Centre national d'études spatiales

Centre national d'études spatiales

49°37′25.51″N 6°8′53.21″E / 49.6237528, 6.1481139

Centre national d'études spatiales
Image illustrative de l'article Centre national d'études spatiales

Création 19 décembre 1961
Siège Paris
Pays Drapeau de France France
Rattachement Ministère de la Recherche
Ministère de la Défense
Directeur Yannick d'Escatha
Disciplines Conquête de l'espace
Sécurité nationale
Recherche et innovation
Développement durable
Nouvelles technologies
Site web www.cnes.fr et www.cnes-jeunes.fr

Le Centre national d'études spatiales (CNES) est un Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) français, placé sous la tutelle conjointe des ministères de la Recherche et de la Défense.

Créé sous l'impulsion du général de Gaulle, le 19 décembre 1961, il est chargé d’élaborer et de proposer au gouvernement la stratégie spatiale française, et de la mettre en œuvre.

Sommaire

Une agence en phase avec son époque

Débuts (1961-1981)

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés s'intéressent aux travaux réalisés par les Allemands sur les fusées et chaque pays s'efforce de collecter un maximum d'informations techniques et de s'adjoindre l'aide de techniciens allemands ayant travaillé sur les V2. Pour la France, c'est le LRBA (Laboratoire de recherches balistiques et aérodynamiques) qui est chargé de mettre au point les premiers engins aboutissant à la fusée-sonde Véronique. Ces développements intéressent à la fois les scientifiques et les militaires. La guerre froide, le lancement de Spoutnik et la politique d'indépendance du Général De Gaulle placent bientôt la recherche spatiale dans les priorités du Gouvernement.
En 1959 est formé le Comité de Recherches Spatiales (CRS) chargé de coordonner les activités spatiales françaises. La même année, l'industrie aérospatiale crée la SEREB (Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiques) dont les réalisations militaires (Programme Pierres précieuses) aboutiront à la fusée Diamant premier lanceur spatial français. Pour mener un véritable programme spatial, il manque un organe de coordination et d'animation. Il est créé le 19 décembre 1961 sous la forme d'un établissement public dénommé Centre national d'études spatiales (CNES). Sa première mission est de placer la France dans le club des puissances spatiales au côté de l'URSS et des États-Unis. Cet objectif est atteint le 26 novembre 1965 avec le lancement de Diamant A depuis le Centre interarmées d'essais d'engins spéciaux à Hammaguir (Algérie).

Logo de l'Agence Spatiale Européenne

De 1961 à 1981, le CNES sera le moteur de l'Europe spatiale. Durant ces années, les structures indispensables à un programme spatial sont mises en place : lanceurs, satellites, ensemble de lancements, Centres d'opérations et réseau de stations de contrôle, laboratoires, etc...alors que les autres états européens ont de fortes réticences pour s'engager. Parallèlement, une industrie spatiale compétente et dynamique voit le jour en France.

Dans les années 80, l'Agence spatiale européenne (ESA) que le CNES a contribué à créer et qu'il a dotée de la fusée Ariane devient une grande agence et de nombreux programmes à vocation internationale lui sont confiés. Le CNES représente la France à l'ESA et il recadre avec succès ses activités sur un programme national ambitieux beaucoup plus tourné vers les applications.

Grandes applications spatiales (1980-1995)

Fusée Ariane 44

Dès 1974, le budget français consacré à l'espace (10% du budget de recherche) est attribué majoritairement aux programmes européens. Ceci a pour conséquence le gel de plusieurs projets du CNES (Dialogue, Géole, Centre spatial guyanais, Diamant B-P4) et le transfert progressif vers l'ESA de programmes internes (Météosat, Ariane). Le CNES vit une période socialement et techniquement difficile. En quelques années, il va accomplir sa mutation grâce à l'équipe de direction menée par le Président Hubert CURIEN et le Directeur général Yves Sillard.

En 1977, les directives du Gouvernement mettent l'accent sur les missions prioritaires de l'établissement qui sont notamment:

  • Qualifier le plus rapidement possible la fusée Ariane et lancer sa production dans le cadre de l'Agence Spatiale Européenne. Le CNES finance les 2/3 du programme et assume par délégation la Direction industrielle pour le développement et la production.

Cet objectif est atteint le 24 décembre 1979 avec le lancement réussi d'Ariane 1 de la base de Kourou. Le lanceur est amélioré plusieurs fois pour aboutir à Ariane 4 qui assure très vite la majorité des lancements commerciaux. Jusqu'à 2003, 144 Ariane de ces premières générations ont été lancés (dont 116 Ariane 4) avec un taux de succès exceptionnel. Ariane 5, plus puissant, est étudié pour prendre la suite.

  • Faire l'étude interne d'un programme national de satellite d'observation de la Terre.

Ce sera le projet de satellite Spot dont l'étude est réalisée au Centre Spatial de Toulouse. Il semble bien que ce soit une compensation donnée aux équipes d'ingénieurs de Toulouse que la nouvelle politique a laissés sans programme majeur. La décision est néanmoins judicieuse puisque SPOT va devenir un programme phare du CNES. Cinq satellites ont déjà été lancés et le service est opérationnel depuis 1986. Les satellites militaires Hélios sont dérivés des SPOT de dernières générations.

  • Contribuer à la création de structures nationales permettant à la France d'aborder dynamiquement les marchés à l'exportation qui se profilent.

Le programme spatial français et très vite le programme européen ont permis à l'industrie de développer des compétences dans le domaines des équipements composant les lanceurs et les satellites et aussi dans la maîtrise d'œuvre de ces ensembles complexes. Le CNES, maître d'ouvrage a contribué à l'acquisition de ces compétences et il poursuit cette action notamment sur la Qualité-Fiabilité, les procédures de Management et la formation des jeunes ingénieurs aux techniques spatiales.

  • En télécommunication, malgré le succès de Symphonie, on n'envisage pas de poursuivre un effort national. On appuiera l'Europe et son programme ECS pour prendre en charge les radiocommunications(téléphone, télévision, transmission de données).

Cette décision est revue quelques années plus tard à la demande de la DGT et de TDF souhaitant garder leur autonomie dans ce secteur très concurrentiel. Le CNES lance alors au profit et selon les directives de ces Administrations les programmes TELECOM et TDF. Sept satellites Télécom de 2 générations sont lancés entre 1984 et 1996. Deux satellites de télévision TDF sont mis en orbite en 1988 et 1990. Dès la fin des années 80, l'aspect commercial prend le dessus et ce sont les opérateurs qui passent commande à l'industrie (Astra, Eutelsat, …)

Les activités du CNES en faveur de la recherche scientifique ne diminuent pas, mais les réductions de budget orientent les réalisations vers des programmes en coopération et vers des expériences embarquées sur des satellites de la NASA, de l'URSS et de l'ESA. On retiendra deux projets marquants qui sont Argos et TOPEX-Poséidon . Un programme très actif de fusées sondes et de ballons stratosphériques et troposphériques est poursuivi. Il permet aux Laboratoires scientifiques de poursuivre leurs recherches et de maintenir des équipes compétentes.

Les années 80 sont enfin pour le CNES le début des vols habités en coopération avec l'URSS (J-L CHRETIEN) et les USA (P. BAUDRY) ouvrant la voie à la médecine spatiale. C'est aussi l'engagement d'études et de travaux pour réaliser la navette HERMES qui doit être mise en orbite par le futur lanceur européen Ariane 5. Hermès qui mobilise les efforts pendant 8 ans est finalement abandonné en 1993 alors que la recherche spatiale a perdu de son importance avec la fin de la Guerre froide et que la commercialisation des satellites d'application est bien établie .

Aujourd'hui, priorité à la société et à l'environnement

Satellite Spot 1 d'observation de la Terre (maquette)

Pour le grand public, le CNES a un nom difficile à retenir et des activités mal connues. C'est pourquoi derrière ce sigle, ont toujours été ajoutés quelques mots résumant l'image que l'Etablissement souhaite donner de sa mission. Ce fut "Pour un Espace utile" quand sont apparues les premières applications, bientôt changé en "L'Espace au service de l'Homme" pour personnaliser le message. Quand vers 1990 l'accent a été mis sur les problèmes climatiques et la pollution, le CNES a annoncé "L'Espace au service de la Terre". Ce thème a peu changé puisqu'en 2008, le CNES propose De l'Espace pour la Terre. Le CNES affiche ainsi une mission de service public en plus de son rôle de préparation et de mise en œuvre de la politique spatiale de la France au sein de l'Europe. Le siège du CNES est situé à Paris, ses services définissent les grandes orientations stratégiques de l'entreprise et les programmes prioritaires.

Programmes et orientations

Cinq grands programmes

Le CNES travaille en collaboration avec Arianespace (Évry) et l'Agence spatiale européenne (ESA), sur cinq domaines d'activité :

  1. Accès à l'espace
  2. Développement durable
  3. Applications pratiques et publiques
  4. Science et innovation
  5. Sécurité et Défense

Le Centre National d'Études Spatiales est à l'origine de quantité de projets spatiaux, même si ce n'est pas lui qui fabrique les lanceurs ou les satellites. Dans le cas des lanceurs, après avoir conçu la filière Ariane, le CNES agit aujourd'hui comme autorité de conception et de qualification pour le compte de l'Etat français qui est l'Etat de lancement.

Le CNES joue aussi le rôle d'assistant au maître d'ouvrage, l'Agence Spatiale Européenne pour les nouveaux développements.

Le CNES est l'un des concepteurs du système Cospas-Sarsat, programme international de recherche et sauvetage de véhicules maritimes, aéronautiques ou terrestres en tout point du globe. Initié en 1982, il est composé d'une constellation de satellites survolant en permanence la Terre à l'écoute des signaux émis par les balises de détresse. Demain l'emport de charge utile Cospas-Sarsat sur les futurs satellites de navigation européens Galileo va accroître les performances ; avec Galileo les temps d'alerte seront réduits, et la localisation portée à quelques mètres. Le Centre National d'Études Spatiales est signataire du Pacte PME.

Culture et communication

Actions vers les jeunes

Le CNES a depuis son origine développé une politique volontariste d'information de la jeunesse par de nombreux moyens pédagogiques (animations, publications, expositions, activités expérimentales, formations, Site web...).[1] Pour ses actions jeunesse, le CNES travaille en partenariat avec des acteurs de culture scientifique et technique parmi lesquels l'association Planète Sciences, le réseau des CCSTI et des structures locales comme l'Association PARSEC qui diffuse l'information scientifique sur la Côte d'Azur (en 1986, une convention de partenariat[1], a été signée, elle a été renouvelée en 2001[2] ).

En juin 2005, la direction des lanceurs du CNES lance le Projet Perseus au Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace du Bourget. Ce programme, à visée pédagogique, a pour but de mobiliser des étudiants sur des projets spatiaux tels que la création d'un lanceur[3].

Établissements techniques

Centre Spatial de Toulouse

Le Centre spatial de Toulouse s'étend sur une cinquantaine d'hectares dans la zone de Rangueil-Lespinet. Proche du site historique de Montaudran (Aéropostale), il est au centre d'un vaste complexe scientifique et universitaire à vocation aérospatiale où se trouvent notamment des Ecoles (Université Paul Sabatier, ISAE (Sup Aéro), ENAC, IAS, INSA ..), des Laboratoires (CERT-ONERA, LAAS, CESR, OMP (LEGOS, DTP), GRGS, CESBIO [2], …) et des entreprises aérospatiales (EADS Astrium Satellites, Thales Alenia Space, Spot Image, CLS-Argos [3], Intespace [4], …). Ses missions couvrent, à l'exception des lanceurs et de leurs lancements, l'essentiel des tâches techniques et d'assistance aux scientifiques qui sont de la responsabilité du CNES. On distingue dans ses activités :

  1. Le management des projets.
  2. Les études de recherche et technologie.
  3. Les centres d'opération pour les mises à poste et la gestion en orbite.
  4. Les moyens informatiques et d'études mathématiques.
  5. Les supports: Administration, logistique et Communication.

Le centre de Toulouse regroupe 1695 personnes en 2010 dont une majorité d'ingénieurs et cadres.

Centre Spatial Guyanais

Zone de lancement Ariane 5 au centre spatial de Kourou

Le Centre Spatial Guyanais (CSG) a été créé en 1964. Il est installé à Kourou dans le département de la Guyane française.

Il est dénommé "port spatial" de l'Europe, depuis lequel les lanceurs Ariane et Soyouz (et bientôt Vega) sont envoyés dans l'espace. Une mission complexe, où le Cnes met à la disposition de l'ESA et d'Arianespace une base spatiale fiable, sûre, et performante, et garantit au nom de la France la sécurité des biens et des personnes. Le site de Kourou possède une position géographique exceptionnelle, proche de l'équateur, qui autorise des lancements vers l'est (en bénéficiant de la vitesse d'entraînement de la terre) ou le nord dans des conditions de sécurité maximales : le lanceur ne survole aucune terre avant 4000 km.

Le centre de Kourou regroupe 268 personnes en 2010.

Article détaillé : Centre spatial guyanais.

Centre d'Évry - Direction des Lanceurs

La Direction des Lanceurs (DLA) s'installe dans la ville nouvelle d'Évry en 1974 à la fermeture de Brétigny-sur-Orge. Elle assure le développement des lanceurs Ariane et accompagne la phase de production industrielle pour le compte d'Arianespace. Elle est responsable du 1er étage du lanceur Vega et maître d'œuvre du pas de tir de Soyouz en Guyane. Elle prépare l'avenir en travaillant sur les nouvelles générations de lanceurs et de systèmes de propulsion.

Le centre d'Evry regroupe 238 personnes en 2010.

Présidents successifs

Notes et références de l'article

  1. Convention de 2001
  2. Alain Bensoussan, président du Centre national d'études spatiales, signe, le 23 juin 2001, la convention PARSEC, texte intégral sur Association PARSEC
  3. Site web du projet perseus

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens et documents externes

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