Ayurveda
Dhanvantari, la divinité associée à l'Ayurveda

L'Āyurveda ou Ayurvéda ou encore médecine ayurvédique (en écriture devanāgarī : आयुर्वॆद, la « science de la force vitale »)[1] est une sagesse[évasif] et une médecine traditionnelle originaire de l’Inde, également pratiquée dans d'autres parties du monde. C'est une médecine non conventionnelle[2]. En sanskrit, le mot Āyurveda est une association des mots : āyur signifiant « vie » et veda qui signifie « science »[3]. L'Ayurveda puise ses sources dans le Véda, ensemble de textes sacrés de l'Inde antique, et ses principes sont ceux de ce qu'on appelle aujourd'hui la « médecine naturelle »[évasif]. En l'occurrence, il s'agit d'une approche dite holistique de la culture védique, dont l'hindouisme s'est librement inspiré.

L'Āyurveda demeure une forme de médecine traditionnelle encore vivace en Asie du Sud[4],[5]. La littérature la plus ancienne sur l'Āyurveda est apparue en Inde au cours de la période védique[2]. Le Sushruta Samhita et le Charaka Samhita sont des ouvrages importants de la médecine traditionnelle rédigés au cours de cette période[2]. Les praticiens ayurvédiques ont également mis au point un certain nombre de préparations médicinales et de procédures chirurgicales pour guérir diverses maladies et affections[6].

L'Āyurveda est devenue une forme de médecine alternative en Occident, bien que les brevets concernant ses médicaments aient été contestés par des institutions officielles des pays occidentaux et de l’Inde[7],[8].

Sommaire

Les origines de l'Āyurveda

L'Āyurveda est dit nityam et apurusheyam (littéralement : « éternel et non-créé par l'humain »). Il a été conservé dans ses grands principes malgré les influences étrangères (grecques, chinoises, perses, tibétaines). Ce système est tombé en désuétude pendant plusieurs siècles à la suite des invasions musulmanes au nord de l'Inde à partir du VIIIe siècle. Parallèlement à la Renaissance en Europe, l'Āyurvéda est réapparu. Avec les différentes colonialisations européennes, surtout britannique, cette médecine a subi de nombreuses pressions, et fut interdite par les Anglais. C'est seulement avec l'Indépendance en 1947, sous l'influence du Mahatma Gandhi, que l'Āyurveda a de nouveau été reconnu. Aujourd'hui, l'Āyurveda semble susciter plus d'intérêt pour son approche du bien-être holistique que pour son aspect médical (ce dernier se développe de plus en plus et la recherche médicale est en cours[9][10][11][12][13][14][15]).

Les origines de l’Āyurveda remontent aux Vedas — à l'Atharva-Védas en particulier — hymnes sacrés de l'Inde. L'Āyurveda est une branche de l'Atharva-Veda. Il est donc Upavéda, Veda subordonné. À l'origine, les principes de guérison exposés dans l'Atharva-Véda reposaient essentiellement sur le son ou la parole. Les hymnes étaient alors des moyens de guérison et leur simple récitation avait, selon le texte, le pouvoir de soigner toute chose. Les médicaments, tels qu'on les connaît aujourd'hui, n'étaient pas encore développés. Par la suite, deux traités médicaux, le Charaka Samhita et le Sushruta Samhita, sont venus détailler et "matérialiser" l'Ayurveda. Dans les universités indiennes, les étudiants utilisent l'Astanga Hrdayam de Vagbhata, un résumé simplifié des deux premières compilations, surtout dans le sud de l'Inde[16]. Le Sushruta Samhita de Sushruta date au du Ier millénaire avant notre ère[6]. Dans Dwivedi & Dwivedi (2007) - Sur le travail du chirurgien - Sushruta écrit[6]:

«  La principale voie de transmission du savoir au cours de cette période a été la tradition orale. La langue utilisée était le sanskrit - le sanskrit védique de cette période (2000-500 avant J.-C.). La plus authentique compilation de ses enseignements et de ses travaux est actuellement disponible dans un traité appelé Sushruta Samhita. Il contient 184 chapitres et la description de 1120 maladies, 700 plantes médicinales, 64 préparations de substances minérales et 57 préparations à base de substances animales. »

Underwood & Rhodes en 2008 soutiennent que cette première phase de la médecine traditionnelle indienne a identifié la fièvre (takman), la toux, la consomption, la diarrhée, l’œdème, l’abcès, les convulsions, les tumeurs et les maladies de peau (y compris la lèpre)[17]. Le traitement des affections complexes — y compris l’angine de poitrine, le diabète, l’hypertension artérielle et les calculs — ont également été pratiqués au cours de cette période[6][18], la chirurgie plastique, la chirurgie de la cataracte, la ponction pour l’évacuation des fluides contenus dans l’abdomen (ascite), l'extraction des corps étrangers, le traitement des fistules anales, le traitement des fractures, l’amputation, la césarienne et la suture des plaies étaient connus[17]. L'usage des herbes et des instruments chirurgicaux se sont généralisés[17].

Parmi les autres ouvrages anciens sur l'Āyurveda, on compte le Charaka Samhita, attribué à Charaka[17]. Le plus ancien document écrit exhumé rapportant les travaux de Sushruta est le Manuscript Bower— daté du IVe siècle[19]. Le manuscrit Bower cite directement Sushruta et est d'un intérêt particulier pour les historiens en raison de l’importance de la médecine indienne et de ses concepts en Asie centrale[20]. Vagbhata, — le fils d'un ancien médecin du nom de Simhagupta [21] — a également compilé ses travaux sur la médecine traditionnelle[17]. Dans les débuts, l'Āyurveda comportait une école de médecine et une école de chirurgie[2]. La tradition rapporte que le texte Agnivesh tantra — écrit par le sage légendaire Agnivesh, un étudiant de la saga mythologique Bharadwaja — a influencé les écrits de l'Āyurveda[22].

Le pèlerin chinois Fa Hsien (vers 337-422) a écrit sur le système de soins de santé de l’Empire des Gupta (320-550) et — au passage — a décrit le processus de l'approche institutionnelle de la médecine indienne qui apparaît aussi dans les œuvres de Caraka, qui mentionne une clinique et décrit son équipement[23]. Madhava (700), Sarngadhara (1300), et Bhavamisra (1500) ont compilé les travaux sur la médecine indienne[20]. Les ouvrages médicaux de Sushruta et de Charaka ont tous les deux été traduits en arabe au cours du califat des Abbassides (750)[24]. Ces travaux arabes ont fait leur chemin en Europe par leur intermédiaire[24]. En Italie, la famille Branca de Sicile et Gaspare Tagliacozzi de Bologne se sont familiarisés avec les techniques de Sushruta[24].

Les médecins britanniques se sont rendus en Inde pour assister à une rhinoplastie réalisée selon les méthodes locales[25]. Des articles sur la rhinoplastie des Indiens ont été publiés dans le Gentleman's Magazine en 1794[25]. Joseph Constantine Carpue a passé 20 ans en Inde pour étudier les méthodes locales de chirurgie plastique[25]. Carpue a été en mesure de réaliser la première intervention chirurgicale majeure du monde occidental en 1815[26]. Les instruments décrits dans le Sushruta Samhita ont été plus tard modifiés en Occident[26].

Principes de base

Principes généraux

L'utilisation du mot Veda, qui signifie Connaissance, indique l'importance de l'Āyurveda en Inde. L'Āyurveda propose un bien-être durable dans la vie, tant individuelle que familiale et sociale. Elle replace l'homme dans sa dimension à la fois physique et spirituelle.

L’Āyurveda croit en l’existence de cinq grands éléments (en devanāgarī : पन्छतत्व ; la terre, l’eau, le feu, l’air et l’espace), formant l'univers, y compris le corps humain[3]. Le sang, la chair, le gras, l'os, la moelle, le chyle et le sperme sont les sept principaux éléments constitutifs (en devanāgarī : सप्तधातु) de l'organisme[17]. L’Āyurveda croit en l’équilibre de trois "humeurs" ou dosha (en devanāgarī : त्रिदॊश्) :

  • Vata (vent/esprit/air),
  • Pitta (feu/bile),
  • Kapha (terre/eau/mucus).

Ces éléments sont présents à des degrés différents chez chaque individu. Cette doctrine des trois dosha, est primordiale. Le(s) dosha(s) dominant chez l'individu détermine(nt) ses tendances, ses faiblesses et conseille un style de vie, notamment un régime qui lui est bénéfique, en l'harmonisant avec l'univers. Dans l'Āyurveda, le corps humain présente 20 guṇa (en devanāgarī : गुन : qualités)[27]. La chirurgie et les instruments chirurgicaux sont utilisés[27]. La construction d'un métabolisme sain, le bon déroulement de la digestion et de l’excrétion apportent la vitalité[27]. L’Āyurveda met également l’accent sur l'exercice, le yoga, la méditation et les massages[28].

Le concept de Panchakarma, du sanskrit Pancha : cinq et Karma : action (en devanāgarī : पन्छ्कर्म) est un des soins ayurvédiques dont l'objectif est de purifier le corps en provoquant l’élimination des éléments toxiques de l'organisme[29]. Il comprend les méthodes suivantes :

  • Vamana : le vomissement thérapeutique,
  • Virechana : la purgation,
  • Basti : le lavement,
  • Nasya : l'élimination des toxines par le nez,
  • Raktamoksha : la saignée.

Dans l’Āyurveda, il existe huit disciplines thérapeutiques, appelées Ashtanga (en devanāgarī : अश्ताग्)[30] :

  • La chirurgie (Shalya-chkitsa ou Salya Tantra).
  • Le traitement des maladies siégeant au-dessus de la clavicule (Salakyam).
  • La médecine interne (Kaya-chikitsa).
  • La possession démoniaque (Bhuta Vidya) : L’Ayurveda croit en l'intervention démoniaque et, - comme dans toutes les formes de médecine traditionnelle - identifie un certain nombre de moyens pour lutter contre l'effet supposé de ces influences mais ces explications des pathologies mentales ne sont pas les seules et sont loin d'être prédominantes (cf. infra Conceptions des maladies mentales)[31]. Bhuta Vidya ou Bhuta Tantra désigne la psychiatrie[2].
  • La pédiatrie (Kaumarabhrtyam).
  • La toxicologie (Agadatantram).
  • La prévention et la construction de l’immunité (Rasayanam).
  • Les aphrodisiaques (Vajikaranam).

Conceptions des maladies mentales

Pour la médecine ayurvédique il n’y a pas d’opposition entre les phénomènes somatiques et les phénomènes psychologiques. On trouve dans le Veda de l’Ayur des pratiques médicales, les conditions de la santé physique et psychique, les explications sur l’origine des maladies.

Quelques élements sur les conceptions psychologiques

La liaison entre le corps et l’esprit, notion si différente de la dichotomie occidentale, est affirmée avec force dans le Charaka Samhita : "le corps se règle sur le psychisme et le psychisme sur le corps" (p. 42)[32]. Tout au long du cycle des réincarnations, l’être psychique demeure. Le corps grossier disparaît avec la mort. La vie est vue comme une sorte de continuum psychologique. Le karma affecte le corps subtil, ou l’individualité psychique c’est-à-dire le Soi-même. Au cours des différentes vies, les actions de l’homme laissent dans son psychisme des vasana (ou "parfumage"), qui déterminent les tendances innées de chaque individu. Dans la médecine ayurvédique, il existe une caractérologie basée sur la prédominance des trois principes vitaux : le "venteux", le "bileux", le "flegmatique". Pour l’Ayurveda, l’esprit a quatre principales fonctions :

  • Indriya Bhigraha qui correspond à l’intégration des fonctions sensorielles,
  • Svasya Nigraha qui correspond au contrôle du moi,
  • Uha qui correspond au raisonnement,
  • Vicara qui correspond au jugement et à la délibération.

Pour Gananath Obeyesekere le fonctionnement psychique est assez semblable dans l’Ayurveda à celui que décrivent les théories psychanalytiques[33].

Origines des maladies mentales

La pathologie est considérée comme une perturbation de l’équilibre des différents éléments constitutifs de l’homme. En ce qui concerne les maladies mentales (unmada : la folie), il y a deux dosa spécifiques du psychisme (rajas et tamas). Le rajas représente le principe à l’origine des passions et des désirs. Le tamas représente l’ignorance et l’inertie. Les pathologies mentales sont expliquées comme le reste des pathologies par un déséquilibre des principes. On doit noter que dans l’Ayurveda classique, malgré la volonté de rationalité, on acceptait la possibilité de cas de possession[34],[35],[36],[37],[33].

Pratiques

Le bouddhisme a pu avoir une influence sur le développement d'un grand nombre d’idées centrales de l'Ayurveda, notamment sa fascination pour l'équilibre, connu dans le bouddhisme sous le nom de madhyamaka (en devanāgarī : मद्यमिका)[38]. L'accent est mis sur l’équilibre et la répression des pulsions naturelles considérées comme malsaines et pouvant conduire, presque avec certitude, à la maladie[38]. Il est recommandé de rester dans les limites du raisonnable et de la mesure[38]. L’Āyurveda met l'accent sur la modération dans l'alimentation, le sommeil, les rapports sexuels, et la prise de médicaments[38].

Le diagnostic

Pour arriver au diagnostic, le médecin ayurvédique, le Vaidya, examine le patient au moyen d'un ensemble de techniques telles que l'observation, l'interrogation, la palpation (dont la prise du pouls, nadipariksha) par lesquelles il déduit les déséquilibres présents, avant de prescrire les soins ou les remèdes (Rasayana)[39]. Le Charaka Samhita recommande d’examiner dix fois le patient[39]. Les qualités qui doivent être évaluées sont : la constitution, les anomalies, l’essence, la stabilité, les mensurations corporelles, l’alimentation, la force psychique, la digestion, les capacités physiques et l’âge[39]. L'audition permet d’évaluer la fonction respiratoire et la parole[17]. L'étude des points vitaux de Marma a une importance particulière[27].

Chopra (2003) identifie cinq critères importants pour le diagnostic : l’origine de la maladie, les symptômes prodromiques (précurseurs), les symptômes typiques de la maladie déclarée, l’observation de l'effet des procédures thérapeutiques et l’évolution du processus pathologique[39].

La diététique ayurvédique

L’Āyurveda intègre tout un système de recommandations nutritionnelles[3]. Chopra (2003), sur le thème de la diététique ayurvédique, écrit [40] :

«  la diététique ayurvédique comprend une série de recommandations, allant de la préparation et de la consommation des aliments, à de bonnes habitudes de santé pour le jour et la nuit, la vie sexuelle et les règles de conduite morale. Contrairement aux praticiens contemporains du nouvel Age ayurvédique, les anciens auteurs ayurvédiques avaient tendance à être religieusement neutres. Même les auteurs bouddhistes se sont abstenus de tenter de convertir le patient à leur pratique religieuse.  »

— Chopra[40]

Le régime ayurvédique est établi selon le dosha majoritaire de chacun (Vata, Pitta ou Kapha) et tient compte des rythmes naturels (les 6 saisons indiennes, les différentes heures du jour), eux mêmes sous influence des doshas. Les aliments sont classifiés selon leurs caractéristiques (amer, acide, piquant, sucré, salé et astringent) et leur impact positif ou négatif sur le dosha afin d’être combinés au mieux et assurer ainsi le bien-être de chacun. Ainsi le dosha Vata est plus enclin aux goûts salés, acides et sucrés, Pitta préfère les goûts sucrés, amers, astringents et Kapha les goûts piquant, amer et astringent.

Il est également recommandé de ne prendre que deux repas par jour. A l'issue du repas l'estomac doit être au tiers vide, au tiers rempli par des liquides et le dernier tiers par des solides.


L’Āyurveda met l’accent sur l’utilisation des légumes[17]. Les matières grasses sont utilisées tant pour la consommation que pour l'usage externe[17]. Des centaines de drogues végétales sont employées, y compris la cardamome et la cannelle[17]. Certains produits d'origine animale peuvent également être utilisés, par exemple le lait, les os et les calculs biliaires[17] ; des minéraux, notamment le soufre, l’arsenic, le plomb, le sulfate de cuivre, l’or sont aussi consommés suivant les prescriptions[17].

L’alcool est utilisé comme narcotique pour le patient au cours de certaines interventions[17]. L'avènement de l’Islam a introduit l’opium comme narcotique[30]. Le pétrole et le goudron sont utilisés pour arrêter les saignements[17]. Les huiles peuvent être utilisées de différentes manières allant de l’ingestion régulière dans le cadre de l'alimentation, à l’onction, à la lubrification, au massage de la tête et à l'application sur les zones infectées[41].

L'hygiène

L’hygiène - également une vertu à composante religieuse pour de nombreux Indiens - est une croyance forte[17]. L'hygiène de la vie courante, le bain, le lavage des dents, les soins de la peau et le nettoyage des yeux[17]. Il est également recommandé d’oindre occasionnellement le corps avec de l'huile[17].

La sudation

Le bon fonctionnement des canaux – des tubes qui existeraient dans l'organisme pour le transport de fluides d'un point à un autre - est considéré comme vital et le manque de canaux peut conduire à la maladie et à la folie[42]. Sushruta indique que le blocage de ces canaux peut conduire aux rhumatismes, à l’épilepsie, à la paralysie et aux convulsions lorsque les fluides et les canaux sont détournés de leur emplacement idéal[42]. La sudation est encouragée comme un moyen d’ouvrir les canaux et de diluer les Doshas responsables des blocages et de la souffrance – de nombreuses façons de prendre des bains de vapeur sont recommandées comme thérapeutique pour éliminer les toxines[42].

Le massage

Le massage sous forme d'oléation, abhyanga, est donné au corps préalablement à ces thérapies spécifiques mais ne constitue pas une thérapie d'une puissance comparable aux techniques du Panchakarma, contrairement à l'idée répandue actuellement en Occident. Il est destiné à drainer les toxines vers le système digestif et donc à favoriser l'élimination pour permettre aux techniques du Panchakarma de déployer tous leurs effets. Charaka, considéré comme le père de l'Āyurveda, déclare que le massage est akarma (a : privatif, karma : action) et n'a pas d'action " thérapeutique" dans le sens du Pancha "karma". Ce sera principalement l'usage des huiles médicinales (phytothérapie par voie externe) qui déterminera l'effet thérapeutique de l'abhyanga.

Aucune formation d'État en massothérapie clinique, aucun diplôme d’État de massothérapeute ayurvédique n’est délivré par les Universités ayurvédiques d’État, en Inde. Il n'y a aucun chapitre sur une massotherapie clinique dans aucun traité ayurvédique.

Il existe de nombreux « centres de cures ayurvédiques » non reconnus par l'Ordre des Médecins. Il est recommandé de se référer à des autorités légales et compétentes du Ministère indien de la Santé. L'Āyurveda est, comme toute médecine, définie et protégée par des lois.

Le massage et les soins ayurvédiques n’ont, à l’origine, pas une vocation relaxante mais curative. À l’instar des plantes, ils visent à rééquilibrer un terrain, à nourrir ou à désaturer, à ôter des tensions, à relâcher le mental…

La matière première

Tous les soins ayurvédiques fonctionnent sur le principe de l’absorption cutanée des matières premières appliquées sur le corps. Un massage ou un soin ayurvédique, c’est avant tout une matière 1re adaptée au profil, pathologie et symptômes du patient. Elle doit absolument être de qualité pour donner de réels bénéfices. Ces matières premières peuvent être :

  • Huiles - sésame, ricin, noix de coco, moutarde, neem, amande douce, noyaux d’abricot ou médicalisées avec des plantes telles que Chandanbala lakshadi (au bois de santal), Dashamoula tail ou Mahanarayan.
  • Ghee (beurre clarifié) - pur ou médicalisé tel que triphala, dādima, mahatikta ghrouta.
  • Poudres (chourna) - épices ou plantes, sel, farine de pois chiches
  • Préparations - lait médicalisé, riz cuit dans du lait, butter-milk
  • Tampons chauds (Pinda Svéda)- contenant des plantes, épices

Partie ou totalité d’un traitement

Les massages et soins corporels viennent généralement en soutien à une prise en charge plus large (plantes, diététique…). Leur importance devient de premier ordre lorsque le déséquilibre touche en particulier la peau, les muscles, le tissu graisseux, le squelette et les articulations. Dans certains cas, ils peuvent être utilisés en traitement simple tels que sciatique, hernie discale, spondylite, fatigue oculaire, spasmes / contractures / crampes, hyperactivité, sécheresse cutanée, rashes…

Action globale ou locale

  • Concerne l’ensemble du corps : massages abhyanga et udvartana, pinda svéda
  • La tête : shirodhara, shiropitchou, shirobasti, shiroabhyanga
  • Le système nerveux central : shirodhara, nasya
  • Les yeux : nétrabasti
  • Le cœur : hroudbasti
  • Les genoux : jānudhara, jānubasti
  • Le dos : katibasti

Statut actuel

En Asie du Sud

En 1970, l’Indian Medical Central Council Act a été adopté par le Parlement de l'Inde, pour normaliser les qualifications requises pour pratiquer l'Āyurveda et fonder des institutions accréditées pour son étude et la recherche dans ce domaine[43]. En Inde, plus de 100 collèges offrent des diplômes en médecine ayurvédique traditionnelle[28]. Le gouvernement indien appuie la recherche et l'enseignement de l'Āyurveda à travers de nombreux canaux, tant au niveau national qu’au niveau des États, ce qui a permis d'institutionnaliser la médecine traditionnelle afin qu'elle puisse être étudiée dans les grandes villes[44]. Le parrainage par l'État du Central Council for Research in Āyurveda and Siddha (CCRAS) est le point culminant de l’institution pour la promotion de la médecine traditionnelle en Inde[45]. Les études menées par cette institution englobent la clinique, les médicaments, les œuvres littéraires et la recherche dans le domaine de la protection de la famille[45].

De nombreuses cliniques réputées sont gérées par des professionnels qui bénéficient de l’aide de ces instituts à la fois dans les zones urbaines et les zones rurales[43]. Mukherjee et Wahile citent les statistiques de l’organisation mondiale de la santé pour démontrer la popularité de la médecine traditionnelle, sur laquelle une partie importante de la population mondiale s’appuie pour bénéficier de soins de santé primaires[46]. Au Sri Lanka le nombre de praticiens de médecine traditionnelle Ayurvédique est plus élevé que celui des professionnels formés à la médecine moderne[47]. La fabrication et le marketing des médicaments ayurvédiques a permis leur commercialisation avec succès par plusieurs entreprises pharmaceutiques[43].

En dehors de l’Inde

Les praticiens en médecine ayurvédique ont besoin d'un diplôme dans un autre courant de soins de santé aux États-Unis d'Amérique[28]. Les institutions académiques liées à la médecine traditionnelle en Inde ont contribué à donner à l'Āyurveda une visibilité internationale[48]. Kurup (2003) commente ainsi le rôle de l’ Université ayurvédique du Gujarat[48] :

«  L’université ayurvédique du Gujarat a signé un protocole d'accord avec neuf instituts ayurvédiques fonctionnant au Japon, en Australie, aux Pays-Bas, en Italie, Argentine et Allemagne pour coordonner et faciliter la mondialisation de l'Ayurveda par le biais de la collaboration universitaire. Auparavant, l'Institut de médecine de Russie avait signé le protocole d'accord avec le gouvernement indien, dans lequel l'Université Ayurvédique du Gujarat était aussi l'une des autorités chargée de la mise en œuvre.  »

— Kurup[48]

L’Āyurveda a acquis une reconnaissance dans le monde occidental lorsque des recherches médicales universitaires ont étudié ses divers postulats[49]. Aux États-Unis, le NIH NCCAM dépense une partie de son budget de 123 millions de $ pour la recherche en médecine ayurvédique. En outre, l'Institut national de médecine ayurvédique, fondé par le Dr Scott Gerson, est l’exemple d'un institut de recherches qui a effectué des recherches sur les pratiques ayurvédiques[50]. Gerson a publié une partie de son travail sur l’activité antifongique de certaines plantes ayurvédiques dans des revues universitaires[51]. Les postulats et l'histoire de l'Āyurveda ont également été évoqués par des chercheurs étrangers, tels que Dominik Wujastyk au Royaume-Uni[52].

Licences

En décembre 1993, le centre médical de l’Université du Mississippi a déposé un brevet auprès de l’United States Patent and Trademark Office sur l'emploi du curcuma en thérapeutique[53]. Le brevet a été contesté par le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle de l’Inde, au motif que les praticiens traditionnels ayurvédiques connaissaient déjà les propriétés thérapeutiques de la substance depuis des siècles, ce qui faisait de ce brevet un cas de biopiraterie[54]. Le Gouvernement indien s’est impliqué dans la promotion de la médecine traditionnelle en 1997[4]. Le rapport Sharma et Bodeker sur les différentes activités du gouvernement en relation avec l'Āyurveda[4] note ainsi :

«  En Inde, le gouvernement s'est impliqué dans la production de remèdes traditionnels lorsque le Central Drug Research Institute a breveté deux nouveaux médicaments préparés à partir d’anciennes formules ayurvédiques. L’un, un mélange de poivrier noir, de poivrier long et de gingembre, permet de réduire de moitié le dosage d’un antibiotique, la rifampicine, dans le traitement de la tuberculose et d'autres infections mycobactériennes. L'autre est un stimulant de la mémoire produit à partir d’une plante traditionnelle appelée brahmi. D'autres produits brevetables à base de curcuma et d’un arbuste, le margousier, ont suscité des controverses en Inde et dans d'autres pays. En août, le US Patent and Trademark Office a annulé un brevet américain sur les propriétés de guérison des plaies du curcuma lorsque le gouvernement indien a révélé qu’il existait des preuves de l’utilisation de cette substance dans cette indication depuis des siècles.  »

— Rapport Sharma et Bodeker[4]

Études scientifiques

S’agissant d’une médecine traditionnelle, de nombreux produits ayurvédiques n'ont pas été testés au cours d’études scientifiques rigoureuses et d’essais cliniques[55]. Le National Center for Complementary and Alternative Medicine indique que « la plupart des essais cliniques sur les remèdes ayurvédiques montrent des insuffisances, qu’ils sont menés suivant des protocoles de recherche critiquables, parce qu’il n’existe pas de groupe de contrôle, ou qu’ils présentent d'autres biais susceptibles d’affecter de manière significative les résultats »[7]. En Inde, la recherche en médecine ayurvédique est contrôlée en grande partie par les institutions émanant du gouvernement indien, le Central Council for Research in Ayurveda and Siddha (CCRAS), par l'intermédiaire d'un réseau national d'instituts de recherche[56]. Toutefois, l’extrait d’un article de Nanda (2006) se lit comme suit : « les études cliniques qui satisfont aux critères de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) ont été peu encourageant en Inde, en dépit de la surpopulation des patients dans les hôpitaux ayurvédiques. »[7].

Malgré ces réticences, certains produits ayurvédiques, principalement les herbes utilisées pour la phytothérapie, ont été testés avec des résultats prometteurs. Le curcuma et les dérivés de la curcumine semblent avoir des propriétés bénéfiques[9]. La Tinspora cordifolia a été testée[10]. Parmi les medhya rasayanas (régénérant de l’intelligence), deux variétés de sauge ont été testées, avec pour résultat une amélioration de la mémorisation des mots chez les jeunes adultes[11], et une autre avec une amélioration des symptômes des patients atteints de la maladie d’Alzheimer[12]. Dans certains cas, la médecine ayurvédique peut fournir des pistes pour découvrir des composés ayant une action thérapeutique. Par exemple, les produits dérivés du venin de serpent auraient des propriétés thérapeutiques[13]. Beaucoup de plantes utilisées comme remèdes dans le cadre du Rasayana (rajeunissement) sont de puissants antioxydants[14]. Le margousier semble également avoir des propriétés pharmacologiques bénéfiques[15].

Un examen systématique des traitements ayurvédiques de la polyarthrite rhumatoïde (arthrite) a conclu que les preuves étaient insuffisantes, car la plupart des essais n'ont pas été réalisés correctement, et qu’un essai de qualité élevée ne montrait aucun bénéfice[57]. Une étude sur l’effet de la médecine ayurvédique sur les maladies cardio-vasculaires a conclu que, si les preuves de l’efficacité des plantes n’étaient pas encore convaincantes, les épices et certaines herbes seraient prometteuses et le Yoga est également un traitement complémentaire prometteur[58].

Mitra & Rangesh (2003) soutiennent que la cardamome et la cannelle seraient capables de stimuler les enzymes digestives qui dégradent les polymères des macromolécules assimilées par le corps humain[59]. La recherche suggère que la Terminalia arjuna est utile pour atténuer les douleurs de l’angine de poitrine et pour le traitement de l’insuffisance cardiaque et de la cardiopathie coronarienne[60]. Le Terminalia arjun peut également être utile dans le traitement de l’hypercholestérolémie[60]. Le margousier aurait une action immunostimulante et est souvent utilisé comme anti-infectieux[61]. Il a été prouvé qu’il augmentait la production d’Interleukine 2 et augmentait l'immunité sur des volontaires en stimulant les lymphocytes et plus particulièrement les lymphocytes T en l’espace de trois semaines[61]. Le poivrier noir et le poivrier long trouvent tous deux une application en médecine ayurvédique, en association avec le gingembre sous forme de trikatu un mélange traditionnel[62]. Le Trikatu a été proposé pour augmenter l'appétit, améliorer la sécrétion des sucs gastriques et guérir certains troubles gastriques - en particulier l’achlorhydrie et l’hypochlorhydrie[62].

La Charaka samhita, texte fondateur

La Charaka samhita est un texte fondateur de l’Ayurveda rédigé par Chakrapanidatta au XIe siècle.

Ce texte est un « samhita », c’est-à-dire une « collection qui forme un ensemble ». La datation de l’ouvrage est incertaine ; il s’agit d’un texte ancien (entre 175 av. J.-C. et 120 apr. J.-C.), maintes fois remanié et affiné.

La forme du texte

Le texte est principalement rédigé en vers (sloka) de 32 syllabes. Cette versification est courante, elle est également celle d’autres textes traditionnels comme le Mahabharata et le Ramayana.

Tous les textes en sanscrit qui font autorité sont insérés dans une tradition, plus ou moins objective mais dont le rappel introduit le corps de chaque ouvrage. Du dieu jusqu’à l’humain qui a transcrit le texte, toute la lignée est traditionnellement listée en avant-propos. Il s’agit du mangala ou « paragraphe de bon augure » jugé indispensable pour que l’œuvre puisse être menée à son terme sans obstacle et pour qu’elle soit dite complète.

Le mangala contient le nom de l’auteur, le sujet de l’ouvrage (visaya), la motivation de l’ouvrage (prayojana), la méthode d’exposition (samgati) et le public ciblé (adhikarin).

Dans le cas de la Charaka samhita, la lignée commence avec Brahma, le créateur et se termine par l’auteur Chakrapanidatta. Ce dernier ne se considérant pas véritablement comme « auteur » mais comme « rapporteur » d’une connaissance qui existe depuis toujours. Même les grands philosophes, comme Shankara, ne se présentaient jamais comme des novateurs, mais comme des commentateurs d’une connaissance éternelle.

Le cadre du texte est une sorte de colloque de sages (Rishi) sur un flanc de l’Himalaya.

Le propos du texte

À l’origine de l’Āyurveda, la science médicale, on trouve l’Atharva-Véda, texte plus ancien, dans lequel sont réunis des hymnes curatifs. La médecine était alors « vocale », c’était par la voix que l’on soignait[63].

La Charaka samhita offre, elle, un second type de médecine, plus récente et plus proche de ce que nous entendons par ce terme aujourd’hui (même si cette médecine était associée à la quête du bonheur et de la délivrance spirituelle, ce qui est absent de la médecine moderne occidentale).

Les principes

Quelques axes principaux évoqués par la Charaka samhita et que l’on retrouve plus ou moins dans l’Āyurveda tel qu’il est compris aujourd’hui :

  • La vie vécue normalement est un état de bonheur.
  • L’hygiène de vie permet de restaurer l’harmonie de l’homme avec son environnement.
  • L’alimentation, la digestion et l’assimilation sont des questions essentielles pour la santé.
  • Les médicaments sont de nature végétale (341 recensés dans l’ouvrage), animale (177 recensés) ou minérale (64 recensés).
  • La parole comme méthode de soin, présente dans l’Atharva-Véda, est associée à ces médicaments (Rasayana).
  • La médecine est plus préventive que curative.
  • La maladie est considérée comme la conséquence d’une erreur alimentaire et d’une mauvaise compréhension de l’univers, ainsi que d’une mauvaise harmonie entre le corps et l’esprit.

Le yoga tel qu’on le connaît en Occident, c’est-à-dire le yoga des postures, était également mentionné comme un médicament.

Le diagnostic médical par la prise du pouls (nadipariksha) est un autre élément important de la médecine (bien que plus tardif) décrit dans la Charaka Samhita. On y mesure l’équilibre ou le déséquilibre des trois doshas dans le corps (vata, pitta et kapha, parfois traduits par « humeurs ») qui sont associés aux trois divinités (Shiva, Vishnu et Brahma respectivement).

L’homme, l’univers et le Soi

Selon la Charaka Samhita et la philosophie védique en général, l'homme est comme l’univers, il est structuré comme lui et constitué des mêmes éléments (« Je suis fait de l’univers et l’univers est fait de moi »). On parle par exemple du feu en l’homme, comme on le fait aujourd’hui, par l’inflammation, la fièvre brûlante, ou le feu digestif. Ce dernier étant le plus important dans la perspective de la santé. Mais de manière plus fondamentale encore, le corps est considéré comme un ensemble d’éléments matériels périssables qui constituent un vêtement provisoire pour l’atman (le Soi) qui, lui, est éternel.

Controverses

Certains chercheurs ont constaté que des échantillons de médicaments ayurvédiques préparés par des méthodes modernes, à cause de matières premières contaminées et du manque de professionnels formés à la médecine traditionnelle, contenaient des métaux lourds toxiques[55],[64],[65].

Il est prouvé que certains remèdes de médecine ayurvédique, en particulier ceux qui utilisent les herbes, les métaux et les minéraux, exposaient à des risques potentiellement graves, y compris des risques de toxicité[2],[66],[67]. Ces recherches doivent être modérées par le fait que les médicaments "occidentaux" conventionnels sont également toxiques, en particulier si la dose administrée est mauvaise (surdosage).

Une étude réalisée par Saper et coll, publiée en 2004 dans le Journal of the American Medical Association, a étudié la chimie des composés ayurvédiques et a trouvé des niveaux élevés de substances métalliques toxiques comme le plomb, le mercure et l’arsenic dans un cinquième des préparations ayurvédiques fabriquées en Asie du Sud et proposées à la vente autour de Boston, et les données ont été extrapolées à l'Amérique entière[68]. Le Journal a constaté qu’en cas de prises à des dosages conformes aux instructions des fabricants, ce taux de 20 % des remèdes défectueux « pourrait se traduire par des apports de métaux lourds au-dessus des normes réglementaires admises »[68]. Des études similaires ont été réalisées en Inde, et ont confirmé la présence de métaux lourds. Le principal risque lié à la toxicité des métaux résultant d’un mauvais usage des médicaments ayurvédiques est maintenant bien connu[67].

En 2005, l'Office central Santé Canada a dressé une liste de médicaments ayurvédiques, fabriqués en Inde et distribués au Canada, et contenant plusieurs métaux lourds.

Il existe une technique de désintoxication appliquée aux métaux lourds et aux herbes toxiques appelée samskârâs, qui est semblable à la méthode chinoise pao zhi, bien que la technique ayurvédique soit plus complexe et comporte des prières ainsi que des techniques pharmaceutiques[69].

Après l'étude menée par Saper et coll, le gouvernement de l'Inde a imposé que les médicaments ayurvédiques précisent leur teneur en métaux directement sur l'étiquette du produit[70]. Les effets nocifs de l'Ayurveda sont attribués en partie aux matières premières frelatées et au manque de formation des professionnels à la médecine traditionnelle[65]. Dans une lettre adressée à l’Indian Academy of Sciences, Patwardhan Bhushan-directeur de l'école interdisciplinaire des sciences de la santé, de l’Université de Pune cite Saper et indique que la contamination et la négligence au cours des procédés de fabrication modernes, plus rapides et plus sûrs que les méthodes traditionnelles de préparation, sont à l'origine des plaintes sur le niveau de toxicité des remèdes traditionnels[64]. L'irrégularité de qualité de la production a entraîné le déclin de l'Ayurveda en Inde comme à l'étranger[65].

Galerie

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Bibliographie française

  • Dr Pierre Baierle, Ayurveda, science de la joie, éditions Recto-Verseau
  • Michel Angot, La Caraka Samhita "traité de vie naturelle" tome 1, 1993 édition privée
  • Caraka Samhita, Traduction de Jean-Papin, Éditions Almora, 2006
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  • Dr Vsant Lad, Ayurvéda, Science de l'Auto-guérison, éditions Guy Trédaniel
  • Gérard Edde, Traité de l'Ayurvéda, tome I et II, éditions Guy Trédaniel
  • David Frawley, La Santé par l'Ayurveda, éd. Turya
  • David Frawley, La Divinité des Plantes, éd. Turya
  • David Frawley, Yoga et Ayurveda - Autoguérison et Réalisation de soi, éd. Turya, diff."Inner Quest".
  • Jean Filliozat, La Doctrine classique de la médecine indienne, éd. École Française d'Extrême Orient
  • Collectif, Médecine Orientale, Éditions Olizane
  • Plusieurs livres du Dr Deepak Chopra sont à l'origine d'un certain engouement pour l'ayurveda aux États-Unis.
  • Guy Mazars, La médecine indienne, PUF (Que sais-je ? no 2962), 1995

Bibliographie anglaise

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Références

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    L’Aconit brut est une substance extrêmement dangereuse. Cependant, la science de l'Ayurveda considère l’aconit comme une entité thérapeutique. L’Aconit brut est toujours traité, c'est-à-dire qu'il subit le samskârâs avant d'être utilisé dans les formulations ayurvédiques. Cette étude a été menée chez la souris, afin de vérifier si l’aconit transformé est, ou non, moins toxique que l’aconit brut. Il a été observé que l’aconit brut était très toxique pour les souris (100 % de mortalité à une dose de 2,6 mg/souris), alors que l’aconit ayant subi un traitement complet n’est absolument pas toxique (pas de mortalité à une dose même 8 fois plus élevée que pour l’aconit brut). En outre, toutes les étapes de la transformation sont essentielles pour la désintoxication complète - S. Thorat, S. Dahanukar, « Can we dispense with Ayurvedic samskaras? », dans J Postgrad Med, vol. 37, no 3, juillet 1991, p. 157–9 [texte intégral, lien PMID] 

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Voir aussi

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