Guerre Du Kosovo


Guerre Du Kosovo

Guerre du Kosovo

Usine d'armement de Zastava après un bombardement.

La guerre du Kosovo a eu lieu en 1999 sur le territoire de la République fédérale de Yougoslavie.

Sommaire

Origine des revendications nationalistes

Articles détaillés : Kosovo et Histoire du Kosovo.

Le conflit entre les deux principales communautés du Kosovo (Serbes et Albanais) est lié à leur conviction mutuelle d’être les seuls occupants légitimes de cette région.

Du côté serbe, le Kosovo est décrit comme le « berceau de la Serbie », car il en était, entre le XIe et le XVe siècles, le centre politique (Pristina), économique (mines de Novo Brdo), et spirituel (monastères de Peć, de Dečani, de Gračanica et bien d’autres) du pays. Toutefois, le terme de « berceau de la Serbie », inventé au XIXe siècle seulement, est abusif, car les Serbes, installés dès le VIIe siècle en Bosnie et dans l’ouest de la Serbie actuelle (Rascie), ne conquirent le Kosovo qu’au XIe siècle.

De leur côté, les Albanais se considèrent comme les descendants des peuples illyriens qui occupaient la région comprise entre la Grèce et la Slovénie, avant l’arrivée des Slaves, et incluant l’actuel Kosovo (Dardanie, en illyrien). Les Albanais estiment donc avoir été victimes d’une occupation militaire à partir de l’installation des Serbes au Kosovo. Là encore, il faut corriger ce point de vue. D’une part, les peuples yougoslaves descendent eux aussi des Illyriens, qui furent en grande partie slavisés ; d’autre part, l’installation des Slaves dans les Balkans s’est faite de manière pacifique et progressive, sans que l’on retrouve la trace d’éventuels conflits avec les Illyriens.

L’histoire du Kosovo, vue par les Serbes et les Albanais, repose donc sur deux mythes fondateurs opposés, qui relèvent en grande partie de la propagande.

De plus, les Serbes considèrent que le Kosovo était complètement slavisé (et donc Serbe) avant l’occupation turque (prise de Priština en 1454), qui dura jusqu’en 1912. Les Albanais se seraient alors installés au Kosovo après l’écrasement des insurrections serbes par les Turcs (grandes migrations serbes de 1690 et de 1737-1739). Les Serbes restés au Kosovo devant soit se convertir, soit accepter le statut de kmet (serf) auprès des notables albanais. En Serbie, les Albanais sont donc perçus comme des étrangers ayant profité de l’occupation ottomane pour coloniser une terre serbe.
Les Albanais réfutent cette version, estimant que la population albanaise du Kosovo n’a pas été assimilée par les Serbes au Moyen-Âge ; les Albanais seraient donc déjà présents au Kosovo à l’arrivée des Turcs. De plus, les Albanais ont tendance à minimiser, voire à nier, l’existence des grandes migrations serbes, ce qui leur permet d’affirmer que les Serbes étaient déjà minoritaires avant 1690.

Aujourd’hui encore, la composition ethnique du Kosovo du 15e siècle fait l’objet de nombreuses controverses, chaque partie interprétant en sa faveur les documents de l’époque. Nombre d’historiens pensent toutefois qu’une minorité Albanaise subsistait au Kosovo, sans que l’on puisse en déterminer le poids réel. Les terres abandonnées par les Serbes en 1690 et en 1737 auraient donc été occupées par des Albanais déjà présents au Kosovo, ce qui expliquerait la rapidité et l’ampleur de cette installation. En revanche, il est absurde de nier l’exode des Serbes, qui fut à l’origine du peuplement serbe en Krajina, en Slavonie, et en Voïvodine. Bien que les Serbes aient tendance à exagérer son ampleur, cet exode a bien eu lieu, ce qui a très bien pu provoquer une inversion de majorité.
La rhétorique coloniale utilisée par les deux parties est donc sans fondement, dans la mesure où ni les Serbes, ni les Albanais, ne peuvent être qualifiés d’étrangers au Kosovo.

Précédents conflits

Au XIXe siècle, la Serbie, nouvellement indépendante, fera de la récupération du Kosovo l’une de ses revendications principales. La première tentative, lors de la guerre russo-turque de 1877-1878 se solde par un échec, et déclenche de nouvelles persécutions contre les Serbes du Kosovo. Entre 1877 et 1912, ce sont encore 60 000 Serbes qui quittent le Kosovo, alors qu’en sens inverse, 30 000 Albanais fuyant la Serbie viennent s’installer au Kosovo.
Après ce nouveau mouvement de population, les Albanais sont indiscutablement majoritaires. Ces derniers ont créé la Ligue de Prizren dès 1877, et réclament, sans obtenir gain de cause, l’incorporation du Kosovo au sein d’une grande Albanie, autonome dans le cadre de l’Empire Ottoman.

Finalement, à la suite de la première guerre balkanique en 1912, le Kosovo est intégré au royaume de Serbie, malgré l’opposition des Albanais, qui se révolteront jusqu’en 1924 sous l’impulsion d’Isa Boletini (guérilla kachak). En 1921, l'élite albanaise du Kosovo se plaint des violences, et mentionne le chiffre de 12 000 Albanais tués et 20 000 faits prisonniers depuis 1918. Du côté serbe, la population subit de lourdes pertes pendant la Première Guerre mondiale. Le recensement yougoslave de 1921 dénombrera 280 000 Albanophones au Kosovo, sur une population de 439 000 personnes (63,7%).

Après la guerre, le Royaume de Serbie y mène une politique de colonisation[1].
De nombreuses familles Serbes sont implantées au Kosovo, rééquilibrant un peu la balance entre Serbes et Albanais.

Durant la seconde guerre mondiale, le Kosovo est rattaché a l'Albanie fasciste, sous domination Italienne. Environ 10 000 Serbes sont tués et entre 80 000 et 100 000 sont chassés du Kosovo[2]. Les Albanais redeviennent alors largement majoritaires.

Après la guerre, le Kosovo est de nouveau rattaché à la Yougoslavie en temps que province autonome de Serbie. L’autonomie de la province est accrue par les constitutions de 1960 et 1974, mais elles ne lui confèrent pas pour autant le statut de République. En effet, la Constitution de 1974 prévoit l'existence de six Républiques et deux régions ou provinces autonomes, le Kosovo et la Voivodine qui ont une autonomie moins importante . À plusieurs reprises (en 1970 et en 1981), les Albanais ont réclamé le statut de république à part entière. Entre le recensement de 1948 et celui de 1971, la répartition entre serbes et albanais reste stable : environ 69 % d'albanais pour 26 % de serbes[3]. Les Albanais deviennent encore plus majoritaires par la suite à partir des années 1970, lors du renforcement de l'autonomie de la province et du statut des Albanais dans tous les secteurs de l'administration, en raison principalement du départ d'une partie des Serbes et Monténégrins. Devenus très minoritaires, et craignant de voir tout lien avec la Serbie définitivement coupés, les Serbes protestent contre l’autonomie de la province.

En mars 1989, Slobodan Milosevic réduit drastiquement le statut d'autonomie du Kosovo, par l'apport de modifications à la constitution serbe, aboutissant à une reprise du contrôle direct de la province par la Serbie. Les Albanais se révoltent alors contre la suppression de l’autonomie du Kosovo, d’abord pacifiquement sous l’impulsion d’Ibrahim Rugova, puis violemment en raison de l’inefficacité de cette politique de résistance passive. Lors de l’intervention de l’OTAN en 1999, on estime que le Kosovo compte 1 600 000 Albanais, contre 220 000 Serbes.

Le contexte juridique (droit international)

  • Le 31 mars 1998, le conseil de sécurité des nations unies vote la résolution 1160[4] qui décide d'un embargo sur les armes à destination de la Yougoslavie, y compris le Kosovo.
  • Le 23 septembre 1998, le conseil de sécurité des nations unies vote la résolution 1199[5] qui exige l'application des mesures d'embargo, la fin de l'action des forces de sécurité, l'autorisation de la Mission de vérification de la Communauté européenne, le retour en sécurité des réfugiés, et l'établissement d'un calendrier de reprise du dialogue entre belligérants.
  • Le 13 octobre 1998, l'OTAN adresse un ultimatum à la partie Serbe pour le retrait de ses forces et le début de négociations avec la partie Albanaise. L'ultimatum est appuyé d'un ordre d'activation de ses forces.


Il faut observer qu'à la suite de la résolution 1199 du conseil de sécurité des Nations Unies, c'est l'OTAN qui prend l'initiative malgré les articles 16[6] et 17[7] de la résolution 1199. Ces articles expriment la volonté du conseil de sécurité de garder le contrôle de la situation. Mais des divergences existent, la partie Russe a annoncé son intention de mettre son veto à une nouvelle résolution validant une intervention contre la partie Serbe. Ce passage en force est présenté[8] comme une victoire des néoconservateurs par Robert Kagan.


  • Le 24 octobre 1998, le conseil de sécurité des nations unies vote la résolution 1203[9] qui approuve l'accord négocié entre la Yougoslavie et l'OTAN le 15 octobre 1998.
  • Le 30 janvier 1999, le conseil de l'OTAN autorise son secrétaire général à engager des actions militaires.
  • Le 10 juin 1999, le conseil de sécurité des nations unies vote la résolution 1244[10] qui approuve l'accord négocié par l'OTAN, et décide de l'envoi d'une présence internationale civile et militaire au Kosovo.

Déroulement de la guerre

Mosquée de la région de Skënderaj (Srbica) détruite pendant la guerre du Kosovo

Le conflit débute en 1996 avec la création de l'« Armée de libération du Kosovo » (ou UCK), qui amorce une campagne de terrorisme en assassinant des dirigeants, des policiers et des gardes-frontières serbes, ainsi que les Albanais collaborant avec le régime. Les Serbes ont alors pris de sévères contre-mesures policières et militaires. Le point tournant est survenu en mars 1997, lorsque le gouvernement de l'Albanie s'est effondré à la suite d'opérations financières pyramidales ratées. Des arsenaux ont été pillés et ces armes se sont invariablement dirigées en grand nombre vers le Kosovo, où l'UCK naissante livrait aux autorités serbes une véritable guerre d'indépendance.

La communauté internationale a réagi à la crise en 1998, en créant un « groupe de contact » composé de l'Allemagne, des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni et de la Russie qui firent d'ultimes efforts diplomatiques en février 1999 lors de la conférence de Rambouillet suite à des allégations de massacres alors que les violences intercommunautaires se multipliaient[11].

Human Rights Watch a estimé que les forces serbes avaient expulsé 862 979 Albanais du Kosovo vers la Macédoine et l'Albanie, et que plusieurs centaines de milliers de plus avaient été déplacés à l'intérieur de leur propre pays ; au total, plus de 80 % de toute la population du Kosovo (ou 90 % des Albanais du Kosovo) avaient été chassée de leurs foyers. Des rumeurs concernant un plan d'épuration ethnique à grande échelle mené au Kosovo (plan Fer-à-cheval) circulèrent dans les médias occidentaux. Ces rumeurs se révélèrent par la suite infondées.

L'échec des négociations à Rambouillet et l'éventuelle catastrophe humanitaire poussa l'OTAN à intervenir en effectuant une campagne aérienne de bombardement appelée Opération Allied Force.

Le général Wesley Clark dirigea les opérations depuis le Supreme Headquarters Allied Powers in Europe, qui ont commencé le 24 mars 1999.

Celles-ci auraient dû se limiter à des bombardements symboliques durant 3 ou 4 jours pour ramener Belgrade à la table des négociations comme cela s'était passé pour en terminer avec la guerre de Bosnie mais ces bombardements ont finalement duré 78 jours.

58 574 missions aériennes sur ses 78 jours d’opérations ont causé la perte de deux appareils américains au combat (Un F-117 et un F-16), plus de 800 missiles sol-air ont été tiré par la DCA serbe. On compte 4 397 missions SEAD anti-radar.

Au sol, plusieurs forces spéciales des nations de l'OTAN opéraient dans la discrétion, un membre du Special Air Service a été tué[12].

Des unités terrestres de l'OTAN se sont concentrées en Macédoine tandis qu'une brigade de l'US Army s'est déployée - avec difficulté - en Albanie ; n'ayant pas participé aux combats, elles seront l'avant-garde de la future KFOR à la fin de ceux-ci.

Une guerre de l'information eut lieu entre les parties en conflit. Les forces de l'OTAN avaient préservé les infrastructures du réseau Internet en ex-Yougoslavie tout en tentant de neutraliser les médias serbes, car « un accès libre et ouvert à Internet ne [pouvait] qu'aider le peuple serbe à connaître la vérité au sujet des atrocités » du régime de Milosevic[13].

Ces frappes qui durèrent plus de 70 jours semblent mener à une impasse jusqu’à la conclusion d’un accord entre la République Fédérative de Yougoslavie et les envoyés spéciaux de l’Union européenne, le président finlandais Martti Ahtisaari, et de la Russie, l’ancien premier ministre Viktor Tchernomyrdine, le 3 juin 1999. Ils étaient venus présenter les exigences du G8 pour mettre un terme au conflit du Kosovo à Milosevic.

Le 10 juin 1999, les frappes s'arrêtent et les forces serbes commencent à se retirer du Kosovo investi par la force internationale mandatée par les Nations unies, la KFOR dans le cadre de l'opération Joint Guardian et placé depuis sous l'administration de la Mission intérimaire des Nations Unies au Kosovo en vertu de la Résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Les pertes humaines de ce conflit ne sont pas clairement définies, plusieurs organismes estiment à 10 000 le nombre de Kosovars tués par les forces serbes, les bombardements aériens ont causé la mort d'entre 500 et 1 500 civils et de plus de 650 militaires yougoslaves.

On dénombre au total trois tués dans les forces de l'OTAN dont deux dans l'accident d'un AH-64 en Albanie.

À la fin du mois d'avril 2001, les crimes de guerre commençaient tout juste à faire l'objet d'une enquête et à cette date, l'Armée populaire yougoslave avait inculpé 183 militaires et mis en examen 62 autres pour ceux-ci, sans toutefois inclure dans ces investigations les forces spéciales de police ou les forces paramilitaires serbes.

Le dommage fait à la réputation de Milosevic lui fait perdre les élections présidentielles en septembre 2000 ; il fut arrêté le 31 mars 2001 pour être jugé devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, mais il décédera avant la fin du procès en 2006.

La situation reste encore difficile dans la province du Kosovo avec le décès de Ibrahim Rugova, président du Kosovo depuis 1989.

Des négociations étaient toujours en cours concernant le statut final de la région en 2007.
Le 17 février 2008, le Kosovo proclame officiellement son indépendance de la Serbie. Le Kosovo est reconnu par 60 États dont les États-unis et 22 pays de l'union Européenne (au 16 février 2009).

Chronologie des événements de 1999

  • Après l'Incident de Račak, le 15 janvier, Louise Arbour, procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) est empêchée par les forces serbes de se rendre dans la province.
  • 6-23 février : la Conférence de Rambouillet sur le Kosovo est un échec, l'UÇK refusant un simple statut d'autonomie et les Serbes un déploiement international dans la province.
  • 15-19 mars : reprise et nouvel échec des négociations de Rambouillet sur l'avenir du Kosovo, l'UCK ayant accepté le simple statut d'autonomie pour la province mais les Serbes ayant refusé l'imposition du contingent militaire de l'OTAN et son statut.
  • 23 mars : Résolution de l'Assemblée Nationale Serbe condamnant le retrait des observateurs de l'OSCE du 20 mars ordonné par l'OTAN, et demandant à l'ONU et à l'OSCE de faciliter une solution diplomatique par le biais de négociations.
  • 23 mars : l'OTAN ordonne le début de frappes aériennes sur la Serbie.
  • 24 mars : Opération Allied Force. Début des frappes aériennes de l'OTAN sur la Serbie (fin le 9 juin). Immédiatement se déclenche un afflux de réfugiés kosovars vers les pays voisins. La Russie suspend sa coopération avec l'OTAN.
  • 26 mars : début des frappes aériennes de l'OTAN sur les forces serbes stationnées au Kosovo.
  • 2 avril : pour la première fois, des frappes de l'OTAN visent le centre de Belgrade.
  • 6 mai : accord des ministres des affaires étrangères du G8 sur le déploiement de forces internationales au Kosovo.
  • 8 mai : l'ambassade de Chine à Belgrade est touchée par un missile américain.
  • 27 mai : Slobodan Milošević, président serbe, est inculpé par le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
  • 3 juin : Slobodan Milošević accepte le plan de paix pour le Kosovo.
  • 8 juin : suspension des bombardements de la Serbie par l'OTAN et début du retrait des forces serbes du Kosovo.
  • 9 juin : accord de Kumanovo entre OTAN et Serbes, fin des bombardements au Kosovo, des forces internationales (la KFOR) doivent prendre position au Kosovo.
  • 12 juin : entrée au Kosovo des troupes de la KFOR, mais aussi de troupes russes inattendues, qui prennent position sur l'aéroport de Pristina.
  • 20 juin : fin du retrait des forces serbes du Kosovo.
  • 21 juin : l'UCK signe un accord de démilitarisation avec la KFOR.
  • 2 juillet : le Français Bernard Kouchner est désigné par l'ONU représentant spécial des Nations unies au Kosovo.
  • 23 juillet : massacre de 14 paysans serbes au Kosovo.
  • 25 juillet : débuts de l'« administration Kouchner », dirigeant de la MINUK, mission des nations unies au Kosovo.
  • 6 août : le leader albanais modéré Ibrahim Rugova accepte de participer, avec l'UCK, au comité de transition au Kosovo dont B. Kouchner est l'instigateur.
  • En août, début de l'exode des Serbes du Kosovo, victimes des représailles des Albanais.
  • 3 septembre : le Deutsche Mark (DEM) remplace le dinar yougoslave comme monnaie officielle du Kosovo.
  • 20 septembre : l'UCK (armée de libération) se transforme en corps de protection civile (TMK) du Kosovo.
  • 17 novembre : une conférence à Bruxelles permet de débloquer 1 milliard de $ pour la reconstruction du Kosovo.
  • 6 décembre : l'OSCE publie son rapport sur les crimes commis au Kosovo
  • 15 décembre : un accord signé entre l'ONU et les trois principaux partis albanais permet la mise en place d'une administration provisoire au Kosovo.

Critiques de la guerre

Véhicule blindé de la Bundeswehr au Kosovo en 1999.

L'intervention de l'OTAN ainsi que les réelles motivations de cette guerre font l'objet de nombreuses discussions.

En Europe, les souverainistes, l'extrême droite et les communistes rejettent la guerre et la plupart soutenaient le point de vue serbe[14].

L'opinion publique des pays de l'OTAN était initialement majoritairement en faveur de cette opération, bien qu'un revirement progressif se soit amorcé suite à la longueur imprévue du conflit et à la multiplication des critiques des bombardements, que ce soit dans les médias yougoslaves ou dans certains rapports d'organisations non gouvernementales (voir par exemple Human Rights Watch).

L'écrivain Vladimir Volkoff dénonce dans Désinformation, flagrant délit, en tant que spécialiste de ces questions, les mécanismes de désinformation dont il pense voir toutes les caractéristiques dans cette opération militaire[15].

Certaines personnalités de gauche s'insurgent contre un retour de la doctrine de la guerre juste, et accusent les médias occidentaux de propagande. Noam Chomsky, par exemple, dans son livre Dominer le monde ou sauver la planète, argue que les massacres serbes ont été provoqué par les frappes de l'OTAN, la majeure partie des victimes antérieures étant du fait de l'UCK, accusée d'être un groupe terroriste ayant assassiné plusieurs milliers de Serbes comme d'Albanais. Les bombardements, ayant contribué à détruire l'industrie de la Serbie, sont aussi accusés d'avoir eu entre autres pour but de mettre à bas l'économie de type socialiste du pays, une des dernières d'Europe.

Le projet d'oléoduc Bourgas-Durrës, reliant la mer Noire à la mer Adriatique, est aussi présenté par eux comme une importante motivation cachée de ce conflit. Un tel oléoduc jouerait un rôle crucial dans la course que mènent les grandes puissances occidentales, notamment l'Allemagne et les États-Unis, pour contrôler les routes du pétroles et du gaz entre l'Europe et l'Asie centrale (gisements de la Caspienne). Ainsi, la guerre aurait été planifiée bien avant les évènements censés l'avoir déclenchée, tandis que le rôle prépondérant des grandes puissances occidentales aurait été occulté par les grands médias. C'est par exemple la thèse soutenue par Michel Collon dans son livre Monopoly - l'Otan à la conquête du monde. La construction du camp Bondsteel au Kosovo est parfois avancée pour appuyer cette théorie.

Notes

  1. (en) Elsie, R. (ed.) (2002): "Gathering Clouds. The roots of ethnic cleansing in Kosovo. Early twentieth-century documents". Dukagjini Balkan Books, Peja (Kosovo, Serbia). ISBN 9951-05-016-6
  2. (en) Krizman, Serge. "Massacre of the innocent Serbian population, committed in Yugoslavia by the Axis and its Satellite from April 1941 to August 1941". Map. Maps of Yugoslavia at War, Washington, 1943.
  3. Dusan T. Batakovic Kosovo, la spirale de la haine, l'Âge d'Homme, 1993
  4. Résolution 1160 du conseil de sécurité des Nations Unies
  5. Résolution 1199 du conseil de sécurité des Nations Unies
  6. Décide, au cas où les mesures concrètes exigées dans la présente résolution et la résolution 1160 (1998) ne seraient pas prises, d'examiner une action ultérieure et des mesures additionnelles pour maintenir ou rétablir la paix et la stabilité dans la région
  7. Décide de demeurer saisi de la question
  8. article en anglais dans "The new Republic" du 23 avril 2008
  9. Résolution 1203 du conseil de sécurité des Nations Unies
  10. Résolution 1244 du conseil de sécurité des Nations Unies
  11. (fr) Rapport du Secrétaire Général des Nations Unies le 17 mars 1999
  12. Encyclopédie des forces spéciales du monde, tome 2, Jean-Pierre Husson, Histoire & Collections, Paris, 2001, ISBN 2-913903-15-0, p. 95. Le sergent Robert Lyon, du 22nd SAS, trouva la mort durant un accrochage avec les forces serbes. Les autres membres de son équipe purent être exfiltré en Bosnie, où deux d’entre eux, qui avaient été blessés avec lui, furent soignés à l’hôpital de Siporo avant d’être rapatriés en Grande-Bretagne.
  13. PSYOPS et Internet : de l'Irak au Sud-Liban , Revue internationale d'intelligence économique, Vol 1/1 - 2009
  14. Rouges-Bruns: une nouvelle passerelle, via Bagdad... - Amnistia.net news
  15. Vladimir Volkoff, Désinformation, flagrant délit, Monaco, Éditions du Rocher, 1999.

Bibliographie

Analyses

  • Xavier Pacreau, De l'intervention au Kosovo en 1999 à l'intervention en Irak de 2003 : Analyse comparative des fondements politiques et juridiques, LGDJ, 2006 (ISBN 2275027629)
  • La guerre du Kosovo, Revue Strategique 74-75, Economica, 2000 (ISBN 2717841342)
  • Jean-Arnault Dérens, Catherine Samary, Les conflits yougoslaves de A à Z, Éditions de l'Atelier, 2000 (ISBN 70823532X)
  • Jean-Yves Potel, "Les cent portes de l'Europe centrale", Editions de l'Atelier, 1998
  • Bernard Adam, La guerre du Kosovo: éclairages et commentaires, Éditions Complexe, 1999 (ISBN 2870277172)
  • Dusan T. Batakovic, Kosovo : La spirale de la haine, les faits, les acteurs, l'histoire, L'Âge d'Homme, 1998 (ISBN 2825111325)

Justification de la guerre

  • Jean-Arnault Dérens, Marek Antoni Nowicki, Kosovo, année zéro, Paris-Méditerranée, 2006 (ISBN 2842722485)
  • Alain Madelin, Le Droit du plus faible, Robert Laffont, 1999 (ISBN 2221090691)
  • Antoine Garapon, Denis Salas, Olivier Mongin, Kosovo un drame annoncé, Michalon, 1999 (ISBN 2841861139)

Critiques

  • Alain Brossat, Jean-Yves Potel, Au miroir de la guerre, Editions de l'Aube, 2000
  • Noam Chomsky, Le Nouvel Humanisme militaire, 2000 (ISBN 294018917X)
  • Michel Collon, Monopoly, L'Otan à la conquête du monde, EPO, Bruxelles, 2000 (ISBN 2872621717)
  • Michel Collon et Vanessa Stojilkovic, Les Damnés du Kosovo (documentaire, 78'), Bruxelles, 2002
  • Jürgen Elsässer, La RFA dans la guerre au Kosovo, l'Harmattan, 2002 (ISBN 2747529886)
  • Serge Halimi et Dominique Vidal, L’opinion, ça se travaille, Contre-feux, 2000 (ISBN 2922494284)
  • Diana Johnstone, La Croisade des fous : Yougoslavie, première guerre de la mondialisation, Le Temps des Cerises, 2005 (ISBN 2841095339)
  • Vladimir Volkoff, Désinformation, flagrant délit, Monaco, Éditions du Rocher, 1999.

Liens externes

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