Arno Klarsfeld
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Arno David Emmanuel Klarsfeld (né le 27 août 1965 dans le 16e arrondissement de Paris) est un avocat franco-israélien et collaborateur occasionnel du président Nicolas Sarkozy.

Sommaire

Biographie

Origine, études et famille

Serge et Beate Klarsfeld, les parents d'Arno Klarsfled, en 2007.

Fils aîné de Serge, avocat et écrivain juif d'origine roumaine, et de Beate Klarsfeld, militante anti-nazie allemande, fille d'un ancien soldat de la Wehrmacht, l'un et l'autre connus en qualité de « chasseurs de nazis », Arno Klarsfeld fait ses études aux lycées Janson-de-Sailly et Claude Bernard à Paris, puis dans les universités de Paris II Panthéon-Assas, de Sorbonne-Paris IV et de New York. Il obtient une maîtrise de droit et un master en droit international.

Carrière juridique

Inscrit aux barreaux de Paris, de New York et de Californie, Arno Klarsfeld abandonne le cabinet d'affaires new-yorkais Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom LLP pour intégrer celui de son père et de sa sœur à Paris. Depuis, il est l'avocat de l'association des Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF).

Avocat des parties civiles

Au procès Touvier

En 1994, il est avocat des parties civiles au procès de Paul Touvier, chef de la Milice à Chambéry et à Lyon, condamné à la réclusion à perpétuité. Lors du procès, il se désolidarise de ses confrères en argumentant sur le fait que Touvier avait décidé seul de procéder à des exécutions, sans avoir reçu d'ordre des Allemands. À cette occasion, l'historien Henry Rousso, écrit dans Libération qu'Arno Klarsfeld était « l'avocat de la vérité ».

Au procès Papon

En 1998, Arno Klarsfeld représente l'association des Fils et filles de déportés juifs de France lors du procès de Maurice Papon. Il se fait remarquer par les médias en se rendant ostensiblement au Palais de Justice en patins à roulettes.

Un avocat engagé contre les crimes de guerres

Il fait ensuite campagne, notamment dans les médias, pour la création de cours internationales afin de juger les criminels de guerre pour des massacres tels que ceux du Kosovo ou le génocide au Rwanda.

À la suite de l'audience du tribunal administratif de Toulouse du 16 mai 2006 concernant le procès entamé par Georges Lipietz et Guidéon S. contre l'État et la SNCF pour leur rôle dans leur transferts de Pau au camp de Drancy, il prend néanmoins parti pour la SNCF par un « point de vue » dans Le Monde.

Activités politiques

En 2005, il est sollicité par Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et ministre de l'Intérieur, pour rédiger des rapports sur un certain nombre de thèmes ou pour exercer des médiations ministérielles.

Rapporteur

Rapport sur les lois mémorielles

En décembre 2005, il est chargé de rédiger un « travail approfondi sur la loi, l'Histoire et le devoir de mémoire », suite à la polémique autour de la loi mémorielle du 23 février 2005 mentionnant le « rôle positif » de la colonisation. Il doit notamment proposer une analyse - comme celles sur le négationnisme et le génocide arménien - dont des historiens demandent l'abrogation au nom de la « liberté » de leur travail.

Dans son rapport, il récapitule d'abord les interventions successives du législateur français en ce domaine, notamment l'ordonnance du 19 janvier 1816 (pour commémorer les victimes de la Révolution), la loi du 30 juillet 1881 (pour indemniser les victimes du coup d'État du 2 décembre 1851), la loi du 7 juillet 1880 (pour adopter le 14 juillet comme fête nationale), et la loi du 10 juillet 2000 issue du discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995 au Vélodrome d'Hiver (qui reconnut la faute de l'État français lors de la rafle de 1942).

Il propose d'établir la distinction entre les régimes discriminatoires accompagnés de répression, torture ou de massacres, et ceux ayant investi dans les infrastructures (routes et bâtiments publics), même si elles furent conçues pour répondre essentiellement aux besoins des colons.

Le choix d'Arno Klarsfeld pour rédiger ce rapport a été pourtant critiqué par le MRAP, qui a contesté sa légitimité et son impartialité à cause de ses déclarations sur la guerre d'Irak et son engagement dans l’armée israélienne pour servir spécifiquement dans les Territoires occupés[1]. Le secrétaire général du MRAP, Mouloud Aounit, va jusqu'à qualifier l'avocat de « militant actif de la colonisation (dans les Territoires Occupés) » et de « farouche défenseur de la guerre coloniale contre l'Irak ». En réponse, le 27 décembre 2005, sur France Inter, Arno Klarfeld compare le président du MRAP avec le président iranien, déclarant que « Mouloud Aounit est peut-être sur la même ligne que le président iranien (Mahmoud Ahmadinejad) qui estime que les juifs n’ont rien à faire au Moyen-Orient »[1], puis le « 11 », sur la chaîne de télévision française France 2, dans l'émission On a tout essayé, « le MRAP souhaite la disparition de l’État d’Israël »[1].

Rapport sur la délinquance

En mai 2006, Arno Klarsfeld livre un rapport de sept pages de réflexion sur la délinquance à la demande de Nicolas Sarkozy.

Médiateur

Médiateur national concernant les expulsions d'enfants

Le 28 juin 2006, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, nomme Arno Klarsfeld médiateur national concernant les expulsions d'enfants[2].

Cette nomination est immédiatement critiquée à gauche, notamment par Arnaud Montebourg, député et membre du Parti socialiste, qui déclare le « 20 », lors de la fête de la rose, à Frangy-en-Bresse, qu'« il aurait mieux valu ou fallu nommer peut-être pour l’efficacité soit David Hallyday, Paul Belmondo ou Anthony Delon ! Il se trouve que c’est Arno Klarsfeld »[3], mais aussi par Daniel Schneidermann dans un article dans Libération, considérant comme « stupide » de faire entrer « le spectre conjugué de la déportation des Juifs et du conflit du Proche-Orient, dans la politique française d'immigration ».

Pour ne pas s'être opposé à certaines expulsions ou en avoir approuvé en vertu des conditions de régularisations retenues, Arno Klarsfeld est également pris à partie par l'Association pour la Démocratie à Nice et dans les Alpes-Maritimes et par RESF[4],[5],[6].

Médiateur auprès des Enfants de Don Quichotte

En décembre 2006, Arno Klarsfeld est chargé par Nicolas Sarkozy de résoudre la crise provoquée par la mobilisation des SDF avec l'association Les Enfants de Don Quichotte[7].

Il déclare notamment que le coût pour loger les SDF « ne devrait pas être exorbitant ». « L'idée c'est de trouver d'ici à deux ans une solution raisonnable en termes de quantité et de qualité d'accueil pour les SDF (...) Sarkozy n'a pas dit qu'il y aurait zéro SDF dans deux ans, il a dit qu'il y aurait un accueil humain pour chaque personne d'ici deux ans. »

Engagement contre le Front national

Arno Klarsfeld s'est d'abord engagé politiquement contre le Front national. En 1987, il a arboré un T-shirt « Le Pen = nazi » à la tribune d'une réunion publique du FN.

Mission écologie et transport

Par courrier en date du 19 février 2007, Arno Klarsfeld se voit chargé par Nicolas Sarkozy d'une mission « écologie et transports »[8].

Candidature à la députation

Après la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle le 6 mai 2007, la commission d'investiture de l'UMP désigne Arno Klarsfeld comme candidat aux élections législatives dans la huitième circonscription de Paris (XIIe arrondissement) afin de succéder au député Jean de Gaulle[9]. S'il semble d'abord peu à l'aise dans ce nouveau rôle de candidat et si ses adversaires lui reprochent de ne pas habiter dans le secteur, il parvient à être en ballotage favorable au soir du premier tour des élections législatives, mais il perd finalement le second au profit de la candidate socialiste Sandrine Mazetier, qui l'emporte avec 55,85% des voix contre 44,15% à son adversaire[10].

Arno Klarsfeld est conseiller au sein du cabinet du Premier ministre François Fillon de juillet 2007[11] à octobre 2010[12].

Le 24 novembre 2007, il est fait chevalier de l'ordre national du Mérite par le président de la République Nicolas Sarkozy, après sa mère Beate Klarsfeld qui avait été décorée de la Légion d'honneur.

Membre du Conseil d'État

Il est nommé au Conseil d'État (tour extérieur) lors du conseil des ministres du mercredi 27 octobre 2010[13],[14].

Président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration

Par décret en date du 12 septembre 2011, Arno Klarsfeld est nommé président du conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et de l'intégration[15].

Relations au Moyen-Orient

Engagement personnel en faveur de l’État d'Israël

En 2002, à trente-sept ans, il prend la nationalité israélienne[16]. Bien qu'ayant passé de dix ans la limite d'âge, il s'engage dans les Magav, les garde-frontières rattachés à la police israélienne, et est affecté à des check-points autour de Bethléem, en Cisjordanie[17]. Il déclare le 4 décembre 2003 à l'Agence de presse israélienne francophone Guysen : « La haine est un sentiment banni des rangs de Tsahal. Oui, je suis fier de servir au sein de l'armée d'Israël. »

Le 4 décembre 2001, il écrit dans un article intitulé « Israël-Palestine  : les vraies causes du conflit » publié dans Le Monde, qu'en s'opposant à l'immigration juive en Palestine dans les années 1930, les Palestiniens étaient responsables de la mort d'une partie des victimes de la Shoah[18] : « Si les Juifs persécutés d'Allemagne, de Pologne, de Hongrie, de Roumanie et d'ailleurs avaient été admis à immigrer en Palestine, ainsi qu'il avait été convenu et reconnu par la Société des Nations, sans doute le nombre de Juifs exterminés aurait été très inférieur à ce qu'il fut ».

Dans ce même article il déclarait qu'il n'y a rien de choquant à ce que des Israéliens « habitent » dans les territoires occupés, puisque des Palestiniens vivaient bien en « Israël »[18] : « On dit que les implantations juives dans les territoires occupés sont un obstacle à la paix. Peut-être. Mais on peut aussi retourner le propos. Pourquoi des Juifs ne pourraient-ils pas habiter en Cis-Jordanie et à Gaza, alors qu'un million d'Arabes vivent en Israël ».

Il finit cependant par se ranger à l'idée d'un pays pour les Palestiniens à côté d'un pays pour les Israéliens (à peu près dans les frontières de 1967) et sur le partage de Jérusalem ; il reconnaît le caractère « insupportable » de toute occupation pour les « populations conquises » dans une tribune publiée le 5 septembre 2005 dans le Le Monde. Il ajoute : « Rien ne s’oppose à la création d’un État palestinien libre et indépendant, à condition que les Palestiniens renoncent à un droit de retour qui pourrait faire théoriquement des juifs une minorité dans leur propre État, et qu’ils renoncent au terrorisme[19]. »

Soutien à l'invasion américaine de l'Irak

C'est au nom de l'amitié avec les États-Unis, de la protection due à Israël, et des droits de l'homme qu'il apporte aussi son soutien[20] à l'intervention américaine en Irak. Il prendra en 2004 la défense du président George W. Bush sur les plateaux de télévision français (notamment au Grand Journal de Michel Denisot sur Canal+).

Varia

Bibliographie

Notes

  1. a, b et c MRAP, « Arno Klarsfeld persiste dans la diffamation », dans MRAP.fr, 10 janvier 2006 [texte intégral] 
  2. Jean-Louis Lascoux, « L'expression a fait l'objet de contestations chez les médiateurs professionnels », dans AgoraVox, 5 juillet 2006 [texte intégral] 
  3. Frangy, 20 août 2006, sur Dailymotion.
  4. Arno Klarsfeld : retour opérator.
  5. Arno Klarsfeld, groupie de Sarkozy
  6. « Expulsion de Jeff : Klarsfeld approuve », dans Le Nouvel Observateur, 25 août 2006 [texte intégral] 
  7. A. Klarsfeld chargé par N. Sarkozy du dossier des SDF mobilisés par l'association les enfants de Don Quichotte.
  8. Mission écologie et transport à « adepte du vélo et du roller ».
  9. Interview dans le Journal du Dimanche.
  10. Ministère de l'Intérieur.
  11. Arrêté du 20 juillet 2007 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre. publié au JORF du 21 juillet 2007.
  12. Arrêté du 28 octobre 2010 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre. publié au JORF du 29 octobre 2010.
  13. « Arno Klarsfeld a été nommé au Conseil d'État », dans Le Monde, 27 octobre 2010 [texte intégral] 
  14. « Arno Klarsfeld a été nommé au Conseil d'État », dans Le Point, 27 octobre 2010 [texte intégral] 
  15. Décret du 12 septembre 2011 portant nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. publié au JORF du 13 septembre 2011.
  16. French lawyer Klarsfeld becomes Israeli and heads to U.S. campuses.
  17. Arno Klarsfeld, Israël transit : Entretiens avec Yves Derai, L'Archipel, mai 2005 
  18. a et b Arno Klarsfeld, « Israël-Palestine : les vraies causes du conflit », dans Le Monde, 4 décembre 2001 [texte intégral] 
  19. Arno Klarsfeld, « Gaza : théâtralité et leçons d’un retrait », dans Le Monde, 5 septembre 2005 [texte intégral] 
  20. Pour la guerre : tribune publiée dans Le Monde le 11.02.03
  21. Imdb.

Voir aussi

Liens externes


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