Economie de la Roumanie


Economie de la Roumanie

Économie de la Roumanie

Roumanie
Données générales
Monnaie 1 Leu roumain = 100 bani
Année fiscale année calendaire
Organisations économiques OMC, CEFTA
Statistiques [3]
Classement IDH 45 (2006)
PIB (milliards) $ 137 milliards € (2008)
Classement PIB à parité de pouvoir d'achat par volume : e ()
per capita : (2006)
PIB par habitant $ 6400€ (2008)
Croissance 8.6 % (2008)
Inflation 7.85[1] % (2008)
Chômage 6.0% (juin 2009)
PIB par secteur agriculture : 10.1%
industrie : 34.7%
services : 55.2% ()
Population active (millions) 10 mil, dont 4.9 millions de salaries (2008)
Population active par secteur agriculture : 28.8%
industrie : 31.4%
services : 39.8[2]% (2008)
Pop. sous le seuil de pauvreté 25% (2005)
Industries principales
Partenaires commerciaux
Exportations (milliards) $ 40 MLD EURO ()
Principaux partenaires Italie 17,9%, Allemagne 15,7%, Turquie 7,7%, France 7,5%, Pays-Bas 7%, Royaume-Uni 7%, États-Unis 5,4% [3]
Importations (milliards) $ 50 MLD EURO ()
Principaux partenaires Allemagne 15,2%, Italie 14,6%, Russie 7,9%, France 6,5%, Turquie 5%, Chine 4,3%, Autriche 3,8% [3]
Finances publiques
Dette 25% du PIB
Dette externe (millions) $ 24.000
Aide (millions) $ 2.000 ()
n/d= non déterminé(e)

L'économie de la Roumanie.

World Trade Center Bucarest


Sommaire

Généralités

Après la chute du régime communiste fin 1989, l’industrie du pays, epuisée par le manque d'investissements du à la politique de remboursement rapide des dettes exterieures (voulue par Ceaucescu) et non stimulée par l'absence totale de concurrence, est totalement obsolète et la production inadaptée aux besoins du pays. Peu de changements sous la première période de pouvoir de Ion Iliescu dont la doctrine etait "notre pays n'est pas à vendre" ce qui a limité les privatisations mais donc aussi les pertes de contrôle de la production qui reste aux mains des directions en place. A partir de 1997 un gouvernement de coalition entreprend réformes et privatisations (Dacia en 1999), mais il est miné par les divisions, et aussi par les effets collatéraux des crises asiatiques et russes (effet domino). A la fin de la décennie 90 le pays passera près du défaut de paiement, sauvé par un gouvernement de crise présidé par le gouverneur de la Banque Centrale, Mugur Isarescu, qui évite à la Roumanie de connaitre l'appauvrissement considérable de la Bulgarie voisine. A partir de 2001 le pays retrouve une solide croissance, de 5 % par an environ, croissance basée notamment sur le développement des exportations, et à partir de 2004, une fois assurée l'entrée dans l'UE, la croissance s'amplifie encore du fait de l'arrivée massive d'investissements et du fort développement de la consommantion et de la construction financés par l'endettement privé. Avec l'arrivée de la crise mondiale le pays (en l'espèce le secteur privé) connait désormais une très forte contraction de ses importations, et donc de son déficit de la balance des paiements.

Aujourd'hui la Roumanie est l'une des principales puissances économiques de l'Europe de l'Est. L'économie roumaine est la deuxième dans la région après celle de Pologne, et représente le septième plus grand marché d'Europe. Sa capitale, Bucarest, est la plus grosse ville de la région, avec une importante bourse de valeurs. Cette économie a eu jusqu'à il y a peu les caractéristiques d'une économie de boom, à cause de sa rapide croissance affichée sur plusieurs années consécutives, assortie d'un niveau relativement bas du chômage et d'une inflation relativement maîtrisée.


La monnaie et le passage à l'euro

La monnaie roumaine est le leu (lion en roumain). Depuis le 1er juillet 2005, une nouvelle monnaie (RON) a remplacé l'ancienne monnaie (ROL) par retrait de 4 zéros. 1€ = 4,21 RON au 10 juillet 2009.

La Roumanie pourrait satisfaire les conditions d'adhésion à l'euro avant 2014, date probable de l'adoption de l'euro par la Hongrie: "La Roumanie peut adopter l’euro avant 2014", informe Romania libera le 20 mai 2007, citant l’affirmation du gouverneur de la Banque Nationale de Roumanie, Mugur Isărescu. [4]

Selon ce dernier, le passage à l'euro est prévu pour 2012 et un programme visant à l’adoption de l’euro au plus tard à l’horizon de l’an 2014 étant déjà soumis au gouvernement. Depuis la chute du régime communiste jusqu'à présent, le gouverneur de la banque centrale a été Mugur Isărescu, qui est aussi le seul décideur roumain à faire partie de la Commission Trilatérale. Il est aussi l'une des rares personnalités à avoir maintenu son poste après des changements successifs de pouvoir politique.

Avec l'arrivée de la crise, certains ont réclamé l'accélération du passage à l'Euro, vu comme une protection face aux chocs, mais la banque centrale a rappelé que pour passer à l'Euro il est nécessaire de respecter de étapes précises et critères de convergence exigents.


La réalité économique

La monnaie roumaine est le leu (l'appellatif technique est RON). Le salaire mensuel moyen net était de 322 Euro en juin 2009, le salaire minimum garanti par la loi est de 300 € pour les diplomes du supérieur employés dans leur domaine de spécialisation, et 150 € pour les personnes de faible niveau d'étude. La retraite moyenne est d'environ 175 €.

En 2005 a été mis en place un impot à taux fixe (flat tax) de 16 %, tant sur les salaires que les profits des entreprises ou la plupart des autres revenus. Cet impot modéré a été, selon la plupart des observateurs, un des motifs principaux de la très forte croissance roumaine jusqu'en 2008 ( elle a culminé à 9,3 % à la mi 2008...)

Bien que de nombreux problèmes subsistent à différents niveaux, l'économie roumaine a été déclarée économie de marché fonctionnelle par la Commission européenne en octobre 2004. Elle se situe au 39e rang mondial sur 162 économies nationales en 2006, avec 289 milliards de dollars (par PIB, cf. Banque mondiale).

La coalisation démocrate-libérale/ social-démocrate au pouvoir depuis décembre 2008 essaye de lutter contre la crise mais part avec le gros handicap d'un déficit public de 5,4 % du PIB laissé en 2008 par la législature prédécente.

Les principales mesures du gouvernement sont :

  • L'exemption de charges sociales et impots concernant les salariés envoyés en chomage technique
  • La mise en place d'un impot minimum, visant officiellement les sociétés qui ne font jamais de profit
  • Le programme "première maison" par lequel l'Etat garantit des crédits en valeur maximale de 60 000 € ce qui permet aux accédeants à la propriété de bénéficier de taux d'intérêts beaucoup plus faible qu'auparavant. Ce programme semble toutefois cibler davantage la vente de logements deja construit.

Du fait de l'agravation de la situation économique mondiale, le gouvernement a souhaité disposer d'une "ceinture de sécurité" et a obtenu en avril 2009 un credit de 20 milliars d'Euro auprès de diverses institutions (majoritairement FMI, avec 13 milliards, mais aussi union Européenne, banque mondiale, BERD...)

L'argent du FMI sera confié à la banque centrale et permettra de limiter les chocs de cours de change et de mieux supporter d'eventuelles sorties de devises. (même si les maisons mères des principales banques de Roumanie se sont librement engagées en Avril 2009 à Vienne à ne pas retirer d'argent du pays). L'argent prété par l'UE sera confié au gouvernement et doit en principe servir à financer des programmes de grands travaux (autoroutes...) jugés la priorité des priorités pour 2009.

Les fortunes roumaines

Essentiellement issues des privatisations des années 1990, privatisations menées dans des conditions contestées, des fortunes se sont constituées presque du jour au lendemain. Certaines personnes bien placées dans l'ancien système communiste et sécuriste (agents de la Securitate ou dignitaires du Parti communiste roumain) ont largement profité du désordre suivant la révolution de 1989, et se sont partagés des pans entiers de l'industrie et des services du pays pendant l'époque dite de transition vers l'économie de marché.

Dinu Patriciu est le roumain le plus riche. En novembre 2007 sa fortune était estimée à plus de 3,3 milliards de dollars US, obtenus en grande partie après la vente (à 75 % en 2008 et 25 % en 2009) du capital d'une importante société pétrolière roumaine Rompetrol.

Plus récemment enrichi, Gigi Becali , le deuxième homme le plus riche du pays et propriétaire du célèbre club de football Steaua (l'étoile), n'est pas très loin derrière avec ses 3 milliards de dollars US. Sa fortune étant surtout basée sur l'immobilier, elle est plus difficile à évaluer avec précision en période de crise.

Ion Ţiriac était le 840e homme le plus riche au monde en 2007 quand il est rentré pour le première fois en top. Il est en troisième position aujourd'hui, parmi les grandes fortunes roumaines avec 2,4 milliards de dollars.

L'agriculture

Sur un total de 23,8 millions d'ha que compte la Roumanie, plus de 60 % sont occupés par des activités agricoles. La taille moyenne d'une exploitation agricole est de 2 ha de terres arables seulement. L'auto-subsistance paysanne est très répandue et les tentatives de remembrements volontaires se sont soldées par des échecs jusqu'à présent.

Grenier à blé de l'Europe au XIXème siècle et jusque dans les années 20, la Roumanie a vu son potentiel agricole détruit par les aberrations de la politique communiste menée entre 1945 et 1989. Privilégiant une industrie lourde et imposant brutalement la collectivisation des moyens de productions agricoles, la production roumaine s'est effondrée rapidement dès les années 1950. Une forte résistance à la politique de collectivisation ou de nationalisation des terres a conduit non seulement à l'élimination physique de nombreux paysans et exploitants capables et productifs, mais aussi à la perte de toute motivation de la population paysanne, très attachée à la propriété de sa terre. Les principaux mouvements de résistance armés au régime communistes se sont d'ailleurs développés dans les campagnes suite au refus du monde rural de se voir imposer les fermes collectives.

Les efforts réalisés par les gouvernements post-communistes successifs pour rendre l'agriculture roumaine compétitive face à ses concurrents sont restés très limités. Le résultat logique d'un désintérêt national pour un secteur essentiel de l'économie roumaine se traduit au travers des chiffres : plus de 70% des produits agro-alimentaires sont importés en Roumanie et cela en dépit de l'immense surface agricole utile disponible dans le pays.


L'intégration dans l'UE

La Roumanie, favorisée par une main-d'œuvre qualifiée, à bas coût, une fiscalité attractive, une position géostratégique et son adhésion à l'Union européenne le 1er janvier 2007 , est en train de devenir, selon certains analystes, « un paradis des délocalisations».

La majorité des échanges du pays sont désormais tournés vers l'UE.

Le pays compte beaucoup sur les fonds européens (enveloppe de 30 milliards d'Euro sur 2007-2013) pour accélerer son développement.

Il doit cependant compter avec l'impatience croissance des principaux pays bailleurs, lesquels s'impatientent face à l'absence de progrès dans la lutte contre la corruption (aucune condamnation de responsables de haut niveau) et menacent de remettre en cause les fonds structurels.


La main-d'œuvre étrangère

La chambre du commerce et d'industrie à Bucarest

Alors que des nombreux Roumains sont partis travailler en Europe de l'Ouest, le chômage est très faible (dans la capitale il est presque inexistant). Ceci se traduit par des employés roumains de plus en plus "exigents" selon l'expression souvent utilisé par les patrons. Ces derniers ne veulent ou ne peuvent pas augmenter les salaires aussi vite, surtout dans des domaines où trouver de la main-d'œuvre est un vrai défi comme l'industrie textile.

Un exemple est la compagnie Wear Company qui a annoncé avoir employé 300 chinoises. Début 2007, les Chinoises se sont révoltées en faisant la grève et en jetant des cuillères vers le bureau du patron. Selon ce dernier, Sorin Nicolescu, elles demandaient 600 euros par mois brut alors que leur salaired'alors était de 250 euros par mois avec logement et cuisine offerts à l'intérieur de l'entreprise, ce qui représente selon le patron « plus du double » de ce que gagne (officiellement) une employée roumaine du textile. Dans le cas ou les Chinoises ne vont pas accepter les conditions « ... elles repartiront chez elles et on leur paiera le billet retour. De toute façon je suis déjà en contact avec une autre société et dès le 15 février j'attends de nouvelles employées » dit Sorin Nicolescu [5]. Sur ce sujet, les intermédiaires ayant recruté les ouvrières (qui leur reversaient une partie de leur salaire) sont certainement les principaux fautifs.

En fait même en période de forte pénurie de main d'oeuvre les autorités roumaines ont accordé peu de possibilités légales aux entreprises souhaitant avoir recours à des travailleurs étrangers non citoyens de UE (moins de 20 000 permis de travail par an).

La République de Moldavie fait exception, dans le sens ou, pour des raisons historiques, plus d'un million de ses citoyens ont la double nationalité Moldave et Roumaine, ce qui leur permet de travailler librement sur le territoire roumain.

Si on parle d'environ 3 millions de Roumains partis travailler à l'étranger, traditionnement beaucoup en Italie, et recemment encore davantage en Espagne, un retour d'une partie d'entre eux commence à s'amorcer, du fait de la chutte du secteur de la construction espagnol et de problèmes de xénophobie en Italie, ce qui limite désormais très fortement le besoin de recours à la main d'oeuvre étrangère.


Les investissements récents

En 2005, environ 4000 sociétés françaises ont investi en Roumanie plus de 3 milliards d'euros. Seuls les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne ont investi plus.

Parmi les sociétés françaises qui ont investi en Roumanie[6]

Des investissements majeurs ont été réalisés dans la distribution. En avril 2006, la Roumanie possédait le plus grand centre commercial de toute l'Europe centrale et de l'Est qui fut construit en moins de 11 mois avec une valeur d'investissement de 60 millions €. Le centre commercial Feeria a une superficie de 32.600 mètres carrés avec un hypermarché Carrefour et une galerie réunissant 70 magasins.

La construction de super et hypermarchés s'accélère rapidement, le groupe Carrefour voulant doubler le nombre de supermarchés de 6 à 11 d'ici 2007, pour contenir la concurrence déjà présente. Ces groupes, bien installés, dépendent pour certains d'actionnariat roumain, comme Metro — bien que le groupe ne soit pas roumain, il fut le premier à ouvrir des supermarchés avec du capital roumain dès le début des années 1990 — ou sont des nouveaux venus comme Selgros. Parmi les derniers venus qui approchent le marché roumain on trouve Real, Spar, Auchan. Tesco aurait également des plans d'investissement et d'expansion dans le pays.

Dans l'industrie automobile, le succès de la relance de Dacia par Renault a donné des idées à Ford qui a repris en 2007 l'usine Daewoo de Craiova. Renault ne veut plus se limiter à son site de Pitesti et a annoncé en 2006 la création d'un centre de recherches mondial, et d'une unité spécialisé dans les boîtes de vitesse, dans une usine dédiée. La sous-traitance automobile se développe notamment dans le pneumatique : Continental AG est implanté à Timişoara et Michelin à Zalău et Floreşti, alors que Pirelli a annoncé en 2007 voulant faire de son implantation de Slatina un de ses centres industriels majeurs.[7]

De fait, si dans les années 1990 et au début des années 2000 la Roumanie s'est beaucoup basée sur l'industrie textile notamment (également industrie du bois), au cours des années 2000, alors que le textile régressait du fait des hausses de salaires, c'est le secteur automobile qui s'est le plus développé. L'autre étoile montante de la Roumanie est le secteur des nouvelles technologie, domaine dans lequel le pays dispose désormais une réputation sur le plan mondial. Les principaux géants du secteur se sont donc logiquement installés dans le pays ; IBM, Amazon, HP, Oracle, Microsoft...) Bill Gates aurait d'ailleurs déclaré il y a quelques années que la seconde langue ches microsoft était le Roumain. La grande sistribution a aussi crée beaucoup d'emplois, mais beaucoup lui reprochent de trop favoriser les produits d'importation.

L'agriculture, elle, est toujours très en retard, notamment du fait de l'extrême morcellement des terres et d'une alergie à tout ce qui est collectif. Pourtant le potentiel du pays est considérable, ce qui offre encore d'importantes possibilités à de futurs investisseurs.


Voir aussi



Notes

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