du Gouvernement Provisoire qui combattirent à São Paulo étaient commandées par le général Pedro Aurélio de Góis Monteiro.

Minas Gerais, avec peu d'exceptions comme Artur Bernardes, soutenait le Gouvernement Provisoire et combattait São Paulo.

Débutés le 9 juillet, la révolution constitutionnelle continua jusqu'au 2 octobre 1932 où elle fut battue militairement.

La fin de la révolution constitutionnelle marqua le début d'une période de démocratisation au Brésil.

Le 3 mai 1933, des élections furent organisées pour l'Assemblée Nationale Constituante, où les femmes votèrent pour la première fois au Brésil pour des élections nationales. Le droit de vote des femmes avait déjà été institué au Rio Grande do Norte en 1928.

À cette élection du 3 mai 1933 fut également introduit le vote à bulletin secret dans des élections nationales, lequel avait été introduit au Brésil par le président de Minais Gerais Antônio Carlos de Andrada en 1929, pour une élection de conseillé à Belo Horizonte.

À partir de cette élection, grâce à la création de la Justice Électorale, les cessèrent d'être une routine aux élections brésiliennes.

Dans la version du Gouvernement Provisoire, la Révolution de 1932 n'était pas nécessaire puisque les élections avait déjà été prévues. Selon les paulistes, il n'y aurait pas eu de re-démocratisation du Brésil s'il n'y avait pas eu le mouvement constitutionnel de 1932.

Une fois terminée la Révolution de 1932, Getúlio Vargas se réconcilia avec São Paulo, et après plusieurs négociations politiques, il nomma un civile et pauliste comme intervenant à São Paulo, Armando de Sales Oliveira, qui avait soutenu la Révolution de 1930. Et plus tard, en 1938, Getúlio participa personnellement dans la ville de São Paulo à l'inauguration de l'avenue du 9 juillet (Avenida 9 de Julho) qui rendait hommage à la Révolution de 1932.

En 1938, Getúlio nomma intervenant à São Paulo un ex-combattant de 1932 : le médecin Adhemar Pereira de Barros, qui appartenait au Parti Républicain Pauliste. Après Adhemar, Getúlio nomma Fernando de Sousa Costa, qui était le secrétaire d'état à l'agriculture de Júlio Prestes quand celui-ci gouvernait São Paulo de 1927 à 1930.

L'Assemblée Nationale Constituante et la Constitution de 1934

L'Assemblée Nationale Constituante fut installée le 15 novembre 1993, présidée par Antônio Carlos de Andrada, qui promulgua une nouvelle constitution le 16 juillet 1934.

À cette constituante participait pour la première fois une femme député, Carlota Pereira de Queirós, qui curieusement représentait l'état battu en 1930, São Paulo. Il y avait aussi la présence de députés élus par les syndicats, les députés de classes.

Furent maintenu hors de l'appréciation judiciaire tous les actes du Gouvernement Provisoire et des intervenants dans les états.

Furent amnistiés tous ceux qui ont pratiqué des crimes politiques jusqu'à la date de la promulgation de la constitution de 1934.

Constitution considérée progressiste pour certains et pour Getúlio : Impossible de gouverner sans elle !

La principale critique, faite par Getúlio, à la Constitution de 1934, portait sur son caractère inflationniste, car on pouvait calculer que si toutes les nationalisations de banques et de mines étaient faites, et si tous les droits sociaux prévus par elle étaient mis en place, les coûts pour les entreprises privées, les dépenses du gouvernement et le déficit public s'élèveraient grandement.

Une des grandes dépenses du gouvernement prévue par la constitution de 1934 dans son article 138 était que l'État devrait "Secourir les nombreuses familles prolétaires", qui constituait la majorité des familles brésiliennes de cette époque.

La seconde critique que le gouvernement de Getúlio fit à la Constitution de 1934 est que, étant trop libérale, elle ne permettait pas de combattre de manière adéquate la subversion.

Le Gouvernement Provisoire avait créé une commission de juristes pour élaborer un contre-projet de constitution, la "Commission de l'Itamaraty"[N 3], lequel prévoyait un pouvoir exécutif fédéral fort et centralisateur, du goût de Getúlio. Pourtant la Constitution de 1934 était décentralisatrice, donnant une certaine autonomie aux états fédérés. Les sénateurs étatiques disparurent avec la mise en place de la constitution.

Le jour suivant la promulgation de la nouvelle constitution, le 17 juillet 1934 il y eut une élection indirecte pour la présidence de la république : le Congrès Nationale élut Getúlio Vargas Président de la République, battant Borges de Medeiros qui depuis 1931 faisait opposition à Getúlio ainsi que d'autres candidats. Getúlio obtint 173 votes contre 59 votes pour Borges de Medeiros. Les paulistes votèrent pour Borges de Medeiros, ne suivant pas l'avis de l'intervenant fédéral Armando de Sales Oliveira.

Le Gouvernement Constitutionnel (1934 – 1937)

Le nouveau mandat présidentiel de Getúlio débuta le 30 juillet 1934 quand il prit la tête du Congrès National, prêtant serment sur la nouvelle constitution. Getúlio gouvernera jusqu'au 3 mai 1938. Il n'y avait pas, dans la constitution de 1934, l'existence d'un vice-président.

Les états firent après leurs constitutions et beaucoup d'intervenants devinrent gouverneurs, élus par les assemblées législatives, ce qui signifiait une victoire assez grande dans les états des partisans de Getúlio.

Le 4 avril 1935 fut approuvée la loi 38 qui définissait les crimes contre l'ordre politique et social qui permettait une plus grande rigueur dans le combat contre la subversion à l'ordre publique. Cette loi resta connue comme la Loi de Sécurité Nationale.

Getúlio partit visiter l'Argentine et l'Uruguay entre mai et juillet 1935. Avant lui seul un président (Campos Sales) s'était absenté du Brésil. C'est le président de la chambre des députés, Antônio Carlos Ribeiro de Andrada, qui le remplaça à la présidence de la République.

Le 22 juillet 1935 fut créé un programme officiel de radio avec des nouvelles du gouvernement : "Hora do Brasil" (l'Heure du Brésil), appelée ensuite "Voz do Brasil" (Voix du Brésil), qui existe encore actuellement.

À cette période de gouvernement de Getúlio, la radicalisation politico-idéologique au Brésil grandit, spécialement entre l'Action intégraliste brésilienne (AIB), d'inspiration fasciste, menée par Plínio Salgado, et l' Alliance Nationale Libératrice (ANL), mouvement dominé par le Parti communiste du Brésil (PCB), pro-soviétique.

L'interdiction de l'ANL, par le décret 229 du 11 juillet 1935 décidé par Getúlio Vargas, ainsi que l'emprisonnement politique de certaines personnes ont précipité les conspirations qui menèrent au soulèvement communiste le 24 novembre 1935 au Nordeste et le 27 novembre 1935 dans la capitale fédérale Rio de Janeiro. Le mouvement révolutionnaire eut lieu dans plusieurs villes brésiliennes.

À Rio de Janeiro il y eut un soulèvement militaire dans le 3e Régiment d'infanterie, il y eut plusieurs morts. Le préfet carioca Pedro Ernesto fut fait prisonnier plusieurs mois après, en avril 1936, suspecté d'avoir soutenu le soulèvement communiste.

Il y eut une lutte également à Recife. À Natal, les communistes parvinrent à prendre le pouvoir, mais ont ensuite été battus par des troupes de sertanejos se l'intérieur du Rio Grande do Norte menées par Dinarte de Medeiros Mariz.

À la suite de la révolte communiste, Getúlio Vargas décréta plusieurs fois l'État d'urgence et l'état de guerre dans le pays, et les lois visant à combattre les subversions furent endurcies.

La loi de Sécurité Nationale fut réformée le 14 décembre 1935 par la loi 136 qui définissait de nouveaux crimes contre l'ordre public.

Le 18 décembre 1935, le Congrès National promulguait également trois amendements à la Constitution de 1934 qui avaient pour objectif de combattre la subversion.

Le 17 janvier 1936 est votée la loi 192 qui vise à limiter le pouvoir militaire des états, et subordonne les polices militaires à l'armée de terre brésilienne, limitant les effectifs et interdisant aux états la possession d'une artillerie, d'une aviation et de chars de combat. Cette armement lourd que les polices étatiques possédaient fut remis à l'armée de terre brésilienne.

Le 23 mars 1936 sont faits prisonniers le sénateur Abel de Abreu Chermont et trois députés fédéraux pour complicité avec le soulèvement communiste.

Un tribunal spécial pour juger les révolutionnaires de la Révolte Communiste est créé le 11 septembre 1936, il est appelé "Tribunal de Sécurité nationale". L'instabilité politique grandit beaucoup durant cette période.

Tout cela mena Getúlio, avec un large soutien des militaires, à mettre en place l'État Nouveau.

Période dictatoriale : l'État Nouveau (1937 – 1945)

Article principal : Estado Novo (Brésil).

Estado Novo est le terme utilisé pour nommer la période de l'Histoire du Brésil, dans la phase républicaine, qui s'étend du 10 novembre 1937 au 29 octobre 1945, alors que Getúlio Vargas était président du Brésil.

La mise en place de l'État Nouveau et sa politique

Le 30 septembre 1937, alors qu'étaient attendues les élections présidentielles notées pour janvier 1938, que se disputaient José Américo de Almeida et Armando de Sales Oliveira, tous deux ayant supporté la révolution de 1930, ainsi que Plínio Salgado, le gouvernement de Getúlio dénonce l'existence d'un plan communiste supposé pour prendre le pouvoir.

Ce plan était connu comme le Plan Cohen. C'est plus tard que fut accusé d'avoir formé ce plan un adepte du nationalisme intégral, le capitaine Olímpio Mourão Filho, celui même qui débutera la Révolution de 1964.

Les intégralistes, cependant, nièrent sa participation à la mise en place de l'État Nouveau, accusant le général Góis Monteiro, à l'époque Chef d'État-Major des armées brésilien, de la divulgation du Plan Cohen. C'est seulement dix-huit ans plus tard, durant le conseil de justification de l'armée de terre brésilienne, demandée le 26 décembre 1956 que Olímpio Mourão Filho devenu colonel prouva son innocence.

Le lendemain de la divulgation du Plan Cohen, le 1er octobre 1937, le Congrès National déclara l'état de guerre dans tout le pays.

Le 19 octobre 1937, le gouverneur du Rio Grande do Sul, Flores da Cunha, après avoir perdu le contrôle de la brigade militaire gaúcho, et avoir été encerclé militairement par le général Góis Monteiro, abandonne sa charge de gouverneur du Rio Grande do Sul et s'exile en Uruguay.

Flores da Cunha, qui avait acheté beaucoup d'armes à l'Europe, représentait la possible dernière résistance militaire à une tentative de coup d'état de la part de Getúlio. Armando de Sales Oliveira, qui pouvait également d'opposer au coup d'état, avait déjà laissé le gouvernement de São Paulo, le 29 décembre 1936 pour sa candidature à la présidence de la république. Son successeur, José Joaquim Cardoso de Melo Neto donna la garantie à Getúlio que São Paulo ne ferait pas une autre révolution.

São Paulo était de nouveau divisée comme en 1930, du fait que le Parti Constitutionnel (de Armando Sales, héritant du Parti Démocratique) et le Parti Républicain Pauliste ne s'entendaient pas. Le PRP n'accepta pas de soutenir la candidature de Armando Sales à la présidence de la république.

Getúlio, le 10 novembre 1937, par un coup d'État, institua alors l'État Nouveau, dans un discours à la radio, dans lequel il lança un "manifeste à la nation" dans lequel il disait que État Nouveau avait pour objectif de "réajuster l'organisme politique aux nécessités économiques du pays"[33]. L'État Nouveau était favorable à l'intervention de l'état dans l'activité économique :

« C'est la nécessité qui fait loi : plus complexe devient la vie dans le moment qui passe, plus grande doit être l'intervention de l'état dans le domaine de l'activité privée »

— Getúlio Vargas[33]

L'État Nouveau voulait ainsi l'organisation politique d'un pays et la participation du citoyen à la vie politique du pays :

« La richesse de chacun, la culture, la joie, ne sont pas seulement des biens personnels : elles représentent des réserves de vitalité sociale, dont nous devons profiter pour rendre plus forte l'action de l'État ! »

— Getúlio Vargas[34]

Selon l'Amiral Ernani do Amaral Peixoto, l'État Nouveau n'était pas l'œuvre personnelle de Getúlio mais était bien une décision des militaires visant à combattre la subversion :

« Le Coup d'État de l'État Nouveau aurait pu être avec Getúlio, sans Getúlio ou contre Getúlio »

— Ernani do Amaral Peixoto[35]

Le jour du Coup d'État, le 10 novembre, Getúlio Vargas établit la fermeture du Congrès National et apporta une nouvelle constitution, la Constitution de 1937, connue sous le nom de Polaca (Polonaise), qui lui donnait un contrôle total du pouvoir exécutif et lui permettait de nommer les intervenants dans les états, à qui il donna une grande autonomie dans la prise de décision.

La constitution de 1937 prévoyait un nouveau pouvoir législatif qui ne put pas être mis en place, et prévoyait la réalisation d'un plébiscite qui n'est pas parvenu à être proposé. Il n'y eut jamais d'élections pendant l'État Nouveau. À ses débuts, la constitution de 1937 justifie la mise en place de l'État Nouveau, décrivant une situation de pré guerre civile dans laquelle le Brésil était supposer vivre.

Les partis politiques furent supprimés le 2 décembre 1937 par le décret-loi 37.

Le 4 décembre, on brûle, lors d'une grande cérémonie civile à l'Esplanade de Russel à Rio de Janeiro, les drapeaux des états fédéraux, auxquels ils fut interdit de posséder un drapeau ou tout symbole d'état. L'État Nouveau était contre toute démonstration de régionalisme, et Getúlio s'exprimait ainsi sur ce thème en 1939 :

« Nous n'avons pas de problèmes régionaux ; ils sont tous nationaux, et concernent tout le Brésil ! »

— Getúlio Vargas[36]

Le gouvernement mit en place la censure de la presse et de la propagande du régime à travers le DIP (Departamento de Imprensa e Propaganda : Département de la presse et de la Propagande).

Le cabinet ministériel de Getúlio resta relativement stable durant l'État Nouveau, les ministres de l'économie, de la Guerre, de la marine et de l'éducation conservant leur poste durant toute la période de l'État Nouveau (1937 – 1945).

Les réalisations de l'État Nouveau

Pendant l'État Nouveau furent créés le Ministère de l'Aéronautique, la Force aérienne brésilienne, le Conseil National du Pétrole, le Département Administratif du Service Publique, la Compagnie de Sidérurgie Nationale, la Compagnie Nationale de Álcalis (pour la production du carbonate de sodium et du sel), la Compagnie Vale do Rio Doce, l'Institut de Réassurancedu Brésil, la Compagnie Hydroélectrique du São Francisco, le Conseil Fédéral du Commerce Extérieur et la loi de la société anonyme.

Getúlio fit les premiers pas pour la création de l'industrie aéronautique brésilienne. La Fabrique Nationale de Moteurs (FNM) est créée ; Prévue initialement pour être une fabrique d'avions elle produisit par la suite des tacteurs et des petits camions. Getúlio participera personnellement également, à partir de 1933, à la création de la fabrique d'avions de Lagoa Santa (dans le Minas Gerais), laquelle rencontra des difficultés à cause de la Seconde Guerre mondiale et de problèmes d'ordre techniques. Elle produisit tout de même quelques avions T-6 avant de fermer en 1951.

La production de combustible gazogène fut stimulée. Il fut utilisé par les automobiles brésiliennes durant la seconde guerre mondiale quand il y eu une restriction des importations de pétrole et dérivés.

Une nouvelle monnaie fut créée : le cruzeiro, qui avait été prévu quand Getúlio était ministre des finances de Washington Luís.

Par le décret-loi 483, le 8 juin 1938 fut créé le Code Brésilien de l'Air permettant de réguler le transport aérien et restant en vigueur jusqu'en 1966.

Le 8 juillet 1938 clôt l'ère du Cangaço au Brésil, conflit existant depuis la fin du XIXe siècle, avec la mort, au Sergipe, de son dernier dirigeant, Virgulino Ferreira da Silva, dit Lampião.

La première loi vaste au Brésil sur les psychotrope est établie par le décret-loi 891 du 15 novembre 1938.

Il y eut une réforme orthographique en 1943, avec la publication du Formulaire Orthographique de 1943, simplifiant la graphie de la langue portugaise, sur la base du décret-loi 292 du 23 février 1938.

Le décret-loi 395 du 29 avril 1938 déclare d'utilité publique le ravitaillement national en pétrole, rendant l'exclusivité au gouvernement fédéral de la régulation de l'industrie du pétrole et créant un Conseil National du Pétrole. En 1939, à Lobato (Salvador dans l'état de Bahia), on extrait pour la première fois du pétrole au Brésil.

La route Rio-Bahia, première liaison de ce type entre le centre-sud et le Nordeste, est construite et inaugurée.

Le Code pénal brésilien, le Code de Procédure Pénale Brésilien et la Consolidation des Lois du Travail (CLT) sont promulgués et sont toujours en vigueur. le Code de procédure civile de 1939 est encore en vigueur partiellement. Par le décret-loi 1.985 du 29 janvier 1940 est institué le Code des Mines (de Minas), utilisé jusqu'en 1967 où il fut remplacé par le Code d'exploitation minière (de Mineração).

Getúlio Vargas créa, dans l'État Nouveau, la Justice du Travail le 1er mai 1939 par le décret-loi 1.237. Il créa un salaire minimum et accorda la stabilité de l'emploi des travailleurs après dix ans d'emploi.

Le 28 novembre 1940 fut signé à Washington, D.C., par le Brésil et 13 autres pays producteurs de café et par les États-Unis, "l'Accord Inter-Américain du Café", visant à réguler son prix et le commerce international.

En 1942 fut créé le territoire de Fernando de Noronha. En 1943 furent créés le Territoire Fédéral du Guaporé, actuel Rondônia, le Territoire Fédéral du Rio Branco (actuel Roraima) et le Territoire Fédéral de Amapá. Furent également créés les territoires féréraux d'Iguaçu et de Ponta Porã qui n'ont pas prospéré. Le facteur décisif pour Getúlio de créer les territoires a été sa visite, pendant l'État Nouveau, de la région Centre-Ouest du Brésil, quand, selon ce qu'il écrivit dans son journal, il fut impressionné par le vide de population de l'intérieur du Brésil.

Le nord du Paraná, jusqu'alors non habité, fut colonisé et peuplé. La "Colonie Nationale de Dourados" s'implanta, ce qui rendit possible la colonisation et l'expansion de l'agriculture au sud de l'actuel Mato Grosso do Sul. L'assainissement de la Baixada Fluminense fut effectué.

L'occupation de l'Amazonie par les brésiliens descendants d'italiens (appelés oriundos) d'autres régions fut encouragée, spécialement dans le Nordeste pour l'extraction de caoutchouc afin qu'il soit exporté aux États-Unis, ce pays devenant moins fourni en caoutchouc par les pays de l'Asie du Sud-Est à cause de la seconde guerre mondiale. Ces migrants furent appelés les "soldats du caoutchouc".

En 1944, le Brésil participa aux Accords de Bretton Woods qui résultat en la création du FMI et de la Banque mondiale.

Le décret-loi 6.378 du 28 mars 1944 transforme la Police Civile de Rio de Janeiro en Département Fédéral de Sécurité Publique (DFSP) qui, en 1964 devient de portée nationale et finit par s'appeler, en 1967 la Police Fédérale.

Le Brésil dans la Seconde Guerre mondiale

Avec le début de la Seconde Guerre mondiale, le 1er septembre 1939, Getúlio Vargas maintient une position neutre jusqu'en 1941. La neutralité a été règlementée par le décret-loi 1.561 le 2 septembre 1939 qui contenait :

Article 1e : Le Gouvernement du Brésil s'abstiendra de tout acte qui, directement ou indirectement, facilite, assiste ou contrarie l'action des belligérants . Il ne permettra pas non plus que les citoyens ou étrangers, résidents du pays, commettent des actes qui puissent être considérés incompatibles avec les devoirs de neutralité du Brésil.

Au début de l'année 1942, durant la conférence des pays sud-américains à Rio de Janeiro, ces pays, contre l'avis de Getúlio qui craignait des représailles des allemands, décidèrent de condamner les attaques japonaises contre les États-Unis, le 7 décembre 1941, rompant les relations diplomatiques avec les pays de l'Axe : Allemagne, Italie et Japon.

À propos de la pression nord-américaine pour que le Brésil entre en guerre, Getúlio écrivit dans son journal, le 12 janvier 1942, que :

« Il me semble que les américains veulent nous entraîner vers la guerre,
sans que cela ait une utilité, ni pour nous, ni pour eux »

— Getúlio Vargas

Peu de temps après la rupture des relations diplomatiques avec l'Axe, comme le prévoyait Getúlio, commencèrent les attaques et le naufrage de plusieurs navires brésiliens par les sous-marins allemands, causant des centaines de victimes civiles brésiliennes. Au total, 21 sous-marins allemands et 2 italiens firent couler 36 navires marchands brésiliens, causant 1 691 naufragés et 1 074 morts.

Getúlio déclara alors le 31 août 1942 l'état de guerre dans le pays.

En janvier 1943, Getúlio rencontre à Natal, dans le Rio Grande do Norte, le président Franklin Delano Roosevelt qui revenait de la Conférence de Casablanca, et décide de construire des bases aériennes au Nordeste.

Les Pracinhas (vétérans de l'armée brésilienne partis intégrer les forces alliées) de la force expéditionnaire brésilienne (FEB), atteignant un total de 25000 hommes furent envoyés à partir de juillet 1944 combattre en Italie l'armée de terre allemande.

Le symbole de la FEB était le "serpent fumant" car Getúlio dira :

« Il est plus facile pour un cobra de fumer que pour le Brésil d'entrer en guerre »

— Getúlio Vargas

Des troupes envoyées en Italie, 454 hommes moururent en combat et furent enterrés au cimetière de Pistoia en Italie. Le 8 mai 1945, la guerre prend fin en Europe.

Déclin et fin de l'État Nouveau

Getúlio lui-même montrait déjà, dans son journal le 27 janvier 1942, des réserves quant au futur de l'État Nouveau, affirmant que :

« Une grande par de ces éléments qui applaudissent cette attitude[N 4] sont les adversaires du régime que j'ai fondé[N 5], et j'en arrive à douter de pouvoir le consolider pour passer tranquillement le pouvoir à mon successeur »

— Getúlio Vargas[34]

Le 24 octobre 1943}, anniversaire de la victoire de la Révolution de 1930, a lieu la première protestation organisée contre l'État Nouveau, à Minas Gerais, appelée manifeste des mineiros, rédigé et signé par des avocats mineiros dont beaucoup devinrent d'importants responsables politiques de l'Union Démocratique Nationale tels que José de Magalhães Pinto, Pedro Aleixo et Bilac Pinto.

L'interview du 22 février 1945 par José Américo de Almeida de Carlos Lacerda, publiée dans le journal Correio da Manhã de Rio de Janeiro, marque la fin de la censure de la presse dans l'État Nouveau, et symbolise l'effondrement du régime.

le 18 avril 1945 fut décrétée l'amnistie générale pour tous les condamnés pour crimes politiques pratiqués à partir du 16 juillet 1934, date de promulgation de la constitution de 1934.

Avec la fin de la seconde guerre mondiale et le retour des pracinhas, il commença à y avoir de grandes pressions politiques pour mettre fin à l'État Nouveau. Il fut alors autorisé la création de partis politiques. Il fut prévu pour le 28 mai 1945 les élections pour le président de la République et pour une assemblée nationale constituante. La popularité de Getúlio resta cependant importante, ayant été applaudit lors de sa dernière apparition publique à la fête du travail du 1er mai 1945[37].

Il surgit alors un mouvement appelé queremismo (volontarime) et mené par l'impresario Hugo Borghi, qui utilisait le slogan "Nous voulons Getúlio" et "La constituante avec Getúlio". Le mouvement proposa qu'avant Getúlio fasse une nouvelle constitution que que seulement ensuite on fasse les élections pour la présidence de la République. L'importance grandissante du volontarisme précipita la chute de Getúlio. Le 20 août 1945, le volontarisme réalisa son grand  comício  ⇔  rallye sur la place Largo da Carioca à Rio de Janeiro.

Getúlio Vargas fut destitué le 29 octobre 1945 par un mouvement militaire mené par des généraux composèrent leur propre gouvernement, en majorité composé d'ex lieutenants de la révolution de 1930 comme Góis Monteiro, Cordeiro de Farias, Newton de Andrade Cavalcanti et Ernesto Geisel entre autres. Getúlio renonça formellement à la charge de président de la République. Ainsi se termina, comme Getúlio l'appelait lors de la fête du travail de 1945, le "court espace de 15 ans" pendant lequel selon lui le Brésil progressa beaucoup[37].

Le général Eurico Gaspar Dutra avait déjà quitté le ministère de la guerre le 9 août 1945 pour pouvoir être candidat à la présidence de la république. Sans Dutra, Getúlio fut affaibli et cela facilita son retrait du pouvoir. Dutra, cependant, donna son appui au coup d'État.

Le prétexte pour le coup d'état a été la nomination d'un frère de Getúlio, Benjamim Vargas, dit le Bejo, comme chef de la police de Rio de Janeiro. Le Colonel João Alberto Lins de Barros abandonna sa charge pour s'opposer aux manifestations publiques du mouvement volontariste.

Getúlio fut remplacé par José Linhares, président du Suprême Tribunal Fédéral et suppléant direct du fait que par la constitution de 1937 il n'existât pas de vice-président.

José Linhares devint alors président intérim et resta trois mois à ce poste, jusqu'à ce que le pouvoir passe au président élu Eurico Gaspar Dutra. Ce dernier fut élu le 2 décembre 1945 et prit le pouvoir à la présidence de la république le 31 janvier 1946.

L'intervalle 1945 – 1950

Getúlio sénateur de la République et son appui à la candidature Dutra

Getúlio fuit destitué du pouvoir sans sans souffrir aucune punition, et sans exil comme il l'avait imposé au président Washington Luís en le renversant. Getúlio n'eut pas ses droits politiques retiré et il n'eut à répondre à aucun procès judiciaire. Getúlio Vargas se retira dans sa propriété de São Borja au Rio Grande do Sul.

Getúlio soutint la candidature du général Eurico Gaspar Dutra, l'ex-ministre de la guerre pendant toute la durée de l'État Nouveau, à la présidence de la république. Le soutien à Dutra était une des conditions négociées pour que Getúlio ne soit pas exilé.

Lors de la campagne électorale de Dutra une phrase de Hugo Borghi deviendra un slogan, publié dans des journaux et pamphlets peu de temps après que Hugo Borghi revienne de São Borja, le 24 novembre 1945, y ayant obtenu le soutien de Getúlio à la candidature de Eurico Dutra :

« Il a dit : Votez Dutra »

Getúlio n'acceptait pas de devoir soutenir Dutra car il considérait Dutra comme un traître ayant soutenu le coup d'état du 29 octobre ; Cependant Hugo Borghi fit changer d'avis Getúlio en affirmant que, si l'UDN gagnait en élisant Eduardo Gomes président de la République, il y aurait un démantellement des réalisations de l'État Nouveau et de possibles représailles envers Getúlio.

Dutra gagna les élections, battant Eduardo Gomes. Une phrase de ce dernier, prononcée au Théâtre Municipal de Rio de Janeiro le 19 novembre 1945, critiquant Getúlio, lui fit perdre beaucoup de voies :

« Je n'ai pas besoin des votes de cette bande de désœuvrés qui soutient le dictateur pour être élu président de la république ! »

— duardo Gomes[38]

L'impresario Hugo Borghi fit une campagne intense sur les radios, lançant des pamphlets et des brochures, affirmant que Eduardo Gomes avait dit : – Je n'ai pas besoin des votes des  marmiteiros  ⇔  marmitons ![38]

Lors de la formation de l'Assemblée Nationale Constituante de 1946, Getúlio Vargas fut élu sénateur dans deux états : le Rio Grande do Sul et São Paulo, par le Parti travailliste brésilien (PTB), dont il participa à la création et duquel il fut élu représentent à la Chambre des Députés par sept états.

Getúlio participa également en 1945 à la création du PSD, Parti social démocratique, formé initialement par les ex-intervenants d'état de l'État Nouveau. Getúlio parvint à être élu président du PSD mais laissa la charge à Benedito Valadares.

Getúlio participa très peu à la Constitution et fut l'unique parlementaire à ne pas signer la Constitution de 1946.

Il assuma sa charge de sénateur fédéral en tant que représentant gaúcho au sénat du Brésil et exerça un mandat de sénateur durant la période 1946 - 1947 pendant laquelle il fit plusieurs discours sur les réalisations de l'État Nouveau et la Révolution de 1930, critiquant le gouvernement Dutra.

Quittant le Sénat, où il reçut beaucoup de critiques, il partit vivre dans ses estâncias(sorte de ranchs) Itu et Santos Reis (dans laquelle il passa son enfance) à São Borja, où il fut beaucoup assailli par des partisans pour qu'il revienne à la vie publique, en particulier par Ademar de Barros et Hugo Borghi. Son amitié avec le journaliste Samuel Wainer fut également décisive pour son retour à la politique.

La campagne présidentielle de 1950

Getúlio finit par accepter de retourner à la politique, en résumant ainsi sa campagne électorale à Parnaíba :

« J'ai reçu de vous, comme depuis tant d'autres points distants du pays, des appels pour me lancer dans cette campagne qui mobilisa le peuple brésilien pour la défense des droits à la liberté et à la vie »

— Getúlio Vargas[2]

Dans le discours qui fut transmi à la radio depuis São Borja à la convention du PTB, son parti politique qui lui permit d'accéder à la candidature à la présidentielle, il mis en avant sa principale vertu, la conciliation :

« Si je gagne, je gouvernerais sans aversions, préventions ou réserves, sentiments qui n'ont jamais influencé mes décisions, en promouvant sincèrement la conciliation entre nos compatriotes et en stimulant la coopération entre toutes les forces de l'opinion publique ! »

— Getúlio Vargas[2]

Ainsi, déjà à 68 ans, il parcouru toutes les régions du Brésil pour la campagne électorale, en prononçant du 9 août au 30 septembre, dans 77 villes, des discours dans lesquels il remémorait ses œuvres dans les régions où il discourait et en promettant que le peuple monterait avec lui les marches du Palais du Catete :

« Si j'étais élu le 3 octobre, à l'acte de prise de pouvoir, le peuple montera les marches du Catete. Et avec moi il sera au gouvernement !Getúlio Vargas[2] »

Une synthèse des difficultés que Getúlio auxquelles fit face en tant que candidat et en tant que président est donnée par la phrase de l'écrivain, homme politique et journaliste Carlos Lacerda. C'est dans une manchette du journal Tribuna da Imprensa, le 1er juin 1950 qu'il affirma à propos de Getúlio :

« Getúlio Vargas, sénateur, ne doit pas être candidat à la présidence,
Candidat, il ne doit pas être élu,
Élu, il ne doit pas prendre le pouvoir,
Investi, nous devons recourir à la révolution pour lui imposer de gouverner »

— Carlos Lacerda

Cette phrase de Carlos Lacerda était exactement la même vision que, en 1930, l'Alliance Libérale avait eu sur la candidature puis la victoire électorale de Júlio Prestes, le Seu Julinho, dernière personne née dans l'état de São Paulo à avoir été élu président du Brésil.

L'élection de 1950

Getúlio fut élu le 3 octobre 1950, battant l'UDN qui avait pour candidat de nouveau Eduardo Gomes, et le Parti social démocratique qui abandonna son candidat, le mineiro Cristiano Machado, et soutint finalement Getúlio. C'est après cet épisode qu'a surgit l'expression "cristianiser un candidat", qui signifie qu'un candidat a été abandonné par son propre parti, comme le relate le journaliste Carmo Chagas dans l'Art Politique de Minas.

La date des élections, 3 octobre, était un hommage à la date du début de la révolution de 1930.

Le soutien du gouverneur de São Paulo, Ademar Pereira de Barros, fut fondamental. Il avait été nommé intervenant fédéral à São Paulo par Getúlio durant l'État Nouveau en 1938. En 1941 Ademar fut libéré par Getúlio de sa charge d'intervenant. Ainsi l'alliance avec Ademar était un acte supplémentaire de réconciliation de la part de Getúlio.

Ademar transféra à Getúlio Vargas un million de voies paulistes, plus de 25% du nombre total de voies pour Getúlio. Ademar espérait qu'en échange de cet appui, Getúlio le soutiendrait dans les élections de 1955 à la présidence de la république.

Le gouvernement élu (1951 – 1954) et le suicide

Le retour de Getúlio fut salué par beaucoup, ainsi que dans la musique populaire brésilienne avec la voix de Francisco de Morais Alves :

« Il pose le portrait du vieux une nouvelle fois,
Il pose au même endroit,
Le sourire de petit vieux,
il fait travailler les gens »

— Haroldo Lobo et Marino Pinto-1951

Une administration polémique

Getúlio prit le pouvoir à la présidence de la république le 31 janvier 1951, succédant au président Eurico Gaspar Dutra. Le mandat présidentiel devait s'étendre jusqu'au 31 janvier 1956.

Le Gouvernement fut modifié deux fois. Getúlio fit venir en tant que ministres d'anciens alliés du temps de la Révolution de 1930, avec lesquels il se réconcilia : Góis Monteiro (État Major des forces armées), Osvaldo Aranha, (Finances), João Neves da Fontoura (Relations Extérieures) et également Juraci Magalhães (comme premier président de Petrobras) et Batista Luzardo (comme ambassadeur en Argentine). L'ex-lieutenant de 1930, Newton Estilac Leal, fur ministre de la guerre jusqu'en 1953. Il se réconcilia également avec José Américo de Almeida, qui à l'époque gouvernait le Paraíba.

Getúlio a eu un mandat tumultueux à cause des mesures prises et des accusations de corruptions.

Un réajustement polémique du salaire minimum à 100% occasionna en février 1954 une protestation publique qui prit la forme d'un manifeste à la nation des militaires (dont Golbery do Couto e Silva) contre le gouvernement, après lequel suivit la démission du ministre du travail João Goulart.

Ce Manifeste des Colonels, appelé aussi Mémorial des Colonels, fut signé par 79 militaires, dans leur grande majorité ex-lieutenants de 1930. Il signifia la perte du soutien au gouvernement Getúlio pour la partie militaire, et également pour la partie travailliste à cause de la démission de João Goulart.

Apportèrent aussi des polémiques :

  • La loi 1.521 de 1951 sur les crimes contre l'économie populaire, toujours en vigueur ;
  • La loi 1.522 de 1951 qui autorise le gouvernement fédéral à intervenir dans le domaine économique pour assurer la libre distribution de produits nécessaire à la consommation du peuple. Cette loi fut substituée par la loi déléguée no 4 en 1962 ;
  • Le décret 30.363 de 1952, qui porte sur le retour du capital étranger, le limitant à 8% du total des richesses des entreprises étrangères pour le pays d'origine, supprimé en 1991 ;
  • La loi sur la liberté de la presse de 1953 qui resta en vigueur jusqu'en 1967 ;
  • L'instruction Sumoc (Super-intendance de la Monnaie et du Crédit) no 70, de 1953, qui créa le taux de change multiple et les lois sur le taux de change ;
  • La loi 1.802 de 1953 qui définit les crimes contre l'état et l'Ordre public et social, qui révoquait la Loi de Sécurité Nationale de 1935. Elle resta en place jusqu'en 1967 où elle fut remplacée par une autre loi de Sécurité Nationale ;
  • La Loi 2004 du 3 octobre 1953 sur le monopole de l'État sur l'exploitation et la production de pétrole, supprimée en 1997.

Pendant cette période furent créés :

  • En 1952 la Banque Nationale de Développement Économique et Social, la Banque de Nordeste et l'Institut Brésilien du Café (qui cessa d'exister en 1990 ;
  • En 1953 la Petrobras et le Portefeuille du Commerce Extérieur de la Banque du Brésil (CACEX) ;
  • En 1954, l'assurance agricole, par la loi 2.168, non révoquée jusqu'à ce jour.

Autour de la création de la Petrobras il y eut une grande mobilisation nationale connue sous le nom de Campagne du "le pétrole est le notre".

Il fut tenté, mais sans réussir, de créer l'Electrobras, qui ne sera créée qu'en 1961. En 1954, l'usine hydro-électrique de Paulo Afonso I entra en fonction.

En mars 1952 fut signé un accord de coopération et d'aide militaire entre le Brésil et les États-Unis. Cet accord fut valable de 1953 jusqu'à 1977 où le président Ernesto Geisel  denunciou o mesmo  ⇔  ??.

Il y eut une série d'accusations de corruption chez les membres du gouvernement et des personnes proches de Getúlio, ce qui mena ce dernier à dire qu'il se sentait comme dans une mer boueuse[39].

ILe cas le plus grave de corruption, qui joua pour une bonne part dans l'opinion publique contre Getúlio, fut la commission parlementaire d'enquête (CPI) du journal "Última Hora", propriété de Samuel Wainer.

Wainer était accusé par Carlos Lacerda et d'autres de recevoir de l'argent de la Banco do Brasil pour soutenir Getúlio. Son journal était pratiquement le seul organe de la presse à soutenir Getúlio.

Le crime de la rue Tonelero

Le matin du 5 août 1954, un attentat à tirs de revolver devant l'édifice où résidait Carlos Lacerda à Copacabana (Rio de Janeiro) tue le major Rubens Florentino Vaz, de la force aérienne brésilienne (FAB), et blesse Carlos Lacerda au pied, journaliste et ex-député fédéral de l'UDN, qui faisait forte opposition à Getúlio.

L'attentat fut attribué à Alcino João Nascimento et à l'auxiliaire Climério Euribes de Almeida, membres de la garde personnelle de Getúlio, appelée par le peuple "Garde Noire". Cette garde fut créée pour la sécurité de Getúlio en mai 1938, peu après une attaque de partisans de l'intégralisme au Palais du Catete.

En prenant connaissance de l'attentat contre Carlos Lacerda à la rue Tonelero, Getúlio dit :

« Carlos Lacerda a reçu une balle dans le pied. J'ai reçu deux balles dans le dos »

— Getúlio Vargas[40]

La crise politique qui s'installa fut très grave parce que, au delà de l'importance de Carlos Lacerda, la FAB, à laquelle le Major Vaz appartenait, avait pour grand héros le Brigadier Eduardo Gomes de l'UDN, que Getúlio avait battu aux élections de 1950. La FAB fit une enquête parallèle sur le crime qui reçu le surnom de "République du Galion".

Le 8 août 1954 la Garde Noire disparaît.

Les journaux et les radions parlaient en gros titres, tous les jours, des poursuites des suspects. Alcino fut arrêté le 13 août. Climério fut finalement arrêté le 17 août par le colonel de l'aéronautique Délio Jardim de Matos qui par la suite deviendra ministre de l'aéronautique. Dans la chasse aux suspects fut utilisée une nouveauté pour l'époque, l'hélicoptère.

Il existait plusieurs version pour le crime au numéro 180 de la rue Tonelero. Gregório Fortunato, chef de la garde personnelle du président Getúlio Vargas, appelé simplement Gregório par le peuple, fut accusé d'être le commanditaire de l'attentat. Cependant, le Jornal do Brasil interviewa le pistoleiro Alcino João do Nascimento, qui aura 82 ans en 2004, lequel garantissait que le premier tir qui atteint la major Rubens Vaz était parti du revolver de Carlos Lacerda[41]. Il existe également une déposition d'un habitant de la rue de Tonelero, donnée à la télévision (sur TV Record) le 24 août 2004, qui garantissait que Carlos Lacerda n'avait pas été blessé au pied.

Gregório confessa être le commanditaire de l'attentat contre le journaliste et homme politique Carlos Lacerda, fervent opposant à Getúlio Vargas. En 1956, les accusés du crime de la rue Tonelero eurent un premier jugement : Gregório Fortunato était condamné à 25 ans de prison comme commanditaire du crime, peine réduite à 20 par Juscelino Kubitschek, puis à quinze ans par João Goulart.

Gregório fut assassiné en 1962 à Rio de Janeiro, dans la prison du Complexe Lemos de Brito[N 6] par le détenu Feliciano Emiliano Damas. Les documents, rapports d'examens médicaux de Carlos Lacerda de Hôpital Miguel Couto, où il fut emmené pour être soigné, ont simplement disparus.

La dernière réunion ministérielle, le suicide et la lettre testamentaire

1954: D'une balle dans le cœur, Getúlio perdit la vie "pour entrer dans l'histoire". Sur la photo, le pyjama et le pistolet utilisés le matin du suicide, qui sont exposés au Musée de la République (en fait le Palais du Catete)

À cause du crime de la rue Tonelero, il y eut des pressions de la presse et des militaires sur Getúlio pour qu'il renonce ou au moins démissionne de la présidence.

Cette crise mena Getúlio Vargas au suicide dans la nuit du 23 au 24 août 1954, peu de temps après sa dernière réunion ministérielle, pendant laquelle les ministres lui avait conseillé de démissionner de la présidence.

Getúlio écrivit sur son agenda d'engagements, à la page du 23 août 1954, un lundi :

« Maintenant que le gouvernement est arrivé à une conclusion, je vais décider : J'établis que les ministres militaires doivent maintenir l'ordre publique. Si l'ordre était donné, je ferai une demande de démission. Dans le cas contraire, les révoltés rencontreront ici un cadavre »

— Getúlio Vargas

Getúlio accepta de démissionner sous condition, ce qui était écrit dans la note officielle de la présidenc de la république divulguée ce matin là :

« Le Président Getúlio Vargas délibéra [...] demander la démission, du moment que soit maintenu l'ordre et les pouvoirs en place [...], dans le cas contraire, il restera inébranlable sur le fait de défendre ses prérogatives constitutionnelles, par un sacrifice, si nécessaire, de sa propre vie »

— Note Officielle[42]

Getúlio, à la fin de la réunion ministérielle, signa un papier dont les ministres ignoraient et n'osèrent pas demander le contenu. Une fois la réunion ministérielle close, il monta les escaliers pour aller à son appartement . Il se tourna et pris congé du ministre de la justice Tancredo Neves en lui donnant un stylo Parker en or et lui disant :

« Pour l'ami certain des heures incertaines »

— Getúlio Vargas[43]

La date ne pouvait pas être plus emblématique : Getúlio, qui se sentait massacré par l'opposition, par la République du Galion et par la presse, choisit la nuit de la Saint-Barthélemy pour sa mort.

Il se suicida d'une balle dans le cœur, dans sa retraite du Palais du Catete au matin du 24 août 1954.

C'est alors le vice-président Café Filho, du Rio Grande do Norte, opposant à Getúlio, qui à partir du 24 août assuma la tâche de président de la république, nomma une nouvelle équipe de ministres et donna une nouvelle orientation au gouvernement

Dans une grande agitation populaire dans les rues, son corps fut emmené pour être enterré dans sa terre natale. La famille de Getúlio refusa d'accepter qu'un avions de la FAB transporte le corps de Getúlio jusqu'au Rio Grande do Sul. elle refusa également les hommages officiels que le nouveau gouvernement de Café Filho voulait adressé pour l'ex-président décédé.

Getúlio laissa deux notes de suicide, une manuscrite et l'autre dactylographiée, qui reçurent le nom de "Lettre testamentaire de Getúlio Vargas".

Une version manuscrite de la lettre testamentaire, signée à la fin de la dernière réunion ministérielle, ne fut divulguée au publique qu'en 1967 par Alzira Vargas[N 7], sous l'insistance de Carlos Lacerda qui ne croyait pas qu'une telle lettre manuscrite existât. Dans cette lettre manuscrite, Getúlio existait son geste :

« Si le simple renoncement au poste pour lequel j'ai été élu par les suffrages du peuple me permettait de vivre oublié et tranquille sur le sol de la patrie, je renoncerais volontiers. Mais un tel renoncement donnerait seulement l'occasion pour que, avec plus de furie, on me persécute et m'humilie. On veut me détruire à n'importe quel prix. Je suis devenu dangereux pour les puissants d'aujourd'hui et pour les classes privilégiées. Vieux et fatigué, j'ai préféré rendre mes comptes au Seigneur, non pas des crimes que j'ai commis, mais des puissants intérêts que j'ai contrariés, parce qu'il s'opposaient aux intérêts nationaux, parce qu'ils exploitaient, impitoyablement, les pauvres et les humbles. Seul Dieu connaît mon amertume et ma souffrance. Que le sang d'un innocent serve à apaiser la colère des furieux... »

— Getúlio Vargas

Une version dactylographiée, faite de trois manière, et plus longue que cette lettre testamentaire, fut lue avec émotion par João Goulart pendant l'enterrement de Getúlio à São Borja. Dans cette version dactylographiée apparaît la phrase « Je sorts de la vie pour entrer dans l'histoire ». Cette version dactylographiée de la lettre testamentaire est encore aujourd'hui sujette à discussions quant à son authenticité. Appelle beaucoup à l'attention la phrase en castillan : "Se queda desamparado" (il est impuissant). Ainsi, tant pendant sa vie qu'après sa mort, Getúlio est motif à polémiques.

Il y eut également un discours fait avec émotion, pendant l'enterrement de Getúlio à sa ville natale de São Borja, par son ami, allié de longue date, Osvaldo Aranha qui dit :

« Nous, tes amis, resteront, après ta mort, plus fidèles que dans la vie : nous voulons ce que tu as toujours ovulu pour ce pays. Nous voulons l'ordre, la pais, l'amour pour les brésiliens ! »

— Osvaldo Aranha[44]

Oswaldo Aranha, qui tant de fois rompra et se réconciliera avec Getúlio, ajoutait :

« Quand, il y a vingt et tant d'années, tu gouverna ce pays, le Brésil était une terre immobile, où tout était naturel et simple ; elle ne connaissait pas le progrès, ni les lois de solidarité entre les classes, elle ne connaissait pas les grandes initiatives, on ne connaissait pas le Brésil. Tu as entrouvert pour le Brésil la conscience des choses, la réalité des problèmes, la perspective de nos destins »

— Osvaldo Aranha[44]

Pour le cinquantenaire de sa mort, en 2004, les restes mortuaires de Getúlio furent transférés vers un monument au centre de sa ville natale, São Borja.

Conséquences immédiates du suicide

Certains disent que le suicide de Getúlio Vargas suspendit un coup d'État qui devait le destituer. Le prétendu coup d'État devint alors inutile car c'est le conservateur Café Filho qui prit le pouvoir. Un coup d'État militaire aura finalement lieu en 1964. Les partisans l'appelèrent Révolution de 1964. Elle fut faite, essentiellement pour le côté militaire, d'ex-lieutenants de 1930.

Pour les autres, le suicide de Getúlio lui a permis de passer de condition d'accusée à celle de victime. Cela permettra de préserver la popularité du travaillisme et du PTB et d'obliger Café Filho, successeur de Getúlio, à cause du climat politique, de faire une recherche profonde sur de possibles irrégularités du dernier gouvernement de Getúlio.

Finalement, le climat d'agitation de la population due à la mort de Getúlio aurait facilité l'élection de Juscelino Kubitschek (JK) à la présidence de la république et de João Goulart (Jango) en tant que vice-président en 1955, battant l'UDN, l'adversaire de Getúlio. JK et João Goulart sont considérés par certains comme les deux "héritiers politiques" de Getúlio.

Impact populaire

Le jour suivant le suicide, des millions de personnes sortent dans les rues pour faire un "dernier adieu" au "père des pauvres", choqués par ce qu'ils ont entendu dans le journal radiophonique le plus populaire, le Repórter Esso. Durant ce jour, des portraits de Getúlio étaient distribués au peuple.

Carlos Lacerda dut fuir le pays de peur d'une persécution populaire.

Quelque années plus tard, en 1962, sur la 6e piste, 24 de Agosto, du disque LP Saudades de Passo Fundo, Teixeirinha rendait hommage au président gaúcho Getúlio Vargas, en rappelant l'impact populaire que fut la mort soudaine du président du Brésil d'alors.

Un extrait de la chanson de Teixerinha montre clairement ce fait (paroles traduites) :


Le vingt-quatre août
La terre trembla
Les radios annoncèrent
Le fait qui se produisit,
Les nuages couvrirent le ciel
Le peuple en général souffrit
Le Brésil se vêtit de deuil
Getúlio Vargas mourut !

...Son nom resta dans l'histoire
Par notre souvenir
Son sourire était la victoire
De notre immense nation
Avec santé il vaincu
Guerre et révolution
Ensuite il fut tué d'une balle
Par sa propre main

Héritage politique

La nouvelle politique du Brésil à partir de 1930

À partir de Getúlio Vargas, deux des états qui firent la révolution de 1930 prirent le commandemant de la politique nationale.

Tous les présidents de 1930 à 1964 étaient soit gaúchos soit mineiros à l'exception d'Eurico Dutra et, pour seulement quelques mois, les présidents Café Filho, Nereu Ramos et Jânio Quadros.

Sur les 50 années suivant la révolution de 1930, les mineiros et gaúchos furent à la présidence pendant 41 ans.

Avec la chute de Washington Luís s'est terminé le cycle des présidents franc-maçons. Neuf des présidents de la république de la Vieille république étaient membre du mouvement de la franc-maçonnerie. Dans les 60 ans suivant 1930, les franc-maçons n'occupèrent la présidence que quelques mois avec Nereu Ramos et Jânio Quadros.

Trois ex-ministres de Getúlio parvinrent à la présidence de la république : Eurico Gaspar Dutra, João Goulart et Tancredo Neves, ce dernier ne parvenant pas à assumer sa charge.

Trois lieutenants de 1930 furent présidents de la république : Castelo Branco, Médici et Geisel.

Le cabinet ministériel de Castelo Braco, premier président de la Révolution de 1964, était formé principalement par d'anciens membres du lieutenantisme comme Cordeiro de Farias, Eduardo Gomes, Juraci Magalhães, Juarez Távora, Ernesto Geisel et Castelo Branco lui-même.

Un fils d'un lieutenant de 1930 occupa la présidence pendant huit ans : Fernando Henrique Cardoso ; Et un petit-fils de de Lindolfo Collor, révolutionnaire et ministre de 1930, Fernando Collor de Melo, parvint également à la présidence de la République.

De plus, l'ex-lieutenant Juarez Távora est arrivé second aux élections présidentielles de 1955 et l'ex-lieutenant Eduardo Gomes fut également second en 1945 et 1950. Les deux furent des candidats de l'UDN, ce qui montre également l'influence des ex-lieutenants dans l'UDN, parti qui avait encore comme dirigeants l'ex-lieutenant Juraci Magalhães qui avait failli être candidat à la présidence en 1960.

Le voisin rural de Getúlio Vargas à São Borja, João Goulart, que Getúlio initia à la politique, arriva également à la présidence.

Le filleul politique et beau-frère de João Goulart, Leonel Brizola, dont Getúlio avait été témoin de son mariage et l'avait encouragé grandement et enseigné la politique, occupa également un poste important dans la politique brésilienne du XXe siècle, et se porta candidat à la présidence de la république par deux fois.

Leonel Brizola a été l'unique citoyen à être élu pour gouverner deux états différents : le Rio Grande do Sul entre 1959 et 1962 et Rio de Janeiro par deux fois, de 1983 à 1987 puis de 1991 à 1994.

Cependant, à São Paulo, ses voies pour la présidence de la république ne passèrent jamais les 2% des votes, qui correspondait au nombre de gaúchos et de cariocas installés à São Paulo, ce qui était attribué au fait que São Paulo conservait son aversion au getulisme.

Les partis fondés par Getúlio Vargas, le PSD (parti des ex-intervenants de l'État Nouveau et interventionnistes dans l'économie) et l'ancien PTB, dominèrent la scène politique de 1945 à 1964.

Le PSD, l'UDN et le PTB, plus grands partis politiques de cette période, étaient menés par des mineiros (au PSD et à l'UDN) et par des gaúchos (au PTB).

D'un autre côté, les partis politiques créés par des paulistes durant la période de 1945 à 1964, le PSP de Ademar de Barros, le PTN et le PST de Hugo Borghi et le Parti Agraire National de Mário Rolin Teles, se parvinrent pas à s'affirmer hors de São Paulo.

Les intervenants de l'État Nouveau dans les états, dans leur majorité, devinrent gouverneurs élus de leurs états, par le PSD, ce qui démontre la continuité politique de l'État Nouveau.

Avant 1930, chaque état de la fédération faisait une union interne pour soutenir un unique candidat à la présidence de la république qui défendrait au mieux l'intérêt de l'état. Après 1930, chaque élection présidentielle faisait que les états étaient divisés de manière interne. La politique ne se faisait plus, à partir de 1945, autour des intérêts de chaque état, mais autour de noms et de partis politiques organisés au niveau national. Le cas le plus significatif de la division interne d'un état a été l'élection présidentielle de 1989 où São Paulo présenta 5 candidats, tous les 5 battus par Fernando Collor.

Depuis l'élection de Júlio Prestes en 1930, aucun citoyen né dans l'état de São Paulo ne fut élu président de la république. Après 1930, les paulistes occupaient la présidence seulement quelques jours : Ranieri Mazzilli, Ulisses Guimarães et Michel Temer.

Les présidents étant considérés "de São Paulo", comme Fernando Henrique Cardoso (FHC) et Luís Inácio Lula da Silva (Lula), qui arrivèrent au pouvoir 60 ans déjà après la révolution de 1930 sont respectivement carioca et pernamboucain, bien que FHC ait vécu depuis l'adolescence dans la capitale pauliste et qu'il se soit formé à l'Université de São Paulo, et que Lula ait vécu à São Paulo depuis l'âge de 7 ans.

Après 1930, les dirigeants politiques locaux s'orientèrent peu à peu vers des professions libérales, le dirigeant local typique de la Vieille République, le Colonel, entrant en franche décadence, et devinrent généralement propriétaires terriens.

Un nouveau style de politique

Bien que quinze ans (1930 – 1945) ne soit pas une longue période en termes de carrière politique, rares furent les hommes politiques de la Vieille République qui réussirent à reprendre leur carrière politique après la chute de Getúlio en 1945.

La rénovation du paysage politique fut presque totale. Il y a eu de nouvelles personnes ainsi qu'un nouvelle manière de faire de la politique. Le peu de survivants de la Vieille République qui sont revenus à la politique après 1945 ne sont jamais revenus au pouvoir qu'ils avaient avant 1930. C'est le cas de Artur da Silva Bernardes, du docteur Altino Arantes et d'Otávio Mangabeira par exemple.

Getúlio a été le premier à faire au Brésil de la propagande personnelle à grande échelle, autrement dit le Culte de la personnalité, tipique du nazisme, du fascisme et du stalinisme et ancêtre du marketing politique moderne.

L'alliance élite-prolétariat, créé par Getúlio, devint typique du Brésil, telle l'alliance PTB-PSD, soutenue par le PCB clandestin durant la période 1946 – 1964, et plus tard l'alliance PT-PP-PMDB-PL.

Le style conciliateur de Getúlioa été incorporé à la manière de faire de la politique des brésiliens, et eu comme plus grand adepte l'ex-ministre de la justice de Getúlio, Tancredo Neves

Le plus grand moment de ce style conciliateur fut la grande alliance politique qui se forma dans le mouvement Diretas Já[N 8], une alliance plus grande encore autour de Tancredo Neve, cherchant à faire la transition du Régime militaire à la démocratie vers 19841985, quand Tancredo battu le candidat pauliste Paulo Maluf.

En tant que conciliateur, Getúlio reforma l'amitié et l'alliance avec un grand nombre d'hommes politiques qui avaient rompu avec lui au long de ses 50 ans de vie publique, et Getúlio avait à propos de cela une phrase célèbre :

« Il n'y a jamais eu d'ennemis avec lesquels je n'ai pu me réconcilier »

— Getúlio Vargas[45]

Une seule réconciliation n'eu jamais lieu : avec le président Washington Luís.

Getúlio Vargas aurait été, selon quelques versions, le créateur du populisme au Brésil, cependant, selon Tancredo Neves, le populisme était une déformation du getulismo.

Getúlio, bien qu'il ait fait de grandes œuvres comme la route Rio-Bahia et l'usine hydro-électrique de Paulo Afonso, il ne resta pas célèbre en tant qu'homme politique du style "toucheur d'œuvre" comme le furent Ademar de Barros et Juscelino Kubistschek.

Bien qu'étant considéré populiste, Getúlio maintint toujours une réserve et le respect pour l'autorité de président de la république, il n'a jamais quitté son vêtement de président, et n'a jamais accepté les tapes dans le dos ou toute autre manifestation d'irrespect de la position de président de la république, selon le témoignage de Tancredo Neves[46]. Un autre témoignage, dans le même sens, disant que Getúlio conservait toujours une posture sérieuse de président, fut donné pendant le centenaire de la naissance de Getúlio par son ex-ministre Antônio Balbino[47].

À partir de 1946 et jusqu'à 1964, le populisme prendra de l'importance, avec les principaux chefs de fil Ademar de Barros, Jânio Quadros et João Goulart. Dans les dernières années, de grands représentants du populisme sont Leonel Brizola du PDT et Paulo Maluf du PP. Il y a beaucoup de désaccords sur ce sujet, mais beaucoup d'études incluent aussi le président Luiz Inácio Lula da Silva comme représentant du populisme, mais un populisme rénové et de gauche.

Ils sont appelés populistes, pour l'opinion libérale, parce que la caractéristique la plus marquante des hommes politiques, après 1930, a été pour eux d'avoir un discours sur le retour des droits sociaux sans contrepartie de devoirs. Ils sont considérés populistes également car ils ne disent pas d'où viendraient les financements nécessaires pour concrétiser ces droits.

Également, selon l'opinion libérale, le gouvernant populiste cherche à établir une relation directe avec le peuple, passant au delà des partis politique et des parlementaires, comme par exemple à travers le plébiscite.

Actuellement, les partis dans lesquels le populisme n'est pas explicite : le PMDB, le PT et le PSDB (provenant du PMDB) jouent un rôle principal dans le paysage politique, aux côtés du DEM (ancien PFL) et du PP provenant des anciens partis de soutien aux militaires : ARENA et PDS.

Une autre trace du style politique de Getúlio, copié ensuite par plusieurs hommes politiques, est l'attente du meilleur moment pour agir au niveau politique. Getúlio enseignait cette patience à ses adeptes, comme lorsqu'il conseillait en 1953 le député pauliste Vicente Botta :

« Ne te bats jamais contre la vague, attends qu'elle passe, et alors agis »

— Getúlio Vargas[48]

Héritage économique et social

La nouvelle économie du Brésil

La politique travailliste est la cible de polémiques jusqu'à aujourd'hui, et a été taxée de "paternaliste" par des intellectuels de gauche, qui l'accusent d'essayer d'annuler l'influence de cette gauche sur le prolétariat, désirant transformer la classe ouvrière en un secteur sous contrôle, à la manière de la charte du travail (Carta del Lavoro) du fasciste italien Benito Mussolini.

Les défenseurs de Getúlio Vargas contre-argumentent en disant qu'à aucun autre moment de l'histoire du Brésil il y eut d'avancées comparables dans les droits du travail. Les plus grands défenseurs de cette position furent João Goulart et Leonel Brizola, Brizola étant considéré comme le dernier héritier politique du getulisme ou de l'ère Vargas dans le langage des historiens nord-américains dits "brésilianistes".

La critique de droite, ou libérale, argumente que, à long terme, ces lois travaillistes font préjudice aux travailleurs car elles augmentent le "Custo Brasil"[N 9], alourdissant les charges des entreprises en générant l'inflation qui diminue la valeur réelle des salaires.

Selon cette version, le Custo Brasil fait que les entreprises brésiliennes emploient moins de travailleurs, augmentent le laisser-aller, et fait que les entreprises étrangères deviennent réticentes à investir au Brésil. Ainsi, selon la critique libérale, les lois travaillistes ont généré, en plus de l'inflation, plus de chômage et de sous-emploi parmi les travailleurs.

L'interventionnisme de l'état dans l'économie, débuté avec Getúlio, ne fit qu'augmenter avec les années, atteignant le maximum pendant le gouvernement des ex-lieutenants de 1930 d'Ernesto Geisel. C'est seulement à partir du gouvernement de Fernando Collor que l'on commença à réduire l'interventionnisme de l'état.

Et, pendant 60 ans, après 1930, tous les ministres de l'économie du gouvernement fédéral furent favorables à l'intervention de l'état dans l'économie, excepté Eugênio Gudin (pendant 7 mois en 1954) et le couple Roberto Campos-Octávio Bulhões] (pendant trois ans de 1964 à 1967).

Lègue travailliste

« Travailleurs du Brésil ! » C'était avec ces mots que Getúlio commençait ses discours. Dans la vision des personnes qui soutenaient Getúlio, ce n'était pas que pour le discours.

L'orientation travailliste du gouvernement, qui à son apogée institua la Consolidation des Lois du Travail avec le salaire minimum, la limitation de la journée de travail, les congés payés, l'interdiction de démission sans bonne raison de l'employé après 10 ans d'emploi, tombée en désuétude après avec le Fond de Garantie du Temps de Service (FGTS) en 1966, et la paie du "treizième mois" instituée par João Goulart, firent des lois du travail du Brésil une des plus protectionnistes du monde.

Ces lois, presque toute en vigueur encore aujourd'hui, dans la vision des partisans de Getúlio, sont comme un lègue pour la protection du travailleur officiel, à ceux qui possèdent la CT (Carte de Travail) créée par Getúlio.

Représentations dans la culture

Getúlio Vargas fut plusieurs fois interprété comme personnage au cinéma et à la télévision, comme par :

  • Leon Cakoff, dans le film O País dos Tenentes (1987) ;
  • Carlos Ferreira, dans la mini-série Agosto (1993) ;
  • Carlos Ferreira, dans le film For All - O Trampolim da Vitória (1997) ;
  • Renato Borghi, dans le film Lost Zweig (2002) ;
  • Paulo Betti, dans le film Chatô, o Rei do Brasil (2003) ;
  • Osmar Prado, dans le film Olga (2004) ;
  • Carlos Ferreira, dans la mini-série JK (2006) ;
  • Ricardo Blat, dans le film O Amigo Invisível (2006).

Le titre d'un des livres de l'humoriste Jô Soares y fait référence : O Homem que Matou Getúlio Vargas (l'Homme qui tua Getúlio Vargas), édité en 1998.

Il y eut également des documentaires sur Getúlio :

  • Getúlio Vargas, sous la direction de Sylvio Back en 1980 ;
  • Getúlio Vargas, en 1974, sous la direction de la cinéaste Ana Carolina ;
  • O mundo em que Getúlio viveu, en 1963, dirigé par Jorge Ileli.

L'effigie de Getúlio fut imprimée sur les billets de 10 cruzeiros (Cr$ 10,00) de 1950 et gravée sur les pièces de centimes de cruzeiro qui circulèrent de 1942 à 1970.

Chico Buarque lui rendit hommage dans la chanson Dr. Getúlio.

L'élection de 1930 et la révolution de 1930 furent immortalisées par des chansons et des sambas chantées par Francisco de Morais Alves comme :

  • É Sim Senhor, Seu Doutor (samba), 17x3-É Sopa É Sopa et Hino a João Pessoa, écrites par Eduardo Souto. L'hymne à João Pessoa fut officiellement utilisé comme hymne de la ville de João Pessoa ;
  • Seu Julinho vem, écrite par Freire Júnior ;

Les chansons Gê-Gê et O Barbado ... Foi-se, écrites par Lamartine Babo (sous le pseudonyme de G. Ladeira), ont été chantées par le compositeur Almirante.

Préservation de la mémoire et hommages

Getúlio Vargas - RS: Une des municipalités brésiliennes baptisés ainsi en hommage à Getúlio

Les archives de Getúlio Vargas et les les objets personnels sont préservés au Centre de Recherche et de Documentation de l'Histoire Contemporaine du Brésil (CPDOC) de la Fondation Getúlio Vargas, qui développe la recherche sur l'histoire du Brésil après 1930.

Trois municipalités brésiliennes ont rendu hommage à Getúlio Vargas dans leur dénomination : Getúlio Vargas au Rio Grande do Sul, Presidente Vargas dans le Maranhão (Microrégion d'Itapecuru Mirim) et Presidente Getúlio en Santa Catarina. Rubinéia a également été appelée "Porto Presidente Vargas".

La raffinerie de pétrole de Araucária reçut le nom de Raffinerie du Président Getúlio Vargas.

L'usine sidérurgique de Volta Redonda reçut le nom d'usine Président Getúlio Vargas.

En 1983 fut lancée par l'Entreprise Brésilienne de Courriers et télégraphes (ECT) une série spéciale de timbres commémorant le centenaire de la naissance de Getúlio.

La loi fédérale 7.470 du 29 avril 1986 accorde au Président Getúlio Vargas le titre de "Patron des travailleurs du Brésil".

Son paragraphe unique dit :

« Les honneurs et les hommages correspondant à ce titre seront rendus à son détenteur le 1er mai - Jour du Travailleur »

En accord avec l'élection lancée par le journal Folha de S. Paulo en avril 2007, Getúlio Vargas a été considéré comme le "Plus grand brésilien de tous les temps". Ce choix a été fait sur la base de questions posées à 200 intellectuels, hommes politiques, artistes, religieux, impresarios, publicitaires, journalistes, sportifs et militaires brésiliens.

Il y a au Congrès National deux projets de loi, un à la chambre des députés[49] et l'autre au Sénat Fédéral[50], pour inscrire Getúlio Vargas dans le Livre des Héros de la Patrie du Brésil (appelé aussi "Panteão da Pátria e da Liberdade Tancredo Neves"[N 10]).

Lorbeerkranz.png Académie brésilienne des lettres

Élu le 7 août 1941 troisième occupant du siège 37 de l'Académie brésilienne des lettres, qui a pour protecteur (ou patron) Tomás Antônio Gonzaga, où il fut investi le 29 décembre 1943, reçu par taulfo de Paiva. Il remplaçait Alcântara Machado et Assis Chateaubriand lui succéda après sa mort.

Chronologie sommaire

Liens externes

Presque tous sont en langue portugaise.

Notes

  1. la graphie originale du nom de la personne dont c'est ici la biographie, Getulio Dornelles Vargas, doit être actualisée conformément à l'Onomastique établie à partir du Formulaire Orthographique de 1943, et suivre les mêmes règles des substantifs communs ((pt) Académie Brésilienne des Lettres – Formulaire Orthographique de 1943). Cette norme fut réaffirmée par les Accords Orthographiques de la langue portugaise de 1945 et 1990 ((pt) Accord Orthographique de 1945 et Accord Orthographique de 1990). La norme est facultative pour les noms de personnes vivantes, afin d'éviter des contraintes, mais après le décès elle devient obligatoire pour les publications, encore que l'on peut utiliser la graphie ancienne dans le cadre privé ((Formulaire Orthographique de 1943, IX)
  2. vient du verbe negar, renier
  3. l'Itamaraty est le nom donné au ministère des relations extérieures au Brésil
  4. rompre les relations diplomatiques avec l'Allemagne
  5. l'État Nouveau
  6. ensemble de favelas du nord de Rio de Janeiro
  7. fille de Getúlio Vargas
  8. pendant les élections présidentielles de 1984, dont la revendication était le vote direct pour la présidentielle
  9. terme générique, décrivant l'ensemble des difficultés du Brésil à se développer
  10. Panthéon de la Patrie et de la Liberté de Tancredo Neves

Références

  1. JORGE, Fernando, Getúlio Vargas e seu Tempo, 2 vol., T. A. Queirós, 1986
  2. a , b , c  et d VARGAS, Getúlio, A Campanha Presidencial, Édition José Olimpio (1951)
  3. MELO FRANCO, Afonso Arinos de, A Câmara dos Deputados - Síntese Histórica, Coordination de publications - Chambre des députés, 1978, 2e édition
  4. VARGAS, Getúlio, Discursos 1903-1929, Série Perfis Parlamentares, volume 2, Porto Alegre, ALRS/Corag, (1997)
  5. KOIFMAN, Jorge, organizador, Presidentes do Brasil, éditeur Rio, (2001).
  6. MONTEIRO, Roberto, Prestes is blomed as Brazil president, Special Cable to The New York Times, 31 de mars 1929, page 47
  7. PEREIRA, Maria L, FARIA, Maria A., Presidente Antônio Carlos - Um Andrada na República, o Arquiteto da Revolução de 1930, Nova Fronteira, (1999)
  8. BONAVIDES, Paulo e AMARAL, Roberto, Textos Políticos da História do Brasil, 9 volumes, Senado Federal, DF, 2002
  9. AMARAL, Lêonidas do, Os Pródromos da Campanha Presidencial, Édition de l'auteur, São Paulo, 1929
  10. PEREIRA, Maria L, FARIA, Maria A., Presidente Antônio Carlos - Um Andrada na República, o Arquiteto da Revolução de 1930, Nova Fronteira, 1999
  11. http://www.projetomemoria.art.br/MonteiroLobato/monteirolobato/1927.html
  12. CORDEIRO DE FARIAS, Osvaldo, Meio século de combate, Édition Nova Fronteira, 1981
  13. CARMO CHAGAS, Política Arte de Minas, Édition Carthago & Forte, São Paulo, (1994)
  14. DEBES, Célio, 1930 revisitado: A Revolução, Revista da Academia Paulista de Letras, Volume 114, São Paulo, juillet 2001
  15. Grande tiroteio em Chapecó, Folha da Manhã, São Paulo, 21 février 1930, page 1
  16. Em Riacho dos Machados, os "liberais" praticam novas façanhas, Folha da Manhã, São Paulo, 22 février 1930, page 1
  17. Folha da Manhã, São Paulo, 23 février 1930, page 1
  18. A Noite, 19 mars 1930
  19. Belo Horizonte sangrenta, Folha da Manhã, São Paulo, 6 avril 1930, page 1
  20. _____, A Paraíba conflagrada - O Ministro da Justiça afirma que não haverá intervenção federal, Folha da Manhã, São Paulo, 16 mars 1930
  21. CAMARGO, Aspácia, O nordeste e a política, diálogo com José Américo de Almeida, Capítulo IV - A Paraíba em guerra, Édition Nova Fronteira, Rio de Janeiro, 1984.
  22. _____, A luta nos sertões paraibanos - O cerco de Princesa pelos legalistas continua cada vez mais intenso, Folha da Manhã, São Paulo, 6 juin 1930
  23. Luís Carlos Prestes, comunista, é repudiado pelos próprios companheiros, Folha da Manhã, São Paulo, 31 mai 1930, page 1
  24. Belo Horizonte sobre o terror da Aliança - Depois de chamar o sr. Antônio Carlos de covarde, a malta de desordeiros atacou a "Folha da Noite", Folha da Manhã, São Paulo, 19 juillet 1930, page 1
  25. Foi assassinado, em Recife, o sr. João Pessoa - O criminoso confessou que matou o presidente da Paraíba por uma questão de honra pessoal, Folha da Manhã, São Paulo, 27 juillet 1930, page 1
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  27. O último dia do último neto dos Andradas, Folha da Manhã, 7 septembre 1930, page 1
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  29. VAMPRÉ, Leven, São Paulo Terra Conquistada, Sociedade Impressora Paulista, São Paulo, première Édition, 1932
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  31. _____Monteiro Lobato Vivo, Cartas, Édition MPO
  32. VAMPRÉ, Leven, São Paulo Terra Conquistada, Sociedade Impressora Paulista, São Paulo, premières édition, 1932
  33. a  et b VARGAS, Getúlio, A nova política do Brasil, 10 volumes, Librairie José Olympio, 1941
  34. a  et b VARGAS, Getúlio, Diário, Édition FGV (1997)
  35. CAMARGO, Aspácia, Artes da Política - Diálogo Com Amaral Peixoto, Édition Nova Fronteira, (1986)
  36. Vargas, Getúlio, As diretrizes da Nova Política do Brasil, Édition José Olímpio, 1942
  37. a  et b ______,Eu fui guarda costa de Getúlio, Éditions O Cruzeiro, 1949
  38. a  et b BORGHI, Hugo, A força de um destino, Édition Forense Universitária, São Paulo, (1995)
  39. "mar de lama", expression utilisée depuis lors en politique au Brésil)
  40. RIBEIRO, Antônio Sérgio, Agonia e morte do presidente Getúlio Vargas, Diário Oficial do Estado de São Paulo - Poder legislativo, 5 à 28 août 2004
  41. NASCIMENTO, Alcino João, Mataram o presidente! Memórias do pistoleiro que mudou a história do Brasil, Édition Alfa-Omega – São Paulo, 1978
  42. BONAVIDES, Paulo e AMARAL, Roberto, Textos Políticos da História do Brasil, 9 volumes, Senado Federal, DF, 2002
  43. CASTRO, Pedro Jorge, Carlos Castelo Branco - O jornalista do Brasil, Senac Distrito Federal, 2006
  44. a  et b http://upassos.wordpress.com/2007/08/24/o-discurso-de-oswaldo-aranha-no-enterro-de-getulio-vargas/
  45. HENRIQUES, Afonso, Ascensão e Queda de Getúlio Vargas, Édition Record, São Paulo, 3 volumes, 1964
  46. LIMA, Valentina da Rocha - Tancredo fala de Getúlio, Editora LP&M, 1986
  47. CARVALHO FILHO, Antônio Balbino, Depoimento na Seção Solene em Comemoração do Centenário do Nascimento do Ex- Presidente Getúlio Vargas, Diário Oficial do Estado de São Paulo, Section I, nº 93, année 90, 14 mai 1983, pages 37, 38 e 39
  48. _____, Peço a Palavra, entrevista com Vicente Bota, Revista Acervo Histórico, número I, page 19 et suivantes, Assembléia Legislativa de São Paulo, 1er semestre 2004
  49. http://www.camara.gov.br/sileg/Prop_Detalhe.asp?id=159425
  50. http://www.senado.gov.br/sf/atividade/Materia/detalhes.asp?p_cod_mate=84397

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