Dracula


Dracula
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le roman de Bram Stoker. Pour le personnage de fiction, voir Comte Dracula. Pour les autres significations, voir Dracula (homonymie).
La couverture de la première édition en 1897.

Dracula est un roman de l'écrivain irlandais Bram Stoker publié en 1897. Il raconte l'histoire d'un vampire, c'est-à-dire un être immortel qui se repaît du sang des vivants, dont le nom s'inspire du surnom d'un personnage historique, Vlad Țepeș (Vlad III l'Empaleur), prince de Valachie au XVe siècle.

Le thème du vampire apparaît dès 1819 en Angleterre, en pleine mode du roman gothique, et sera exploité par de nombreux auteurs au cours du siècle, comme Charles Nodier et Théophile Gautier en France.

L'apport décisif de Bram Stoker à l'extrême fin du XIXe siècle est d'avoir fait du comte, au-delà de la créature aux pouvoirs surnaturels, un être humain damné, un mort-vivant, qui suscite la pitié en même temps que l'épouvante[réf. nécessaire].

Cette complexité du personnage de Dracula renouvelée par des thèmes modernes chers à la psychanalyse comme l'association d'Éros et de Thanatos - du désir sexuel et de la mort - ou le questionnement des limites (entre la bête et l'homme, entre la vie et la mort ou entre le Bien et le Mal...) en feront un mythe moderne que le cinéma contribuera à amplifier.

Sommaire

Le personnage de Dracula

Le personnage du comte Dracula est né en 1896, dans le roman de forme épistolaire écrit par l'écrivain irlandais Bram Stoker, lequel s'est inspiré des légendes courant sur Vlad Țepeș, un voïvode de Valachie surnommé « Dracula » et réputé particulièrement cruel. Néanmoins, son personnage n'est pas à proprement parler Vlad Țepeș devenu vampire. Le prince valaque lui a seulement servi à donner un certain réalisme à son histoire, et surtout à nommer son personnage. Bram Stoker s'est beaucoup documenté sur les légendes de vampire pour créer son personnage, et il a découvert Vlad Țepeș alors qu'il avait déjà son livre en tête. Jack l'Éventreur, qui sévit à Londres en 1888, et auquel on a rapidement donné une dimension surnaturelle, a aussi pu l'influencer (une partie du roman se déroulant à Londres).

Dracula n'est pas le premier roman fantastique à exploiter le thème du vampire : dès 1819, John Polidori publie The Vampire inspiré d'une idée originale de Lord Byron. Le Fanu publie également son roman Carmilla 26 ans avant Dracula. Dans les années suivantes, plusieurs auteurs exploitèrent le potentiel d'un monstre à l'apparence humaine. Dracula marqua pourtant une étape cruciale dans la littérature fantastique et en particulier celle abordant le thème des vampires. Le succès du livre et la popularité du personnage en attestent encore aujourd'hui. Plus que le sens du récit et la maîtrise du suspense de Stoker, c'est la personnalité de son personnage principal qui fonde le mythe. Le comte Dracula, au-delà de la créature d'épouvante aux pouvoirs surnaturels, est avant tout un être humain damné, un non-mort, et c'est cette dimension complexe qui assure son charme.

En effet, Dracula est un monstre mais est aussi un réprouvé, un rejeté de Dieu, une personne à craindre mais aussi à plaindre. Mina Harker enjoint ses compagnons à éprouver à son endroit non de la haine mais de la pitié, ce qui n'exclut évidemment pas de la détermination pour s'en débarrasser.

« Mais ce n'est pas une œuvre de haine. Le pauvre être qui a causé toute cette souffrance est le plus malheureux de tous. Songez quelle sera sa joie à lui aussi quand, son double malfaisant étant détruit, la meilleure part de lui-même survivra, son âme immortelle. Vous devez avoir pitié de lui aussi, sans que cela empêche vos mains de le faire disparaître de ce monde. »

— Bram Stoker, Dracula, chapitre 23.

Personnages principaux

  • Comte Dracula.
  • Jonathan Harker : Un jeune clerc de notaire qui travaille pour le compte de M Hawkins. Il est fiancé à Mina Murray. Il se rend en Transylvanie auprès du comte Dracula pour affaires.
  • Arthur "Art" Holmwood lord Godalming : Fiancé de Lucy et ami de John Seward et de Quincey P. Morris.
  • Quincey P. Morris : Un Texan, ami d’Arthur Holmwood, amoureux de Lucy.
  • Wilhelmina "Mina" Murray épouse Harker : Une jeune institutrice fiancée à Jonathan Harker.
  • R.M. Renfield : Un déséquilibré mental qui est soigné par le Dr John Seward dans son hôpital psychiatrique.
  • Docteur John "Jack" Seward : Un médecin psychologue qui dirige un hôpital psychiatrique. Amoureux de Lucy, il restera à son chevet tout au long de sa maladie.
  • Docteur Abraham Van Helsing : Un docteur hollandais, professeur et ami de John Seward. Il vient au chevet de Lucy sur la demande de ce dernier.
  • Lucy Westenra : Amie de Mina Murray elle se fiance avec Arthur Holmwood après avoir rejeté les demandes en mariage du docteur John Seward et de Quincey P. Morris.

Résumé par chapitre

Résumé Chapitre 1

Le Chapitre I est tiré des articles du 3 mai et 5 mai du Journal de Jonathan Harker, en voyage d'affaires en Europe de l'Est, qui décrit son périple à travers l'une des régions les plus isolées de l'Europe. Il part à la rencontre d’un noble de Transylvanie, le Comte Dracula. On apprend, grâce au titre de l'article du journal de Jonathan, que ce dernier écrit depuis Bistritz (Bistrița) (dans ce qui est aujourd'hui la Roumanie). Deux jours avant, il était à Munich ; la veille, à Vienne. À mesure qu'il s'aventure vers l'Est, le pays devient plus sauvage et moins moderne. Jonathan Harker rapporte ses observations du peuple et de la campagne, de leurs costumes et coutumes. Au vieil hôtel démodé de Bistritz où il séjourne avant la dernière étape du voyage, une lettre de Dracula l'attend. Jonathan se repose avant de partir, le lendemain, pour le col de Borgo (col de Tihuța), où l'attendra la voiture du comte.

Le propriétaire de l'hôtel et son épouse sont visiblement affligés par les intentions de Jonathan de vouloir aller au château de Dracula. Bien qu'ils ne puissent comprendre leurs langues respectives et doivent communiquer en allemand, l'aubergiste essaye passivement d'arrêter Jonathan en feignant de ne pas comprendre ce qu'il dit. Son épouse essaye plus agressivement de dissuader Jonathan, l'avertissant que le lendemain est le jour de Saint-Georges et qu'à la veille de la Saint-Georges, à minuit, le Mal est à son apogée. Quand il insiste sur son devoir professionnel, elle lui offre son crucifix, que ce dernier refuse dans un premier temps (car il est de religion anglicane, et y voit de l'idolâtrie), avant d'accepter le présent.

Avant que Jonathan ne parte, il remarque qu'un certain nombre des paysans l'observent avec appréhension. Bien qu'il ne puisse pas comprendre beaucoup de leur discussion, il discerne des mots tels que "Satan" ["ordog"], "Sorcière" ["stregoïca"], "Enfer" ["pokol"], "Loup-garou" ["vrolok"] et "Vampire" ["vlkoslak"] (ces deux derniers termes s'inspirent visiblement des superstitions balkaniques au sujet des Vrykolakas). Les paysans se signent sur son passage et font d'étranges signes censés protéger du "mauvais œil". Sur le trajet de la diligence, ses compagnons de voyage, en apprenant où il va, le traitent avec la même sorte de sympathie préoccupée, lui donnant des cadeaux et le protégeant avec des charmes.

Le trajet se déroule dans un beau et sauvage paysage. Le cocher parvient au col de Borgo avec une heure de retard et dans le plus mauvais allemand, il essaye alors de convaincre Jonathan que le cocher de Dracula pourrait ne pas venir ce soir et qu'il devrait poursuivre avec le reste des voyageurs jusqu'à Bucovine. À ce moment, un cocher au regard effrayant arrive sur une calèche tirée par « quatre chevaux [...] splendides, d'un noir de charbon ». Un des voyageurs murmure alors à son voisin, un vers de Leonore de Bürger (« Car les morts vont vite... » [« Denn die Toten reiten schnell... »]), que le nouveau venu entend et appuie d'un sourire étrange qui fait peur au ledit voyageur qui se détourne en faisant le signe de croix. Le cocher fait alors passer les valises de Jonathan de la diligence à la calèche.

La dernière partie du voyage est terrifiante. La lune, claire, est parfois obscurcie par des nuages, et des flammes bleues apparaissent dans les bois environnants. De plus, des loups suivent la diligence du jeune notaire. À plusieurs reprises, le cocher quitte la voiture, et alors les loups se rapprochent de plus en plus. Chaque fois que ce dernier revient, les loups fuient et la dernière fois que ce phénomène se produit, il semble que les loups fuient sur l'ordre du conducteur lui-même. Le chapitre se termine sur l'apparition du château de Dracula, ses remparts en ruine se coupant en dents de scie contre le ciel de nuit.

Résumé Chapitre 2

Tiré des articles du 5, 7 et 8 mai du Journal de Jonathan Harker. Jonathan est déposé au grand Château de Dracula, où il est accueilli par le Comte lui-même. Le comte est « un grand vieillard, rasé de près, si l'on excepte sa longue moustache blanche, et vêtu de noir des pieds à la tête […] mains aussi froides que de la glace, elles ressemblaient davantage aux mains d'un mort qu'à celles d'un vivant. [...] elles étaient grossières : larges, avec des doigts courts et gros. […] le milieu des paumes était couvert de poils. Toutefois, les ongles étaient longs et fins, taillés en pointes ».

Sa chambre est montrée à Jonathan et il est, ensuite, amené à une salle à manger où l'attend un excellent dîner (« un poulet rôti […] un peu de fromage, une salade et deux verres de vieux tokay »). Les deux hommes discutent, bien que le Comte ne mange rien. Jonathan l'observe soigneusement : « […] nez aquilin lui donnait véritablement un profil d'aigle : le front haut, bombé, les cheveux rares aux tempes mais abondants sur le reste de la tête ; des sourcils broussailleux se rejoignant presque au-dessus du nez, et leurs poils, tant ils étaient long et touffus donnaient l'impression de boucler. La bouche [..] avait une expression cruelle, et les dents, éclatantes de blancheur, étaient particulièrement pointues ; elles avançaient au-dessus des lèvres dont le rouge vif annonçait une vitalité extraordinaire chez un homme de cet âge. Mais les oreilles étaient pâles, et vers le haut se terminaient en pointe ; le menton, large, annonçait, lui aussi, de la force, et les joues, quoique creuses, étaient fermes. Une pâleur étonnante [...] ». À un moment, le comte se penche vers Jonathan et le touche ; l'Anglais a alors un haut-le-cœur dont il ne parvient pas à trouver la source.

On voit Dracula prendre plaisir dans les hurlements des loups dans la vallée. Les deux hommes sont toujours éveillés à la venue de l'aube, quand Dracula prend congé et dit à Jonathan de bien dormir et aussi longtemps qu'il le souhaite, vu que le comte doit s'absenter jusque tard dans l'après-midi.

Jonathan dort jusqu'à très tard dans la journée, se réveillant en début de soirée pour prendre son petit déjeuner. Un repas complet l'attend dans la salle à manger. Dracula est introuvable, mais une note dit à Jonathan de finir de petit-déjeuner et d'attendre le retour du Comte. La demeure semble avoir des défauts particuliers : il n'y a aucun domestique, bien que les extraordinaires meubles et le service de table montrent que le Comte est incroyablement riche. Il n'y a aussi aucun miroir nulle part. Jonathan erre dans une énorme bibliothèque, où il trouve beaucoup de livres en anglais, « traitant des sujets les plus divers : histoire, géographie, politique, économie politique, botanique, géologie, droit ». Le comte le trouve là et le cuisine avec des questions à propos de l'Angleterre. Il désire aussi parler avec Jonathan pour qu'il puisse améliorer son anglais, qu'il a appris jusqu'ici seulement à travers les livres ; son désir est de n'être rien moins qu'à l'aise pour pouvoir se fondre parmi les Anglais. Le comte l’autorise à vagabonder dans le château où bon lui semble, mais lui interdit les pièces fermées à clef dont il lui dit qu'il n'aurait pas envie d'y pénétrer. À travers la société pour laquelle Jonathan travaille, le comte planifie d'acheter un grand domaine anglais appelé Carfax. Carfax est une gigantesque demeure, semblable au château, construite de lourdes pierres sur un grand terrain. Elle est aussi proche d'un « hospice pour aliénés » ; bien que Jonathan, comme tout bon homme d'affaires qui se respecte, indique que l'hospice n'est pas visible de la maison.

Les deux hommes parlent aussi au dîner, pendant lequel le comte, de nouveau, ne mange pas. Après quoi les deux hommes continuent à parler, Dracula lui posant d'interminables questions sur l'Angleterre, jusqu'à ce qu'une fois de plus, l'aube se montre et le comte mette fin à la discussion et prenne congé.

Jonathan se retire dans sa chambre, mais dort seulement quelques heures. Il utilise son propre petit miroir pour se raser et quand le comte s'approche de Jonathan, ce dernier se rend compte que le comte n'a aucun reflet. Surpris, il se coupe avec le rasoir. Il vérifie de nouveau pour être sûr et là encore l'image du comte est absente du verre. En voyant le sang coulant de la coupure de Jonathan, le comte semble devenir comme possédé, et saisit Jonathan à la gorge, mais se radoucit quand sa main touche les perles du crucifix de Jonathan. Il conseille énigmatiquement à Jonathan de ne pas se couper et jette alors le miroir par la fenêtre. Jonathan exprime son irritation quant à la perte du miroir, demandant comment il allait faire pour se raser.

Il va de nouveau dans la salle à manger, où le petit déjeuner l'attend. Le comte est absent. Jonathan erre autour du château et il apprend que le château est construit sur le « rebord même d'un précipice impressionnant »'. Sur le côté sud, l'à-pic est d'au moins mille pieds. Jonathan continue à errer et ensuite il se rend compte que toutes les sorties du château ont été verrouillées, et qu'il est prisonnier dans la maison de Dracula.

Résumé Chapitre 3

Tiré des articles du 8, 12, 15 et 16 mai du Journal de Jonathan Harker. Quand Jonathan se rend compte qu'il est pris au piège, il est enfin en mesure de réaliser le danger qui pèse sur lui. Il décide de ne rien dire au comte, qui en est manifestement responsable, mais il l'espionne tandis qu'il fait le lit et met la table pour le dîner. Ses soupçons quant à l'absence de tout domestique sont confirmés et Jonathan se demande si le cocher n'était pas aussi le comte Dracula déguisé. Il craint son pouvoir de se faire obéir des loups et les cadeaux des paysans (« la petite croix (le crucifix), la gousse d'ail, la rose sauvage séchée et la cendre de montagne ("mountain ash" qui d'ailleurs ne fut pas traduit dans la version française) font naître en lui une petite sensation de réconfort.

Cette nuit-là, Dracula retrace l'histoire du pays et de la famille Dracula, les histoires de guerres et de batailles contre les Turcs, avec le peuple de Transylvanie uni sous un des ancêtres de Dracula.

Plus tard, le comte interroge Jonathan au sujet de la conduite de l'affaire en Angleterre, en particulier sur la manière dont il pourrait s'y prendre pour transporter des marchandises entre la Transylvanie et Carfax. Il dit à Jonathan qu'il devrait rester au château pendant un autre mois pour aider le comte à s'occuper de ses intérêts d'affaires et bien que Jonathan soit terrifié à la pensée de ce mois supplémentaire, il se rend compte qu'il doit se soumettre. Non seulement est-il un prisonnier, mais de plus il estime toujours qu'il en va de l'intérêt de son employeur, Peter Hawkins. Le comte dit se permet aussi de censurer les lettres de Jonathan, qui ne doit parler que d'affaires. Jonathan décide d'écrire sur le papier fourni pour l'instant, mais écrira plus tard des lettres pleines de secrets à sa fiancée, Mina (en sténographie), et à son patron. Il tente aussi de trouver un moyen d'envoyer des lettres secrètement. Au moment où le comte prend congé, Jonathan se met à fouiner dans la correspondance du comte et découvre qu’il correspond avec « Samuel F. Bellington, n° 7, The Crescent, Whitby ; Herr Leutner, Varna ; Coutts & C°., Londres ; et Herren Klopstock & Billreuth, banquiers à Budapest ». Avant qu'il puisse découvrir quoi que ce soit, le comte revient et lui conseille de ne jamais s'endormir dans aucune autre pièce ou chambre que ses propres appartements. Cette nuit-là, en regardant en bas du vaste espace ouvert sur le côté sud du château, Jonathan voit le comte ramper le long du mur, la tête en bas.

Une nuit plus tard, il observe que le comte quitte le château par cette voie. Il profite de l'opportunité pour explorer l'endroit, poussant son chemin jusqu'à une porte tombée de ses gonds. Il découvre une aile du château vaste et inexplorée, tombant en ruine et pleine de meubles mangés aux mites et délabrés. Ne tenant pas compte de l'avertissement du comte, il s'y endort et fait un rêve, qui ne peut pas être un simple rêve, de trois belles femmes qui entrent dans la chambre et discutent de qui allait l'« embrasser » la première. Jonathan est simultanément rempli de crainte et de désir et ne bouge pas, mais continue à observer les femmes, les yeux mi-clos. L'une d'elles se penche sur lui et commence à le mordre au cou, quand le comte apparaît tout à coup et les repousse. Outragé (ou indigné - cela reste confus), le comte déclare que Harker lui appartenait mais leur promet aussi qu'elles pourront l'avoir une fois qu'il en aura terminé avec lui ; puis il leur donne un petit sac qui gémit comme si un enfant était à l'intérieur. Horrifié, Jonathan perd connaissance.

Analyse

Le récit se joue donc entre l'Angleterre et la Transylvanie au XIXe siècle, notamment dans un château retiré des Carpates. Se fondant sur des récits mythologiques, Bram Stoker crée le personnage du comte Dracula, un vampire aristocratique à la fois monstrueux et raffiné. La première partie du livre, qui se déroule dans le château du comte, est magistralement teintée d'une atmosphère étrange et sinistre.

Le récit est épistolaire et est composé de fragments des journaux intimes et lettres des protagonistes, ainsi que d'articles de journaux. Des passages ont été retranscrits alors que ce sont des passages enregistrés au phonographe. C'est donc un récit écrit à la première personne mais qui épouse plusieurs points de vue - excepté celui du comte. Stoker introduira plusieurs caractéristiques qui étaient, jusque là, absentes dans le mythe folklorique du vampire ou de ses incarnations littéraires :

  • l'absence de reflet dans les miroirs ;
  • la capacité à se transformer en chauve-souris (l'association du vampire et de la chauve-souris remonte à la découverte de l'espèce sud-américaine Desmodus rotundus, buveuse de sang, mais c'est Stoker qui la rend incontournable).

Sources de Bram Stoker

Le nom du comte Dracula est calqué sur un surnom posthume d'un voïvode de Valachie: Vlad Țepeș. Le père de celui-ci était surnommé Dracul : le « Dragon », car il était membre de l'Ordre du Dragon et Vlad Țepeș fut qualifié dans certains libelles de Draculea : le « Dragonneau ». Dracul ne fut d'ailleurs pas le surnom du seul Vlad, mais aussi celui d'un autre voïvode plus tardif, Mihail Ier Șuțu (1730 - 1803, règne de 1783 à 1795). Vlad est un personnage réel que Bram Stoker a découvert au cours de ses lectures, mais le romancier s’est peu inspiré de la figure historique. Il est par contre manifeste que son Dracula est profondément influencé par The Vampyre de Ruthven, de John Polidori, tant sur les plans physique et sociologique que sur celui de leurs motivations émotionnelles et psychologiques.

Stoker a également pu avoir connaissance de la Tragica historia[1] de László Turóczi, un jésuite de 1729, relatant les frasques sanglantes de la comtesse Élisabeth Báthory (dans l'actuelle Slovaquie), qui avait inspiré de nombreuses nouvelles au XIXe siècle. Il semble que Stoker ait, également, été influencé par le mythe des goules buveuses de sang de son Irlande natale, et il est certain qu'il a eu connaissance, fut-ce indirectement, des légendes balkaniques au sujet des Vrykolakas, puisqu'il plaça dans la bouche de paysans roumains des mots tels que vrolok et vlkoslak (en vrai roumain : vârcolac).

Il a enfin pu s'inspirer d'autres légendes européennes de fantômes et de vampires, très à la mode dans la littérature romantique, mais il est le premier à avoir eu l'idée d'associer ces légendes à un animal : la chauve-souris vampire (Desmodus rotundus qui, en réalité, ne vit qu'en Amérique du Sud et ne fait que lécher le sang du bétail après une incision minuscule).

La vie des deux voïvodes de Valachie que sont Vlad Țepeș et son père est connue grâce aux sources écrites qui relatent les faits et gestes de Vlad III au milieu du XVe siècle. Certaines de ces sources les présentent comme des monstres, des modèles de cruauté. Au début du XIXe siècle, cette thèse a été relancée par la publication en allemand des Histoires de la Moldavie et de la Valachie de Johann Christian Engel.

La réalité, telle qu'elle est corroborée par les sources primaires, est que Vlad Țepeș a persécuté les boyards valaques au profit du « vil » peuple pour asseoir son pouvoir. Pour financer ses campagnes militaires contre les Turcs, il a augmenté les droits de douane des marchands saxons de Transylvanie en Valachie. Ce sont ceux-ci qui, au moyen de gravures sur bois et de libelles reproduits à des centaines d'exemplaires, l'ont pour la première fois représenté en « vampire sanguinaire se repaissant de chair humaine et buvant du sang », attablé devant une forêt de pals. Selon leurs libelles, Vlad aurait systématiquement fait écorcher, bouillir, décapiter, aveugler, étrangler, pendre, brûler, frire, clouer, enterrer vivants, mutiler atrocement et bien sûr empaler tous ses contradicteurs.

Dans quelle mesure Vlad a-t-il vraiment usé de ces cruels procédés ? Rien ne corrobore qu'il les ait davantage pratiqués que les autres souverains de son temps, mais il l'a fait de manière à frapper les esprits, en osant martyriser non seulement des criminels ou des voleurs, mais aussi des aristocrates comploteurs ou des marchands étrangers jugés malhonnêtes en 1457, en 1459 et en 1460, et surtout, un ambassadeur turc, Hamza Pacha, et son chambellan Thomas Katavolinos, qui avaient tenté de s'emparer de lui par ruse en 1461. Cela conduisit à une nouvelle guerre contre l'Empire ottoman mais surtout, inspira à toutes les cours d'Europe un sentiment d'horreur à l'égard de Vlad.

Ce sont quelques-uns de ces libelles qui, parvenus à la Royal Library de Londres et dans les collections du British Museum (où ils se trouvent toujours), ont pu tomber sous les yeux de Bram Stoker en recherche d'idées pour son roman, et lui fournir quelque matière pour forger son personnage de Dracula. Il a pu aussi avoir en mains le livre Histoires de la Moldavie et de la Valachie de Johann Christian Engel, qui présente Vlad Țepeș comme un tyran sanguinaire. Les exégètes ont aussi supposé qu'un professeur de l'université de Budapest, Hermann Vamberger, ait pu correspondre avec Bram Stoker et lui inspirer le personnage d'Arminius Vambery que le Dr Abraham Van Helsing (autre personnage du roman) cite comme « ami » et source de renseignements.

Stoker a cherché sur la carte les noms de lieux où Vlad Țepeș et ses contemporains ont fait campagne, et comme à son époque la Transylvanie était autrichienne, dans le roman tous les noms de lieux sont donnés dans leur forme allemande : cela a peut-être contribué au succès que le personnage de Dracula et son avatar Nosferatu (les paysans transylvains nomment le diable nesuferitu, c'est-à-dire « l'innommable ») connurent en milieu germanophone.

Pistes de lecture

Cette partie ne prétend pas faire une analyse détaillée du roman - cela pourrait faire l'objet d'un travail de recherche à part entière - mais de donner quelques pistes de lecture pour permettre aux lecteurs d'appréhender la richesse sémantique de l'œuvre.

Histoire et modernité

« J'étais là, consignant dans mon journal, en caractères sténographiques, tout ce qui m'était arrivé depuis que je l'avais fermé la dernière fois. C'est bien là le progrès du XIXe siècle! Et pourtant, à moins que je ne m'abuse, les siècles passés avaient, et ont encore, des pouvoirs qui leur étaient propres et que le « modernisme » ne peut pas tuer »

— p 86

En s'exprimant ainsi, Jonathan Harker met en exergue une des pistes de lecture du roman. L'Angleterre de la fin du XIXe siècle est le lieu du triomphe des deux révolutions industrielles, le lieu où se développe pleinement l'idée du progrès. Cet aspect est largement repris dans l'œuvre de Stoker puisque les personnages font largement usage des inventions récentes : la machine à écrire, le phonographe, le télégraphe, le train, etc. Toutes ces inventions sont mises en valeur et serviront à contrer les projets du comte. Inversement, la Transylvanie du XIXe siècle est un lieu où règnent le passé, les anciennes coutumes, les superstitions. Le combat entre Dracula et les autres personnages symbolise cette confrontation entre les deux mondes, l'un tourné vers l'avenir et l'autre écrasé sous le poids du passé.

L'intrigue de Dracula se déroule dans l'univers contemporain de Bram Stoker. Ce point est largement ignoré de la plupart des adaptations postérieures du roman, qui continuent de situer l'intrigue au XIXe siècle, occultant ainsi cet aspect sémantique majeur.

Deux figures du scientifique

Dracula oppose le roi vampire et son adversaire, Abraham Van Helsing, sur de nombreux points, dont celui de l'appréhension de la science: à un portrait du scientifique qui n'appréhende le savoir que comme un moyen de servir ses propres intérêts s'oppose celui qui met son savoir au service de l'humanité et qui reste ouvert à toutes les hypothèses, que celles-ci paraissent probables ou non.

Dracula, quand il était mortel, était en effet un brillant scientifique, comme le rappelle Van Helsing : « il était de son vivant un homme remarquable, guerrier, homme d'État, alchimiste; et l'alchimie représentait alors le plus haut degré de la science. Il avait une puissante intelligence, une culture sans égal » (p. 492). Après sa mort physique, l'ancien voïvode a gardé ce goût du savoir. L'importance accordée à la description de la bibliothèque, qui apparaît comme une pièce importante du château du comte, atteste ce goût, au demeurant pour des domaines diversifiés : « histoire, géographie, politique, économie, botanique, géologie, droit » (p. 60). Mais cette soif de connaissance, qui concerne en premier lieu l'Angleterre, est asservie à des fins maléfiques: il s'agit pour le comte d'approfondir ses connaissances dans le but de vaincre, et ce au profit d'un seul être : lui-même.

Van Helsing est lui aussi un grand scientifique; son ancien élève, le docteur Seward, parle de lui en ces termes : « C'est en même temps un philosophe et un métaphysicien – réellement un des plus grands savants de notre époque » (p. 199). Mais contrairement au comte, cet autre scientifique met sa connaissance au profit des autres, « pour le bien de l'humanité » (p. 200). Il transmet ainsi son savoir, puisqu'il l'enseigne; plus largement, son désir de venir à bout du roi vampire est mû par la volonté de sauver le monde. Outre cette générosité, il est doté d'une remarquable ouverture d'esprit puisqu'il reste ouvert à toutes les branches du savoir, dont celles qui ne connaissent pas encore d'explication scientifique – et dont le vampirisme fait partie.

Le thème de la folie

Ce thème, repris dans de nombreuses adaptations postérieures, est central dans le roman de Stoker. L'un des personnages, le docteur Seward, est en effet le directeur d'un asile psychiatrique, en l'occurrence celui qui jouxte la demeure que Dracula a achetée en Angleterre, Carfax. Le mystère de la folie s'ajoute au mystère inhérent à la littérature fantastique et l'amplifie: l'un des patients de l'hôpital, Renfield, est également aux ordres du prince des ténèbres. Mais davantage que le spectacle de la folie, c'est la frontière entre la folie et la raison qui est ici mise en avant: Renfield a, ainsi, des éclairs de lucidité qui le placent au-dessus des autres personnages qui, eux, ne perçoivent pas le danger contre lequel le fou les met en garde. Par ailleurs, après sa mésaventure dans le château du comte, Jonathan Harker a le sentiment de basculer dans la folie; seule la révélation de l'existence réelle des vampires le guérira de sa crainte. L'exploitation de ce thème s'inscrit dans une perspective moderniste puisque le roman de Bram Stoker est contemporain des premières études de Sigmund Freud.

Les références à la criminologie

Stoker place dans la bouche de Van Helsing des références aux théories criminologiques de l'époque, notamment celles de Cesare Lombroso qui considère que le criminel est, sous bien des aspects, un être infantile. Ainsi, l'intelligence de Dracula est surtout empirique, peu inventive et répétitive. Il tire certes les leçons de ses erreurs et perfectionne son modus operandi, ce qui ne laisse pas d'effrayer Van Helsing qui insiste sur le fait qu'il faut se débarrasser du monstre avant qu'il ne devienne réellement invulnérable (son intelligence progresse car, au moment de l'action du livre, il vit pour la première fois dans une ville peuplée, en l'occurrence Londres, riche et complexe au niveau des interactions humaines). Mais, en même temps, son action s'inscrit toujours dans un même scénario, ce qui rend son action prévisible à ceux qui savent vraiment réfléchir. Quand il échoue (que ce soit contre les Turcs au XVe siècle dans l'Empire ottoman, ou contre Van Helsing à Londres), il se replie vers son château pour, de là, préparer une riposte. C'est ce qui permettra à Van Helsing et ses compagnons de le supprimer.

La circulation de la parole

Chez Bram Stoker, le doublon sang/érotisme est médiatisé par un troisième terme : la parole. Si le vampire possède une telle capacité de nuisance (au moins dans le début du roman), c'est parce que les personnages ne communiquent pas. Van Helsing ne dit pas ce qu'il sait (ou soupçonne) aux victimes ou à leurs proches. Il ne leur explique pas en quoi l'usage de l'ail va permettre de juguler ce qu'il appelle la « maladie ». Ce silence est la condition de la catastrophe. Il en est symboliquement la cause.

Il y a une équivalence directe entre la circulation du sang et celle de la parole. La répression victorienne de la parole permet la circulation du sang. (Il est particulièrement frappant que Dracula soit un roman épistolaire : le savoir est éparpillé et sa transmission est lente.)

À partir du moment où les personnages survivants commencent à communiquer entre eux, le vampire se retrouve sur la défensive, obligé de regagner la Transylvanie. Il finit par en mourir.

Dans cette perspective, Dracula peut se lire comme une mise en évidence de la contradiction qui existe entre les exigences de la raison (l'échange du savoir, de tous les savoirs) et la morale victorienne du silence.

Dracula tire en partie sa force du mystère et de la fascination qu'il inspire. Il bénéficie initialement de la non-communication entre les victimes mais aussi de la non-communication au niveau collectif. En effet, Dracula profite du scepticisme absolu inhérent au climat positiviste de la société anglaise au XIXe siècle pour perpétrer ses activités criminelles : personne, à moins d'assister de visu à ses activités démoniaques, n'est disposé à croire en son existence de vampire. Cela force d'ailleurs ses pourchassants à agir en marge de la loi pour l'éliminer (effraction de domicile, corruption de fonctionnaires, destruction, ou plutôt contamination par une hostie, des effets personnels, décapitation de vampires, assassinat, etc.).

Héritage

Par la suite, le personnage de Dracula devint l'un des plus vigoureux mythes modernes, donnant naissance à une riche littérature fantastique autour du thème des vampires. Dans un article intitulé Les avatars de Dracula dans la littérature contemporaine, Jean Marigny retrace l'histoire de cette littérature qui s'est développée depuis la seconde moitié du XXe siècle et qui a su épouser des genres littéraires fort diversifiés et parfois inattendus : fantastique, bien entendu, mais également érotique, historique, policier, science-fiction, parodie, et même jeunesse. La qualité de ces écrits est extrêmement variable. Certaines œuvres prêtent néanmoins au célèbre vampire une complexité intéressante, et révèlent le conflit qu'il incarne entre Éros et Thanatos, construisant un personnage tourmenté, damné.

Les caractéristiques des vampires – et en particulier celles du comte Dracula – ont subi de nombreuses variations au gré des différentes adaptations, aussi bien concernant leurs pouvoirs que leurs faiblesses ou leurs origines. Le personnage du Comte lui-même est considéré dans différentes œuvres sous des éclairages très contrastés :

  • personnification de la mort ;
  • incarnation de la bestialité ;

mais également

  • symbole de la sexualité et de la sensualité ;
  • archétype du séducteur irrésistible.

Cinéma

Article détaillé : Dracula (Films).

Le personnage de Dracula a tiré sa popularité actuelle davantage du cinéma que de la littérature. Il existe environ 200 films dans lesquels le roi vampire tient le rôle principal, ce qui en fait une des figures cinématographiques les plus populaires. Chacun de ces films adapte différemment l'œuvre de Stoker: l'intrigue et les caractéristiques des personnages, y compris leurs noms, sont rarement les mêmes.

Nosferatu de Murnau

La première adaptation du livre de Bram Stoker (et le premier film traitant du thème du vampire) est le chef-d'œuvre Nosferatu le Vampire ((de) Nosferatu, eine Symphonie des Grauens) réalisé par Friedrich Murnau en 1922. Murnau chercha à éviter de payer les droits d'auteur et à cette fin changea le nom de tous les personnages ainsi que la localisation de l'intrigue. Ceci n'empêcha pas l'héritière, Florence Stoker, de l'attaquer en justice et d'obtenir la destruction des négatifs originaux ainsi que la plupart des copies. L'acteur qui interpréta le rôle du comte Dracula – également appelé « comte Orlok » dans cette version, Max Schreck, fut tellement persuasif que le bruit couru qu'il s'agissait d'un véritable vampire ! Cette idée fut reprise en 2000 dans le film L'Ombre du vampire ((en) Shadow of the vampire), réalisé par Elias Merhige. Le film mélange anecdote de tournage et éléments fantastiques allant jusqu'à émettre l'hypothèse que Schreck (joué par Willem Dafoe) était un vrai vampire.

Ce premier Nosferatu a fait l'objet d'un remake spécifique : Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner Herzog en 1979 avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani et Bruno Ganz. Cette seconde version, sensiblement différente de la première, connaîtra une suite : en 1988, Augusto Caminito réalisa Nosferatu à Venise ((it) Nosferatu a Venecia) dans lequel Klaus Kinski reprit le rôle de l'inquiétant vampire.

Les adaptations de Universal studios : 1931-1948

En 1931, Bela Lugosi joue pour la première fois Dracula dans un film de Tod Browning, Dracula avec Helen Chandler. Il endossa ce rôle quatre fois en tout. C'est à Lugosi que revient le mérite de rendre à Dracula sa dimension érotique au cinéma (la dimension sexuelle de Nosferatu est plus psychanalytique), perdant en contrepartie le fascinant pouvoir de terreur de Max Schreck. Le scénario du film de Browning n'est pas une adaptation directe du roman de Stoker, mais de celle de Deane Hamilton, dans laquelle Lugosi (Dracula) et Edward Van Sloon (Van Helsing) jouaient déjà. Gregory A. Waller[2] souligne cependant que dans l'adaptation cinématographiques ont été ajoutées des scènes de Stoker qui avaient été omises par Deane pour des raisons pratiques essentiels; le voyage en mer, par exemple. Le critique souligne également une duotomie, introduite dans le film, entre Reinfield et Dracula, le premier ne parvenant pas à s'intégrer à la société transylvanienne tandis que le second fait montre d'une sociabilité absente. Pour l'anecdote, en 1956, Bela Lugosi fut enterré avec la cape de Dracula à la demande de sa femme.

Les adaptations de Hammer Films : 1958-1976

Le deuxième acteur le plus représentatif du rôle de Dracula fut Christopher Lee qui apparut en 1958 dans le film de Terence Fisher : Le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula). Il s'agit d'une version plus gothique de l'œuvre, hissée au trentième rang des plus grands films britanniques de tous les temps par le magazine Total film en 2004. Hammer Films produisit ensuite une dizaine de films autour du personnage de Dracula, tous interprétés par Christopher Lee.

Productions parallèles

Parallèlement aux productions de Universal et de Hammer Films ont foisonné d'autres œuvres cinématographiques dont voici les principales :

  • Drakula réalisé en 1921 (1923 est parfois avancé, mais il semble que ce soit une ressortie)[réf. nécessaire] par Karoly Lajthay, avec Margit Lux et Paul Askonas. Deux années avant le film de Murnau, ce film hongrois, réalisé sans l'autorisation de la veuve de Bram Stoker, a été tout d'abord considéré comme étant la première adaptation cinématographique du roman. Des découvertes plus récentes semblent indiquer que ce n'est pas le cas. Malheureusement, ce film est aujourd'hui considéré comme perdu[réf. nécessaire].
  • Dracula réalisé en 1931 par George Melford et Enrique Tovar Avalos avec Carlos Villarias et Lupita Tovar. Ce film, réalisé la même année que la production éponyme de Tod Browning, a été tourné à partir des mêmes décors et reprend la même intrigue.
  • Le personnage de Dracula a engendré un autre personnage, celui du tueur de vampires, souvent un vieux savant un peu fou, bien mis en scène dans le film de Roman Polanski, Le Bal des vampires en 1967; également, il y a les lignées Belmont, Van Helsing ou Buffy. Dans ce film apparaît aussi un vampire homosexuel, le fils même du comte ce qui laisse supposer que Dracula peut se reproduire.
  • Blacula, le vampire noir, film de blaxploitation réalisé en 1972 par William Crain avec William Marshall et Vonette McGee. Ce film ne met pas en scène le célèbre vampire mais l'évoque implicitement à travers le titre. Il sera suivi, un an plus tard, de Scream, Blacula, Scream réalisé en 1973 par Bob Kelljan avec William Marshall et Pam Grier.
  • Dracula et ses femmes vampires (Dracula) réalisé en 1973 par Dan Curtis avec Jack Palance et Simon Ward. C'est cette adaptation qui mettra pour la première fois en avant l'idée du vampire confronté à la réincarnation de son amour perdu, qui sera exploité plus tard dans l'adaptation de Francis Ford Coppola.
  • Du sang pour Dracula (Andy Warhol's Dracula) réalisé en 1974 par Paul Morrissey avec Udo Kier et Joe Dallesandro. Dracula doit ici boire le sang d'une vierge afin de retrouver sa vigueur. Pour cela, il part à la rencontre des filles d'un noble endetté sous prétexte de se marier avec l'une d'elles. Mais les belles ne sont pas aussi pures qu'elles le prétendent et ont succombé aux charmes du jeune paysan machiste qui se trouve sous leurs ordres. Cette version, franchement érotique, est remarquable notamment par l'inversion des rôles qu'elle établit. Ici, Dracula est maladif, famélique, nullement terrifiant; sa fragilité et sa noblesse s'opposent à la virile rudesse du paysan qui déjoue, sans le vouloir, ses plans. Les valeurs véhiculées sont celles d'une époque secouée par la révolution sexuelle : l'exigence de virginité est ici présentée de manière négative puisque c'est grâce à leurs libertinages que les personnages parviennent à déjouer les plans du comte.
  • Dracula réalisé en 1979 par John Badham avec Frank Langella et Laurence Olivier. Cette version prend comme point de départ le voyage de Dracula vers les côtes anglaises à bord du Demeter, épisode qui se situe initialement au centre de l'intrigue. Alors qu'elle se promène sur la plage, Mina, qui est ici la fille de Van Helsing, découvre le corps inconscient du comte, unique survivant du naufrage du bateau. Dracula sera ensuite introduit auprès des personnes de son entourage : le Dr Seward, ami de son père, Lucy Seward et son fiancé, Jonathan Harker. Mina, puis Lucy, succomberont rapidement aux charmes du comte. Le Dracula qui est ici mis en scène est très sensuel et distingué; il fait par ailleurs preuve d'une certaine humanité puisqu'il lui est possible de tomber amoureux. L'action est déplacée dans les années 1910, ce qui accentue encore le décalage entre une Angleterre résolument moderne et les valeurs passéistes que porte le comte.

Productions récentes

En 1992, le prince des ténèbres, qui avait déserté les écrans, réapparaît avec le film de Francis Ford Coppola : Dracula ((en) Bram Stoker's Dracula) avec dans le rôle titre Gary Oldman, accompagné de Winona Ryder, Keanu Reeves et Anthony Hopkins. Ce film, qui est sans doute celui qui suit le plus près l'œuvre de Stoker - avec, toutefois, de nombreuses libertés -, met en scène un être capable de sentiments et dont le caractère tragique le rapproche des grands héros romantiques du XIXe siècle.

Cette adaptation de Coppola impulsa la réapparition de Dracula dans l'univers cinématographique.

En 1995, Mel Brooks réalisa une version parodique intitulée Dracula, mort et heureux de l'être ((en) Dracula: dead and loving it) avec Steven Weber et Leslie Nielsen.

En 2000, Patrick Lussier réalisa Dracula 2000 - intitulé Dracula 2001 en France -, avec Gerard Butler et Christopher Plummer, dans lequel le célèbre vampire ressuscite à notre époque. Patrick Lussier réalisa, en 2003, une suite de ce film, intitulée Dracula 2: ascension, qui fut nettement moins chaleureusement saluée par la critique.

En 2002, Guy Maddin réalisa l'adaptation cinématographique de la version du Royal Winnipeg Ballet (voir supra) sous le titre Dracula, pages tirées du journal d'une vierge (en) ((en) Dracula : Pages From a Virgin's Diary), avec Zhang Wei-Qiang et Tara Birtwhistle.

Autres domaines de représentation

Pièces et ballets

Affiche d'une production américaine de Dracula par Hamilton Deane et John L. Balderston en 1938

Si l'amour que le monde du cinéma éprouve pour le personnage est bien connu, c'est sur les planches que la popularité du vampire est née.

Stoker était intimement lié au milieu du théâtre et a travaillé près de vingt ans pour le Lyceum Theatre. Il éprouvait beaucoup d'admiration pour l'acteur Henry Irving, et avait exprimé le souhait que celui-ci joue le rôle de Dracula dans une adaptation théâtrale du roman - ce qui n'eut jamais lieu.

Nonobstant, Bram Stoker rédigea cette adaptation, qu'il intitula Dracula: or the undead dont il fit la lecture au Lyceum Theatre le 18 mai 1897. Le 31 mai, l'écrivain soumit le script au bureau du Lord Chamberlain qui était alors le censeur officiel des représentations théâtrales. Cette adaptation a été récemment rééditée sous la direction de Sylvia Starshine, mais n'est pas traduite en français.

En 1924, le britannique Hamilton Deane représenta un Dracula sensiblement différent de la pièce écrite par Stoker. David J. Skal[3] souligne, en effet, que des problèmes de coût ont entraîné une réduction des lieux présentés dans la pièce; dès lors, pour que le vampire puisse entrer en interaction avec les autres personnages, il était nécessaire qu'il soit invité par eux et donc, qu'il soit présenté comme un être plus sociable que le Dracula de Stoker. C'est à l'occasion de la représentation de cette pièce, également, que le vampire adopta cette apparence moins monstrueuse que nous lui prêtons plus volontiers.

La pièce de Deane fut ensuite réécrite par Horace Liveright qui souhaitait la présenter au public américain. C'est dans cette version que le vampire porte cette cape au col particulièrement haut dont les représentations suivantes le revêtiront. Afin de jouer le personnage de Dracula, Liveright fait appel à un acteur hongrois, Bela Ferenc Dezso Blasko - nom de scène: Bela Lugosi. Cette pièce, présentée à Broadway à partir d'octobre 1927, sera un succès et attirera l'attention d'Hollywood : les studios Universal chargeront Tod Browning d'en donner une version cinématographique en 1931.

Depuis, parallèlement à sa formidable carrière cinématographique, Dracula fut l'objet d'autres interprétations théâtrales; citons, à titre d'exemple, Dracula: sabbat de Leon Katz (1970), Dracula: a musical nightmare de John Douglas et John Aschenbremer (1978), Dracula (1978) avec Jeremy Brett ou Mac Wellman's Dracula (1994).

Le prince des ténèbres a également inspiré des réalisateurs de ballets tels que Jean-Claude Gallotta qui, en 2001, créa pour l'opéra de Paris un ballet intitulé Nosferatu ou Mark Godden, auteur en 1998 d'un Dracula qui connut un franc succès et qui fut ensuite adapté au cinéma sous le titre Dracula, pages tirées du journal d’une vierge (2003).

Signalons également l'existence de la comédie musicale de Gregory Hlady, mettant en vedette Bruno Pelletier dans le rôle du célèbre comte dans le spectacle Dracula, entre l'amour et la mort (2004). Il est entouré de plusieurs artistes de renom du Québec (Sylvain Cossette, Andrée Watters, Daniel Boucher, Pierre Flynn, Gabrielle Destroismaisons). Roger Tabra en assure les paroles, sur la musique de Simon Leclerc. Le spectacle connu un franc succès au Québec en 2006, avant de faire une série de représentation en France en 2008 (Daniel Boucher cédant son rôle de Renfield à Matt Laurent, une autre valeur sûre dans le paysage musical québécois).

Enfin, est prévu pour septembre 2011 un spectacle musical de Kamel Ouali, Dracula, l'amour plus fort que la mort, au Palais des Sports de Paris. L'histoire évoque un amour impossible entre Dracula et Mina, interprétés respectivement par Golan Yosef et Nathalie Fauquette.

Jeux vidéo

Le personnage de Dracula a également une influence dans le monde vidéoludique.

La principale série vampirique majeure est très certainement Castlevania dont les différentes itérations relatent principalement les combats entre la famille Belmont et Dracula. La série a commencé en 1986 et perdure toujours à l'heure actuelle mais en se détachant de l'œuvre originale de Bram Stoker.

Des vampires apparaissent dans le célèbre jeu, Les Sims 2 (The Sims 2). Dans le jeu, les vampires (toujours nommés Comte) ont la peau blanche, les yeux rouges, les cheveux parfaitement lissés, le costume traditionnel et les fameuses canines pointues. Ils peuvent se transformer en chauve-souris et mordent leurs victimes au cou.

D'autres jeux, indépendants entre eux, ont directement trait au comte : Dracula Origin, Son of Dracula, Kid Dracula (en), Dracula Résurrection, Dracula 3 et Bram Stoker's Dracula.

Bandes dessinées

Le mythe de Dracula a inspiré plusieurs auteurs de bande dessinée, certains respectant fidèlement la trame du roman de Stoker, d'autres se rapprochant davantage de l'imagerie populaire véhiculée par les films, d'autres encore proposant une vision plus personnelle du maître vampire.

Comme nombre de légendes et mythologies, le comte Dracula a été intégré à l'univers super-héroïque des comics Marvel. La série Tomb of Dracula a duré le temps de soixante-dix numéros entre 1972 et 1979, dont on retiendra la période écrite par Marv Wolfman et dessinée par Gene Colan. Le vampire y est assimilé à un super-vilain ; il est caractérisé par ses manières aristocratiques, que viennent contredire son goût pour la cruauté gratuite et son obsession sanguinaire. La série mêle des éléments issus des films (la capacité de transformation en chauve-souris, présentée comme un super-pouvoir) à des personnages du roman (Abraham Van Helsing) ou inventés pour l'occasion (Hannibal King, Blade). Les mêmes auteurs feront revivre leur personnage fétiche dans The Curse of Dracula chez Dark Horse en 1998, traduit en France dans La Malédiction de Dracula chez Vertige Graphic en 1999. On peut également noter l'apparition de Dracula dans Uncanny X-Men #159 et annual 6 en 1982, les deux par Bill Sienkiewicz et Chris Claremont.

Deux dessinateurs hispanophones se sont confrontés à cet archétype dans des styles très différents. Respectueux du texte et de l'esprit de l'œuvre originale, le Dracula de Fernando Fernandez, publié dans le mensuel espagnol Creepy puis en album aux éditions Campus en 1985, s'apparente plus à une succession de tableaux qu'à une bande dessinée conventionnelle. Les planches sont peintes à l'huile et de longs récitatifs agrémentent les vignettes. La version de l'argentin Alberto Breccia chez Les Humanoïdes associés en 1993, rééditée chez Rackham en 2006, est une satire politique où le caractère grotesque des protagonistes est souligné par une facture rappelant Kokoschka[4]. Réalisé pendant la dictature militaire en Argentine, ce recueil d'histoires muettes est une métaphore de la relation entre dictateur-vampire et peuple-victimes[4].

En 2005, Pascal Croci concrétise un projet ambitieux qui lui tient à cœur depuis longtemps. Cet auteur complet a été durablement marqué par le film La Marque du vampire et par la lecture, à l'âge de 12 ans, de l'édition Marabout de Dracula[5]. Avec sa compagne et co-scénariste Françoise-Sylvie Pauly, il aborde le sujet sous différents angles dans un diptyque. Le Prince Valaque Vlad Tepes (Emmanuel Proust, 2005) décrit la rencontre fictive entre Bram Stoker et un archiviste du British Museum qui lui raconte la légende de Vlad Țepeș Drăculea. Dans le second volet, Le Mythe raconté par Bram Stoker (2007), le prince des Carpates n'est pas représenté et la menace qu'il fait planer repose sur la suggestion. L'album est découpé en trois récits complémentaires, chacun éclairant le tempérament d'un personnage : la candeur de Jonathan Harker, la passivité de Mina et le volontarisme de Van Helsing.

Le scénariste Yves H. entreprend une démarche similaire chez Casterman en 2006. Associé à trois dessinateurs, il explore trois facettes du mythe dans Sur les traces de Dracula. Le premier tome, Vlad l'empaleur, est une biographie historique du prince de Valachie dessinée par Hermann ; le deuxième, dessiné par Séra, met en parallèle la vie de Stoker et des extraits du roman pour en expliquer la genèse ; le troisième présente une aventure dans la Transylvanie contemporaine (dessins de Dany).

Nosferatu de Philippe Druillet, paru chez Dargaud en 1989, réédité chez Albin Michel en 2001, n'entretient qu'un lointain rapport avec Dracula, ou même avec le film de Murnau. Dans cette transposition futuriste, le vampire s'interroge sur sa condition de mort-vivant dans un monde dévasté. Plus généralement, cette bande dessinée est le fruit du questionnement philosophique de l'auteur sur la mort et le néant.

Dans la série Requiem, Chevalier Vampire, Dracula est le roi des vampires sur la planète Résurrection. Il est le seul, dans ce monde peuplé de vampires, qui l'était déjà dans sa précédente incarnation sur Terre. Cette origine lui confère des pouvoirs supérieurs à ceux de ses pairs.

Parmi les autres adaptations :

  • Ténèbres écarlates de Neal Adams, éditions du Triton en 1980 ;
  • A Symphony in Moonlight and Nightmares de Jon J. Muth (en), Epic Comics en 1986 ;
  • Batman: Red Rain de Kelley Jones et Doug Moench, DC Comics collection « Elseworlds » en 1991 (VO), Panini en 2008 (VF sous le titre Batman & Dracula : pluie de sang) ;
  • Dracula de Mike Mignola et Roy Thomas, adaptation du film de Coppola, Topps Comics en 1992 (VO), Comics USA en 1993 (VF) ;
  • Dracula de Hippolyte, deux albums chez Glénat dans la collection « Carrément BD ».

Littérature

Une suite, Dracula l'Immortel a été écrite par l’arrière-petit-neveu de Bram Stoker, Dacre Stoker, et un ami passionné Ian Holt. C'est la seule œuvre littéraire écrite après la mort de Bram Stoker qui est soutenue par la famille de l'auteur.

Éléments de lecture comparée

Attributs

Le nom

Le nom du personnage de fiction se confond avec celui du personnage historique. Il est dérivé du substantif dragon qui, en roumain archaïque, se disait dracul, la famille de Vlad Țepeș ayant été nommée par les historiens les Drăculea. En effet, le père de Vlad Tepes a été surnommé Vlad II Dracul - Vlad II le Dragon - car il était membre de l'ordre du Dragon. En outre, dracul ne signifie pas que « dragon » en roumain, mais également « diable ». C'est cette ambiguïté syntaxique qui a été développée dans le roman de Stoker, soucieux de souligner l'aspect démoniaque du personnage.

Par ailleurs, dans un article consacré aux possibles influences du folklore irlandais sur l'œuvre de Stoker, Bob Curran, professeur en Histoire et Folklore Celtique à l'université d'Ulster, souligne la proximité des noms Dracula et Droch Ola (signifiant « mauvais sang » en gaélique)[6].

Portrait physique

Dans l'imaginaire collectif, le comte Dracula est représenté comme un aristocrate dans la force de l'âge, grand et svelte, avec des traits fins, le teint pâle et les cheveux noirs. Il est habillé d'un costume sombre et d'une grande cape noire à doublure rouge. En réalité, cette représentation a évolué dans le temps. Le Dracula originel, celui de Bram Stoker, ne correspondait pas à cette peinture : il s'agissait d'un vieillard — qui rajeunissait tout au long du roman — plutôt laid et repoussant, ayant un corps grand et maigre, un nez aquilin, des sourcils broussailleux, des cheveux rares aux tempes, une épaisse moustache, des doigts courts et forts, des paumes poilues et une haleine fétide. Il n'avait rien du bellâtre séducteur. Bram Stoker, pour faire le portrait de son monstre, s'est inspiré des thèses de Cesare Lombroso, très en vogue à l'époque : on croyait alors, en effet, que la forme du visage d'un homme indiquait son caractère et le portrait de Dracula correspond à celui du type criminel. Par ailleurs, David J. Skal, qui relève plusieurs références à l'œuvre de William Shakespeare dans le roman, apparente Dracula à Hamlet qui, lui aussi, était vêtu de noir[7]. Le Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau, quant à lui, est également laid et inquiétant, et épouse plusieurs des caractéristiques physiques du personnage de Stoker.

Portrait moral

On ne compte plus les adaptations de Dracula, tant celles-ci sont nombreuses. Pourtant, aucune de ces adaptations ne nous livre la même lecture. Le personnage de Dracula a ceci de fascinant qu’il représente un véritable catalyseur : en lui se cristallisent des représentations très diverses selon la personnalité des personnes qui l’évoquent. Il semble qu’il possède ce pouvoir de libérer des fantasmes, des attentes, mais également des représentations culturelles.

Le Dracula de Stoker possède déjà cette particularité. La structure du roman est particulière : la plupart des personnages tiennent, en effet, un journal et c’est l’assemblage de ces différents témoignages qui constitue le résultat final. Dans ces témoignages, le vampire est, la plupart du temps, présenté comme un monstre sans cœur, une représentation du mal absolu. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il est ainsi remarquable que Mina Harker éprouve de la pitié à son égard. Quant à Abraham Van Helsing, il est véritablement fasciné, tant par le personnage historique que Dracula a été que par le vampire lui-même ; il s’émerveillera, ainsi, de l’ingéniosité dont le prince des ténèbres a fait preuve pour préparer son voyage jusqu’à Londres : « Si un autre parmi les non-morts avait tenté cette même entreprise, tous les siècles qui furent et ceux qui seront n’y auraient peut-être pas suffi (…). Il a tout accompli tout seul, tout seul, à partir d’une tombe en ruine au fond d’un pays oublié » (p. 516-518).

Dans les autres adaptations, le vampire apparaît avec des traits de caractère différents. Dans Nosferatu, fantôme de la nuit, il est une véritable victime, prisonnier du temps qui ne le laisse pas en paix : il avoue ainsi à Jonathan sa douleur de ne pas pouvoir mourir. Dans les films de la Hammer, Dracula est certes un personnage cruel, mais il possède également un certain sens de la justice : dans Horror of Dracula, s’il décide de vampiriser la fiancée de Jonathan c’est, affirme Van Helsing, parce que ce dernier a tué la femme-vampire qui vivait avec lui ; de même, dans Une messe pour Dracula, le vampire entreprend de faire tuer les hommes qui ont assassiné celui qui lui a permis de renaître de ses cendres. Le Dracula de Francis Ford Coppola nous dévoile, lui, un personnage qui provoque franchement la sympathie du spectateur en renversant les symboles du bien et du mal : c’est en effet à cause de la cruauté de l'église que Dracula a accédé à l’état de vampire. Son caractère attachant s’exprime également, paradoxalement, par son humanité : il se révèle capable d’aimer, de pleurer, d’éprouver de la sympathie.

Il serait intéressant d’étudier l’évolution de la perception de Dracula par rapport à celle des personnages maléfiques en général. Depuis un certain nombre d’années, il semble que leurs portraits aient acquis une réelle profondeur : les auteurs tentent d’expliquer les raisons qui ont poussé ces personnages à choisir la voie du mal, et ce choix s’est souvent fait dans la souffrance. Cette profondeur place le lecteur ou le spectateur en situation de sympathie vis-à-vis du personnage maléfique. On peut se référer, à titre d’exemples, aux personnages de Dark Vador (Star Wars), d’Hannibal Lecter (Le Silence des agneaux), de Keyser Soze (Usual Suspects).

NB : les lecteurs que cet aspect intéresse pourront compléter leur réflexion en se référant, entre autres, à l'article de Gilles Ménagaldo intitulé Figurations du mythe de Dracula au cinéma : du texte à l'écran paru dans Dracula : mythe et métamorphoses.

Pouvoirs et incapacités

Les facultés prêtées à Dracula varient selon les versions. Ainsi, dans le roman de Bram Stoker, le roi vampire possède de nombreux pouvoirs: il peut se transformer en chauve-souris, en chien, en loup, en grains de poussière sur des rayons de lune, en brouillard, se faire grand ou rapetisser, se rendre maître des éléments (tempête, brouillard, tonnerre) mais dans un espace limité, se faire obéir de certains animaux tels que le loup, le renard, le rat, le hibou, la chauve-souris ou la phalène, pénétrer la pensée des êtres dont il a bu le sang; entre autres, il connaît la nécromancie, la télépathie, l'hypnose. Quant au sang qu'il boit, celui-ci le fait rajeunir et devenir plus fort, mais le fait de ne pas en boire ne remet pas en cause son caractère immortel.

Dans les films, ce sont surtout ses capacités de transformation en chauve-souris et son immortalité qui sont exploitées. Dans Le Cauchemar de Dracula, cependant, le cinéaste a choisi de ne pas accorder au personnage ce pouvoir de changer d'apparence.

Le roman détaille également un grand nombre d'incapacités ; ainsi, Dracula ne peut pénétrer chez quelqu'un sans y avoir été préalablement invité, ne peut dormir qu'en terre consacrée, ne peut traverser une eau courante, ne peut franchir des eaux vives qu'à marée haute ou lorsque la mer est étale, ne peut bénéficier de ses pouvoirs pendant le jour. Son corps ne projette aucune ombre, son image ne se réfléchit dans aucun miroir. Il ne peut se déplacer qu'à minuit ou à la tombée du jour et ne peut séjourner que dans la terre dans laquelle il a été enterré de son vivant, dans la tombe d'un être qu'il aurait vampirisé ou dans celle d'une âme damnée — un suicidé par exemple. L'ail, un crucifix, une hostie ou de l'eau bénite le repoussent ; une branche de rosier sauvage, posée sur son cercueil, l'empêche d'en sortir.

Par ailleurs, il existe plusieurs moyens pour le détruire. Le roman de Bram Stoker indique plusieurs moyens : lui transpercer le cœur à l'aide d'un pieu, le décapiter ou tirer une balle bénite dans sa tombe. Dans Nosferatu, Murnau n'indique qu'un seul moyen : une femme pure doit retenir le vampire toute la nuit et lui faire oublier le chant du coq. C'est cette indication qui a amené les autres cinéastes — hormis Coppola — à exploiter l'idée que la lumière du jour était elle aussi nocive pour les vampires.

Comment Dracula est-il devenu vampire ?

Les vampires, du moins ceux que les versions occidentales modernes nous donnent à voir, le deviennent en ayant été mordus par un autre vampire. Si certains auteurs appliquent cette loi à notre personnage, en général, d’autres explications sont avancées. Car Dracula est un vampire bien particulier : pour son créateur, Bram Stoker, il s’agit du vampire originel, du premier vampire.

Le roman n’avance cependant pas d’explication quant à l’accession de Dracula au statut de buveur de sang : nous savons seulement que, comme ses semblables, son âme ne peut accéder à la paix éternelle ; l’élimination du roi vampire est ainsi une délivrance, comme le remarque un personnage du roman : « une expression de paix se répandit sur ce visage où jamais je n’aurais cru que ne pût apparaître rien de tel » (p. 600)[note 1]. Le roman ne fait que rappeler la cruauté et le goût du pouvoir du mortel qu’était Dracula, suggérant ainsi que là réside l’explication de sa damnation.

Peu nombreux sont les auteurs ayant exploité l’idée de la naissance du vampire Dracula. Dans le roman Les Archives des Dracula, Rudorff avance une hypothèse : mortel, Dracula aurait secouru une belle gitane qui lui aurait promis, en échange, la vie éternelle. Dans le film de Francis Ford Coppola, il aurait choisi de se détourner de l’Église, dont les représentants avaient refusé que sa femme soit enterrée sous prétexte qu’il s’agissait d’un suicide. Une autre piste possible et originale est celle avancée par le film Dracula 2000. En effet, selon le scénario, Dracula ne serait autre que Judas Iscariote, l'Apôtre de Jésus condamné pour sa traîtrise. Son allergie à l'argent serait causée par la récompense qu'il aurait reçue, sa peur du soleil par son suicide à l'aube, etc.

L'érotisme chez Dracula

Dans le roman de Bram Stoker

First view of Demeter: l’abbaye de Whitby, ville portuaire dans laquelle échoua le Demeter à bord duquel se trouvait Dracula dans le roman de Stoker.

Dans les écrits qu'il a produits sur son projet d'écrivain, Bram Stoker se positionnait contre les auteurs qui, dans leurs récits, parlaient explicitement de sexualité. En cela, Stoker se soumettait parfaitement à la morale victorienne qui caractérisait son époque. Pour autant, la sexualité est-elle totalement absente de Dracula ? Non, pas tout à fait.

La sexualité se matérialise tout d'abord de manière explicite à travers les trois femmes-vampires qui vivent dans le château de Dracula. Lorsque Jonathan les rencontre pour la première fois, il avoue, non sans difficulté, son impuissance face à leurs charmes : « Oui, je brûlais de sentir sur les miennes les baisers de ces lèvres rouges » (p. 88). Plus loin dans le récit, Van Helsing éprouve un désir similaire à leur égard. Quant aux femmes-vampires, elles vont dans le sens de cette ambiguïté, de ce lien entre la mort dont elles sont l'allégorie et le désir charnel qu'elles inspirent, puisqu'elles qualifient leurs mortelles morsures de « baisers ».

L'attraction qu'exerce le comte lui-même sur les femmes est moins explicite. Bram Stoker ne dresse pas de lui un portrait aussi flatteur que pour les trois femmes-vampires : il est laid, est associé à des odeurs nauséabondes… Mais toute personne mordue par un vampire est, par la suite, irrésistiblement attirée par celui-ci et Mina Harker, tout en soulignant sa répulsion envers le comte, reconnaît cette ambiguïté : « J'étais comme étourdie et, chose étrange, je n'avais nulle envie de m'opposer à son désir » (p. 470). Par ailleurs, le comte a pleinement conscience de l'attractivité que possèdent les femmes-vampires sur les hommes mortels ; ainsi, voici comment il présente à Mina sa future existence en tant que non-morte : « Et vous, leur alliée très chère, très précieuse, vous êtes maintenant avec moi, chair de ma chair, sang de mon sang, celle qui va combler tous mes désirs et qui, ensuite, sera à jamais ma compagne et ma bienfaitrice. Le temps viendra où il vous sera fait réparation ; car aucun parmi ces hommes ne pourra vous refuser ce que vous exigerez d'eux ! » (p. 471). Le souhait du comte est de vampiriser de belles femmes afin de faire d'elles à la fois des esclaves et de redoutables sirènes ; bref, il tient le rôle du proxénète.

Et que penser de l'aspect symbolique de la morsure du vampire ? De nombreux critiques ont souligné son caractère éminemment sexuel. Le vampire visite en effet ses victimes la nuit, le plus souvent dans leur lit ; il les mord dans le cou, qui est un endroit du corps sensiblement érogène. Dans le roman de Bram Stoker, les personnages masculins tentent de sauver Lucy Westenra de la mort en pratiquant des transfusions, lesquelles sont explicitement associées à des formes de mariages, à des unions vitales entre les hommes et la jeune fille. Dans ce cas, le vampire, qui aspire, lui, ce sang, brise cette union vitale pour construire une autre forme d'union, mortelle celle-ci, entre lui-même et sa victime.

Soulignons, enfin, l'ambiguïté d'un passage du roman. Jonathan s'apprête à recevoir le baiser mortel des trois femmes-vampires quand le comte apparaît brusquement et les repousse ; s'ensuit cet extrait (p. 91) :

« La jeune femme blonde, avec son sourire provocant, se retourna alors pour lui répondre :
Mais vous-même n'avez jamais aimé ! Vous n'aimez pas !
Les deux autres se joignirent à elle, et des rires si joyeux, mais si durs, si impitoyables retentirent dans la chambre que je faillis m'évanouir. Au vrai, ils retentissaient comme des rires de démons.
Le comte, après m'avoir dévisagé attentivement, se détourna et répliqua, à nouveau dans un murmure :
Si, moi aussi, je peux aimer. Vous le savez d'ailleurs parfaitement. Rappelez-vous ! Maintenant, je vous promets que lorsque j'en aurai fini avec lui, vous pourrez l'embrasser autant qu'il vous plaira ! »

De quelle forme d'amour s'agit-il dans ce passage ? Probablement pas d'un amour tel que nous l'entendons, puisque le vampire est a-sentimental. Il est possible d'entendre ce terme comme un euphémisme : le substantif amour désignerait le coït et dans ce passage, les femmes-vampires se moqueraient de Dracula, lequel, contrairement à elles, n'est pas en position de consommer un acte sexuel avec un mortel au moment du récit. Cela signifierait également que les vampires ne peuvent avoir de relations sexuelles entre eux[8].

Dans Nosferatu

Dans la première adaptation cinématographique inspirée du roman de Bram Stoker, Nosferatu le Vampire, ainsi que dans la version de 1979 intitulée Nosferatu, fantôme de la nuit, la référence à la sexualité est également présentée de façon implicite.

Dans ces films, Dracula — également appelé comte Orlock — souhaite se rendre à Brême et, pour cela, fait appel à un clerc, Jonathan Harker. Or, le vampire tombe sur la photographie de la jeune épouse de Jonathan, Mina, qu'il regardera avec une attention marquée ; il ne manquera pas, d'ailleurs, de souligner ce qui, pour lui, fait la beauté de cette femme : « Elle a un beau cou ». L'instant d'après, la volonté du vampire de hâter son départ pour Brême est très nette; son attirance pour Mina Harker est évidente.

Par ailleurs, le moyen mis en avant, dans les deux cas, pour éliminer le vampire est ambigu : il faut, en effet, qu'une femme au cœur pur le retienne toute la nuit et lui fasse oublier le chant du coq ; il s'agit d'une évocation nette de la nuit d'amour. La femme se doit d'être active dans cette démarche puisque le vampire lui obéit : ainsi, c'est parce qu'elle crie dans son lit, à Brême, au moment où, à plusieurs kilomètres de là où elle se trouve, le comte se penche sur le cou de son mari, que celui-ci renonce à sa victime. À Brême, au moment où Mina se penche à sa fenêtre, vraisemblablement pour appeler le comte qui la regarde de la maison qui jouxte la sienne, elle a, auparavant, éloigné son époux : celui-ci est parti chercher un médecin dans le film de Friedrich Wilhelm Murnau tandis que dans celui de Werner Herzog, elle parsème des morceaux d'hostie autour du siège sur lequel est assis son mari devenu vampire, l'empêchant ainsi de quitter sa place. Les deux films suggèrent le lien entre la morsure du vampire et le coït. Dans les deux cas, le vampire se penche sur la femme et pose sa main sur la poitrine de celle-ci. Dans le second Nosferatu, l'acte sexuel est évoqué plus avant puisque le vampire contemple le corps de la jeune femme et va jusqu'à soulever le bord de sa chemise de nuit.

Le « cœur pur » dont il est ici question ne signifie pas que la femme est vierge, puisque Mina est mariée ; elle ne signifie pas non plus qu'elle soit fidèle à son époux ; paradoxalement, cette pureté renvoie à un pas vers le mal. Tout au long des deux films, Mina et le comte étaient présentés comme deux doubles ; après avoir passé une nuit ensemble, les deux trépasseront.

Les critiques lisent souvent Nosferatu à la lumière des théories freudiennes, qui étaient très en vogue dans les années 1920. Le film évoquerait, ainsi, le conflit que les êtres éprouvent entre leurs pulsions sexuelles et les interdits sociaux. Le comte, dans ce cas, serait une représentation du ça.

Du monstre au séducteur

Avec Dracula de Tod Browning (1931), le roi vampire va changer de visage. Alors qu'il était présenté auparavant comme un monstre hideux, il devient un séducteur : dans le film, les deux personnages féminins éprouvent une forte attirance à son égard.

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En 1958, avec Horror of Dracula, ce caractère don-juanesque du personnage est encore accentué. L'érotisme latent de l'acte de vampirisation est dévoilé au grand jour : avant de mordre Mina, Dracula entreprend ainsi, de l'embrasser à pleine bouche. Dans les autres films produits par la Hammer, dans lesquels Christopher Lee interprète le rôle du célèbre vampire, cet érotisme s'accentue de plus en plus ; il est ainsi particulièrement poussé dans Dracula et les femmes ou Du sang pour Dracula, tous les deux produits dans les années 1970. C'est l'époque du règne de la scream queen, personnage récurrent dans les films d'épouvante de l'époque : une belle victime dénudée et épouvantée.

Dans le film de John Badham (1979), Frank Langella interprète un Dracula résolument sensuel ; cette fois-ci, ce n'est pas seulement l'effet qu'il produit sur les femmes qui est souligné par le film, mais également son sex appeal. Après s'être introduit dans la chambre de Lucy Seward, le prince des ténèbres se penche sur sa victime consentante la chemise généreusement ouverte.

Au début des années 1980, Jesús Franco réalisa plusieurs films dits de série B, où l'érotisation du personnage prend largement le dessus sur la légende.

En 1992, Francis Ford Coppola propose un Dracula lui aussi lourdement chargé d'érotisme. Mais celui-ci dépasse le simple voyeurisme et se lit comme une dénonciation des interdits sociaux en matière de sexualité. Dans ce film, en effet, Mina, qui est promise à Jonathan, se comporte conformément aux bonnes mœurs : elle n'a aucune relation sexuelle avant son mariage, s'indigne quand un homme l'approche. Sa curiosité pour les choses du sexe est grande, mais elle la dissimule : si, au début du film, elle ouvre d'une main timide le Kâmasûtra qui se trouve à côté d'elle, elle le referme néanmoins violemment dès qu'elle entend son amie entrer dans la pièce. Lucy, par rapport à elle, fait figure de dévergondée : elle courtise trois hommes à la fois, aborde plusieurs fois le thème de la sexualité avec Mina, l'embrasse avec passion. Mais c'est au contact du comte que Mina Harker se libère des carcans moraux qui la briment. Le film présente, ainsi, l'évolution progressive de la jeune femme vers l'acceptation de ses désirs.

De l'érotisme à la pornographie

Aujourd'hui, le personnage de Dracula a investi l'univers du X. Bien que ne relevant pas directement de ce genre, on peut citer à titre d'exemple le film Spermula de Charles Matton, dont le titre est évidemment calqué sur le nom du célèbre vampire : Dracula. Dans le domaine littéraire, citons L'Autre Dracula ou les cahiers secrets de Jonathan Harker de Tony Mark. Dans cette version, la seule faute de Dracula serait d'être trop libertin dans une société victorienne devenue sclérosée à force de frustration sexuelle.

Le Dracula de Bram Stoker, la Roumanie et l'Europe de l'Est

Le roman de Bram Stoker et la filmographie des années 1920 et 1930 étaient très peu connus en Roumanie, et durant les cinquante années de 1939 à 1989, la censure d'abord nationaliste, ensuite communiste ont empêché la diffusion des Dracula occidentaux en Roumanie, où le personnage de Vlad Țepeș, érigé en héros patriotique, était intouchable[9].

Après 1989 et l'avènement de la liberté de communication et d'expression, de nombreux roumains découvrent le personnage de Bram Stoker. Aussi Dracula, associé ou non à Vlad Țepeș et à différents lieux (notamment en Transylvanie), est-il devenu un « objectif touristique majeur ». Auberges, châteaux divers (dont celui des Habsbourg à Bran, près de Brașov), ruines, cols, villes (Curtea de Argeș, Târgoviște, Sighișoara et Bucarest) se disputent sa naissance et ses séjours. Toutes sortes d'objets l'évoquent. Des films, tels La Dette de John Madden, mettent en scène une Europe de l'Est sombre et "vampirique", où l'on peut reconnaître l'ambiance auparavant déjà développée dans les productions cinématographiques inspirées par le roman de Bram Stoker[10].

Études sur le personnage

Le personnage de Dracula a donné lieu à la publication d'analyses dont voici une liste non-exhaustive.

  • Dracula : l'œuvre de Bram Stoker et le film de Francis F. Coppola/ coord. Claire Bazin, Serge Chauvin. Paris: Temps, 2005.
  • Dracula (1897-1997) : guide du centenaire/ Alain Pozzuoli. Paris: éd. Hermé, 1996.
  • Dracula : l'œuvre de Bram Stoker et le film de Francis F. Coppola/dir. Gilles Menelgado, Dominique Sipière. Paris: Ellipes, 2005.
  • Dracula : mythe et métamorphoses/ dir. Claude Fiérobe. Villeneuve-d'Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 1995.
  • Les Nombreuses vies de Dracula (André-François Ruaud et Isabelle Ballester), Les moutons électriques, 2008.
  • Dracula's crypt: Bram Stoker, Irishness, and the Question of Blood/ Joseph Valente. Urbana and Chicago: University of Illinois Press, 2002.
  • L'Historienne et Dracula, Elizabeth Kostova, Éditions XO 2005 (deux tomes)

Notes et références

Notes

  1. Par soucis de confort de lecture, la pagination renvoie à l'édition française indiquée dans la rubrique Sources, mais les analyses de cet article se basent sur l'édition anglaise, précisée elle aussi dans cette rubrique.

Références

  1. in Ungaria suis cum regibus compendia data, Typis Academicis Soc. Jesu per Fridericum Gall. Anno MCCCXXIX. Mense Sepembri Die 8. p. 188-193, quoted by Farin
  2. Gregory A. Waller: « Tod Browning's Dracula » in Bram Stoker: Dracula/ Norton Critical Editions, New-York-London, 1997, p 382-389.
  3. David J. Skal, op. cit.
  4. a et b parallèle établi par Daniel Brolli dans la postface de l'édition Rackham
  5. voir postface du tome 2
  6. édition de l'été 2000 de la revue History Ireland. lire en ligne
  7. David J. Skal: "His hour upon the stage: theatrical adaptations of Dracula" in Bram Stoker: Dracula/ Norton Critical Editions, New York, Londres, 1997, p. 371-381
  8. cf. note 1 p. 43 de l'édition Norton and company
    • Denis Buican - Les métamorphoses de Dracula, Bucarest, Scripta, 1996.
    • Neagu Djuvara -De Vlad Țepeș à Dracula le vampire, Bucarest, Humanitas, ISBN 973-50-0438-0
    • Emil Stoian - Vlad Țepeș - mythes et réalités historiques, Bucarest, Albatros 2001
    • Denis Buican - Dracula et ses avatars, Bucarest, Scripta, 1993.
    • Florin Andreescu - La Roumanie, Vlad Țepeș et Dracula, Bucarest, Ad Libri, 1998
    • Radu Florescu - The Life and Times of the Historical Dracula, 1988, Boston College

Sources

Sources primaires 
  • Dracula de Bram Stoker, traduit de l'anglais par Lucienne Molitor. Belgique: éd. Marabout (coll. Babel), 1975.
  • Dracula, Bram Stoker. New York, Londres : ed. Norton and company, 1997.
  • Dracula, Bram Stocker. Paris. Editions Camion noir. Traduction de Jacques Sirgent. 2010. Cette traduction est complète. Il manquait effectivement une quarantaine de pages aux précédentes traductions françaises. De plus, elle respecte le texte ce qui était loin d'être le cas auparavant.
  • Nosferatu le vampire, Friedrich Wilhelm Murnau, 1922
  • Nosferatu fantôme de la nuit, Werner Herzog, 1975
  • Bram Stoker's Dracula, Francis Ford Coppola, 1992
  • Dracula, Tod Browning, 1931
  • Horror of Dracula (Le cauchemar de Dracula), Terence Fisher, 1958
  • Dracula, Frank Langella (1979)
  • L'Autre Dracula ou les cahiers secrets de Jonathan Harker de Tony Mark. Paris, éd. Blanche, 1997.
  • The Dracula Archives, A.M. Heath & C° Ltd, 1971 (Les archives des Dracula, trad. Raymond Rudorff, Denoël, 1971).
Sources secondaires 
  • Les Avatars de Dracula dans la littérature contemporaine, Jean Marigny in Dracula : mythe et métamorphose, éd. Presses universitaires du Septentrion, 2005
  • Dracula, l'exclusion sanglante, Ian Geay in Quasimodo n°6 - "Fictions de l'étranger", printemps 1999 [en ligne] http://www.revue-quasimodo.org/PDFs/6%20-%20Geay%20Dracula%20Sexe%20Stocker.pdf [consulté le 30/04/06]
  • Film adaptations: a checklist in Dracula, Bram Stoker. New York, Londres: ed. Norton and company, 1997, p. 404-407.
  • Denis Buican, Les Métamorphoses de Dracula. L'histoire et la légende, Paris, Le Félin, 1993.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jacques Sirgent, « Bram Stoker EST Dracula » dans Le Livre des vampires, Camion noir, 2009, p. 143-216.

Articles connexes

Liens externes


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