Henri-Pierre Delaage
Henri-Pierre Delaage
Naissance 23 janvier 1766
Angers
Décès 22 janvier 1840
Angers
Origine Français
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume des Français
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Drapeau français Royaume des Français
Grade Général de brigade
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerre de Vendée
Guerres napoléoniennes
Guerre d'Espagne
Guerre de Vendée de 1815
Faits d'armes Bataille de Verdun
Bataille de Jemappes
Bataille de Neerwinden
Siège de Lyon
Virée de Galerne
Bataille de Croix-Bataille
Bataille d'Entrammes
Bataille de Dol
Siège d'Angers
bataille du Mans
Bataille de Savenay
Bataille de Saint-Cyr-en-Talmondais
Bataille de Marengo
Bataille de Wertingen
Bataille d'Ulm
Bataille d'Hollabrunn
Bataille d'Austerlitz
Bataille de Saalfeld
Bataille d'Iéna
Bataille de Pułtusk
Bataille d'Ostrolenka
Siège de Saragosse
Bataille d'Ocaña
Campagne de Russie
Bataille de la Moskova
Bataille de Thouars
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis

Henri-Pierre Delaage, baron de Saint-Cyr, est un général français né le 23 janvier 1766 à Angers.

D'abord sergent et officier dans les canonniers volontaires d'Angers en 1789, il passa sous-lieutenant de grenadiers le 12 septembre 1791 au 1er bataillon de volontaires nationaux de Maine-et-Loire, avec lequel il partit pour l'armée de la Moselle.

Adjudant-major le 31 janvier 1792, il combattit à l'affaire de Grand-Pré le 14 septembre et fit partie de la garnison de Verdun. Quand cette ville se rendit au général prussien Kalkreuth, le 16 octobre, il resta dans la place avec 50 hommes afin d'enlever le corps du Commandant Beaurepaire, qui s'était donné la mort pour éviter de signer la capitulation, et à qui la Convention avait accordé les honneurs du Panthéon.

Il rejoignit ensuite l'armée de Belgique, se trouva à Jemmapes et à l'affaire de Liège en novembre où, s'apercevant que les tirailleurs français, hésitaient à pénétrer dans un bois défendu par l'ennemi, Delaage s'y précipita suivi seulement d'un tambour et mit en fuite les Autrichiens. L'année suivante, il assista au combat de la Montagne-de-Fer, à la bataille de Nerwinde, et il prit part à toutes les fatigues des vingt jours de l'armée de Belgique.

Il était au camp de Maulde, dans les premiers jours d'avril, lorsque Dumouriez excita son armée à marcher contre la Convention. Delaage ayant répondu à cette proposition par le cri de « Vive la liberté, périssent les traîtres ! » un officier du hussards fondit sur lui le sabre à la main ; alors, faisant apprêter les armes à sa troupe, il intimida tellement le général en chef que celui-ci fit cesser la revue et s'éloigna. Nommé capitaine de la 5e compagnie de son bataillon le 5 avril suivant, il prit part à la bataille sous les murs de Valenciennes. Le 8 mai, il fut fait prisonnier par les Autrichiens lors de la capitulation de cette place le 28 juillet, et obtint bientôt après son échange, à condition d'être employé dans l'intérieur.

Adjoint à l'état-major le 27 septembre 1793, et envoyé à l'armée des Alpes, il se trouva au siège de Lyon, à la suite duquel les représentants lui décernèrent le grade d'adjudant-général chef de brigade provisoire le 8 frimaire an II. Confirmé à l'organisation du 25 prairial an III, envoyé dans l'Ouest après la prise de Lyon, il défendit l'artillerie de la division Beaupuy dans la déroute éprouvée à la bataille de Croix-Bataille ; et dans une mêlée sanglante où les Vendéens s'étaient emparés des canons des Républicains, quoique blessé et renversé par la chute de son cheval tué sous lui, il eut l'énergie de conserver le commandement de sa colonne et de reprendre son artillerie.

Dans une autre circonstance, Kléber, ralliant ses soldats lors de la bataille de Dol, dit à Delaage : « Tiens ferme une demi-heure à l'entrée du pont et l'armée est sauvée ! » Cet ordre fut ponctuellement exécuté. Kléber, qui demanda pour lui à la Convention le grade de général de brigade, lui ayant donné le commandement de son avant-garde, il partit de Châteaubriant, arriva en douze heures devant Angers qu'assiégeaient les Vendéens, et les contraignit, le 15 frimaire an II, à renoncer à leur attaque.

À la bataille du Mans, le 22 du même mois, il leur enleva vingt pièces de canon et soutint à cette époque différents combats sur les deux rives de la Loire : enfin, à la tête d'une colonne républicaine, il surprit dans le Bocage plusieurs divisions vendéennes et défit lès troupes de Stofflet à Chemillé. Sur ces entrefaites, une révolte ayant éclaté à Paimbœuf parmi les troupes de terre et les soldats de marine, Delaage, après avoir couru des grands dangers, rétablit la tranquillité et força les équipages à se rembarquer.

Il était à Luçon quand il apprit que Charette s'efforçait de réunir des troupes pour protéger le débarquement de la flotte anglaise : à l'instant il marche sur lui, atteint son avant-garde à Saint-Vincent, le défait et lui enlève ses magasins d'armes, de munitions et d'uniformes anglais. Remis de cet échec, Charette marche sur Luçon, et chemin faisant, attaque, le 3 vendémiaire an IV, le bourg de Saint-Cyr, défendu seulement par 400 républicains qui, retranchés dans une église, y font une défense héroïque pendant plusieurs heures.

Delaage y accourt à la tête d'un détachement de 4 200 hommes d'infanterie et d'un escadron de chasseurs à cheval, se porte en colonne sur le centre des Vendéens, les fait charger vigoureusement, tue plusieurs chefs de sa main et délivre les 400 braves enveloppés dans le bourg. Le général en chef Hoche le félicita sur sa conduite, et ce fut en souvenir de ce beau fait d'armes que Napoléon Ier lui permit d'ajouter à son nom celui de Saint-Cyr.

Le même jour il prit le commandement de la colonne de 1 500 hommes du général Boussard, tué dans cette affaire ; et chargé de poursuivre Charette à outrance, il lui enleva son artillerie, détruisit ses magasins à poudre, et obtint la soumission de plusieurs villes royalistes. Dans une de ces découvertes où il ne craignait pas d'aller lui-même pour se rendre compte de l'état des esprits et de la force de l'ennemi, reconnu par un parti royaliste, il reçut deux coups de sabre, et ne dut son salut qu'à l'arrivée de deux officiers républicains.

Le mauvais état de sa santé l'obligea de donner sa démission le 3 thermidor an IV, et ce ne fut qu'à la nouvelle insurrection vendéenne qu'il demanda l'autorisation de reprendre du service : à cette occasion, le ministre Bernadotte lui écrivait : « Quand on a fait un aussi bon emploi de ses armes, on ne doit pas les quitter. »

Il fut donc envoyé le 21 thermidor an VII, dans la 22e division militaire, faisant alors partie de l'armée d'Angleterre : à la tête des gardes nationales actives du pays et d'un détachement de la 28e demi-brigade de ligne, il battit les Vendéens dans différentes rencontres. Escorté seulement par 14 hommes, il tomba près de Noailles dans une embuscade de 300 Vendéens qui, dès la première charge, le mirent presque hors de combat ; cependant il put saisir le fusil d'un chasseur de sa troupe, blessa le chef ennemi et parvint à se dégager. Une autre fois, attiré à Chemillé dans le désir d'obtenir la soumission de quelques révoltés, il faillit être assassiné pendant la nuit ; mais au lieu de prendre la fuite, il chargea les assaillants, se fit jour au milieu d'eux et regagna le poste où se trouvaient ses soldats. Dans une autre circonstance, il cerna un rassemblement dans Moulins-sous-Châtillon, s'empara de 15 chefs et dispersa le reste.

La Vendée pacifiée, il passa en Italie le 14 floréal an VIII, y fut employé dans la division Monnier et combattit à Marengo le 25 prairial : dans cette journée, et lors de la seconde attaque de Castel-Ceriolo, ayant éparpillé ses tirailleurs comme il l'avait vu faire aux Vendéens, il réussit à s'emparer des pièces d'artillerie qui foudroyaient sa division. Après la paix de Lunéville, admis au traitement de réforme le 1er vendémiaire an X, et porté sur le tableau des adjudants-commandants le 9 fructidor an XI, il se rendit le 14 nivôse an XII au cantonnement de Saintes, puis au camp de Saint-Omer.

Delaage, légionnaire le 15 pluviôse an XII, officier de l'Ordre le 25 prairial suivant, et attaché, le 13 ventôse an XIII, à la réserve des camps sur les côtes, servit dans le 5e corps de la Grande Armée en Autriche, en Prusse et en Pologne, pendant les ans XIV, 1806 et 1807, se trouva à Wertingen, à Ulm, à Hollabrunn et à Austerlitz, où le maréchal Lannes le chargea d'aller rendre compte à Napoléon Ier de la position du 5e corps, à la suite d'un mouvement des Russes. Il était aussi à l'affaire de Saalfeld et à la bataille d'Iéna, au combat de Pułtusk, le 26 décembre 1806, pendant lequel, le général Treilhard ayant été blessé, Delaage prit le commandement provisoire de la division, avec laquelle il poursuivit les Russes dans leur retraite sur Ostrołęka et leur prit des caissons, des bagages et 160 traînards : puis, à l'affaire en avant de Tikoczin, deux régiments français de cavalerie légère se trouvant ramenés par des forces très supérieures, il chargea si impétueusement les Russes avec le 21e régiment de chasseurs, qu'il arrêta leur poursuite et dégagea plusieurs officiers entourés par les Cosaques.

Créé baron de l'Empire dans le cours de 1808, il prit au mois d'octobre de la même année le commandement de la cavalerie du 5e corps de l'armée d'Espagne. Il se distingua l'année suivante au siège de Saragosse et à la bataille d'Ocaña, et fut cité honorablement dans les rapports des maréchaux Lannes, Soult, Mortier et Suchet.

Mis en disponibilité pour cause de santé le 21 mai 1811, à peine rétabli, un ordre du 12 janvier 1812 lui prescrivit de se rendre à Mayence pour y remplir les fonctions de chef d'état-major de la 1re division du 3e corps, avec lequel il fit la campagne de Russie sous les ordres du maréchal Ney.

Chargé de l'attaque de Krasnoë le 2 août, et d'enlever les deux ouvrages qui flanquaient l'enceinte de Smolensk le 17 du même mois, il s'apprêtait, à la bataille de la Moskowa, à prendre avec une brigade deux redoutes au centre de la ligne des Russes, lorsque deux graves blessures le contraignirent à se retirer sur les derrières de l'armée. Un décret rendu à Moscou le 18 octobre le nomma général de brigade. À sa rentrée en France, il fut chargé, le 17 juin 1813, du commandement du Calvados.

Conservé dans cet emploi à la paix de 1814, et successivement chevalier de Saint-Louis le 29 juillet, et commandeur de la Légion d'honneur. Le 14 février 1815, il fut mis en non-activité à dater du 1er de ce même mois. Napoléon, à son retour, lui confia le commandement du département des Deux-Sèvres, où des troubles venaient d'éclater. Ses efforts pour éviter cette nouvelle guerre civile ne furent pas complètement vains : il réprima quelques manifestations qui eurent lieu à Thouars le 19 juin. Après la signature de l'acte de pacification, le général Delaage, ayant remis à M. d'Autichamp son commandement sur la rive gauche de la Loire, retourna dans le département des Deux-Sèvres, où il reçut le 8 août l'ordre de se retirer dans ses foyers.

Compris comme disponible dans le cadre de l'état-major général le 30 décembre 1818, et mis prématurément à la retraite le 30 août 1826, la révolution de 1830 se rappela ses loyaux services et l'employa dans le département de Maine-et-Loire dès le 19 août.

Placé par son âge dans le cadre de disponibilité le 22 avril 1831, il a été admis à la retraite par l'ordonnance du 5 avril 1832.

Il consacra les dernières années de sa vie à sa passion pour les roses. Il obtient 31 variétés de roses, dont « Assemblage de beautés », « La clochette », « Eglantine Amélie » qui sont toujours commercialisées.

Le général Delaage est mort à Angers le 22 janvier 1840.

Source

« Henri-Pierre Delaage », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]


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