Élections législatives sous la Troisième République


Élections législatives sous la Troisième République
Troisième République

Armoiries officieuses qui furent créées pour la Troisième République
Cet article fait partie de la série sur la
politique de la France,
sous-série sur la Troisième République

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Élections

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Les élections législatives de la Troisième République française sont les dix-sept élections qui ont élu de 1871 à 1936 l'Assemblée nationale, chambre unique, puis la chambre basse du parlement, appelée Chambre des députés. Elles se sont déroulées selon plusieurs types de scrutin différents, au gré des réformes de la loi électorale, puisque les lois constitutionnelles de 1875 ne mentionnent pas spécifiquement quel type de scrutin doit être utilisé. En revanche, ainsi que les lois constitutionnelles y obligent, le droit de vote est donné à tous les citoyens français — c'est-à-dire les hommes de plus de 21 ans ayant la nationalité française (suffrage universel masculin direct excluant certaines catégories de la population comme les militaires).

Il faut noter que le présent article mentionne sous le terme « majorité », régulièrement employé, uniquement les partis qui ont formé une majorité au lendemain des élections afin de gouverner — ou avant les élections, comme le Cartel des gauches. Les revirements d'alliance au cours des législatures, ou les aller et retour de certains groupes politiques dans et hors des majorités, ne sont pas traités ici.

Sommaire

Élections de février 1871

Composition de l'Assemblée nationale — 1871

Les élections législatives de 1871 ont eu lieu le 8 février. Elles ont élu l'Assemblée nationale, chambre unique du parlement français en application de la convention d'armistice signée entre la France et l'Empire allemand le 26 janvier.

Ces élections se sont déroulées au scrutin de liste majoritaire départemental à un tour, en reprenant l'essentiel des dispositions de la loi électorale du 15 mars 1849[1] : la liste arrivée en tête remporte l'intégralité des sièges à pourvoir dans le département. Les candidatures multiples sont autorisées : un même candidat peut se présenter dans plusieurs départements différents.

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
non renseigné non renseigné non renseigné
Composition de la chambre
Nombre de sièges à pourvoir[2] 768 100 %
Nombre de sièges pourvus 675 87,89 %
Parti Sièges Pourcentage des sièges pourvus
Républicains radicaux 38 05,63 %
Républicains modérés 112 16,59 %
Libéraux 72 10,67 %
Orléanistes 214 31,70 %
Légitimistes 182 26,96 %
Bonapartistes 20 02,96 %

Élections partielles de juillet 1871

Le 2 juillet 1871 ont lieu des élections partielles visant à remplacer 114 députés de l'Assemblée nationale dans 46 départements, pour cause de siège vacant (dû aux élections multiples, à des décès ou à des démissions). Les résultats marquent un très net progrès des Républicains sur les Monarchistes.

Il y a 40 % d'abstentions.

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
non renseigné non renseigné non renseigné
Résultats
Nombre de sièges à pourvoir 114 100 %
Parti/tendance Sièges Pourcentage des sièges à pourvoir
Républicains 99 86,84 %
  Républicains radicaux 35 30,70 %
  Républicains modérés 38 33,33 %
  Ralliés 26 22,80 %
Conservateurs 15 13,16 %
  Orléanistes 9 07,89 %
  Légitimistes 3 02,63 %
  Bonapartistes 3 02,63 %

Élections partielles jusqu'en 1875

De 1871 à 1875 il y a eu de nouvelles élections législatives partielles visant à remplacer des députés venus à manquer. Près de 195 sièges furent remis en jeu à diverses occasions. Les Républicains renforcèrent leur position — la Gauche tout entière remporta 163 sièges — au détriment une fois encore des partisans d'un régime monarchique — 32 élus seulement. Dans les faits il n'y a eu que 182 élus en raison des candidatures multiples.

L'Assemblée nationale en 1875

Quand elle se sépare en décembre 1875, après avoir donné à la France une constitution, l'Assemblée nationale est composée de 727 députés (il y a 10 sièges vacants et 32 sièges des départements annexés par l'Empire allemand suite à la Guerre de 1870.

Composition de l'Assemblée en 1875
Tendance Sièges Pourcentage du total
Extrême gauche 71 09,77 %
Gauche 153 21,05 %
Centre gauche 132 18,16 %
Centre droit 165 22,70 %
Droite 122 16,78 %
Extrême droite 52 07,15 %
Bonapartistes 32 04,40 %

Élections de 1876

Élections de 1877

Élections de 1881

Élections de 1885

Élections de 1889

Élections de 1893

Élections de 1898

Élections de 1902

Élections de 1906

Élections de 1910

Composition de la Chambre des députés — 1910

Les élections de 1910 ont eu lieu les 24 avril et 8 mai.

Elles se sont déroulées au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements (loi du 13 février 1889).

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
11 326 828 8 396 820 25,87 %
Composition de la chambre
Nombre de sièges à pourvoir 590 100 %
Parti/tendance Sièges Pourcentage du total
Gauche (majorité) 334 56,61%
  Parti républicain, radical et radical-socialiste 149 25,25 %
  Républicains de gauche 113 19,15 %
  Union républicaine 72 12,20 %
  Socialistes 107 18,14 %
  Section française de l'Internationale ouvrière 75 12,71 %
  Socialistes indépendants 32 05,42 %
Droite 149 25,25 %
  Conservateurs 129 21,86 %
  Libéraux 20 03,39 %

Xe législature

Durée de la législature : 1er juin 1910-31 mai 1914.

Président de la République : Armand Fallières (jusqu'au 18 février 1913), Raymond Poincaré ensuite.

Président de la Chambre des Députés : Henri Brisson (jusqu'au 13 avril 1912), Paul Deschanel ensuite.

Gouvernements durant la Xe législature :

Élections de 1914

Composition de la Chambre des députés — 1914

Les élections de 1914 ont eu lieu les 26 avril et 10 mai. La Chambre qui en est issue a tenu séance durant la Première Guerre mondiale, et ses différents partis ont alors pratiqué une politique de rapprochement et d'union dite « Union sacrée ».

Elles se sont déroulées au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements (loi du 13 février 1889).

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
11 305 986 8 431 056 25,43 %
Composition de la chambre
Nombre de sièges à pourvoir 601 100 %
Parti Sièges Pourcentage du total
Union sacrée 601 100 %
  Parti républicain, radical et radical-socialiste 195 32,45 %
  Section française de l'Internationale ouvrière 102 16,97 %
  Union républicaine 88 14,64 %
  Républicains de gauche 66 10,98 %
  Non inscrits 51 08,49 %
  Fédération républicaine 37 06,16 %
  Parti républicain-socialiste 24 03,99 %
  Action libérale 23 03,83 %
  Divers droite 15 02,50 %

XIe législature

Durée de la législature : 1er juin 1914-7 décembre 1919.

Président de la République : Raymond Poincaré.

Président de la Chambre des Députés : Paul Deschanel.

Gouvernements durant la XIe législature :

Élections de 1919

Composition de la Chambre des députés — 1919

Les élections de 1919 ont eu lieu les 16 novembre et 30 novembre. Ce sont les premières législatives après la Première Guerre mondiale, et elles donnent la victoire à la droite républicaine, alliée au centre toutefois, pour la première fois sous la Troisième République. On appelle cette Chambre la « Chambre bleue horizon », en référence au bleu horizon, couleur des uniformes français de la guerre, parce qu'elle contient un grand nombre d'anciens combattants.

Elles se sont déroulées dans le cadre d'un nouveau système électoral — utilisé pour la première et la dernière fois —, mixte, alliant scrutin proportionnel plurinominal et scrutin majoritaire plurinominal à un tour dans le cadre du département (loi du 12 juillet 1919).

À noter que les socialistes de la SFIO après le Congrès de Tours de 1920 se divisent en deux. Cinquante-trois députés demeurent socialistes, 15 autres passent à la Section française de l'Internationale communiste (SFIC).

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
11 604 322 8 148 090 29,78 %
Légende du Bloc national
  Droite
  Centre
Composition de la chambre
Nombre de sièges à pourvoir 613 100 %
Parti/tendance Sièges Pourcentage du total
Bloc national (majorité) 433 70,64 %
  Union républicaine démocratique 183 29,85 %
  Gauche républicaine démocratique 93 15,17 %
  Républicains de gauche 61 09,95 %
  Indépendants et non-inscrits 50 08,16 %
  Action républicaine et sociale 46 07,50 %
Gauche 112 18,27 %
  Parti républicain, radical et radical-socialiste 86 14,03 %
  Parti républicain-socialiste 26 04,24 %
Section française de l'Internationale ouvrière 68 11,09 %

XIIe législature

Durée de la législature : 8 décembre 1919-31 mai 1924.

Président de la République : Raymond Poincaré (jusqu'au 18 février 1920), Paul Deschanel (18 février  1920-21 septembre 1920), Alexandre Millerand ensuite.

Président de la Chambre des Députés : Paul Deschanel (jusqu'au 10 février 1920), Raoul Péret ensuite.

Gouvernements durant la XIIe législature :

Élections de 1924

Composition de la Chambre des députés — 1924

Les élections de 1924 ont eu lieu les 11 mai et 25 mai. À cette occasion, le Cartel des gauches remporte une courte victoire sur le Bloc national qui se disloque en conséquence. Ce sont aussi les premières élections législatives à avoir lieu après le Congrès socialiste de Tours, théâtre de la scission entre socialistes et communistes. Le Parti communiste renforce ses positions au Parlement, mais ne concurrence que de manière superficielle la SFIO qui progresse malgré tout.

Elles se sont déroulées conformément au mode de scrutin déjà adopté en 1919 (loi du 12 juillet 1919).

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
11 187 745 9 000 091 19,55 %
Légende de la droite et du centre
  Droite
  Centre
Composition de la chambre
Nombre de sièges à pourvoir 581 100 %
Parti/tendance Sièges Pourcentage du total
Cartel des gauches (majorité) 327 56,20 %
  Parti républicain, radical et radical-socialiste 139 23,92 %
  Section française de l'Internationale ouvrière 104 17,90 %
  Républicains socialistes et socialistes français 44 07,50 %
  Gauche radicale 40 06,88 %
Parti communiste 26 04,48 %
Droite et centre 199 34,25 %
  Union républicaine démocratique 104 17,90 %
  Gauche républicaine démocratique 43 07,40 %
  Républicains de gauche 38 06,54 %
  Parti démocrate populaire 14 02,41 %
Indépendants 29 04,99 %

XIIIe législature

Durée de la législature : 1er juin 1924-31 mai 1928.

Président de la République : Alexandre Millerand (jusqu'au 11 juin 1924), Gaston Doumergue ensuite.

Président de la Chambre des Députés :

Gouvernements durant la XIIIe législature :

Élections de 1928

Composition de la Chambre des députés — 1928

Les élections de 1928 ont eu lieu les 22 avril et 29 avril. La gauche ne parvient pas à se maintenir au pouvoir, et la droite alliée au centre a la majorité.

Elles se sont déroulées au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements, ce qui constitue un retour à l'ancien système, en vigueur de 1889 à 1919 sans interruption (loi du 21 juillet 1927).

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
11 557 764 9 469 861 18,06 %
Légende de la droite et du centre
  Droite
  Centre
Composition de la chambre
Nombre de sièges à pourvoir 606 100 %
Parti/tendance Sièges Pourcentage du total
Droite et centre (majorité) 338 55,78 %
  Union républicaine démocratique 102 16,83 %
  Républicains de gauche 64 10,56 %
  Gauche radicale 54 08,91 %
  Indépendants et conservateurs 37 06,11 %
  Action démocratique et sociale 29 04,79 %
  Démocrates populaires 19 03,14 %
  Gauche unioniste et sociale 18 02,97 %
  Indépendants de gauche 15 02,48 %
Gauche 268 44,22 %
  Parti républicain, radical et radical-socialiste 125 20,63 %
  Section française de l'Internationale ouvrière 100 16,50 %
  Républicains socialistes et socialistes français 31 05,12 %
  Parti communiste 12 01,98 %

XIVe législature

Durée de la législature : 1er juin 1928-31 mai 1932.

Président de la République : Gaston Doumergue (jusqu'au 13 juin 1931), Paul Doumer (jusqu'au 7 mai 1932), Albert Lebrun ensuite.

Président de la Chambre des Députés : Fernand Bouisson

Gouvernements durant la XIVe législature :

Élections de 1932

Composition de la Chambre des députés — 1932

Les élections de 1932 ont eu lieu les 1er mai et 8 mai. La majorité électorale est dite « second Cartel des gauches », mais puisque les socialistes refusent d'entrer au gouvernement, les radicaux sont obligés de gouverner avec les « modérés » de l'assemblée, dans une majorité parlementaire volatile.

Elles se sont déroulées au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements (loi du 21 juillet 1927).

Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
11 740 893 9 579 482 18,41 %
Légende de la droite et du centre
  Droite
  Centre-droit
Composition de la chambre
Nombre de sièges à pourvoir 614 100 %
Parti/tendance Sièges Pourcentage du total
Deuxième Cartel des gauches (majorité) 336 55,26 %
  Parti républicain, radical et radical-socialiste 160 26,32 %
  Section française de l'Internationale ouvrière 132 21,71 %
  Parti socialiste français et Parti républicain-socialiste 29 04,77 %
  Gauche indépendante 15 02,47 %
Extrême-gauche 19 03,13 %
  Parti communiste 10 01,64
  Unité ouvrière 9 01,48 %
Droite et centre 253 41,61 %
  Gauche radicale 47 07,73 %
  Fédération républicaine 41 06,74 %
  Républicains de gauche 40 06,58 %
  Centre républicain 34 05,59 %
  Indépendants de gauche 26 04,28 %
  Républicain et social 18 02,96 %
  Démocrates populaires 16 02,63 %
  Indépendants 16 02,63 %
  Indépendants d'action économique, sociale et paysanne 8 01,32 %
  Républicains du centre 7 01,15 %

XVe législature

Durée de la législature : 1er juin 1932-31 mai 1936.

Président de la République : Albert Lebrun.

Président de la Chambre des Députés : Fernand Bouisson (jusqu'au 4 juin 1935), Édouard Herriot ensuite.

Gouvernements durant la XVe législature :

Élections de 1936

Composition de la Chambre des députés — 1936

Les élections de 1936 sont les seizièmes et dernières de la Troisième République. Elles ont eu lieu les 26 avril et 3 mai. La majorité électorale revient au « Front populaire », coalition comprenant la SFIO, le Parti radical, plusieurs petits partis et organisations politiques de gauche et, pour la première fois, le Parti communiste. Pour la première fois en France, la SFIO y est le parti le plus important, aussi bien en voix qu'en sièges, ce qui permet l'investiture du premier gouvernement français dirigé par un socialiste, Léon Blum (premier gouvernement Blum). C'est également cette assemblée, élue en 1936, qui a voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940.

Ces élections se sont déroulées au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements (loi du 21 juillet 1927).


Corps électoral
Inscrits Votants Abstention
11 971 923 9 847 266 17,75 %
Légende
  Gauche marxiste
  Centre gauche
  Droite
  Centre-droit
Composition de la chambre
Nombre de sièges à pourvoir 610 100 %
Parti/tendance Sièges Pourcentage du total
Front populaire 386 63,28 %
  Section française de l'Internationale ouvrière 149 24,43 %
  Parti républicain, radical et radical-socialiste 110 18,03 %
  Parti communiste 72 11,80 %
  Union socialiste républicaine 29 04,75 %
  Gauche indépendante 11 01,80 %
  Divers gauche 15 02,46 %
Droite et centre 224 36,72 %
  Fédération républicaine de France et Indépendants d'union républicaine et nationale 60 09,84 %
  Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants 43 07,05 %
  Républicains indépendants et d'action sociale et Groupe Agraire indépendant 40 06,56 %
  Gauche démocratique et radicale indépendante 39 06,39 %
  Indépendants d'action populaire 16 02,62 %
  Démocrates populaires 13 02,13 %
  Indépendants républicains 13 02,13 %

XVIe législature

Durée de la législature : 1er juin 1936-11 juillet 1940 (dans les faits[3]).

Président de la République : Albert Lebrun.

Président de la Chambre des Députés : Édouard Herriot.

Gouvernements durant la XVIe législature :

Voir aussi

Notes

  1. M. Morabito, Histoire constitutionnelle de la France (1789-1958), éd. Montchrestien, Paris, 20048.
  2. Dont 15 pour les colonies et 30 pour l'Alsace-Lorraine, annexée par la Prusse après les négociations de paix qui suivront ces élections.
  3. Un décret du 29 juillet 1939 a prorogé le mandat des députés élus en 1936 jusqu'en 1942, mais le 10 juillet 1940 les parlementaires réunis à Vichy ont voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, qui le lendemain, 11 juillet, a suspendu par l'Acte constitutionnel n° 3, la réunion régulière des chambres prévue par la constitution, tout en les prorogeant jusqu'à la réunion des assemblées de la nouvelle constitution que Philippe Pétain devait écrire.

Sources globales

Liens internes

Institutions

Tendances et partis politiques

Généralités

Tendances et partis

Formations regroupant plusieurs partis

Liens externes


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