Iraq


Iraq

Irak

جمهورية العراق (ar)
Jumhūrīyatu-l `Irāq (ar)
كۆماری عێراق (ku)
Komarê `Iraq (ku)
République d'Irak (fr)
Drapeau de l'Irak Armoiries de l'Irak
(Détails) (Détails)
Devise nationale : Allahu Akbar (Dieu est le plus Grand)
carte
Langue officielle Arabe et kurde[1] 2
Capitale Bagdad
55°30'5N, 37°20'3E
Plus grande ville Bagdad
Forme de l’État
 - Président
Premier ministre
République
Jalal Talabani
Nouri al-Maliki
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 57e
437 072 km²
Négligeable
Population
 - Totale (2008)
 - Densité
Classé 43e
31 234 000 hab.
64,57 hab./km²
Indépendance
 - Date
Du Royaume-Uni
3 octobre 1932


Gentilé Irakien, enne ou Iraquien, enne


Monnaie Dinar (IQD)
Fuseau horaire UTC +3
Hymne national Mawtini
Domaine internet .iq
Indicatif
téléphonique
+964

2 Le syriaque et le turkmène d'Irak sont des langues officielles dans certaines régions.

L’Irak, ou Iraq (Al `Irāq العراق), officiellement la République d’Irak ou République d’Iraq (al Jumhūrīyah al `Irāqīyah - vient du perse eraq qui veut dire "basse terre" جمهورية العراق Prononciation du titre dans sa version originale), est un pays du Moyen-Orient, situé au nord de la péninsule arabique. L'Irak est parfois appelé Bilad ar-Rafidain (le pays des deux fleuves, Mésopotamie, en référence au Tigre et à l'Euphrate). Bagdad en est la capitale.

L’Irak actuel couvre une grande partie de la Mésopotamie, l'un des berceaux de la civilisation. C’est également sur les berges du Tigre, passant par Bagdad, que l’écriture est née, il y a 5 000 ans. À l’époque Sassanide, le territoire de l’Irak est intégré au Khvarvaran, la province occidentale de l’Empire perse.

Ce territoire fit longtemps partie de l’Empire ottoman. Il fut occupé par le Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale. L'occupant britannique fit face en 1920 à une violente insurrection.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein en 1979, l’Irak a connu trois guerres meurtrières, des répressions sanglantes dont celles des Kurdes et des chiites et plus de dix ans d’embargo. Son régime laïque, fondé au début des années 1960 par le parti Baas, a été aboli par l’invasion de la coalition menée par les États-Unis en 2003. Ce régime, en dépit de son caractère dictatorial présent dans la très grande majorité des États du Moyen-Orient, semble avoir été très populaire chez la majorité des sunnites, traditionnellement nationalistes mais minoritaires au sein de la population irakienne. Ces derniers n'ont guère politiquement souffert sous la dictature de Saddam Hussein, honni par la très grande majorité des chiites qui reprochaient à ce régime son caractère "impie" et par les Kurdes. Les Kurdes, comme les Kurdes de Turquie, d'Iran et de Syrie, souhaitent aboutir à la création d'un État Kurde unifié, reconnu par la communauté internationale. Cette invasion a provoqué une insurrection et une guerre civile, qui combinent résistance à l’occupant, lutte entre les partis sunnites baasites, partis sunnites salafistes et partis chiites de la population, et terrorisme, ainsi qu'un indépendance de facto du Kurdistan irakien.

Le gouvernement est actuellement dirigé par Nouri al-Maliki, à la tête d'une coalition chiite. Dans un effort de répartir les rôles entre les trois principales communautés, l'exécutif est partagé entre trois personnes : le président (largement honorifique, Kurde, favorable à la scission de l'Irak en trois entités distinctes), le Premier ministre (chiite) (dont la position vis à vis de la partition de l'Irak est beaucoup plus modérée que celle du Président ), et le président du parlement (sunnite, totalement opposé à toute idée d'éclatement de l'Irak ). Chacune de ces têtes est flanquée de deux adjoints, appartenant aux deux autres communautés. Cette répartition est parfois critiquée : si elle permet d'afficher une répartition du pouvoir, elle est au moins parfois accusée de confessionnaliser et d'inclure la question nationale Kurde à tous les niveaux du débat politique irakien.

Côté religieux, on note deux figures marquantes : le grand ayatollah Ali al-Sistani, et Moqtada al-Sadr, et la disparition de la laïcité au niveau de l'État.

L’Irak détient les deuxièmes (ou troisièmes : de plus en plus souvent, l'Iran affirme avoir la seconde place) plus grandes réserves de pétrole, et il est membre de l’OPEP.

Sommaire

Graphie

En français deux graphies sont correctes pour ce pays :

Cependant, la Commission européenne tente d'harmoniser vers la graphie Iraq[2].

Histoire

Article détaillé : Histoire de l'Irak.
Taureau androcéphale ailé gardien du palais de Sargon II, en Assyrie, VIIIe siècle av. J.-C.

L’Irak est le berceau de la civilisation sumérienne (IIIe millénaire avant Jésus-Christ), chez laquelle on retrouve les prémices de l’écriture et un haut degré d’aménagement hydraulique. L’histoire de l’Irak commence avec les cités-États de Mésopotamie, en particulier Suse et Babylone. La région est ensuite dominée par les Hittites, puis par les Assyriens, et par les Mèdes.

En 586 avant l'ère commune, Nabuchodonosor II, souverain de Babylone, y déporte, après la prise de Jérusalem, 20 000 Juifs qui forment le noyau de la plus vieille communauté juive de Diaspora.

Les vallées du Tigre et de l’Euphrate appartiennent ensuite à une succession d'empires : empires achéménide (qui apportent le zoroastrisme, religion encore présente dans certaines provinces), grecs (à travers les conquêtes d’Alexandre le Grand), Sassanides, musulmans (Omeyyades, Abbassides). À l’époque pré-islamique, cette région porte le nom de Khvarvaran, qui est une des provinces de l’empire Sassanide. Le nom Irak dérive du terme persan Erak, qui signifie "bas-Iran"[3].

Avec l'invasion arabe, au VIIe siècle, Bagdad devient la capitale du califat islamique et une des plus grandes villes du monde, au grand rayonnement intellectuel.

La Mésopotamie passe sous le contrôle mongole au XIIIe siècle.

À partir du XVIe siècle, l'empire ottoman contrôle le territoire.

Au cours de la Première Guerre mondiale, l’Irak est conquis par les Britanniques et est déclaré indépendant de l’empire ottoman le 1er octobre 1919.

Le 25 avril 1920 :, la Société des Nations (ancêtre de l’ONU) confie un mandat au Royaume-Uni pour administrer la Mésopotamie.

L’indépendance

L’Irak devient un royaume indépendant le 3 octobre 1932, même si les Britanniques y conservent des bases militaires. Le coup d’État républicain de 1941 soutenu activement par le Troisième Reich suscite l’intervention des Britanniques qui rétablissent la monarchie. On compte plus d'un millier de morts dans les combats. Un pogrom frappe les Juifs en faisant près de 180 morts.

Après la proclamation de l'état d'Israël, la communauté juive irakienne d'environ 125 000 personnes se réfugie massivement en Israël, suite au climat d'insécurité qu'elle subit alors en Irak.

Dans le contexte de la guerre froide, l’Irak entre dans le pacte de Bagdad en 1955 et se lie aux États-Unis.

Le 14 juillet 1958, la monarchie hachémite est renversée et le général Kassem prend le pouvoir par un coup d’État. Le Comité des officiers libres proclament la République lors du premier coup d’État du parti Baas, parti de la Renaissance arabe et socialiste, allié avec un groupe d’officiers nationalistes.

11 septembre 1961 : Nouvelle révolte kurde en Irak. L'insurrection s'amplifie au fil des années. Le régime militaire d'Aref, issu du coup d'État de 1963, ne parvient pas à l'écraser militairement. En 1964, un cessez-le-feu est signé ; il est refusé par une partie du mouvement kurde. La révolte reprend en 1965.

Le 8 février 1963 : les militants du Baas renversent le gouvernement du général Abdel Karim Kassem . Saddam Hussein, qui poursuivait des études de droit au Caire, revient en Irak et devient, à 26 ans, secrétaire général du parti.

Le 18 novembre 1963 : de la même année, la révolution du Baas est renversée par Abdula salam Arif, qui s'installe au pouvoir et fait arrêter et éliminer plusieurs têtes dirigeantes du parti Baas soupçonnées de comploter contre lui. Saddam Hussein est arrêté et emprisonné. Pendant ces années de détention, il sera torturé et interrogé par la police du régime en place.

En 1965, Saddam Hussein, toujours en prison, est élu membre du commandement panarabe du parti Baas. Lentement, il accroît son influence et dirige des coups d'éclat tels que l'évasion de plusieurs membres du parti Baas, après avoir gagné la sympathie des geôliers.

Le 14 avril 1966 : après la mort accidentelle ou criminelle du Colonel Abdula salam Aref, son frère, le Maréchal Abd al-Rahman Aref s'impose en tant que Président de la République d'Irak.

Hussein au pouvoir

Article détaillé : Saddam Hussein.

Le 17 juillet 1968 : second coup d’État baassiste . Saddam Hussein rejoint à Bagdad son cousin le général al-Bakr, chef du Baas et nouveau président de la République

Le 11 mars 1970 : Accord kurdo-irakien sur l'autonomie du Kurdistan. Il prévoit une participation des Kurdes aux instances suprêmes de l'État et un recensement destiné à délimiter la région autonome. Des institutions autonomes sont censées être mises en place dans un délai de quatre ans. Pendant cette période de "ni guerre, ni paix", l'URSS commence à soutenir l'Irak, tandis que l'Iran conseillé par Washington, apporte son aide aux Kurdes.

Le 9 avril 1972 : Traité d'amitié et de coopération entre l'URSS et l'Irak

Le 1er juin 1972 : Saddam Hussein nationalise le pétrole irakien

En mars 1974 : Bagdad promulgue unilatéralement une "Loi sur l'autonomie du Kurdistan" ; très en retrait sur les accords de 1970, elle est rejetée par les Kurdes. La révolte reprend et revêt la forme d'une guerre généralisée.

Le 5 mars 1975 : Accord d'Alger entre le Chah et Saddam Hussein. L'Iran obtient gain de cause sur les différends frontaliers qui l'opposent à l'Irak et retire son appui aux Kurdes. La révolte s'effondre pour reprendre sous la forme de guérilla en 1976.

Le 6 septembre 1975 : Jacques Chirac, alors Premier Ministre, fait visiter Cadarache à Sadam Hussein alors vice-Président Irakien

le 6 avril 1979 : sabotage du double cœur d'Osirak dans le hangar n° 3 des Constructions navales et industrielles de la Méditerranée, à Seyne-sur-Mer

Le 16 juillet 1979  : Saddam Hussein met Hassan al-Bakr à la retraite. Le 16 juillet, jour anniversaire de la révolution de 1968, 1979 Saddam Hussein accède a la présidence a l'âge de 42 ans rompant avec le Parti communiste, il procède à des purges massives au sein du Parti Baas - un parti nationaliste arabe, laïc et socialiste, dont tous les dirigeants sont originaires de la ville de Tikrit - et renoue avec les monarchies du Golfe ainsi qu’avec les pays occidentaux. Le pouvoir de Saddam Hussein s'est donc constitué au départ autour de l'idéologie baasiste, relativement laïque et républicaine.Par ailleurs, il considère l'Islam comme une composante essentielle de la culture arabe.

le 30 novembre 1979 : le gouvernement irakien demande une révision des traités signés en 1975, ce que refuse le gouvernement iranien . En 1980, Bagdad prend l’initiative militaire: il veut récupérer le Chatt al-Arab et le Khouzistan iranien. De plus, il veut mettre un point final à la révolution islamique, qu’il juge prête à tomber. Saddam Hussein voyant que l’armée Iranienne est affaiblie par la révolution islamique, en profite pour déclencher la guerre,

La guerre Iran-Irak

Article détaillé : Guerre Iran-Irak.

le 22 septembre 1980 : Contrairement à ce que pense Saddam Hussein, l’Iran offre une résistance surprenante, et une guerre de tranchée de huit ans s’engage. L'Irak utilise pendant cette guerre des armes chimiques, mais aussi des armes plus conventionnelles. Le conflit change certaines alliances établies depuis très longtemps au Proche-Orient.

le 7 juin 1981 : Vers 17 heures 30, l'aviation israélienne avec 14 chasseurs bombardiers F-16 Falcon détruit le réacteur nucléaire irakien Osirak en cours de construction avec l'aide de la France, les laboratoires et le réacteur nucléaire irakiens situés à Al Tuwaïtha, à une vingtaine de kilomètres de Bagdad. Il s'agissait d'un réacteur expérimental acheté en France par l'Irak, et géré grâce à la collaboration ouverte de la France et de l'Italie, et aussi grâce à la non-hostilité des USA.

le 17/18 mars 1988 : . En mars, Saddam Hussein ordonne à l’armée d’utiliser l’arme chimique contre la ville kurde de Halabja.

le 18 juillet 1988 : Téhéran accepte la résolution de l’ONU sur le cessez-le-feu et le retour aux frontières.

le 8 août 1988 : annonce officielle de la fin de la guerre. Le conflit a fait un million de morts et des centaines de milliers de blessés.

1990-1991 : la Guerre du Golfe

Article détaillé : Guerre du Golfe (1990-1991).

Au cours de l’été 1990, Les finances de l'État au bord de la banqueroute, l’Irak envahit le Koweït. Commence alors la deuxième guerre du Golfe menée sous l'égide de l'ONU. Des insurrections éclatent dans plusieurs régions chiites étalées dans le temps. L’ONU vote un embargo qui dura douze ans, aux conséquences catastrophiques : 1,5 million d'enfants morts de malnutrition et atteints de malformations dues à l’utilisation d’armes à l’uranium appauvri[4].

Le 8 août 1990, l’Irak occupe le Koweït : Premières sanctions de l’ONU. Embargo. Coalition de plus de trente pays contre Bagdad.

Le 17 janvier 1991, « Tempête du désert » : la coalition internationale, à la demande de l'ONU, intervient militairement en Irak et au Koweït. Objectif : la destruction du potentiel militaire et de l'infrastructure économique de l'Irak, ainsi que l'évacuation du Koweït. En 6 semaines, le territoire irakien reçoit environ 80000 tonnes de bombes. À la suite de ces bombardements, des milliers de familles sont forcées de fuir le pays. Plus de 100 000 soldats irakiens ont été tués et 35 000 victimes civiles ont péri sous les bombardements[réf. nécessaire].

Le 26 février 1991, Saddam Hussein annonce son retrait du Koweït. Les combats cessent le 28 février.

Après-guerre

Article détaillé : Insurrection en Irak de 1991.

Le 3 avril 1991 : la résolution 687 du Conseil de sécurité de l'ONU fixe un cessez-le-feu définitif et impose à l'Irak, notamment, l'élimination de toutes ses armes de destruction massive. Création de la Commission spéciale des Nations unies chargée du désarmement, l'Unscom.

Le 5 avril 1991 : Après l'insurrection kurde dans le Nord irakien et chiite dans le Sud, le Conseil de sécurité adopte la résolution 688 qui condamne la répression des populations civiles irakiennes et appelle à une aide humanitaire.

20 décembre 1991 : L'ONU décide de maintenir l'embargo total contre l'Irak.

avril 1995 : la résolution 986, dite « pétrole contre nourriture », autorise Bagdad pour des raisons humanitaires à procéder à des ventes limitées de pétrole.

En octobre 1998 : Bagdad décide de rompre totalement la coopération avec l'Unscom, affirmant qu'il n'a plus aucun espoir de voir l'ONU recommander une levée des sanctions. Bill Clinton lance en décembre, et sans mandat de l'ONU, l'opération "Renard du désert" pour obliger Bagdad à coopérer. Dans les années suivantes, les États-Unis et la Grande-Bretagne lancent des opérations quotidiennes dans les zones d'exclusion aérienne.

Guerre d'Irak

Le 20 mars 2003 : l’Irak est attaqué par une coalition alliée des États-Unis et du Royaume-Uni, sans mandat de l'ONU et soutenue par plusieurs dizaines de pays dont le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, l’Espagne et l’Italie. Le régime de Saddam Hussein est renversé 3 semaines après l’entrée des troupes de la coalition dans le pays. Cette troisième guerre du Golfe s’achève officiellement le 1er mai 2003. Le pays est ensuite occupé par la coalition.

Le 28 juin 2004 : le pouvoir a été remis entre les mains d’un gouvernement intérimaire, au pouvoir inexistant, dirigé par Iyad Allaoui. Ce transfert concerne aussi bien l'autorité civile que militaire . Les troupes de la coalition doivent "demander" l'autorisation du gouvernement irakien avant toute opération militaire offensive[5] ; toutefois, seule l'armée américaine et, jusqu'en 2007, les troupes britanniques, participent à de telles opérations . (Tous les contingents étrangers en Irak, à l'exception de celui des États-Unis et, à une certaine époque, du contingent britannique, ne peuvent se servir de leurs armes qu'en état de "légitime défense" .

Le 30 janvier 2005 ont eu lieu les premières élections réellement démocratiques de l'histoire du pays, dans un climat de terreur. Les chiites et kurdes d’Irak se sont malgré tout massivement rendus aux urnes, malgré des menaces terroristes. Le 6 avril 2005, l’Irak s'est choisi pour la première fois de son histoire un président kurde, Jalal Talabani.

Le 30 décembre 2006, Saddam Hussein est exécuté à Bagdad, le jour de l'Aïd el-Kebir par pendaison pour crimes contre l'humanité, suite à une procédure judiciaire, « supervisée » ou « dirigée » par les autorités américaines (le procès se déroula sans avocat pour l'accusé, les trois avocats devant assurer sa défense ayant tour à tour été assassinés dans les premiers jours du procès, et Saddam Hussein ayant refusé les avocats commis d'office qui lui avaient alors été proposés en remplacement par le Tribunal spécial irakien ). Ces deux « incidents », s'ajoutant à celui de la diffusion des photographies de Saddam Husein que les Américains avaient prises lors de sa « capture » et qui avaient été très « diversement perçues » en Irak, ont beaucoup contribué à déterminer l'attitude finale des sunnites vis-à-vis de l'occupant et du nouveau régime).

Trois ans après la fin officielle de la guerre, le gouvernement de l’Irak est très fragile. Les violences sont quotidiennes, résultant des attaques de soldats et de convois de l'armée américaine par des insurgés, de la guerre civile entre les chiites, sunnites baassistes et les sunnites salafistes, et entre le pouvoir en place et des groupuscules islamistes qui opéreraient actuellement en Irak, tels qu'Ansar el sunna, ou Al qaida.

Politique

Article détaillé : Politique de l'Irak.

Jusqu'en 2003, l'Irak était officiellement une république depuis le début des années 1960, gouvernée par Saddam Hussein depuis le 16 juillet 1979.

L'attaque menée par les États-Unis et le Royaume-Uni soutenue par plusieurs dizaines de pays a entraîné le renversement du gouvernement de Saddam Hussein et la présence des armées essentiellement américaine, polonaise et britannique.

  • Gouvernement provisoire

Depuis le 3 mai 2005, le pouvoir est détenu par le gouvernement de transition dirigé par le chiite Ibrahim al-Jaafari. Jalal Talabani, le nouveau président irakien intérimaire, est un important dirigeant kurde, favorable à la scission de l'Irak en trois entités distinctes, idée considérée comme totalement inacceptable par tous les sunnites, baassistes comme salafistes .

Un Irakien faisant le signe de la victoire en montrant son doigt marqué par l'encre indélébile. Le lieu réel où cette photo fut prise n'est pas connu .
  • Les élections générales du 30 janvier 2005.

Le scrutin du 30 janvier 2005 proposait l'élection d'une assemblée nationale constituante, composée de 275 sièges. Celle-ci désigne un nouveau président et deux vice-présidents ; ces derniers nommeront un nouveau premier ministre, et donc un nouveau gouvernement qui remplace le gouvernement provisoire. Il s'agissait aussi pour les 14,2 millions de citoyens irakiens inscrits sur les listes électorales (il s'agit d'une estimation de la Commission électorale irakienne) de choisir, selon leur région, les 51 membres du Conseil de Bagdad ou les 41 membres de chacun des 17 conseils provinciaux. La "communauté" (pour les Kurdes, le mot "communauté" n'a pas le même sens que pour les chiites et les sunnites ) kurde devait aussi élire 111 députés de leur assemblée autonome (de fait, "assemblée indépendante" ).

La journée du vote fut marquée par des attentats ayant tué 36 personnes dont 30 civils. Mais ces violences n'ont pas empêché les irakiens de se rendre aux urnes : le taux de participation s'établit à 58 % (8 456 266 votants). L'Alliance irakienne unifiée, liste chiite soutenue par le grand ayatollah Ali al-Sistani remporte 4 075 000 de voix (48,1 %), l'Alliance kurde 2 175 000 (25,7 %), la liste du premier ministre sortant Iyad Allaoui 1 168 000 (13,8 %) et la liste du président sortant Ghazi al-Yaouar, un sunnite, arrive en quatrième position avec 150 680 votes, soit 1,7 % des suffrages exprimés[6]. Dans les régions sunnites, l'abstention est toutefois supérieure à 80 %, voire 90 % .

La Commission de rédaction de la Constitution, qui a écrit la loi fondamentale de l'Irak avant le 15 août 2005, réunit 55 membres dont 25 sunnites. Elle est proposée à l'approbation du peuple le 15 octobre 2005 : 61 % des citoyens ont participé à cette consultation démocratique, malgré les tentatives d'intimidation qui ont fait quatre morts dans tout le pays. Les résultats sont connus le 24 octobre 2005 : la Constitution est acceptée par 78 % des Irakiens, mais les deux provinces sunnites les plus peuplées (Salah ad-Din et Al-Anbâr) l'ont largement rejetée . La Commission électorale "indépendante" située à Bagdad affirme que les règles internationales de la démocratie ont été respectées.

  • Les élections du 15 décembre 2005.

Une fois la constitution approuvée, l'élection de l'Assemblée nationale d'Irak, en décembre 2005 devait mettre en place une assemblée nationale permanente et un gouvernement qui ne soit plus de transition.

Le Parlement a approuvé le 8 juin 2006 la nomination des ministres de la Défense, de l'Intérieur et de la sécurité nationale, fonctions qui avaient été supprimées depuis 2003 (ces fonctions étaient directement assurées par les forces d'occupation, qui assuraient le commandement direct des unités de l'armée et de la police irakiennes ayant été reconstituées), en suspens depuis l’entrée en fonction le 20 avril 2006 du gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki. Le général Abdul-Qadre Mohammed Jassim, un sunnite, prend la tête du ministère de la Défense. Les chiites Jawad al-Bulani et Chirwan al-Waili prennent respectivement le portefeuille du ministère de l'Intérieur et de la Sécurité nationale.

Provinces

Provinces d'Irak avec leur numéro
  1. Bagdad (بغداد)
  2. Salah ad-Din (صلاح الدين)
  3. Diyala (ديالى)
  4. Wasit (واسط)
  5. Maysan (ميسان)
  6. Al-Basra (البصرة)
  7. Dhi Qar (ذي قار)
  8. Al-Muthanna (المثنى)
  9. Al-Qadisiyya (القادسية)
  10. Babil (بابل)
  11. Karbala (كربلاء)
  12. An-Najaf (النجف)
  13. Al-Anbâr (الأنبار)
  14. Ninawa (نينوى)
  15. Dahuk (دهوك)
  16. Arbil (اربيل)
  17. Kirkûk (At-Tâ'mîm) (كركوك)
  18. As-Sulaymaniya (السليمانية)

Cette liste de subdivisions a été établie en 1976.


Géographie

Carte de l'Irak
Image satellite de l'Irak en septembre 2003
Article détaillé : Géographie de l'Irak.

Principales villes

Économie

Article détaillé : Économie de l'Irak.

Taux d'alphabétisation des adultes (% 2000-2004) :

  • Total : 39
  • Hommes : 55
  • Femmes : 23

Son économie a rapidement surmonté les conséquences immédiates de l’invasion et connaît, après l'effondrement total de celle-ci en 1991, davantage aggravé par l'embargo , une croissance "prometteuse", malgré les innombrables difficultés actuelles avec 17 % de croissance en 2005 et une estimation de 13 % de croissance en 2006 [7] :

  • 18,4 milliards de $ de produit intérieur brut et un revenu par habitant de 780 $ en 2002
  • 25,7 milliards de $ de PIB en 2004, 949 $ par habitant
  • 29,3 milliards de $ de PIB en 2005
  • ~ 47 milliards en 2006 de PIB, 1635 $ par hab.
  • Une projection de 71 milliards $ de PIB en 2008 avec un revenu de 2319 $ par hab.

Le nombre d'entreprises privées en Irak est passé de 8 000 en 2003 à 35 000 en 2006, bien que le taux de chômage n'ait pas sensiblement varié (plus de la moitié des Irakiens sont soit au chômage, soit en sous-emploi ). Une moyenne de 60 sociétés est créée chaque semaine[8].

Le pétrole est la principale ressource de ce pays ,avec une production en novembre 2006 de 2,05 millions de barils par jour, malgré l'insécurité. Ce pays devient le sixième plus gros producteur au sein de l'OPEP; en 2008 et la production a retrouvé son niveau du temps de l'embargo, avec 2,4 millions de barils/jour en mars 2008, et 2,9 millions espéré à la fin de cette année [9]. Ses réserves étaient estimées en 2004 à 115 milliards de barils, chiffres suspects selon quelques spécialistes (voir Pic pétrolier). Il se place ainsi en 3e position après l'Arabie saoudite et l'Iran en termes de réserves.

Le revenu des exportations de pétrole et les concessions étrangères ont rapporté 41 milliards de dollars en 2006.

Sa population adopte rapidement et avec enthousiasme les technologies de communication modernes, également utilisées par les insurgés et les terroristes (4,5 millions d’abonnés au téléphone – fixe et mobile – en août 2005 contre 833 000 avant l’invasion ; 147 000 abonnés à Internet en mars 2005 contre 4 500 en 2002; 7,1 millions de téléphone portable fin 2006).

Il y a toujours un énorme fossé entre la demande et la production d'électricité (5 000 Megawats produits pour 9 200 demandés en 2006; 6 020) Mg produits en mai 2009 [10]) avec l'immense augmentation de cette dernière depuis 2003, date à laquelle cette production était pratiquement tombée à zéro par suite des bombardements alors qu'elle était de 4 000 Mw avant guerre.

Le chômage touche en 2006 "officiellement" de 13,4 à 18% de la population, et le sous-emploi en touche 30 autres % ; cela pousserait un nombre non négligeable d'Irakiens à "travailler" plus ou moins régulièrement pour différents groupes armés, indépendamment de leurs propres convictions politiques (les membres permanents de ces groupes armés ne réaliseraient pratiquement pas d'actions à caractère militaire ou terroriste par eux-mêmes, étant avant tout des "financiers", la location des armes et la vente des munitions se faisant pas d'autres réseaux, moins "nobles", susceptibles d'alimenter dans certains cas des factions rivales, ce qui rendrait la détection et le démantèlement de ces réseaux extrêmement difficiles ; l'importance exacte de cette "économie souterraine" n'est pas connue ).

L'inflation devrait reculer selon les économistes américains, elle est passée de 32% en 2006 à 17% en 2007 et 10% en 2008[11] contre 120 % en 2001[12].

Les lois sociales du régime de Saddam Hussein n'ont pas été modifiées, à l'exception de celles qui touchent à la laïcité. La Confédération générale des syndicats, syndicat unique dans le (petit) secteur privé, a été interdite et a été remplacée dans ce rôle par la Fédération irakienne des syndicats, seule reconnue par l'État. Cette fédération est également présente dans le secteur public, bien que les syndicats y soient toujours légalement interdits. Le principal syndicat libre, interdit, est la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak. Il existe également des syndicats de branches autonomes, également interdits, notamment chez les enseignants et dans le secteur pétrolier.

Démographie

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Article détaillé : Démographie de l'Irak.

La population de l'Irak lors de sa création en 1920 est estimé à 3 millions d'habitants, les estimations actuelles sont 28 221 181 habitants en juillet 2008 selon le factbook de la CIA[13]. En 2009, le Fonds monétaire international estime sa population à 31 234 000 [14].

  • Arabes (75~80 %) (sunnites : 18 %, chiites : 50~55 %, minorité chrétienne)
  • Kurdes (22~25 %, sunnites en majorité, minorité yézidie)
  • Turcomans (2~3 %) (sunnites en majorité)

Le nombre d'Irakiens ayant quitté leur pays suite à la guerre d'Irak (depuis 2003) est estimé à deux millions début 2007[15] (1,8 million fin 2006[16]), avec une tendance à l’accélération ces derniers mois, avec l'exode massif des chrétiens .

Religions

L'Irak est un pays multiethnique et multireligieux. Les religions présentes dans le pays sont l'islam, le christianisme, le mandéisme et le yézidisme.

Les conséquences des deux guerres du Golfe ont été profondes et durables. L'absence de statistiques propres à un pays en guerre n'empêche en rien la constatation de certaines évolutions: au nombre de 500000 avant l'invasion américaine (communautés de Bagdad, Bassora, etc.), les chrétiens irakiens ne seraient plus que 300000 dans tout l'Irak, dont 80000 dans le Kurdistan irakien, contre moins de 30000 avant guerre. Victimes, entre autres, de persécutions religieuses, 200000 d'entre eux auraient été contraints d'émigrer alors que d'autres seraient sur le point de le faire.

Culture

Article détaillé : Culture de l'Irak.
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques

La culture irakienne est fondée sur un grand nombre de juxtapositions à la suite des apports des différentes civilisations qui se sont développées en Irak (sumériennes, assyriennes, ninivites et musulmanes, sans compter les multiples influences perses, grecques, romaines, mongoles, ottomanes, européennes, etc.) ainsi qu'une mosaïque de religions chrétiennes, juives, et musulmanes, etc.

L'Irak fut au cours de son histoire un carrefour exceptionnel où se créèrent et se rencontrèrent de nombreuses civilisations. Cela apporta de nombreuses superpositions de couches culturelles à cet État.

Sa culture est donc imprégnée fortement de cette mosaïque culturelle. Nabuchodonosor apporta une certaine forme de monothéisme. On trouve toujours en Irak des zoroastriens, traces de la lointaine présence perse. Les Arabes apportèrent la religion musulmane, etc.

Dans le contexte actuel de conflit en Irak, les médias occidentaux tendent à montrer, soit un Irak aux prises avec un terrorisme imposé à l'occupant et à la population irakienne par Al Qaida (thèse "officielle" américaine, reprise par les médias US, et même par certains médias européens), soit un Irak clivé par les religions (chiites et sunnites), en guerres civiles (thèse souvent reprise par les médias européens, parfois par les médias US ), ou par des oppositions "ethniques" entre les Irakiens et les Kurdes (le Kurdistan est de facto indépendant depuis 1991, thèse généralement occultée par les médias européens et américains, pour des raisons politiques évidentes, notamment en relation avec la sensibilité de la Turquie au problème kurde…).[réf. nécessaire]

La société irakienne possède différents niveaux de clivages culturels, politiques, religieux et claniques d'une très grande complexité, qu'il est au minimum indispensable de connaître pour pouvoir un peu comprendre l'évolution de la situation dans ce pays .

Actualité

Codes

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Liens externes

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Bibliographie

  • Charles Saint-Prot. Histoire de l'Irak. Paris : Ellipse, 1999.
  • Pierre-Jean Luizard, La question irakienne, Fayard, 2002, Paris.
  • Bernard Vernier, L'Irak D'Aujourd'hui, Paris, Librairie Armand Colin, 1963, 494 pp.
  • Revue Géostratégiques, Irak (numéro spécial), N°7, février 2005, 240 p, Paris.
  • Chris Kutschera (sous la direction de), Bernard Kouchner (Préface), Le Livre noir de Saddam Hussein, Oh! éditions, 2005, Paris, (ISBN 2915056269).
  • Revue Maghreb-Machrek, N°190, texte de la constitution irakienne traduit de l'arabe par J.-P. Milelli, Éditions Choiseul, 2007, Paris.
  • Alexandra de Hoop Scheffer, Hamlet en Irak, CNRS Éditions, 2007, Paris.
  • "L'Irak: violence et incertitudes", Critique internationale n°34, janvier-mars 2007.
  • Fanny Lafourcade. Le chaos irakien. La Découverte: Paris, 2007, 123 p.
  • Témoignage de Mgr Rabban, évêque chaldéen d'Erbil, in Le Figaro, 22 mars 2008.

Références


Drapeau de l'Irak Les 18 provinces d'Irak Blanzon de l'Irak

Al-AnbârArbilBabilBagdadAl-BasraDahukDhi QarDiyalaKarbalaKirkûkMaysanAl-MuthannaAn-NajafNinawaAl-QadisiyyaSalah ad-Din
As-SulaymaniyaWasit

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