Ensemble archeologique de Merida

Ensemble archéologique de Mérida

Ensemble archéologique de Mérida 1
Patrimoine mondial
Le théâtre romain

Le théâtre romain

Latitude
Longitude
38° 54′ 58″ Nord
       6° 20′ 16″ Ouest
/ 38.91611, -6.33778
Pays Espagne Espagne
Type Culturel
Critères iii, iv
Subdivision Estrémadure Estrémadure
Province de Badajoz Province de Badajoz
No  identification (ID) 664
Région 2 Europe et Amérique du nord
Année d’inscription 1993 (17e session)

1 Descriptif officiel (UNESCO)
2 Classification UNESCO

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Documentation du modèle

L'ensemble archéologique de Mérida, en Espagne, constitue le plus important site archéologique romain de la péninsule ibérique. La cité d'Emerita Augusta fut fondée par Auguste en 25 avt J.C. à l'issue de la campagne d'Espagne. Capitale de la Lusitanie, elle était destinée à recevoir les vétérans de deux légions romaines engagées aux côtés de l'Empire romain lors des Guerres cantabres : la Legio V Alaudae et la Legio X Gemina.

Jusqu'à la chute de l'Empire romain d'Occident, Emerita Augusta - l'actuelle Mérida - constitua un centre économique, juridique, militaire et culturelle de l'Empire. Son rayonnement était tel qu'Ausone la définit comme la neuvième cité la plus importante du monde romain.

Les importants vestiges archéologiques qui sont parvenus jusqu'à nos jours témoignent encore de la vitalité de cette cité. Le théâtre, l'amphithéâtre mais aussi l'aqueduc figurent parmi les réalisations majeures du génie architectural de la civilisation romaine en Espagne. Eu égard à ce patrimoine, en 1986 fut inauguré à Mérida le Musée national d'art romain, conçu par l'architecte Rafael Moneo. Sept ans plus tard, l'ensemble fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'Unesco.

Sommaire

Le théâtre

Théâtre romain de Mérida

Le théâtre a été construit à la demande du consul Marcus Vipsanius Agrippa et inauguré entre les années 16 et 15 av. J.-C.. D’une capacité d’environ 6 000 spectateurs, il est adossé à la colline San Alban (point culminant de la ville) dont l’inclinaison donnerait une acoustique excellente. Il est resté sous terre jusqu’au XXe siècle mais il est à nouveau utilisé pour sa fonction d’origine et donne lieu à d’importants festivals de théâtre, de musique classique et à d’autres manifestations artistiques.

Son plan reste classique : une orchestra, la scène, un mur de scène et un hémicycle de gradins en pierre. Entre l’orchestra et les gradins, on trouve trois bancs, plus spacieux que le reste des places, bancs a priori réservés aux personnes de haut rang, comme les magistrats. Les gradins sont divisés en trois parties : basse, moyenne et haute. Il s’agit vraisemblablement, là encore, d’une division des classes sociales. On peut également distinguer les vomitoires situés entre les parties basse et moyenne.

La scène est beaucoup plus somptueuse. Le mur de scène est presque triomphal, comme la plupart des monuments romains. Il se compose de deux niveaux d’élévation (à partir de la scène), tous deux porteurs de colonnades. Différence notable avec d’autres monuments romains comme le Colisée, elles ne sont pas surmontées d’arcades mais d’une architrave. Le premier niveau met en scène des statues représentant des hommes en armure ou en toge. Peut-être des guerriers illustres ou des empereurs divinisés. Trois ouvertures permettent l’accès à la scène aux acteurs, deux latérales et une centrale qui donne sur un grand péristyle. Au-dessus de cette entrée centrale est installée la statue d’une femme, vraisemblablement une déesse, Vénus ou Cérès.

Le théâtre est fortement inspiré par l’ordre corinthien, notamment par les chapiteaux ainsi que par les tores et les scoties. La cimaise du fronton (arrondi) au second niveau comporte une frise. Les colonnes semblent être faites de marbre comme le stylobate du second niveau, mais on note aussi l’utilisation d’une brique rose ainsi que de simples pierres pour le fond du mur. La différence de couleur par endroits, comme sur le corps le plus à droite, suggère des restaurations visibles.

L'amphithéâtre

Article détaillé : Amphithéâtre de Mérida.

Il fut inauguré en 8 av. J.-C. sous le règne de l'empereur Auguste. Il était situé juste à côté du théâtre de Mérida. Le plan de ses gradins est tout à fait similaire à celui du théâtre mais ses dimensions sont tout autres. L’amphithéâtre mesure 126 mètres de grand axe, 65 mètres de petit axe et peut accueillir presque 15 000 personnes à travers ses 26 vomitoires, soit proportionnellement plus que le Colisée de Rome.

Le cirque

Le cirque de Mérida

Avec ses 400 mètres de longueur et ses 100 mètres de largeur, le cirque était le plus vaste édifice de spectacle de la cité. Il jouissait, avec l'amphithéâtre, des faveurs d'un public plus porté sur les émotions fortes que sur les œuvres théâtrales. En raison de ses dimensions, il se trouvait en dehors de l'enceinte fortifiée, à proximité de la chaussée qui reliait Emerita Augusta à Corduba et Tolletum.

Vraisemblablement construit au début du Ier siècle sous Tibère, le cirque disposait d'une capacité de 30 000 places, réparties en gradins (divisés en cavea, qui permettaient de distinguer la population selon les origines sociales). Le complexe dispose d'une piste où se déroulaient les compétitions. Au centre de cette piste se trouve un mur, la spina, d'une longueur de 223 mètres et d'une largeur de 8,5 mètres. Il était décoré de monolithes et de sculptures votives. Les spectacles qui s'y déroulaient étaient des course de chars, qui constituaient une des attractions favorites des spectateurs de l'Empire. Dirigeant des attelages de deux (biges) ou quatre chevaux (quadriges), les auriges jouissaient d'une certain succès : nombre d'entre eux sont représentés sur des peintures ou des mosaïques.

Le cirque de Mérida est aujourd'hui un des mieux conservés du monde romain. Un centre d'interprétation a été aménagé afin de permettre d'en saisir le fonctionnement et la structure.

Le temple de Diane

Le Temple de Diane vue latérale et frontale

Ce temple appartenait au forum municipal. Aujourd'hui dépourvu de sa toiture, il s'agit d'un édifice en bon état de conservation. C'est l'une des rares constructions religieuses à n'avoir pas excessivement souffert des outrages du temps. Cette caractéristique s'explique notamment par son incorporation dans le Palais du Comte de los Corbos, de style renaissance, dont subsistent quelques vestiges à l'intérieur même du temple. Il est aujourd'hui connu sous son invocation à Diane, déesse de la chasse dans la mythologie romaine. Il n'en était pourtant rien à l'époque. Ce lieu était en réalité voué au culte impérial.

Sa construction remonterait à la fin du Ie siècle av. J.-C., voire au début du Ier siècle, à l'époque de l'empereur Auguste. De plan rectangulaire et entouré de colonnes, sa façade est orientée vers le forum. Celle-ci était formée de six colonnes surmontées d'un fronton. Il est d'inspiration corinthienne. On aperçoit en effet tores et scoties à la base des colonnes et des chapiteaux avec des feuilles d’acanthes qui surmontent des colonnes à fûts cannelés, peut-être en granit. Au-dessus de l’architrave apparaît une seconde bande, vraisemblablement le support d’une frise. Enfin, on peut remarquer que le temple ne respecte pas l’alignement de colonnes (n / 2n + 1) du temple grec.

L'arc de Trajan

L'Arc de Trajan à Mérida.jpg

Il n’est pas certain qu’il soit de l’époque de l’empereur Trajan (début du IIe siècle). Cette dénomination est en effet arbitraire, l'inscription commémorative s'étant perdue il y a déjà plusieurs siècles.

Il s'agit certainement de l'arc qui servait d'accès au forum provincial. Il était situé sur le cardo maximus, une des principales voies de la cité, et permettait de relier le forum provincial au forum municipal.

L'arc était recouvert d'un revêtement de marbre, dont il est aujourd'hui dépourvu. Construit en granit, il mesure 13,97 mètres de haut pour une largeur de 8,67 mètres. On estime qu'il devait remplir une fonction triomphale, bien que son rôle ait pu être exclusivement pratique, faisant simple office d'entrée vers le forum. Aujourd'hui enchâssé au milieu de constructions modernes, il conserve cependant toute sa majestuosité.

Le pont romain

Puente Romano

Le pont romain enjambe le Guadiana, et se trouvait sur le tracé du Decumanus maximus, une des principales artères de la ville. Il marquait de ce fait l'entrée dans la cité, dont il déterminait en partie la configuration. Il s'agit du plus ancien des monuments romains subsistant à Mérida. Sa construction commença dès la fondation de la cité, dans un but stratégique : il devait permettre la défense de la ville et de sa région environnante.

Composé d'une structure en béton, paré de blocs de granit, il se compose de soixante arches, réparties sur une longueur de 792 mètres. Ces dimensions placent le pont de Mérida parmi les plus longs de l'époque. L'emplacement du pont fut minutieusement choisi, sur un gué qui offre en son centre un îlot central, qui divise le cours du fleuve en deux bras. La structure originale n'offrait pas la même continuité : le pont était alors composé de deux segments d'arcs, qui se rejoignaient au niveau de l'île sur laquelle était érigé un grand avant-bec. Ce dernier fut remplacé au XVIIe siècle par plusieurs arcs, après qu'une crue eut emporté une partie de la structure en 1603. Auparavant, à l'époque romaine, le pont fut allongé à plusieurs reprises. Au moins cinq arcs furent ajoutés afin que le chemin ne se trouvât pas coupé par les crues du Guadiana. Il résulte de ces différents ajouts une longueur de

Autres monuments

Les aqueducs

Le pont des Miracles

Le pont des Miracles fait partie de la conduite (ou aqueduc) qui acheminait l'eau à Emerita Augusta depuis le réservoir de Proserpine, situé à 5 km de la ville. L'eau parvenait à un castellum (bassin de décantation) situé dans l'actuel quartier de Santa Eulalia (les ruines en sont encore visibles). De là s'élençait le pont sur 827 mètres, jusqu'au castellum terminal du Cerro de El Calvario, après avoir traversé la vallée de l'Albarregas, qu'il surplombe à une hauteur maximale de 25 mètres. Il fut érigé au début du Ier siècle en associant la pierre et la brique. Les piliers, de 3 mètres de côté sont reliées par des séries de trois arcs en plein-cintre en brique superposés. Sur les arcs supérieurs reposait le canal d'acheminement de l'eau.

L'ouvrage est parvenu à nous dans un bon état de conservation. La tradition populaire veut qu'il tienne son nom de l'étonnement des habitants de Mérida face à la robustesse d'une œuvre si ancienne, phénomène qu'ils tenaient pour miraculeux. 50 piliers sont encore debout, plus ou moins détériorés. Les vestiges du castellum du Cerro del Calvario furent découverts au début des années 1970. La chronologie de l'aqueduc a été largement débattue. Il semble désormais admis que l'ouvrage fut bâti sous Auguste.

L'aqueduc de Rabo de Buey fut lui aussi construit à l'époque romaine. Les canalisations s'étendent sur environ 4 km. Elles empruntent sur certains segments des galeries souterraines pouvant atteindre 2,5 mètres de hauteur, et dotées d'un système d'aération et d'escaliers réparties régulièrement sur toute la longueur de l'aqueduc. Ces infrastructures sont bien conservées. Il ne subsiste en revanche quasiment rien de l'ouvrage qui permettait de traverser la vallée de l'Albarregas sur près d'un kilomètre. Seuls trois piliers et quelques rares arcs laissent demeurer le souvenir de cette grandiose construction.

La maison de l'amphithéâtre

Cette maison fut trouvée par hasard au début des années 1960. Elle se situe sur le flanc gauche de la colline de San Albín. Tout l'édifice était bâti en maçonnerie, renforcée de pierres de taille aux angles. Les éléments les plus remarquables sont le péristyle, entourant le jardin intérieur, mais surtout la célèbre mosaïque cosmogonique. Cette dernière est une représentation allégorique des éléments de la nature (rivières, vents,...) présidée par la figure d'Éon. Les études archéologiques et la volonté d'ouvrir ce site à la visite ont amenée à la pose d'une toiture.

Galerie

Sources

  • (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Mérida (España) ».

Voir également

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